2 novembre
Commémoration de tous les fidèles défunts
Prière de Jacques-Bénigne Bossuet
Voici une Prière après l’extrême Onction et la mort « Je ne puis oublier, ô mon Dieu, la manière dont Vous l'avez ôté de ce monde » de Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), Évêque de Meaux (Seine-et-Marne) surnommé l'Aigle de Meaux célèbre dans toute l’Europe pour sa hauteur d’esprit qui lui a permis, en une période de grands questionnements, de rester fidèle à l’Église Catholique, d’abord à la Cour de Louis XIV puis comme Évêque.
La Prière de Jacques-Bénigne Bossuet « Je ne puis oublier, ô mon Dieu, la manière dont Vous l'avez ôté de ce monde » :
« Je ne puis oublier, ô mon Dieu, la manière dont Vous l'avez ôté de ce monde, et ce Jugement si net et si tranquille que Vous lui avez laissé jusqu'à la mort, afin qu'il n'y eût pas un moment qu'il ne pût faire profiter pour l'éternité. C'est la fin d'un prédestiné. Il voyait la mort s'avancer à lui, il la sentait venir pas à pas : il a communié dans cette créance ; il a repassé ses ans écoulés, comme un homme qui se préparait à paraitre devant son Juge pour y rendre compte de ses actions ; il a reconnu ses péchés, et, quand on lui a demandé s'il n'implorait pas la Miséricorde Divine pour en obtenir le pardon, ce « Oui » salutaire qu'il a répondu ne lui a pas été arraché à force de le lui crier aux oreilles ; c'est lui-même, de son plein gré, qui, d'un sens rassis et d'un cœur humilié devant Vous, et Vous confessant ses iniquités, Vous en a demandé pardon par le mérite du Sang de votre Fils dont il a adoré la Vertu présente dans l'usage de ses Sacrements. Tout cela ne dit-il pas qu'il est de ces morts mille fois plus heureux qui meurent en Notre-Seigneur ? Il est donc avec Jésus-Christ, il est avec les Esprits célestes. Ou, si quelque reste de péché le sépare pour un temps de leur compagnie, il a du moins ceci de commun avec eux, qu'il jouit de cette bienheureuse assurance qui fait la principale partie de leur félicité, parce qu'elle établit solidement leur repos. Ayez pitié de lui, Seigneur, ayez pitié de lui. »
Ainsi soit-il.
Monseigneur Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704)
Prière du R. P. Lacordaire
Voici une Prière-Méditation sur la mort d’une jeune femme « Il fallait qu'elle mourût à la fleur de l'âge et de la grâce » du Révérend Père Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861) qui après avoir été avocat au barreau de Paris est ordonné Prêtre à 25 ans et restaure l'Ordre des Prêcheurs en France en ouvrant un Noviciat et fondant de nombreux Couvents Dominicains.
