Solennité de la Pentecôte
Temps pascal
Prière de Saint Jean de Cronstadt au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô Esprit Saint, faites que votre Souffle chasse loin de nous le poison infect du péché et des passions » de Saint Jean de Cronstadt (1829-1908), Archiprêtre à la Cathédrale de Cronstadt près de Saint-Pétersbourg en Russie et membre du Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Russe.
La prière au Saint Esprit de Saint Jean de Cronstadt « Ô Esprit Saint, faites que votre Souffle chasse loin de nous le poison infect du péché et des passions » :
« Ô Saint Esprit, nous tous qui sommes Chrétiens, nous sommes votre Souffle, votre Progéniture après le Baptême; mais déjà, en vertu de Votre premier Souffle créateur, soufflé dans la bouche du premier homme, tout le genre humain, tous les peuples de la terre sont votre Souffle et votre Progéniture ! Ayez donc pitié de nous et gardez-nous, ô Esprit Saint. Faites que votre Souffle chasse loin de nous le poison infect du péché et des passions et nous préserve de tout attachement coupable ».
Ainsi soit-il
Saint Jean de Cronstadt (1829-1908)
Voir également de Saint Jean de Cronstadt :
« Prière à l’Esprit-Saint » de Saint Silouane l'Athonite au Saint-Esprit
Voici une Prière pour recevoir l’Esprit-Saint et ses sept Dons « Seigneur, envoie sur nous ton Esprit-Saint » de Saint Silouane l'Athonite ou de l'Athos (1866‐1938) de son vrai nom Syméon Ivanovitch Antonov, Moine russe orthodoxe du Monastère de Saint-Panteleimon du Mont Athos en Grèce canonisé en 1987 par le Patriarcat œcuménique de Constantinople.
La Prière de Saint Silouane l'Athonite « Seigneur, envoie sur nous ton Esprit-Saint » :
« Seigneur, envoie sur nous ton Esprit-Saint, car on ne Te connaît, Toi, et tout ce qui est à Toi, que par le Saint-Esprit que Tu as donné au commencement à Adam, puis aux saints prophètes et ensuite aux chrétiens. Seigneur, fais connaître à tous les peuples ton Amour et la douceur du Saint-Esprit, pour que les hommes oublient la douleur de la terre, qu’ils abandonnent tout mal et s’attachent à Toi avec amour, et qu’ils puissent vivre en paix, accomplissant pour ta Gloire ta sainte Volonté. Ô Seigneur, daigne nous accorder les Dons du Saint-Esprit, afin que nous connaissions ta Gloire et que nous vivions sur terre dans la paix et dans l’amour, afin qu’il n’y ait ni haine, ni guerre, ni ennemis, mais que seul règne l’amour. Ainsi on n’aura plus besoin ni d’armées, ni de prisons, et, pour tous, il sera facile de vivre sur terre. Seigneur, écoute ma prière, fais que tous les peuples de la terre Te connaissent par la Saint-Esprit. »
Ainsi soit-il.
Saint Silouane l'Athonite (1866‐1938)
Prière de Saint Arnold Janssen au Saint-Esprit
Voici la Prière « Seigneur Jésus-Christ, envoyez-moi la Grâce de votre Saint-Esprit » de Saint Arnold Janssen (1837-1909), Prêtre Catholique Allemand qui conduit par le Saint-Esprit fonda en 1875 la Société du Verbe Divin (SVD) qui regroupe aujourd’hui plus de 6 000 Missionnaires dans 65 pays.
La Prière de Saint Arnold Janssen « Seigneur Jésus-Christ, envoyez-moi la Grâce de votre Saint-Esprit » :
« Seigneur Jésus-Christ, je Vous adore comme le Fils de Dieu, et à travers la méditation de votre Mère la plus affectueuse, je Vous implore : Envoyez-moi de l'abondance de votre Cœur affectueux la Grâce de votre Saint-Esprit afin qu'il éclaire mon ignorance, purifie et sanctifie mon cœur coupable, et me confirme dans votre Amour sacré. Je Vous le demande à travers l'abondance de votre Pitié infinie et à travers les Mérites de tous vos Saints ».
Ainsi soit-il.
Saint Arnold Janssen (1837-1909)
Prière du Père Abbé J-B Chautard au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô Feu divin, allumez dans nos volontés une soif ardente de la Vie intérieure » de Dom Jean-Baptiste Chautard (1858-1935) qui après avoir été à l'école de commerce de Marseille entra à dix-neuf ans à la Trappe d'Aiguebelle dans le diocèse de Valence, fut élu en 1897 Abbé de la Trappe de Chambarand dans le diocèse de Grenoble et en 1899, Père Abbé de la Trappe de Sept-Fons (Allier) de l’Ordre de la branche des Cisterciens Réformés.
La Prière du Père Abbé Chautard « Ô Feu divin, allumez dans nos volontés une soif ardente de la Vie intérieure » :
« Ô Feu divin, excitez en tous ceux qui participent à Votre Apostolat les ardeurs qui transformèrent les heureux retraitants du Cénacle. Ils seront alors non plus de simples prédicateurs du dogme et de la morale, mais des « transfuseurs » vivants du Sang divin dans les âmes. Esprit de lumière, gravez cette Vérité en traits indélébiles dans leurs intelligences, à savoir : que leur apostolat ne sera efficace que dans la mesure où ils vivront eux-mêmes de cette Vie surnaturelle intime dont Vous êtes le PRINCIPE souverain, et Jésus-Christ la SOURCE. Ô Charité infinie, allumez dans leurs volontés une soif ardente de la Vie intérieure. Pénétrez leurs cœurs de Vos suaves et puissants Effluves, et faites-leur sentir que, même ici-bas, il n'y a de vrai bonheur que dans cette Vie, imitation et participation de la Vôtre et de Celle du Cœur de Jésus dans le Sein du Père de toutes les Miséricordes et de toutes les Tendresses. »
Ainsi soit-il.
Dom Jean-Baptiste Chautard (1858-1935) - « L’Âme de tout apostolat »
Prière du Frère Paul de Tibhirine au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit Saint, envoie-nous dans le silence du désert avec les chercheurs passionnés du Dieu vivant » du Frère Paul Favre-Miville (1939-1996), Religieux à l’abbaye de Tamié en Savoie qui va rejoindre en 1989 la communauté de Notre-Dame de l’Atlas de Tibhirine en Algérie pour mettre en place le système d’irrigation du potager du monastère et être pris en otage et assassiné en 1996 par des islamistes. Frère Paul a été proclamé bienheureux le 8 décembre 2018 en même temps que les 6 autres martyrs d'Algérie.
La Prière de Fr. Paul de Tibhirine « Esprit Saint, envoie-nous dans le silence du désert avec les chercheurs passionnés du Dieu vivant » :
« Esprit Saint, Feu allumé par Jésus ressuscité, viens brûler encore aujourd'hui nos cœurs de jeunes afin que, laissant tout pour suivre le Christ, nous découvrions la vraie joie des disciples. Envoie-nous au milieu de nos frères, avec les Prêtres au service du Peuple de Dieu. Envoie-nous en plein monde, avec les hommes et les femmes au cœur apostolique. Envoie-nous au-delà des frontières, avec les témoins dévorés par le zèle missionnaire. Envoie-nous dans le silence du désert avec les chercheurs passionnés du Dieu vivant. Esprit d'Amour donne-nous, à nous jeunes le courage de répondre à l'appel du Père, de l'Eglise et du monde ! »
Ainsi soit-il.
Frère Paul Favre-Miville (1939-1996) – Moine trappiste et martyr de Tibhirine
Prière d’Anselm Grün au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit Saint, verse toute ta Puissance divine en mon cœur » d’Anselm Grün (1945- ….), Moine bénédictin à l'Abbaye de Münsterschwarzach en Allemagne et écrivain à succès qui dans ses livres fait le lien entre la mystique chrétienne, la psychologie moderne et la philosophie extrême-orientale.
La Prière d’Anselm Grün « Esprit Saint, verse toute ta Puissance divine en mon cœur » :
« Esprit Saint, je perds souvent tout repère. Je ne sais où me mène mon chemin… Indique-moi la voie qui va m’amener à plus de vie et de liberté. Lorsque je ne sens plus la vie couler en moi, verse toute ta Puissance divine en mon cœur. Redresse-moi, rends-moi fort, guéris-moi et défais les chaînes qui me tiennent prisonnier. Ainsi soit-il. »
Anselm Grün (1945- ….)
Prière du R. P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit-Saint, Tu sais ce qui est nécessaire à l'accomplissement de ma vocation » du R. P. Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967) né Henri Grialou qui devint Carme en 1922 et fut chargé de fonctions très importantes au sein de son Ordre, telles que Provincial, Conseiller Général, Vicaire Général et Visiteur apostolique des Carmels. La spiritualité de Marie-Eugène est marquée par le mystère de l'Esprit-Saint. Il est le fondateur du florissant Institut Séculier de Notre-Dame de Vie à Venasque près de Carpentras et auteur de « Je veux voir Dieu ».
La Prière de Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus « Esprit-Saint, Tu sais ce qui est nécessaire à l'accomplissement de ma vocation » :
« Esprit-Saint, élève-nous à Ta hauteur, Toi qui édifies le Corps Mystique du Christ, Toi qui es l'agent. Prends-nous pour collaborateurs, gémis en nous, apprends-nous à prier... Esprit-Saint, Tu sais ce qu'il faut demander, ce qui est nécessaire à l'accomplissement de ma vocation, pour mon apostolat, et ce qui est nécessaire aux âmes qui dépendent de moi. C'est Toi qui fera aller ma prière jusque dans ces régions profondes, lointaines, mystérieuses que je ne connais pas mais que je verrai un jour dans le ciel. Ainsi soit-il. »
Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967)
Prière du Dominicain Jérôme Savonarole au Saint-Esprit
Voici la Prière « Seigneur, confirme-moi de ton Esprit de force » de Jérôme Savonarole (1452-1498), Dominicain qui par sa foi et son intransigeance, sa parole prophétique et acérée, sans compromis, et doué d'une grande éloquence, attaque les vices des grands de ce monde, accumule les incompréhensions et les haines et va se heurter aux puissants, tels que Laurent le Magnifique et le Pape Alexandre VI qui le condamnera au bûcher.
La Prière du Dominicain Jérôme Savonarole « Seigneur, confirme-moi de ton Esprit de force » :
« Seigneur, confirme-moi de ton Esprit de force, pour que je puisse demeurer dans la joie de ton Salut. Sinon je ne pourrai pas subsister au milieu de tant de luttes. Ma chair désire contre mon esprit, le monde me presse de toutes parts, le diable ne dort pas. Donne-moi la force de ton Esprit, afin que mille tombe à mon côté et dix mille à ma droite, et que je sois un témoin fort et fidèle de ta Foi. Si Pierre, que Tu as comblé de tant de secours et de tant de grâces, est tombé si misérablement, que pourrai-je donc faire, ô Seigneur, moi qui ne T'ai pas vu dans ton Corps, qui n'ai point expérimenté ta Gloire sur la montagne, qui n'ai pas été témoin de tes Miracles ? C'est à peine si j'ai entrevu de loin tes Œuvres admirables, je n'ai jamais entendu le son de ta Voix, je me suis toujours traîné dans les péchés. Ah ! Confirme-moi de l'Esprit de force, pour que je sache persévérer dans ton Service et donner pour Toi mon âme. Amen. »
R. P. Jérôme Savonarole (1452-1498)
Prière de Saint Grégoire de Narek au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit puissant du Père, Toi qui sauves et raffermis » de Saint Grégoire de Narek (944-1010), Moine, théologien, poète et philosophe d'Arménie, grand auteur mystique du « Livre des Prières » que l'Église d'Arménie a donné à la tradition Chrétienne.
La Prière de Saint Grégoire de Narek « Esprit puissant du Père, Toi qui sauves et raffermis » :
« Tout-Puissant, Bienfaiteur, Ami des hommes, Dieu de tous, Créateur des êtres visibles et invisibles, Toi qui sauves et raffermis, qui prends soin et pacifies, Esprit puissant du Père, Tu partages le même trône, la même gloire, la même action créatrice que le Père. Par Ton intermédiaire il nous a été révélé la Trinité des Personnes en l'unité de nature de la Divinité ; parmi ces Personnes Toi aussi Tu es reconnu être l'une d'elles, Toi l'incompréhensible. Tu as été proclamé Esprit de Dieu par Moïse (Gn 1, 2) : en planant sur les eaux avec une protection enveloppante, redoutable, pleine de sollicitude, Tu as déployé Tes ailes en signe d'assistance compatissante en faveur des nouveau-nés, et par là Tu nous as révélé le mystère de la Fontaine baptismale. Tu as créé, ô Tout-Puissant en tant que Seigneur toutes les natures de tout ce qui existe, tous les êtres, à partir du néant. Par Toi sont renouvelés par la résurrection tous les êtres créés par Toi, au moment qui est le dernier jour de la vie d'ici-bas et le premier jour de la Terre des vivants. Celui qui a même nature que Toi, Celui qui est consubstantiel au Père, le Fils premier-né, a obéi à Toi, dans notre nature, comme à son Père, unissant Sa volonté à la Tienne. Il T'a annoncé comme vrai Dieu, égal et consubstantiel à son Père très-puissant et il a fermé la bouche de ceux qui Te résistaient, en tant qu'ils combattaient Dieu (cf. Mt 12, 28), alors qu'il a pardonné ce qui était contre Lui. Il est le Juste et l'Immaculé, le Sauveur de tous, qui a été livré à cause de nos péchés et est ressuscité pour notre justification (Rm 4, 25). À Lui gloire par Toi, et à Toi louange avec le Père tout-puissant, dans les siècles des siècles. Amen. »
Saint Grégoire de Narek (944-1010) - Le Livre de prières, n°33 (trad. SC 78, p. 206)
Prière du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus au Saint-Esprit
Voici une Méditation et une Prière pour recevoir un enseignement de l’Esprit Saint « Ô Vierge Marie, aidez-nous à assurer à l’Esprit Saint la fidélité qu’Il attend de nous » du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967) né Henri Grialou, Prieur du Couvent des Carmes à Agen, Monaco, Tarascon, … Provincial de la province Avignon-Aquitaine, Définiteur général de l'Ordre du Carmel à Rome et Fondateur de l'Institut Notre-Dame de Vie à Venasque dans le Vaucluse qui comporte trois branches : deux branches de laïcs (branche féminine et branche masculine) qui consacrent toute leur vie à Dieu dans le célibat en vivant dans le monde (contrairement aux religieux qui vivent en communauté) et une branche Sacerdotale qui permet à des Prêtres diocésains de se ressourcer dans la même spiritualité du Carmel tout en exerçant leur ministère dans leurs diocèses respectifs.
