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17 octobre
Saint Ignace d'Antioche, évêque et martyr
Prière de Saint Ignace d'Antioche à Jésus-Christ
Voici la Prière « Que je jouisse bientôt de ces bêtes féroces qui m'attendent ! » de Saint Ignace d'Antioche (35-107), appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), troisième Évêque d'Antioche (Turquie actuelle) qui fut envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. Aucun Père de l'Eglise n'a exprimé avec autant d'intensité qu'Ignace l'ardent désir d'union avec le Christ et de vie en Lui.
La Prière de Saint Ignace d'Antioche « Que je jouisse bientôt de ces bêtes féroces qui m'attendent ! » :

« Que je jouisse bientôt de ces bêtes féroces qui m'attendent ! Puissé-je les trouver promptes à s'élancer sur moi ! S'il le faut, je les solliciterai, je les irriterai, pour qu'elles me dévorent plus vite. C'est maintenant que je commence à être le disciple de Jésus. Les choses visibles et invisibles, tout m'est indifférent ; je ne désire que le bonheur de lui être réuni. Que les feux, la croix, les bêtes les plus cruelles se déchaînent contre moi ; que l'on me fracasse les os ; que l'on coupe mes membres par morceaux ; que l'on pulvérise tout mon corps ; que tous les tourments de l'enfer se déchaînent contre moi : rien ne m'effraie, pourvu que j'acquière la jouissance de Jésus-Christ. J'aime mieux mourir pour Jésus-Christ, que de commander à l'univers entier. Le posséder, c'est l'unique bien que j'ambitionne ».

Ainsi soit-il.

Saint Ignace d'Antioche (35-107)
Prière de Saint Ignace d'Antioche à Jésus-Christ
Voici la Prière « Laissez-moi imiter la Passion de mon Dieu ! » de Saint Ignace (35-107), Evêque d'Antioche en Turquie mort martyr, qui fut le premier dans la littérature chrétienne a attribuer à l'Eglise l'adjectif de « Catholique », c'est-à-dire « universelle ». Aucun Père de l'Eglise n'a exprimé avec autant d'intensité que Saint Ignace l'ardent désir d'union avec le Christ et de vie en Lui.
La Prière de Saint Ignace d'Antioche « Laissez-moi imiter la Passion de mon Dieu ! » :

« Il est beau pour moi de mourir en allant vers Jésus Christ, plutôt que de régner jusqu'aux confins de la terre. Je le cherche Lui, qui est mort pour moi, je le veux Lui, qui est ressuscité pour moi... Laissez-moi imiter la Passion de mon Dieu ! J'offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l'Evêque, aux Prêtres et aux Diacres. Puissé-je avec eux être uni à Dieu. Travaillez ensemble les uns pour les autres, luttez ensemble, courez ensemble, souffrez ensemble, dormez et veillez ensemble comme administrateurs de Dieu, Ses assesseurs et Ses serviteurs. Cherchez à plaire à Celui pour Lequel vous militez et dont vous recevez la récompense. Qu'aucun de nous ne soit jamais surpris déserteur. Que votre Baptême demeure comme un bouclier, la foi comme un casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure. Une seule supplique, un seul esprit, une seule espérance dans l'amour ; accourez tous à Jésus Christ comme à l'unique temple de Dieu, comme à l'unique autel ; il est un, et procédant du Père unique, Il est demeuré uni à Lui, et Il est retourné à Lui dans l'unité. Amen. »

Saint Ignace d'Antioche (35-107)
« Lettre aux Romains » de Saint Ignace d'Antioche Sermons - Homélie - Méditations
Voici la magnifique Lettre Apostolique d'Ignace d'Antioche aux Romains « C'est de bon cœur que je vais mourir pour Dieu ». Saint Ignace d'Antioche (35-107), appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), troisième Evêque (après Saint Pierre et Evode) d'Antioche (Turquie actuelle) fut envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. Aucun Père de l'Eglise n'a exprimé avec autant d'intensité qu'Ignace l'ardent désir d'union avec le Christ et de vie en Lui.
La « Lettre aux Romains » de Saint Ignace d'Antioche :

« Ignace, dit aussi Théophore, à l'Église qui a reçu miséricorde par la magnificence du Père très haut et de Jésus-Christ son Fils unique, l'Église bien-aimée et illuminée par la volonté de celui qui a voulu tout ce qui existe, selon la foi et l'amour pour Jésus-Christ notre Dieu ; l'Église qui préside dans la région des Romains, digne de Dieu, digne d'honneur, digne d'être appelée bienheureuse, digne de louange, digne de succès, digne de pureté, qui préside à la charité, qui porte la loi du Christ, qui porte le nom du Père ; je la salue au nom de Jésus-Christ, le fils du Père ; aux frères qui, de chair et d'esprit, sont unis à tous ses commandements, remplis inébranlablement de la grâce de Dieu, purifiés de toute coloration étrangère, je leur souhaite en Jésus-Christ notre Dieu toute joie irréprochable.

