Ressources Catholiques Missel Romain

précédent
II Samuel 19
01 Alors le roi fut bouleversé, il monta dans la salle au-dessus de la porte, et il se mit à pleurer. Tout en marchant, il disait : « Mon fils Absalom ! mon fils ! mon fils Absalom ! Pourquoi ne suis-je pas mort à ta place ? Absalom, mon fils ! mon fils ! »
02 On alla prévenir Joab : « Voici que le roi pleure : il est en deuil d’Absalom. »
03 La victoire, ce jour-là, se changea en deuil pour toute l’armée, car elle apprit ce jour-là que le roi était dans l’affliction à cause de son fils.
04 Et ce jour-là, l’armée rentra dans la ville à la dérobée, comme se dérobe une armée qui s’est couverte de honte en fuyant durant la bataille.
05 Le roi s’était voilé le visage et criait à pleine voix : « Mon fils Absalom ! Absalom, mon fils ! mon fils ! »
06 Alors Joab alla trouver le roi dans sa maison et lui dit : « Aujourd’hui, tu couvres de confusion le visage de tous tes serviteurs, eux qui, aujourd’hui, t’ont sauvé la vie à toi, à tes fils et à tes filles, à tes femmes et à tes concubines.
07 En manifestant de l’amour envers ceux qui te haïssent et de la haine envers ceux qui t’aiment, tu montres aujourd’hui que chefs et serviteurs ne sont rien pour toi. Oui, aujourd’hui je comprends : si Absalom était vivant et que nous soyons tous morts aujourd’hui, tu trouverais cela très bien.
08 Mais maintenant, lève-toi, sors et va parler au cœur de tes serviteurs ! Sinon, par le Seigneur j’en fais le serment : si tu ne sors pas, personne, ce soir, ne restera avec toi pour passer la nuit, et ce serait pour toi un malheur pire que tous ceux qui te sont arrivés, depuis ta jeunesse jusqu’à maintenant. »
09 Alors le roi se leva et vint s’asseoir à la porte de la ville. On informa tout le peuple en disant : « Voici que le roi est assis à la porte ! » Et le peuple se présenta devant le roi. Israël s’était enfui, chacun à ses tentes.
10 Or, dans toutes les tribus d’Israël, les gens se mirent à discuter. On disait : « Le roi nous avait délivrés de la main de nos ennemis et fait échapper à la main des Philistins. Or maintenant, il a dû fuir le pays à cause d’Absalom.
11 Mais Absalom, lui à qui nous avons donné l’onction royale, il est mort au combat ! Alors, comment ne faites-vous rien pour que le roi revienne ? »
12 De son côté, le roi David envoya dire aux prêtres Sadoc et Abiatar : « Vous parlerez ainsi aux anciens de Juda : “Pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi dans sa maison ? La question que se pose tout Israël est déjà parvenue auprès du roi, chez lui !
13 Vous êtes mes frères, vous êtes mes os et ma chair. Alors, pourquoi seriez-vous les derniers à faire revenir le roi ?”
14 Vous direz aussi à Amasa : “N’es-tu pas mes os et ma chair ? Que Dieu amène le malheur sur moi, et pire encore, si tu ne deviens pas, pour toujours, le chef de mon armée à la place de Joab.” »
15 C’est ainsi qu’il inclina vers lui le cœur de tous les hommes de Juda comme le cœur d’un seul homme, si bien qu’ils envoyèrent dire au roi : « Reviens, toi et tous tes serviteurs ! »
16 Le roi revint donc et arriva au Jourdain tandis que les hommes de Juda arrivaient à Guilgal, pour aller à la rencontre du roi et lui faire passer le Jourdain.
17 Shiméï, fils de Guéra, le Benjaminite de Bahourim, se hâta de descendre avec les hommes de Juda, à la rencontre du roi David.
18 Mille hommes de Benjamin l’accompagnaient, ainsi que Ciba, serviteur de la maison de Saül, avec ses quinze fils et ses vingt serviteurs. Ils se précipitèrent vers le Jourdain, au devant du roi,
19 et le bac traversa pour faire passer la maison du roi ; ils agirent ainsi pour se rendre agréables à ses yeux. Lors de ce passage, Shiméï, fils de Guéra, se jeta aux pieds du roi
20 et lui dit : « Que mon seigneur le roi ne retienne pas l’offense ! Ne te souviens plus que ton serviteur t’a offensé le jour où mon seigneur le roi est sorti de Jérusalem ! Que le roi ne prenne pas cela à cœur !
