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Temps du Carême

« Prière de la Rose d’or » du Pape Innocent III pour le Carême
Voici la Prière de bénédiction de la Rose d’or lors du quatrième Dimanche de Carême, « Laetare » ou le Dimanche de la Rose « Ô Dieu, nous supplions votre Majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose » prononcée dans la Basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem par le Pape Innocent III (1161-1216), le plus grand Pape du Moyen Âge, théologien énergique auteur du IVe Concile du Latran, qui statua sur les Dogmes, les Sacrements dont le Mariage, la réforme de l’Église, la conduite des Prêtres et des fidèles, la IVe Croisade, …
La Prière de bénédiction de la Rose d’or du Pape Innocent III « Ô Dieu, nous supplions votre Majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose » :

« Ô Dieu, dont la Parole et la Puissance ont tout créé, dont la Volonté gouverne toutes choses, Vous qui êtes la Joie et l’Allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre Majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porter aujourd’hui dans nos mains, en igné de joie spirituelle : afin que le peuple qui Vous est consacré, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la Grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l’allégresse d’Israël, représente d’un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère. Et comme votre Église, à la vue de ce symbole, a trésaillé de bonheur, pour la Gloire de votre Nom ; Vous, Seigneur, donnez-lui un contentement véritable et parfait. Agréez la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez avec votre pardon, protégez par votre miséricorde ; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Église Vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l’odeur des parfums de cette Fleur qui, sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lys des vallées, et qu’elle mérite de goûter une joie sans fin au sein de la Gloire céleste, dans la compagnie de tous les Saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles ».

Ainsi soit-il.

Pape Innocent III (1161-1216) - « Prière de bénédiction de la Rose d’or »

De nos jours, la « Rose d’or » est peu connue ; mais elle a conservé tous ses rites principaux. Le Pape bénit la Rose d’or dans la Salle des parements, il l’oint du Saint-Chrême, et répand dessus une poudre parfumée, selon le rite usité autrefois ; et quand le moment de la Messe solennelle est arrivé, il entre dans la chapelle du palais, tenant la Fleur mystique entre ses mains. Durant le saint Sacrifice, elle est placée sur l’Autel et fixée sur un rosier en or disposé pour la recevoir ; enfin, quand la Messe est terminée, on l’apporte au Pontife, qui sort de la chapelle la tenant encore entre ses mains jusqu’à la Salle des parements. Il est d’usage assez ordinaire que cette Rose soit envoyée par le Pape à quelque prince ou à quelque princesse qu’il veut honorer ; d’autres fois, c’est une ville ou une Église qui obtiennent cette distinction.
Saint Jean-Paul II a remis des roses d'or à de nombreux sanctuaires dédiés à la Vierge Marie, comme celui de Lourdes en France, d'Aparecida au Brésil ou de Guadalupe au Mexique.
Le Pape Benoît XVI a notamment donné la Rose d'Or au Sanctuaire de Jasna Góra (Pologne) en 2006 ; en 2007 à la basilique d'Aparecida, au Brésil; le 12 mai 2010 à Notre Dame de Fatima et le 2 février 2011 au Sanctuaire de Notre-Dame de Montaigu (Scherpenheuvel), en Belgique.
Le Pape François a offert à quatre reprises une rose d'or à un sanctuaire marial : à Notre Dame del Cobre (Cuba), en septembre 2015 ; à Notre Dame de Guadalupe (Mexique), en février 2016 ; à Notre Dame de Czestochowa (Pologne), en juillet 2016 ; et à Notre Dame de Fatima pour le centenaire des apparitions en mai 2017.

Prière d’Aurelius Prudentius de Sarragosse pour le Carême
Voici l’Hymne sur le Jeûne en latin et en français « Ô Christ, nous T'offrons nos chastes abstinences » d’Aurelius Prudentius Clemens de Sarragosse (348-405), Poète lyrique chrétien espagnol de la région de Saragosse, le Prince des poètes de la Liturgie latine, qui a consacré son talent poétique à Dieu par de nombreuses hymnes.
L’Hymne de Prudence sur le Jeûne « Ô Christ, nous T'offrons nos chastes abstinences » :

O Nazarene, lux Bethlem, Verbum Patris, quem partus alvi virginalis protulit, adesto castis, Christe, parcimoniis, festumque nostrum Rex serenus aspice, jejuniorum dum litamus victimam.
Ô Fils de Nazareth, Astre de Bethléhem, Verbe du Père, Toi qu'enfanta pour nous un sein virginal ; ô Christ ! Agrée nos chastes abstinences. Ô Roi ! Nous T'offrons la victime du jeûne : d'un œil serein regarde notre fête.