Par mes prières j'ai obtenu de Dieu de voir vos saints visages, car j'avais demandé avec insistance de recevoir cette faveur ; car, enchaîné dans le Christ Jésus, j'espère vous saluer, si du moins c'est la volonté de Dieu que je sois trouvé digne d'aller jusqu'au terme. Car le commencement est facile ; si du moins j'obtiens la grâce de recevoir sans empêchement la part qui m'est réservée. Mais je crains que votre charité ne me fasse tort. Car à vous il est facile de faire ce que vous voulez, mais à moi il est difficile d'atteindre Dieu, si vous ne m'épargnez pas.

Car je ne veux pas que vous plaisiez aux hommes, mais que vous plaisiez à Dieu, comme, en fait, vous lui plaisez. Pour moi, jamais je n'aurai une telle occasion d'atteindre Dieu, et vous, si vous gardez le silence, vous ne pouvez souscrire à une œuvre meilleure. Si vous gardez le silence à mon sujet, je serai à Dieu ; mais si vous aimez ma chair, il me faudra de nouveau courir. Ne me procurez rien de plus que d'être offert en libation à Dieu (cf. Ph 2, 17 ; 2 Tm 4, 6), tandis que l'autel est encore prêt, afin que, réunis en chœur dans la charité, vous chantiez au Père dans le Christ Jésus, parce que Dieu a daigné faire que l'évêque de Syrie fût trouvé en lui, l'ayant fait venir du levant au couchant. Il est bon de se coucher loin du monde vers Dieu, pour se lever en lui.

Jamais vous n'avez jalousé personne, vous avez enseigné les autres. Je veux, moi, que ce que vous commandez aux autres par vos leçons garde sa force. Ne demandez pour moi que la force intérieure et extérieure, pour que non seulement je parle, mais que je veuille, pour que non seulement on me dise chrétien, mais que je le sois trouvé de fait. Si je le suis de fait, je pourrai me dire tel, et être un vrai croyant, quand je ne serai plus visible au monde. Rien de ce qui est visible n'est bon. Car notre Dieu, Jésus-Christ, étant en son Père, se fait voir davantage. Car ce n'est pas une œuvre de persuasion que le christianisme, mais une œuvre de puissance, quand il est haï par le monde.

Moi, j'écris à toutes les Églises, et je mande à tous que moi c'est de bon cœur que je vais mourir pour Dieu, si du moins vous vous ne m'en empêchez pas. Je vous en supplie, n'ayez pas pour moi une bienveillance inopportune. Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de trouver Dieu. Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par la dent des bêtes, pour être trouvé un pur pain du Christ. Flattez plutôt les bêtes, pour qu'elles soient mon tombeau, et qu'elles ne laissent rien de mon corps, pour que, dans mon dernier sommeil, je ne sois à charge à personne. C'est alors que je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra même plus mon corps. Implorez le Christ pour moi, pour que, par l'instrument des bêtes, je sois une victime offerte à Dieu. Je ne vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul : eux, ils étaient libres, et moi jusqu'à présent un esclave (cf. 1 Co 9, 1). Mais si je souffre, je serai un affranchi de Jésus-Christ (1 Co 7, 22) et je renaîtrai en lui, libre. Maintenant enchaîné, j'apprends à ne rien désirer.

Depuis la Syrie jusqu'à Rome, je combats contre les bêtes (cf. 1 Co 15, 32), sur terre et sur mer, nuit et jour, enchaîné à dix léopards, c'est-à-dire à un détachement de soldats ; quand on leur fait du bien, ils en deviennent pires. Mais, par leurs mauvais traitements, je deviens davantage un disciple, mais « je n'en suis pas pour autant justifié » (1 Co 4,4). Puissé-je jouir des bêtes qui me sont préparées. Je souhaite qu'elles soient promptes pour moi. Et je les flatterai, pour qu'elles me dévorent promptement, non comme certains dont elles ont eu peur, et qu'elles n'ont pas touchés. Et, si par mauvaise volonté elles refusent, moi, je les forcerai. Pardonnez-moi ; ce qu'il me faut, je le sais, moi. C'est maintenant que je commence à être un disciple. Que rien, des êtres visibles et invisibles, ne m'empêche par jalousie, de trouver le Christ. Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je trouve Jésus-Christ.