21 Oui, ton serviteur le sait : j’ai péché. Mais aujourd’hui je suis venu, précédant toute la maison de Joseph, pour descendre à la rencontre de mon seigneur le roi. »
22 Abishaï, fils de Cerouya, prit alors la parole : « Serait-ce là un motif pour ne pas mettre à mort Shiméï, lui qui a maudit le messie du Seigneur ? »
23 Mais David lui répliqua : « Que me voulez-vous, les fils de Cerouya, en vous faisant aujourd’hui mes adversaires ? Aujourd’hui, on mettrait quelqu’un à mort ? En effet, ne suis-je pas certain d’être aujourd’hui roi sur Israël ? »
24 Et le roi dit à Shiméï : « Tu ne mourras pas. » Le roi lui en fit le serment.
25 Mefibosheth, fils de Saül, descendit à la rencontre du roi. Il n’avait pris aucun soin de ses pieds, ni de sa barbe, ni lavé ses vêtements, depuis le jour où le roi était parti jusqu’à ce jour où il revenait en paix.
26 Or, comme il arrivait de Jérusalem pour rencontrer le roi, celui-ci lui demanda : « Pourquoi n’es-tu pas venu avec moi, Mefibosheth ? »
27 Il répondit : « Mon seigneur le roi, c’est que mon serviteur Ciba m’a trompé ! En effet, je m’étais dit : “Je vais seller mon ânesse et la monter pour m’en aller avec le roi” – puisque ton serviteur est boiteux.
28 Ciba a bien calomnié ton serviteur auprès de mon seigneur le roi ! Mais mon seigneur le roi est comme un ange de Dieu : alors, agis comme bon te semble.
29 Pour mon seigneur le roi, en effet, la maison de mon père ne comptait que des hommes qui méritaient la mort, et pourtant tu as admis ton serviteur parmi ceux qui mangent à ta table. Ai-je encore un droit ? Que puis-je encore réclamer au roi ? »
30 Le roi lui dit : « Pourquoi continuer à te répandre en paroles ? Je le déclare : Toi et Ciba, vous vous partagerez les terres. »
31 Mefibosheth dit alors au roi : « Qu’il prenne même le tout, du moment que mon seigneur le roi rentre chez lui en paix ! »
32 Barzillaï le Galaadite était descendu de Roguelim. Il devait passer le Jourdain avec le roi, pour ensuite prendre congé de lui près du Jourdain.
33 Or, Barzillaï était très vieux : il avait quatre-vingts ans. C’est lui qui avait pourvu à l’entretien du roi lors de son séjour à Mahanaïm : c’était un personnage important.
34 Le roi dit à Barzillaï : « Continue avec moi ! À Jérusalem, quand tu seras près de moi, j’assurerai ton entretien. »
35 Barzillaï dit au roi : « Combien d’années me reste-t-il à vivre, pour que je monte avec le roi à Jérusalem ?
36 J’ai aujourd’hui quatre-vingts ans. Est-ce que je peux discerner entre le bon et le mauvais ? Ton serviteur peut-il apprécier ce qu’il mange et ce qu’il boit ? entendre encore la voix des chanteurs et des chanteuses ? Pourquoi ton serviteur devrait-il encore être une charge pour mon seigneur le roi ?
37 C’est à peine si ton serviteur pourrait passer le Jourdain avec le roi ! Alors pourquoi le roi m’accorderait-il une telle récompense ?
38 Permets que ton serviteur s’en retourne et que je meure dans ma ville, près de la tombe de mon père et de ma mère. Mais voici ton serviteur Kimham : c’est lui qui passera avec mon seigneur le roi. Fais donc pour lui ce qui est bon à tes yeux ! »
39 Le roi dit : « Kimham passera avec moi, et moi, je ferai pour lui ce qui est bon à tes yeux. Quoi que tu choisisses, je le ferai pour toi. »
40 Quand tout le peuple, ainsi que le roi, allait passer le Jourdain, le roi embrassa et bénit Barzillaï qui s’en retourna chez lui.
41 Le roi continua vers Guilgal, accompagné de Kimham. Tout le peuple de Juda, ainsi que la moitié du peuple d’Israël, avaient fait passer au roi le Jourdain.
