Temps de l'Avent
« Hymne sur la Maternité divine » de Prudence pour l'Avent
Voici l’Hymne « Ante cibum » pour le temps de l’Avent qui célèbre le triomphe de la femme sur le serpent en glorifiant Marie d'avoir vaincu tous les poisons du dragon infernal « La Vierge qui a été digne d'enfanter un Dieu triomphe de tous les poisons » d’Aurelius Prudentius Clemens de Sarragosse (348-405), Poète lyrique chrétien espagnol de la région de Saragosse, le Prince des poètes de la Liturgie latine, qui consacre dans cette Hymne son talent poétique au Mystère de l'Immaculée Conception de Marie à qui fut réservé l'honneur de la Maternité divine.
L’Hymne sur la Maternité divine du Poète Prudence « La Vierge qui a été digne d'enfanter un Dieu triomphe de tous les poisons » :
« Une nouvelle race est au moment de naître ; c'est un autre Homme venu du Ciel, non du limon de la terre comme le premier ; c'est un Dieu même revêtu de la nature humaine, mais exempt des imperfections de la chair.
Le Verbe du Père s'est fait chair vivante ; rendue féconde par l’Action divine, et non par les lois ordinaires de l'union conjugale, une jeune fille L'a conçu sans souillure, et va L'enfanter.
Une haine antique et violente régnait entre le serpent et l'homme ; elle avait pour cause la victoire future de la femme. Aujourd'hui la Promesse s'accomplit : sous le pied de la femme, la vipère se sent écrasée.
La Vierge qui a été digne d'enfanter un Dieu triomphe de tous les poisons. Repliant sur lui-même avec rage sa croupe tortueuse, le serpent désarmé revomit son virus impuissant sur le gazon verdâtre comme ses impurs anneaux.
Comment notre ennemi ne tremblerait-il pas, effrayé de la Faveur divine envers l'humble troupeau. Ce loup maintenant parcourt avec tristesse les rangs des brebis rassurées ; oublieux du carnage, il contient désormais sa gueule fameuse par tant de ravages.
Par un changement merveilleux, c'est l'Agneau maintenant qui commande aux lions ; et la Colombe du ciel dans son vol vers la terre, met en fuite les aigles cruels, en traversant les nuages et les tempêtes. »
Ainsi soit-il.
Prudentius de Sarragosse (348-405) - L'Année Liturgique : « Le Temps de l’Avent » de Prosper Guéranger, pages 392-393, chez Julien Lanier Cosnard et Cie éditeurs (1858)
« Cantique de Noël » de Grignion de Montfort pour l'Avent
Voici un Cantique de Noël à Jésus naissant chanté durant la période de l'Avent
« Venez divin Messie, sauvez nos jours infortunés » composé par Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand Apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains et des Filles de la Sagesse, extrait des
« Cantiques des Missions ». Il est toutefois possible que l'auteur soit l'abbé
Simon-Joseph Pellegrin (1663-1745)
Le Cantique de Noël de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
« Venez divin Messie, sauvez nos jours infortunés » :
« Venez divin Messie,
Sauvez nos jours infortunés ;
Venez, Source de Vie,
Venez, venez, venez.
Ah ! Descendez, hâtez Vos pas,
Sauvez les hommes du trépas,
Secourez-nous, ne tardez pas ;
Venez, divin Messie,
Sauvez nos jours infortunés ;
Venez, Source de Vie,
Venez, venez, venez.
Ah ! Désarmez Votre courroux !
Nous soupirons à Vos genoux :
Seigneur, nous n'espérons qu'en Vous.
Pour nous livrer la guerre,
Tous les enfers sont déchaînés ;
Descendez sur la terre,
Venez, venez, venez.
Eclairez-nous, divin Flambeau,
Parmi les ombres du tombeau,
Faites briller un Jour nouveau ;
Au plus affreux supplice,
Nous auriez-Vous abandonnés ?
Venez, Sauveur propice,
Venez, venez, venez.
Si Vous venez dans ces bas lieux,
Nous Vous verrons Victorieux,
Fermer l'enfer, ouvrir les Cieux ;
Nous l'espérons sans cesse :
Les Cieux nous furent destinés ;
Tenez Votre promesse,
Venez, venez, venez ».