La Méditation du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus pour « recevoir un enseignement de l’Esprit Saint » :
« Quand on veut recevoir un enseignement de l’Esprit Saint, il faut se mettre dans l’atmosphère où Dieu parle : dans le silence. Qu’il soit un océan calme ou qu’il vienne en tempête, vous Le prendrez comme Il se présentera. Vous vous réjouirez en Lui. Il est immense... infini... Il nous remplit, Il nous prend, Il nous déborde... Toutes nos prières doivent être animées, soutenues par cette certitude que rien ne nous manquera puisque le Père nous aime, puisque Jésus notre Frère nous aime, puisque l’Esprit Saint, l’Amour substantiel est en nous pour nous éclairer, pour nous assister à tout moment. »
La Prière du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus « Ô Vierge Marie, aidez-nous à assurer à l’Esprit Saint la fidélité qu’Il attend de nous » :
« Ô Vierge Marie, aidez-nous à assurer à l’Esprit Saint la fidélité qu’Il attend de nous. Fortifiez notre foi, si faible parfois, qui doit traverser l’obscurité, passer au-delà de toutes les angoisses, pour aller à Dieu et croire en Lui. Aidez-nous aussi à Lui donner la fidélité de l’amour dans toute notre vie, notre vie quotidienne et notre vie à venir. Aidez-nous à Lui dire : « Je Vous donne déjà tout l’amour, toute la fidélité d’amour que Vous attendez de moi. Maintenant et dans l’avenir, demain, dans dix ans, dans vingt ans, jusqu’au dernier soupir, que je tienne cette fidélité d’amour ». Amen. »
Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967)
Prière de Monsieur l’Abbé Hilaire Léonard-Etienne au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit de Dieu, Souffle sacré, viens au secours de mon esprit » de Monsieur l’Abbé Hilaire Léonard-Etienne (1924-1984), ordonné Prêtre en 1950 et nommé Vicaire à Lize Notre-Dame en Belgique sur la commune de Seraing puis à Ferrières. Il devient Curé à Boncelles ensuite Marneffe et Fumal puis Juslenville.
La Prière de Monsieur l’Abbé Hilaire Léonard-Etienne « Esprit de Dieu, Souffle sacré, viens au secours de mon esprit » :
« Esprit de Dieu, Souffle sacré, viens au secours de mon esprit qui se trouve aveuglé dans sa nuit. Sans Toi, je ne peux plus crier : « Abba ! Père ! » mais je me replie sur mes propres misères. Esprit de Dieu et de lumière, éclaire mes chemins ténébreux pour qu’au milieu de mes épreuves il me reste toujours une étoile d’espérance au fond du cœur et dans les yeux. Esprit de Dieu, Esprit de force, relève-moi quand je courbe l’échine ; que ta Volonté supplée à la mienne pour reprendre le combat et pour vivre sans peur le jour d’aujourd’hui. Esprit de Dieu, Esprit d’amour, réchauffe mon cœur desséché par le mal ; fais-le battre à nouveau d’une tendre émotion pour mes frères ; que je puisse leur rendre cent fois tout ce qu’ils m’ont donné : la chaleur, la paix, la joie et le sourire. Esprit de Dieu, Esprit du Christ, Tu as transfiguré la croix du condamné en signe de victoire ; transforme mes épreuves en hymne de paix pour me rendre témoin de ta Puissance. Que mon esprit se fonde en ton Esprit et que nous soyons un, Toi en moi et moi en Toi, pour que le monde sache que Tu m’as consacré. Amen. »
Abbé Hilaire Léonard-Etienne (1924-1984)
Prière de la Bienheureuse Élisabeth de la Trinité au Saint-Esprit
Voici une Prière pour accueillir la présence de Dieu dans notre âme « Dieu est Esprit et c'est par la foi que nous approchons de Lui » de la Bienheureuse Élisabeth de la Trinité (1880-1906) Carmélite à Dijon qui développa une doctrine centrée sur l'habitation de Dieu dans la personne humaine.
La Prière de la Bienheureuse Élisabeth de la Trinité « Dieu est Esprit et c'est par la foi que nous approchons de Lui » :
« Je demande à l'Esprit Saint de Te révéler cette Présence de Dieu en toi dont je T'ai parlé. Si tu lis l'Évangile selon saint Jean, tu verras qu'à tout instant le Maître insiste sur ce commandement : « Demeurez en moi et moi en vous » (Jn 15, 4), et encore cette pensée si belle qui est en tête de ma lettre, dans laquelle Il parle de faire de nous Sa demeure. Il suffit de croire : Dieu est Esprit et c'est par la foi que nous approchons de Lui. Pense que ton âme est le Temple de Dieu, c'est encore saint Paul qui le dit ; à tout instant du jour et de la nuit les trois Personnes divines demeurent en toi. Tu ne possèdes pas la sainte humanité, comme quand tu communies, mais la Divinité, cette Essence que les bienheureux adorent dans le ciel, Elle est en ton âme ; alors quand on sait cela, c'est une intimité tout adorable ; on n'est plus jamais seul ! Si tu préfères penser que le bon Dieu est près de toi plutôt qu'en toi, suis ton attrait pourvu que tu vives avec Lui. Pense que tu es avec Lui, et agis comme un être qu'on aime ; c'est si simple, pas besoin de belles pensées mais un épanchement du cœur. Ainsi soit-il. »
Bienheureuse Elisabeth de la Trinité (1880-1906)
Ode de Salomon au Saint-Esprit au Saint-Esprit
Voici la Prière « Joyeux est mon cœur » extraite des « Odes de Salomon », un recueil de quarante-deux poèmes chrétiens composés en syriaque par un chantre inconnu au début du IIe siècle et utilisées dans la liturgie par des communautés chrétiennes de la caste sacerdotale de Jérusalem.
L’Ode de Salomon « Joyeux est mon cœur » :
« Comme les ailes des colombes sur leurs petits et les becs de leurs petits tournés vers leurs becs, ainsi les ailes de l'Esprit sont sur mon cœur. Joyeux est mon cœur, il tressaille tel un enfant qui tressaille dans le sein de sa mère. J'ai cru, c'est pourquoi j'ai trouvé le repos, car Il est véridique Celui en qui je crois. Il m'a comblé de bénédictions et ma tête est tournée vers Lui. Me séparer de Lui, ni l'épée, ni le glaive ne le peuvent. Amen. »
Odes de Salomon (début du II ième siècle)
Prière du R. Père Jean Galot au Saint-Esprit
Voici la Prière au Saint Esprit « Par la douceur, Esprit-Saint, Tu manifestes en nous Ta puissance divine » du Révérend Père Jean Galot (1919-2008), Jésuite, Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
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La Prière de Jean Galot au Saint Esprit « Par la douceur, Esprit-Saint, Tu manifestes en nous Ta puissance divine » :
« Par la douceur, Esprit-Saint, Tu manifestes en nous Ta puissance divine, puissance qui ne veut remporter de victoire que celle de l’Amour. Tu nous aides à dompter toutes les violences où voudraient s’affirmer notre folie d’orgueil, notre agressivité et notre intolérance. Quand nous sommes tentés de montrer notre force par de dures ripostes, Tu nous fais préférer la voie évangélique de douceur bienveillante. Tu nous fais admirer l’humble cœur du Sauveur, héroïquement doux, et Tu imprimes en nous cette même douceur, inlassable, obstinée. Tu formes en nous un cœur respectueux d’autrui, plein de délicatesse, un cœur qui s’ouvre à tous et ouvre d’autres cœurs par d’aimables contacts. Amen. »
Père Jean Galot (1919-2008)
Prière du R. Père Jean Galot au Saint-Esprit
Voici la Prière au Saint Esprit pour la Vierge Marie « Esprit Saint, inspire-nous un plus grand amour à l’égard de la Vierge Marie » du Révérend Père Jean Galot (1919-2008), Jésuite, Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
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La Prière de Jean Galot au Saint Esprit pour la Vierge Marie « Esprit Saint, inspire-nous un plus grand amour à l’égard de la Vierge Marie » :
« Esprit Saint, puisque Tu as voulu présenter au monde, dans la Vierge Marie, un Idéal vivant de perfection, inspire-nous un plus grand amour à son égard et un plus grand zèle à L'imiter. Place-La devant nos yeux à chaque instant de notre vie, pour que la vue de Son âme immaculée nous garde du péché, et nous confirme dans le désir de plaire à Dieu dans toute notre conduite. Fais-nous contempler l'élan de Sa foi, pour que nous puissions accueillir, avec le même élan et la même confiance, la grandeur des desseins du Seigneur sur notre existence. Fais-nous regarder son Cœur débordant d'amour, pour que nous suivions jusqu'au terme la voie merveilleuse où Elle s'est engagée, celle du don total accompli avec joie. Toi qui as créé la beauté de Notre-Dame pour qu'Elle illumine nos obscurités terrestres, fais qu'Elle se reflète en nous et que nous puissions diffuser autour de nous un peu de Sa lumière. En nous attachant à la Vierge parfaite, puisses-Tu soulever et prendre, ô Esprit Saint, le fond de notre âme, réaliser effectivement la consécration de notre cœur, de nos forces, de notre liberté ! Par l'attrait de Marie, arrache-nous à nous-mêmes pour nous livrer au Christ ! Ainsi soit-il ! »
Père Jean Galot (1919-2008)
Prière du Père Jésuite Jean Galot au Saint-Esprit
Voici la Prière « Que passe Ton souffle, Esprit Saint ! » du Révérend Père Jean Galot (1919-2008), Jésuite, Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
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La Prière du Père Jésuite Jean Galot « Que passe Ton souffle, Esprit Saint ! » :
« Que passe Ton souffle comme la brise printanière qui fait fleurir la vie et éclore l’amour, ou comme l’ouragan qui déchaîne une force inconnue et qui soulève les énergies dormantes. Que passe Ton souffle dans notre regard pour le porter vers des horizons plus lointains et plus étendus, et dans notre cœur pour le faire brûler d’une ardeur avide de rayonner. Que passe Ton souffle sur nos visages attristés pour y faire repaître le sourire, et sur nos mains lasses pour les ranimer et les remettre joyeusement à l’œuvre. Que passe Ton souffle dès l’aurore pour emporter toute notre journée dans un élan généreux, et qu’Il passe à l’approche de la nuit pour nous garder dans Ta lumière et Ta ferveur. Que passe Ton souffle dans notre esprit pour y faire abonder les pensées fécondes qui épanouissent, qu’Il passe et demeure dans toute notre vie pour la dilater et lui donner Tes dimensions divines ! Ainsi soit-il. »
Père Jean Galot (1919-2008)
Prière de la Bienheureuse Mariam Baouardy au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit Saint, venez, éclairez-moi » de la Bienheureuse Mariam Baouardy (1846–1878), en religion Sœur Marie de Jésus Crucifié, Mystique et Religieuse Carmélite Libanaise du Carmel de Bethléem après avoir été au Carmel de Pau et Novice chez les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition à Marseille.
La Prière de la Bienheureuse Mariam Baouardy « Esprit Saint, venez, éclairez-moi » :
« Esprit Saint, venez, éclairez-moi pour trouver la Source où je dois me désaltérer. Venez, ma Consolation ; venez, ma Joie ; venez, ma Paix, ma Force, ma Lumière. Esprit-Saint, inspirez-moi ; Amour de Dieu, consumez-moi ; au vrai chemin conduisez-moi ; Source de paix, Lumière, venez m’éclairer. J’ai faim, venez me nourrir ; j’ai soif, venez me désaltérer ; je suis aveugle, venez m’enrichir ; je suis ignorante, venez m’instruire. Esprit-Saint, je m’abandonne à Vous… Amen. »
Bienheureuse Mariam Baouardy (1846–1878)
La vie de Sainte Maryam Baouardy :
Galilée : l'enfance de Sainte Maryam Baouardy
Mariam Baouardy est née le 5 janvier 1846, à Ibillin, un petit village de Galilée à mi-chemin entre Nazareth et Haïfa. Ses parents, profondément croyants, portent une lourde épreuve : ils ne parviennent pas à mettre au monde d'enfant qui survive ; l'un après l'autre, douze garçons sont morts tout petits. Dans leur profonde douleur et confiance en Dieu, ils décident alors de faire un pèlerinage à pied à Bethléem pour aller prier à la crèche et demander à la Vierge Marie la grâce d'une fille. Mariam naît neuf mois plus tard. Elle est baptisée et confirmée selon la tradition gréco-catholique de sa famille.
L'année suivante, un petit frère, Boulos, vient ajouter à la joie de la famille. Mais Mariam n'a pas encore 3 ans lorsque son père meurt, puis quelques jours plus tard sa mère, emportée par la douleur. Voyant la mort arriver, son père avait pris Mariam dans ses bras, demandant à St Joseph d'être désormais son père et de veiller sur elle.
A bien des reprises cette prière sera exaucée. Boulos est adopté par une tante maternelle, habitant un village voisin, et Mariam par un oncle paternel, de condition aisée. Quelques années plus tard, celui-ci s'installera à Alexandrie en y emmenant Mariam. De ses années d'enfance en Galilée, il restera à Mariam tout à la fois l'émerveillement devant la beauté de la Création, la lumière, les paysages où tout lui parle de Dieu (cet émerveillement se reflètera plus tard dans les hymnes jaillis spontanément de son cœur au cours de certaines extases) et le sentiment profond que tout passe. Un petit incident la marque profondément : deux petits oiseaux meurent dans ses mains alors qu'elle entreprend de les laver énergiquement ; elle doit donc les enterrer, tristement, lorsqu'elle entend intérieurement cette parole qui la marquera pour toujours : « Vois, c'est ainsi que tout passe ; mais si tu veux me donner ton cœur, je te resterai toujours ».
Alexandrie : le martyre de Sainte Maryam Baouardy
1858 : Mariam a 12 ans, elle est depuis quelques années à Alexandrie, quand elle apprend que son oncle veut la marier. Mais elle est décidée à se donner tout entière au Seigneur et refuse. Menaces, humiliations et mauvais traitements ne peuvent entamer sa résolution. Au bout de trois mois de cette situation, elle va trouver un ancien serviteur de la maison pour tenter de transmettre une lettre à son frère resté en Galilée. En entendant le récit de ses souffrances, le serviteur qui est musulman l'exhorte à quitter les chrétiens et à embrasser sa religion. Mariam refuse. En colère, l'homme tire son cimeterre et lui tranche la gorge, puis abandonne son corps dans une ruelle sombre. Nous sommes le 8 septembre 1858.
C'est alors que le surnaturel va faire irruption dans sa vie. Elle racontera plus tard qu'elle est vraiment morte à ce moment-là, et qu'il lui a semblé entrer au Paradis, voir la Vierge, les saints et ses parents, la glorieuse Trinité ...
