Un point d'histoire
Le premier octobre 1049, le pape Léon IX fait la translation du corps de saint Remi dans l’église des Bénédictins de Reims qui reçoit son nom. Chaque année, le premier octobre, le saint roi Louis IX allait assister à l’office solennel chanté par les aveugles à l’hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260, dont la chapelle était sous le patronage de saint Remi.
Homélie de S. S. PIE XI pendant la Messe solennelle de Canonisation 17 MAI 1925
VÉNÉRABLES FRÈRES ET FILS BIEN-AIMÉS,
BÉNI soit Dieu et le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation (Ep. II Cor., I, 1), qui, au milieu des multiples sollicitudes du Ministère Apostolique, Nous a accordé la joie d'inscrire la première au Catalogue des Saints, cette vierge que, la première aussi, au début de notre Pontificat, nous avons élevée aux honneurs des Bienheureux ; cette vierge dis-je, qui s'est rendue enfant selon la grâce, mais d'une enfance qui, étant inséparabled'une réelle force d'âme, mérite pleinement, d'après les promesses mêmes de Jésus-Christ, d'être exaltée et glorifiée dans la Jérusalem céleste et devant l'Eglise militante.
Nous remercions Dieu également de ce qu'il Nous est permis aujourd'hui, à Nous qui tenons la place de son Fils Unique, de redire et d'inculquer à tous, du haut de cette Chaire de vérité et au cours de cette auguste cérémonie, l'enseignement si salutaire du Divin Maître. Comme ses disciples lui demandaient « qui serait le plus grand dans le royaume des Cieux (Matt., XVIII, 2) », appelant un enfant et le mettant au milieu d'eux, Il prononça cette parole mémorable : « En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertisse; et ne devenez semblables à de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux (Ibid., 3). »
La nouvelle Sainte Thérèse s'est pénétrée de cette doctrine évangélique et l'a fait passer dans la pratique quotidienne de sa vie. Bien plus, cette Voie de l'Enfance spirituelle elle l'a enseignée par ses paroles et ses exemples aux novices de son Monastère, et elle l'a révélée à tous par ses écrits, qui se sont répandus par toute la terre, et que personne, assurément, n'a lus sans être charmé et sans les lire et relire avec beaucoup de plaisir et de fruit.
Car cette candide enfant, épanouie dans le jardin fermé du Carmel, non contente d'ajouter à son nom celui de l'Enfant Jésus, retraça en elle-même sa vivante image; et, ainsi, quiconque vénère Thérèse, vénère en même temps, on peut le dire, le divin Modèle qu'elle reproduit.
C'est pourquoi Nous concevons aujourd'hui l’espoir de voir naître, dans les âmes des fidèles du Christ, comme une sainte avidité d'acquérir cette enfance évangélique, laquelle consiste à sentir et opérer, sous l'empire de la vertu, comme un enfant sent et opère naturellement. De même que les petits enfants qu'aucune ombre de péché n'aveugle, qu'aucune convoitise de passions ne sollicite, jouissent de la possession tranquille de leur innocence, et, ignorant toute malice et dissimulation, parlent et agissent comme ils pensent, et se révèlent au dehors tels qu'ils sont réellement : ainsi Thérèse apparut plus angélique qu'humaine et douée d'une simplicité d'enfant, dans la pratique de la vérité et de la justice. La Vierge de Lisieux avait toujours présentes à la mémoire ces invitations et ces promesses du, divin Epoux : « Si, quelqu'un est tout petit qu'il vienne à moi (Prov., IX, 4). Vous serez portés sur mon sein et caressés sur mes genoux. Comme une mère caresse son enfant, ainsi, moi, je vous consolerai (Is., LXVI, 12, 13). »
Consciente de sa faiblesse, elle se livra et s'abandonna tout entière à la divine Providence, et, appuyée uniquement sur son secours, elle travailla à acquérir, au prix de tous les sacrifices, la parfaite sainteté de vie à laquelle elle avait résolu de tendre, par une pleine et joyeuse abdication de sa volonté: Ne nous étonnons pas si, en cette sainte Moniale, s'est accomplie la parole du Christ : « Quiconque se fera petit comme un enfant sera le plus grand dans le royaume des Cieux (Matt., XVIII, 4) ». Il a donc plu à la divine Bonté de la douer et enrichir d'un don de Sagesse tout à fait exceptionnel. Elle avait puisé abondamment dans les leçons du catéchisme la pure doctrine de la foi, celle de l'ascétique dans le Livre d'or de l'Imitation de Jésus-Christ, celle de la mystique dans les écrits de son Père St-Jean de la Croix. Surtout elle nourrissait son esprit et son coeur de la méditation assidue des Saintes Ecritures, et l'Esprit de vérité lui découvrit et enseigna ce qu'il cache ordinairement aux sages et aux prudents et révèle aux humbles. Elle acquit, en effet, — au témoignage de Notre Prédécesseur immédiat — une telle science des choses surnaturelles, qu'elle a pu tracer aux autres une voie certaine de salut.