Ainsi soit-il.
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) –
« Cantiques des Missions », pages 144-145, chez Macé, 1829
La Version de l'abbé Simon-Joseph Pellegrin « Venez divin Messie » :
Venez divin Messie
Sauvez nos jours infortunés,
Venez Source de Vie
Venez, venez, venez !
1. Ah ! Descendez, hâtez Vos pas ;
Sauvez les hommes du trépas,
Secourez-nous, ne tardez pas.
Dans une peine extrême,
Gémissent nos cœurs affligés.
Venez Bonté Suprême,
Venez, venez, venez !
2. Ah ! Désarmez Votre courroux,
Nous soupirons à Vos genoux,
Seigneur nous n'espérons qu'en Vous,
Pour nous livrer la guerre
Tous les enfers sont déchaînés ;
Descendez sur la terre
Venez, venez, venez !
3. Que nos soupirs soient entendus,
Les biens que nous avons perdus
Ne nous seront-ils point rendus ?
Voyez couler nos larmes ;
Grand Dieu, si Vous nous pardonnez
Nous n'aurons plus d'alarmes,
Venez, venez, venez !
4. Si vous venez en ces bas-lieux,
Nous Vous verrons Victorieux,
Fermer l'enfer, ouvrir les Cieux.
Nous l'espérons sans cesse,
Les Cieux nous furent destinés,
Tenez votre Promesse,
Venez, venez, venez !
5. Ah ! Puissions-nous chanter un jour
Dans Votre bienheureuse Cour,
Et votre Gloire et votre Amour !
C'est là l'heureux présage
De ceux que Vous prédestinez,
Donnez-nous en un gage,
Venez, venez, venez ! »
Ainsi soit-il.
Abbé Simon-Joseph Pellegrin (1663-1745)
Et une Version plus moderne du Père Aimon-Marie Roguet o.p. et du Père Louis Barjon s.j. « Venez divin Messie » :
Venez divin Messie
Nous rendre espoir et nous sauver !
Vous êtes notre Vie !
Venez, venez, venez !
1. Ô Fils de Dieu, ne tardez pas,
Par votre Corps donnez la joie
À notre monde en désarroi.
Redites-nous encore
De quel Amour Vous nous aimez;
Tant d'hommes Vous ignorent !
Venez, venez, venez !
2. À Bethléem, les Cieux chantaient,
Que le meilleur de Vos bienfaits
C'était le Don de votre Paix.
Le monde La dédaigne :
Partout les cœurs sont divisés !
Qu'arrive votre Règne !
Venez, venez, venez !
3. Vous êtes né pour les pécheurs,
Que votre Grâce, ô Dieu Sauveur,
Dissipe en nous la nuit, la peur !
Seigneur que Votre enfance
Nous fasse vivre en la clarté,
Soyez la délivrance,
Venez, venez, venez !
4. Quand Vous viendrez au dernier Jour
Juger le monde sur l'amour,
Que nous veillions pour ce Retour !
Que Votre main nous prenne
Dans le Royaume des sauvés !
Que meure enfin la haine,
Venez, venez, venez !
Ainsi soit-il.
Père Aimon-Marie Roguet o.p. (1906-1991) et du Père Louis Barjon s.j. (1901-1986)
« Gaudete in Domino semper » pour l'Avent
Voici l’Introït du Troisième Dimanche de l’Avent en latin
« Gaudete in Domino semper » et en français
« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » dit « Gaudete » pour l'incipit (premier terme), tiré de l’Épître de Saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 4, 4-6) et du
Psaume 84, 2 pour le premier verset, parce que « Dominus prope est » (Le Seigneur est proche) !
Gaudete in Domino semper : iterum dico, gaudete : modestia vestra nota sit omnibus hominibus : Dominus prope est. Nihil solliciti sitis : sed in omni oratione petitiones vestræ innotescant apud Deum.
Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, je vous le répète, réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche ; ne vous inquiétez de rien, mais qu’en toutes choses vos demandes se fassent connaître à Dieu par la prière
Verset 1 : Benedixisti Domine terram tuam, avertisti captivitatem Jacob
Verset 1 : Seigneur, Vous avez béni Votre terre, Vous avez ramené Jacob de captivité
Lettre de Saint Paul Apôtre aux Philippiens : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes » (Ph 4, 4-6)
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Philippenses : « Fratres, gaudete in Domino semper : iterum dico, gaudete. Modestia vestra nota sit omnibus hominibus : Dominus prope est. Nihil solliciti sitis; sed in omni oratione, et obsecratione, cum gratiarum actione, petitiones vestrae innotescant apud Deum. Et pax Dei, quae exsuperat omnem sensum, custodiat corda vestra, et intelligentias vestras, in Christo Jesu Domino nostro » (Ph 4, 4-6)
« Nous devons, en effet, nous réjouir dans le Seigneur ; car le Prophète et l’Apôtre s’accordent à encourager nos désirs vers le Sauveur : l’un et l’autre nous annoncent la paix. Soyons donc sans inquiétude : Le Seigneur est proche ; il est proche de son Église ; il est proche de chacune de nos âmes. Pouvons-nous demeurer auprès d’un feu aussi ardent, et demeurer glacés ? Ne le sentons-nous pas venir, à travers tous les obstacles que sa souveraine élévation, notre profonde bassesse, nos nombreux péchés lui suscitaient ? Il franchit tout. Encore un pas, et il sera en nous. Allons au-devant de lui par ces prières, ces supplications, ces actions de grâces dont parle l’Apôtre. Redoublons de ferveur et de zèle pour nous unir à la sainte Église, dont les vœux vont devenir de jour en jour plus ardents vers celui qui est sa lumière et son amour » (Dom Guéranger)
Prière du Quatrième Dimanche de l’Avent pour l'Avent
Voici la Prière d'ouverture (ou Collecte) du Quatrième Dimanche de l’Avent en latin « Excita, quaesumus, Domine, potentiam tuam, et veni » et en français « Faites paraître, Seigneur, votre Puissance, et venez » tirée du Bréviaire Romain (Breviarium Romanum) de l’Église Catholique.
La Prière du Quatrième Dimanche de l’Avent en latin :
Oremus : « Excita, quaesumus, Domine, potentiam tuam, et veni, et magna nobis virtute succurre: ut per auxilium gratiae tuae quod nostra peccata praepediunt, indulgentia tuae propitiationis acceleret. Qui vivis et regnas in saecula saeculorum ».
La Prière du Quatrième Dimanche de l’Avent en français :
Prions : « Faites paraître, Seigneur, votre Puissance, et venez ; secourez-nous par Votre grande Force, afin que par le Secours de votre Grâce, Votre indulgence miséricordieuse daigne accélérer le remède dont nos péchés nous rendent indignes ; Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles ».
La Prière du Quatrième Dimanche de l’Avent avec l’AELF :
Prions : « Que ta Grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs : par le message de l'ange, Tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous, par sa Passion et par Sa croix, jusqu'à la gloire de la Résurrection. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ».
Dans cette Prière du Quatrième Dimanche de l’Avent, l’Église Catholique fait instance pour être délivrée au plus tôt ; Elle craint que ses péchés ne soient la cause du retard que l’Époux met à venir ; Elle se recommande à sa Miséricorde pour franchir cet obstacle.
Prière du Troisième Dimanche de l’Avent pour l'Avent
Voici la Prière d'ouverture (ou Collecte) du Troisième Dimanche de l’Avent de
Gaudete en latin
« Aurem tuam, quaesumus, Domino, precibus nostris accommoda » et en français
« Prêtez, Seigneur, Votre oreille à nos prières » tirée du Bréviaire Romain (Breviarium Romanum) de l’Église Catholique.
La Prière du Troisième Dimanche de l’Avent en latin :
Oremus : « Aurem tuam, quaesumus, Domino, precibus nostris accommoda : et mentis nostrae tenebras gratia tuae visitationis illustra. Qui vivis et regnas in saecula saeculorum ».
La Prière du Troisième Dimanche de l’Avent en français :
Prions : « Prêtez, Seigneur, Votre oreille à nos prières, et éclairez les ténèbres de notre âme par la Grâce de votre Visite ; Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles ».