Mais son temps n'est pas encore venu, et elle se réveille dans une grotte, auprès d'une jeune femme qui ressemble à une religieuse habillée en bleu. Durant quatre semaines, celle-ci la soigne, la nourrit, l'instruit. Puis lorsqu'elle est guérie, celle qu'elle présentera plus tard comme la Vierge Marie elle-même, l'emmène dans une église et l'y laisse.
A partir de ce jour, elle va de ville en ville (Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth, Marseille ...) comme servante, choisissant de préférence des familles pauvres, les aidant, partant dès qu'elle se trouve trop honorée. Mais elle va devenir aussi de façon toute particulière témoin de cet « univers invisible » auquel nous croyons sans le voir, et qu'elle a expérimenté tout au long de sa vie.
Marseille : les Sœurs de Saint Joseph
A Marseille, Mariam est mise en contact avec les Sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition. Elle a 19 ans et n'en paraît que 12 ou 13. Elle parle mal le français, est de petite santé après tout ce qu'elle a vécu, mais elle est accueillie comme postulante, et sa joie est grande de pouvoir ainsi se donner au Seigneur. Toujours prête pour les travaux les plus fatigants, elle passe la plus grande partie de son temps à la lessive ou à la cuisine. Mais chaque semaine elle revit la Passion de Jésus, reçoit les stigmates (que, dans sa simplicité elle prend pour une maladie), et toute sorte de grâces extraordinaires commencent à se manifester. Certaines sœurs en sont bien déconcertées, et au bout de 2 ans de noviciat, Mariam n'est pas admise à s'engager dans la congrégation. Il se trouve alors qu'une sœur de St Joseph, mère Véronique, a demandé à entrer au Carmel mais doit attendre un peu au couvent de Marseille. Durant ce temps elle remplace la maîtresse des novices malade et fait ainsi la connaissance de Mariam qu'elle comprend et apprécie, si bien qu'elle lui propose de l'emmener au Carmel avec elle.
Pau : le Carmel
Mariam y est reçue avec joie en juin 1867, et y trouvera toujours amour et compréhension au milieu de tout ce qu'elle aura à traverser. Elle prend l'habit le mois suivant et reçoit le nom de Sr Marie de Jésus Crucifié. Elle insiste pour être sœur converse, se sentant toujours plus à l'aise dans le service des autres, et ayant du mal à réciter l'Office divin en raison de son ignorance de la lecture. Sa simplicité, sa générosité lui conquièrent les cœurs. Cette parole, au sortir d'une extase, illustre son comportement : « Où est la charité, Dieu est aussi. Si vous pensez à faire le bien pour votre frère, Dieu pensera à vous. Si vous faites un trou pour votre frère, vous y tomberez; il sera pour vous. Mais, si vous faites un ciel pour votre frère, il sera pour vous ». Elle n'est pas parfaite pour autant, et se reproche par moments ses vivacités. Don de prophétie, attaques du démon ou extases ... parmi toutes les Grâces divines dont elle est comblée, il y a la perception très forte de son néant en face de Dieu, et lorsqu'elle parle d'elle-même en s'appelant « le petit rien », c'est vraiment l'expression profonde de son être. C'est ce qui lui fait pénétrer l'insondable profondeur de la Miséricorde divine où elle trouve sa joie et ses délices, sa vie. « L'humilité est heureuse d'être un rien, elle ne s'attache à rien, elle ne se fatigue jamais du rien. Elle est contente, heureuse, partout heureuse, satisfaite de tout... Bienheureux les petits ». Là est la source de son abandon au cœur des grâces les plus étranges comme au cœur des événements humains les plus déconcertants.
En Inde : la fondation du Carmel de Mangalore
A l'issue de 3 ans passés au Carmel de Pau, en 1870, Mariam est envoyée avec un petit groupe fonder le premier monastère de carmélites en Inde, à Mangalore. Le voyage en bateau jusque-là est toute une aventure, et trois sœurs meurent avant d'arriver. Malgré tout, on peut inaugurer la vie cloîtrée à la fin de l'année, et au printemps suivant plusieurs sœurs arrivent de France en renfort. Les expériences extraordinaires de Mariam continuent sans l'empêcher pour autant d'affronter les travaux les plus lourds et les troubles toujours liés à une nouvelle fondation dont elle est d'ailleurs vraiment l'âme. Durant ses extases, tantôt on la voit avec un visage rayonnant à la cuisine ou ailleurs ; tantôt elle participe en esprit à ce qui se passe dans l'Église ; tantôt le démon semble prendre possession d'elle, lui faisant vivre de terribles tourments et combats. Elle émet ses vœux au terme de son noviciat le 21 novembre 1871, mais des incompréhensions commencent à naître autour d'elle, mettant en doute l'authenticité de ce qu'elle vit, et les tensions créées dans son entourage finissent par provoquer son renvoi au Carmel de Pau en 1872.
Retour à Pau de Sainte Maryam Baouardy
Là, Mariam retrouve sa vie simple de converse au milieu de l'affection de ses sœurs, et son âme se dilate. Lors de certaines extases, alors qu'elle est presque illettrée, elle improvise dans l'élan de sa reconnaissance envers Dieu des poésies d'une grande beauté, pleines de fraîcheur et d'un charme tout oriental, où la création entière chante son Créateur ; ou bien, en un clin d'œil, la voici attirée au sommet d'un arbre, sur une branche qui ne supporterait pas même un oiseau, par l'élan de son âme vers le Seigneur ... Elle est alors comme un témoin de cet univers transfiguré décrit par le prophète Isaïe (le loup habitera avec l'agneau ...), ou par l'auteur de l'Apocalypse (la Femme qui a pour manteau le soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles ...). « Tout le monde dort. Et Dieu, si rempli de bonté, si grand, si digne de louanges, on l'oublie ! Personne ne pense à lui ! Vois, la nature le loue ; le ciel, les étoiles, les arbres, les herbes, tout le loue ; et l'homme, qui connaît ses bienfaits, qui devrait le louer, il dort ! Allons, allons réveiller l'univers ! »
Nombreux sont ceux qui viennent chercher auprès d'elle réconfort, conseils, prières, et qui repartent éclairés, fortifiés par sa rencontre. Peu après son retour de Mangalore, elle commence à parler de la fondation d'un Carmel à Bethléem. Les obstacles sont nombreux, mais se lèvent progressivement, parfois contre toute attente.
Une bienfaitrice, Berthe Dartigaux, lui sera toute dévouée. Son confesseur, le Père Estrate, de la congrégation de Bétharram, l'encourage et la soutiendra jusqu'au bout.
Bethléem, Nazareth, Emmaüs, et son entrée au Ciel
Enfin, l'autorisation est donnée par Rome de fonder un Carmel à Bethléem, et le 20 août 1875 un petit groupe de carmélites part pour la Terre Sainte. Le Seigneur lui-même guide Mariam pour le lieu et la construction. Comme elle est seule à parler l'arabe, elle est plus particulièrement chargée de suivre les travaux : « plongée dans le sable et la chaux », elle s'attire vite la sympathie des ouvriers ; la communauté peut venir habiter le monastère dès le 21 novembre 1876, pendant que les travaux se poursuivent. Mariam se préoccupe aussi de la fondation d'un Carmel à Nazareth, où elle se rend pour l'acquisition d'un terrain en août 1878. C'est au cours de ce voyage que lui est révélé le lieu d'Emmaüs, qu'elle fait acheter par Berthe Dartigaux pour le Carmel.
De retour à Bethléem, elle reprend la surveillance des travaux sous une chaleur étouffante. En portant à boire aux ouvriers, elle tombe dans un escalier et se brise un bras. La gangrène va s'y installer très rapidement et Mariam meurt en quelques jours, le 26 août 1878, à 32 ans. Elle fut béatifiée le 13 novembre 1983 par saint Jean-Paul ll et canonisée le 17 mai 2015 par le Pape François.
Prière de Saint Laurent Justinien au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit qui aimez les hommes » de Saint Laurent Justinien (1381-1455), Evêque de Castello et le premier Patriarche de Venise qui en mourant a dit en levant les yeux au ciel : « Je viens à Vous, ô bon Jésus ! ».
La Prière de Saint Laurent Justinien « Esprit qui aimez les hommes » :
« Esprit qui aimez les hommes, donnez-nous de chercher toujours à garder l'unité de l'esprit dans le lien de la paix, comme nous savons que les apôtres le firent. En s'assemblant tous dans un même lieu, et en demandant unanimement dans la prière de devenir dignes de votre société, ils méritèrent de Vous recevoir sous une forme visible. Nous Vous attendons nous aussi, et nous implorons avec le désir le plus ardent et la prière la plus pure Votre grande Bonté. Venez à nous, rompez le joug de notre esclavage, et donnez-nous les mérites de la vertu, une fin heureuse, et la récompense éternelle au Royaume des Cieux, où à Vous dominez triomphalement avec le Père et son Fils unique, dans tous les siècles. Amen. »
Saint Laurent Justinien (1381-1455)
Prière de Madeleine Delbrêl au Saint-Esprit
Voici la Prière « Il y a des lieux où souffle l'Esprit mais il y a un Esprit qui souffle en tous lieux » de Madeleine Delbrêl (1904-1964), Mystique chrétienne française qui par son travail d’assistante sociale a fondé les « Equipes Madeleine Delbrêl » où il s'agit « d'y être le Christ » et non « d'y travailler pour le Christ » en rencontrant les gens où ils vivent, en devenant leur ami, en les recevant chez soi et en s'entraidant.
La Prière de Madeleine Delbrêl « Il y a des lieux où souffle l'Esprit mais il y a un Esprit qui souffle en tous lieux » :
« Il y a des lieux où souffle l'Esprit mais il y a un Esprit qui souffle en tous lieux. Il y a des gens que Dieu prend et met à part. Il y en a d'autres qu'Il laisse dans la masse, qu'Il ne retire pas du monde. Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires. Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires. Ce sont les gens de la vie ordinaire. Les gens que l'on rencontre dans n'importe quelle rue. Ils aiment leur porte qui s'ouvre sur la rue. Nous autres, gens des rues, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté. Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque, car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l'aurait déjà donné. Ainsi soit-il. »
Madeleine Delbrêl (1904-1964)
Prière du R. Père Jean Galot au Saint-Esprit
Voici la Prière « Prier spontanément sans même le savoir » du Père Jean Galot (1919-2008), Jésuite, Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
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La Prière du Révérend Père Jean Galot « Prier spontanément sans même le savoir » :
« Prier spontanément, sans même le savoir, comme l’oiseau qui chante ou le fleuve qui coule, parce que Tu es là, Esprit qui fait couler Ta grâce dans nos cœurs, Esprit qui fait chanter l’âme que Tu habites. Prier spontanément, à l’occasion des signes de tant d’évènements qui nous parlent d’en haut ; à l’occasion des joies qui réchauffent soudain nos engourdissements ; à l’occasion des peines qui frappent nos journées et nous font réfléchir à notre destinée. Prier spontanément, sans aucune occasion, en toute gratuité, comme Tu le suggères, dans le don d’un Amour heureux de s’exprimer. Amen. »
Père Jean Galot (1919-2008)
Prière de Sören Kierkegaard au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô Esprit-Saint, habite-moi à demeure ! » de Sören Kierkegaard (1813-1855), écrivain, théologien protestant et philosophe danois qui a dit de la Prière : « Le chrétien n'oublie pas un seul jour de prier et c'est pourquoi il fait son salut tout le long de sa vie ; la foi sauve son courage, sa joie, son espérance ».
La Prière de Sören Kierkegaard « Ô Esprit-Saint, habite-moi à demeure ! » :
« Esprit-Saint ! C'est dans un vase d'argile frêle que nous autres hommes portons le Très Saint ; mais Toi, ô Saint-Esprit ! Quand Tu habites un homme, Tu habites bien alors dans ce qui est infiniment inférieur : Toi, Esprit de sainteté, Tu habites l'impureté et la souillure ; Toi, Esprit de sagesse, Tu habites la sottise ; Toi, Esprit de vérité, Tu habites la tromperie ! Ô habite-moi à demeure ! Et Toi qui ne recherches point les aises d'un logis désirable, qu'en vain certes Tu chercherais, Toi qui crées et régénères et Te fais Toi-même Ta demeure, ô habite-moi à demeure ! Pour qu'un jour Tu finisses par Te complaire à cette demeure que Tu T'es préparée Toi-même dans les souillures, les méchancetés et les tromperies de mon cœur. Ainsi soit-il. »
Sören Kierkegaard (1813-1855)
Prière de Saint Grégoire de Narek au Saint-Esprit
Voici la Prière « Je Te supplie, ô Esprit puissant, d’accorder à mon âme et à mon esprit le bienfait de la plénitude des grâces de Ton abondante Miséricorde » de Saint Grégoire de Narek (944-1010), Moine arménien et Poète mystique au monastère de Narek en Arménie.
La Prière de Saint Grégoire de Narek « Je Te supplie, ô Esprit puissant, d’accorder à mon âme et à mon esprit le bienfait de la plénitude des grâces de Ton abondante Miséricorde » :
« Tu me rends ma beauté première, Ami des hommes, Sauveur béni, loué, exalté ! Refuge solide, abri sûr, bonté qui exclus toute méchanceté, Toi qui pardonnes le péché et qui guéris toute blessure, Toi qui peux réaliser l'impossible et qui atteins l'inaccessible, ô Route de vie, Toi qui es le premier guide dans la voie de l'Amour, Toi qui me conduis avec douceur dans ma marche vers la Lumière, Toi qui me donnes confiance et ne m'abandonnes pas dans mes chutes. Clarté sans ombre, Toi qui m'enveloppes et me couvres dans ma misère, Toi qui m'illumines des rayons de Ta grandeur infinie, Toi qui me rends glorieux à nouveau dans Ta Lumière, Toi qui me renouvelles et me rends ma beauté première, donne-nous d'avoir part à Ta Joie infinie, recréés dans une pureté nouvelle pour reproduire ton Image inaltérable. Je Te supplie, ô Esprit puissant, envoie la rosée de Ta suavité, accorde à mon âme et à mon esprit le bienfait de la plénitude des grâces de Ton abondante Miséricorde. Et laboure le champ intelligent de mon cœur de chair endurci pour lui donner et faire fructifier Ta semence spirituelle. C'est par Ta suprême Sagesse que tous les dons fleurissent en nous et croissent. Dissipe de mon esprit le sombre brouillard de l'oubli, irradie en moi de nouveau le lever sans ombre et merveilleux de la connaissance de Ta Divinité, ô Puissant. A Toi, gloire en tout avec le Père tout aimant et avec le Fils unique et bienfaisant, maintenant et dans les siècles sans fin. Amen. »
Saint Grégoire de Narek (944-1010)
Prière de Sainte Faustine Kowalska au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô Esprit de Dieu » de Sainte Marie Faustine Kowalska (1905-1938) surnommée Sœur Marie Faustine du Saint-Sacrement, Religieuse mystique polonaise de la Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde, Apôtre de la Miséricorde divine canonisée en 2000 par Jean-Paul II.