Nil hoc profecto purius mysterio, quo fibra cordis expiatur vividi : intemperata quo domantur viscera, arvina putrem ne resudans crapulam, obstrangulata ; mentis ingenium premat.
Rien de plus saint que ce rite mystérieux qui purifie la fibre vivante du cœur, qui dompte l'intempérance jusque dans son siège, de peur que la plénitude du corps n'étouffe l'ardeur de l'esprit.

Hinc subjugatur luxus et turpis gula ; vini, atque somni degener socordia, libido sordens, inverecundus lepos, variaeque pestes languidorum sensuum parcam subacta ; disciplinam sentiunt.
Le jeûne subjugue la liberté des sens et la gourmandise honteuse ; l'assoupissement que produisent le vin et le sommeil, la licence qui souille, la mollesse impudente, tous les vices de notre nature paresseuse y ressentent le joug d'une étroite discipline.

Nam si licenter diffluens potu, et cibo, jejuna rite membra non coerceas, sequitur, frequenti marcida oblectamine scintilla mentis ut tepescat nobilis, animusque pigris stertat in praecordiis.
Si l'homme se laisse aller sans frein au manger et au boire, s'il ne contient ses membres par le jeûne, la noble flamme de l'esprit s'attiédit bientôt ; elle s'amoindrit dans des jouissances qui la flétrissent ; l'âme s'endort dans la lâcheté du corps.

Fraenentur ergo corporum cupidines, detersa et intus emicet prudentia : sic excitato perspicax acumine. Liberque flatu laxiore spiritus rerum parentem rectius precabitur.
Réfrénons donc le désir de la chair ; que la prudence se ravive et brille au dedans de nous-mêmes ; la pointe de notre esprit s'aiguisera, l'âme aspirera d'un souffle plus libre, et sa prière s'adressera plus dignement à Celui qui l'a créée.

Helia tali crevit observantia, vetus sacerdos ruris hospes aridi : fragore ab omni quem remotum, et segregem sprevisse tradunt criminum frequentiam, casto fruentem syrtium silentio.
L'observance du jeûne ajouta encore à la grandeur d'Elie, ce vieux prêtre, hôte d'un désert aride. Ce prophète, fuyant le bruit des cités et la vue de tant de crimes, goûtait le tranquille silence de la solitude.

Sed mox in auras igneis jugalibus, curruque raptus evolavit praepeti, ne de propinquo sordium contagio dirus quietum mundus afflaret virum, olim probatis inclytum jejuniis.
Mais bientôt il s'envola dans les airs, entraîné par des chevaux de feu sur un char rapide, de peur que le monde, trop voisin encore, n'exhalât la contagion de ses vices sur cet homme paisible qu'illustrait la rigueur des jeûnes qu'il avait accomplis.

Non ante coeli Principem septemplicis moses tremendi fidus interpres throni potuit videre, quam decem recursibus quater volutis sol peragrans sidera, omni carentem cerneret substantia.
Moïse, fidèle interprète du trône redoutable, ne put contempler le Roi du ciel aux sept régions, avant que le soleil, dans sa course à travers le firmament, ne l'eût revu quarante fois privé de toute nourriture.

Victus precanti solus in lacrymis fuit : nam flendo pernox irrigatum pulverem humi madentis ore pressit cernuo : donec loquentis voce praestrictus Dei expavit ignem non ferendum visibus.
Il priait, et son seul aliment étaient ses larmes. Il veillait, et son front pressait la terre arrosée de ses pleurs, jusqu'à ce que, averti par la voix de Dieu, son regard tremblant se dirigea vers ce feu dont il ne pouvait supporter l'éclat.

Johannes hujus artis haud minus potens, Dei perennis praecucurrit Filium, curvos viarum qui retorsit tramites, et flexuosa corrigens dispendia, dedit sequendam calle recto lineam.
Jean, qui fut le précurseur du Fils du Dieu éternel, ne fut pas moins puissant dans le jeûne, lui qui abaissa les sentiers raboteux et redressa les voies tortueuses, enseignant aux hommes la voie droite qu'ils avaient à suivre.