La Prière du Troisième Dimanche de l’Avent avec l’AELF :
Prions : « Tu le vois, Seigneur, Ton peuple se prépare à célébrer la Naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d'un si grand Mystère, pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ».
Cette Prière du Troisième Dimanche de l’Avent demande la Grâce de cette Visite qui apporte la Lumière et dissipe les ténèbres. Les ténèbres causent la terreur à l’âme ; la Lumière, au contraire, réjouit et raffermit le cœur.
En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » (Mt 11, 2-6)
Prière du Deuxième Dimanche de l’Avent pour l'Avent
Voici la Prière d'ouverture (ou Collecte) du Deuxième Dimanche de l’Avent en latin « Excita, Domine, corda nostra ad praeparandas Unigeniti tui vias » et en français « Seigneur, réveillez nos cœurs, afin qu’ils préparent la voie de votre Fils unique » tirée du Bréviaire Romain (Breviarium Romanum) de l’Église Catholique.
La Prière du Deuxième Dimanche de l’Avent en latin :
Oremus : « Excita, Domine, corda nostra ad praeparandas Unigeniti tui vias : ut per ejus adventum purificatis tibi mentibus servire mereamur. Qui tecum vivit et regnat in saecula saeculorum ».
La Prière du Deuxième Dimanche de l’Avent en français :
Prions : « Seigneur, réveillez nos cœurs, afin qu’ils préparent la voie de votre Fils unique, et que nous méritions de Vous servir avec des âmes purifiées, au moyen de l’Avènement de Celui qui vit et règne avec Vous dans les siècles des siècles ».
La Prière du Deuxième Dimanche de l’Avent avec l’AELF :
Prions : « Seigneur Tout-Puissant et Miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à L'accueillir et nous fait entrer dans Sa propre Vie. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ».
Cette Prière du Deuxième Dimanche de l’Avent insiste sur la pureté que nos cœurs doivent avoir pour l’Avènement du Sauveur et sur l'appel de Jean-Baptiste pour se préparer à la venue du Christ qui retentit dans nos cœurs.
Prière du Premier Dimanche de l’Avent pour l'Avent
Voici la Prière d'ouverture (ou Collecte) du Premier Dimanche de l’Avent en latin « Excita, quaesumus, Domine, potentiam tuam, et veni » et en français « Réveillez, s’il Vous plaît, Seigneur, votre Puissance, et venez » tirée du Bréviaire Romain (Breviarium Romanum) de l’Église Catholique.
La Prière du Premier Dimanche de l’Avent en latin :
Oremus : « Excita, quaesumus, Domine, potentiam tuam, et veni ; ut ab imminentibus peccatorum nostrorum periculis, te mereamur protegente eripi, te liberante, salvari. Qui vivis et regnas cum Deo Patre, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum ».
La Prière du Premier Dimanche de l’Avent en français :
Prions : « Réveillez, s’il Vous plaît, Seigneur, votre Puissance, et venez, afin que nous méritions d’être arrachés, par votre Protection, aux imminents périls où nos péchés nous engagent, et d’en être sauvés par votre Secours libérateur : Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec Dieu le Père, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles ».
La Prière du Premier Dimanche de l’Avent avec l’AELF :
Prions : « Donne à Tes fidèles, Dieu Tout-Puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du Jugement, à entrer en possession du Royaume des Cieux. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ».
Cette Prière du Premier Dimanche de l’Avent nous rappelle l’attitude des vierges sages dans la Parabole évangélique, qui ont su apprêter à temps l’huile pour les noces de l’Époux (Mt 25) et nous invite à veiller, à être éveillés pour accueillir le Christ qui passe, le Christ qui vient !
« Prière pour l’Avent » de Fénelon pour l'Avent
Voici la Prière « Ô Jésus, je Vous attends… Venez ! » des Entretiens affectifs pour l’Avent de Monseigneur François de Salignac de La Mothe-Fénelon dit Fénelon (1651-1715), Archevêque de Cambrai qui fut en 1679 Supérieur de l’Institut des Nouvelles Catholiques, un internat parisien consacré à la rééducation de jeunes filles de bonne famille dont les parents d’abord protestants avaient été convertis au Catholicisme.
