Biographie de saint Luc
On ne sait pratiquement rien de saint Luc. Pour certains auteurs, il appartient à la deuxième génération des croyants.
Alors que la tradition en fait un homme cultivé et un Juif hellénisé (comme en atteste sa maîtrise du grec hébraïsé de la Septante et de la Synagogue de la diaspora juive), la recherche actuelle privilégie l'hypothèse d'un Grec païen qui s'est rapproché du judaïsme au point de devenir un « Craignant-Dieu ».
Il est considéré comme l'auteur de l'évangile qui porte son nom ainsi que des Actes des Apôtres. On relève en effet une homogénéité littéraire et théologique entre ces deux livres, lesquels forment les deux volets d'une même œuvre, dédiés au même personnage nommé « Théophile » et dont on ne sait rien.
Rompu à la pratique d'un grec littéraire et à la culture hellénistique, il n'en connaissait pas moins très intimement la religion juive et l'exégèse rabbinique.
La datation du livre des Actes, rédigé simultanément ou peu après l'évangile, se situe entre 80 et 90.
Bien que diverses hypothèses aient été émises, il est impossible d'établir une biographie de Luc et les quelques éléments que l'on peut donner à son sujet sont rares.
Saint Paul le mentionne dans trois Épîtres :
Vous avez la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, et de Démas.
Épître aux Colossiens 4, 14
Épaphras, mon compagnon de captivité dans le Christ Jésus, te salue, ainsi que Marc, Aristarque, Démas et Luc, mes collaborateurs.
Épître à Philémon 23-24
Luc est seul avec moi.
2e Épître à Timothée 4, 11
Son nom de Λουκᾶς (Loukas) n'est attesté que vers la fin du IIe siècle et, plus tardivement, le canon de Muratori le définit comme un compagnon de Paul :
Troisièmement, le livre de l'évangile selon Luc. Ce Luc était médecin. Après l'Ascension du Christ, Paul l'ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son assentiment ce qu'il jugeait bon. Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et par conséquent, selon ce dont il avait pu s'informer, il commença à le dire à partir de la Nativité de Jean.
canon de Muratori
Un prologue grec de l'évangile de saint Luc datant de la fin du second siècle dit :
Luc est en fait un Syrien d'Antioche, médecin de profession. Par la suite il a suivi Paul jusqu'à son martyre. Servant le Seigneur sans reproche, il n'eut ni femme, ni enfants, et mourut à quatre-vingt-quatre ans en Béotie, plein du Saint-Esprit. Quoique des évangiles existassent déjà, celui selon saint Matthieu, composé en Judée, et celui selon saint Marc en Italie, il fut incité par le Saint-Esprit, et composa cet évangile entièrement dans la région avoisinant l'Achaïe; il rend très clair dans le prologue que les autres (évangiles) avaient été écrits avant le sien [...] Plus tard le même Luc écrivit les Actes des Apôtres.
Saint Irénée de Lyon écrit dans son oeuvre du II° siècle Adversus haereses :
Luc, le compagnon de Paul, a consigné en un livre l'évangile prêché par celui-ci.
Eusèbe de Césarée écrit de lui au IVe siècle dans son Histoire ecclésiastique :
Quant à Luc, Antiochien d'origine et médecin de profession, il fut très longtemps associé à Paul et il vécut plus qu'en passant avec les apôtres ; c'est d'eux qu'il a appris la thérapeutique des âmes, comme il en a laissé des preuves dans deux livres inspirés par Dieu, l'Évangile qu'il témoigne avoir composé d'après les traditions de ceux qui avaient été dès le commencement les spectateurs et les ministres de la parole et dont il affirme qu'il les a suivis dès le début ; et les Actes des Apôtres qu'il a rédigés non pas après les avoir entendus, mais après les avoir vus de ses yeux.
Les plus anciennes représentations de saint Luc le montrent écrivant son évangile. Le bœuf que l’on voit près de lui fait référence au sacrifice dans le Temple qui figure au début de son évangile (I 9). On le représente aussi, selon une tradition, en train de peindre la sainte Vierge.
Il est le saint Patron des médecins et des services de santé, du fait de sa profession, des artistes peintres et sculpteurs ; c'est pour cela que de nombreuses académies des Beaux-Arts ainsi que des guildes d'artistes s'appellent ou se sont appelées « Saint-Luc ».