Rien ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est bon pour moi de mourir (cf. 1 Co 9, 15) pour m'unir au Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre. C'est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche, pardonnez-moi, frères ; ne m'empêchez pas de vivre, ne veuillez pas que je meure. Celui qui veut être à Dieu, ne le livrez pas au monde, ne le séduisez pas par la matière. Laissez-moi recevoir la pure lumière ; quand je serai arrivé là, je serai un homme. Permettez-moi d'être un imitateur de la passion de mon Dieu. Si quelqu'un a Dieu en lui, qu'il comprenne ce que je veux, et qu'il ait compassion de moi, connaissant ce qui m'étreint (cf. Ph 1, 23).

Le prince de ce monde veut m'arracher, et corrompre les sentiments que j'ai pour Dieu. Que personne donc, parmi vous qui êtes là, ne lui porte secours ; plutôt soyez pour moi, c'est-à-dire pour Dieu. N'allez pas parler de Jésus-Christ, et désirer le monde. Que la jalousie n'habite pas en vous. Et si, quand je serai près de vous, je vous implore, ne me croyez pas. Croyez plutôt à ce que je vous écris. C'est bien vivant que je vous écris, désirant de mourir. Mon désir terrestre a été crucifié, et il n'y a plus en moi de feu pour aimer la matière, mais en moi une « eau vive » (cf. Jn 4, 10 ; 7, 38 ; Ap 14, 25) qui murmure et qui dit au-dedans de moi : « Viens vers le Père » (cf. Jn 14, 12, etc.). Je ne me plais plus à une nourriture de corruption ni aux plaisirs de cette vie ; c'est le pain de Dieu que je veux, qui est la chair de Jésus-Christ, de la race de David (Jn 7, 42 ; Rm 1, 3), et pour boisson je veux son sang, qui est l'amour incorruptible.

Je ne veux plus vivre selon les hommes. Cela sera, si vous le voulez. Veuillez-le, pour que vous aussi, vous obteniez le bon vouloir de Dieu. Je vous le demande en peu de mots : croyez-moi, Jésus-Christ vous fera voir que je dis vrai, il est la bouche sans mensonge par laquelle le Père a parlé en vérité. Demandez pour moi que je l'obtienne. Ce n'est pas selon la chair que je vous écris, mais selon la pensée de Dieu. Si je souffre, vous m'aurez montré de la bienveillance ; si je suis écarté, de la haine.

Souvenez-vous dans votre prière de l'Église de Syrie, qui, en ma place, a Dieu pour pasteur. Seul Jésus Christ sera son évêque, et votre charité. Pour moi, je rougis d'être compté parmi eux, car je n'en suis pas digne, étant le dernier d'entre eux, et un avorton (cf. 1. Co 14, 8, 9). Mais j'ai reçu la miséricorde d'être quelqu'un, si j'obtiens Dieu. Mon esprit vous salue, et la charité des Églises qui m'ont reçu, au nom de Jésus-Christ (cf. Mt 18, 40, 41), non comme un simple passant. Et celles-là mêmes qui n'étaient pas sur ma route selon la chair, allaient au-devant de moi de ville en ville.

Je vous écris ceci de Smyrne par l'intermédiaire d'Éphésiens dignes d'être appelés bienheureux. Il y a aussi avec moi, en même temps que beaucoup d'autres, Crocus, dont le nom m'est si cher. Quant à ceux qui m'ont précédé de Syrie jusqu'à Rome pour la gloire de Dieu, je crois que vous les connaissez maintenant : faites-leur savoir que je suis proche. Tous sont dignes de Dieu et de vous, et il convient que vous les soulagiez en toutes choses. Je vous écris ceci le neuf d'avant les calendes de septembre. Portez-vous bien jusqu'à la fin dans l'attente de Jésus-Christ. Amen. »

Saint Ignace d'Antioche (35-107)
« Lettre aux Tralliens » de Saint Ignace d'Antioche Sermons - Homélie - Méditations
Voici la Lettre Apostolique aux chrétiens de Tralles « Aimez-vous l'un l'autre avec un cœur non divisé » de Saint Ignace d'Antioche (35-107), troisième Evêque d'Antioche envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. Dans cette Lettre, Ignace insiste fortement sur la loyauté à l'Évêque de la ville, assisté par les presbytres (Prêtres) et les Diacres, serviteurs de l'Église de Jésus-Christ et donne quelques recommandations pour l’unité de l’Église.
La « Lettre aux Tralliens » de Saint Ignace d'Antioche :

« Ignace, dit aussi Théophore, à Celle qui est aimée de Dieu le Père de Jésus-Christ, à l'Église sainte qui est à Tralles d'Asie, vivant en paix dans la chair et l'esprit, par la Passion de Jésus-Christ, espoir pour nous d'une résurrection qui nous conduira à Lui ; je La salue, en toute plénitude, à la manière des Apôtres, et Lui souhaite toute sorte de joie.