La Prière de Fénelon pour l’Avent « Ô Jésus, je Vous attends… Venez ! » :
« C'est maintenant, ô mon Dieu, que je veux me recueillir pour adorer en silence les Mystères de votre Fils, et pour attendre qu’Il naisse au fond de mon cœur. Venez, Seigneur Jésus : venez, Esprit de vérité et d'amour qui Le formâtes dans le sein de la Sainte Vierge. Je Vous attends, ô Jésus ! comme les prophètes et les patriarches Vous ont attendu. Que volontiers je dis avec eux : « Ô Cieux, répandez votre rosée, et que les nues fassent descendre le Juste ! Que la terre s'entr'ouvre, et qu'elle germe son Sauveur ! » Vous êtes déjà venu une fois. Les anciens justes ont vu le Désiré des nations ; mais les vôtres ne Vous ont point connu. La Lumière a luit au milieu des ténèbres, et les ténèbres ne L'ont pas comprise. Que tardez-Vous ? Revenez, Seigneur, revenez frapper la terre ingrate, et juger les hommes aveugles. Ô Roi dont les princes de la terre ne sont qu'une faible image, que votre Règne arrive ! Quand viendra-t-Il d'en Haut sur nous, ce Règne de justice, de paix et de vérité ? Votre Père Vous a donné toutes les nations ; Il Vous a donné toute puissance et dans le Ciel et sur la terre ; et cependant Vous êtes méconnu, méprisé, offensé, trahi ! Quand sera donc le Jugement du monde endurci, et le jour de votre Triomphe ? Levez-Vous, levez-Vous, ô Dieu ! Jugez Votre propre cause ; brisez l'impie du souffle de Vos lèvres ; délivrez Vos enfants ; justifiez-Vous en ce grand jour à la face de toutes les nations : c'est votre Gloire et non la nôtre que nous cherchons. Mon Dieu, je Vous aime pour Vous, et non pour moi. Je souffre, je sèche de tristesse, voyant prévaloir l'iniquité sur la terre, et votre Évangile foulé aux pieds. Je souffre, me sentant malgré moi assujetti à la vanité. Jusques à quand, Seigneur, laisserez-Vous votre héritage désolé ? Revenez donc, Seigneur Jésus ; rendez-nous la lumière de votre Visage. Je ne veux tenir à aucune des choses qui m'environnent ici-bas. Elles menacent toute ruine prochaine. Ces voûtes immenses des cieux s'écrouleront dans les abîmes ; cette terre couverte de péchés sera consumée et renouvelée par le feu vengeur. Les astres tomberont, leur lumière s'éteindra ; les éléments embrasés se confondront ; la nature entière sera bouleversée. A ce spectacle, que l'impie frémisse ! Pour moi, je m'écrie, ô Seigneur ! Avec amour et confiance : frappez ; glorifiez-Vous aux dépens de tout ce qui blesse votre Sainteté. Frappez sur moi ; ne m'épargnez point pour me purifier et pour me rendre digne de Vous. Hélas ! Ce monde insensé n'est occupé que du moment présent qui échappe. Tout ceci va périr, et on veut en jouir comme s'il devait être éternel ! Le ciel et la terre passeront comme la fumée ; votre Parole seule demeure éternellement. Ô Vérité, on ne Vous connaît point ! Le mensonge est adoré ; il remplit tout le cœur de l'homme. Tout est faux, tout est trompeur. Tout ce qui se voit, tout ce qui se touche, tout ce qui est sensible, tout ce qui est mesuré par le temps, n'est rien. Faut-il que ce vain fantôme soit cru si solide, et que l'immuable vérité passe pour un songe ? Hé ! Seigneur, pourquoi souffrez-Vous cet enchantement ? La terre entière est plongée dans le sommeil de la mort : réveillez-la par votre Lumière. Pour moi, je ne veux que Vous ; je n'attends que Vous : je regarde la foudre prête à partir de Votre main pour écraser les hommes superbes, et pour venger votre Patience méprisée. Loin de craindre la mort, je la regarde comme la délivrance de Vos enfants. Oui, Seigneur, nous mourrons ; le charme funeste se rompra tout à coup. Vous ne serez plus offensé : je Vous aimerai, je n'aimerai que Vous : je ne m'aimerai plus moi-même. Oh ! Que j'aime votre Avènement ! Déjà, selon votre Précepte, je lève ma tête pour aller au-devant de Vous. Par le transport de mon amour, je m'élance au-devant du Seigneur, comme Votre apôtre Pierre me l'a enseigné. Je suis faible, misérable, fragile, il est vrai ; j'ai tout à craindre si Vous me jugez dans la rigueur de votre Justice, j'en conviens ; mais plus je suis fragile, plus je conclus que la vie est un danger et que la mort est une Grâce. Ô Seigneur ! Ôtez le péché, venez régner en moi ; arrachez-moi à moi-même, et je serai pleinement à Vous. Eh ! Qu’ai-je à faire sur la terre ? Que puis-je désirer dans cette vallée de larmes, où le mal est au comble, et où le bien est si imparfait ? Rien que votre Volonté ne peut m'y retenir. Je n'aime rien de tout ce que je vois ; je ne veux point m'aimer moi-même : venez, Seigneur, ô mon Amour ! »
Ainsi soit-il.