La Prière de Lacordaire « Il fallait qu'elle mourût à la fleur de l'âge et de la grâce » :
« Il fallait qu'elle mourût à la fleur de l'âge et de la grâce, parce qu'il n'y avait plus que cette mort qui pût ajouter à sa couronne. L'homme lui-même laisse-t-il à une fleur parfaite le temps de s'épanouir ? Hélas ! Nous oublions toujours que ce que nous aimons est aimé par un autre que nous, et que Dieu s'est appelé, dans les saintes Écritures, le Dieu jaloux. Nous oublions, dans nos amours, Celui qui aime plus que toutes les créatures ensemble, et qui, afin de leur ôter tout droit de se plaindre de Lui, a voulu mourir pour elles, tout éternel qu’Il fût de Sa nature. Levez les yeux vers les régions de l’Amour sans bornes ; c'est là que vous connaitrez le Secret de vos pleurs. Vous y verrez dans les embrassements de Dieu l'âme qui s'était partagée entre Dieu et vous dans une mesure si juste, que les attraits mêmes du Ciel ne vous l'auraient point ravie, si un Ordre tout-puissant ne lui eût été donné. Vous y verrez la raison de cet Ordre qui vous semble si cruel, et comment la beauté sans tache d'une âme chrétienne fait violence à Celui qui fut son premier époux par le Baptême. Malheureux que nous sommes ! Nous ne croyons pas à ces divins Mystères ! Nous appelons du nom de mort la naissance et la vie ; nous faisons un tombeau de l'entrée au Ciel, et nous y pleurons comme des hommes qui n'ont point d'espérance. Mais, s'il est vrai que c'est nous qui sommes dans l'erreur, et non pas Dieu qui se trompe, comprenez alors ce qui se passe dans le cœur d'une épouse et d'une mère lorsqu'elle lit l'Évangile en Dieu même, et qu'en Lui elle voit aussi le monde avec tout ce qu'elle y a laissé. Ah ! Si nous pouvions bien comprendre la sublimité de cette transformation, nous entendrions mieux ce que nous appelons le malheur Qu'est-ce que le monde, en vue de l'infini ? Qu'est-ce que le monde, vu de la paix éternelle ? Qu'est-ce que le monde, vu du haut de la chasteté et de la charité? Qu'est-ce que le monde, vu du chœur des Saints et des Anges ? Qu'est-ce que le monde, vu des entrailles du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ? Un lieu bas, au plus bas, plongé dans des ténèbres et des misères inexplorables, sous l'empire du démon, qui n'est qu'à demi brisé. Une âme couronnée, mais toute tremblante encore des périls auxquels vient de l'arracher la mort, regarde sa maison, ses enfants, son époux. Son regard sera-t-il empreint de la Gloire qui le remplit, ou éclairé des fausses lueurs de ce monde ? Pèsera-t-elle leur bonheur dans la balance des hommes, ou dans Celle de Dieu ? Et nous qui, sans nul doute, devrons traverser des temps sévères, nous aurons souvent occasion de penser qu'il est plus aisé de mourir que de vivre. En tournant les yeux vers l'horizon douloureux qui va chaque jour s'étendant devant nous, nous reconnaitrons peut-être qu'il y eut plus de peines épargnées que de joies ravies aux objets dont nous déplorons la perte, et nous bénirons la Main incompréhensible qui bénit toujours, quand Elle s'étend sur Ses serviteurs et Ses élus ».
Ainsi soit-il.
R. P. Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861)
Prière du Roy Saint Louis IX
Voici la Prière après la mort d’une mère « Ô mon Dieu, Vous m'aviez prêté une bonne, une incomparable mère » de Saint Louis IX (1214-1270), Roi Catholique et Saint Patron de la France, à la mort de sa mère Blanche de Castille.
La Prière de Saint Louis « Ô mon Dieu, Vous m'aviez prêté une bonne, une incomparable mère » :
« Je Vous rends grâces, ô mon Dieu ! Vous m'aviez prêté une bonne, une incomparable mère ; mais je sais bien qu'elle n'était pas à moi. Maintenant, mon Seigneur, Vous l'avez retirée à Vous, et votre Providence l'a eu ainsi pour agréable. Il est vrai que je la chérissais plus que toutes les créatures du monde. Néanmoins, puisque Vous l'avez ordonné de la sorte, que Votre adorable Volonté soit faite ! Mon Dieu, que Votre saint Nom soit toujours et à jamais béni ! »
Ainsi soit-il.
Saint Louis de France (1214-1270)
Prière du Révérend Père Henri Lacordaire
Voici une Prière pleine d’espérance pour nos proches défunts « Ô Seigneur, soutenez mon cœur abattu ! » de Jean-Baptiste-Henri Lacordaire (1802-1861), en religion le Révérend Père Henri-Dominique Lacordaire, Religieux Dominicain, Prédicateur, Journaliste, homme Politique français et Restaurateur en France de l'Ordre des Prêcheurs.