Je sais que vous avez des sentiments irréprochables et inébranlables dans la patience, non simplement pour l'usage, mais par nature, comme me l'a appris votre évêque Polybios, qui est venu à Smyrne par la Volonté de Dieu et de Jésus-Christ. Et ainsi il s'est réjoui avec moi qui suis enchaîné en Jésus-Christ, en sorte que je puis contempler en lui toute votre communauté. Ayant donc reçu par lui une preuve de votre bienveillance selon Dieu, j'ai rendu gloire à Dieu , puisque je vous avais trouvés, comme je vous l'avais appris, imitateurs de Dieu (cf. Paul, Ep 5, 1).

Car quand vous vous soumettez à l'évêque comme à Jésus-Christ, je ne vous vois pas vivre selon les hommes, mais selon Jésus-Christ qui est mort pour vous, afin que, croyant à sa Mort, vous échappiez à la mort. Il est donc nécessaire, comme vous le faites, de ne rien faire sans l'évêque, mais de vous soumettre aussi au presbyterium, comme aux apôtres de Jésus-Christ notre espérance (cf. 1 Tm 1, 1) en qui nous serons trouvés si nous vivons ainsi. Il faut aussi que les diacres, étant les ministres des Mystères de Jésus-Christ, plaisent à tous de toute manière. Car ce n'est pas de nourriture et de boisson qu'ils sont les ministres, mais ils sont les serviteurs de l'Église de Jésus-Christ. Il faut donc qu'ils évitent comme le feu tout sujet de reproche.

Pareillement, que tous révèrent les diacres comme Jésus-Christ, comme aussi l'évêque, qui est l'image du Père, et les presbytres comme le sénat de Dieu et comme l'assemblée des Apôtres : sans eux on ne peut parler d'Églises. Je suis persuadé que vous êtes ainsi disposés à leur égard. J'ai reçu et je possède avec moi, en la personne de votre évêque, l'exemplaire de votre charité : sa conduite elle-même est un grand enseignement et sa douceur une force ; je pense que les païens eux-mêmes le révèrent. Par amour pour vous, je vous épargne, quand je pourrais vous écrire à ce sujet avec plus de sévérité ; je n'aurais pas la pensée, étant un condamné, de vous donner des ordres comme un Apôtre.

J'ai de grandes pensées en Dieu, mais je me limite moi-même, pour ne pas me perdre par ma vanterie. Car maintenant surtout il me faut craindre, et ne pas prêter attention à ceux qui tenteraient de me gonfler d’orgueil. Car ceux qui me parlent ainsi me flagellent. Assurément, je désire souffrir, mais je ne sais pas si j'en suis digne. Car mon impatience n'apparaît pas au grand nombre, mais elle me fait une guerre d'autant plus violente. Aussi ai-je besoin de la douceur qui détruit le prince de ce monde.

Ne puis-je pas vous écrire des choses du ciel ? Mais j'ai peur de vous faire du mal, à vous qui êtes encore des enfants (cf. 1 Co 3, 1-2). Et, pardonnez-moi, j'ai peur qu'incapables de recevoir une nourriture plus forte, vous ne vous étrangliez. Et moi-même, bien que je sois enchaîné, et capable de concevoir les choses célestes, et les hiérarchies des anges, et les armées des principautés, les choses visibles et invisibles, je ne suis pas encore pour autant un disciple. Il nous manque beaucoup de choses, pour que Dieu ne nous manque pas.

Je vous exhorte donc, non pas moi, mais la charité de Jésus-Christ, à n'user que de la nourriture chrétienne, et à vous abstenir de toute plante étrangère, qui est l'hérésie. Ce sont des gens qui entremêlent Jésus-Christ à leurs propres erreurs en cherchant à se faire passer pour dignes de foi, comme ceux qui donnent un poison mortel avec du vin mêlé de miel, et celui qui ne sait pas le prend avec plaisir, mais dans ce plaisir néfaste, il absorbe la mort.