Monseigneur François de Salignac de La Mothe-Fénelon (1651-1715) - Œuvres de Fénelon : « Entretiens affectifs pour l’Avent », pages 267-268, chez F. Didot frères, 1843
« Hymne pour l’Avent » de Saint Tomasi pour l'Avent
Voici une très belle Hymne pour le Temps de l’Avent, celui de l'attente « Emmanuel est déjà près de nous » (« Emmanuel jam prope est ») composée au IXe siècle et tirée de l'Hymnarium de Saint Joseph-Marie Tomasi (1649-1713), Religieux théatin italien créé Cardinal surnommé « le Prince des liturgistes romains » pour son importante œuvre biblique, théologique et surtout liturgique.
L’Hymne pour l’Avent de Saint Joseph-Marie Tomasi « Emmanuel est déjà près de nous » :
« Que le soleil, les astres, la terre et les mers retentissent de l'Avènement du Dieu très-haut ; que le riche et le pauvre unissent leurs chants pour célébrer le Fils du Créateur suprême !
C'est le Sauveur promis jadis à nos Pères ; le glorieux Fruit d'une Vierge ; le Fils du Dieu puissant, dont la Naissance précède l'étoile du matin.
C'est le Roi de gloire qui devait venir régner en Dieu sur les rois, fouler sous Ses pieds l'ennemi perfide, guérir le monde languissant.
Que les Anges s'en réjouissent de concert ; que tous les peuples tressaillent de joie : le Très-Haut vient s'humilier pour sauver ce qui était perdu.
Un Dieu-homme va prendre Naissance ; l'auguste Trinité règne à jamais ! Le Fils coéternel au Père, le Seigneur va descendre sur la terre.
Que les Prophètes élèvent leur voix et qu'ils prophétisent : Emmanuel est déjà près de nous. Que la langue des muets articule des sons : et vous, boiteux, courez à sa Rencontre.
Que l'agneau et la bête féroce paissent ensemble l'herbe des champs ; que le bœuf et l'âne reconnaissent Celui qui gît dans la crèche.
Le signe Royal étincelle ; il annonce notre divin Chef ; au noble et royal enfant, rois, préparez vos offrandes.
Ô quelle heureuse Nouvelle, entendit la Vierge Marie ! En croyant Elle conçoit ; La voilà Mère : et c'est une Vierge qui n'a point connu l'homme.
Iles et nations, applaudissez toutes à ce grand Triomphe. Courez avec la vitesse des cerfs : le Rédempteur, Le voici qui vient.
Que les yeux des aveugles, fermés à la lumière, sachent maintenant percer les ténèbres de la nuit, s'ouvrira la Lumière véritable.
Que la nation de Galilée et celle de la Grèce, que la Perse et l'Inde croient en leur Rédempteur ; un Dieu daigne se faire homme ; et Verbe Il demeure avec le Père.
Louanges, honneur, vertu et gloire soient à Dieu le Père, et à son Fils, ensemble avec le Saint-Esprit, dans les siècles éternels ! »
Ainsi soit-il.
