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15 octobre
Sainte Thérèse d’Avila. Vierge et Docteur de l’Église
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Parole de Dieu
Voici la Prière « Ô Seigneur, comme il est vrai que Tu possèdes les Paroles de Vie » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô Seigneur, comme il est vrai que Tu possèdes les Paroles de Vie » :

« Ô Seigneur, comme il est vrai que Tu possèdes les Paroles de Vie (Jn 6, 68), celles où tous les mortels trouveraient ce à quoi ils aspirent pourvu qu’ils consentent à le chercher. Mais quoi d’étonnant, ô mon Dieu, nous oublions tes Paroles ! Tu es Tout-Puissant, tes Œuvres sont incompréhensibles. Fais donc, Seigneur, que tes Paroles, jamais ne quittent ma pensée. Tu as dit : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et pliez sous le fardeau, et je vous consolerai » (Mat. 11, 28). Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous ? Que cherchons-nous ? Pourquoi ceux du monde se perdent-ils, sinon parce qu’ils sont en quête de bonheur ? Ô mon Dieu ! Qu’est-ce que cela signifie, Seigneur ? Quelle pitié ! Quel profond aveuglement ! Chercher le bonheur là où il est impossible de le trouver ! Prends pitié, Seigneur, de Tes créatures, considères que nous ne nous comprenons pas nous-mêmes, que nous ne savons pas ce que nous désirons et n’arrivons pas à trouver ce que nous demandons. Nous, Seigneur, la lumière, elle nous est plus nécessaire qu’à l’aveugle qui l’était de naissance : lui désirait voir la lumière, mais ne le pouvait pas. Actuellement, Seigneur, on ne peut pas voir clair. Quel mal incurable que celui-ci ! C’est le moment, Seigneur, de faire éclater ta Puissance, le moment de manifester ta Miséricorde. C’est une chose énorme que je Te demande. Ô vrai Dieu, mon Dieu : d’aimer qui ne T’aime pas, d’ouvrir à qui ne T’appelle pas. Tu as dit, Ô mon Seigneur, que Tu es venu chercher les pécheurs (Mat.9, 13) : les voilà, Seigneur, les vrais pécheurs. Ne considère pas notre aveuglement, ô mon Dieu, mais plutôt tout le Sang que ton Fils a répandu pour nous. Que ta Miséricorde resplendisse sur notre croissante malice ; rappelle-Toi, Seigneur, que nous sommes Ton ouvrage. Que ta Bonté et ta Miséricorde viennent à notre aide. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « le Psautier de Thérèse », Exclamation N°8
Prière à « Saint Joseph » de Sainte Thérèse d'Avila pour les Vocations
Voici la Prière à Saint Joseph « Ô très glorieux Saint Joseph » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui avait une amitié particulière envers Saint Joseph pour demander des Vocations Religieuses pour les Couvents Carmélites.
Prière à Saint Joseph de Sainte Thérèse d'Avila pour les Vocations :

« Ô très glorieux Saint Joseph, nous recourons à ta puissante intercession et nous recommandons les nécessités de notre famille religieuse. Nous savons qu’à Nazareth ta communion de vie avec Jésus et Marie fut tellement profonde qu’ils ne peuvent que consentir à tout ce que tu leur demandes. Nous confions nos personnes et notre avenir. Augmente la ferveur de toutes les religieuses, donne stabilité et persévérance aux novices et aux postulantes. Envoie-nous des aspirantes de valeur. Ô fidèle saint Joseph, nous avons confiance que tu attireras à notre Ordre des jeunes ferventes et généreuses, prêtes à vivre - à l’exemple de la Sainte Famille - l’oraison continuelle, le service attentif, la vie simple et austère, et qui aspirent à la gloire de Dieu et au témoignage de l’Evangile. Tu as su réaliser le dessein de Dieu sur la Sainte Famille, en t’abandonnant toujours avec confiance à sa volonté. Enseigne-nous à travailler avec ardeur pour le bien de notre Ordre comme si tout dépendait de chacune de nous, en espérant avec une grande confiance toute grâce uniquement du Fils de Marie, le Seigneur Jésus, qui vit et règne pour les siècles des siècles. Amen »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Teresa d’Ahumada (Sainte Thérèse d'Avila) à Jésus-Christ
Voici une Prière apologique en faveur de la prière des femmes « Ô Seigneur, Vous qui n'avez point abhorré les femmes », une allusion ironique de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) à certains « messieurs de l'Inquisition » très opposés à la pratique de l'oraison mentale par les femmes.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô Seigneur, Vous qui n'avez point abhorré les femmes » :

« Lorsque Vous êtes passé sur la terre, Vous n'avez point, ô Seigneur de mon âme, abhorré les femmes ; Vous leur avez, au contraire, toujours accordé Vos faveurs avec beaucoup de compassion. Et Vous avez trouvé en elles autant d'amour et plus de foi que chez les hommes. Car il y avait parmi elles Votre très sainte Mère... Serait-il vrai que Vous n'écouterez pas la demande si légitime que nous Vous adressons ? Pour moi, Seigneur, je ne puis le croire, en raison de votre Bonté et de votre Justice. Vous êtes un juste Juge, Vous, et non comme les juges de ce monde : étant fils d'Adam - car, en fin de compte, ce sont tous des hommes - il n'est vertu de femme qu'ils ne tiennent pour suspecte. Oui, j'en suis sûre, ô mon Roi, un jour viendra où l'on verra bien ce qu'ils valent tous. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)

La vie de la Grande Sainte Thérèse d'Avila :

Trois charismes dominent la vie de cette femme exceptionnelle : ceux de mystique, de fondatrice et de docteur de la vie spirituelle. Teresa de Ahumada naquit à Avila en 1515 au sein d'une famille appartenant à la « hidalguia », c'est-à-dire à la petite noblesse. Très marquée dès son enfance par le « tout » de Dieu et la relativité des choses du monde, elle vécut ensuite une adolescence quelque peu turbulente mais revint bientôt à ce qu'elle appelle joliment la « vérité de quand j'étais enfant ». A l'âge de vingt ans, elle entre au monastère des Carmélites de l'Incarnation dans sa ville natale où elle vit jusque vers 1555 l'existence d'une religieuse fervente, adonnée à l'oraison, mais pas encore celle d'une sainte livrée à Dieu sans réserve. A partir de cette date qui marque pour elle une étape de libération totale, elle connaît une « vie nouvelle », non plus la vie de Thérèse, mais celle de Dieu en Thérèse. Dès 1560, après la « vision de l'enfer », elle décide de fonder un monastère qui suivrait la Règle primitive sans aucune mitigation, afin de remédier aux grands malheurs du temps, en particulier à celui de la division des chrétiens. Fondé en 1562, le monastère de Saint-Joseph d'Avila est suivi, à partir de 1567, de nombreux autres. A cette date en effet, Thérèse prend conscience des besoins missionnaires de l'Eglise et comprend que l'extension de sa Réforme peut être un bon moyen d'y répondre. En 1568, le jeune frère Jean de la Croix inaugure dans « la petite étable de Bethléem » de Duruelo la vie des Carmes Déchaux, calquée sur celle des Carmélites de Thérèse, avec en plus l'exercice d'un apostolat direct auprès des populations avoisinantes. A la fin de sa vie, Thérèse connaît une grande « tempête d'épreuves » qui lui viennent en grande partie de ses frères en religion. Usée par la maladie et les voyages, elle meurt à Alba de Tormès en 1582, âgée de 67 ans. Proclamée Bienheureuse par le Pape Paul V en 1614, canonisée par Grégoire XV en 1622, Sainte Thérèse d'Avila a été la première femme, avec Sainte Catherine de Sienne, à recevoir le titre de « Docteur de l'Eglise » que le Pape Paul VI lui a conféré en 1970. Thérèse est l'un des plus grands écrivains de la langue espagnole. Ses livres qui ont été traduits en une vingtaine de langues lui ont mérité la qualification de « Mère des Spirituels ». Ils n'ont d'autre thème que celui de l'union à Dieu à laquelle tout homme est appelé, et de l'oraison, moyen privilégié pour y parvenir. Ils n'ont rien de commun avec des « traités » théoriques et savants, mais ressemblent bien plutôt à des lettres que Thérèse adresse personnellement à ses lecteurs et où elle emploie le ton de la confidence pour leur raconter les merveilles opérées en son âme par le Seigneur et les inviter à se livrer sans réserve à leur tour à l'action purificatrice de la Miséricorde divine. C'est la raison pour laquelle, malgré leur ancienneté, ils n'ont rien perdu de leur fraîcheur et de leur actualité.
Prières de Sainte Thérèse d’Avila à Saint Joseph
Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582) avait une grande dévotion pour Saint-Joseph : « Saint-Joseph m’a toujours exaucée au-delà de mes prières et de mes espérances ». Voici plusieurs « Prières à Saint Joseph » et l’histoire vraie de « Sainte Thérèse d'Avila dans les défilés de la Sierra Morena»
« Je pris pour avocat et patron le glorieux Saint Joseph et je me recommandai instamment à lui. J’ai vu bien clairement que c’est lui, mon père et mon protecteur qui m’a guérie de cette infirmité, comme il m’a tirée également de dangers très grands où il s’agissait de mon honneur et du salut de mon âme. Son assistance m’a procuré plus de bien que je ne savais lui en demander. Je ne me souviens pas de lui avoir jamais rien demandé, jusqu’à ce jour, qu’il ne me l’ait accordé. C’est une chose merveilleuse que les grâces insignes dont Dieu m’a favorisée, et les dangers tant du corps que de l’âme dont il m’a délivrée par la médiation de ce bienheureux Saint.
Le Très-Haut donne seulement grâce aux autres Saints pour nous secourir dans tel ou tel besoin. Mais le glorieux Saint Joseph, je le sais par expérience, étend son pouvoir à tous nos besoins. Notre Seigneur veut nous faire comprendre que, s’il a été soumis sur la terre à celui qu’il appelait son père, parce que c’était son gouverneur qui pouvait lui commander, il défère également au Ciel, à toutes ses suppliques. Et c’est ce qu’ont vu comme moi par expérience, d’autres personnes auxquelles j’avais conseillé de se recommander à cet incomparable protecteur. A l’heure actuelle, elles sont nombreuses les âmes qui l’honorent et constatent de nouveau la vérité de ce que j’avance.
Il m’a toujours exaucée au-delà de mes prières et de mes espérances... Je faisais célébrer sa fête avec toute la solennité dont j’étais capable... Je voudrais porter tout le monde à la dévotion envers ce glorieux Saint tant j’ai d’expérience de son crédit auprès de Dieu. Je n’ai jamais vu personne lui être vraiment dévoué et l’honorer d’un culte spécial sans avancer dans la vertu, car il favorise singulièrement les progrès spirituels des âmes qui se recommandent à lui. Depuis plusieurs années, ce me semble, je lui demande une grâce le jour de sa fête, et je l’ai toujours obtenue. Lorsque ma supplique est quelque peu de travers, il la redresse pour le plus grand bien de mon âme... Je demande, pour l’amour de Dieu, à celui qui ne me croirait pas d’en faire l’épreuve. Il verrait, par sa propre expérience, combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux patriarche et d’avoir pour lui une dévotion spéciale. »

« Les âmes d’oraison, en particulier, lui doivent un culte tout filial. Je ne sais d’ailleurs comment on pourrait penser à la Reine des Anges et à toutes les souffrances qu’elle a endurées en compagnie de l’Enfant Jésus, sans remercier Saint Joseph de les avoir si bien aidés alors, l’un et l’autre. Que celui qui n’a pas de maître pour lui enseigner l’oraison prenne ce glorieux Saint pour guide, et il ne risquera pas de s’égarer.... Il m’a bien montré ce qu’il est, puisque, grâce à lui, j’ai pu enfin me lever, marcher et être délivrée de ma paralysie. »

« Un jour, après la communion, le Sauveur me commanda de travailler de toutes mes forces à l’établissement de ce monastère. Il donnait la plus complète assurance que cet établissement se ferait et que lui-même y serait fidèlement servi. Il voulait qu’il fut dédié à Saint Joseph: ce Saint nous protégerait à l’une des portes, Notre-Dame, à l’autre, et lui-même, le Christ, se tiendrait au milieu de nous. »

« Un jour, me trouvant dans la nécessité, ne sachant que devenir, ni comment payer quelques ouvriers, Saint Joseph, mon véritable Père et soutien, m’apparut. Il me fit comprendre que l’argent ne me manquerait pas et que je devais passer le marché avec les ouvriers.. Je lui obéis sans avoir le moindre denier, et le Seigneur pourvut à tout d’une manière qui parut digne d’admiration. »

« Ainsi se trouva érigé notre monastère de notre très glorieux Père Saint Joseph, en l’année 1562... Profonde était ma consolation d’avoir accompli ce que le Seigneur m’avait tant recommandé, et d’avoir élevé dans cette localité une église de plus, érigée sous le vocable de mon glorieux Père Saint Joseph qui n’y en avait point encore. »

Sainte Thérèse d’Avila« Vie écrite par elle-même » - Éditions du Seuil

Sainte Thérèse d'Avila dans les défilés de la Sierra Morena…

Sainte Thérèse d'Avila était partie de Valladolid pour aller fonder un monastère à Veas, en Andalousie, lorsque, en traversant les défilés de la Sierra Morena, les conducteurs des chariots s'égarent. Ils s'avancent imprudemment le long d'un passage si étroit que l'on ne peut bientôt ni avancer, ni reculer. Thérèse d'Avila et ses compagnes restent suspendues au-dessus de précipices et de fondrières; au moindre mouvement, elles vont y rouler avec leur équipage.
- « Prions, mes filles ! » dit la Sainte ; « demandons à Dieu par l'intercession de saint Joseph qu'il nous délivre de ce péril » .
A l'instant même, une voix semblable à celle d'un vieillard leur crie avec force : « Arrêtez, arrêtez! Vous êtes perdues, si vous avancez ».
- « Mais comment nous tirer de ce mauvais pas ? » demandent-elles.
- « Inclinez vos chariots de tel côté » , reprend la voix, et « rebroussez chemin ! ».
Les indications sont suivies; les guides, à leur grande surprise, retrouvent aussitôt une route excellente, et, pleins de reconnaissance envers leur sauveur, ils s'élancent du côté où il leur parlait, afin de le remercier. Thérèse les suit du regard, elle les voit courir à toutes jambes et chercher en vain.
- « Vraiment ! » , dit-elle à ses filles, « je ne sais pourquoi nous laissons aller ces bonnes gens, car c'est la voix de mon Père saint Joseph que nous avons entendue et ils ne le trouveront pas ».