Gardez-vous donc de ces gens-là. Vous le ferez en ne vous gonflant pas d'orgueil, et en restant inséparables de Jésus-Christ Dieu et de l'évêque et des préceptes des Apôtres. Celui qui est à l'intérieur du sanctuaire est pur, mais celui qui est en dehors du sanctuaire n'est pas pur ; c'est-à-dire que celui qui agit en dehors du sanctuaire n'est pas pur ; c'est-à-dire que celui qui agit en dehors de l'évêque, du presbyterium et des diacres, celui-là n'est pas pur de conscience.

Ce n'est pas que j'aie appris rien de tel à votre sujet, mais je veux vous mettre en garde, vous mes bien-aimés (cf. 1 Co 4, 14), prévoyant les embûches du diable. Vous donc, armez-vous d'une douce patience, et recréez-vous dans la foi, qui est la Chair du Seigneur, et dans la charité, qui est le Sang de Jésus-Christ. Qu'aucun de vous n'ait rien contre son prochain. Ne donnez pas de prétexte aux Gentils, pour que, par le fait de quelques insensés, la communauté de Dieu ne soit pas blasphémée. Car malheur à qui par sa légèreté fait blasphémer mon nom (Is 52, 5).

Soyez donc sourds quand on vous parle d'autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, fils de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié, et est mort, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement ressuscité d'entre les morts. C'est son Père qui L'a ressuscité, et c'est Lui aussi, le Père, qui à sa Ressemblance nous ressuscitera en Jésus-Christ, nous qui croyons en Lui, en dehors de qui nous n'avons pas la vie véritable.

Car si, comme le disent certains athées, c'est-à-dire des infidèles, il n'a souffert qu'en apparence, ils n'existent eux-mêmes qu'en apparence, moi, pourquoi suis-je enchaîné ? Pourquoi donc souhaiter de combattre contre les bêtes ? C'est donc pour rien que je me livre à la mort ? Ainsi donc je mens contre le Seigneur ! (cf. 1 Co 15, 15).

Fuyez donc ces mauvaises plantes parasites : elles portent un fruit qui donne la mort, et si quelqu'un en goûte, il meurt sur le champ. Ceux-là ne sont pas la plantation du Père (cf. Mt 15, 13 ; Jn 15, 1 ; 1 Co 3, 9). S'ils l'étaient, ils apparaîtraient comme des rameaux de la Croix, et leur fruit serait incorruptible. Par sa Croix, le Christ en sa Passion vous appelle, vous qui êtes Ses membres ; c'est Dieu qui nous promet cette union, qu'Il est Lui-même.

Je vous salue de Smyrne, avec les Églises de Dieu qui sont ici avec moi, qui en toutes choses m'ont réconforté de chair et d'esprit. Mes liens vous exhortent, que je porte partout à cause de Jésus-Christ, demandant d'arriver à Dieu : persévérez dans la concorde et dans la prière en commun. Car il convient que chacun de vous, et particulièrement les presbytres, vous réconfortiez votre évêque en l'honneur du Père de Jésus-Christ et des Apôtres. Je souhaite que vous m'écoutiez avec charité, pour que par cette lettre je ne sois pas un témoignage contre vous. Et priez pour moi, qui ai besoin de votre charité dans la Miséricorde de Dieu, pour être digne d'avoir part à l'héritage que je suis près d'obtenir, et pour ne pas être trouvé indigne d'être accepté (cf. 1 Co 9, 27).

La charité des Smyrniens et des Éphésiens vous salue. Souvenez-vous dans vos prières de l'Église de Syrie : je ne suis pas digne d'en faire partie, étant le dernier d'entre eux. Portez-vous bien en Jésus-Christ, soumis à l'évêque comme au commandement du Seigneur, semblablement aussi au presbyterium, et tous individuellement aimez-vous les uns les autres, dans un cœur sans partage. Mon esprit se sacrifie pour vous, non seulement maintenant, mais aussi quand j'arriverai à Dieu. Je suis encore exposé au danger, mais il est fidèle, le Père, en Jésus-Christ, pour exaucer ma prière et la vôtre ; puissiez-vous en Lui être trouvés sans reproche. Amen. »

Saint Ignace d'Antioche (35-107)
« Lettre aux Magnésiens » de Saint Ignace d'Antioche Sermons - Homélie - Méditations
Voici la « Lettre Apostolique aux Magnésiens » de Saint Ignace d'Antioche (35-107), fêté le 17 octobre, troisième Evêque d'Antioche envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. Dans cette Lettre, Ignace remercie les Magnésiens de l’envoi de leurs représentants, il les exhorte au respect et à la soumission envers leur Évêque et, leur recommandant de garder l’unité de la Foi, il les met en garde contre l’hérésie des « judaïsants » et les menaces du prince de ce monde.
La « Lettre de Saint Ignace d'Antioche aux Magnésiens » :

Ignace, dit aussi Théophore, à celle qui est bénie dans la grâce de Dieu le Père en Jésus Christ notre Sauveur, en lequel je salue l’Eglise qui est à Magnésie du Méandre, et lui souhaite toute joie en Dieu le Père et en Jésus Christ.