Cette participation surabondante de la lumière et de la grâce divines alluma en Thérèse une si vive flamme d'amour qu'elle en vivait uniquement, planant au-dessus de tout le créé, et qu'elle en fut, à la fin, consumée : si bien que, peu avant sa mort, elle pouvait avouer candidement qu'elle n'avait rien donné au bon Dieu que de l'amour. C'est évidemment aussi sous l'influence de cette ardente charité, que la Vierge de Lisieux conçut cette résolution et cette sollicitude de tout faire pour l'amour de Jésus, dans le seul but de lui plaire, de consoler son Coeur divin et de procurer le salut de beaucoup d'âmes qui l’aimeraient éternellement. Qu'elle ait commencé à le faire aussi dès son arrivée dans la Patrie céleste, nous en avons la preuve dans cette pluie mystique de roses, que Dieu lui a permis et lui permet encore de répandre sur la terre, comme elle l'avait ingénument annoncé.
Aussi, VÉNÉRABLES FRÈRES ET TRÈS CHERS FILS, NOUS désirons ardemment que tous les fidèles du Christ se rendent dignes d'avoir part à cette abondante effusion de grâces, par l'intercession de la « petite Thérèse ». Mais Nous souhaitons encore bien davantage qu'ils la contemplent attentivement en vue de l'imiter, devenant eux-mêmes des enfants, puisque, sans cela, ils ne pourront, d'après l'oracle du Christ, parvenir au Royaume des Cieux.
Si cette Voie de l'Enfance spirituelle se généralisait, qui ne voit combien facilement se réaliserait cette réforme de la Société humaine, que Nous Nous sommes proposée dès le début de Notre Pontificat et spécialement en promulguant ce solennel Jubilé !
Nous faisons donc Nôtre cette prière de la nouvelle Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, qui termine le précieux Livre de sa Vie :
« Ô Jésus, Nous vous supplions d'abaisser votre regard divin sur un grand nombre de petites âmes, et de vous choisir en ce monde une légion de petites victimes dignes de. votre Amour ! »
Proclamation de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face « Docteur de l'Église »
Homélie du Saint-Père Jean-Paul II
1. « Cammineranno i popoli alla tua luce » (Is 60,3). Nelle parole del profeta Isaia già risuona, come fervida attesa e luminosa speranza, l'eco dell'Epifania. Proprio il collegamento con questa solennità ci permette di meglio percepire il carattere missionario dell'odierna domenica. La profezia di Isaia, infatti, allarga all'intera umanità la prospettiva della salvezza, e in tal modo anticipa il gesto profetico dei Magi dell'Oriente che, recandosi ad adorare il Bimbo divino nato a Betlemme (cfr. Mt 2, 1- 12), annunciano ed inaugurano l'adesione dei popoli al messaggio di Cristo.
Tutti gli uomini sono chiamati ad accogliere nella fede il Vangelo che salva. A tutti i popoli, a tutte le terre e le culture, la Chiesa è inviata: « Andate... e ammaestrate tutte le nazioni, battezzandole nel nome del Padre e del Figlio e dello Spirito Santo, insegnando loro ad osservare tutto ciò che vi ho comandato » (Mt 28, 19-20). Queste parole, pronunciate da Cristo prima di salire al cielo, unitamente alla promessa fatta agli Apostoli ed ai successori di essere con loro sino alla fine del mondo (cfr. Mt 28,20), costituiscono l'essenza del mandato missionario: nella persona dei suoi ministri è Cristo stesso ad andare ad gentes, verso quanti non hanno ancora ricevuto l'annuncio della fede.