42 Alors tous les hommes d’Israël, venant auprès du roi, lui dirent : « Pourquoi donc nos frères, ceux de Juda, t’ont-ils accaparé pour faire passer le Jourdain au roi et à sa maison, alors que tous les hommes de David étaient avec lui ? »
43 Tous les hommes de Juda répliquèrent aux hommes d’Israël : « C’est que le roi est plus proche de nous. Pourquoi vous irriter de cela ? Avons-nous mangé quelque chose aux dépens du roi ? Nous a-t-il fait des cadeaux ? »
44 Israël répondit à Juda : « J’ai dix fois des droits sur le roi, si bien que, même pour David, je suis plus que toi. Pourquoi m’as-tu méprisé ? N’ai-je pas été le premier à demander que revienne mon roi ? » Mais la parole des hommes de Juda l’emporta sur celle des hommes d’Israël.
 
II Samuel 20
01 Un vaurien se trouvait là, un dénommé Shéba, fils de Bikri, un Benjaminite. Il se mit à sonner du cor et déclara : « Pour nous, aucune part avec David, pas d’héritage avec le fils de Jessé. Chacun à ses tentes, Israël ! »
02 Alors tous les hommes d’Israël quittèrent David et montèrent à la suite de Shéba, fils de Bikri, tandis que les hommes de Juda, depuis le Jourdain jusqu’à Jérusalem, restèrent attachés aux pas de leur roi.
03 David rentra chez lui, à Jérusalem. Il prit les dix concubines qu’il avait laissées pour garder sa maison et les mit dans une maison sous bonne garde. Il pourvut à leur entretien mais ne s’en approcha plus. Elles furent séquestrées jusqu’au jour de leur mort, comme des veuves d’un vivant.
04 Le roi dit à Amasa : « Convoque-moi les hommes de Juda dans les trois jours. Puis, tiens-toi ici ! »
05 Amasa s’en alla convoquer Juda, mais il prit du retard sur le délai que David lui avait fixé.
06 David dit à Abishaï : « Maintenant, c’est Shéba, fils de Bikri, qui va être pour nous pire qu’Absalom. Toi, donc, prends les serviteurs de ton maître et poursuis-le, avant qu’il ne trouve des villes fortifiées et qu’il n’échappe à nos regards ! »
07 Alors partirent en campagne derrière Abishaï les hommes de Joab, les Kerétiens et les Pelétiens ainsi que toute l’élite des guerriers. Ils sortirent de Jérusalem à la poursuite de Shéba, fils de Bikri.
08 Ils se trouvaient près de la Grande Pierre qui est à Gabaon, quand Amasa arriva en face d’eux. Joab était équipé de sa tenue et, par-dessus, d’un ceinturon autour des reins, avec une épée dans son fourreau. Elle tomba tandis qu’il s’avançait.
09 Joab dit à Amasa : « Vas-tu bien, mon frère ? » Et, de sa main droite, il saisit Amasa par la barbe pour l’embrasser.
10 Mais Amasa n’avait pas fait attention à l’épée que Joab avait reprise en main. Celui-ci l’en frappa au ventre, et ses entrailles se répandirent à terre. Il n’eut pas à s’y prendre à deux fois, et Amasa mourut. Joab et son frère Abishaï repartirent à la poursuite de Shéba, fils de Bikri.
11 L’un des serviteurs de Joab était resté près du corps et disait : « Quiconque est en faveur de Joab, quiconque est pour David, qu’il suive Joab ! »
12 Cependant, Amasa avait roulé dans son sang, au beau milieu de la route, et l’homme s’aperçut que tout le peuple s’arrêtait là. Il tira le corps d’Amasa à l’écart de la route dans un champ et jeta sur lui un manteau, s’étant aperçu que tous ceux qui arrivaient près de lui s’arrêtaient.
13 Dès qu’il l’eut enlevé de la route, tout le monde se lança derrière Joab à la poursuite de Shéba, fils de Bikri.
14 Joab parcourut toutes les tribus d’Israël jusqu’à Abel-Beth-Maaka. Tous les alliés se rassemblèrent et partirent eux-aussi derrière lui.