Ayant appris que votre charité est parfaitement ordonnée selon Dieu, je m’en réjouis et j’ai résolu de vous adresser la parole dans la foi en Jésus Christ. Honoré d’un nom d’une divine splendeur, dans les fers que je porte partout, je chante les Eglises, je leur souhaite l’union avec la chair et l’esprit de Jésus Christ, notre éternelle vie, l’union dans la foi et la charité, à laquelle rien n’est préférable, et ce qui est plus important, l’union avec Jésus et le Père, en qui nous résisterons à toutes les menaces du prince de ce monde ; nous y échapperons et nous atteindrons Dieu.

Puisque j’ai eu l’honneur de vous voir par l’intermédiaire de Damas, votre évêque digne de Dieu, et des dignes presbytres Bassus et Apollonius, et de mon compagnon de service le diacre Zotion.... puissé-je jouir de lui, car il est soumis à l’évêque comme à la Grâce de Dieu, et au presbyterium comme à la Loi de Jésus Christ.

Et à vous il convient de ne pas profiter de l’âge de votre évêque, mais par égard à la puissance de Dieu le Père, lui accorder toute vénération ; je sais en effet que vos saints presbytres n’ont pas abusé de la jeunesse qui paraît en lui, mais comme des gens sensés en Dieu, ils se soumettent à lui, non pas à lui, mais au Père de Jésus Christ, à l’évêque de tous. Par respect pour celui qui nous a aimés, il convient d’obéir sans aucune hypocrisie ; car ce n’est pas seulement cet évêque visible qu’on abuse, mais c’est l’évêque invisible qu’on cherche à tromper. Car dans ce cas, ce n’est pas de chair qu’il s’agit, mais de Dieu qui connaît les choses cachées.

Il convient donc de ne pas seulement porter le nom de chrétiens, mais de l’être aussi ; certains, en effet, parlent toujours de l’évêque, mais font tout en dehors de lui. Ceux-là ne me paraissent pas avoir une bonne conscience, car leurs assemblées ne sont pas légitimes, ni conformes au commandement du Seigneur.

Car les choses ont une fin, et voici devant nous toutes deux également, la mort et la vie, et chacun doit aller a à son lieu propre ; de même qu’il y a deux monnaies, celle de Dieu et celle du monde, et que chacune d’elles a son empreinte propre, les infidèles celle de ce monde, mais les fidèles qui sont dans la charité portent par Jésus Christ l’empreinte de Dieu le Père ; si nous ne choisissons pas librement, grâce à Lui, de mourir pour avoir part à sa Passion, sa Vie n’est pas en nous.

Ainsi, puisque dans les personnes que j’ai nommées plus haut, j’ai dans la foi vu et aimé toute votre communauté, je vous en conjure, ayez à cœur de faire toutes choses dans une divine concorde, sous la présidence de l’évêque qui tient la place de Dieu, des presbytres qui tiennent la place du sénat des apôtres, et des diacres qui me sont si chers, à qui a été confié le service de Jésus Christ, qui avant les siècles était près de Dieu, et s’est manifesté à la fin. Prenez donc tous les mœurs de Dieu, respectez-vous les uns les autres, et que personne ne regarde son prochain selon la chair, mais aimez-vous toujours les uns les autres en Jésus Christ. Qu’il n’y ait rien en vous qui puisse vous séparer, mais unissez-vous à l’évêque et aux présidents en image et leçon d’incorruptibilité.

De même donc que le Seigneur n’a rien fait, ni par Lui-même, ni par Ses apôtres, sans son Père, avec qui Il est Un, ainsi vous non plus ne faites rien sans l’évêque et les presbytres ; et n’essayez pas de faire passer pour raisonnable ce que vous faites à part vous, mais faites tout en commun : une seule prière, une seule supplication, un seul esprit, une seule espérance dans la charité, dans la joie irréprochable ; cela, c’est Jésus Christ, à qui rien n’est préférable. Tous accourez pour vous réunir comme en un seul temple de Dieu, comme autour d’un seul autel, en l’unique Jésus Christ, qui est sorti du Père un, et qui était en Lui l’unique, et qui est allé vers Lui.