La Prière pour nos défunts du R. P. Henri Lacordaire « Ô Seigneur, soutenez mon cœur abattu ! » :
« Hélas, si Vous l'aviez voulu, Seigneur, elles ne couleraient pas de mes yeux ces larmes brûlantes que je répands aujourd'hui en votre Présence. Si Vous l'aviez voulu, il vivrait et serait encore près de moi, cet être si tendrement aimé dont la mort a brisé mon cœur. Mais j'adore votre Volonté dont les desseins sont impénétrables, et qui est toujours Miséricordieuse jusque dans ses rigueurs apparentes. J'essaye de me soumettre sans murmure. Je courbe la tête, et j'accepte, ô mon Dieu, en l'unissant à la Vôtre, la croix douloureuse dont Vous m'accablez. Je Vous conjure seulement de m'aider à la porter, afin de rendre possible à mon pauvre courage un sacrifice qui me semble au-dessus de mes forces. Ô Seigneur, soutenez mon cœur abattu ! Ranimez-le par les pensées consolantes de la foi, afin que je ne m'attriste pas comme ceux qui n'ont pas d'espérance ; car je le sais, ô mon Sauveur, Vous avez vaincu la mort. Celui qui a cru en Vous ne meurt pas à jamais ; et cette mort passagère qui n'est qu'un sommeil, nous fait entrer dans l'éternelle Vie. Je le sais encore : les liens que Vous avez formés Vous-mêmes, les affections que Vous avez bénies peuvent bien être séparés pour un temps sur cette triste terre, mais ils doivent se retrouver au ciel, là où l'on s'aime mieux encore parce qu'on s'aime en Vous, ô mon Dieu ; là où les familles, dispersées ici-bas par la mort, se réunissent et se reforment pour ne plus se quitter. Recevez donc dans votre Royaume celui que je pleure, ô mon Père, oubliez ses fautes, faites-lui Miséricorde, donnez-lui votre Paix. Et accordez-moi Seigneur, tant qu'il Vous plaira que je vive, de me sanctifier de telle sorte par la souffrance que je sois un jour réuni à ceux que j'ai tant aimés, et à Vous, mon Dieu, que je dois aimer plus que toutes choses. Ainsi soit-il. »
R. P. Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861)
« Prière sur la commémoration des morts » de Fénelon
Voici une Prière sur les morts lors de la commémoration de nos défunts « Mon Dieu, je regarde avec consolation cette cérémonie de votre Eglise, qui met la mort devant nos yeux » de Monseigneur François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fénelon (1651-1715), Archevêque de Cambrai qui fut en 1679 Supérieur de l’Institut des Nouvelles Catholiques, un internat parisien consacré à la rééducation de jeunes filles de bonne famille dont les parents, d’abord protestants, avaient été convertis au Catholicisme.