Hanc obsequelam praeparabat nuntius, mox affuturo construens iter Deo, clivosa planis, confragosa ut lenibus converterentur, neve quidquam devium Illapsa terris inveniret Veritas.
Il préparait à son tour les mortels à l'observance du jeûne, ce messager chargé d'ouvrir un chemin au Dieu qui allait venir, enseignant que les montagnes devaient s'aplanir, les voies rocailleuses s'adoucir, afin que la Vérité, descendant sur la terre, ne rencontrât plus aucun sentier négligé.

Non usitatis ortus hic natalibus, oblita lactis jam vieto in pectore matris tetendit serus infans ubera : nec ante partu de senili effusus est, quam praedicaret Virgi nem plenam Deo.
Sa naissance eut lieu contre les lois ordinaires de la nature : enfant tardivement mis au jour, il suça les mamelles d'une mère au sein de laquelle le lait était tari ; mais sa vieille mère ne l'avait pas encore mis au jour que déjà l'enfant avait annoncé la Vierge qui portait Dieu.

Post in patentes ille solitudines, amictus hirtis bestiarum pellibus, setisve tectus, hispida et lanugine, secessit, horrens inquinari ac pollui contaminatis oppidorum moribus.
Bientôt il se retira dans un vaste désert ; il se couvrit de peaux de bête au poil dur et hérissé, à la laine grossière, fuyant avec horreur la souillure que produisent les mœurs impures des cités.

Illic dicata parcus abstinentia, potum, cibumque vir severae industriae in usque serum respuebat vesperum, parvum locustis, et favorum agrestium liquore pastum corpori suetus dare.
Là, se livrant à la règle de l'abstinence, cet homme aux mœurs sévères renvoyait au soir la nourriture et le breuvage, ne donnant à son corps pour aliment que des sauterelles et quelques gouttes de miel sauvage.

Hortator ille primus et doctor novae fuit salutis : nam sacrato in flumine veterum piatas lavit errorum notas : sed tincta postquam membra defaecaverat, cœlo refulgens influebat Spiritus.
Le premier, il prêcha; le premier, il enseigna le salut nouveau ; ce fut lui qui clans le fleuve sacre purifia les taches qui longtemps avaient souillé les consciences ; mais s'il lavait ainsi les membres des pécheurs, l'Esprit devait bientôt du haut du Ciel répandre ses influences dans leurs cœurs.

Sed cur vetustæ gentis exemplum loquor ? Pridem caducis quum gravatus artubus Jesus, dicato corde jejunaverit : Praenuncupatus ore qui prophetico Emmanuel est, sive nobiscum Deus.
Pourquoi citerai-je en faveur du jeûne l'exemple d'un peuple ancien, quand nous savons que Jésus, vivant encore sous le poids de Ses membres mortels, jeûna autrefois, malgré la Sainteté de Son cœur, Lui annoncé par la bouche du Prophète comme l’Emmanuel, le Dieu avec nous ?

Qui corpus istud molle naturaliter, captumque laxo sub voluptatum jugo, virtutis arcta Loge fecit liberum, emancipator servientis plasmatis, regnantis ante victor et cupidinis.
Lui qui, par la Loi sévère de la vertu, a rendu libre notre corps, dont la nature est la mollesse, et que le joug facile des voluptés tenait captif ; Lui qui a émancipe Sa créature jusqu'alors asservie ; Lui vainqueur des appétits qui régnaient alors ?

Inhospitali namque secretus loco, quinis diebus octies labentibus, nullam ciborum vindicavit gratiam, firmans salubri scilicet jejunio vas appetendis imbecillum gaudiis.
Retiré à l'écart dans un lieu inhospitalier, Il se refuse pendant quarante jours le bienfait de la nourriture, fortifiant par un jeûne salutaire ce corps dont la faiblesse aspire aux jouissances.

Miratur hostis, posse limum tabidum tantum laboris sustinere ac perpeti, explorat arte sciscitator callida, deusne membris sit receptus terreis : sed, increpata fraude, post tergum ruit.
L’ennemi s'étonne qu'un limon périssable puisse supporter et souffrir tant de fatigues. Par d'habiles artifices, il explore si ce n'est point un Dieu caché sous des membres terrestres ; mais il s'entend reprocher sa fraude, et n'a plus qu'à s'enfuir.