Ne vous laissez pas séduire par les doctrines étrangères ni par ces vieilles fables qui sont sans utilité. Car si maintenant encore nous vivons selon la foi, nous avouons que nous n’avons pas reçu la grâce. Car les très divins prophètes ont vécu selon Jésus Christ ; c’est pourquoi ils ont été persécutés. Ils étaient inspirés par sa grâce, pour que les incrédules fussent pleinement convaincus qu’il n’y a qu’un seul Dieu, manifesté par Jésus Christ son Fils qui est son Verbe sorti du silence, qui en toutes choses s’est rendu agréable à celui qui l’avait envoyé.

Si donc ceux qui vivaient dans l’ancien ordre de choses sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le jour du Seigneur, jour où notre vie s’est levée par Lui et par Sa mort, – quelques-uns le nient ; mais c’est par ce mystère que nous avons reçu la foi, et c’est pour cela que nous tenons ferme, afin d’être trouvés de véritables disciples de Jésus Christ, notre seul Maître – comment pourrions-nous vivre sans Lui, puisque les prophètes aussi, étant Ses disciples par l’esprit, L’attendaient comme leur Maître ? Et c’est pourquoi Celui qu’ils attendaient justement les a, par Sa présence, ressuscités des morts.

Ne soyons donc pas insensibles à sa Bonté. Car s’il nous imite selon ce que nous faisons, nous n’existons plus. C’est pourquoi faisons-nous ses disciples et apprenons à vivre selon le christianisme. Car celui qui s’appelle d’un autre nom en dehors de celui-ci, n’est pas à Dieu. Rejetez donc le mauvais levain, vieilli et aigri et transformez-vous en un levain nouveau, qui est Jésus Christ. Qu’il soit le sel de votre vie, pour que personne parmi vous ne se corrompe, car c’est à l’odeur que vous serez jugés. Il est absurde de parler de Jésus Christ et de judaïser. Car ce n’est pas le christianisme qui a cru au judaïsme, mais le judaïsme au christianisme, en qui s’est réunie toute langue qui croit en Dieu.

Tout ceci, mes bien-aimés, ce n’est pas que j’aie appris que quelques-uns parmi vous soient mal disposés; mais, bien qu’étant plus petit que vous, je veux que vous soyez en garde pour ne pas vous laisser prendre aux hameçons de la vanité. Au contraire, soyez pleinement convaincus de la naissance, et de la passion, et de la résurrection arrivée sous le gouvernement de Ponce Pilate. Toutes ces choses ont été véritablement et certainement accomplies par Jésus Christ notre espérance ; puisse aucun de vous ne jamais se détourner d’elles.

Puissé-je jouir de vous en toutes choses, si j’en suis digne. Car, bien qu’étant enchaîné, je ne suis comparable a aucun de vous qui êtes libres Je sais que vous ne vous gonflez pas d’orgueil ; car vous avez Jésus Christ en vous. Et davantage, quand je vous loue, je sais que vous en êtes confus, comme il est écrit :

Ayez donc soin de vous affermir dans les enseignements du Seigneur et des apôtres, afin qu’ « en tout ce que vous ferez vous réussissiez » (Psaume 1, 3) de chair et d’esprit, dans la foi et la charité, dans le Fils et le Père et l’Esprit, dans le principe et dans la fin, avec votre si digne évêque, et la précieuse couronne spirituelle de votre presbyterium, et avec vos saints diacres. « Soyez soumis » à l’évêque et « les uns aux autres » (Ep 5, 21), comme le Christ selon la chair fut soumis au Père, et les apôtres au Christ et au Père et à l’Esprit, afin que l’union soit à la fois charnelle et spirituelle.

Sachant que vous êtes pleins de Dieu, je vous ai exhortés brièvement. Souvenez-vous de moi dans vos prières, afin que je trouve Dieu, et aussi de l’Eglise de Syrie ; je ne suis pas digne d’en être appelé un membre, – car j’ai besoin de votre prière et de votre charité tout unies en Dieu, – pour que Dieu daigne, par votre Eglise, faire tomber sa rosée sur l’Eglise de Syrie.

De Smyrne d’où je vous écris, les Ephésiens vous saluent. Ils y sont venus pour la gloire de Dieu ; comme vous, ils m’ont réconforté en toutes choses avec Polycarpe, l’évêque de Smyrne. Et les autres Eglises vous saluent aussi en l’honneur de Jésus Christ. Portez-vous bien dans la concorde de Dieu, possédant cet esprit inséparable qu’est Jésus Christ.