2. Teresa Martin, Carmelitana scalza di Lisieux, desiderava ardentemente di essere missionaria. E lo è stata, al punto da poter essere proclamata Patrona delle Missioni. Gesù stesso le mostrò in quale modo avrebbe potuto vivere tale vocazione: praticando in pienezza il comandamento dell'amore, si sarebbe immersa nel cuore stesso della missione della Chiesa, sostenendo con la forza misteriosa della preghiera e della comunione gli annunciatori del Vangelo. Ella realizzava così quanto è sottolineato dal Concilio Vaticano II, allorché insegna che la Chiesa è, per sua natura, missionaria (cfr. Ad gentes, 2). Non solo coloro che scelgono la vita missionaria, ma tutti i battezzati, sono in qualche modo inviati ad gentes.
Per questo ho voluto scegliere l'odierna domenica missionaria per proclamare Dottore della Chiesa universale Santa Teresa di Gesù Bambino e del Volto Santo: una donna, una giovane, una contemplativa.
3. A nessuno sfugge, pertanto, che oggi si sta realizzando qualcosa di sorprendente. Santa Teresa di Lisieux non ha potuto frequentare una Università e neppure studi sistematici. Morì in giovane età: e tuttavia da oggi in poi sarà onorata come Dottore della Chiesa, qualificato riconoscimento che la innalza nella considerazione dell'intera comunità cristiana ben al di là di quanto possa farlo un « titolo accademico ».
Quando, infatti, il Magistero proclama qualcuno Dottore della Chiesa, intende segnalare a tutti i fedeli, e in modo speciale a quanti rendono nella Chiesa il fondamentale servizio della predicazione o svolgono il delicato compito della ricerca e dell'insegnamento teologico, che la dottrina professata e proclamata da una certa persona può essere un punto di riferimento, non solo perché conforme alla verità rivelata, ma anche perché porta nuova luce sui misteri della fede, una più profonda comprensione del mistero di Cristo. Il Concilio ci ha ricordato che, sotto l'assistenza dello Spirito Santo, cresce continuamente nella Chiesa la comprensione del « depositum fidei », e a tale processo di crescita contribuisce non solo lo studio ricco di contemplazione cui sono chiamati i teologi, né solo il Magistero dei Pastori, dotati del « carisma certo di verità », ma anche quella « profonda intelligenza delle cose spirituali » che è data per via di esperienza, con ricchezza e diversità di doni, a quanti si lasciano guidare docilmente dallo Spirito di Dio (cfr. Dei Verbum, 8). La Lumen gentium, da parte sua, insegna che nei Santi « Dio stesso ci parla » (n. 50) E' per questo che, al fine dell'approfondimento dei divini misteri, che rimangono sempre più grandi dei nostri pensieri, va attribuito speciale valore all'esperienza spirituale dei Santi, e non a caso la Chiesa sceglie unicamente tra essi quanti intende insignire del titolo di « Dottore ».
4. Parmi les « Docteurs de l'Église », Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face est la plus jeune, mais son itinéraire spirituel ardent montre tant de maturité et les intuitions de la foi exprimées dans ses écrits sont si vastes et si profondes, qu'ils lui méritent de prendre place parmi les grands maîtres spirituels.
Dans la Lettre apostolique que j'ai écrite à cette occasion, j'ai souligné quelques aspects saillants de sa doctrine. Mais comment ne pas rappeler ici ce que l'on peut en considérer comme le sommet, à partir du récit de la découverte bouleversante qu'elle fit de sa vocation particulière dans l'Église? « La Charité — écrit-elle — me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l'Église avait un corps, composé de différents membres, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l'Église avait un Cœur, et que ce Cœur était brûlant d'Amour. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l'Amour renfermait toutes les Vocations... Alors dans l'excès de ma joie délirante je me suis écriée: Ô Jésus mon Amour... ma vocation enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'Amour! » (Ms B, 3 v°). C'est là une page admirable qui suffit à elle seule à montrer que l'on peut appliquer à sainte Thérèse le passage de l'Évangile que nous avons entendu dans la liturgie de la Parole: « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits » (Mt 11,25).