15 Ils arrivèrent pour assiéger Shéba dans Abel-Beth-Maaka. Ils amoncelèrent contre la ville un remblai qui s’adossait à l’avant-mur, et toute cette troupe qui était avec Joab se mit à saper le rempart pour le faire tomber.
16 Mais une femme avisée s’écria depuis la ville : « Écoutez, écoutez donc ! Veuillez dire à Joab : “Approche-toi jusqu’ici, je veux te parler”. »
17 Joab s’approcha d’elle, et la femme lui demanda : « Est-ce bien toi, Joab ? – C’est moi », répondit-il. Elle lui dit : « Écoute les paroles de ta servante ! » Il répondit : « J’écoute. »
18 Elle poursuivit : « Jadis on disait : “Interroge Abel, l’affaire sera close.”
19 Moi, je suis en Israël des plus pacifiques et des plus sûres, et toi, tu cherches à faire périr cette ville, qui est une mère en Israël ! Pourquoi veux-tu engloutir l’héritage du Seigneur ? »
20 Joab lui répondit : « Quelle horreur, quelle horreur pour moi, que d’engloutir et de saccager !
21 Il ne s’agit pas de cela, mais il y a un homme de la montagne d’Éphraïm, un dénommé Shéba, fils de Bikri, qui a levé la main contre le roi David. Livrez-le, lui seul, et je m’éloignerai de la ville. » La femme dit à Joab : « Eh bien, sa tête, on va te la jeter par-dessus le rempart ! »
22 Cette femme avisée vint faire part à tout le peuple de sa proposition. Ils coupèrent alors la tête de Shéba, fils de Bikri, et la jetèrent à Joab. Celui-ci sonna du cor, et l’on se dispersa loin de la ville, chacun à ses tentes. Joab, quant à lui, revint à Jérusalem auprès du roi.
23 Joab commandait toute l’armée d’Israël. Benaya, fils de Joad, dirigeait les Kerétiens et les Pelétiens.
24 Adoram était chef de la corvée. Josaphat, fils d’Ahiloud, était archiviste.
25 Shéwa était scribe. Sadoc et Abiatar étaient prêtres.
26 Il y avait aussi Ira, descendant de Yaïr, qui était prêtre au service de David.
 
II Samuel 21
01 Il y eut une famine au temps de David, pendant trois années de suite, et David consulta le Seigneur. Et le Seigneur répondit : « Sur Saül et sur sa maison, il y a du sang, parce qu’il a fait mourir les Gabaonites. »
02 Alors le roi convoqua les Gabaonites et leur parla. Les Gabaonites n’étaient pas des fils d’Israël mais se rattachaient à quelques survivants des Amorites. Les fils d’Israël s’étaient engagés envers eux par serment, mais Saül, dans son zèle pour Israël et Juda, avait cherché à les abattre.
03 David déclara donc aux Gabaonites : « Que faire pour vous et comment réparer, afin que vous bénissiez l’héritage du Seigneur ? »
04 Ils lui dirent : « À propos de Saül et de sa maison, il ne s’agit pas pour nous d’or ou d’argent, ni de quelqu’un d’autre à faire mourir en Israël. » David déclara : « Ce que vous direz, je le ferai pour vous. »
05 Ils dirent au roi : « Cet homme qui voulait nous exterminer, qui pensait nous anéantir et nous éliminer de tout le territoire d’Israël,
06 qu’on nous livre sept de ses descendants : pour le Seigneur, nous les écartèlerons à Guibéa de Saül, sur la montagne du Seigneur. » Le roi dit : « Moi, je vous les livre. »
07 Cependant, le roi épargna Mefibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, à cause du serment au nom du Seigneur qui liait entre eux David et Jonathan, fils de Saül.
08 Le roi prit donc les deux fils que Rispa, fille d’Ayya, avait donnés à Saül, Armoni et Mefibosheth, et les cinq fils que Mérab, fille de Saül, avait donnés à Adriel, fils de Barzillaï, de Mehola,
09 et il les livra aux mains des Gabaonites qui les écartelèrent sur la montagne, devant le Seigneur. Ils succombèrent tous les sept ensemble. C’était le temps de la moisson. Ils furent mis à mort dans les premiers jours, au commencement de la moisson des orges.
10 Rispa, fille d’Ayya, prit un sac qu’elle étendit pour elle sur le rocher ; elle y resta depuis le commencement de la moisson des orges jusqu’à ce que l’eau du ciel se répandît sur les corps ; elle ne laissa pas les oiseaux du ciel venir sur eux pendant le jour, ni les bêtes sauvages pendant la nuit.