Saint Joseph-Marie Tomasi (1649-1713) - L'Année Liturgique : « Le Temps de l’Avent » de Dom Guéranger, pages 127-129, chez Julien Lanier Cosnard et Cie éditeurs (1858)
« Prière pour l’Avent » de Dom Guéranger pour l'Avent
Voici une Prière pour le Temps de l’Avent « Reposez encore, ô Jésus, dans les chastes entrailles de Marie » de Dom Prosper-Louis-Paschal Guéranger (1805-1875), premier Abbé de l’Abbaye de Solesmes et restaurateur de la vie bénédictine en France.
La Prière de Dom Guéranger « Reposez encore, ô Jésus, dans les chastes entrailles de Marie » :
« Ô Jésus, soyez béni, soyez aimé pour un si grand Amour. Vous voici donc descendu du Ciel, pour être l'Hostie qui remplacera tant d'autres hosties stériles par lesquelles n'a pu être effacée la faute de l'homme. La terre porte maintenant son Sauveur, bien qu'elle ne L'ait pas contemplé encore. Dieu ne la maudira pas, cette terre ingrate, enrichie qu'elle est d'un tel Trésor. Mais reposez encore, ô Jésus, dans les chastes entrailles de Marie, dans cette Arche vivante, au sein de laquelle Vous êtes la véritable Manne destinée à la nourriture des enfants de Dieu. Toutefois, ô Sauveur, l'heure approche où il vous faudra sortir de ce Sanctuaire. Au lieu de la tendresse de Marie, Il vous faudra connaître la malice des hommes ; et cependant, nous Vous en supplions, nous osons Vous le rappeler, il est nécessaire que Vous naissiez au Jour marqué : c'est la Volonté de votre Père ; c'est l'attente du monde ; c'est le salut de ceux qui Vous aimeront ».
Ainsi soit-il.
Dom Prosper Guéranger (1805-1875) - L'Année Liturgique : « Le Temps de l’Avent » de Dom Prosper Guéranger, pages 431-432, chez Julien Lanier Cosnard et Cie éditeurs (1858)
Prière de Saint Joseph-Marie Tomasi pour l'Avent
Voici une Prière pour le Temps de l’Avent qui annonce la Naissance de Notre Sauveur qui va descendre sur la terre « Le Très-Haut vient s'humilier pour sauver ce qui était perdu » de Saint Joseph-Marie Tomasi (1649-1713), Prêtre de l'Ordre des Clercs Réguliers Théatins et Cardinal qui laissa une importante œuvre biblique, théologique et surtout liturgique d’où son surnom « le Prince des Liturgistes Romains ».
La Prière de Saint Joseph-Marie Tomasi « Le Très-Haut vient s'humilier pour sauver ce qui était perdu » :
« Que le soleil, les astres, la terre et les mers retentissent de l'Avènement du Dieu Très-Haut : que le riche et le pauvre unissent leurs chants pour célébrer le Fils du Créateur suprême ! C'est le Sauveur promis jadis à nos Pères ; le glorieux Fruit d'une Vierge ; le Fils du Dieu Puissant, dont la Naissance précède l'étoile du matin. C'est le Roi de gloire qui devait venir régner en Dieu sur les rois, fouler sous Ses pieds l'ennemi perfide, guérir le monde languissant. Que les Anges s'en réjouissent de concert ; que tous les peuples tressaillent de joie : le Très-Haut vient s'humilier pour sauver ce qui était perdu. Un Dieu-homme va prendre naissance ; l'auguste Trinité règne à jamais ! Le Fils coéternel au Père, le Seigneur va descendre sur la terre. Que les Prophètes élèvent leur voix et qu'ils prophétisent : « Emmanuel est déjà près de nous ». Que la langue des muets articule des sons : et vous, boiteux, courez à Sa rencontre. Que l'agneau et la bête féroce paissent ensemble l'herbe des champs; que le bœuf et l'âne reconnaissent Celui qui gît dans la crèche. Le signe Royal étincelle ; il annonce notre divin Chef ; au noble et royal enfant, rois, préparez vos offrandes. Ô quelle heureuse Nouvelle, entendit la Vierge Marie ! En croyant Elle conçoit ; la voilà Mère : et c'est une Vierge qui n'a point connu l'homme. Iles et nations, applaudissez toutes à ce grand Triomphe. Courez avec la vitesse des cerfs : le Rédempteur, Le voici qui vient. Que les yeux des aveugles, fermés à la lumière, sachent maintenant percer les ténèbres de la nuit, s'ouvrir à la Lumière véritable. Que la nation de Galilée et celle de la Grèce, que la Perse et l'Inde croient en leur Rédempteur : un Dieu daigne se faire homme : et Verbe Il demeure avec le Père. Louanges, honneur, vertu et gloire soient à Dieu le Père, et à son Fils, ensemble avec le Saint-Esprit, dans les siècles éternels ! »
Ainsi soit-il.