La Prière de Fénelon « Mon Dieu, je regarde avec consolation cette cérémonie de votre Eglise, qui met la mort devant nos yeux » :
« Mon Dieu, je regarde avec consolation cette cérémonie de votre Eglise, qui met la mort devant nos yeux. Hélas ! Faut-il que nous ayons besoin qu’on nous en rappelle le souvenir ! Tout n’est que mort ici-bas ; le genre humain tombe en ruine de tout côté à nos yeux ; il s’est élevé un monde nouveau sur les ruines de celui qui nous a vus naitre, et ce nouveau monde déjà vieilli est prêt à disparaitre : chacun de nous meurt insensiblement tous les jours ; l’homme, comme l’herbe des champs, fleurit le matin ; le soir il languit, il se dessèche, il est flétri, et il est foulé aux pieds. Le passé n’est qu’un songe ; le présent nous échappe dans le clin d’œil où nous voulons le voir ; l’avenir n’est point à nous, peut-être n’y sera-t-il jamais : et quand il y serait, qu’en faudrait-il croire ? Il vient, il s’approche ; le voilà : il n’est déjà plus, il est tombé dans cet abime du passé où tout s’engouffre et s’anéantit. Ô Dieu, il n’y a que Vous ; Vous seul êtes l’Être véritable ; tout le reste n’est qu’une image trompeuse de l’être, qu’une ombre qui s’enfuit. Ô Vérité, ô Tout ! Je me réjouis de ce que je ne suis rien : à Vous seul appartient d’être toujours : Vous êtes le Vivant au siècle des siècles. Ô hommes aveugles, qui croyez vivre, et qui ne faites que mourir ! Mais cette mort qui fait frémir la nature, la craindrais-je lâchement ? Non, non, pour les enfants de Dieu, elle est le passage à la Vie ; elle ne nous dépouille que de la vanité et de la corruption ; c’est elle qui doit nous revêtir des dons éternels. Ô mort, ô bonne mort ! Quand voudras-tu me réunir à ce que j’aime uniquement ? Quand viendras-tu me donner le baiser de l’épouse ? Quand est-ce que les liens de ma servitude seront rompus ? Ô Amour éternel ! Ô Vérité qui ferez luire un jour sans fin ! Ô Paix du Royaume de Dieu, où Dieu Lui-même sera Tout en Tout ! Ô céleste patrie d’aimable Sion, où mon cœur cuivré se perdra en Dieu ! Qui ne Vous désire, que désirera-t-il ? Mais, ô mon Dieu, ô mon Amour, c’est votre Gloire, et non mon bonheur, après quoi je soupire ; j’aime mieux votre Volonté que ma béatitude : je consens donc, pour l’Amour de Vous, à demeurer encore loin de Vous dans ce lieu d’exil, dans cette vallée de larmes, autant que Vous le voudrez. Vous savez que ce n’est point par attachement à la terre ni à ce corps de boue, ce misérable corps de péché, mais par un sacrifice de tout moi-même à Votre bon plaisir, que je consens à languir encore ici-bas. Mais faites que je meure à tout avant que de mourir : éteignez en moi tout désir, déracinez toute volonté, arrachez tout intérêt propre : alors je serai mort, et Vous vivrez, Vous et moi ; alors je ne serai plus moi-même. Ô précieuse mort, qui doit précéder la naturelle ! Ô mort qui est une mort divine et transformée en Jésus-Christ, en sorte que notre vie est cachée avec Lui dans le sein du Père céleste ! Ô mort, après laquelle on est également prêt à mourir ou à vivre ! Ô mort qui commence sur la terre le Royaume du Ciel ! Ô germe de l’être nouveau ! Alors, mon Dieu, je serai dans le monde comme n’y étant pas ; j’y paraitrai comme ces morts sortis du tombeau, que Vous ressusciterez au dernier Jour. »
Ainsi soit-il.
Monseigneur François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715)
Prière de Charles Péguy
Voici la Prière « Ô Marie, nous venons Vous prier pour ce pauvre garçon » de Charles Péguy (1873-1914), écrivain et poète socialiste français qui va se convertir au Catholicisme et mourir sur le champ de bataille de l'Ourcq en 1914 lors de la première guerre mondiale.
La Prière de Charles Péguy « Ô Marie, nous venons Vous prier pour ce pauvre garçon » :
« Nous venons Vous prier pour ce pauvre garçon
Qui mourut comme un sot au cours de cette année,
Presque dans la semaine et devers la journée
Où Votre fils naquit dans la paille et le son.
Ô Vierge il n'était pas le pire du troupeau.
Il n'avait qu'un défaut dans sa jeune cuirasse.
Mais la mort qui nous piste et nous suit à la trace
A passé par le trou qu'il s'est fait dans la peau.
Il était né vers nous dans notre Gâtinais.
Il commençait la route où nous redescendons.
Il gagnait tous les jours tout ce que nous perdons.
Et pourtant c'était lui que Tu te destinais,
Ô mort qui fus vaincue en un premier caveau.