Histoire vraie de Sainte Thérèse d'Avila extraite du livre "Saint Joseph, époux de Marie" Aux éditions Traditions Monastique

« Connaissant par expérience son étonnant crédit auprès de Dieu, je voudrais persuader tout le monde de l'honorer d'un culte particulier. Je ne comprends pas comment on peut penser à la Reine des Anges et au Divin Enfant Jésus sans remercier Saint Joseph de son dévouement si parfait envers l'un et l'autre. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Mon Père, vos délices sont d'être avec les enfants des hommes » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Mon Père, vos délices sont d'être avec les enfants des hommes » :

« Ô mon unique espérance, mon Père, mon Créateur, mon vrai Seigneur et mon frère, quand je médite cette parole de vos saints Livres, que « vos délices sont d'être avec les enfants des hommes », mon âme est comblée d'une extrême joie. Que ces paroles sont puissantes, ô Seigneur du ciel et de la terre, qu'elles sont puissantes pour empêcher les plus grands pécheurs de perdre l'espérance au sujet de leur salut ! Ô mon Dieu, n'avez-vous point d'autres créatures en qui vous puissiez prendre vos délices, que vous soyez réduit à venir chercher un ver de terre aussi corrompu et aussi infect que je suis ? Lorsque Jésus-Christ, votre Fils, fut baptisé, vous fîtes entendre une voix du ciel qui proclama que vous preniez en lui vos délices. Lui serions-nous égaux pour que vous vous plaisiez en nous comme en lui ? Ô miséricorde incompréhensible, ô faveur infiniment élevée au-dessus de nos mérites ! Et après cela, misérables que nous sommes, nous oublions toutes ces grâces ! Ô mon Dieu, vous qui savez tout, souvenez-vous au moins de l'excès de notre misère, et regardez avec des yeux de compassion notre lâcheté et notre faiblesse. Et toi, mon âme, considère avec combien d'amour et de joie le Père éternel connaît son Fils, et le Fils éternel connaît son Père, et l'ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s'unit à eux sans qu'il puisse jamais y avoir de diminution à cet amour et à cette connaissance, parce qu'ils ne sont tous trois qu'une même chose. Ces trois souveraines personnes se connaissent et s'aiment mutuellement, et trouvent l'une dans l'autre leurs délices ineffables et incompréhensibles. Quel besoin avez-vous donc, ô mon Dieu, de mon amour ! Pourquoi le désirez-vous, et quel avantage vous en revient-il ? Soyez à jamais béni, mon Seigneur, pour une si extrême miséricorde ; soyez béni dans les siècles des siècles ; que toutes les créatures vous louent ; et qu'elles vous louent éternellement, comme vous subsistez éternellement. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô Dieu de mon âme, comme nous sommes prompts à vous offenser » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô Dieu de mon âme, comme nous sommes prompts à vous offenser » :

« Ô Dieu de mon âme, comme nous sommes prompts à vous offenser, mais comme vous l'êtes davantage à nous pardonner. D'où nous vient donc, ô Seigneur, une si folle audace, si ce n'est de ce que, voyant l'étendue de votre grande miséricorde, nous oublions l'équité de votre justice ? « Les douleurs de la mort m'ont environné », dites-vous. Oh ! Que le péché est un grand mal, puisqu'il a pu donner la mort à un Dieu au milieu des plus poignantes douleurs. Et comme ces douleurs vous environnent encore aujourd'hui, ô mon Dieu, où pouvez-vous aller, que vous ne soyez tourmenté ? De toutes parts les mortels vous font des blessures. Ô chrétiens, il est temps de défendre votre Roi et de lui tenir compagnie dans l'isolement profond où il se trouve. Ils sont rares les vassaux qui lui restent fidèles, c'est le grand nombre qui marche à la suite de Lucifer. Le pire, c'est qu'il y en a qui en public se montrent ses amis, et qui en secret le vendent. Il ne trouve presque plus personne à qui il puisse se fier. Ô ami véritable, qu'il vous paye mal celui qui vous trahit. Ô véritables chrétiens, venez donc pleurer en compagnie de votre Dieu, ce n'est pas seulement sur Lazare qu'il a répandu des larmes pleines de compassion, mais sur ceux qui, malgré les cris répétés de sa Majesté, devaient ne pas vouloir ressusciter. Ô mon Bien, comme vous aviez présentes les fautes que j'ai commises contre vous, qu'elles ne se renouvellent jamais, ô Seigneur, qu'elles ne se renouvellent jamais, ni celles de tous les pécheurs. Malgré ma misère, je vous le demande pour les âmes qui ne veulent pas vous le demander. Vous voyez bien, ô mon Roi, quel tourment j'endure quand je vois les pécheurs songer si peu aux supplices affreux qu'ils endureront toute une éternité, s'ils ne reviennent à vous. Ô dureté des cœurs humains ! Que votre immense miséricorde, ô mon Dieu, les attendrisse. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Mon Dieu, je ne veux rien d'autre que Vous aimer » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne. Les Exclamations de Sainte Teresa de Ahumada sont de véritables cris d'amour, de désir, d'angoisse, d'espoir, griffonnés rapidement sur des bouts de papier après la communion.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Mon Dieu, je ne veux rien d'autre que Vous aimer » :

« Ô mes délices, Seigneur de toutes choses créées et mon Dieu ! Jusques à quand attendrai-je votre présence ? Quel remède donnez-vous à celle qui n'a guère de repos sur terre, si ce n'est en vous ? Ô vie longue ! Ô vie pénible ! Ô vie qu'on ne vit point ! Ô solitaire solitude ! Qu'elle est sans remède ! Donc, quand, Seigneur, quand ? Jusques à quand ? Que puis-je faire, mon Bien, que puis-je faire ? Devrais-je, d'aventure, désirer de ne pas vous désirer ? Ô mon Dieu et mon Créateur, vous frappez et vous n'appliquez pas l'onguent, vous blessez et l'on ne voit pas la plaie ; vous tuez et on n'en est que plus vivant ; enfin, mon Seigneur, le Tout-Puissant que vous êtes fait ce qu'il veut. Mais, mon Dieu, voulez-vous qu'un ver de terre aussi méprisé souffre ces contrariétés ? Qu'il en soit ainsi, mon Dieu, puisque vous le voulez, car je ne veux rien d'autre que vous aimer. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Je suis à Vous, qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne. Les Exclamations de Sainte Teresa de Ahumada sont de véritables cris d'amour, de désir, d'angoisse, d'espoir, griffonnés rapidement sur des bouts de papier après la Communion.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Je suis à Vous, qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? » :

« Je suis vôtre, puisque vous m'avez créée, vôtre, puisque vous m'avez rachetée, vôtre, puisque vous m'avez supportée, vôtre, puisque vous m'avez appelée, vôtre, puisque vous m'avez attendue, vôtre, puisque je ne me suis pas perdue. Qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Voici mon coeur, je le remets entre vos mains. Voici mon corps, ma vie, mon âme, mon amour et mon affection. Ô doux Epoux, ma Rédemption, puisque à vous je suis consacrée, qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Donnez-moi la mort ou la vie, donnez-moi la santé ou la maladie, donnez-moi honneur ou mépris, donnez-moi le combat ou une paix parfaite, la faiblesse ou la force accomplie, puisque à tout je dis oui : qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Donnez-moi richesse ou pauvreté, donnez-moi consolation ou désolation, donnez-moi joie ou tristesse, donnez-moi l'enfer ou donnez-moi le ciel, ma douce vie, ô soleil sans voile, puisque je suis à vous tout entière, qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Donnez-moi donc la sagesse, ou, par amour, l'ignorance, donnez-moi des années d'abondance, ou de famine et de disette. Donnez-moi ténèbres ou jour clair, ballottez-moi ici ou là. Qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Si vous voulez mon repos, par amour, je veux me reposer. Si vous me commandez des travaux, je veux mourir en travaillant. Dites-moi où, comment et quand ? Parlez, doux Amour, dites : qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Je suis à vous, pour vous je suis née, qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ? Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila du Matin
Voici la Prière du matin « Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens Te demander la paix, la sagesse et la force » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens Te demander la paix, la sagesse et la force » :

« Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, je viens Te demander la paix, la sagesse et la force. Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux remplis d’amour ; être patiente, compréhensive et douce, voir au-delà des apparences Tes enfants comme Tu les vois Toi-même et ainsi ne voir que le bien en chacun d’eux. Ferme mes oreilles à toute calomnie, garde ma langue de toute malveillance ; que seules les paroles qui bénissent demeurent dans mon esprit. Que je sois si bienveillante et si joyeuse que tous ceux qui m’approchent sentent Ta présence. Ô Seigneur, revêts-moi de Ta beauté et qu’au long de ce jour je Te révèle. Amen. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici une Prière de confiance « Que rien ne te trouble… Dieu seul suffit ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Que rien ne te trouble… Dieu seul suffit ! » :

« Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Elève ta pensée, monte au ciel, ne t'angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n'a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n'y a pas d'amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l'âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s'il se voit assailli par l'enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l'on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Amen. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière du « Notre Père » de Sainte Thérèse d'Avila
Voici la Prière du « Notre Père » commentée par Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière du « Notre Père » de Sainte Thérèse d'Avila :

« Prier, c'est penser à ce que nous récitons et le comprendre. C'est aussi voir à qui nous parlons et qui nous sommes, nous qui osons parler à un si grand Seigneur. Quand nous commençons à prier, prenons d'abord le temps de penser à qui nous parlons : Dieu est très grand, soyons vraiment attentifs à Lui. Quand nous récitons le « Notre Père », rappelons-nous qui est ce Père, et qui est Jésus, le Maître qui nous a enseigné cette prière. En agissant ainsi, nous montrerons à Dieu que nous L'aimons. Représentez-vous le Seigneur lui-même près de vous. Voyez avec quel amour et quelle humilité Il vous enseigne. Croyez-moi, autant que vous le pouvez, restez avec cet Ami si bon. Prenez l'habitude de L'attirer près de vous, faites cela avec amour, efforcez-vous de Lui plaire : Il le verra, et vous ne pourrez plus vous en débarrasser, comme on dit, il ne vous manquera jamais. Il vous aidera dans toutes vos difficultés, Il sera partout avec vous. A votre avis, avoir un tel ami près de soi, est-ce que c'est peu de chose ? Inutile de réciter plusieurs « Notre Père », le Seigneur nous comprend dès le premier. Il aime beaucoup nous éviter de la fatigue. Si nous passions une heure à dire un seul « Notre Père », ce serait très bien. Nous comprenons que nous sommes avec Lui, nous savons ce que nous Lui demandons. Nous sommes sûrs qu'il désire nous accorder cela, et qu'il est très heureux d'être avec nous, cela suffit. Il n'aime pas que nous nous cassions la tête, en Lui parlant beaucoup. Quand je récite le « Notre Père », ce sera une marque d'amour de me rappeler quel est ce Père, et aussi quel est le Maître qui nous a enseigné cette prière. Notre Père... Ô Fils de Dieu et mon Seigneur ! Dès la première parole, Vous nous donnez au nom de votre Père ce qu'il y a de meilleur, en Lui demandant de nous regarder comme ses enfants. Il doit ainsi nous supporter en Père pour graves que soient nos fautes. Si nous nous tournons vers Lui comme l'enfant prodigue, Il doit nous pardonner, Il doit nous consoler de nos peines, Il doit nous nourrir comme sait le faire un tel Père qui est meilleur forcément que tout père au monde. Car il n'y a en Lui que le Bien parfait. Et par-dessus tout cela, Il doit nous faire participer et hériter de ses richesses. Vous ne reculez, Seigneur, devant aucun obstacle tant est grand l'amour que Vous nous portez et profonde Votre humilité. Mais songez que votre Père est aux cieux ! Songez à son honneur ! Vous vous êtes livré au déshonneur pour nous, mais laissez votre Père, libre. Ne l'obligez pas à tout faire pour quelqu'un d'aussi vil que moi, qui saurait très mal le remercier. Ô, Bon jésus ! Comme vous montrez clairement que votre volonté est la sienne et que la sienne est la vôtre. Soyez béni à jamais mon Seigneur, Vous aimez tant à donner que rien ne Vous retient. Mes filles, vous avez un bon Père, que vous donne le bon Jésus. N'en connaissez aucun autre (que la mieux née soit la dernière à parler de son père, vous devez être toutes égales). Ne parlez que de Lui et tâchez mes filles, de mériter de vous réjouir avec Lui et de vous jeter dans ses bras. Vous savez qu'il ne vous chassera pas si vous êtes de bonnes filles. Tenez-vous entre ce Père et ce Fils, et vous trouverez forcément l'Esprit Saint. Qu'Il passionne votre volonté et qu'Il l'attache par un immense amour. »

Notre Père qui es aux cieux
Nous pouvons donc oser nous approcher du Père en toute confiance, avec la simplicité et l'humble audace de l'enfant, dans la certitude d'être aimé. Quels sont les Cieux où Dieu demeure ? Les cieux sont en Dieu plus que Dieu n'est dans les cieux, car l'ailleurs auquel nous aspirons n'est pas un lieu mais un mystère infini d'échange d'amour. Voyons ce que dit Saint Augustin : « il avait cherché Dieu en beaucoup d'endroits, il l'a trouvé au centre de lui-même ». Il est important de comprendre cette vérité. Oui, il est important pour une personne de voir qu'elle n'a pas besoin d'aller au ciel pour parler avec son Père éternel et se réjouir avec lui, elle n'a pas besoin de lui parler fort. Même si elle parle très bas, il est si près de nous qu'il entend.

Que ton Nom soit sanctifié,
Quand nous prions, nous sommes tentés de demander à Dieu en priorité, de répondre à nos besoins immédiats. Mais Jésus nous appelle à nous décentrer de nous-mêmes et à regarder résolument vers le Père, vers le Royaume que nous espérons. Demander que le nom de Dieu soit sanctifié, ce n'est pas ajouter quelque chose à la sainteté de Dieu, mais c'est inviter la sainteté divine à pénétrer toute réalité terrestre pour la rendre plus conforme à son désir. C'est demander aussi que notre propre vie Lui rende gloire afin que ceux qui ne le connaissent pas encore puissent le reconnaître à travers ses enfants.

Que ton Règne vienne
Quel est ce règne dont nous demandons la venue ? Saint Paul nous le dit : « Le Règne de Dieu est justice, paix et joie dans l'Esprit-Saint ». Bien sûr, nous pouvons parfois désespérer de notre monde et de notre temps, mais la prière de Jésus est une invitation à reconnaître des lieux, des cœurs où le règne de Dieu est déjà présent. Nous avons une Bonne Nouvelle à annoncer : « Le Règne de Dieu est proche, il est déjà au milieu de nous ». Cette prière nous engage aussi à collaborer avec Dieu pour établir davantage de justice, pour faire tout ce qui contribue à la paix, et recevoir la joie.

Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel
N'imaginons pas que le Père a pour chacun de ses enfants un programme prévu d'avance qu'il faudrait « décoder » puis réaliser. Le seul désir de Dieu sur nous est que nous répondions librement à son amour en traçant notre route avec Lui. Quelle est donc la volonté de Dieu ? Le Seigneur nous demande seulement deux choses : que nous l'aimions et que nous aimions notre prochain. Si nous nous efforçons à cela, nous accomplissons sa volonté. Il nous est difficile de savoir si nous aimons Dieu, mais nous pouvons savoir avec certitude que nous aimons notre prochain ! Soyez certains de ceci : plus vous ferez des progrès dans l'amour du prochain, plus vous en ferez dans l'amour de Dieu !

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour
Jésus nous invite maintenant à faire connaître au Père nos besoins les plus essentiels. Demander à Dieu « le pain », c'est reconnaître que notre vie vient de Lui et c'est chaque jour que nous avons à l'accueillir dans la confiance : Le Seigneur ne nous fera jamais défaut. Certes, cela ne nous dispense pas « de travailler comme si tout dépendait de nous ». Plus encore : « Prier comme si tout dépendait de Dieu » nous engage à une véritable solidarité envers ceux qui manquent de tout. Et puis, ce pain que nous demandons et qui fait vivre est aussi la nourriture spirituelle. Nous disons à Dieu notre faim du pain de sa Parole et du pain de l'Eucharistie, pain rompu pour un monde nouveau.

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
Il n'y a pas de limite à l'amour de Dieu. Rien ne peut empêcher Dieu de nous aimer. Demander son pardon, c'est reconnaître notre faiblesse, notre péché, nos résistances à l'accueil de cet amour et ainsi, nous ouvrir à la grâce. Il n'y a pas de mesure à l'amour infini du Père, il n'y a pas de limite à son pardon, il est don gratuit, mais notre capacité à l'accueillir et à nous laisser transformer par lui est conditionnée par notre manière de pardonner nous-mêmes à ceux qui nous ont fait du tort. En refusant de pardonner, notre cœur se rend imperméable à l'amour miséricordieux du Père. Lorsque le préjudice est tel qu'il nous est humainement impossible de pardonner, fixons notre regard sur Jésus : sur la croix, il prie pour ceux qui le font mourir : « En sa personne, il a tué la haine ». Lui seul, par son Esprit peut nous donner la force de l'impossible. Le pardon reçu, le pardon donné est chemin de libération.

Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal
La tentation est le « passage obligé » dans la construction de notre liberté qui s'affermit à travers les choix que nous posons. Jésus lui-même a été tenté et le regard posé sur son Père et sur ses frères, il a déjoué les pièges du tentateur. Il nous appelle à demander au Père la force des choix courageux en faveur de la vie, de la justice, de la réconciliation, de la paix. Notre relation à Dieu ne nous éloigne pas du combat humain et spirituel, mais elle nous donne la certitude de foi d'en sortir vainqueur, avec le Christ. Toute la vie de Jésus, sa mort et sa résurrection, est victoire sur les forces du mal. Il va jusqu'au bout de l'amour et la vie triomphe au matin de Pâques. Tout est accompli dans le temps de Dieu, mais nous sommes dans le temps de l'histoire et de ses lentes germinations. La prière à « Notre Père » est un cri de confiance, dans la foi, l'espérance et l'amour : « Viens Seigneur, ne tarde pas ».