11 On informa David de ce qu’avait fait Rispa, fille d’Ayya, la concubine de Saül.
12 Alors David alla reprendre les ossements de Saül et de son fils Jonathan aux notables de Yabesh-de-Galaad : ceux-ci les avaient dérobés sur la place de Beth-Shéane où les Philistins les avaient suspendus, quand Saül était tombé sous leurs coups à Gelboé.
13 David rapporta donc de Yabesh les ossements de Saül et de son fils Jonathan ; on recueillit aussi les ossements de ceux qu’on avait écartelés.
14 Les ossements de Saül avec ceux de son fils Jonathan furent ensevelis au pays de Benjamin, à Céla, dans la tombe de Kish, son père. On fit tout ce que le roi avait ordonné. Après quoi, Dieu se montra favorable envers le pays.
15 Il y eut encore une bataille des Philistins contre Israël, et David descendit avec ses serviteurs. Ils combattirent les Philistins, et David en fut épuisé.
16 Yishbi-Benob, un descendant du géant Rafa, qui avait une lance d’un poids de trois cents sicles, poids du bronze, et une épée neuve à la ceinture, parlait de frapper David.
17 Mais Abishaï, fils de Cerouya, vint au secours de David et frappa le Philistin à mort. Alors les hommes de David se mirent à l’adjurer en disant : « Tu ne sortiras plus avec nous au combat, tu n’éteindras pas la lampe d’Israël ! »
18 Après quoi, il y eut encore une bataille contre les Philistins à Gob. C’est alors que Sibbekaï de Housha abattit Saf, l’un des descendants du géant Rafa.
19 Il y eut encore une autre bataille contre les Philistins à Gob. Elhanane, fils de Yaaré-Oreguim, de Bethléem, abattit Goliath de Gath, celui dont le bois de la lance était comme le rouleau d’un métier à tisser.
20 Il y eut encore une bataille à Gath. Là se trouvait un homme de haute taille qui avait six doigts aux mains et six doigts aux pieds, vingt-quatre en tout. Lui aussi était un descendant du géant Rafa.
21 Comme il défiait Israël, Jonathan, fils de Shiméa, un frère de David, l’abattit.
22 Ces quatre-là étaient des descendants de Rafa, à Gath. Ils tombèrent sous les coups de David et de ses serviteurs.
 
II Samuel 22
01 David prononça pour le Seigneur les paroles de ce chant, le jour où le Seigneur l’eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül.
02 Il dit : Le Seigneur est mon roc, ma forteresse, il est mon libérateur !
03 Dieu, le rocher qui m’abrite, mon bouclier, la force qui me sauve, ma citadelle, mon refuge, mon sauveur, tu me sauves de la violence !
04 Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de mes ennemis.
05 Les flots de la mort m’entouraient, le torrent fatal m’épouvantait ;
06 des liens infernaux m’étreignaient : j’étais pris aux pièges de la mort.
07 Dans mon angoisse, j’appelai le Seigneur ; vers mon Dieu, je lançai un appel ; de son temple il entend ma voix : mon cri parvient à ses oreilles.
08 La terre titube et tremble, les fondements du ciel frémissent, secoués par l’explosion de sa colère.
09 Une fumée sort de ses narines, de sa bouche, un feu qui dévore, une gerbe de charbons embrasés.
10 Il incline les cieux et descend, une sombre nuée sous ses pieds :
11 d’un Kéroub, il fait sa monture il vole sur les ailes du vent.
12 Il s’entoure de ténèbres comme d’une tente, de masses d’eau, d’épaisses nuées.
13 Une lueur le précède, allumant des gerbes de feu.
14 Le Seigneur tonne du haut du ciel, le Très-Haut fait entendre sa voix.
15 De tous côtés, il tire des flèches, il décoche un éclair, il répand la terreur.
16 Alors le fond de la mer se découvrit, les assises du monde apparurent, sous la voix menaçante du Seigneur, au souffle qu’exhalait sa colère.
17 Des hauteurs il tend la main pour me saisir, il me retire du gouffre des eaux ;
18 il me délivre d’un puissant ennemi, d’adversaires plus forts que moi.