La Prière de Sainte Faustine « Ô Esprit de Dieu » :
« Ô Esprit de Dieu, Esprit de vérité et de lumière, demeure constamment en mon âme par Ta grâce divine, que Ton souffle dissipe les ténèbres et que dans Ta lumière les bonnes actions se multiplient. Ô Esprit de Dieu, Esprit d’amour et de miséricorde, qui verses en mon cœur le baume de la confiance, Ta grâce confirme mon âme dans le bien, lui donnant une force invincible : la constance. Ô Esprit de Dieu, Esprit de paix et de joie, qui réconfortes mon cœur assoiffé, verse en lui la vivante source de l'amour divin et rends-le intrépide dans la lutte. Ô Esprit de Dieu, le plus aimable hôte de mon âme, je désire de mon côté T'être fidèle, tant aux jours de joie qu'aux heures de souffrances, je désire, Esprit de Dieu, vivre toujours en Ta présence. Ô Esprit de Dieu, qui imprègnes mon être et me fais connaître Ta vie Divine et Trinitaire et m'inities à Ton Etre divin, ainsi unie à toi, j'aurai la vie éternelle. Ainsi soit-il. »
Sainte Marie Faustine Kowalska (1905-1938) - Petit Journal N° 1411
Prière de Monseigneur Fénelon au Saint-Esprit
Voici une Prière « Viens, Esprit de paix ! » de Monseigneur François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fénelon (1651-1715), Archevêque de Cambrai.
La Prière de Fénelon « Viens, Esprit de paix ! » :
« Viens, Esprit de paix ! Viens donc, ô Esprit ! Tu ne peux rien trouver de plus pauvre, de plus dépouillé, de plus nu, de plus abandonné, de plus faible, que mon cœur. Viens y apporter la paix : non cette paix d’abondance qui coule comme un fleuve mais cette paix de patience et de sacrifice, paix véritable pourtant et d’autant plus pure, plus intime, plus profonde, plus intarissable, qu'elle n’est fondée que sur le renoncement sans réserve. Ô mon Amour qui es mon Dieu, aime-Toi, glorifie-Toi en moi ! Ma paix, ma joie, ma vie sont en Toi : Tu es mon tout, et je ne suis rien. Amen. »
Monseigneur François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715)
Prière de Saint Jean de Cronstadt au Saint-Esprit
Voici la Prière de Conversion « Gloire à Toi, ô Esprit Saint, Consolateur dispensateur de la vie » de Saint Jean de Cronstadt (1829-1908), Archiprêtre à la cathédrale de Cronstadt et membre du Saint-Synode de l’Église orthodoxe Russe.
La Prière de Saint Jean de Cronstadt « Gloire à Toi, ô Esprit Saint, Consolateur dispensateur de la vie » :
« Gloire à Toi, ô Esprit Saint, Consolateur dispensateur de la vie, agissant sans cesse partout dans l'Église du Christ. Convertis, Seigneur, par les préceptes de ta justice que tu sais, les peuples égarés, les Juifs, les mahométans, les païens, et au sein du christianisme lui-même, les peuples et les races hérétiques et schismatiques, reprends et extirpe les vices ; oriente vers la piété et illumine les chrétiens orthodoxes impies et corrompus et dirige-les tous sur la voie du salut ; enseigne et guide la jeunesse, protège l'enfance, accompagne la croissance des petits enfants et guide-les par les Anges Gardiens, instruis les hommes jeunes et vieux, éclaire et donne de la force aux hommes comme aux femmes par ta puissance toute de bonté et de sagesse, et fortifie et dirige-les vers la vertu , disperse les passions pécheresses comme les ténèbres pour l'amour du Christ notre Seigneur, dans la bienveillance du Père. Amen. »
Saint Jean de Cronstadt (1829-1908)
Prière du Bienheureux Cardinal Newman au Saint-Esprit
Voici la Prière « Vous qui êtes la lumière et la vie de mon âme, ô Eternel Paraclet » du Bienheureux Cardinal John Henry Newman (1801-1890), Prêtre anglican converti au Catholicisme en 1845, crée Cardinal en 1879 par le pape Léon XIII et béatifié le 19 septembre 2010 par le pape Benoît XVI.
La Prière du Bienheureux Cardinal John Henry Newman « Vous qui êtes la lumière et la vie de mon âme, ô Eternel Paraclet » :
« Mon Dieu, éternel Paraclet, je Vous adore, Vous qui êtes la lumière et la vie de mon âme. Vous auriez pu Vous contenter de m'envoyer du dehors de bonnes pensées, la grâce inspiratrice et le secours. Vous auriez pu me conduire ainsi dans la vie et me purifier seulement, par votre vertu intérieure, quand j'aurais quitté ce monde et subi ce grand changement du passage dans l'autre. Mais, dans votre infinie compassion, Vous êtes, dès le principe, entré dans mon âme, Vous en avez pris possession et Vous en avez fait votre Temple. Vous habitez en moi d'une manière ineffable par votre grâce, m'unissant à Vous et à toute l'assemblée des anges et des saints. Plus encore, comme plusieurs l'ont soutenu, Vous êtes présent en moi, non seulement par votre grâce, mais par votre éternelle substance, comme si, quoique ne perdant pas ma propre individualité, j'étais en quelque sorte, ici-bas même, absorbé en Dieu. Et comme Vous avez pris possession de mon corps même, de ce misérable et terrestre tabernacle de chair, mon corps même est aussi votre Temple. Ô étonnante, ô redoutable vérité ! Je le crois, je le sais, ô mon Dieu ! Amen. »
Cardinal John Henry Newman (1801-1890)
Prière du Cardinal John Henry Newman au Saint-Esprit
Voici la Prière « Vous êtes la vie de toute la création, ô Eternel Paraclet » du Bienheureux Cardinal John Henry Newman (1801-1890), Prêtre anglican converti au Catholicisme en 1845, crée Cardinal en 1879 par le pape Léon XIII et béatifié le 19 septembre 2010 par le pape Benoît XVI.
La Prière du Bienheureux Cardinal John Henry Newman « Vous êtes la vie de toute la création, ô Eternel Paraclet » :
« Je Vous adore, mon Seigneur et mon Dieu, l'Eternel Paraclet, coégal au Père et au Fils. Je Vous adore comme la vie de tout ce qui vit. Par Vous, l'univers matériel entier se soutient et subsiste, demeure à sa place, et se meut dans l'ordre intérieur et la réciprocité de ses différentes parties. Par Vous, la terre fut amenée à son état présent et fut mûrie dans les six jours pour devenir l'habitation de l'homme. Par Vous, tous les arbres, les herbes, les fruits croissent jusqu'à leur développement complet. Par Vous, le printemps vient après l'hiver et renouvelle toutes choses. Cet admirable, ce charmant, cet irrésistible éclat de la vie qui reprend en dépit de tous obstacles, cet étonnant triomphe de la nature n'est que votre glorieuse Présence. Par Vous, vivent jour après jour les nombreuses tribus des animaux, tenant de Vous le souffle. Vous êtes la vie de toute la création, ô Eternel Paraclet, et si Vous l'êtes de cet univers animal et matériel, combien plus du monde des esprits ! Par Vous, tout-puissant Seigneur, les anges et les saints chantent vos louanges dans le ciel. Par Vous, nos âmes mortes sont vivifiées pour Vous servir. De Vous viennent toute bonne pensée et tout bon désir, tout bon propos, tout bon effort, tout bon succès. C'est par Vous que les pécheurs sont changés en saints. C'est par Vous que l'Eglise est fortifiée et rafraîchie, et que ses champions partent et que des martyrs courent à leur couronne. Par Vous naissent dans l'Eglise de nouveaux Ordres religieux, de nouvelles dévotions ; par Vous, de nouvelles contrées sont appelées à la foi, de nouvelles manifestations, de nouveaux éclaircissements sont donnés à l'antique foi apostolique. Je Vous loue et je Vous adore, mon Souverain Dieu et Seigneur, ô Saint-Esprit ! Ainsi soit-il. »
Cardinal John Henry Newman (1801-1890)
Prière de Sainte Hildegarde de Bingen au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô feu de l'Esprit paraclet » (« O ignis Spiritus Paracliti » en latin) de Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179), Abbesse du Couvent des Bénédictines de Disibodenberg sur le Rhin dans le diocèse de Mayence et Fondatrice de l'Abbaye Sainte-Hildegarde d'Eibingen près de Rüdesheim, dans le diocèse de Limbourg en Allemagne, reconnue Docteur de l'Eglise par Benoît XVI. Vous trouverez également ici la « Catéchèse de Benoît XVI sur Sainte Hildegarde de Bingen »
La Prière de Sainte Hildegarde de Bingen « Ô feu de l'Esprit paraclet » :
« Ô feu de l'Esprit paraclet, vie de la vie de toute créature, tu es saint, toi qui vivifies les formes. Tu es saint, toi qui couvres de baume les dangereuses fractures ; tu es saint, toi qui panses les fétides blessures. Ô souffle de sainteté, ô feu de charité, ô douce saveur dans les cœurs, et pluie dans les âmes, odorante de vertus. Ô très pure fontaine où l'on voit Dieu assembler les étrangers et rechercher les égarés. Ô cuirasse de la vie, espoir de l'union de tous les hommes, retraite de la beauté, sauve les êtres ! Garde ceux qu'a emprisonnés l'ennemi et délivre ceux qui sont enchaînés, ceux que veut sauver la divine puissance ! Ô chemin très sûr, qui passes par tous lieux, sur les cimes et dans les plaines et dans les abîmes, pour rapprocher et réunir tous les êtres ! Par toi les nuages courent, l'air plane, les pierres se couvrent d'humidité, les eaux deviennent ruisseaux et la terre transpire la verdoyante sève. C'est toi aussi qui toujours mènes ceux qui savent et les remplis de joie par l'inspiration de ta sagesse. Donc, louange à toi qui fais résonner les louanges et réjouis la vie, à toi l'espoir, l'honneur et la force, à toi qui apportes la lumière. Ainsi soit-il. »
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)
La Prière de Sainte Hildegarde de Bingen en latin « O ignis Spiritus Paracliti » :
« O ignis Spiritus Paracliti, vita vite omnis creature, sanctus es vivificando formas. Sanctus es ungendo periculose fractos, sanctus es tergendo fetida vulnera. O spiraculum sanctitatis, o ignis caritatis, o dulcis gustus in pectoribus et infusio cordium in bono odore virtutum. O fons purissimus, in quo consideratur, quod Deus alienos colligit et perditos requirit. O lorica vite et spes compaginis membrorum omnium et o cingulum honestatis, salva beatos. Custodi eos, qui carcerati sunt ab inimico, et solve ligatos, quos divina vis salvare vult. O iter fortissimum, quod penetravit omnia in altissimis et in terrenis et in omnibus abyssis, tu omnes componis et colligis. De te nubes fluunt, ether volat, lapides humorem habent, aque revulos educunt et terra viriditatem sudat. Tu etiam semper educis doctos, per inspirationem sapientie letificatos. Unde laus tibi sit, qui es sonus laudis et gaudium vite, spes et homor fortissimus, dans premia lucis. »
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)
Prière du Cardinal Pierre de Bérulle au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô Saint-Esprit, esprit de vérité, de vie et d'amour » du Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629) au Saint-Esprit, Fondateur de la Société de l'Oratoire en 1611 avec 60 maisons pour proposer aux Prêtres séculiers les moyens d'une authentique vie spirituelle afin de guider le peuple chrétien vers Dieu.
La Prière du Cardinal Pierre de Bérulle « Ô Saint-Esprit, esprit de vérité, de vie et d'amour » :
« Ô Fils de Dieu, je vous aime et vous adore en cet amour et en cet anéantissement, et en cette transformation puissante. De vous, je viens au Saint-Esprit, qui procède de vous, comme vous procédez du Père ; car en cette voie de vie et d'amour, je vais suivant l'ordre des processions divines et les sources de vie, et après le Fils je m'adresse à vous, ô fontaine de vie, ô Saint-Esprit, esprit de vérité, de vie et d'amour, et je vous adore en vous-même, car vous êtes Dieu en l'unité que vous avez avec le Père et le Fils. Je vous adore en votre émanation car vous procédez d'eux, et vous êtes leur esprit, leur lien, leur amour ; et je vous adore encore en l'opération admirable que vous faites au temps ordonné par la sapience éternelle, car c'est la plus haute et la plus sainte opération qui puisse être terminée hors de vous-même ; opération qui environne la plus digne personne qui sera jamais après les personnes divines, c'est-à-dire la personne de la Vierge ; opération qui l'abaisse et l'élève, l'abaisse jusqu'au centre de son néant, tirant d'elle ces sacrées paroles : « Ecce ancilla Domini » (Luc, I, 38), et l'élève jusqu'à la plus grande dignité qui sera jamais communiquée, ni à elle, ni à autre, la faisant mère de Dieu ; opération qui prépare et unit notre nature à la divinité, et la personne de la Vierge à la personne du Verbe ; opération qui accomplit l'Incarnation du Verbe, et la déification de la nature humaine, laquelle demeurant humaine dans l'état même de cette union divine, reçoit la grâce incréée et infinie, dans un être créé, fini et semblable au nôtre. Ainsi soit-il. »
Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629)
Prière du Bienheureux Cardinal John Henry Newman au Saint-Esprit
Voici la Prière « Ô pur Amour surnaturel du Créateur » du Bienheureux Cardinal John Henry Newman (1801-1890), Prêtre anglican converti au Catholicisme en 1845, crée Cardinal en 1879 par le pape Léon XIII et béatifié le 19 septembre 2010 par le pape Benoît XVI.