Amen

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Jésus-Christ
Voici la Prière « Réjouis-toi, ô mon âme » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la Grande Sainte Thérèse de Jésus, première femme reconnue comme Docteur de l'Église Catholique, Réformatrice des couvents carmélites et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Réjouis-toi, ô mon âme » :

« Réjouis-toi, ô mon âme, de ce qu’il y ait Quelqu’un qui aime Dieu comme Il le mérite. Réjouis-toi de ce qu’il y ait Quelqu’un qui connaisse sa Bonté et sa Souveraineté. Remercie-le de nous avoir donné sur terre Quelqu’un qui Le connaît comme Le connaît son Fils unique. Sous cette Protection, tu pourras t’approcher de ton Dieu et le supplier, puisque Sa Majesté prend en toi ses délices. Que toutes les choses d’ici-bas soient impuissantes à t’empêcher de prendre tes délices et à te réjouir dans les grandeurs de ton Dieu, en voyant combien Il mérite d’être aimé et loué demande-Lui de t’aider, afin que tu contribues quelque peu à ce que son Nom soit béni, et que tu puisses dire avec vérité : « Mon âme chante les grandeurs et les louanges du Seigneur ». Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici une Prière « Le Seigneur ne nous demande que deux choses : l'amour de Dieu et l'amour du prochain » extraite du Château Intérieur (Ve demeures - ch. III) de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Réformatrice des Couvents Carmélites, Docteur de l'Église Catholique et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Le Seigneur ne nous demande que deux choses : l'amour de Dieu et l'amour du prochain » :

« À nous, le Seigneur ne demande que deux choses : l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Aimons-nous Dieu ? Nous ne pouvons le savoir, quoiqu'il y ait cependant de grands signes pour en juger. Mais pour ce qui est de reconnaître si nous aimons le prochain, oui, nous le pouvons. Soyez-en certaines, autant vous aurez fait de progrès dans l'amour du prochain, autant vous en aurez fait dans l'amour de Dieu. L'amour que notre Seigneur nous porte est si grand, qu'en récompense de celui que nous avons pour le prochain, il fait croître de mille manières celui que nous avons pour Lui-même : je n'ai aucun doute là-dessus. Puisque la chose est pour nous d'une si grande importance, essayons de bien voir où nous en sommes, et cela jusque dans les plus petites choses, et puis, ne faisons aucun cas de certaines idées - très grandes - qui se présentent à nous en foule dans la prière, sur tout ce que nous proposons de faire et d'entreprendre en faveur du prochain et pour le salut d'une seule âme. Si nos œuvres n'y répondent pas, il est à croire que tout cela restera sans effet. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici une Prière de quiétude et de recueillement « Ô mon Seigneur et mon Dieu qui faites toute ma béatitude » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Réformatrice des Couvents Carmélites, Docteur de l'Église Catholique et Sainte patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon Seigneur et mon Dieu qui faites toute ma béatitude » :

« Ô mon Seigneur et mon Dieu, qui faites toute ma béatitude, je ne saurais, sans répandre des larmes de joie, dire, ainsi que je puis le dire très-véritablement, que Vous prenez plaisir d'être dans nous comme Vous êtes dans l'Eucharistie, et que, si ce n'est pas notre faute, nous pouvons jouir de cet incomparable bonheur, puisque Vous avez dit Vous-même que Vous preniez plaisir d'être avec les enfants des hommes. Quelle parole, ô mon Sauveur ! Je n'ai jamais pu l'entendre sans une extrême consolation, lors même que mes péchés m'avaient le plus éloignée de Vous. Est-il possible, mon Dieu, qu'après que Vous avez fait de si grandes faveurs à une âme, et lui avez donné de telles preuves de votre Amour, qu'il lui est impossible de douter qu'elle les ait reçues, tant les effets les lui rendent évidentes, elle continue à Vous offenser ? Oui certes, Seigneur, cela n'est que trop possible, puisqu'il ne m'est pas seulement arrivé une fois, mais plusieurs fois, et je souhaite de tout mon cœur d'être la seule coupable d'une si noire ingratitude. Il a plu néanmoins à Votre infinie bonté d'en tirer quelque bien, et de faire voir que c'est dans les plus grands maux que Vous prenez plaisir à faire éclater la grandeur de votre Miséricorde. Combien me trouvai-je donc obligée de la publier toute ma vie ! Je Vous supplie, mon Dieu, de m'accorder la grâce de ne jamais y manquer, et de faire entendre à tout le monde jusqu'où va l'excès des faveurs dont je Vous suis redevable. Elles sont si grandes, que ceux qui en ont connaissance ne les peuvent considérer sans s'étonner, et qu'elles me font souvent sortir hors de moi-même, afin de Vous mieux louer que je ne le pourrais autrement ; car, si je demeurais seule sans Votre assistance, ne me trouverais-je pas réduite à voir sécher, dans ce jardin de mon âme, les fleurs spirituelles des vertus que Vous y avez fait croître, et cette misérable terre ne redeviendrait-elle pas aussi aride qu'elle l'était auparavant ? Ne le permettez pas, mon Sauveur, ne souffrez pas qu'une âme que Vous avez rachetée par tant de travaux, et que l'on peut dire que Vous avez encore rachetée diverses fois en la tirant d'entre les griffes de ce dragon infernal, se perde misérablement. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici une Prière comme une plainte de l'âme qui se voit séparée de Dieu durant cette vie « Qui m'écoute, sinon Vous, ô mon Père et mon Créateur ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Vierge et Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Qui m'écoute, sinon Vous, ô mon Père et mon Créateur ? » :

« Ô ma vie ! Ma vie ! Comment pouvez-vous subsister étant absente de votre véritable vie ? A quoi vous occupez-vous dans une si grande solitude ? Que pouvez-vous faire lorsque tout ce que vous faites est si défectueux et si imparfait ? Ô mon âme ! Qui peut vous consoler, vous voyant ainsi exposée sur une mer si pleine d'orages et de tempêtes ? Je ne saurais, sans m’affliger, considérer quelle je suis, et je suis encore plus affligée d'avoir vécu si longtemps sans être affligée. Ô Seigneur, que Vos voies sont douces ! Mais qui peut y marcher sans crainte ? Je crains de ne pas Vous servir ; et lorsque je travaille pour Votre service, je ne trouve rien qui me satisfasse, parce que je ne saurais rien faire qui soit capable de payer la moindre partie de ce que je Vous dois. Il me semble que je voudrais m'employer tout entière à Vous obéir, et quand je considère attentivement quelle est ma misère,-je vois que je ne puis rien faire de bon, si Vous-même ne me le faites faire. Ô mon Dieu et ma Miséricorde ! Que ferai-je donc pour ne pas détruire ce que Vous faites de grand dans mon âme ? Toutes Vos œuvres sont saintes, sont justes, sont d'un prix inestimable, et accompagnées d'une sagesse merveilleuse, parce que Vous êtes, mon Dieu, la Sagesse même. Mais je sens dans moi que, si mon entendement s'occupe à les considérer, comme il se trouve trop faible pour pouvoir s'élever jusqu'à Vos grandeurs incompréhensibles, la volonté se plaint de ce qu'il la détourne par ses pensées, et qu'ainsi il interrompt les mouvements et l'application de son amour ; car elle voudrait sans cesse jouir de Vous, et elle ne le peut, étant comme elle est, renfermée dans la prison si pénible d'une vie changeante et mortelle, où tout la détourne de cette parfaite jouissance. Il est vrai néanmoins que d'abord l'entendement l'aide à Vous aimer, eu lui représentant la hautesse de Votre suprême Majesté, dans laquelle, comme un contraire se voit mieux par son contraire, je reconnais plus clairement la profondeur de mon infinie bassesse. Mais pourquoi, mon Dieu, dis-je ceci ? À qui est-ce que je me plains ? Qui m'écoute, sinon Vous, ô mon Père et mon Créateur ? Et quel besoin ai-je de parler pour Vous faire savoir toutes mes peines, puisque je vois si clairement que Vous êtes dans mon cœur ? C'est ainsi que je m'égare, et que je me perds dans mes pensées. Hélas ! mon Dieu, qui m'assurera que je ne suis point séparée de Vous ? Ô vie incertaine et si peu assurée dans la chose du monde la plus importante ! Qui pourra vous désirer, puisque le seul avantage que l'on peut tirer de vous, qui est de contenter Dieu en toutes choses, est toujours douteux et accompagné de tant de périls ? »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse de Jésus d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô mon Dieu, que voulez-Vous faire de moi ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse de Jésus d'Avila « Ô mon Dieu, que voulez-Vous faire de moi ? » :

« Ô mon Dieu, que voulez-Vous faire de moi ? Donnez-moi le Calvaire ou le Thabor, le désert ou la terre d'abondance ; que je sois comme Job dans la douleur, ou que je repose comme Jean sur Votre cour ; que je sois une vigne abondante, ou stérile, qu'importe ? Si j'accomplis Votre volonté, que voulez-Vous faire de moi ? Que je sois comme Joseph jeté dans les fers, ou comme lui l'Intendant de l'Égypte ; que je sois comme David dans les épreuves, ou comme lui au comble de la gloire ; que je sois comme Jonas englouti dans les flots, ou comme lui rejeté sur le rivage, que demandez-Vous de moi ? Que je me taise ou que je parle, que je fasse du bien ou que je n'en fasse pas, que la Loi ancienne me découvre mes plaies, ou que je goûte les douceurs de l'Évangile, que je sois dans la peine ou dans la joie, pourvu seulement que Vous viviez en moi. Que voulez-Vous faire de moi ? Je suis Vôtre ; pour Vous je suis née ! Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila à Dieu le Père
Voici la Prière « Délivre-moi, Seigneur, de toutes ces épreuves, ces chagrins, ces complications et devoirs de politesse » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui par la lecture des Confessions de saint Augustin s'oriente vers les voies de la sainteté et devient la grande réformatrice des Couvents Carmélites dont la règle s'était relâchée.
La Prière de Sainte Thérèse de Jésus d'Avila « Délivre-moi, Seigneur, de toutes ces épreuves, ces chagrins, ces complications et devoirs de politesse » :

« Délivre-moi, Seigneur, de cette ombre de mort. Délivre-moi de toutes ces épreuves, délivre-moi de tous ces chagrins, délivre-moi de toutes ces complications et devoirs de politesse auxquels nous sommes assujettis tant que nous sommes en cette vie, de tant, tant, tant de choses qui me fatiguent et dont la seule énumération fatiguerait le lecteur si je la faisais complète. Non, il n'est plus possible de supporter une telle vie ! Sans doute, ce dégoût me vient-il de ce que j'ai mal vécu et de voir que je ne vis pas encore comme je le devrais. Ce que je ne peux pas supporter, Seigneur, c'est de ne pouvoir savoir si je T'aime vraiment, ni si mes désirs Te sont agréables. Oh ! Mon Seigneur et mon Dieu, délivre-moi de toutes maladies et aie la bonté de m'emporter là où sont tous les biens. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Ô mon âme, considère la Sainte Trinité » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui dans ses œuvres, notamment dans « Le Chemin de perfection » et dans « Le Château intérieur », manifeste, parmi ses extases et ses révélations, un amour et une intuition trinitaires exceptionnels.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon âme, considère la Sainte Trinité » :

« Ô mon âme, considère avec quelles délices et quel grand amour le Père connaît son Fils et le Fils connaît son Père, avec quelle ardeur le Saint-Esprit s'unit à eux, et comment aucun d'eux ne peut refuser cet amour et cette connaissance. Car Ils sont une seule et même chose. Ces Personnes souveraines se connaissent, elles s'aiment, elles mettent leurs délices les unes dans les autres. En quoi mon amour est-il nécessaire ? A quelles fins, mon Dieu, ou qu'y gagnez-Vous ? Oh béni soyez-Vous ! Oh soyez béni, Vous, mon Dieu, à jamais ! Que toutes choses Vous louent, Seigneur sans fin, puisqu'il ne peut y avoir de fin en Vous. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Seigneur, donnez-moi un moyen de supporter cette vie » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui dans ses œuvres, notamment dans « Le Chemin de perfection » et dans « Le Château intérieur », manifeste, parmi ses extases et ses révélations, un amour et une intuition trinitaires exceptionnels.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Seigneur, donnez-moi un moyen de supporter cette vie » :

« Un jour où j'étais en présence de ces Trois Personnes qui sont dans mon âme, la Lumière était telle qu'on ne peut douter que le vrai Dieu vivant fût là. Et il me fut donné de comprendre des choses que je suis incapable de répéter ; entre autres, comment la Personne du Fils a pris un corps humain à l'exclusion des deux autres. Je ne saurais en dire mot, car certaines de ces choses se passent en un point si secret de l'âme qu'il semble que l'entendement comprenne comme une personne endormie, ou à moitié endormie, croit comprendre ce dont on parle. Je songeais combien elle est dure, cette vie, qui nous prive de demeurer ainsi dans cette admirable Compagnie. Et je dis à part moi : « Seigneur, donnez-moi un moyen de supporter cette vie ». Il me dit : « Pense ma fille, que lorsque tu auras cessé de vivre tu ne pourras plus Me servir comme tu le fais maintenant, mange pour Moi et dors pour Moi, que tout ce que tu fais soit pour Moi, comme si ce n'était plus toi qui vivais, mais Moi, comme le disait saint Paul. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila sur la Miséricorde
Voici la Prière d'une âme pénitente, dans la vue de ses péchés, sur la Miséricorde de Dieu « Ô mon âme, bénissez à jamais un si grand Dieu ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui dans ses œuvres, notamment dans « Le Chemin de perfection » et dans « Le Château intérieur », manifeste, parmi ses extases et ses révélations, un amour et une intuition trinitaires exceptionnels.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Miséricorde de Dieu « Ô mon âme, bénissez à jamais un si grand Dieu ! » :

« Quand je considère, mon Dieu ! La gloire que Vous avez préparée à ceux qui persévèrent à accomplir Votre sainte Volonté, et avec quels travaux et quelle douleur votre Fils nous l'a acquise ; quand je considère combien nous étions indignes d'une si grande faveur, et combien il est digne que nous ne payions pas d'une extrême ingratitude l'amour extrême qu'il nous a porté et dont il nous a donné des preuves qui lui ont coûté la vie ; quand je considère, dis-je, toutes ces choses, mon âme se trouve saisie d'une très-sensible affliction. Ô mon Seigneur ! Est-il possible que tout cela s'efface de l'esprit des hommes, et qu'ayant perdu le souvenir de tant de grâces, ils aient la hardiesse de Vous offenser ? Est-il possible qu'ils s'oublient ainsi eux-mêmes, et que Votre bonté soit si grande que, dans le plus fort de notre oubli pour Vous, Vous vous souveniez encore de nous ? Est-il possible que, Vous ayant porté un coup mortel par notre chute, Vous ne laissiez pas de nous tendre la main pour nous relever, et nous tirer ainsi de cette mortelle frénésie, afin que nous Vous priions de nous guérir ? Bénissons à jamais un si bon Maitre, publions sans cesse la grandeur de sa Miséricorde ; et donnons à la tendresse de Sa compassion pour nous les louanges éternelles qu'elle mérite ! Ô mon âme, bénissez à jamais un si grand Dieu ! Comment se peut-il faire que l'on s'oppose à Ses volontés ? Et quel sera le châtiment de ceux qui seront ingrats envers Lui, puisque la grandeur de leur supplice sera proportionnée à celle de ses faveurs et de ses grâces ! Ô mon Dieu, ne permettez pas un si grand malheur ! Ô enfants des hommes ! Jusqu’à quand aurez-vous le cœur endurci ? Jusqu’à quand opposerez-vous votre dureté à la Tendresse incomparable de Jésus ? Croyons-nous donc que notre malice en Le combattant demeurera victorieuse ? Ne savons-nous pas que la vie de l'homme passe en un moment ; qu'elle se sèche, et qu'elle tombe comme la fleur de l'herbe des champs, et que le Fils de la Vierge doit venir prononcer ce terrible arrêt, dont l'effet sera immuable ? Ô Dieu tout-puissant ! Puisque Vous devez être notre juge, soit que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, comment ne considérons nous point combien il nous importe de Vous contenter, afin que Vous nous soyez favorable en ce dernier jour ? Mais, hélas ! Qui ne voudrait pas se soumettre à l'arrêt d'un juge infiniment juste ? Oh ! Que bienheureuses seront les âmes qui seront en état de se réjouir avec Vous, lorsque tout le monde tremblera devant Vous ! Ô mon Seigneur et mon Dieu ! Quand une âme considère que Vous l'avez relevée de sa chute, elle voit clairement qu'elle s'était misérablement perdue pour acquérir un faux plaisir qui passe comme un éclair, et qu'elle est absolument résolue, avec assistance, de Vous contenter en toutes choses, sachant, ô mon bien ! Que Vous ne manquez pas à ceux qui Vous cherchent, et que Vous êtes prêt à répondre à ceux qui implorent votre Secours. Quand une âme est en cet état, quel remède peut-elle trouver pour s'empresser de mourir autant de fois qu'il lui vient dans la pensée qu'elle a perdu un si grand bien qu'est celui de l'innocence de son Baptême ? Certes, la meilleure vie qu'elle peut mener alors est de mourir à toute heure par la douleur que lui cause un si vif ressentiment. Et l'âme qui Vous aime avec tendresse. Ô mon Dieu ! Pourrait-elle supporter une si extrême affliction ? Mais que dis-je ? Comment m'égaré-je dans ces pensées sans considérer la confiance que nous devons avoir en Vous ? Est-ce que j'ai oublié la grandeur de votre Bonté et de votre Miséricorde ? Ai-je oublié que Vous êtes venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; que Vous nous avez rachetés si chèrement, et que Vous avez payé tous nos faux plaisirs par les cruels tourments dont Vous avez été accablé, et par les coups de fouets dont Vous avez été déchiré ? Vous avez souffert que vos Yeux sacrés aient été couverts d'un voile pour ôter le voile des yeux de mon cœur, et que votre Tête adorable ait été couronnée d'épines pour me guérir des vanités de mes pensées. Ô mon Seigneur ! Mon Seigneur ! Tout cela n'est qu'un surcroît d’affliction pour ceux qui Vous aiment ; et la seule chose qui me console, c'est que plus ma malice sera connue, plus votre Miséricorde sera éternellement louée. Enfin, je ne sais si ma douleur finira plus tôt que ma vie, lorsque sortant de ce monde pour Vous contempler dans votre Gloire, nous serons délivrés de tous les maux qui accompagnent cette vie mortelle. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Charité
Voici la Prière d'une âme qui aime beaucoup Dieu et se trouve partagée entre le désir de jouir de Lui, et l'obligation d'aider son prochain « Ô mon Père, aidez-moi à Vous abandonner pour aller servir mes frères dans la charité ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Charité « Ô mon Père, aidez-moi à Vous abandonner pour aller servir mes frères dans la charité ! » :