19 Au jour de ma défaite ils m’attendaient, mais j’avais le Seigneur pour appui.
20 Et lui m’a dégagé, mis au large, il m’a libéré, car il m’aime.
21 Le Seigneur me traite selon ma justice, il me donne le salaire des mains pures,
22 car j’ai gardé les chemins du Seigneur, jamais je n’ai trahi mon Dieu.
23 Ses ordres sont tous devant moi, jamais je ne m’écarte de ses lois.
24 Je suis sans reproche envers lui, je me garde loin du péché.
25 Le Seigneur me donne selon ma justice, selon ma pureté qu’il voit de ses yeux.
26 Tu es fidèle envers l’homme fidèle, sans reproche avec l’homme sans reproche ;
27 envers qui est loyal, tu es loyal, tu ruses avec le pervers.
28 Tu sauves le peuple des humbles ; les regards hautains, tu les rabaisses.
29 Toi, Seigneur, tu es ma lampe. Le Seigneur éclaire mes ténèbres.
30 Grâce à toi, je saute le fossé, grâce à mon Dieu, je franchis la muraille.
31 Ce Dieu a des chemins sans reproche, la parole du Seigneur est sans alliage, il est un bouclier pour qui s’abrite en lui.
32 Qui est Dieu, hormis le Seigneur ? le Rocher, sinon notre Dieu ?
33 C’est le Dieu qui est ma place forte et me fraie un chemin sans reproche.
34 Il me donne l’agilité du chamois, il me tient debout sur les hauteurs,
35 il exerce mes mains à combattre et mon bras, à tendre l’arc.
36 Par ton bouclier tu m’assures la victoire, ta patience m’élève.
37 C’est toi qui allonges ma foulée sans que faiblissent mes chevilles.
38 Je poursuis mes ennemis, je les détruis, je ne reviens qu’après leur défaite ;
39 je les ai achevés, brisés : ils ne se relèveront pas ; ils sont tombés : les voilà sous mes pieds.
40 Pour le combat tu m’emplis de vaillance ; devant moi tu fais plier mes agresseurs.
41 Tu me livres des ennemis en déroute ; j’anéantis mes adversaires.
42 Ils appellent ? pas de sauveur ! le Seigneur ? pas de réponse !
43 J’en fais de la poussière, comme la boue des rues, je les écrase et les piétine.
44 Tu me libères des querelles du peuple, tu me gardes à la tête des nations. Un peuple d’inconnus m’est asservi.
45 Des fils d’étrangers se soumettent ; au premier mot, ils m’obéissent.
46 Ces fils d’étrangers capitulent : quittant leurs bastions, ils seront capturés.
47 Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher ! Qu’il triomphe, Dieu, le roc de mon salut,
48 ce Dieu qui m’accorde la revanche, qui fait tomber des peuples en mon pouvoir !
49 Tu me fais échapper à mes ennemis et triompher de l’agresseur, tu m’arraches à la violence de l’homme.
50 Aussi, je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur, je fêterai ton nom.
51 Il donne à son roi de grandes victoires, il se montre fidèle à son messie, à David et sa descendance, pour toujours.
 
II Samuel 23
01 Voici les dernières paroles de David : Oracle de David, fils de Jessé, oracle de l’homme hautement exalté, le messie du Dieu de Jacob, le charme des hymnes d’Israël.
02 L’Esprit du Seigneur parle par ma bouche, ses mots viennent sur ma langue.
03 Le Dieu d’Israël a parlé, le Rocher d’Israël m’a dit : « Le juste qui gouverne les hommes, celui qui les gouverne dans la crainte de Dieu,
04 il est comme la lumière du matin quand se lève le soleil par un matin sans nuages : à cet éclat, après la pluie, l’herbe sort de la terre. »
05 N’en est-il pas ainsi de ma maison avec Dieu ? Puisqu’il a établi pour moi une alliance éternelle, qui est ordonnée en tout et respectée, ne fera-t-il pas germer pour moi tout mon salut et tout mon désir ?
06 Mais les vauriens sont tous comme des épines que l’on évite : on ne les prend pas avec la main.
07 On ne les touche qu’avec une arme de fer ou un bois de lance. On y met le feu pour les brûler sur place.
08 Voici les noms des guerriers de David : Yosheb-ba-Shèbeth, un Tahkmonite, le chef des Trois : c’est lui qui brandit sa lance et frappa à mort huit cents hommes en une seule fois.