Il avait mis ses pas dans nos mêmes empreintes.
Mais le seul manquement d'une seule des craintes
Laissa passer la mort par un chemin nouveau.
Le voici maintenant dedans Votre régence.
Vous êtes Reine et Mère et saurez le montrer.
C'était un être pur. Vous le ferez rentrer
Dans Votre patronage et dans Votre indulgence ».
Ainsi soit-il.
Charles Péguy (1873-1914)
« Prière avec les défunts » de Saint Séraphim de Sarov
Voici une Prière pour communiquer différemment avec nos frères défunts « Quand je serai mort, venez sur ma tombe et venez-y souvent ! » de Saint Séraphim de Sarov (1759-1833), un des saints russes les plus connus et les plus populaires, surnommé le « Transfiguré » pour qui le but de la vie chrétienne est l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu.
La Prière du défunt de Saint Séraphim de Sarov « Quand je serai mort, venez sur ma tombe et venez-y souvent ! » :
« Quand je serai mort, venez sur ma tombe et venez-y souvent ! Quoi que ce soit qui vous accable, quoi que ce soit qui vous arrive, venez me trouver comme lorsque j’étais en vie. Agenouillez-vous, libérez-vous de tout ce qui vous rend tristes. Dites-moi tout, je vous écouterai. Toute tristesse s’envolera loin de vous… Parlez-moi, comme vous faisiez, car je suis vivant et je le serai pour toujours dans les siècles des siècles. Amen. »
Saint Séraphim de Sarov (1913-2007)
« Prière pour nos Défunts » du Père Jean Galot
Voici la Prière pour nos Défunts « Ils sont plus près de nous » du Révérend Père Jean Galot (1919-2008), Jésuite, Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
La Prière de Jean Galot pour nos Défunts « Ils sont plus près de nous » :
« Ils sont plus près de nous depuis qu’ils sont partis vers Ta demeure, Père. Ils ont trouvé en Toi un Amour supérieur qui leur fait prendre part à toute notre vie. Ils sont plus près de nous, car ils peuvent nous voir, eux qui sont invisibles, d’un regard tout nouveau rempli de Ta lumière, qui nous rejoint partout et nous suit pas à pas. Ils sont plus près de nous, ceux qui semblent se taire, et ne plus rien entendre ; ils écoutent nos cœurs pour cueillir nos désirs et de les présenter en gerbe de prière. Ils sont plus près de nous ; nous ne pouvons sentir toute leur sympathie, mais elle est efficace, et fidèle à toute heure ; elle nous accompagne en nous menant vers Toi. Ils sont plus près de nous, ceux qui nous ont quittés pour un monde meilleur. Ils veulent partager ce qui fait leur bonheur ; ils éveillent en nous l’ardeur de l’espérance. Ainsi soit-il ! »
Père Jean Galot (1919-2008)
Hymne des Vêpres de l’Office des Défunts
Voici l’Hymne des Vêpres de l’Office des Défunts chanté tous les soirs au Sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon
Hymne des Vêpres de l’Office des Défunts :
« Ô Christ, Roi tout-puissant, pour la gloire du Père et notre propre honneur, tu as brisé les traits de la mort. Tu as pris notre faiblesse et engagé le grand combat ; en mourant tu as piétiné victorieusement la mort, par laquelle le serpent nous avait vaincus. Ressuscitant, plein de force du tombeau, par ton mystère pascal tu rappelles sans cesse à la vie ceux que le péché fit mourir. Accorde-nous la vie de la grâce, afin que, quand tu reviendras comme Époux, tu nous trouves la lampe allumée à la main, prêts pour le ciel. Accueille-nous, doux juge, dans la lumière et le repos, puisque la foi et la charité nous ont unis à la Trinité sainte. Daigne appeler tes serviteurs dépouillés à présent de leur corps, qui aspirent à te louer éternellement dans le Royaume du Père. Amen. »
Notre-Dame de Montligeon, Priez pour nos Défunts !