« Je considère souvent, mon Sauveur, que si l'âme ne peut consoler en quelque sorte de vivre sans Vous, c'est dans la retraite et la solitude, parce qu'alors elle se délasse et se repose dans Celui qui est son véritable repos ; quoiqu'il arrive souvent qu'alors même, s'il se rencontre qu'elle ne jouisse pas de Vous avec une entière liberté, elle sent redoubler sa peine. Mais quand elle considère qu'elle souffre encore beaucoup davantage lorsqu'elle est obligée de traiter avec les créatures, cette peine se change en plaisir. D'où vient, mon Dieu, qu'une âme qui ne veut point avoir d'autre contentement que celui de Vous contenter, Vous quitte souvent pour aller servir ses frères, comme si elle se lassait de jouir dans Vous d'un si saint repos ? Ô mon Amour tout puissant de mon Dieu, que Vos effets sont différents de ceux que produit l'amour du monde ! Celui-ci ne veut point de compagnie, parce qu'il lui semble qu'elle le sépare de la personne qu'il aime ; mais le Vôtre, mon Dieu, s'augmente, au contraire, plus il voit augmenter le nombre de ceux qui Vous aiment, et sent diminuer sa joie lorsqu'il considère que tout le monde ne jouit pas d'un si grand bonheur. C'est pour cette raison, ô mon Bien suprême, qu'au milieu des plus grandes consolations que l'on reçoit avec Vous, l'âme s'afflige lorsqu'elle se représente le grand nombre de ceux qui les méprisent, et qui en seront privés éternellement. Ainsi l'âme cherche des moyens d'engager ses frères à participer à son bonheur ; et elle l'abandonne avec joie lorsqu'elle espère de le pouvoir procurer aux autres. Mais, ô mon Père céleste, ne-vaudrait-il pas mieux remettre ces désirs à un autre temps où l'âme se trouvât moins consolée de Vos faveurs, et qu'elle s'employât alors tout entière à jouir de Vous ? Jésus, mon Sauveur, que l'Amour que vous portez aux enfants des hommes est admirable, puisque le plus grand service qu'on vous puisse rendre est de Vous abandonner pour procurer leurs avantages. C'est sans doute par ce moyen que nous Vous possédons plus pleinement, parce que, encore que notre volonté ne se trouve pas si satisfaite, notre âme se réjouit de la satisfaction qu'elle Vous donne par la connaissance qu'elle a que tandis que nous sommes engagés dans ce corps mortel, tous les contentements que nous recevons, et qui semblent même procéder de Vous, n'ont rien d'assuré s'ils ne sont accompagnés de la charité que nous devons avoir pour notre prochain. Quiconque ne l'aime pas, ne Vous aime pas, ô mon Rédempteur, puisque Vous avez fait voir, par l'effusion de tant de sang, l'excès de l'Amour que Vous portez aux enfants d'Adam. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila sur la Patience
Voici une Prière sur la Patience pour consoler une âme dans la peine d’un exil si long« Ô mon Dieu, que le temps de ce bannissement est long » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Patience « Ô mon Dieu, que le temps de ce bannissement est long » :

« Hélas ! Hélas ! Ô mon Dieu, que le temps de ce bannissement est long, et que j'y souffre de peine par le désir que j'ai de Vous voir ! Seigneur, que peut faire une âme qui se trouve enfermée dans la prison de ce corps ? Ô Jésus, mon Sauveur, que la vie de l'homme est longue, quoique l'on dise qu'elle est courte ! Elle est courte, en effet, puisqu'on peut gagner par elle une vie éternellement heureuse ; mais elle est bien longue pour une âme qui désire de jouir de la Présence de son Dieu. Quel remède donc, mon Sauveur, donnerez-Vous à ce que je souffre ? L'unique remède, mon Dieu, est que je souffre pour Vous. Ô bienheureuse souffrance, qui est la seule consolation de ceux qui aiment mon Dieu, ne fuis pas l’âme qui te cherche, et qui ne peut espérer que par toi de voir croître et adoucir tout ensemble le tourment que cause celui qui est aimé à l’âme qui l'aime. Tout mon désir, Seigneur, est de Vous plaire, et je sais certainement que je ne puis trouver aucune satisfaction parmi les hommes. Que si cela est, comme il me le semble, Vous ne blâmez point, sans doute, ce désir, mon Dieu, qui n'empêche pas néanmoins que s'il est nécessaire que je vive pour Vous rendre quelque service, je n'accepte de bon cœur tous les travaux qui se peuvent souffrir sur la terre, comme le disait autrefois votre grand amateur saint Martin. Mais, hélas ! Mon Sauveur, qui suis-je, et qui était-il ? Il avait des œuvres, et je n'ai que des paroles : c'est là tout ce que je puis. À défaut de mon pouvoir, regardez, Seigneur, mes désirs, et ne les rejetez pas de Votre divine Présence. Ne considérez pas mon peu de mérite, mais faites que nous méritions tous de Vous aimer. Puisque nous avons encore à vivre ici-bas, faites, mon Dieu, que nous n'y vivions que pour Vous seul, sans avoir plus d'autres intérêts ni d'autres desseins ; car que pouvons-nous souhaiter davantage que de Vous contenter et de Vous plaire ? Ô mon Dieu et toute ma consolation, que ferai-je pour Vous contenter ? Tous les services que je Vous puis rendre, quand bien même je Vous en rendrais plusieurs, sont défectueux et misérables. Qui me peut donc obliger à demeurer davantage en cette malheureuse vie ? Rien sans doute, sinon pour accomplir la Volonté de mon Seigneur et Maître. Et que pourrais-je souhaiter qui me fût plus avantageux ? Attends donc, ô mon âme, attends avec patience ; puisque tu ne sais ni le jour ni l'heure, garde-toi bien de l'endormir, veille avec soin, parce que tout se passe bientôt sur la terre, quoique ton désir te fasse paraître douteux ce qui est certain, et long ce qui ne dure que peu. Considère que plus tu combattras pour ton Dieu, plus tu témoigneras ton amour pour Lui, et plus tu jouiras un jour de ce Seigneur que tu aimes avec une joie et des délices qui dureront éternellement. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de la Grande Sainte Thérèse d'Ăvila sur la Volonté de Dieu
Voici une Prière d’abandon à la Volonté de Dieu « Seigneur, que veux-Tu de moi ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Seigneur, que veux-Tu de moi ? » :

« Je suis à Toi, Seigneur, pour Toi je suis née, pour Toi je veux vivre ; Seigneur, que veux-Tu de moi ? Je suis à Toi car Tu m'as créée, je suis à Toi car Tu m'as appelée, je suis à Toi car Tu m'as attendue, sans Toi, Seigneur, je me serais perdue, Dieu, Miséricorde, Éternelle Sagesse. Voici mon corps, ma vie et mon âme, je les remets entre Tes mains, à Toi pour toujours je me suis consacrée, que veux-Tu m'ordonner, ô bon Maître ? Toi dont l'Amour chaque jour nous rachète. Donne-moi la mort ou la vie, donne-moi l'ombre ou la gloire, donne-moi le combat ou la paix, donne à ma vie la faiblesse ou la force, à tout je dis : « Oui ». Donne-moi pauvreté ou richesse, donne-moi la source ou le désert, donne-moi la joie ou la tristesse, donne-moi les épreuves ou donne-moi le ciel, ma douce vie, soleil sans nuage. Seigneur, si Tu me veux dans la joie, par amour pour Toi je veux me réjouir, si Tu me fais porter le poids du jour, pour Toi je veux mourir à la peine, dis-moi où, dis-moi comment ? Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila à Dieu le Père
Voici une Prière comme quoi Dieu peut donner quelque soulagement aux âmes qu'il a blessées par les traits de son Amour « Ô mon Dieu, guérissez les blessures que Vous nous faites avec les flèches de ce même Amour » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour les blessés de l’Amour « Ô mon Dieu, guérissez les blessures que Vous nous faites avec les flèches de ce même Amour » :

« Ô mon Dieu et mon Seigneur ! C’est une grande Consolation pour une âme qui souffre avec douleur la solitude où elle se trouve quand elle est absente de Vous, de penser que Vous êtes présent partout. Mais de quoi lui peut servir cette pensée quand son amour devient plus ardent, et que cette peine la presse avec plus d'effort et de violence ? C'est alors que son entendement se trouble, et que sa raison étant comme obscurcie, ne lui permet pas de concevoir et de connaître cette vérité. Toute la pensée qui la possède pour lors est qu'elle se voit séparée de Vous, et elle ne trouve point de remède à un si grand mal ; car le coeur qui aime beaucoup ne reçoit ni conseil ni consolation que de Celui-là même qui l'a blessé de son Amour, sachant que c'est de Lui seul qu'il doit attendre le soulagement de sa peine. C'est Vous, mon Sauveur, qui causez cette blessure, et Vous la guérissez bientôt, quand Vous le voulez ; mais à moins que cela, il ne nous reste de salut ni de joie que celle que nous trouvons à souffrir, en considérant l'objet et la cause, de notre souffrance. Ô véritable Amant de nos âmes, avec quelle bonté, quelle douceur, quelle complaisance, quelles caresses et quelles démonstrations d'un extrême amour guérissez-Vous les blessures que Vous nous faites avec les flèches de ce même Amour ? Mais, mon Dieu et ma consolation dans toutes mes peines, que je suis indiscrète de parler ainsi ! Car comment des remèdes humains pourraient-ils guérir ceux qu'un Feu divin a rendus malades ? Qui pourrait connaître la profondeur de cette blessure ? Qui pourrait connaître d'où elle procède ? Qui pourrait connaître les moyens de soulager un tourment si pénible et si agréable tout ensemble, et quelle apparence qu'un mal si précieux se pût adoucir par des remèdes aussi méprisables que le sont ceux que les hommes nous peuvent donner ? Certes, ce n'est pas sans grande raison que l'épouse dit dans les Cantiques : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à mon bien-aimé ». Mon bien-aimé est à moi, dit-elle, parce qu'il n'est pas possible que cet amour mutuel entre Dieu et la créature commence par une chose aussi basse qu'est mon amour ; mais si mon amour est si bas, d'où vient qu'il ne s'arrête pas à la créature, et comment peut-il s'élever jusqu'au Créateur ? Pourquoi, ô mon Dieu, suis-je à mon Bien-aimé comme il est à moi ? C'est Vous, ô mon véritable Amant, qui commencez cette guerre toute d'amour, et cette guerre ne me semble être autre chose qu'un abandon et une inquiétude de tous nos sens et de toutes les puissances de notre âme, qui courent dans les rues et dans les places publiques, comme il est marqué par la sainte Epouse, lorsqu'elle conjure les filles de Jérusalem de lui apprendre des nouvelles de son Dieu. Mais, Seigneur, quand cette guerre est commencée, contre qui ces sens et ces puissances peuvent-ils combattre, que contre Celui qui s'est rendu Maître de la forteresse qu'ils occupaient, qui est la Partie la plus élevée de notre âme, et qui ne les en a chassés que pour les obliger à la reconquérir, en quelque sorte, sur leur divin Conquérant, ou à reconnaître leur faiblesse par la douleur qu'ils souffrent de se voir éloignés de Lui, afin que, renonçant ainsi à leurs propres forces, ils combattent plus courageusement qu'auparavant avec les forces qu'il leur donnera, et qu'en se confessant vaincus, ils vainquent heureusement leur vainqueur ? Ô mon âme, que vous avez éprouvé la vérité de ce que je dis, dans le combat merveilleux qui s'est passé en vous lorsque vous étiez en cette peine ! Mon Bien-aimé est donc à moi, et je suis à mon Bien-aimé. Qui sera celui qui entreprendra d'éteindre ou de séparer deux si grands feux ? Certes, il travaillerait en vain, puisque ces deux feux ne font plus qu'un Feu. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Ăvila à Dieu le Père
Voici une Prière à Dieu afin qu'il nous fasse regagner le temps que nous n'avons pas employé à L'aimer et à Le servir « Ô mon Dieu, que j'ai attendu tard à m'enflammer du désir de Vous aimer » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) fêtée le 15 octobre qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
« Le monde est en feu... Ce n'est pas l'heure de traiter avec Dieu d'affaires de peu d'importance ! » Sainte Thérèse d'Ăvila

Aujourd'hui, 15 octobre, ce n'est pas seulement l'ordre du Carmel qui fête sainte Thérèse, mais l'Église universelle. Occasion pour chacun d'entre nous de se mettre à son école et d'entendre ce docteur de l'Église nous redire que l'amour, un peu d'amour dispensé là où nous vivons, peut changer le cours de l'histoire. Le monde était en feu au XVIe siècle, il l'est encore, ni plus ni moins, aujourd'hui. Thérèse, au fond de son cloître, s'est abîmée dans la prière au point que le monde a entendu sa voix passionnée d'amour. N'est-ce pas le moment de revenir à l'Évangile pour que nos vies soient transformées par un réveil spirituel ? Que Thérèse nous y aide, aujourd'hui et demain !

La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon Dieu, que j'ai attendu tard à m'enflammer du désir de Vous aimer » :

« Mon Dieu, il me semble que mon âme se délasse et se repose en considérant quelle sera sa joie si votre Miséricorde la rend si heureuse que de Vous posséder un jour ; mais je voudrais qu'auparavant elle Vous servît, puisque ç'a été en La servant que Vous avez acquis le bonheur dont elle prétend de jouir. Que ferais-je, mon Dieu ? Que ferais-je ? Oh ! Que j'ai attendu tard à m'enflammer du désir de Vous aimer, et que Vous vous êtes hâté, au contraire, de me favoriser de vos Grâces, et de m'appeler à Vous, afin que je m'employasse tout entière à votre Service ! Ô mon Seigneur, se pourrait-il bien faire que Vous abandonnassiez un misérable ; se pourrait-il bien faire que Vous rejetassiez un pauvre mendiant, lorsqu'il vient se donner à Vous ? Votre Grandeur est-elle limitée ? Votre Magnificence a-t-elle des bornes ? Ô mon Dieu et ma Miséricorde ! Comment pouvez-Vous mieux faire éclater ce que Vous êtes, qu'en faisant Grâce à votre servante ? Grand Dieu ! Signalez Votre toute-Puissance ; faites-la comprendre à mon âme en lui faisant regagner en un moment, par l'ardeur de son amour, tout le temps qu'elle a perdu en manquant de Vous aimer. Mais n'est-ce point une extravagance que ce que je dis, puisque tout le monde dit d'ordinaire que le temps perdu ne saurait jamais se recouvrer ? Mon Dieu, que toutes Vos créatures Vous bénissent ! Seigneur, je reconnais la grandeur de votre Puissance. Si donc Vous pouvez tout, comme Vous le pouvez en effet, qu'y a-t-il d'impossible à Celui qui est tout puissant ? Il suffit, mon Dieu, que Vous le vouliez ; et, quelque misérable que je sois, je crois fermement que Vous le pouvez. Plus les merveilles que j'entends raconter de Vous sont grandes, plus je considère que Vous en pouvez faire de plus grandes, plus je sens ma foi se fortifier, et crois avec encore plus de certitude que Vous ferez ce que je Vous demande : car qui pourra s'étonner de voir faire des choses extraordinaires à Celui qui peut tout faire ? Vous savez, mon Dieu, que dans ma plus grande misère je n'ai jamais cessé de connaître la grandeur de votre Pouvoir et de votre Miséricorde. Ayez, Seigneur, quelque égard à la grâce que Vous m'avez faite de ne Vous offenser pas en ce point ! Faites que je répare le temps perdu en redoublant vos Faveurs dans le temps présent et à l'avenir, afin qu'en ce dernier jour je paraisse devant Vous revêtue de la robe nuptiale, puisque Vous le pouvez si Vous le voulez. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)

