Appréciation générale
Aucun évêque peut-être dans l’église n’a joui durant sa vie d’une autorité pareille à celle de Saint Ambroise. Autorité morale et qui lui conciliaient la noblesse de son caractère, la sainteté de sa vie, la fermeté et la droiture de sa conduite , mais aussi sa science des affaires et son art de gouverner. Ambroise, avant d’être évêque, avait été excellent magistrat : devenu homme d’église, il ne perdit pas ses premières aptitudes, il les élargit encore et devint un véritable homme d’Etat. Esprit éminemment pratique, pondéré, ayant puisé dans le droit le sens de la justice, mais tempérant par la charité ce que cette justice pouvait avoir de froid et de dur. Tous ceux qui l’approchèrent, subirent son influence ou même l’aimèrent passionnément. Gratien et Valentinien II furent presque ses pupilles ; Théodose le respecta et lui obéit ; Maxime et Justine le redoutèrent ; Augustin n’en parle qu’avec enthousiasme. Quant au menu peuple, à cette foule anonyme dont, tout le long du jour, il accordait les procès, elle lui était dévouée jusqu’au sang. « Si Ambroise levait le doigt, disait un jour Valentinien à ses courtisans, vous-même me livreriez à lui pieds et poings liés ». Il disait assez vrai. Milan était après Rome la véritable capitale de l’empire d’Occident, puisque l’empereur y séjournait. Ambroise qui en était l’évêque, fut, par son prestige personnel, le plus en vue des prélats latins.