Saint Ignace d'Antioche (35-107)
Lettre de Saint Ignace d’Antioche à Polycarpe pour l'Eglise Catholique
Voici la Lettre « Que tout se fasse pour l’Honneur de Dieu » de Saint Ignace (35-107), troisième Évêque d'Antioche en Turquie mort martyr à Saint Polycarpe de Smyrne (69-167) nommé par l'Apôtre Saint Jean premier Évêque de Smyrne (aujourd'hui Izmir en Turquie), mort également martyr.
La Lettre de Saint Ignace d’Antioche à Saint Polycarpe de Smyrne « Que tout se fasse pour l’Honneur de Dieu » :

« Écarte les métiers qui se rattachent à la magie, ou plutôt condamne-les en faisant l’homélie. Dis aux femmes, mes sœurs, d’aimer le Seigneur et d’être fidèles à leur conjoint par la chair et par l’esprit. De même, recommande à mes frères, au nom de Jésus Christ, d’aimer leur femme comme le Seigneur a aimé l’Église. Si quelqu’un peut demeurer dans la chasteté en l’honneur de la chair du Seigneur, qu’il demeure dans l’humilité. Mais s’il en tire de l’orgueil, il est perdu ; s’il se croit supérieur à l’évêque, sa chasteté est corruption. Il convient que les hommes et les femmes qui se marient contractent leur union avec l’approbation de l’évêque, pour que leur mariage se fasse selon le Seigneur et non selon le désir. Que tout se fasse pour l’Honneur de Dieu.

Attachez-vous à l’évêque, pour que Dieu aussi s’attache à vous. Quant à moi, j’offre ma vie pour ceux qui sont soumis à l’évêque, aux prêtres et aux diacres ; je souhaite obtenir de participer avec eux à la vie divine. Travaillez ensemble, et ensemble combattez, menez ensemble votre course ; souffrez, dormez, réveillez-vous ensemble, comme étant les intendants de Dieu (les évêques), ses assesseurs (les prêtres), ses serviteurs (les diacres). Cherchez à plaire à celui sous les ordres de qui vous militez et de qui vous recevez votre solde ; qu’on ne trouve aucun déserteur parmi vous. Que le baptême demeure comme votre bouclier, la foi comme votre casque, la charité comme votre lance, la persévérance comme votre armure ; les réserves de votre solde, ce sont vos bonnes actions, qui vous permettront de toucher les sommes méritées. Soyez donc patients les uns envers les autres dans la douceur, comme Dieu l’est avec vous. Comme je voudrais me réjouir sans fin de votre présence !

Puisque l’Église qui est à Antioche de Syrie jouit de la paix, à ce qu’on m’a rapporté, et cela grâce à votre prière, j’ai moi-même retrouvé plus de confiance dans l’abandon à Dieu, si toutefois, par mes souffrances, je rejoins Dieu, pour que l’on reconnaisse en moi votre disciple, au jour de la résurrection.

Il faudrait, bienheureux Polycarpe, convoquer une assemblée agréable à Dieu pour élire un homme qui vous soit très cher, d’une grande activité, et qu’on puisse appeler le messager de Dieu ; charge-le de se rendre en Syrie afin qu’il célèbre, pour la gloire de Dieu, votre active charité. Le chrétien n’a pas d’autorité sur lui-même, mais il est à la disposition de Dieu. C’est là l’œuvre de Dieu, et la vôtre, quand vous aurez agi ainsi. J’ai foi en la grâce, et je crois que vous êtes prêts à toute bonne action pour le service de Dieu. Connaissant votre zèle ardent pour la vérité, je me suis borné à quelques mots d’exhortation.

Puisque je n’ai pas pu écrire à toutes les Églises, ayant dû brusquement m’embarquer à Troas pour Néapolis, afin d’obéir à la volonté de Dieu, tu écriras à toutes les Églises d’Orient, toi qui connais la pensée de Dieu. À leur tour, qu’elles fassent de même : ceux qui le pourront enverront des messagers, les autres expédieront des lettres par tes envoyés. Ainsi vous recevrez la gloire d’une action éternelle, comme tu le mérites.

Je souhaite que vous vous portiez toujours bien en Jésus Christ notre Dieu, et que par Lui vous demeuriez dans l’unité et sous l’épiscopat de Dieu. Portez-vous bien dans le Seigneur ».

Amen.

Saint Ignace d'Antioche (35-107)