Prions : Dieu qui as suscité par ton Esprit sainte Thérèse d'Avila pour montrer à l'Église le chemin de la perfection, fais nous trouver notre nourriture dans sa doctrine spirituelle et brûler du désir de la véritable sainteté. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.
Prière de la Santa Madre Teresa d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô mon Dieu, que puis-je faire pour mon Époux ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Réformatrice du Carmel, Contemplative et Femme d'action qui a livré le secret de sa montée vers Dieu dans ses livres qui ont fait d'elle un Maître de vie spirituelle et un Docteur de l'Église Catholique Romaine. La Fondatrice a parcouru l'Espagne pour y implanter ses Monastères. L’âme de Thérèse était unifiée dans sa soif de vivre « seule avec le Seul ».
La Prière de la Santa Madre Teresa d'Avila « Ô mon Dieu, que puis-je faire pour mon Époux ? » :

« Maintenant, ô mon Époux, je vois bien que Vous êtes tout à moi ; je ne saurais le méconnaître. Pour moi, Vous êtes venu en ce monde ; pour moi, Vous avez enduré les plus grands travaux ; pour moi, Vous avez souffert les coups nombreux de la flagellation ; pour moi, Vous avez voulu demeurer dans le très Saint-Sacrement, et maintenant Vous m'accordez les plus grandes faveurs. Eh bien moi, l'Épouse sainte, car c'est ainsi que Vous m'appelez, je l'ai déjà dit, que puis-je faire pour mon Époux ? Ô Amour, ô Nom que je voudrais redire en beaucoup d'endroits, parce que seul Il peut oser dire avec l'Épouse : J'ai aimé mon Bien-Aimé ! Il nous autorise à croire qu'il a besoin de nous, Lui, le véritable Amant des âmes, mon Époux, mon Bien. Puisqu'il nous y autorise, disons-Lui donc de nouveau : mon Bien-Aimé est à moi, et moi, je suis à mon Bien-Aimé, Vous à moi, ô Seigneur ! Et puisque Vous venez à moi, pourrais-je douter que je sois capable de grandes choses à votre Service ? Eh bien, ô Seigneur, dès ce moment, je veux m'oublier et ne considérer que ce en quoi je pourrai Vous servir. Désormais je ne veux avoir d'autre volonté que la Vôtre. Hélas ! Mon pouvoir n'est pas grand. Vous, ô mon Dieu, Vous êtes tout-Puissant. Mais ce que je peux, c'est-à-dire prendre une détermination de me mettre à l'œuvre, je le fais dès ce moment. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)

Thérèse est née le 28 mars 1515. À 20 ans, elle entre au carmel d'Avila. À 40 ans, elle vit une conversion radicale qui la pousse à ne vivre que pour Dieu. De là son désir de revenir à une authentique vie carmélitaine selon la règle primitive qui comporte peu de recommandations : solitude, silence, prière. À partir de ce socle fondateur et de son expérience conventuelle, Thérèse rédige pour les couvents qu'elle fonde des constitutions qui sont un chef-d’œuvre d'équilibre humain et spirituel.
Prière de Sainte Térèsa d'Avila sur la Repentance
Voici une Prière sur notre repentir que le Seigneur attend « Daignez, ô mon Dieu Miséricordieux, apporter un remède à tant de démence et d'aveuglement » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Réformatrice du Carmel, Contemplative et Femme d'action qui a livré le secret de sa montée vers Dieu dans ses livres qui ont fait d'elle un Maître de vie spirituelle et un Docteur de l'Église Catholique Romaine. La Fondatrice a parcouru l'Espagne pour y implanter ses Monastères. L’âme de Thérèse était unifiée dans sa soif de vivre « seule avec le Seul ».
La Prière de Sainte Teresa d'Avila « Daignez, ô mon Dieu Miséricordieux, apporter un remède à tant de démence et d'aveuglement » :

« Ô mes frères, ô mes frères, vous qui êtes les enfants de ce Dieu, confiance, confiance ! Sa Majesté a dit, vous le savez, que si nous nous repentons des offenses que nous Lui avons causées, Elle ne se souviendra plus de nos fautes et de nos malices. Ô Miséricorde vraiment sans mesure ! Que peut-on désirer de plus ? Se trouverait-il quelqu'un par hasard qui pût sans honte en demander autant ? C'est maintenant le moment favorable pour recevoir ce que nous donne ce Seigneur compatissant, notre Dieu. Il veut notre amitié ! Qui donc la refusera à Celui qui n'a pas hésité à répandre tout son Sang et à sacrifier sa Vie pour nous ? Considérez donc que ce qu'il nous demande n'est rien, et que notre intérêt est de déférer à son désir. Ô grand Dieu ! Ô Seigneur ! Quelle dureté de cœur ! Quelle folie ! Quel aveuglement ! Vient-on à perdre un objet quelconque, une aiguille par exemple, ou un épervier qui ne saurait que donner la légère satisfaction de le voir planer dans les airs, on est dans la peine. Et nous n'en avons pas de perdre cet Aigle puissant qui est le Dieu souverain, ni son Royaume dont la félicité sera sans fin ! Qu'est-ce que cela ? Pour moi, je ne le comprends pas. Daignez, ô mon Dieu, apporter un remède à tant de démence et d'aveuglement. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de « Santa Teresa » d'Avila à Dieu le Père
Voici une Prière pour qui la vie sur terre est pénible et désire ardemment aller à Dieu « Ô mon Dieu, jusqu'à quand vivrai-je ainsi dans l'attente de Vous voir un jour ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Réformatrice du Carmel, Contemplative et Femme d'action qui a livré le secret de sa montée vers Dieu dans ses livres qui ont fait d'elle un Maître de vie spirituelle et un Docteur de l'Église Catholique Romaine. La Fondatrice a parcouru l'Espagne pour y implanter ses Monastères. L’âme de Thérèse était unifiée dans sa soif de vivre « seule avec le Seul ».
La Prière de Santa Teresa d'Avila « Ô mon Dieu, jusqu'à quand vivrai-je ainsi dans l'attente de Vous voir un jour ? » :

« Ô souverain Créateur ! Mon Dieu et mes délices, jusqu'à quand vivrai-je ainsi dans l'attente de Vous voir un jour ? Quel remède donnez-Vous à celle qui n'en trouve point sur la terre, et qui ne peut prendre aucun repos qu'en Vous seul ? Ô vie longue, vie pénible, vie qui n'est point une vie ! Ô solitude profonde ! Ô mal sans remède ! Jusqu'à quand, Seigneur, jusqu'à quand ? Que ferai-je, ô mon Bien ! Que ferai-je ? Désirerai-je de ne Vous désirer pas ! Ô mon Dieu et mon Créateur ! Vous nous blessez par les traits de votre Amour, et ne nous guérissez point ; Vous faites des plaies d'autant plus sensibles, qu'elles sont plus intérieures et plus cachées ; Vous donnez la mort sans ôter la vie. Enfin, mon Seigneur, Vous faites tout ce que Vous voulez, parce que Vous êtes tout-Puissant. Comment un ver de terre aussi misérable que je suis peut-il souffrir de si grandes contrariétés ? Mais qu'il soit ainsi, mon Dieu, puisque Vous le voulez, et que je ne veux que ce que Vous voulez. Hélas ! Seigneur, l'excès de ma douleur me force à me plaindre, et à dire qu'elle est sans remède si Vous n'en êtes pas Vous-même le Remède. Mon âme est dans une prison trop pénible pour ne pas désirer sa liberté. Mais en même temps elle ne voudrait pas, pour obtenir ce qu'elle désire, s'éloigner d'un seul point de ce que Vous avez ordonné d'elle. Ordonnez donc, mon Dieu, s'il Vous plaît, ou que sa peine croisse en Vous aimant ici davantage, on qu'elle cesse entièrement en jouissant de Vous dans le ciel. Ô mort ! Ô mort ! Je ne sais qui te peut craindre, puisque c'est dans toi que nous devons trouver la vie. Mais comment ne te craindra pas celui qui aura employé une partie de sa vie sans aimer son Dieu ? Me voyant en cet état, que désiré-je et que demandé-je, lorsque je demande de mourir, sinon peut-être qu'on me fasse souffrir, pour mes péchés, la peine que j'ai si justement méritée ? Ne le permettez pas, mon Sauveur ! Puisque ma rançon Vous a tant coûté. Ô mon âme ! Abandonne-toi à la Volonté de ton Dieu : c'est là l'état qui t'est le plus propre. Sers ton Seigneur, et espère de sa Grâce le soulagement de ta peine, lorsque ta pénitence t'aura rendue digne, en quelque sorte, d'obtenir le pardon de tes péchés. Ne désire point de jouir sans avoir souffert. Mais ô mon Seigneur et mon véritable Roi, je ne saurais faire ce que je dis, si votre Main toute-puissante ne me soutient, et si la grandeur de votre Miséricorde ne m'assiste ! Car avec cela je pourrai tout. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de la grande « Santa Teresa » d'Avila à Dieu le Père
Voici une Prière sur l'excessive Bonté de Dieu « Mon âme glorifie et loue le Seigneur ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Réformatrice du Carmel, Contemplative et Femme d'action qui a livré le secret de sa montée vers Dieu dans ses livres qui ont fait d'elle un Maître de vie spirituelle et un Docteur de l'Église Catholique Romaine. La Fondatrice a parcouru l'Espagne pour y implanter ses Monastères. L’âme de Thérèse était unifiée dans sa soif de vivre « seule avec le Seul ».
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Mon âme glorifie et loue le Seigneur ! » :

« Ô mon Espérance unique, mon Père, mon Créateur, mon vrai Seigneur et mon Frère ! Quand je considère ce que Vous dites dans votre Écriture, que vos Délices sont d'être avec les enfants des hommes, mon âme est comblée d'une extrême joie. Que ces Paroles sont puissantes, ô Seigneur du ciel et de la terre ! Qu’elles sont puissantes pour empêcher les plus grands pécheurs de perdre l'espérance de leur salut ! Se pourrait-il faire, ô mon Dieu, que Vous n'eussiez point d'autres créatures en qui Vous puissiez prendre vos délices, et qu'ainsi Vous soyez réduit à venir chercher un ver de terre aussi corrompu et d'une aussi mauvaise odeur que je suis ? Lorsque Jésus-Christ votre Fils fut Baptisé, Vous fîtes entendre une voix du ciel par laquelle Vous déclarâtes que Vous preniez en Lui vos Délices. Hélas ! Seigneur, sommes-nous donc égaux à Lui pour Vous plaire en nous comme dans Lui ! Ô Miséricorde incompréhensible ! Ô Faveur infiniment élevée au-dessus de nos mérites ! Et après cela, misérables que nous sommes, nous oublions toutes ces Grâces ! Ô mon Dieu ! Vous qui savez tout, souvenez-Vous au moins d'une si extrême misère, et regardez avec des yeux de compassion notre lâcheté et notre faiblesse. Et toi, mon âme, considère avec combien d'amour et de joie le Père éternel connaît son Fils, et le Fils éternel connaît son Père, et l'ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s'unit à Eux, sans qu'il puisse jamais arriver de diminution à cet Amour et à cette Connaissance, parce qu'Ils ne sont tous trois qu'une même Chose. Ces trois souveraines Personnes se connaissent et s'aiment mutuellement, et trouvent l'une dans l'autre leurs délices ineffables et incompréhensibles. Quel besoin avez-Vous donc, ô mon Dieu, de mon amour ? Pourquoi le désirez-Vous, et quel avantage Vous en revient-il ? Soyez à jamais béni, mon Seigneur, pour une si extrême Miséricorde ! Soyez béni aux siècles des siècles ! Que toutes choses Vous louent, et qu'elles Vous louent éternellement, comme Vous subsistez éternellement. Ô mon âme ! Réjouis-toi de ce qu'il se trouve quelqu'un qui aime ton Dieu comme il le mérite ; réjouis-toi de ce qu'il se trouve quelqu'un qui connaît sa Bonté et son Excellence ; réjouis-toi, et rends-Lui grâces de ce qu'il nous a donné ici-bas son propre Fils, afin qu'il y eût quelqu'un dont Il fût connu aussi parfaitement sur la terre qu'Il l'est dans le ciel. Sous l'appui de cette protection, approche-toi de Lui, et prie-Le que, puisque son adorable Majesté se plaît avec toi, qu’Il fasse qu'il n'y ait rien dans le monde qui soit capable de te priver de la joie de penser à sa Grandeur, et de considérer de quelle sorte Il mérite d'être aimé et d'être loué ! Demande-Lui aussi qu'il t'assiste, afin que tu puisses contribuer en quelque chose à la gloire de son saint Nom, et de dire avec vérité ces paroles du cantique de la Vierge : Mon âme glorifie et loue le Seigneur ! Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de la grande Sainte Thérèse d'Avila à Jésus-Christ
Voici la Prière « Pour Vous aimer, Seigneur, ce qui me presse… » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) fêtée le 15 octobre qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient la Réformatrice des Couvents Carmélites, Docteur de l'Église Catholique Romaine et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Pour Vous aimer, Seigneur, ce qui me presse… » :

Pour Vous aimer, Seigneur, ce qui me presse
Ce n’est pas du Ciel la douce promesse
Ni l’horreur de l’enfer qui m’oppresse
Pour que l’offense envers Vous cesse

Rien ne m’anime, Seigneur, que de Vous adorer
Sur une Croix, Vous voir cloué et déchiré
De voir tout lacéré votre saint Corps
Et vos outrages, et votre mort

C’est votre Amour qui tant m’attire, que même
S’il n’y avait point de Ciel je Vous aimerais
Point d’enfer, que je Vous craindrais

De raisons pour Vous aimer, saurai-je qu’en faire ?
Dussé-je moins espérer que je n’espère
Je Vous aimerais tout autant que je Vous aime !

Ainsi soit-il.

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de la Grande Sainte Thérèse d'Avila pour les Conversions
Voici une Prière de conversion de tous les pécheurs aveugles de l’Amour de Dieu « Ô Seigneur mon Dieu, je Vous demande d'aimer ceux qui ne Vous aiment point » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) fêtée le 15 octobre qui à l’âge de 20 ans entre au Monastère Carmélite de l’Incarnation à Avila en prenant le nom religieux de Thérèse de Jésus et devient Docteur de l'Église Catholique Romaine, Réformatrice des Couvents Carmélites et Sainte Patronne de l’Espagne.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô Seigneur mon Dieu, je Vous demande d'aimer ceux qui ne Vous aiment point » :

« Ô Seigneur, mon Dieu ! Vos Paroles sont des Paroles de Vie où les hommes trouveraient l'accomplissement de leurs souhaits s'ils y cherchaient ce qu'ils désirent. Mais, Seigneur, faut-il s'étonner que nous oubliions vos Paroles saintes après que nous sommes tombés dans cette langueur où nous réduisent nos mauvaises actions ! Ô Dieu, Créateur de l'univers, grand Dieu ! Que seraient toutes Vos créatures s'il Vous avait plu d'en créer d'autres ? Vous êtes Tout-Puissant, et vos Œuvres sont incompréhensibles ; faites donc, mon Dieu, que vos Paroles ne s'effacent jamais de ma mémoire. Vous avez dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés de travail et de peines, et je vous soulagerai ». Que désirons-nous davantage, ô mon Dieu ? Que demandons-nous, et que cherchons-nous ? Pourquoi se perdent tous ceux qui se perdent dans le monde, sinon pour chercher leur soulagement en leur repos ? Ô mon Dieu, faites-moi Miséricorde ! Quelle misère, Seigneur, quel aveuglement de chercher ainsi le repos où il est impossible de le trouver ! Ayez compassion, ô mon Créateur, de Vos créatures ! Considérez que nous ne nous entendons pas nous-mêmes ; que nous nous égarons bien loin de ce que nous désirons. Donnez-nous la Lumière, ô mon Dieu ! Considérez qu'elle nous est plus nécessaire qu'elle n'était à l'aveugle-né, car ne pouvant voir, il désirait de voir ; mais nous sommes aveugles, et nous voulons l'être. Quel mal fut jamais si incurable ? C'est ici, mon Dieu, que Vous devez témoigner Votre souveraine Puissance ; c'est ici que Vous devez faire paraître Votre infinie Miséricorde. Dieu de mon cœur ! Seul Dieu véritable, combien grande est la demande que je Vous fais, lorsque je Vous demande d'aimer ceux qui ne Vous aiment point, d'ouvrir à ceux qui ne frappent point à Votre divine Porte, et de guérir ceux qui non-seulement prennent plaisir à être malades, mais qui travaillent même à entretenir et à augmenter leurs maladies ? Vous dites, mon Dieu, que Vous êtes venu sur la terre chercher les pécheurs. Ce sont là, Seigneur, les véritables pécheurs. Ne considérez pas, mon Dieu, notre aveuglement ; considérez seulement les ruisseaux de sang que votre Fils a répandus pour notre salut ; faites reluire Votre Clémence dans les ténèbres si épaisses où notre malice nous a plongés ; regardez-nous, Seigneur, comme l'ouvrage de Vos mains : sauvez-nous par votre Bonté et par votre Miséricorde ! Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour les Agonisants
Voici une des dernières Prières « Voici l’Époux qui vient », de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) pendant son agonie, qui travailla à la Réforme de l'Ordre du Carmel et à la fondation de dix-sept Monastères de Carmélites. Canonisée en 1622, la « Grande Thérèse » a été proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Voici l’Époux qui vient » :