La Prière du Bienheureux Cardinal John Henry Newman « Ô pur Amour surnaturel du Créateur » :
« Mon Dieu, je Vous adore comme la troisième Personne de la Bienheureuse Trinité, sous le nom d'Amour, qui Vous désigne. Vous êtes le vivant amour dont s'aiment le Père et le Fils, et Vous êtes l'auteur de l'amour surnaturel dans nos cœurs : « Fons vivus, ignis, caritas ». Vous êtes descendu du ciel sous la forme d'un feu au jour de la Pentecôte; et toujours comme un feu, Vous brûlez dans nos cœurs les scories de la vanité et du péché, et Vous y allumez la pure flamme de la dévotion et des saintes affections. C'est Vous qui unissez le ciel et la terre en nous montrant la gloire et la beauté de la nature divine et en nous faisant aimer ce qui est en soi-même si transportant et plein d'attraits. Je Vous adore, ô feu éternel et incréé, par lequel vivent nos âmes, par lequel seul elles sont rendues dignes du ciel. Mon Dieu, éternel Paraclet, je Vous reconnais comme l'auteur de ce don immense par lequel seul nous sommes sauvés, l'amour surnaturel. L'homme est par nature aveugle et dur de cœur en toutes matières spirituelles ; comment pourrait-il gagner le ciel ? C'est par la flamme de votre grâce qui le consume pour le renouveler, et pour le rendre capable de jouir de ce pour quoi, sans Vous, il n'aurait aucun goût. C'est Vous, ô tout-puissant Paraclet, qui avez été et qui êtes la force, la vigueur et l'endurance du martyr au milieu de ses tourments. Vous êtes l'appui du confesseur dans ses longs travaux monotones et humiliants. Vous êtes le feu par lequel le prédicateur gagne les âmes, en s'oubliant lui-même dans ses labeurs de missionnaire. Par Vous, nous nous réveillons de la mort du péché, pour échanger l'idolâtrie de la créature contre le pur amour du Créateur. Par Vous, nous faisons des actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition. Par Vous, nous vivons dans l'atmosphère de la terre à l'abri de son infection. Par Vous, nous pouvons nous consacrer au saint ministère et y remplir nos redoutables engagements. Par le feu que Vous avez allumé en nous, nous prions, nous méditons, et nous faisons pénitence. Nos âmes, si Vous les quittiez, ne pourraient pas vivre davantage que ne feraient nos corps si le soleil s'était éteint. Mon très saint Seigneur et Sanctificateur, tout bien qui existe en moi est à Vous. Sans Vous, je serais pire et pire encore avec les années et je tendrais à devenir un démon. Si je diffère du monde en quelque manière, c'est parce que Vous m'avez choisi et tiré du monde et que Vous avez allumé l'amour de Dieu dans mon cœur. Si je diffère de vos saints, c'est parce que je ne demande pas assez ardemment votre grâce, ni une grâce assez grande et parce que je ne profite pas diligemment de celle que Vous m'avez donnée. Augmentez en moi cette grâce de l'amour, malgré toute mon indignité. Elle est plus précieuse que tout au monde. Je l'accepte en place de tout ce que le monde peut me donner. Oh ! Donnez-la-moi ! Elle est ma vie ! Ainsi soit-il. »
Cardinal John Henry Newman (1801-1890)
Prière de Syméon le Nouveau Théologien au Saint-Esprit
Voici la Prière d’invocation au Saint Esprit « Viens, lumière véritable » de Syméon le Nouveau Théologien (949-1022), Moine oriental et higoumène au Monastère de Saint-Manas à Constantinople.
La Prière de Syméon le Nouveau Théologien « Viens, lumière véritable » :
« Viens, lumière véritable. Viens, vie éternelle. Viens, mystère caché. Viens, trésor sans nom. Viens, réalité ineffable. Viens, félicité sans fin. Viens, lumière sans couchant. Viens, réveil de ceux qui sont couchés. Viens, résurrection des morts. Viens, ô Puissant, qui toujours tout fais et refais et transformes par ton seul vouloir. Viens, toi qui toujours demeures immobile et à chaque instant tout entier te meus et viens à nous, couchés dans les enfers, ô toi au-dessus de tous les cieux. Viens, joie éternelle. Viens, Toi qu'a désiré et désire mon âme misérable. Viens, toi le Seul, au seul, puisque, tu le vois, je suis seul. Viens, toi qui m'as séparé de tout et fait solitaire en ce monde. Viens, toi devenu toi-même en moi désir, qui m'as fait te désirer, toi l'absolument inaccessible. Viens, mon souffle et ma vie. Viens, consolation de ma pauvre âme. Viens, ma joie, ma gloire, mes délices sans fin. Je te rends grâces d'être devenu un seul esprit avec moi, sans confusion, sans mutation, sans transformation, toi le Dieu au-dessus de tout, et d'être pour moi devenu tout en tous, nourriture inexprimable et parfaitement gratuite, vêtement éblouissant, purification qui me baignes de ces impérissables et saintes larmes que ta présence apporte à ceux que tu visites. Je te rends grâces d'être pour moi devenu lumière sans couchant, soleil sans déclin; car tu n'as pas où te cacher toi qui de ta gloire emplis l'univers ! Non, jamais à personne tu ne t'es caché mais c'est nous qui toujours nous cachons de toi, en refusant d'aller à toi : pourquoi te cacherais-tu, toi qui ne te détournes pas d'un seul entre les êtres, qui n'en repousses pas un seul ? Viens donc, ô Maître, aujourd'hui dresse en moi ta tente ; fais ta maison et demeure continuellement, inséparablement, jusqu'au bout, en moi, ton serviteur, ô très bon, et que moi aussi, à ma sortie de ce monde et après ma sortie, je me retrouve en toi, ô très bon, et règne avec toi, Dieu qui es au-dessus de tout. Oui, Maître, de même que tu t'es souvenu de moi quand j'étais dans le monde et qu'au milieu de mon ignorance, c'est toi qui m'as élu et séparé de ce monde et établi devant la face de ta gloire, de même, maintenant, garde moi à l'intérieur, debout pour toujours, inébranlable, dans ta demeure en moi : qu'en te voyant perpétuellement, moi, le mort, je vive; qu'en te possédant, moi, le pauvre, je sois toujours riche; qu'en te mangeant et te buvant, en me vêtant à chaque instant de toi, j'aille de délices en délices en d'inexprimables biens : car c'est toi qui es tout bien et toute gloire et tout délice et c'est à toi qu'appartient la gloire sainte, consubstantielle et vivifiante Trinité, Toi que vénèrent, que confessent, qu'adorent et que servent dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit tous les fidèles, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.»
Syméon le Nouveau Théologien (949-1022)
« Prières à l’Esprit Saint » selon les Lettres des Apôtres au Saint-Esprit
Voici les « Prières à l’Esprit Saint selon les Lettres des Apôtres » du Père Lucien Deiss (1921-2007), Missionnaire du Saint-Esprit et Professeur de Séminaire en Écriture Sainte et Compositeur français de plus de 400 chants et prières Catholiques.
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Les « Prières à l’Esprit Saint selon les Lettres des Apôtres » du Père Lucien Deiss :
« Esprit Saint, tu marques nos cœurs de ton sceau, nous te prions : pour le jour de la rédemption, mets en nous le signe du Christ. Esprit de Jésus, là où tu règnes, là, triomphe la liberté, nous te prions : conduis-nous vers la pleine vérité, et que ta vérité nous rende libres. Esprit Saint, tu unis l’Église dans le lien de la paix, nous te prions : mets fin aux déchirures du Corps du Christ, rassemble-nous en ton amour. Esprit de Dieu, Esprit de gloire, tu reposes sur ceux qui sont outragés pour le nom du Christ Jésus, nous te prions : comble de ta force et de ta paix ceux qui souffrent persécution pour le Royaume. Esprit de vérité, que le Père nous envoie au nom de son Fils, nous te prions : remets en notre mémoire les paroles de Jésus et garde-les en notre cœur. Amen. »
Père Lucien Deiss (1921-2007),
Prière du Père Jean Galot au Saint-Esprit
Voici la Prière : « Esprit Saint, fais-moi tendre vers la Sainteté » du Père Jean Galot (1919-2008), Jésuite, Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
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La Prière du Père Jean Galot « Esprit Saint, fais-moi tendre vers la Sainteté » :
« Esprit Saint, fais-moi tendre vers la Sainteté à laquelle Dieu m’appelle. Fais-moi vivre dans cette sainteté, puisqu’en habitant dans mon âme, tu y fais demeurer la sainteté divine. Que ta sainteté prenne de plus en plus possession de mon être, en le dilatant dans la vie même de Dieu ! Comme chaque confession fait pénétrer plus profondément en moi ta grâce de pardon et de rénovation, qu’elle soit l’origine d’un plus grand effort vers une sainteté plus généreuse ! Veuille purifier le fond de mon coeur, le dégager des passions qui voudraient l’accaparer, le libérer des mauvaises inclinations. Veuille me recréer en homme nouveau, recréer ma pensée pour qu’elle adhère à Dieu, recréer mes sentiments et ma volonté pour qu’ils se fixent en lui. Rends-moi capable d’accomplir ce que je n’ai pu faire jusqu’à présent, en me communiquant une force qui m’élève au-dessus de moi-même. Entraîne-moi dans l’élan de ton amour, et anime de ton souffle divin l’essor de ma vie spirituelle ! Ainsi soit-il. »
Père Jean Galot (1919-2008)
Prière de Syméon le Nouveau Théologien au Saint-Esprit
Voici la Prière « L'Esprit Saint enseigne Tout » de Syméon le Nouveau Théologien (949-1022), Moine oriental et higoumène au Monastère de Saint-Manas à Constantinople.
La Prière de Syméon le Nouveau Théologien « L'Esprit Saint enseigne Tout » :
« L'Esprit enseigne tout, brillant dans l'indicible lumière, et il te montrera toutes les réalités intelligibles, autant que tu peux les voir, autant que c'est accessible à l'homme, à la mesure de la pureté de ton âme, et tu deviendras semblable à Dieu en imitant exactement ses œuvres, en fait de tempérance, de courage et d'amour pour les hommes, ainsi qu'en supportant les épreuves et en aimant tes ennemis. Voilà qui fera de toi, mon enfant, l'imitateur du Maître, et manifestera en toi la véritable image de ton Créateur, l'imitateur en toutes choses de la perfection même de Dieu. Alors, le Créateur enverra l'Esprit divin, qui soufflera, qui habitera, qui fixera son séjour substantiellement en toi, qui t'illuminera, te fera briller et te recréera tout entier, qui, de corruptible, te rendra incorruptible et remettra à neuf la maison décrépite, je veux dire la maison de ton âme : et avec elle, il rendra incorruptible, entièrement incorruptible, ton corps tout entier et il te fera dieu par grâce semblable à ton Modèle, ô merveille ! Ô mystère inconnu à tous, inconnu à ceux qui ne se sont pas donné un cœur pur, inconnu à ceux qui ne demandent pas d'un cœur fervent, à recevoir l'Esprit divin, inconnu à ceux qui ne croient pas que, maintenant encore, Dieu accorde l'Esprit divin à ceux qui le cherchent. Car l'incrédulité écarte et chasse l'Esprit divin : quiconque ne croit pas ne demande pas ; ne demandant pas, il ne reçoit pas non plus et, ne recevant pas, il n'est qu'un mort. Ne sois donc plus hésitant : si tu es chrétien, tel est le Christ, céleste, tel aussi tu dois être. C'est lui qui a pris la chair, notre chair, et nous a donné l'Esprit divin ; comme souvent déjà je l'ai dit, et cet Esprit, étant Dieu, nous procure tous les biens. Devenant comme une piscine divine et toute lumineuse, il embrasse tous ceux qui en sont dignes et qu'il trouve en dedans. Il remodèle entièrement tous ceux qu'il reçoit en dedans de lui-même, il les remet à neuf, il les rénove d'une manière extraordinaire. Etant immortel, il donne l'immortalité ; parce qu'il est lumière sans couchant, il transforme en lumière tous ceux en qui il établira sa demeure, et parce qu'il est vie, leur procure à tous la vie. En tant que consubstantiel au Christ, identique en nature aussi bien qu'en gloire, et ne faisant qu'un avec lui, il les rend absolument semblables au Christ. Hâtez-vous donc de recevoir l'Esprit qui vient de Dieu, l'Esprit divin, afin de devenir héritiers du Royaume céleste pour les siècles. Mais si, dès ici-bas, vous ne devenez pas célestes, comment pouvez-vous bien prétendre habiter avec le Christ dans les cieux ? Courez donc avec ardeur, courez tous, afin que nous soyons jugés dignes de nous trouver au-dedans du Royaume des cieux et de régner avec le Christ, le maître de tout, à qui revient toute gloire, avec le Père et l'Esprit, pour les siècles des siècles. Amen. »
Syméon le Nouveau Théologien (949-1022)
Prière de Syméon le Nouveau Théologien au Saint-Esprit
Voici la Prière « Esprit Saint, c'est Toi qui m'environnes » de Syméon le Nouveau Théologien (949-1022), Moine oriental et higoumène au Monastère de Saint-Manas à Constantinople.
La Prière de Syméon le Nouveau Théologien « Esprit Saint, c'est Toi qui m'environnes » :
« Esprit Saint, c'est Toi qui m'environnes, Toi qui m'enflammes et qui allumes en mon coeur en peine l'amour infini de Dieu et de mes frères. Car c'est Toi le docteur des prophètes, la compagne de tous les apôtres, la force des martyrs, l'inspiration des Pères et des docteurs, et la perfection de tous les saints. »
Syméon le Nouveau Théologien (949-1022)
Prière de Saint Isaac le Syrien de Ninive au Saint-Esprit
Voici la Prière « Seigneur, quand ton Esprit Saint vient habiter dans un homme » de Saint Isaac le Syrien de Ninive (vers 630-700), Moine puis Évêque de Ninive
La Prière de Saint Isaac le Syrien de Ninive « Seigneur, quand ton Esprit Saint vient habiter dans un homme » :
« Seigneur, quand ton Esprit Saint vient habiter dans un homme, cet homme ne peut plus cesser de prier, car l'Esprit en lui prie sans cesse. Qu'il dorme, qu'il Veille, dans son coeur la prière est toujours à l'oeuvre. Qu'il mange, qu'il boive, qu'il se repose ou qu'il travaille, l'encens de la prière monte spontanément de son coeur. La prière en lui n'est plus liée à un temps déterminé, elle est ininterrompue. Même durant son sommeil, elle se poursuit, bien cachée. Car le silence d'un homme qui est devenu libre est en lui-même déjà prière. Ses pensées sont inspirées par Toi, mon Dieu. Le moindre mouvement de son coeur est comme une Voix qui, silencieuse et secrète, chante pour Toi l'Invisible. Amen. »
Saint Isaac le Syrien de Ninive (vers 630-700)
Prière du Père Jean Galot au Saint-Esprit
Voici une Prière à l’Esprit-Saint du Père Jean Galot (1919-2008) : « Ton souffle, Esprit Saint ». Jésuite, le Père Jean Galot était aussi Professeur de théologie dogmatique à la faculté de théologie et à l'Institut de sciences religieuses de l'Università Pontificia Gregoriana à Rome.