Hoc nos sequamur quisque nunc pro viribus, quod consecrati tu magister dogmatis tuis dedisti, Christe, sectatoribus ; ut quum vorandi vicerit libidinem, late triumphet imperator spiritus.
Puissions-nous, ô Christ ! Ô Maître de la doctrine sacrée ! Imiter selon nos forces l’Exemple que Tu donnas à Tes disciples, afin que, victorieuse des appétits brutaux, notre âme, devenue maîtresse, triomphe dans tout son empire.

Hoc est, quod atri livor hostis invidet, mundi, polique quod gubernator probat, altaris aram quod facit placabilem, quod dormientis excitat cordis fidem, quod limat aegram pectorum rubiginem.
C'est là ce que nous envie la noire jalousie de notre adversaire ; c'est là ce qui plaît au Maître souverain de la terre et des Cieux, ce qui rend propice l'autel mystérieux, ce qui réveille la foi d'un cœur qui s'endormait, ce qui enlève la rouille d’une âme languissante.

Perfusa non sic amne flamma exstinguitur, nec sic calente sole, tabescunt nives, ut turbidarum scabra culparum seges vanescit almo trita sub jejunio, si blanda semper misceatur largitas.
Comme la flamme s'éteint sous les eaux qu'elle rencontre, comme la neige se fond sous un ardent soleil ; ainsi la triste moisson de nos péchés s'anéantit broyée par le jeûne sacré, quand l'aumône vient y joindre sa bienveillance.

Est quippe et illud grande virtutis genus operire nudos, indigentes pascere, opem benignam ferre supplicantibus, unam, paremque sortis humanæ vicem inter potentes, atque egenos ducere.
Car c'est aussi une grande œuvre de vertu de couvrir celui qui est nu, de repaître l'indigent, de porter aux suppliants un bienfaisant secours, de reconnaître une seule et même destinée humaine entre le pauvre et le puissant.

Satis beatus quisque dextram porrigit laudis rapacem, prodigam pecuniæ, cujus sinistra dulce factum nesciat. Illum perennes protinus complent opes. Ditatque fructus fœnerantem centuplex.
Assez heureux est celui qui, ravissant la vraie gloire, étend sa main droite pour prodiguer l'argent, tandis que sa main gauche ignore ce bienfait. Un trésor éternel est là pour le dédommager; il prête, et ce qu'il avance lui rendra au centuple.

Ainsi soit-il.


Prudentius de Sarragosse (348-405)

Prière du Cardinal de Bérulle pour le Carême
Voici une Prière pour demander à Jésus qu’Il établisse en nous, en nos proches et en toute l'Eglise son esprit de Pénitence, de Prière et de Sacrifice « Ô Jésus, je veux m’unir à Vous, priant et jeûnant au désert » du Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), Fondateur de la Société de l'Oratoire pour proposer aux Prêtres séculiers les moyens d'une authentique vie spirituelle afin de guider le peuple chrétien vers Dieu.
La Prière du Cardinal de Bérulle « Ô Jésus, je veux m’unir à Vous, priant et jeûnant au désert » :

« Ô Jésus, mon Seigneur et mon Sauveur pendant ce Carême, je veux m’unir à Vous, priant et jeûnant au désert, à Vous qui avez voulu souffrir et Vous humilier pour moi. Par votre Solitude et votre Silence, détachez-moi des créatures et attirez-moi à Vous. Par votre Faim et vos Privations, ouvrez-moi à vos Grâces et dilatez mon désir de Vous. Par vos Tentations et vos Souffrances, fortifiez-moi dans mes combats. Et par votre Retour en votre Vie publique, apprenez-moi à vivre avec Vous et en Vous, afin que dans le monde et les épreuves, rempli de Vous et de votre Vie, je ne rayonne que Vous et votre Joie. Ainsi soit-il. »

Cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629)

Prière du Saint-Père François pour le Carême
Voici la Prière « Seigneur Jésus-Christ, guéris-moi de la dureté de mon cœur » de notre Saint Père, le Pape François, composée du Vatican le 4 octobre 2014 en la fête de saint François d’Assise pour son Message du Carême 2015.
La Prière du Pape François pour le Carême 2015 « Seigneur Jésus-Christ, guéris-moi de la dureté de mon cœur » :