« Mon Seigneur et mon Epoux ! Voici donc arrivée l'heure que j'ai tant attendue ! Il est temps que nous nous voyions, mon Bien-Aimé Seigneur ! Il est temps de nous mettre en route ! C'est entendu, partons ! Que votre Volonté soit faite ! Elle est venue l'heure de ma sortie de cet exil ! Elle est venue l'heure où mon âme va pouvoir se rassasier de Vous que j'ai tant désiré ! Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière pour guérir nos blessures pour les Malades
Voici une Prière « Quand Tu le veux, Seigneur, Tu guéris à l'instant la blessure que Tu as faite » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui réforma l'Ordre du Carmel et fonda dix-sept Monastères de Carmélites. Canonisée en 1622, la « Grande Thérèse » a été proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Quand Tu le veux, Seigneur, Tu guéris à l'instant la blessure que Tu as faite » :

« Ô vrai Dieu et mon Seigneur ! Pour l'âme affligée de la solitude où elle vit en Ton absence, c'est une grande consolation que de savoir que Tu es partout. Mais à quoi bon, Seigneur, quand la force de l'amour et l'impétuosité de cette peine augmentent, et le cœur se trouble, si bien que nous ne pouvons plus comprendre ni connaître cette vérité ? L'âme sait seulement qu'elle est séparée de Toi, et elle n'admet aucun remède. En effet, le cœur qui aime beaucoup ne supporte pas d'autres conseils ni consolations que Celui-là même qui l'a blessé ; c'est de Lui seul qu'il attend la guérison de sa peine. Quand Tu le veux, Seigneur, Tu guéris à l'instant la blessure que Tu as faite. Ô Bien-Aimé véritable, avec quelle compassion, quelle douceur, quelles bonté et tendresse, avec quelles marques d'amour, Tu guéris les plaies des flèches de ton Amour ! Ô mon Dieu, Tu es le repos de toute peine. Quelle folie que de chercher des moyens humains pour guérir ceux qui sont malades du Feu divin ? Qui peut savoir jusqu'où va cette blessure, d'où elle vient, et comment apaiser un tel tourment ? Comme l'épouse du Cantique des cantiques a raison de dire : « Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à Lui ! » (11, 6). En effet, l'amour que je ressens ne peut pas avoir son origine dans la bassesse de mon amour. Et pourtant, Ô mon Époux, si bas que soit mon amour, comment se fait-il qu'il dépasse toute chose créée pour atteindre son Créateur ? Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) - Exclamation 16 (trad. cf. Auclair, Œuvres 1964, p. 534 et OC, Cerf, 1995, p. 892)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Providence
Voici une Prière d’abandon à la Sainte Providence « Que rien ne te trouble… Dieu seul suffit ! » (en espagnol : « Nada te turbe… Sólo Dios basta » ) de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui réforma l'Ordre du Carmel et fonda dix-sept Monastères de Carmélites. Canonisée en 1622, la « Grande Thérèse » a été proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Que rien ne te trouble… Dieu seul suffit ! » :

« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. Elève ta pensée, monte au ciel, ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble. Suis Jésus-Christ d’un grand cœur, et quoi qu’il arrive, que rien ne t’épouvante. Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ; il n’a rien de stable, tout passe. Aspire au céleste, qui dure toujours ; Fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. Aime-Le comme Il le mérite, Bonté immense ; mais il n’y a pas d’amour de qualité sans la patience. Que confiance et foi vive maintiennent l’âme, celui qui croit et espère obtient tout. Même s’il se voit assailli par l’enfer, il déjouera ses faveurs, celui qui possède Dieu. Même si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trésor, il ne manque de rien. Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : même si l’on vient à tout perdre, Dieu seul suffit. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) - 5ème centenaire de sa naissance
Prière de Sainte Thérèse de Jésus d'Avila sur la Miséricorde
Voici la Prière « Ô Seigneur, sauve-nous par Ta bonté et par Ta miséricorde » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui réforma l'Ordre du Carmel et fonda dix-sept Monastères de Carmélites. Canonisée en 1622, la « Grande Thérèse » a été proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse de Jésus « Ô Seigneur, sauve-nous par Ta bonté et par Ta miséricorde » :

« Ô Seigneur ! Ô mon Dieu ! Tes Paroles sont des Paroles de Vie où tous les mortels trouveront ce qu'ils désirent, pourvu qu'ils consentent à L'y chercher. Tu dis : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai ». Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous ? Que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde s'égarent-ils, sinon parce qu'ils sont en quête de bonheur ? Ô Dieu ! Ô Dieu ! Que vois-je, Seigneur ? Ô douleur ! Ô aveuglement profond ! Nous le cherchons, ce bonheur, là où il est impossible de le trouver... Vois, nous ne nous comprenons pas nous-mêmes, nous ne savons pas ce que nous désirons, et ce que nous demandons nous échappe. Donne-nous la lumière, Seigneur ! Vois, elle nous est plus nécessaire qu'à l'aveugle-né. Lui désirait voir la lumière et ne le pouvait pas, et maintenant, Seigneur, on refuse de voir. Est-il un mal plus incurable ? C'est ici, mon Dieu, qu'éclatera Ta puissance, ici que brillera Ta miséricorde. Ah ! Quelle demande je T'adresse, ô vrai Dieu, Dieu de mon cœur ! Je Te prie d'aimer qui ne T'aime pas, d'ouvrir à qui ne frappe pas, de donner la santé à qui prend plaisir d'être malade, à qui recherche la maladie. Tu as dit, ô mon Maître, que Tu venais chercher les pécheurs ; les voilà, Seigneur, les vrais pécheurs ! Et Toi, mon Dieu, oublie notre aveuglement, considère uniquement les flots de sang que Ton Fils a répandus pour nous. Que Ta miséricorde resplendisse au sein d'une malice si extrême ! Souviens-Toi, Seigneur, que nous sommes Ton œuvre, et sauve-nous par Ta bonté, par Ta miséricorde ! Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse de Jésus d'Avila à Jésus-Christ
Voici la Prière « Ô mon Maître, Tu as souffert sans l'avoir aucunement mérité » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qui réforma l'Ordre du Carmel et fonda dix-sept Monastères de Carmélites. Canonisée en 1622, la « Grande Thérèse » a été proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse de Jésus « Ô mon Maître, Tu as souffert sans l'avoir aucunement mérité » :

« Ô mon Maître ! Quand je songe de combien de manières Tu as souffert sans l'avoir aucunement mérité, je ne sais plus que dire de moi, ni où j'avais l'esprit quand je désirais ne pas souffrir, ni encore où j'en suis maintenant lorsque je m'excuse. Tu le sais, mon Bien, s'il y a quelque chose de bon en moi, je ne le tiens pas d'autres mains que les Tiennes. Eh bien ! T'est-il plus difficile, Seigneur, de donner beaucoup que de donner peu ? Si je suis indigne de la faveur que je sollicite, je ne méritais pas non plus les Grâces que Tu m'as faites. Et comment puis-je souhaiter que quelqu'un ait une bonne opinion d'une créature aussi mauvaise que moi, après que l'on a dit tant de mal de Toi, qui es le Bien au-dessus de tous les biens ? Cela ne se peut, ô mon Dieu, cela ne se peut ! Et pour moi, ne permets pas qu'il y ait rien en Ta servante qui soit désagréable à Tes yeux. Tu le vois, Seigneur, les miens sont aveugles et la plus faible lumière leur est suffisante. Toi, mon Maître, éclaire-moi, fais que je désire sincèrement être abhorrée de tous, puisque je T'ai abandonné tant de fois, Toi qui m'aimais avec tant de fidélité. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) - Le chemin de perfection
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Volonté de Dieu
Voici la Prière « Que ta Volonté, Seigneur, s'accomplisse en moi ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda dix-sept Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
« Que ta Volonté soit faite »

« Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Tous mes conseils dans ce livre ne tendent qu'à ce but : nous donner totalement au Créateur, soumettre notre volonté à la Sienne, nous détacher des choses créées ; vous devez en avoir compris la grande importance, je n'en dirai pas davantage. J'indiquerai seulement pour quel motif notre bon Maître formule cette demande du Notre Père. C'est qu'Il sait le grand avantage qu'il y a pour nous à faire ce plaisir à son Père éternel. Par là nous nous disposons à atteindre rapidement le but de notre voyage et à nous désaltérer aux eaux vives... Voilà la contemplation parfaite dont vous m'aviez priée de vous parler... Nous n'y contribuons en rien. Ici, plus d'efforts, plus de savoir-faire de notre part ; il ne faut plus que dire : « Fiat voluntas tua ; que ta Volonté soit faite ». Et en effet, tout ce que nous voudrions faire par notre travail et notre habileté en vue de nous procurer la quiétude ne nous serait qu'obstacle et empêchement. (Sainte Thérèse d'Avila)

La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Que ta Volonté, Seigneur, s'accomplisse en moi ! » :

« Que ta Volonté, Seigneur, s'accomplisse en moi ! Et cela, par toutes les voies et de toutes les manières que Tu voudras, mon tendre Maître ! Si Tu trouves bon que ce soit par des peines, fortifie-moi, et qu'elles viennent ! Par des persécutions, des maladies, des affronts, des privations, me voici ! Je ne détournerai pas mon visage, ô mon Père. Il serait indigne à moi de reculer. Puisque ton Fils T'a offert ma volonté en T'offrant celle de tous les hommes, il n'est pas juste que je me dérobe. Mais pour que j'aie ce courage, ô mon Dieu, daigne m'accorder le royaume qu'Il T'a demandé pour moi. Et après cela, dispose de tout mon être conformément à ta Volonté, comme d'une chose qui est Tienne. Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Le Chemin de perfection », ch. 32 (trad. OC, Cerf 1995, p. 824)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour l'Eglise Catholique
Voici la Prière « Père Saint, il faut bien que quelqu'un prenne la défense de votre Fils ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda dix-sept Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Père Saint, il faut bien que quelqu'un prenne la défense de votre Fils ! » :

« Ô Père Eternel, comment donc des Entrailles si pleines d’Amour que les Vôtres peuvent-Elles supporter que ce que votre Fils a réalisé avec tant d'amour, pour Vous contenter davantage et accomplir l’Ordre que Vous Lui aviez donné de nous aimer, soit tant dédaigné de nos jours ? N'était-ce donc pas assez, ô Père éternel, qu’Il n'eût pas durant Sa vie terrestre où reposer Sa tête, qu’Il fût toujours accablé de souffrances ? Faut-il encore qu'on Le prive aujourd'hui de ces demeures où Il convie Ses amis (les églises saccagées par les guerres de religion) ? N'avait-Il donc pas surabondamment satisfait pour le péché d'Adam ? Chaque fois que nous retombons dans le péché, ce très aimant Agneau doit-Il donc encore payer pour nous ? Ne le permettez pas, ô mon Souverain Maître ! Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Le Chemin de perfection », ch. 32 (trad. OC, Cerf 1995, p. 824)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Foi
Voici une Prière dans la tempête aux Carmélites de Séville « Courage, mes filles ! Souvenez-vous que Dieu n’envoie à personne plus de souffrances qu’il n’en peut porter » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda dix-sept Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Courage, mes filles ! Souvenez-vous que Dieu n’envoie à personne plus de souffrances qu’il n’en peut porter » :

« Courage, mes filles ! Courage ! Souvenez-vous que Dieu n’envoie à personne plus de souffrances qu’il n’en peut porter, et que sa Majesté est avec ceux qui sont dans les épreuves. Vous ne devez rien craindre ; mais espérez de sa Miséricorde qu’Il mettra la vérité entièrement en lumière et découvrira quelles trames le démon tenait cachées pour jeter le trouble parmi vous. Oraison, oraison, mes sœurs ! C’est à présent que doivent briller l’humilité et l’obéissance en chacune de vous. Oh, quel bon moment pour recueillir le fruit des résolutions que vous avez prises de servir Notre Seigneur ! Songez que, bien souvent, Il veut éprouver si les œuvres répondent aux résolutions et aux paroles. Faites honneur aux filles de la Vierge, vos sœurs, dans cette grande épreuve. Si vous vous y appliquez, le bon Jésus vous aidera. Bien qu’Il dorme sur la mer au moment où gronde la tempête, Il arrête les vents. Mais Il veut que nous l’en priions, car Il nous aime tant qu’Il cherche toujours de nouveaux moyens de faire avancer nos âmes. Que son Nom soit à jamais béni ! Amen, amen. Dans tous nos monastères, nous vous recommandons instamment à Dieu. Aussi, j’espère de sa Bonté qu’Il arrangera tout sans tarder. En conséquence, efforcez-vous d’être joyeuses, et dites-vous que, tout bien considéré, tout ce qu’on peut souffrir pour un Dieu si Bon et qui a tant souffert pour nous est peu de chose, car enfin vous n’en êtes pas encore arrivées à verser pour Lui votre sang (He 12, 4). Laissez faire votre Époux, et vous verrez qu’avant peu la mer engloutira ceux qui nous font la guerre, comme Il le fit pour le roi Pharaon. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – Lettre 284 aux Carmélites de Séville
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Parole de Dieu
Voici la Prière « Ô Seigneur mon Dieu, Tes paroles sont des Paroles de Vie » de la Huitième Exclamation de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda dix-sept Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô Seigneur mon Dieu, Tes paroles sont des Paroles de Vie » :

« Ô Seigneur mon Dieu, Tes paroles sont des Paroles de Vie où tous les mortels trouveront ce qu'ils désirent, pourvu qu'ils acceptent de l'y chercher. Mais quoi d'étonnant, mon Dieu, que nous oubliions Tes paroles, frappés comme nous le sommes de folie et de langueur par suite de nos mauvaises actions ? Ô mon Dieu, Auteur de tout ce qui est créé, que serait cette création si Tu voulais, Seigneur, créer plus encore ? Tu es Tout-Puissant, Tes œuvres sont incompréhensibles. Fais, Seigneur, que Tes paroles ne s'éloignent jamais de ma pensée. Tu dis : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11, 28). Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous ? Que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde s'égarent-ils, sinon parce qu'ils sont en quête de bonheur ? Ô Dieu, quel aveuglement profond ! Nous le cherchons, ce bonheur, là où il est impossible de le trouver. Ô Créateur, prends pitié de Tes créatures ! Vois, nous ne nous comprenons pas nous-mêmes, nous ne savons pas ce que nous désirons, et ce que nous demandons nous échappe. Donne-nous la Lumière, Seigneur ! Vois, elle nous est plus nécessaire qu'à l'aveugle né. Lui désirait voir la lumière et ne le pouvait pas, et maintenant, Seigneur, on refuse de voir. Est-il un mal plus incurable ? C'est ici, mon Dieu, qu'éclatera Ta puissance, ici que brillera Ta miséricorde. Je Te prie d'aimer ceux qui ne T'aiment pas, d'ouvrir à ceux qui ne frappent pas, de donner la santé à ceux qui prennent plaisir à être malades... Tu as dit, ô mon Maître, que Tu venais chercher les pécheurs (Mt 9, 13) ; les voilà, Seigneur ! Et Toi, mon Dieu, oublie notre aveuglement, considère uniquement le Sang que ton Fils a répandu pour nous. Que Ta miséricorde resplendisse au sein d'un tel malheur ; souviens-Toi, Seigneur, que nous sommes Ton œuvre, et sauve-nous par Ta bonté et par Ta miséricorde. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – Exclamations n°8
Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour Pâques
Voici une Prière à Notre-Seigneur-Jésus-Christ au Jardin de Gethsémani « Seigneur, j'irai partout où Vous irez et je passerai partout où Vous passerez » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda dix-sept Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Seigneur, j'irai partout où Vous irez et je passerai partout où Vous passerez » :

« Ô mon Seigneur et mon Bien, êtes-Vous donc réduit à une telle extrémité que Vous daigniez agréer une aussi pauvre compagnie que la mienne ? A votre Visage, je vois que Vous êtes consolé de me voir près de Vous. Comment est-il possible, Seigneur, que les Anges Vous laissent seul, et que votre Père Lui-même ne Vous console pas ? Puisqu'il en est ainsi, Seigneur, et que Vous consentez à endurer tant de souffrances par amour pour moi, qu'est-ce donc que j'endure pour Vous ? ... J'accepte d'avance, Seigneur, toutes les épreuves qui me viendront ; et je les regarderai comme un précieux trésor, puisqu'elles me permettront de Vous imiter en quelque chose. Marchons ensemble, Seigneur, car j'irai partout où Vous irez, je passerai partout où Vous passerez. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)

Sainte Thérèse d’Ávila, première femme Docteur de l’Église :

En ce temps-là j'appris les malheurs de la France. » Nous sommes en 1562, dans l’Espagne du siècle d’or, encore puissante mais inquiétée par les agitations religieuses européennes. À Ávila (Castille), au nord-ouest de Madrid, une carmélite âgée de 47 ans entend parler du début des « guerres de religion » entre huguenots et catholiques par-delà les Pyrénées… Celle qui deviendra célèbre sous le nom de sainte Thérèse d’Ávila, « la grande Thérèse », est sur le point de fonder l’Ordre des Carmes Déchaux pour servir l’Église.