La Prière « Ton souffle, Esprit Saint » du Père Jean Galot :
« Avec le flux des ans, ton souffle, Esprit d'amour, ne cesse d'amplifier. Si les forces du corps diminuent et s'épuisent, l'ardeur spirituelle est appelée à croître et à développer sa force supérieure. Quand le cœur se fatigue et que je perds haleine, tu es toujours capable de me ranimer de ton souffle divin, de me communiquer une énergie nouvelle et un entrain nouveau pour reprendre ma route. Ne me livre jamais à mon essoufflement. C'est sur toi que je compte dans les moments plus lourds où le poids de la vie me paraît accablant; relance mon espoir, affermis mon courage, fais ressurgir ma joie. Renouvelle surtout ma volonté d'aimer, d'aimer à travers tout, d'aimer à tous ceux qui attendent ma sympathie, mon aide, d'aimer en m'efforçant de rendre plus heureux ceux qui sont près de moi. »
Jean Galot (1919-2008)
Les 7 Dons du Saint-Esprit par Dom Guéranger au Saint-Esprit
Dom Prosper Guéranger (1805-1875), Premier Abbé Bénédictin de l’Abbaye de Solesmes, nous invite par ses méditations à « prier l’Esprit-Saint pour obtenir ses 7 Dons » : Le Don de la Crainte de Dieu, le Don de Piété, le Don de Science, le Don de Force, le Don de Conseil, le Don d’Intelligence et le Don de Sagesse.
Le Don de la Crainte de Dieu :
L'obstacle au bien en nous est l'orgueil. C'est l'orgueil qui nous porte à résister à Dieu, à mettre notre fin en nous-mêmes, en un mot à nous perdre. L'humilité seule peut nous sauver d'un si grand péril. Qui nous donnera l'humilité ? L’Esprit-Saint, en répandant en nous le Don de la Crainte de Dieu. Ce sentiment repose sur l'idée que la foi nous donne de la majesté de Dieu, en présence duquel nous ne sommes que néant, de sa sainteté infinie, devant laquelle nous ne sommes qu'indignité et souillure, du jugement souverainement équitable qu'il doit exercer sur nous au sortir de cette vie, et du danger d'une chute toujours possible, si nous manquons à la grâce qui ne nous manque jamais, mais à laquelle nous pouvons résister. Le salut de l'homme s'opère donc "dans la crainte et le tremblement", comme l'enseigne l'Apôtre (Saint Paul) ; mais cette crainte, qui est un don de l'Esprit-Saint, n'est pas un sentiment grossier qui se bornerait à nous jeter dans l'épouvante à la pensée des châtiments éternels. Elle nous maintient dans la componction du coeur, quand bien même nos péchés seraient depuis longtemps pardonnés ; elle nous empêche d'oublier que nous sommes pécheurs, que nous devons tout à la miséricorde divine, et que nous ne sommes encore sauvés qu'en espérance. Cette crainte de Dieu n'est donc pas une crainte servile ; elle devient au contraire la source des sentiments les plus délicats. Elle peut s'allier avec l'amour, n'étant plus, n'étant plus qu'un sentiment filial qui redoute le péché à cause de l'outrage qu'il fait à Dieu. Inspirée par le respect de la majesté divine, par le sentiment de la sainteté infinie, elle met la créature à sa vrai place, et saint Paul nous enseigne qu'ainsi épurée, elle contribue à "l'achèvement de la sanctification ". Aussi entendons-nous ce grand Apôtre, qui avait été ravi jusqu'au troisième ciel, confesser qu'il est rigoureux envers lui-même "afin de n'être pas réprouvé". L'esprit d'indépendance et de fausse liberté qui règne aujourd'hui contribue à rendre plus rare la crainte de Dieu, et c'est là une des plaies de notre temps. La familiarité avec Dieu tient trop souvent la place de cette disposition fondamentale de la vie chrétienne, et dès lors tout progrès s'arrête, l'illusion s'introduit dans l'âme, et les divins Sacrements, qui au moment d'un retour à Dieu avaient opéré avec tant de puissance, deviennent à peu près stériles. C'est que le don de Crainte a été étouffé sous la vaine complaisance de l'âme en elle-même. L'humilité s'est éteinte ; un orgueil secret et universel est venu paralyser les mouvements de cette âme. Elle arrive, sans s'en douter, à ne plus connaître Dieu, par cela même qu'elle ne tremble plus devant lui. Conservez donc en nous, ô divin Esprit, le Don de la Crainte de Dieu que vous avez répandu en nous dans notre baptême. Cette crainte salutaire assurera notre persévérance dans le bien, en arrêtant les progrès de l'esprit d'orgueil. Qu'elle soit donc comme un trait qui traverse notre âme de part en part, et qu'elle y reste toujours fixée comme notre sauvegarde. Qu'elle abaisse nos hauteurs, qu'elle nous arrache à la mollesse, en nous révélant sans cesse la grandeur et la sainteté de celui qui nous a créés et qui doit nous juger. Nous savons, ô divin Esprit, que cette heureuse crainte n'étouffe pas l'amour ; loin de là, elle enlève les obstacles qui l'arrêteraient dans son développement. Les Puissances célestes voient et aiment avec ardeur le souverain Bien, elles en son enivrées pour l'éternité ; cependant elles tremblent devant sa majesté redoutable, tremunt Potestates. Et nous, couverts des cicatrices du péché, remplis d'imperfections, exposés à mille pièges, obligés de lutter contre tant d'ennemis, nous ne sentirions pas qu'il nous faut stimuler par une crainte forte, et en même temps filiale, notre volonté qui s'endort si aisément, notre esprit que tant de ténèbres assiègent ! Veillez sur votre oeuvre, ô divin Esprit ! Préservez en nous le précieux don que vous avez daigné nous faire ; apprenez nous à concilier la paix et la joie du coeur avec la crainte de Dieu, selon cet avertissement du Psalmiste :" Servez le Seigneur avec crainte, et tressaillez de bonheur en tremblant devant lui ".
Le Don de Piété :
Le don de Crainte de Dieu est destiné à guérir en nous la plaie de l'orgueil ; le don de Piété est répandu dans nos âmes par le Saint-Esprit pour combattre l'égoïsme, qui est l'une des mauvaises passions de l'homme déchu de part le péché originel, et le second obstacle à son union avec Dieu. Le coeur du chrétien ne doit être ni froid ni indifférent ; il faut qu'il soit tendre et dévoué ; autrement il ne pourrait s'élever dans la voie à laquelle Dieu, qui est amour, a daigné l'appeler. L'Esprit-Saint produit donc en l'homme le Don de Piété, en lui inspirant un retour filial vers son Créateur. " Vous avez reçu l'Esprit d'adoption, nous dit l'Apôtre, et c'est par cet Esprit que nous crions à Dieu : Père ! Père ! ". Cette disposition rend l'âme sensible à tout ce qui touche l'honneur de Dieu. Elle fait que l'homme nourrit en lui-même la componction de ses péchés, à la vue de l'infinie bonté qui a daigné le supporter et lui pardonner, à la pensée des souffrances et de la mort du Rédempteur. L'âme initiée par le don de Piété désire constamment la gloire de Dieu ; elle voudrait amener tous les hommes à ses pieds, et les outrages qu'il reçoit lui sont particulièrement sensibles. Sa joie est de voir le progrès des âmes dans l'amour, et les dévouements que cet amour leur inspire pour celui qui est le souverain bien. Remplie d'une soumission filiale envers ce Père universel qui est aux cieux, elle est prête à toutes ses volontés. Elle se résigne de coeur à toutes les dispositions de sa Providence. Sa foi est simple et vive. Elle se tient amoureusement soumise à l'Eglise, toujours prête à renoncer à ses idées les plus chères, si elle s’écarte en quelque chose de son enseignement ou de sa pratique, ayant une horreur instinctive de la nouveauté et de l'indépendance. Ce dévouement à Dieu qu'inspire le don de Piété en unissant l'âme à son Créateur par l'affection filiale, l'unit d'une affection fraternelle à toutes les créatures, puisqu'elles sont l'oeuvre de la puissance de Dieu et qu'elles sont à lui. Au premier rang dans les affections du chrétien animé du don de Piété se placent les créatures glorifiées dont Dieu jouit éternellement, et qui jouissent de lui pour jamais. Il aime tendrement la Très Sainte Vierge Marie, et il est jaloux de son honneur ; il vénère avec amour les saints ; et les actes héroïques de vertu accomplis par les amis de Dieu ; il se délecte de leur miracles, il honore religieusement leurs reliques sacrées. Mais son affection n'est pas seulement pour les créatures couronnées au ciel ; celles qui sont encore ici-bas tiennent une large place dans son coeur. Le don de Piété lui fait trouver en elles Jésus lui-même. Sa bienveillance pour ses frères est universelle. Son coeur est disposé au pardon des injures, au support des imperfections d'autrui, à l'excuse pour les torts du prochain. Il est compatissant pour le pauvre, empressé auprès de l'infirme. Une douceur affectueuse révèle le fond de son coeur ; et dans ses rapports avec ses frères de la terre, on le voit toujours disposé à pleurer avec ceux qui pleurent, à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie. Telle est, ô divin Esprit, la disposition de ceux qui cultivent le don de Piété que vous avez versé dans leurs âmes. Par cet ineffable bienfait, vous neutralisez le triste égoïsme qui flétrirait leur coeur, vous les délivrez de cette sécheresse odieuse qui rend l'homme indifférent à ses frères, et vous fermez son âme à l'envie et à la haine. Pour cela il ne lui a fallu que cette piété filiale envers son Créateur ; elle a attendri son coeur, et ce cœur s'est fondu dans une vive affection pour tout ce qui est sorti des mains de Dieu. Faites fructifier en nous un don si précieux, ô divin Esprit ! Ne permettez pas qu'il soit étouffé par l'amour de nous-mêmes. Jésus nous a encouragés en nous disant que son Père céleste " fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants " ; ne souffrez pas, divin Paraclet, qu'une si paternelle indulgence soit un exemple perdu pour nous, et daignez développer dans nos âmes ce germe de dévouement, de bienveillance et de compassion que vous y avez daigné placer au moment où vous en preniez possession par le saint Baptême.
Le Don de Science :
L'âme ayant été détachée du mal par la Crainte de Dieu et ouverte aux nobles affections par le don de Piété, éprouve le besoin de savoir par quel moyen elle évitera ce qui fait l'objet de sa crainte et pourra trouver ce qu'elle doit aimer. L'Esprit-Saint vient à son secours, et lui apporte ce qu'elle désire, en répandant en elle le don de Science. Par ce don précieux la vérité lui apparaît, elle connaît ce que Dieu demande et ce qu'il réprouve, ce qu'elle doit rechercher et ce qu'elle doit fuir. Sans la science divine notre vue court risque de s'égarer, à cause des ténèbres qui trop souvent obscurcissent en tout ou en partie l'intelligence de l'homme. Ces ténèbres proviennent d'abord de notre propre fonds qui porte des traces trop réelles de la déchéance du péché originel. Elles ont encore pour cause les préjugés et les maximes du monde qui faussent tous les jours les esprits que l'on croirait les plus droits. Enfin l'action de Satan, qui est le prince des ténèbres, s'exerce en grande partie dans le but d'environner notre âme d'obscurités, ou de l'égarer à l'aide de fausses lueurs. La foi qui nous a été infuse dans le baptême est la lumière de notre âme. Par le don de Science, l'Esprit-Saint fait produire à cette vertu des rayons assez vifs pour dissiper toutes nos ténèbres. Les doutes alors s'éclaircissent, l'erreur s'évanouit, et la vérité apparaît dans tout son éclat. On voit chaque chose dans son véritable jour, qui est le jour de la foi. On découvre les déplorables erreurs qui ont cours dans le monde, qui séduisent un si grand nombre d'âmes, et dont peut-être on a été soi-même longtemps la victime. Le don de Science nous révèle la fin que Dieu s'est proposée dans la création, cette fin hors laquelle les êtres ne sauraient trouver ni le bien ni le repos. Il nous apprend l'usage que nous devons faire des créatures, qui nous ont été données non pour nous être un écueil, mais pour nous aider dans notre marche vers Dieu. Le secret de la vie nous étant ainsi manifesté, notre route devient sûre, nous n'hésitons plus, et nous nous sentons disposés à nous retirer de toute voie qui ne nous conduirait pas au but. C'est cette Science, don de l'Esprit-Saint, que l'Apôtre a en vue lorsque, parlant aux chrétiens, il leur dit : " Autrefois vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur : marchez désormais comme les fils de la lumière ". De là vient cette fermeté, cette assurance de la conduite chrétienne. L'expérience peut manquer quelquefois, et le monde s'émeut à la pensée des faux pas qui sont à redouter ; mais le monde a compté sans le don de Science. " Le Seigneur conduit le juste par les voies droites, et pour assurer ses pas il lui a donné la Science des saints ". Chaque jour cette leçon est donnée. Le chrétien, au moyen de la lumière surnaturelle, échappe à tous les dangers, et s'il n'a pas l'expérience propre, il a l'expérience de Dieu. Soyez béni, divin Esprit, pour cette lumière que vous répandez en nous, que vous y maintenez avec une si aimable persévérance. Ne permettez pas que nous en cherchions jamais une autre. Elle seule nous suffit ; hors d'elle il n'y a que ténèbres. Gardez-nous des tristes inconséquences auxquelles plusieurs se laissent aller imprudemment, acceptant un jour votre conduite, et le lendemain se livrant aux préjugés du monde ; menant une double vie qui ne satisfait ni le monde ni vous. Il nous faut donc l'amour de cette Science que vous nous avez donnée pour que nous fussions sauvés ; l'ennemi de nos âmes la jalouse en nous, cette science salutaire ; il voudrait y substituer ses ombres. Ne permettez pas, divin Esprit, qu'il réussisse dans son perfide dessein, et aidez-nous toujours à discerner ce qui est vrai de ce qui est faux, ce qui est juste de ce qui est injuste. Que, selon la parole de Jésus, notre oeil soit simple, afin que tout notre corps, c'est-à-dire l'ensemble de nos actes, de nos désirs et de nos pensées, soit dans la lumière; et sauvez-nous de cet oeil que Jésus appelle mauvais, et qui rend ténébreux le corps tout entier.