Hymne des Laudes de l’Office des Défunts
Voici l’Hymne des Laudes de l’Office des Défunts chanté tous les matins au Sanctuaire de Notre-Dame de Montligeon
Hymne des Laudes de l’Office des Défunts :
« Ô Christ, espérance de notre pardon, toi, la vie et la résurrection, vers toi se tournent nos coeurs et nos yeux, quand la douleur de la mort nous assaille. Toi aussi, tu as souffert les affres de la mort et ses cruels aiguillons ; en inclinant la tête, tu as remis doucement au Père ton esprit. En prenant vraiment sur toi nos langueurs, pasteur miséricordieux, tu nous as donné de souffrir et mourir avec toi dans le sein du Père. Pendu en croix, les bras ouverts, tu attires à ton cœur transpercé les mourants que l’angoisse ou la maladie accablent. Tu as brisé les portes de l’enfer et ouvert par ta victoire celles du ciel : réconforte-nous maintenant dans nos souffrances, et, après la mort, donne-nous la vie. Les corps de nos frères dorment à présent du sommeil de la paix ; éveille dès maintenant leurs âmes à la béatitude, et donne-leur de chanter tes louanges. Amen. »
Notre-Dame de Montligeon, Priez pour nos Défunts !
« La Prière pour Tous » de Victor Hugo
Voici la Prière « Prie encore pour tous ceux qui passent sur cette terre des vivants » extraite du recueil « Les feuilles d'automne » de Victor Marie Hugo (1802-1885), poète, dramaturge, écrivain et homme politique français qui ne se disait pas Catholique mais qui était pratiquant dans « La prière pour tous », la pièce la plus longue des Feuilles d'automne, où Victor Hugo se charge de tous les péchés du monde et seul l'Enfant vierge et pur a quelque chance de nous racheter.
La Prière pour Tous (III) de Victor Hugo « Prie encore pour tous ceux qui passent sur cette terre des vivants » :
Prie encore pour tous ceux qui passent
Sur cette terre des vivants !
Pour ceux dont les sentiers s'effacent
À tous les flots ! À tous les Vents !
Pour l'insensé qui met sa joie
Dans l'éclat d'un manteau de soie,
Dans la vitesse d'un cheval !
Pour quiconque souffre et travaille,
Qu'il s'en revienne ou qu'il s'en aille.
Qu'il fasse le bien ou le mal !
Pour celui que le plaisir souille
D'embrassements jusqu'au matin,
Qui prend l'heure où l'on s'agenouille
Pour sa danse et pour son festin,
Qui fait hurler l'orgie infâme
Au même instant du soir où l'âme
Répète son hymne assidu,
Et, quand la prière est éteinte,
Poursuit, comme s'il avait crainte
Que Dieu ne l'ait pas entendu !
Enfant ! Pour les vierges voilées !
Pour le prisonnier dans sa tour !
Pour les femmes échevelées
Qui vendent le doux nom d'amour !
Pour l'esprit qui rêve et médite !
Pour l'impie à la voix maudite
Qui blasphème la sainte Loi !
Car la prière est infinie !
Car tu crois pour celui qui nie !
Car l'enfance tient lieu de foi !
Prie aussi pour ceux que recouvre
La pierre du tombeau dormant,
Noir précipice qui s'entr'ouvre
Sous notre foule à tout moment !
Toutes ces âmes en disgrâce
Ont besoin qu'on les débarrasse
De la vieille rouille du corps.
Souffrent-elles moins pour se taire ?
Enfant ! Regardons sous la terre !
Il faut avoir pitié des morts !
Ainsi soit-il.
Victor Hugo (1802-1885) - Œuvres complètes de Victor Hugo chez E. Renduel (1838), « Les feuilles d'automne », La prière pour tous (Ora pro nobis), III, p 279-281