Les débuts du Carmel déchaussé : Thérèse est bouleversée par les événements en France : l’Église, Corps du Christ se déchire, le Saint-Sacrement est profané en de multiples lieux et des prêtres quittent le sacerdoce. Elle supplie le Seigneur de pouvoir faire quelque chose pour arrêter cette guerre entre chrétiens, entre ceux que Jésus a pourtant appelés ses amis (Jean XV, 15). Thérèse voudrait que le Seigneur ait des amis vraiment fiables. Mais que peut-elle-faire ? Vivre sa consécration religieuse avec le plus d’amour possible : « Je me déterminai à faire le petit peu qui dépendait de moi : suivre les conseils évangéliques aussi parfaitement que possible... » (Chemin de perfection I, 2). En effet, cette moniale d’Ávila est alors en train de préparer la fondation d’un Carmel placé sous la protection de saint Joseph. Elle décide d’insuffler une ardeur apostolique singulière à la vie contemplative de cette communauté nouvelle. Tout y sera orienté vers la vie de prière au service de l’Église. Les sœurs formeront une petite communauté contemplative réunie dans la pauvreté et la joie évangéliques. Ainsi, commence la première des 17 fondations de monastères de carmélites déchaussées que Thérèse réalisera, en même temps qu’elle créera la branche des Frères déchaux avec saint Jean de la Croix. L’actualité française a donc joué un rôle non négligeable dans l’élaboration du projet thérésien !

Une enfant en quête d’éternité : Mais revenons en arrière pour comprendre le chemin spirituel de cette femme exceptionnelle. Doña Teresa de Cepeda y Ahumada naît le 28 mars 1515 dans une famille aisée et pieuse d’Ávila. Son père Alonso de Cepeda, fils d’un marchand juif de Tolède et sa mère, Beatriz de Ahumada, donnent naissance à dix enfants, Thérèse étant la troisième. Nous sommes dans une époque marquée par de profonds changements, outre la division ecclésiale déjà évoquée : il y a aussi la révolution copernicienne (qui découvre que la Terre n’est pas au centre du monde), le développement de l’imprimerie (qui permet une diffusion plus rapide des textes), le désir d’émancipation de l’individu (qui s’exprime dans le courant intellectuel de l’humanisme), la découverte du Nouveau Monde (ouvrant de nouvelles perspectives d’aventures et de conquêtes)... La plupart des frères de Thérèse partiront conquérir l’Amérique en espérant faire fortune. Quant à la jeune Thérèse, elle est attirée par ce qui dure toujours et ne trompe pas. Son aventure sera d’abord intérieure : c’est en elle-même qu’elle trouvera un point d’appui fiable pour affronter les transformations de son temps. Si le soleil devient le nouveau centre de l’univers, Thérèse va, elle, parler de la présence de Dieu en nous comme le véritable soleil qui nous fait vivre (Premières Demeures) et doit devenir le centre de notre vie.

La décision de devenir religieuse : Quand, à l’âge de treize ans, Thérèse perd sa mère, elle se confie à Notre-Dame : « Je suppliai la très Sainte Vierge avec beaucoup de larmes de me tenir lieu de mère. Cette demande, toute naïve qu'elle était, fut exaucée, je crois ; car depuis, je ne me suis jamais recommandée à cette Vierge souveraine sans expé­rimenter son secours, et finalement, elle m'a ramenée auprès d'elle. » (Vie I, 7) Certainement, cette protection mariale va aider Thérèse à ne pas succomber aux tentations de l’adolescence : Doña Teresa est une jeune femme belle, intelligente, avec une grande aisance relationnelle. Elle plaît et elle le sait… Suite à une amourette avec un cousin, le père de Thérèse décide de la placer dans une pension de jeunes filles. C’est dans ce couvent d’augustines que Thérèse retrouve son désir de Dieu et se décide à devenir religieuse. Déjà dotée d’une grande force de volonté, elle ose braver le refus paternel et entre au monastère des carmélites de l’Incarnation à Ávila le 2 novembre 1535. Elle a 20 ans. Thérèse s’engage avec ferveur dans sa vie religieuse mais tombe gravement malade au point de frôler la mort. C’est par l’intercession de saint Joseph qu’elle est guérie. Dès lors, elle contribue à développer le culte de l’époux de Marie : « Les âmes d'oraison, surtout, devraient toujours l'honorer d'un culte particulier. » (Vie VI, 8) En effet, à l’occasion d’une cure pour sa maladie, Thérèse vient de découvrir un livre sur l’oraison, la prière personnelle silencieuse : la jeune moniale trouve enfin dans ce cœur à cœur amical avec le Seigneur ce qu’elle désirait vivre. Elle comprend que Dieu demeure en elle et que prier, c’est se recueillir pour rejoindre cette présence intérieure.

« La vie de Dieu en moi » : Pourtant, jusqu’à ses 39 ans, Thérèse ne parvient pas à vivre totalement de cette vérité de foi. Il est vrai que la vie religieuse dans son monastère ne facilite pas le recueillement : grand nombre de Sœurs, visites nombreuses des gens en clôture… Mais Thérèse reste surtout piégée par les jeux d’apparence et aime se montrer au parloir auprès des gentilshommes mécènes du monastère. Son cœur est ainsi déchiré pendant près de vingt ans entre deux regards qui l’attirent, celui de Jésus et celui des autres. En 1554, à travers une représentation du Christ en sa Passion et la lecture des Confessions de saint Augustin, la moniale reçoit la grâce de renoncer à maîtriser sa vie et de s’appuyer sur la seule miséricorde de Dieu. Le changement est radical : « Jusqu'ici c'était ma vie à moi : celle qui a commencé (depuis) est bien la vie de Dieu en moi. » (Vie XXIII, 1)

L’émergence d’un désir profond : Thérèse bénéficie alors de grandes grâces qui la libèrent d’elle-même et font grandir en elle la volonté de se donner davantage au Seigneur. Elle découvre à quel point elle est aimée de Dieu et comment Il l’a délivrée de l’enfer. Cette expérience de la miséricorde est trop puissante pour qu’elle puisse la garder pour elle. Son désir grandit de faire connaître cet amour immense. Naît alors le projet de mener une vie religieuse carmélitaine plus exigeante et fidèle à la Règle du Carmel du XIIIe siècle. Thérèse ne se contente pourtant pas d’une réforme comme il y en a tant à son époque. Elle crée un équilibre nouveau entre prière et fraternité : elle ajoute deux heures de prière silencieuse en commun, deux heures de récréation, un temps fraternel d’échanges et d’édification spirituelle. Pour Thérèse, une vraie contemplative se dévoile par son amour du prochain et non par ses sentiments spirituels ! L’oraison conduit au don de soi ou bien elle n’est qu’introversion narcissique.

Une fondatrice audacieuse : Ainsi, se dessine le projet de fonder le carmel déchaussé de Saint-Joseph (Thérèse reprend le terme « déchaussé » d’une réforme franciscaine de l’époque : au-delà du fait d’utiliser des sandales ou chausses légères, il exprime le désir d’une vie religieuse plus marquée par la pauvreté et l’humilité), à Ávila en 1562 pour soutenir l’Église. Les épreuves ne manqueront pas mais Thérèse peut s’appuyer sur la promesse du Christ et la protection de la Vierge du Carmel. « Le monde est en feu ! » (Chemin de perfection I, 5) Face aux violences religieuses, Thérèse répond par l’urgence de développer sa vie intérieure pour atteindre la paix véritable et accueillir l’amour sauveur du Seigneur de l’Église. Elle prend alors le nom de Thérèse de Jésus et mène une vie simple, pauvre et joyeuse avec ses Sœurs. Pourtant, en 1567 de nouveau, l’actualité bouleverse son cœur. Cette fois-ci, les nouvelles viennent des Indes : un missionnaire parle aux carmélites de millions de personnes ignorant le Christ. Thérèse se sent de nouveau appelée à faire quelque chose face à ce drame et elle en demande la grâce au Seigneur. La réponse arrive peu après par le Supérieur Général de l’Ordre du Carmel. Celui-ci lui donne l’autorisation de fonder de nouveaux monastères déchaussés et de commencer une branche masculine. Thérèse prend son bâton de fondatrice à l’âge de 52 ans et entre dans la dernière partie de sa vie, la plus active et la plus dense. C’est cette même année qu’elle rencontre Jean de la Croix avec qui elle fondera la branche masculine du Carmel déchaussé. La vie spirituelle de Thérèse s’approfondit et elle s’unit de plus en plus à son Seigneur jusqu’à recevoir la grâce du mariage spirituel avec le Christ. Désormais, sa volonté est profondément unie à la sienne et elle ne s’occupe plus d’elle-même car elle sait que le Seigneur prend soin d’elle. Thérèse de Jésus peut donc se donner généreusement à l’aventure des fondations, étant elle-même fondée sur le « roc divin ». Elle fait preuve d’une audace et d’un courage déconcertants pour mener à bien l’œuvre de Dieu face aux oppositions et aux persécutions en tous genres. En plus de ces travaux, Thérèse écrit. Retenons ses quatre œuvres majeures que sont Le livre de la Vie, Les Fondations, Le Chemin de perfection et Le Château intérieur avec ses sept demeures.

Celle qui est devenue la « Madre » meurt le 4 octobre 1582 à Alba de Tormes (dans l’ouest de la Castille), au cours d’une halte dans un de ses monastères. Sa fête liturgique est fixée le 15 octobre. Elle quitte ce monde en remerciant le Seigneur de l’avoir faite « fille de l’Église ». Mère Thérèse est béatifiée le 24 avril 1614 par le pape Paul V et canonisée le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV. Le 4 octobre 1970, le Bienheureux Paul VI la proclame Docteur de l’Église. C’est la première femme à recevoir ce titre.

La spiritualité thérésienne : L’Église attribue à la sainte d’Ávila le titre de « Mère des spirituels ». Thérèse de Jésus nous guide dans les chemins de l’intériorité vers le centre de notre être où Dieu demeure. Elle nous aide à ne pas nous égarer sur les voies d’une spiritualité abstraite. La spiritualité thérésienne est profondément humaine et chrétienne car elle prend en charge l’intérieur comme l’extérieur, l’humain et le divin en Christ, l’amour de Dieu comme celui du prochain. C’est une spiritualité marquée par l’aventure intérieure, la transformation de soi par l’action intérieure de l’Esprit et la libération de son être profond, qui a notamment inspiré la « petite Thérèse », la carmélite française Thérèse de Lisieux. Cet itinéraire de conversion rend le croyant disponible pour l’action au service de l’Église et du monde. Certes, ce chemin est exigeant mais sûr et simple. Chemin de vérité et de liberté que tant de personnes ont emprunté au long des siècles. Chemin marial puisque la vie d’oraison est au fond l’imitation de la vie intérieure de la Vierge. Chemin ouvert à tous puisque l’oraison est pour Thérèse « une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec Celui dont nous nous savons aimés. » (Vie VIII, 6) Au fond, le seul danger est de ne pas croire que Dieu peut transformer radicalement notre vie : « Quant à moi, je sais très bien que quiconque n’y croit pas n’en fera jamais l’expérience. » (Premières Demeures I, 4)

Que la vie de sainte Thérèse de Jésus nous incite à nous livrer davantage à l’action de Dieu !

Fr. Jean-Alexandre de l’Agneau Carme déchaux, maître des novices au couvent d’Avon (Seine-et-Marne)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur le Jugement dernier
Voici une Prière sur le Jugement dernier « Combien le Regard de Jésus-Christ dans le dernier Jugement sera doux pour les bons et terrible pour les méchants » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda dix-sept Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Combien le Regard de Jésus-Christ dans le dernier Jugement sera doux pour les bons et terrible pour les méchants » :

« Ô mon Seigneur et mon véritable Dieu ! Celui qui ne Vous connaît pas ne Vous aime pas. Hélas ! Que cette vérité est grande, et que malheureux sont ceux qui ne veulent pas Vous connaître ! L'heure de la mort est une heure redoutable ; et qui peut, mon Créateur, assez craindre ce jour terrible qui verra exécuter le dernier arrêt que doit prononcer Votre justice ? Jésus, mon Sauveur et tout mon Bien, j'ai considéré plusieurs fois quelle est la douceur et la joie que votre Regard porte dans les âmes de ceux qui Vous aiment, et que Vous daignez voir d'un œil favorable. Il me semble qu'un seul de ces Regards leur donne tant de consolation, qu'il suffit pour les récompenser de plusieurs années de service. Oh ! Qu’il est difficile de faire comprendre ceci à ceux qui ne savent pas par expérience combien le Seigneur est doux ! Ô chrétiens, chrétiens, considérez que vous êtes devenus les frères de votre Sauveur et de votre Dieu ! Considérez qui Il est, et ne Le méprisez pas. Sachez qu'en ce Jour de Sa majesté et de Sa gloire, autant que Son regard sera doux et favorable pour Ses serviteurs et Ses amis, autant Il sera terrible et plein de fureur pour Ses persécuteurs et Ses ennemis. Ô que nous comprenons mal que le péché n'est autre chose qu'une guerre que nous faisons à Dieu, qu'un combat contre Lui de tous nos sens et de toutes les puissances de notre âme, qui conspirent comme à l'envi à qui usera de plus de trahisons et de perfidies contre leur Créateur et leur commun Roi. Vous savez, mon Seigneur, que j'ai souvent plus appréhendé de voir Votre divin Visage animé de colère contre moi dans ce Jour épouvantable de Votre dernier Jugement, que d'être au milieu des supplices et des horreurs de l'enfer, et que je Vous priais, comme je Vous prie encore, mon Dieu, de vouloir, par votre Miséricorde, me préserver d'un malheur si déplorable. Que me serait-il arrivé dans le monde qui en approche ? Je l'aime mieux, mon Dieu, quoi que ce puisse être, je l'aime mieux, pourvu que Vous me garantissiez d'une telle peine. Faites que je ne cesse jamais, mon Sauveur, de jouir de la vue de Votre souveraine Beauté. Votre Père Vous a donné à nous : ne souffrez pas, ô mon cher Maître, que je perde un Trésor si précieux. Je confesse, ô Père éternel, que je L'ai très mal conservé ; mais cette faute n'est pas sans remède ; elle n'est pas sans remède, mon Seigneur, pendant que nous respirons encore dans l'exil de cette vie. Ô mes frères, mes frères, qui êtes comme moi les enfants de Dieu, efforçons-nous, mais de tout notre pouvoir, de réparer nos fautes passées, puisque vous savez qu’Il a dit que lorsque nous aurons regret d'avoir péché contre Lui, Il oubliera toutes nos offenses. Ô Bonté sans mesure, que demandons-nous davantage ? Oserons-nous même tant demander sans quelque pudeur et quelque honte ? Mais c'est à nous maintenant de recevoir ce que son extrême Bonté nous veut donner. Puis donc qu’Il ne désire de nous que notre amour, qui pourrait le refuser à Celui qui n'a pas refusé de répandre tout son Sang pour nous, et de nous donner Sa propre Vie ? Considérons qu’Il ne nous demande rien qui ne soit pour notre avantage. Ô mon Dieu ! Quelle dureté, quel aveuglement, quelle folie ! La perte d'une aiguille nous fait de la peine ; un chasseur se fâche de perdre un oiseau, dont il ne tire autre avantage que le plaisir de le voir voler ; et nous ne sommes point touchés de regret de perdre cet Aigle royal, de perdre la majesté de Dieu même, et ce Royaume dont la possession et le bonheur dureront éternellement ! Qu'est-ce que cela, Seigneur, qu'est-ce que cela ? J'avoue que je ne le comprends pas. Tirez-nous, ô mon Dieu, d'un si grand aveuglement, guérissez-nous d'une si extrême folie ! »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Exclamations ou Méditations de l'âme à son Dieu » , N°14
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur le Paradis
Voici une Prière sur le bonheur des Saints dans le Ciel, et l'impatience des hommes qui aiment mieux jouir pour un moment des faux biens de cette vie, que d'attendre les véritables et les éternels « Ô saintes âmes qui jouissez dans le Ciel des délices du Paradis » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô saintes âmes qui jouissez dans le Ciel des délices du Paradis » :