09 Après lui, Éléazar, fils de Dodo, fils d’un Ahohite, l’un des Trois Guerriers. Il était avec David lorsqu’ils défièrent les Philistins rassemblés pour les combattre. Alors que les hommes d’Israël se retiraient,
10 lui se dressa et frappa les Philistins jusqu’à ce que sa main, fatiguée, reste engourdie sur l’épée. Ce jour-là, le Seigneur remporta une grande victoire et la troupe revint derrière Éléazar, mais seulement pour dépouiller les morts.
11 Après lui, Shamma, fils d’Agué, le Hararite. Les Philistins s’étaient rassemblés à Lèhi. Il y avait là une parcelle de champ pleine de lentilles, et la troupe fuyait devant les Philistins.
12 Mais lui, se postant au milieu du champ qu’il dégagea, battit les Philistins. Ainsi le Seigneur remporta une grande victoire.
13 Trois guerriers, parmi l’élite des Trente, descendirent au temps de la moisson rejoindre David à la grotte d’Adoullam. Un corps de Philistins campait dans le Val des Refaïtes.
14 David était alors dans son refuge fortifié, et il y avait encore un poste de Philistins à Bethléem.
15 David exprima un désir : « Qui me fera boire de l’eau du puits qui est à la porte de Bethléem ? »
16 Les Trois Guerriers s’ouvrirent un passage à travers le camp des Philistins, tirèrent de l’eau du puits qui est à la porte de Bethléem, puis ils l’emportèrent pour l’offrir à David. Mais il refusa d’en boire et la répandit en libation devant le Seigneur,
17 en disant : « Que le Seigneur me garde de faire cela ! Boirais-je le sang des hommes qui sont allés là-bas en risquant leur vie ? » Il refusa donc de boire. Voilà ce que firent les Trois Guerriers.
18 Abishaï, frère de Joab, fils de Cerouya, était le chef des Trente : c’est lui qui brandit sa lance et frappa à mort trois cents hommes ; il se fit un nom parmi les Trente.
19 Certes, il fut honoré plus que les Trente et devint leur chef, mais il ne parvint pas au rang des Trois.
20 Benaya, fils d’un homme de valeur, Joad, fut prodigue en exploits. Il était originaire de Qabcéel. C’est lui qui frappa les deux Ariel de Moab, et c’est lui qui descendit tuer le lion dans la citerne, un jour de neige.
21 C’est lui aussi qui frappa un Égyptien, un homme de fière allure, qui avait en main une lance. Il descendit contre l’Égyptien avec un bâton, lui arracha la lance de la main et le tua avec sa propre lance.
22 Voilà ce qu’accomplit Benaya, fils de Joad, et il se fit un nom parmi les Trente Guerriers.
23 Il fut plus honoré que les Trente, mais ne parvint pas au rang des Trois. David le mit à la tête de sa garde personnelle.
24 Asahel, frère de Joab, faisait partie des Trente, ainsi que : Elhanane, fils de Dodo, de Bethléem,
25 Shamma de Harod, Eliqa de Harod,
26 Hèlès de Pèlèt, Ira, fils d’Iqqesh, de Teqoa,
27 Abiézer d’Anatoth, Mebounaï de Housha,
28 Salmone d’Ahoh, Mahraï de Netofa,
29 Héleb, fils de Baana, de Netofa, Ittaï, fils de Ribaï, de Guibéa des fils de Benjamin,
30 Benaya de Piréatone, Hiddaï des Torrents de Gaash,
31 Abi-Albone d’Araba, Azmaweth de Bahourim,
32 Élyahba de Shaalbone, les fils de Yashène, Jonathan,
33 Shamma de Harar, Ahiam, fils de Sharar, de Harar,
34 Élifèleth, fils d’Ahashbaï, fils du Maakatite, Éliam, fils d’Ahitofel de Guilo,
35 Hesraï de Carmel, Paaraï d’Arab,
36 Yiguéal, fils de Nathan, de Soba, Bani de Gad,
37 Cèleq d’Ammone, Naharaï de Beéroth, écuyer de Joab, un fils de Cerouya,
38 Ira de Yattir, Gareb de Yattir,
39 Ourias le Hittite. Au total : trente-sept.
suivant