Dogme
Ambroise n’était pas préparé, au point de vue dogmatique, pour être un artisan de progrès, et il n’avait d’ailleurs aucun goût pour les spéculations abstraites. Foncièrement latin et romain, il visait simplement à se faire et à donner aux autres des conceptions nettes de ce qu’il faut croire, et allait tout de suite aux conséquences pratiques qu’on dit en tirer. C’est un catéchiste plus qu’un théologien. Parmi ses œuvres se trouvent quelques écrits doctrinaux: par exemple, un traité de la foi , c’est-à-dire sur la trinité, composé pour Gratien en 376 et 379 ; un traité du Saint Esprit, calqué sur celui de Didyme l’Aveugle et composé pour le même Gratien en 381 ; deux livres Sur la pénitence (vers 384) , contre les novatiens; mais surtout le traité Des mystères (De mysteriis) qui expose, sous forme de catéchèse, la doctrine sur le baptême, la confirmation et l’eucharistie: petit livre d’une lecture extrêmement utile, et que l’on trouvera presque entièrement traduit dans l’ouvrage à citer de M. de Labriolle. La doctrine de la transsubstantiation s’y trouve enseignée au moins aussi clairement que dans les catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem. Assez semblable, pour le fond, au traité des mystères est un traité Des sacrements (De sacramentis) que l’on a souvent attribué à Saint Ambroise, et qui est imprimé parmi ses œuvres. On est d’accord actuellement pour lui en refuser la paternité, mais il paraît bien certain que l’auteur, quel qu’il soit, de cet écrit, peut-être du IV° ou du V° siècle, a puisé largement dans le traité de saint Ambroise et en a reproduit les idées.