Saint Joseph-Marie Tomasi (1649-1713) - L'Année Liturgique : « Le Temps de l’Avent » de Prosper Guéranger, pages 127-129, chez Julien Lanier Cosnard et Cie éditeurs (1858)
Prière de Jean-Jacques Olier pour l'Avent
Voici une Prière pour le temps de l'attente et du désir où tous nos efforts sont portés par le désir de Dieu, le désir d'être sauvé et d'être avec Lui « Ô Jésus, exercez votre Domination sur toute puissance ennemie » de Jean-Jacques Olier (1608-1657), Prêtre et mystique français qui créa le premier Séminaire français et fonda la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice.
La Prière de Jean-Jacques Olier « Ô Jésus, exercez votre Domination sur toute puissance ennemie » :
« Ô Jésus vivant en Marie, venez et vivez en vos serviteurs, dans l'esprit de votre Sainteté, dans la plénitude de votre Force, dans la perfection de vos Voies, dans la vérité de vos Vertus, dans la communion à vos Mystères, exercez votre Domination sur toute puissance ennemie dans votre Esprit, à la Gloire du Père. Ainsi soit-il. »
Abbé Jean-Jacques Olier (1608-1657)
« Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum »
Voici l’Hymne du Quatrième Dimanche de l’Avent en latin « Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum » et en français « Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste » tirée du Livre d'Isaïe (45, 8) qui exprime merveilleusement l’Attente de l’Avènement du Messie promis, Notre-Seigneur Jésus-Christ, chantée à l'aube du jour naissant à la lueur des bougies.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
1 : Ne irascaris Domine, ne ultra memineris iniquitatis. Ecce civitas sancta facta est deserta, Sion deserta est, Jerusalem desolata est, domus sanctificationis tuæ et gloriæ tuæ, ubi laudaverunt te patres nostri.
1 : Ne Vous irritez plus, Seigneur, ne Vous souvenez plus désormais de notre iniquité. Voilà que la cité du Saint est devenue déserte, Sion est dans la solitude, Jérusalem est désolée, cette maison consacrée à votre Culte et à votre Gloire, où nos pères ont chanté vos Louanges.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
2 : Peccavimus, et facti sumus tamquam immundus nos, et cecidimus quasi folium universi. et iniquitates nostræ quasi ventus abstulerunt nos. Abscondisti faciem tuam a nobis, et allisisti nos in manu iniquitatis nostræ.
2 : Nous avons péché, et nous sommes devenus comme le lépreux ; et nous sommes tous tombés comme la feuille ; et comme un vent impétueux, nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre Face à nos regards, et Vous nous avez brisés par la main de notre iniquité.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
3 : Vide Domine afflictionem populi tui, et mitte quem missurus es : emitte Agnum dominatorem terræ, de petra deserti ad montem filiæ Sion, ut auferat ipse jugum captivitatis nostræ.
3 : Voyez, Seigneur, l'affliction de Votre peuple, et envoyez Celui que Vous devez envoyer. Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre; qu’Il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu’Il enlève Lui-même le joug de notre captivité.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste
4 : Consolamini, consolamini, popule meus : cito veniet salus tua ; quare mœrore consumeris, quia innovavit te dolor? Salvabo te, noli timere, ego enim sum Dominus Deus tuus, Sanctus Israel, redemptor tuus.
4 : Console-toi, console-toi, ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut: pourquoi te consumes-tu dans la tristesse? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi ? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.
R : Rorate cæli desuper, et nubes pluant Justum
R : Cieux, répandez votre rosée, et que les nuées fassent pleuvoir le Juste