Le Don de Force :
Le don de Science nous a appris ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter pour être conforme au dessein de Jésus-Christ notre divin chef. Il faut maintenant que l'Esprit-Saint établisse en nous un principe duquel nous puissions emprunter l'énergie qui devra nous soutenir dans la voie qu'il vient de nous montrer. Nous devons en effet compter sur des obstacles, et le grand nombre de ceux qui succombent suffit à nous convaincre du besoin que nous avons d'être aidés. Le secours que le divin Esprit nous communique est le don de Force, par lequel, si nous sommes fidèles à l'employer, il nous sera possible et même aisé de triompher de tout ce qui pourrait arrêter notre marche. Dans les difficultés et les épreuves de la vie, l'homme est tantôt porté à la faiblesse et à l'abattement, tantôt poussé par une ardeur naturelle qui a sa source dans le tempérament ou dans la vanité. Cette double disposition avancerait peu la victoire dans les combats que l'âme doit livrer pour son salut. L'Esprit-Saint apporte donc un élément nouveau, cette force surnaturelle qui lui est tellement propre que le Sauveur, instituant ses Sacrements, en a établi un qui a pour objet spécial de nous donner ce divin Esprit comme principe d'énergie. Il est hors de doute qu'ayant à lutter pendant cette vie contre le démon, le monde et nous-mêmes, il nous faut autre chose pour résister que la pusillanimité ou l'audace. Nous avons besoin d'un don qui modère en nous la peur, en même temps qu'il tempère la confiance que nous serions portés à mettre en nous-mêmes. L'homme ainsi modifié par le Saint-Esprit vaincra sûrement ; car la grâce suppléera en lui à la faiblesse de la nature, en même temps qu'elle en corrigera la fougue. Deux nécessités se rencontrent dans la vie du chrétien : il lui faut savoir résister et savoir supporter. Que pourrait-il opposer aux tentations de Satan, si la Force du divin Esprit ne venait le couvrir d'une armure céleste et aguerrir son bras ? Le monde n'est-il pas aussi un adversaire terrible, si l'on considère le nombre des victimes qu'il fait chaque jour par la tyrannie de ses maximes et de ses prétentions? Quelle ne doit pas être l'assistance du divin Esprit, lorsqu'il s'agit de rendre le chrétien invulnérable aux traits meurtriers qui font tant de ravages autour de lui ? Les passions du coeur de l'homme ne sont pas un moindre obstacle à son salut et à sa sanctification : obstacle d'autant plus redoutable qu'il est plus intime. Il faut que l'Esprit-Saint transforme le coeur, qu'il l'entraîne même à se renoncer, lorsque la lumière céleste indique une autre voie que celle vers laquelle nous pousse l'amour et la recherche de nous-mêmes. Quelle Force divine ne faut-il pas pour " haïr jusqu'à sa propre vie ", quand Jésus-Christ l'exige, quand il s'agit de faire le choix entre deux maîtres dont le service est incompatible ? L'Esprit-Saint fait tous les jours de ces prodiges au moyen du don qu'il a répandu en nous, si nous ne méprisons pas ce don, si nous ne l'étouffons pas dans notre lâcheté ou dans notre imprudence. Il apprend au chrétien à dominer ses passions, à ne pas se laisser conduire par ces guides aveugles, à ne céder à ses instincts que lorsqu'ils sont conformes à l'ordre que Dieu a établi. Quelquefois ce divin Esprit ne demande pas seulement que le chrétien résiste intérieurement aux ennemis de son âme ; il exige qu'il proteste ouvertement contre l'erreur et le mal, si le devoir d'état ou la position le réclament. C'est alors qu'il faut braver cette sorte d'impopularité qui s'attache parfois au chrétien, et qui ne doit pas le surprendre quand il se rappelle les paroles de l'Apôtre : " Si j'étais agréable aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ ". Mais l'Esprit-Saint ne fait jamais défaut, et lorsqu'il rencontre une âme résolue à user de la Force divine dont il est la source, non seulement il lui assure le triomphe, mais il l'établit pour l'ordinaire dans cette paix pleine de douceur et de courage qu'apporte la victoire sur les passions. Telle est la manière dont l'Esprit-Saint applique le don de Force au chrétien, lorsque celui-ci doit s'exercer à la résistance. Nous avons dit que ce précieux don apportait en même temps l'énergie nécessaire pour supporter les épreuves au prix desquelles est le salut. Il est des frayeurs qui glacent le courage et peuvent entraîner l'homme à sa perte. Le don de Force les dissipe ; il les remplace par un calme et une assurance qui déconcertent la nature. Voyez les martyrs, et non pas seulement un saint Maurice, chef de la légion Thébaine, accoutumé aux luttes du champ de bataille, mais ces Félicité, mère de sept enfants, ces Perpétue, noble dame de Carthage pour laquelle le monde n'avait que des faveurs ; ces Agnès, enfant de treize ans, et tant de milliers d'autres, et dites si le don de Force est stérile en sacrifices. Qu'est devenue la peur de la mort, de cette mort dont la seule pensée nous accable parfois ? Et ces généreuses offrandes de toute une vie immolée dans le renoncement et les privations, afin de trouver Jésus sans partage et de suivre ses traces de plus près ? Et tant d'existences voilées aux regards distraits et superficiels des hommes, existences dont l'élément est le sacrifice, où la sérénité n'est jamais vaincue par l'épreuve, où la croix toujours renaissante est toujours acceptée ! Quels trophées pour l'Esprit de Force ! Que de dévouements au devoir il sait produire ! Et si l'homme à lui seul est peu de chose, combien il grandit sous l'action de l'Esprit-Saint ! C'est lui encore qui aide le chrétien à braver la triste tentation du respect humain, l'élevant au-dessus des considérations mondaines qui dicteraient une autre conduite. C'est lui qui pousse l'homme à préférer au vain honneur du monde la joie de n'avoir pas violé le commandement de son Dieu. C'est cet Esprit de Force qui fait accepter les disgrâces de la fortune comme autant de desseins miséricordieux du ciel, qui soutient le courage du chrétien dans la perte si douloureuse d'êtres chéris, dans les souffrances physiques qui lui rendraient la vie à charge, s'il ne savait qu'elles sont des visites du Seigneur. C'est lui enfin, comme nous le lisons dans la Vie des Saints, qui se sert des répugnances mêmes de la nature, pour provoquer ces actes héroïques où la créature humaine semble avoir franchi les limites de son être pour s'élever au rang des esprits impassibles et glorifiés. Esprit de Force, soyez toujours plus en nous, et sauvez-nous de la mollesse de ce siècle. A aucune époque l'énergie des âmes n'a été plus affaiblie, l'esprit mondain et diabolique plus triomphant, le sensualisme plus insolent, l'orgueil et l'indépendance plus prononcés. Savoir être fort contre soi-même, est une rareté qui excite l'étonnement dans ceux qui en sont témoins : tant les maximes de l'Evangile ont perdu de terrain ! Retenez-nous sur cette pente qui nous entraînerait comme tant d'autres, ô divin Esprit ! Souffrez que nous vous adressions en forme de demande les voeux que formait saint Paul pour les chrétiens d'Ephèse, et que nous osions réclamer de votre largesse " cette armure divine qui nous mettra en état de résister au jour mauvais et de demeurer parfaits en toutes choses. Ceignez nos reins de la vérité, couvrez-nous de la cuirasse de la justice, donnez à nos pieds l'Evangile de paix pour chaussure indestructible ; munissez-nous du bouclier de la foi, contre lequel viennent s'éteindre les traits enflammés de notre cruel ennemi. Placez sur notre tête le casque qui est l'espérance du salut, et dans notre main le glaive spirituel qui est la parole même de Dieu ", et à l'aide duquel, comme le Seigneur dans le désert, nous pouvons venir à bout de tous nos adversaires. Esprit de Force, faites qu'il en soit ainsi.
Le Don de Conseil :
Le don de Force dont nous avons reconnu la nécessité dans l'oeuvre de la sanctification du chrétien, ne suffirait pas pour assurer ce grand résultat, si le divin Esprit n'avait pris soin de l'unir à un autre don qui vient à la suite et prévient tout danger. Ce nouveau bienfait consiste dans le don de Conseil. La Force ne saurait être laissée à elle seule : il lui faut un élément qui la dirige. Le don de Science ne pourrait être cet élément, parce que s'il éclaire l'âme sur sa fin, et sur les règles générales de la conduite qu'elle doit tenir, il n'apporte pas une lumière suffisante sur les applications spéciales de la loi de Dieu et sur le gouvernement de la vie. Dans les diverses situations où nous pouvons être placés, dans les résolutions que nous pouvons avoir à prendre, il est nécessaire que nous entendions la voix de l'Esprit-Saint, et c'est par le don de Conseil que cette voix divine arrive jusqu'à nous. C'est elle qui nous dit, si nous voulons l'écouter, ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter, ce que nous devons dire et ce que nous devons taire, ce que nous pouvons conserver et ce à quoi nous devons renoncer. Par le don de Conseil, l'Esprit-Saint agit sur notre intelligence, de même qu'il agit sur notre volonté par le don de Force. Ce don précieux s'applique à la vie entière ; car il nous faut sans cesse nous déterminer pour un parti ou pour l'autre, et ce nous est un grand sujet de reconnaissance envers l'Esprit divin, de penser qu'il ne nous laisse jamais à nous-mêmes, tant que nous sommes disposés à suivre la direction qu'il nous imprime. Que de pièges il peut nous faire éviter ! Que d'illusions il peut détruire en nous ! Que de réalités il nous découvre ! Mais pour ne pas perdre ses inspirations, il nous faut nous garder de l'entraînement naturel qui nous détermine trop souvent peut-être, de la témérité qui nous emporte au gré de la passion, de la précipitation qui nous sollicite de juger et d'agir, lors même que nous n'avons vu encore qu'un côté des choses, de l'insouciance enfin qui fait que nous nous décidons au hasard, dans la crainte de nous fatiguer par la recherche de ce qui serait le meilleur. Le Saint-Esprit, par le don de Conseil, arrache l'homme à tous ces inconvénients. Il réforme la nature si souvent excessive, quand elle n'est pas apathique. Il tient l'âme attentive à ce qui est vrai, à ce qui est bon, à ce qui lui est vraiment avantageux. Il lui insinue cette vertu qui est le complément et comme l'assaisonnement de toutes les autres, nous voulons dire la discrétion dont il a le secret, et par laquelle les vertus se conservent, s'harmonisent et ne dégénèrent pas en défauts. Sous la direction du don de Conseil, le chrétien n'a rien à craindre ; l'Esprit-Saint prend sur lui la responsabilité de tout. Qu'importe donc que le monde blâme ou critique, qu'il s'étonne ou se scandalise ! Le monde se croit sage ; mais il n'a pas le don de Conseil. De là vient que souvent les résolutions prises sous son inspiration aboutisse à un but tout autre que celui qu'il s'était proposé. Et il en devait être ainsi ; car c'est à lui que le Seigneur a dit : " Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes voies ne sont pas vos voies ". Appelons donc de toute l'ardeur de nos désirs le don divin qui nous préservera du danger de nous gouverner nous-mêmes ; mais comprenons que ce don n'habite que dans ceux qui l'estiment assez pour se renoncer en sa présence. Si l'Esprit-Saint nous trouve détachés des idées humaines, convaincus de notre fragilité, il daignera être notre Conseil; de même que si nous étions sages à nos propres yeux, il retirerait sa lumière et nous laisserait à nous-mêmes. Nous ne voulons pas qu'il en arrive ainsi pour nous, ô divin Esprit ! Nous savons trop par notre expérience qu'il ne nous est pas avantageux de courir les hasards de la prudence humaine, et nous abdiquons sincèrement devant vous les prétentions de notre esprit si prompt à s'éblouir et à se faire illusion. Conservez en nous et daignez y développer en toute liberté ce don ineffable que vous nous avez octroyé dans le Baptême : soyez pour toujours notre Conseil. " Faites-nous connaître vos voies, et enseignez-nous vos sentiers. Dirigez-nous dans la vérité et instruisez-nous ; car c'est de vous que nous viendra le salut, et c'est pour cela que nous nous attachons à votre conduite ". Nous savons que nous serons jugés sur toutes nos oeuvres et sur tous nos desseins ; mais nous savons aussi que nous n'avons rien à craindre tant que nous sommes fidèles à votre conduite. Nous serons donc attentifs " à écouter ce que dit en nous le Seigneur notre Dieu ", l'Esprit de Conseil, soit qu'il nous parle directement, soit qu'il nous renvoie à l'organe qu'il a voulu choisir pour nous. Que soit donc béni Jésus qui nous a envoyé son Esprit pour être notre conducteur, et soit béni ce divin Esprit qui daigne nous assister toujours, et que nos résistances passées n'ont pas éloigné de nous !