« Dieu notre Père, Tu n'es pas indifférent à nous, à ce que nous vivons. Tu portes chacun de nous dans ton Cœur. Tu nous connais par notre nom et Tu prends soin de nous. Tu nous cherches même quand nous T'abandonnons. Chacun de nous T'intéresse, car ton Amour T'empêche d'être indifférent à ce qui nous arrive. Touche notre cœur ! Ouvre notre cœur, afin qu'il soit revêtu de ta Bonté et de ta Miséricorde, pour devenir en ton Fils Jésus, serviteur des hommes. Seigneur Jésus-Christ, guéris-moi de la dureté de mon cœur. Rends mon cœur semblable au Tien : fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer sur lui-même et qui ne tombe pas dans le piège de la mondialisation de l'égoïsme et de l'indifférence. Ainsi soit-il »

Pape François - Message pour le Carême 2015

« Deuxième Ode du Grand Canon » de Saint André de Crète pour le Carême
Voici la deuxième Ode du Grand Canon « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis » de Saint André de Crète (660-740) en référence au deuxième cantique de Moïse (Deutéronome 32, 1-11) à lire et méditer pendant le Carême aux offices des Complies de la première semaine et des Matines du jeudi de la cinquième semaine. Saint André de Crète, Évêque de Gortyne en Crète, est l’un des plus grands Hymnographes de la liturgie byzantine.
La deuxième Ode du Grand Canon « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis » de Saint André de Crète :

Ciel, écoute ma voix. Écoute-moi, ô terre : Dieu me ramène à Lui, je veux Le célébrer.

Dans Ta compassion, ô mon Dieu, jette sur moi les yeux de ton Amour, reçois ma confession brûlante.

Plus que tous les hommes j’ai péché. J’ai péché contre Toi seul, Seigneur. Pourtant prends-moi dans Ta pitié, ô mon Sauveur, puisque c’est Toi qui m’a créé…

J’ai souillé, ô mon Sauveur, Ton image et Ta ressemblance (Gn 1, 26). Le vêtement de beauté que le Créateur Lui-même m’avait tissé, je l’ai mis en lambeaux, et je suis nu. A sa place j’ai voulu mettre une défroque déchirée, œuvre du serpent qui m’a séduit (Gn 3, 1-5)…

La beauté de l’arbre m’a fasciné, elle a trompé mon intelligence. Maintenant je suis nu et couvert de honte…

Le péché m’a revêtu de tuniques de peau (Gn 3, 21) après m’avoir dépouillé de la robe tissée par Dieu Lui-même…

Comme la prostituée, je Te crie : « Contre Toi seul, j’ai péché ». Reçois mes larmes, ô mon Sauveur, comme Tu as accepté le parfum de la pécheresse (Lc 7, 36s).

Pardonne-moi, comme le publicain je crie vers Toi. Pardonne-moi, Sauveur, car, dans la descendance d’Adam, nul n’a péché comme moi.

Comme David je suis tombé (2S 11) et me suis recouvert de boue. Mais de même que David s’est lavé dans ses larmes, lave-moi, mon Sauveur.

Entends mon âme qui gémit, mon cœur qui languit, reçois mes larmes, ô mon Sauveur, et sauve-moi.

Tu aimes l’homme et Tu veux que tous soient sauvés. Rappelle-moi dans Ta bonté, dans Ta bonté accueille-moi, je me repens.

Saint André de Crète (660-740)

Le « Grand Canon » de Saint André de Crète pour le Carême
Voici la première Ode du « Grand Canon » de Saint André de Crète (660-740), Hymnographe de la liturgie byzantine, Moine dans le Monastère attenant au Saint Sépulcre à Jérusalem dès l’âge de 15 ans qui fut Évêque de Gortyne en Crète. Le « Grand Canon pénitentiel » des neuf Odes bibliques de la liturgie grecque en 250 strophes, qui est le plus long et le plus connu, est lu pendant le Carême et permet d’adoucir l’âme la plus dure !
La « Première Ode du Grand Canon » de Saint André de Crète :

Par où commencerai-je à me lamenter sur les actes de ma misérable vie ? Quelles prémices poserai-je à la présente lamentation ? Mais comme miséricordieux, donne-moi la rémission des péchés.

Viens, ô mon âme misérable, avec ta chair, confesse-toi au Créateur de toutes choses et éloigne-toi désormais de ta préalable déraison, puis offre à Dieu des larmes dans le repentir.

J’ai rivalisé dans la transgression avec Adam le premier créé et, par mes péchés, je me suis vu dépouillé de Dieu, ainsi que du Royaume éternel et de ses délices.