5. Thérèse de Lisieux n'a pas seulement saisi et décrit la vérité profonde de l'Amour comme le centre et le cœur de l'Église, mais elle l'a vécu intensément dans sa brève existence. C'est justement cette convergence entre la doctrine et l'expérience concrète, entre la vérité et la vie, entre l'enseignement et la pratique, qui resplendit avec une particulière clarté dans cette sainte, et qui en fait un modèle attrayant spécialement pour les jeunes et pour ceux qui sont à la recherche du vrai sens à donner à leur vie.
Devant le vide de tant de mots, Thérèse présente une autre solution, l'unique Parole du salut qui, comprise et vécue dans le silence, devient une source de vie renouvelée. À une culture rationaliste et trop souvent envahie par un matérialisme pratique, elle oppose avec une désarmante simplicité la « petite voie » qui, en revenant à l'essentiel, conduit au secret de toute existence: l'Amour divin qui enveloppe et pénètre toute l'aventure humaine. En un temps comme le nôtre, marqué bien souvent par la culture de l'éphémère et de l'hédonisme, ce nouveau Docteur de l'Église se montre doué d'une singulière efficacité pour éclairer l'esprit et le cœur de ceux qui ont soif de vérité et d'amour.
6. Sainte Thérèse est présentée comme Docteur de l'Église le jour où nous célébrons la Journée mondiale des Missions. Elle eut l'ardent désir de se consacrer à l'annonce de l'Évangile et elle aurait voulu couronner son témoignage par le sacrifice suprême du martyre (cf. Ms B, 3 r°). On sait aussi avec quel intense engagement personnel elle soutint le travail apostolique des Pères Maurice Bellière et Adolphe Roulland, missionnaires l'un en Afrique et l'autre en Chine. Dans son élan d'amour pour l'évangélisation, Thérèse avait un seul idéal, comme elle le dit elle-même: « Ce que nous Lui demandons, c'est de travailler pour sa gloire, c'est de l'aimer et de le faire aimer » (Lettre 220).
Le chemin qu'elle a parcouru pour arriver à cet idéal de vie n'est pas celui des grandes entreprises réservées au petit nombre, mais c'est au contraire une voie à la portée de tous, la « petite voie », chemin de la confiance et de la remise totale de soi-même à la grâce du Seigneur. Ce n'est pas une voie à banaliser, comme si elle était moins exigeante. Elle est en réalité exigeante, comme l'est toujours l'Évangile. Mais c'est une voie où l'on est pénétré du sens de l'abandon confiant à la miséricorde divine, qui rend léger même l'engagement spirituel le plus rigoureux.
Par cette voie, où elle reçoit tout comme « grâce », par le fait qu'elle met au centre de tout son rapport avec le Christ et son choix de l'amour, par la place qu'elle donne aussi aux élans du cœur dans son itinéraire spirituel, Thérèse de Lisieux est une sainte qui reste jeune, malgré les années qui passent, et elle se propose comme un modèle éminent et un guide sur la route des chrétiens pour notre temps qui arrive au troisième millénaire.
(Italien)
7. Grande è perciò la gioia della Chiesa, in questa giornata che corona le attese e le preghiere di tanti che hanno intuito, con la richiesta del Dottorato, questo speciale dono di Dio e ne hanno favorito il riconoscimento e l'accoglienza. Desideriamo renderne grazie al Signore tutti insieme, e particolarmente con i professori e gli studenti delle Università ecclesiastiche romane, che proprio in questi giorni hanno iniziato il nuovo Anno Accademico.
Sì, o Padre, ti benediciamo, insieme con Gesù (cfr. Mt 11,25), perché hai nascosto i tuoi segreti « ai sapienti e agli intelligenti », e li hai rivelati a questa « piccola », che oggi nuovamente proponi alla nostra attenzione e alla nostra imitazione.
Grazie per la sapienza che le hai donato, facendone per tutta la Chiesa una singolare testimone e maestra di vita!
Grazie per l'amore che hai riversato in lei, e che continua ad illuminare e riscaldare i cuori, spingendoli alla santità!
Il desiderio che Teresa espresse di « passare il suo Cielo a far del bene sulla terra » (Opere Complete, p. 1050), continua a compiersi in modo meraviglioso.
Grazie, o Padre, perché oggi a nuovo titolo ce la rendi vicina, a lode e gloria del tuo nome nei secoli. Amen!