Le Don d'Intelligence :
Ce sixième don de l'Esprit-Saint fait entrer l'âme dans une voie supérieure à celle où elle s'est exercée jusqu'ici. Les cinq premiers dons tendent tous à l'action. La Crainte de Dieu remet l'homme à sa place en l'humiliant, la Piété ouvre son coeur aux affections divines, la Science lui fait discerner la voie du salut de la voie de perdition, la Force l'arme pour le combat, le Conseil le dirige dans ses pensées et dans ses oeuvres ; il peut donc agir maintenant, et poursuivre sa route avec l'espoir d'arriver au terme. Mais la bonté du divin Esprit lui réserve encore d'autres faveurs. Il a résolu de le faire jouir dès ce monde d'un avant-goût de la félicité qu'il lui réserve dans l'autre vie. Ce sera le moyen d'affermir sa marche, d'animer son courage et de récompenser ses efforts. La voie de la contemplation lui sera donc désormais ouverte, et le divin Esprit l'y introduira au moyen de l'Intelligence. A ce mot de contemplation, plusieurs personnes s'inquiéteront peut-être, persuadées à tort que l'élément qu'il signifie ne saurait se rencontrer que dans les conditions rares d'une vie passée dans la retraite et loin du commerce des hommes. C'est une grave et dangereuse erreur, et qui arrête trop souvent l'essor des âmes. La contemplation est l'état auquel est appelée, dans une certaine mesure, toute âme qui cherche Dieu. Elle ne consiste pas dans les phénomènes qu'il plaît à l'Esprit-Saint de manifester en certaines personnes privilégiées, et qu'il destine à prouver la réalité de la vie surnaturelle. Elle est simplement cette relation plus intime qui s'établit entre Dieu et l'âme qui lui est fidèle dans l'action ; à cette âme, si elle n'y met obstacle, sont réservées deux faveurs, dont la première est le don d'Intelligence qui consiste dans l'illumination de l'esprit éclairé désormais d'une lumière supérieure. Cette lumière n'enlève pas la foi, mais elle éclaircit l'oeil de l'âme en la fortifiant, et lui donne une vue plus étendue sur les choses divines. Beaucoup de nuages s'effacent, qui provenaient de la faiblesse et de la grossièreté de l'âme non initiée encore. La beauté pleine de charme des mystères que l'on ne sentait que vaguement se révèle, d'ineffables harmonies que l'on ne soupçonnait pas apparaissent. Ce n'est pas la vue face à face réservée pour le jour éternel ; mais ce n'est déjà plus cette faible lueur qui dirigeait les pas. Un ensemble d'analogies, de convenances, qui se montrent successivement à l'œil de l'esprit, apportent une certitude pleine de douceur. L'âme se dilate à ces clartés qui enrichissent la foi, accroissent l'espérance et développent l'amour. Tout lui semble nouveau ; et quand elle regarde derrière elle, elle compare et voit clairement que la vérité, toujours la même, est maintenant saisie par elle d'une manière incomparablement plus complète. Le récit des Evangiles l'impressionne d'avantage ; elle trouve une saveur inconnue pour elle jusqu'alors dans les paroles du Sauveur. Elle comprend mieux le but qu'il s'est proposé dans l'institution de ses Sacrements. La sainte Liturgie l'émeut par ses formules si augustes et ses rites si profonds. La lecture de la Vie des Saints l'attire, rien ne l'étonne dans leurs sentiments et leurs actes ; elle goûte leurs écrits plus que tous les autres, et elle ressent un accroissement de bien-être spirituel en traitant avec ces amis de Dieu. Entourée de devoirs de toute nature, le flambeau divin la guide pour satisfaire à chacun. Les vertus si diverses qu'elle doit pratiquer se concilient dans sa conduite ; l'une n'est jamais sacrifiée à l'autre, parce qu'elle voit l'harmonie qui doit régner entre elles. Elle est loin du scrupule comme du relâchement, et toujours attentive à réparer aussitôt les pertes qu'elle a pu faire. Quelquefois même le divin Esprit l'instruit par une parole intérieure que son âme entend, et qui éclaire sa situation d'un nouveau jour. Désormais le monde et ses vaines erreurs sont appréciés par elle pour ce qu'ils sont, et l'âme se purifie du reste d'attache et de complaisance qu'elle pouvait encore conserver pour eux. Ce qui n'a de grandeur et de beautés que selon la nature paraît chétif et misérable à cet oeil que l'Esprit-Saint a ouvert aux grandeurs et aux beautés divines et éternelles. Un seul côté rachète à ses yeux ce monde extérieur qui fait illusion à l'homme charnel : c'est que la créature visible, qui porte la trace de la beauté de Dieu, est susceptible de servir à la gloire de son auteur. L'âme apprend à user d'elle avec action de grâces, la rendant surnaturelle, glorifiant avec le Roi-Prophète celui qui a empreint les traits de sa beauté dans cette multitude d'êtres qui servent si souvent à la perte de l'homme, tandis qu'ils sont appelés à devenir les degrés qui le conduiraient à Dieu. Le don d'Intelligence répand aussi dans l'âme la connaissance de sa propre voie. Il lui fait comprendre combien ont été sages et miséricordieux les desseins d'en haut qui l'ont parfois brisée et transportée là où elle ne comptait pas aller. Elle voit que si elle eût été maîtresse de disposer elle-même son existence, elle eût manqué son but, et que Dieu l'a fait arriver, en lui cachant d'abord les desseins de sa paternelle Sagesse. Maintenant elle est heureuse, car elle jouit de la paix, et son coeur n'a pas assez d'actions de grâces pour remercier Dieu qui l'a conduite au terme sans la consulter. S'il arrive qu'elle soit appelée à donner des conseils, à exercer une direction par devoir ou par le motif de la charité, on peut se confier en elle ; le don d'Intelligence l'éclaire pour les autres comme pour elle-même. Elle ne s'ingère pas cependant à poursuivre de ses leçons ceux qui ne les lui demandent pas ; mais si elle est interrogée, elle répond, et ses réponses sont lumineuses comme le flambeau qui l'éclaire. Tel est le don d'Intelligence, véritable illumination de l'âme chrétienne, et qui se fait sentir à elle en proportion de sa fidélité à user des autres dons. Celui-ci se conserve par l'humilité, la modération des désirs et le recueillement intérieur. Une conduite dissipée en arrêterait le développement et pourrait même l'étouffer. Dans une vie occupée et remplie par des devoirs, au sein même de distractions obligées auxquelles l'âme se prête sans s'y livrer, cette âme fidèle peut se conserver recueillie. Qu'elle soit donc simple à ses propres yeux, et ce que Dieu cache aux superbes et révèle aux petits lui sera manifesté et demeurera en elle. Nul doute qu'un tel don ne soit d'un secours immense pour le salut et la sanctification de l'âme. Nous devons donc l'implorer du divin Esprit avec toute l'ardeur de nos désirs, en demeurant convaincus que nous l'atteindrons plus sûrement par l'élan de notre cœur que par l'effort de notre esprit. C'est dans l'intelligence, il est vrai, que se répand la lumière divine qui est l'objet de ce don ; mais son effusion provient surtout de la volonté échauffée du feu de la charité, selon la parole d'Isaïe : " Croyez, et vous aurez l'intelligence ". Adressons-nous à l'Esprit-Saint, et nous servant des paroles de David, disons-lui : " Ouvrez nos yeux, et nous contemplerons les merveilles de vos préceptes ; donnez-nous l'intelligence, et nous aurons la vie ". Instruits par l'Apôtre, nous exposerons notre demande d'une manière plus pressante encore, en nous appropriant la prière qu'il adresse au Père céleste en faveur des fidèles d'Ephèse, lorsqu'il implore pour eux " l'Esprit de Sagesse et de révélation par lequel on connaît Dieu, les yeux illuminés du coeur qui découvrent l'objet de notre espérance et les richesses du glorieux héritage que Dieu s'est préparé dans ses saints.
Le Don de Sagesse :
La seconde faveur qu'a destinée le divin Esprit à l'âme qui lui est fidèle dans l'action, est le don de Sagesse, supérieur encore à celui de l'Intelligence. Il est lié cependant à ce dernier, en ce sens que l'objet montré dans l'intelligence est goûté, et possédé dans le don de Sagesse. Le Psalmiste, invitant l'homme à s'approcher de Dieu, lui recommande la saveur du souverain bien. " Goûtez, dit-il, et expérimentez que le Seigneur est rempli de douceur ". La sainte Eglise, au jour même de la Pentecôte, demande à Dieu pour nous la faveur de goûter le bien, recta sapere, parce que l'union de l'âme avec Dieu est plutôt l'expérimentation par le goût qu'une vue qui serait incompatible avec notre état présent. La lumière donnée par le don d'Intelligence n'est pas immédiate, elle réjouit vivement l'âme, et dirige son sens vers la vérité ; mais elle tend à se compléter par le don de Sagesse qui est comme sa fin. L’Intelligence est donc illumination, et la Sagesse est union. Or, l'union avec le souverain bien s'accomplit par la volonté, c'est-à-dire par l'amour qui réside dans la volonté. Nous remarquons cette progression dans les hiérarchies angéliques. Le Chérubin étincelle d'intelligence, mais au-dessus de lui encore est le Séraphin embrasé. L'amour est ardent chez le Chérubin, de même que l'intelligence éclaire de sa vive lumière le Séraphin ; mais l'un est différencié de l'autre par la qualité prédominante, et le plus élevé est celui qui atteint le plus intimement la divinité par l'amour, celui qui goûte le souverain bien. Le septième don est décoré du beau nom de Sagesse, et ce nom lui vient de l'éternelle Sagesse à laquelle il tend à s'assimiler par l'ardeur de l'affection. Cette Sagesse incréée, qui daigne se laisser goûter par l'homme dans cette vallée de larmes, est le Verbe divin, celui-là même que l'Apôtre appelle " le splendeur de la gloire du Père et la forme de sa substance ". C'est lui qui nous a envoyé l'Esprit pour nous sanctifier et nous ramener à lui, en sorte que l'opération la plus élevée de ce divin Esprit est de procurer notre union avec celui qui, étant Dieu, s'est fait chair et s'est rendu pour nous obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix. Par les mystères accomplis dans son humanité, Jésus nous a fait pénétrer jusqu'à sa divinité ; par la foi éclairée de l'intelligence surnaturelle, " nous voyons sa gloire qui est celle du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité " ; et de même qu'il s'est fait participant de notre humble nature humaine, il se donne dès ce monde à goûter, lui Sagesse incréée, à cette Sagesse créée que l'Esprit-Saint forme en nous comme le plus sublime de ses dons. Heureux donc celui en qui règne cette précieuse Sagesse qui révèle à l'âme la saveur de Dieu et de ce qui est de Dieu ! " L’homme animal, nous dit l'Apôtre, est privé de ce goût qui perçoit ce qui vient de l'Esprit de Dieu " ; pour jouir de ce don, il lui faudrait devenir spirituel, se prêter docilement au désir de l'Esprit, et il arriverait comme d'autres qui après avoir été ainsi que lui esclaves de la vie charnelle, en ont été affranchis par la docilité à l'égard de l'Esprit divin qui les a cherchés et qui les a retrouvés. L'homme moins grossier, mais livré à l'esprit du monde, est également impuissant à comprendre ce qui fait l'objet du don de Sagesse et ce que révèle le don d'Intelligence. Il juge ceux qui ont reçu ces dons, et il les blâme ; heureux s'il ne les traverse pas, s'il ne les poursuit pas ! Jésus nous le dit expressément : " Le monde ne peut recevoir l'Esprit de Vérité, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ". Que ceux-là donc qui ont le bonheur de désirer le bien suprême, sachent qu'il leur faut être entièrement dégagés de l'esprit profane qui est l'ennemi personnel de l'Esprit de Dieu. Affranchis de sa chaîne, ils pourront s'élever jusqu'à la Sagesse. Le propre de ce don est de procurer une grande vigueur à l'âme et de fortifier ses puissances. Toute la vie en est comme assainie, ainsi qu'il arrive à ceux qui font usage d'aliments qui leur conviennent. Il n'y a plus de contradiction entre Dieu et l'âme, et c'est pour cette raison que l'union est rendue facile. " Où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté ", dit l'Apôtre. Tout devient aisé pour l'âme, sous l'action de l'Esprit de Sagesse. Les choses dures à la nature, loin d'étonner, semblent douces, et le coeur ne s'effraie plus autant de la souffrance. Non seulement on peut dire que Dieu n'est pas loin d'une âme que l'Esprit-Saint a mise dans cette disposition ; il est visible qu'elle lui est unie. Qu'elle veille cependant sur l'humilité ; car l'orgueil peut encore monter jusqu'à elle, et sa chute serait d'autant plus profonde que son élévation est plus grande. Insistons auprès du divin Esprit, et prions-le de ne pas nous refuser cette précieuse Sagesse qui nous conduira à Jésus, la Sagesse infinie. Un sage de l'ancienne loi aspirait déjà à cette faveur, quand il écrivait ces paroles dont le chrétien seul a l'intelligence parfaite :" J'ai désiré, disait-il, et l'intelligence m'a été donnée ; j'ai prié, et l'Esprit de Sagesse est venu en moi ". Il faut donc demander ce don avec instance. Dans la nouvelle Alliance, l'Apôtre saint Jacques nous y invite par ses exhortations les plus pressantes. "Si quelqu'un de vous, dit-il, veut avoir la Sagesse, qu'il la demande à Dieu qui donne à tous avec tant de largesse et qui ne reproche pas ses dons ; qu'il demande avec foi, et qu'il n'hésite pas ". Nous osons prendre pour nous cette invitation de l'Apôtre, ô divin Esprit, et nous vous disons : O vous qui procédez de la Puissance et de la Sagesse, donnez-nous la Sagesse. Celui qui est la Sagesse vous a envoyé vers nous pour nous réunir à lui. Enlevez-nous à nous-mêmes, et unissez-nous à celui qui s'est uni à notre faible nature. Moyen sacré de l'unité, soyez le lien qui nous unira pour jamais à Jésus, et celui qui est la Puissance et le Père nous adoptera " pour ses héritiers et pour les cohéritiers de son Fils ".
Prière au Saint-Esprit :
« Venez, ô Esprit-Saint, remplissez les coeurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit, et une création nouvelle s'opérera, et vous renouvellerez la face de la terre ».
« Veni Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidelium : et tui amoris in eis ignem accende. Emitte Spiritum tuum, et créabuntur : et renovabis faciem terræ ».
Voir également sur les 7 Dons du Saint-Esprit :
Prière au Saint-Esprit de Guillaume de Saint-Thierry au Saint-Esprit
Voici la Prière « L'Esprit Saint agit dans l'âme » de Guillaume de Saint-Thierry (1070-1148), Abbé de l’Abbaye bénédictine de Saint-Thierry et grand ami de Saint Bernard de Clairvaux.
La Prière « L'Esprit Saint agit dans l'âme » de Guillaume de Saint-Thierry :
« Ô bienheureuse, vraiment bienheureuse cette âme ! Si elle prie, ce n'est pas tellement elle qui prie ; comme le dit l'Apôtre, c'est le Saint-Esprit qui prie pour elle, et ce sont des gémissements ineffables ; si elle parle, c'est le Saint-Esprit qui, par elle, profère des secrets merveilleux. Pour tout dire, dans toutes ses actions, c'est le Saint-Esprit qui est en action (qui opère), car c'est lui qui distribue chaque don à chacun, comme il l'entend. De même, en effet, que l'âme est la vie du corps, de même Dieu est la vie de l'âme. Elle ne respire qu'en lui seul, n'aspire qu'après lui seul, comme le corps avec l'air. Elle demeure en Dieu par une constante affection, et celui qu'elle aime demeure en elle par sa constante opération ; elle ne fait avec lui en sa vie qu'un seul esprit. Le Saint-Esprit, Volonté du Père et du Fils, par une grâce inouïe, par une inspiration très secrète, mais par une opération très manifeste, conforme à lui sa volonté à elle, unissant à lui son amour à elle, par sa toute-puissance spirituelle, au point de ne plus faire qu'un avec elle, répétons-le, et quand elle supplie avec des gémissements ineffables, c'est plutôt lui qui fait ces supplications. Amen. »
Guillaume de Saint-Thierry (1070-1148)
Prions « l’Esprit de Dieu » avec Saint Paul aux Galates au Saint-Esprit
« Laissez-vous mener par l'Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. Car la chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair ; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez. Mais si l'Esprit vous anime, vous n'êtes pas sous la Loi. Or on sait bien tout ce que produit la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d'envie, orgies, ripailles et choses semblables et je vous préviens, comme je l'ai déjà fait, que ceux qui commettent ces fautes-là n'hériteront pas du Royaume de Dieu. Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n'y a pas de loi. Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse agir. » (Galates 5, 16-25)
Acte de Consécration au Saint-Esprit au Saint-Esprit
« O Saint-Esprit, divin Esprit de lumière et d’amour, je vous consacre mon intelligence, mon cœur et ma volonté, tout mon être, pour le temps et pour l’éternité. Que mon intelligence soit toujours docile à vos célestes inspirations et à l’enseignement de la sainte Église catholique, dont vous êtes le guide infaillible ; que mon cœur soit toujours enflammé de l’amour de Dieu et du prochain ; que ma volonté soit toujours conforme à la volonté divine, et que toute ma vie soit une imitation fidèle de la vie et des vertus de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, à qui, avec le Père et vous, soient honneur et gloire à jamais. Ainsi soit-il. »