Malheur à toi, âme misérable, pourquoi t’es-tu rendue semblable à la première Ève ? Mauvais fut ton regard et tu as été grièvement blessée ; tu as touché l’arbre, et tu as goûté inconsidérément à la nourriture déraisonnable.

Au lieu de l’Ève sensible s’est installée en moi l’Ève spirituelle, sous la forme de pensée passionnée dans la chair, qui me montre la volupté, et qui goûte sans cesse le breuvage amer.

C’est en toute justice qu’Adam, ayant transgressé un seul de Tes commandements, fut chassé de l’Éden ; que devrai-je subir, moi qui continuellement rejette Tes paroles vivifiantes ?

J’ai surpassé le meurtre de Caïn, devenu meurtrier de ma conscience par un choix volontaire, en vivifiant la chair et en faisant la guerre contre l’âme par mes œuvres mauvaises.

Je n’ai pas été semblable, ô Jésus, à Abel dans sa justice. Des dons qui Te soient acceptables, je ne T’en ai jamais offerts, non plus que des saintes actions, ni une vie immaculée.

A l’instar de Caïn, nous aussi, ô mon âme misérable, nous avons offert au Créateur de toutes choses, à la fois des œuvres souillées et un sacrifice maculé, ainsi qu’une vie inutile. Aussi, nous avons été condamnés.

Tel le potier qui façonne l’argile, Tu as mis en place ma chair et mes os, mon souffle et ma vie. Mais, ô mon Créateur, mon Libérateur et mon Juge, reçois-moi repentant.

Je T’annonce, Sauveur, les péchés que j’ai commis, ainsi que les plaies de mon âme et de mon corps, dont m’ont couvert, tels des brigands, les pensées meurtrières.

Bien que j’aie péché, Sauveur, je sais que Tu es Ami des hommes, Tu punis avec compassion et Tu compatis avec ferveur ; Tu vois celui qui sanglote, et Tu accours comme le Père rappelant le prodigue.

Gisant devant Ta porte, Sauveur, ne me rejette pas aux enfers au déclin de mes jours, comme un être stérile, mais avant la fin, Toi qui aimes les hommes, donne-moi la rémission des péchés.

Par mes pensées, je suis semblable à celui qui est tombé aux mains des bandits ; je suis maintenant percé de leurs coups et couvert de blessures. Mais, Christ Sauveur, viens Toi-même vers moi et guéris-moi.

Le prêtre, m’ayant aperçu, est passé outre, et le Lévite, voyant mes malheurs et ma nudité, me méprisa. Mais Jésus, né de Marie, viens et sois miséricordieux envers moi.

Agneau de Dieu, qui ôte les péchés de tous, ôte de moi le lourd fardeau du péché, et comme miséricordieuse, donne-moi des larmes de componction.

C’est le temps du repentir, je viens à Toi, mon Créateur, ôte de moi le lourd fardeau du péché et dans Ta miséricorde, donne-moi des larmes de componction.

Ne m’abhorre pas, Sauveur, ne me rejette pas de Ta face, ôte de moi le lourd fardeau du péché, et comme miséricordieux, donne-moi la rémission de mes fautes.

Mes fautes volontaires et involontaires, manifestes et cachées, connues et inconnues, pardonne-les toutes comme Dieu, sois miséricordieux envers moi et sauve-moi.

Depuis ma jeunesse, ô Christ, j’ai transgressé Tes commandements ; j’ai passé ma vie dans les passions, l’indolence et l’oisiveté ; aussi je Te crie, ô Sauveur, tout au moins à la fin de ma vie, sauve-moi !

J’ai dissipé mes biens dans la débauche, ô Sauveur, je suis dépourvu des fruits de la piété, aussi, affamé, je m’écrie : Père des miséricordes, hâte-Toi de venir à ma rencontre et aie pitié de moi.

Je tombe à Tes pieds, Jésus, j’ai péché contre Toi, purifie-moi, ôte de moi le lourd fardeau du péché, et dans Ta miséricorde, donne-moi des larmes de componction.

N’entre pas en jugement avec moi, mettant mes actions au grand jour, scrutant mes paroles, et accablant mes penchants. Mais, par Tes miséricordes, ne faisant pas cas de mes terribles péchés, sauve-moi, ô Tout-Puissant.

Saint André de Crète (660-740)