« Ô saintes âmes, qui jouissez dans le Ciel d'une parfaite félicité sans aucune crainte de la perdre, et qui êtes sans cesse à louer mon Dieu, que votre condition est heureuse ! Que c'est avec grande raison que vous n'interrompez jamais vos louanges et vos actions de grâces, et que je vous porte d'envie, vous considérant ainsi comme libres et affranchies de la douleur que je ressens en voyant la multitude des offenses qui se commettent contre mon Dieu dans le malheureux siècle où nous vivons, de voir une telle ingratitude dans les hommes, et un si profond assoupissement, qu'ils ne font pas seulement la moindre réflexion sur ce grand nombre d’âmes que le diable entraîne tous les jours dans les enfers ! Ô bienheureuses et célestes âmes, qui jouissez des délices du Paradis, ayez compassion de notre misère, et intercédez pour nous envers Dieu, afin qu’Il nous donne quelque part à votre bonheur ; qu'Il répande dans nos esprits un rayon de cette vive Lumière dont vous êtes toutes remplies, et qu’Il nous donne quelque sentiment de ces récompenses inconcevables qu’Il a préparées à ceux qui combattent pour Lui avec un courage invincible durant le sommeil si court de cette malheureuse vie ! Ô âmes toutes brûlantes d'amour ! Obtenez-nous la Grâce de bien comprendre quelle est la joie que vous donnent la connaissance et la certitude de l'éternité de votre joie ! Ô mon Sauveur, que nous sommes misérables, puisque encore qu'il semble que nous n'ignorions pas ces vérités, et même que nous les croyions, nous sommes néanmoins si accoutumés à ne les point considérer, et elles sont si éloignées de notre esprit, qu'en effet ni nous ne les connaissons, ni nous ne voulons pas les connaître ! Ô esprits intéressés et passionnés pour vos plaisirs ! Est-il possible que, pour ne vouloir pas attendre un peu de temps afin d'en posséder de si grands, pour ne vouloir pas attendre un an, pour ne vouloir pas attendre un jour, pour ne vouloir pas attendre une heure, et pour ne vouloir pas attendre peut-être un moment, vous perdiez tous ces plaisirs pour jouir d'une misérable satisfaction, parce que vous la voyez et qu'elle est présente ? Ô mon Dieu, mon Dieu, que nous avons peu de confiance en Vous, de Vous refuser ainsi un peu de temps ! Et que Vous avez, au contraire, de confiance en nous, de nous donner des richesses inestimables en nous donnant Votre propre Fils ; en nous donnant trente-trois ans de Sa vie qu’Il a passée dans des travaux incroyables ; en nous donnant Sa mort cruelle et sanglante, et en nous donnant tout ce que je viens de dire si longtemps avant que nous fussions nés, sans que la connaissance que Vous aviez que nous ne garderions pas fidèlement ce trésor sans prix, Vous ait empêché de nous le donner, parce que Vous n'avez pas voulu, ô Père si doux et si secourable ! Qu’il tint à Vous qu'en le faisant profiter, nous pussions nous enrichir pour jamais ! Quant à vous, ô âmes bienheureuses, qui avez employé de telle sorte ces riches talents, que vous avez acquis un héritage de délices éternelles, apprenez-nous à les faire profiter à votre exemple : assistez-nous, et puisque vous êtes si proche de la Fontaine céleste, tirez-en de l'eau pour nous en faire part, lorsque nous mourons de soif sur la terre. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Exclamations ou Méditations de l'âme à son Dieu après la Communion » , N°13
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Miséricorde
Voici une Prière à Dieu dont les Délices sont d'être avec les enfants des hommes « Ô mon Dieu, jetez Vos regards sur notre faiblesse car Vous savez tout » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon Dieu, jetez Vos regards sur notre faiblesse car Vous savez tout » :

« Ô mon Espérance ! Ô mon Père ! Ô mon Créateur ! Ô mon vrai Maître ! Ô mon Frère ! Quand je songe que Vous avez dit que Vos délices sont d'être avec les enfants des hommes, mon âme est dans la plus vive allégresse. Ô Seigneur du Ciel et de la terre, quelles Paroles que celles-là pour qu'aucun pécheur ne perde confiance ! Mais, ô Seigneur, n'auriez-Vous pas par hasard, où prendre Vos délices, pour les rechercher près d'un petit ver de terre aussi rebutant que moi ? Quand Votre divin Fils reçut le Baptême, vous avez fait entendre cette Parole, que Vous mettiez en Lui vos Complaisances. Mais, Seigneur, est-ce que nous devons Lui être tous égaux ? Ô Miséricorde sans bornes ! Ô Faveur si élevée au-dessus de nos mérites ! Comment, nous autres mortels, oublions-nous tout cela ? Vous, ô mon Dieu, souvenez-Vous de l'extrême misère où nous sommes, et jetez Vos regards sur notre faiblesse, car Vous savez tout. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)
Prière de Sainte Thérèse d'Avila sur la Miséricorde
Voici la Prière « Je Vous en supplie, ô mon Dieu, que je puisse chanter vos Miséricordes sans fin » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Je Vous en supplie, ô mon Dieu, que je puisse chanter vos Miséricordes sans fin » :

« Ô mon Seigneur et mon Bien ! Je ne puis parler de la sorte sans verser des larmes et sentir mon âme inondée de bonheur. Vous voulez, Seigneur, demeurer avec nous comme Vous demeurez au Sacrement de l’autel. Je puis le croire en toute vérité, puisque c’est un point de notre foi, et c’est à bon droit que je puis me servir de cette comparaison. Et si nous n’y mettons obstacle par notre faute, nous pouvons mettre en Vous notre bonheur. Vous-même, Vous mettez Votre bonheur à demeurer en nous, puisque Vous nous l’assurez en disant : « Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes ! » Ô mon Seigneur, quelle Parole que celle-là. Chaque fois que je l’ai entendue, elle a toujours été pour moi, même au milieu de mes grandes infidélités, la source des consolations les plus vives. Mais, ô mon Dieu, serait-il possible de trouver une âme qui, après avoir reçu de Vous des faveurs si élevées, des joies si, intimes, et compris que Vous mettiez en elle Vos délices, Vous ait offensé de nouveau, et ait oublié tant de faveurs et tant de marques de votre Amour dont elle ne pouvait douter puisqu’elle en voyait les effets merveilleux ? Oui, cela est possible, je l’affirme. Il y a une âme qui Vous a offensé, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c’est moi, ô mon Dieu. Plaise à votre Bonté, Seigneur que je sois la seule âme de cette sorte, la seule qui soit tombée dans une malice si profonde et qui ait manifesté un tel excès d’ingratitude ! Sans doute, Vous avez daigné dans Votre infinie Bonté en tirer quelque bien et plus ma misère a été profonde, plus aussi elle fait resplendir le trésor incomparable de vos Miséricordes. Et avec combien de raison ne puis-je pas Les chanter éternellement ! Je Vous en supplie, ô mon Dieu, qu’il en soit ainsi, que je puisse Les chanter et Les chanter sans fin ! Vous avez daigné me Les prodiguer avec tant de magnificence ! Ceux qui Les voient en sont étonnés. Moi-même j’en suis souvent ravie, et je puis mieux alors Vous adresser mes louanges ! Si une fois revenue à moi je me trouvais sans Vous, ô Seigneur, je ne pourrais rien. Ne le permettez pas, Seigneur. Ne laissez pas se perdre une âme que Vous avez achetée au prix de tant de Souffrances. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) - De l’autobiographie, chapitre XIV, 10
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière plaintive « Ô mon Dieu, n'est-ce pas assez que Vous me reteniez dans cette misérable vie ! » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon Dieu, n'est-ce pas assez que Vous me reteniez dans cette misérable vie ! » :

« Aujourd’hui, j’ai osé me plaindre a sa Majesté : « Eh quoi ! Ô mon Dieu, n'est-ce pas assez que Vous me reteniez dans cette misérable vie ! Que, par amour pour Vous, j'accepte cette épreuve ? Or les quelques instants qui me restent pour jouir de votre Présence, Vous Vous cachez ! Comment cela peut-il être compatible avec votre Miséricorde ? Comment votre Amour pour moi peut-il le souffrir ? Seigneur, s'il m'était possible de me cacher de Vous, comme Vous Vous cachez de moi, je suis persuadée que votre Amour pour moi ne le souffrirait pas ! Mais Vous êtes toujours avec moi et me voyez toujours. Une telle inégalité est trop dure, ô mon Dieu. Considérez, je Vous en supplie, que c'est faire injure à celle qui Vous aime tant ! »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Modèles de perfection chrétienne, ou Vies de sainte Thérèse, sainte Jeanne de Chantal, saint Vincent de Paul, … », pages 82-83, L. Lefort (1816).
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à Dieu le Père
Voici la Prière « Ô mon Dieu, souvenez-Vous de notre extrême misère » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon Dieu, souvenez-Vous de notre extrême misère » :

« Ô mon espérance ! Ô mon Père et mon Créateur, et mon vrai Seigneur et Frère ! Quand je songe que Vous dites que Vos délices sont d’être avec les enfants des hommes, mon âme se réjouit énormément. Ô Seigneur du Ciel et de la terre, et quelles Paroles que celles-là pour qu’aucun pécheur ne perde confiance ! Vous manque-t-il, Seigneur, par hasard, quelqu’un avec qui prendre Vos délices, pour que Vous cherchiez un petit ver aussi malodorant que moi ? Cette voix qui s’est fait entendre lors du Baptême de Votre Fils, a dit que vous mettiez en Lui vos Complaisances. Alors, Seigneur, devons-nous Lui être tous égaux ? Ô quelle infinie Miséricorde, et quelle Faveur tellement au-dessus de nos mérites. Et tout cela, nous l’oublierions, nous les mortels ? Vous, ô mon Dieu, souvenez-Vous de notre extrême misère, et regardez notre faiblesse car vous savez tout. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Ecrits de Sainte Thérèse », Exclamation N°7/A
Prière de Sainte Thérèse d'Avila à la Sainte Trinité
Voici la Prière « Ô mon Dieu, de quelle utilité peut donc être mon amour ? » de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église par Paul VI en 1970.
La Prière de Sainte Thérèse d'Avila « Ô mon Dieu, de quelle utilité peut donc être mon amour ? » :

« Ô mon âme, considère la grande joie et le grand amour qu’éprouve le Père à connaître son Fils, et le Fils à connaître son Père, et l’ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s’unit à eux, et comment aucune de ces trois Personnes ne peut se départir de cet amour ni de cette connaissance, parce qu’elles sont toutes les trois une même chose. Ces souveraines Personnes se connaissent, Elles s’aiment et Elles sont les délices les unes des autres. De quelle utilité peut donc être mon amour ? Pourquoi le voulez-Vous, ô mon Dieu, quel gain y trouvez-Vous ? Ô, Vous, soyez béni, soyez béni, Vous, ô mon Dieu, pour toujours. Que toutes les choses chantent Vos louanges, Seigneur, éternellement, car Vous êtes éternel. »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Ecrits de Sainte Thérèse », Exclamation N°7/B
Glose de Sainte Thérèse d'Avila avant, pendant et après la Sainte Communion
Voici la traduction par le R-P. Marcel Bouix (s. j.) du célèbre Cantique connu sous le nom de Glose « Ô mon Dieu, je me meurs de ne point mourir » composée en 1571, le jour de Pâques, au monastère de Salamanque par Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), la « Grande Thérèse » qui réforma l'Ordre du Carmel, fonda 17 Monastères de Carmélites, fut canonisée en 1622 et proclamée Docteur de l'Église Catholique par Paul VI en 1970.
La Glose de Sainte Thérèse d'Avila après la Communion « Ô mon Dieu, je me meurs de ne point mourir » :

« Je vis, mais hors de moi ravie ;
J’attends en Dieu si haute vie
Que je meurs de ne point mourir !

Dans cette union souveraine
Je ne vis qu’en Dieu mon Sauveur ;
Je L’aime, et mon amour L’enchaîne ;
Mon Captif rend libre mon cœur.
Quoi ! Lui prisonnier de mon âme !
C’est trop ! Je ne le puis souffrir;
De trop d'amour mon cœur s’enflamme,
Je me meurs de ne point mourir !

Ô Ciel ! Que longue est cette vie !
Exil, que tes maux sont amers ;
Quelle prison ! Je meurs d’envie
De voir enfin briser mes fers.
Mais, ô déchirante pensée !
Cet exil est loin de finir.
De quel glaive je suis percée !
Je me meurs de ne point mourir !

D'amertume ma vie est pleine,
Ne Te possédant pas, Seigneur ;
Et si l’amour charme ma peine,
Que l’attente est dure à mon cœur.
Ote-moi ce poids de tristesse,
Mon Dieu ! Je me sens défaillir ;
Ah ! N’accable pas ma faiblesse,
Je me meurs de ne point mourir !

Exil cruel, oui, je t’endure
Dans l’espoir de mourir un jour ;
La mort, la mort seule m’assure
La vie, objet de mon amour.
Ô mort, qui me donnes la vie,
Je t’attends, comble mon désir !
Oh ! Viens, viens m’ouvrir la Patrie,
Je me meurs de ne point mourir !

De l’amour vois sur moi l'empire,
Ô vie ! Et calme mes tourments ;
Vois, pour vivre il faut que j’expire :
Brise donc la chaîne du temps.
Tu peux venir, ô mort que j’aime !
De tous mes fers, viens m'affranchir ;
Viens avec ton charme suprême,
Je me meurs de ne point mourir !

Ah ! La vraie et l’unique Vie
Est Celle dont on vit au Ciel,
Quand par la mort l’âme affranchie
Vit au sein du Verbe éternel.
Ô mort ! Seconde mon attente,
A mon exil viens me ravir ;
J'ai soif de vivre et vis mourante :
Je me meurs de ne point mourir !

Au Dieu qui me donne sa Vie
Que puis-je donner en retour ?
Vie, il faut t’offrir en hostie
Pour jouir de ce Dieu d’amour.
Puisque la mort seule me donne
L’unique objet de mon désir,
Vie, il faut que je t’abandonne :
Je me meurs de ne point mourir !

Absente de Toi, Dieu de Vie,
Qu’est-ce que ma vie ici-bas ?
C’est un supplice, une agonie,
C’est le plus affreux des trépas !
Non, rien n’égale ce martyre,
Et rien ne saurait l’adoucir ;
Vers le Ciel en vain je soupire,
Je me meurs de ne point mourir !

Le poisson que du fleuve on tire
Vois du moins finir son tourment ;
Pour qui sans trop attendre expire,
Ah ! Que le trépas est charmant !
Mais quelle mort est comparable
A la vie où je dois languir ?
Cruel exil, vie effroyable !
Je me meurs de ne point mourir !

Oui, Ton avant-goût me soulage,
Quand je T’adore sur l'Autel ;
Mais, grand Dieu ! Pourquoi ce nuage,
Pourquoi ne Te voir pas au Ciel ?
Loin de Toi, de la Cité sainte,
Tout m’accable et me fait gémir ;
Je ne puis qu’exhaler ma plainte :
Je me meurs de ne point mourir !

Te voir un jour dans la Patrie,
Pour moi quel espoir, ô Seigneur !
Mais je puis te perdre, ô ma vie !
Quel double glaive pour mon cœur !
Cet effroi, cette vive attente,
Tour à tour me font tressaillir.
Dieu, prends pitié de Ton amante :
Je me meurs de ne point mourir !

Ah ! Termine cette agonie,
Arrache-moi de ce séjour.
Vers toi je m’élance, ô ma vie !
Brise ma chaine, ô Dieu d’amour !
Je veux Te voir, Beauté suprême ;
Je le veux, j’en meurs de désir ;
Je ne vis plus, ô Dieu que j’aime !
Je me meurs de ne point mourir !

Je vais pleurer ma mort cruelle
Et gémir sur mon triste sort :
Loin des cieux, ô vie immortelle !
Mes péchés m’enchainent encore.
Ô mon Dieu ! Quand viendra donc l’heure
Et quand sera vrai ce soupir :
Ah ! Que pour Toi d’amour je meure !
Je me meurs de ne point mourir ! »

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) – « Le Cœur de Jésus », Ascétisme et littérature d’après le R-P Eugène Desjardins, pages 515-521, aux éditions Julien-Lanier, 1855