Chemin n°1
Que ta vie ne soit pas une vie stérile. — Sois utile. — Laisse ton empreinte. — Que rayonne la lumière de ta foi et de ton amour.
Efface, par ta vie d’apôtre, la trace visqueuse et sale qu’ont laissée les impurs semeurs de haine. — Et embrase tous les chemins de la terre au feu du Christ que tu portes dans ton cœur.
Chemin n°2
Dieu veuille que ton comportement et tes conversations fussent tels que l’on pût dire en te voyant ou en t’écoutant parler : voilà quelqu’un qui lit la vie du Christ !
Chemin n°3
Gravité. — Laisse là cette agitation et ces minauderies de femmelette ou d’enfant. — Que ton maintien reflète la paix et l’ordre de ton esprit.
Chemin n°8
Sérénité. — Pourquoi te mettre en colère, si ta colère offense Dieu, agace ton prochain, te fait passer un mauvais quart d’heure… et si, à la fin, il faut que tu te calmes ?
Chemin n°24
Tu as des ambitions : … savoir…, entraîner…, avoir de l’audace.
Bon. Très bien. — Mais… que ce soit pour le Christ, par amour.
Chemin n°34
Ne crains pas la vérité, même si la vérité doit te coûter la vie.
Chemin n°57
Dialogue assidûment avec le Saint-Esprit, ce Grand Inconnu : c’est lui qui doit te sanctifier.
N’oublie pas que tu es temple de Dieu. — Le Paraclet est au centre de ton âme : écoute-le et suis docilement ses inspirations.
Chemin n°58
Ne gêne pas l’œuvre du Paraclet : unis-toi au Christ pour te purifier, et subis avec lui les insultes, les crachats, les soufflets…, les épines, le poids de la croix…, les clous déchirant ta chair, les angoisses d’une mort dans l’abandon…
Et glisse-toi dans le flanc ouvert de notre Seigneur Jésus jusqu’à trouver un abri sûr dans son Cœur blessé.
Chemin n°80
Quand tu auras de l’ordre, ton temps se multipliera : tu pourras ainsi rendre davantage gloire à Dieu, en travaillant plus à son service.
Chemin n°84
Domine, doce nos orare : Seigneur apprends-nous à prier ! — Et le Seigneur répondit : Lorsque vous priez, dites : Pater noster, qui est in cœlis… Notre Père, qui es aux cieux…
Comment ne pas faire grand cas de la prière vocale ?
Chemin n°87
“ L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ”, a dit le Seigneur. — Pain et parole ! Hostie et prière.
Sinon, tu ne vivras pas la vie surnaturelle.
Chemin n°89
“ Marie a choisi la meilleur part ”, lit-on dans le saint Évangile. — Elle est là, buvant les paroles du Maître. Inactive en apparence, elle prie et elle aime. — Puis elle accompagne Jésus dans sa prédication par les villes et les villages.
Sans prier, qu’il est difficile de l’accompagner !
Chemin n°91
Tu m’as écrit : “ Prier, c’est parler avec Dieu. Mais de quoi ? ” — De quoi ? De lui, de toi : joies, tristesses, succès et défaites, nobles ambitions, soucis quotidiens…, faiblesses ! actions de grâces et demandes, Amour et réparation.
En deux mots, le connaître et te connaître : “ se fréquenter ! ”
Chemin n°92
Et in meditatione mea exardescit ignis : et dans ma méditation s’allume le feu. — C’est pour cela que tu vas à l’oraison : pour devenir foyer ardent, flamme vive, qui donne chaleur et lumière.
C’est pourquoi, au moment où tu ne sauras plus avancer, lorsque tu sentiras que tu t’éteins, si tu ne peux alimenter le feu de troncs odorants, jettes-y les brindilles et les feuilles de petites prières vocales, d’oraisons jaculatoires qui l’entretiendront. — Et tu n’auras pas perdu ton temps.
Chemin n°96
C’est Jésus qui parle : “ Et moi je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. ”
Prie. Quelle affaire humaine pourrait t’offrir plus de garanties de succès ?
Chemin n°101
Persévère dans l’oraison. — Persévère même si ton effort te paraît stérile. — L’oraison est toujours féconde.
Chemin n°104
Pernoctans in oratione Dei. Il passa la nuit à prier. — C’est ce que saint Luc nous dit du Seigneur.
Toi, combien de fois as-tu persévéré de la sorte ? — Alors…
Chemin n°110
Tu m’as dit un jour que tu ressemblais à une horloge déréglée qui sonne à contretemps : tu es froid, sec et aride à l’heure de ta prière ; en revanche, lorsque tu t’y attends le moins, dans la rue, au milieu des soucis de chaque jour, dans le tumulte et le tohu-bohu de la ville, ou dans la quiétude laborieuse de ton travail professionnel, tu te surprends à prier… À contretemps ? Bon, mais ne néglige pas ces sonneries de ton horloge. — L’Esprit souffle où il veut.
Chemin n°121
Il faut entreprendre une croisade de virilité et de pureté qui contrecarre et anéantisse le travail destructeur de ceux qui tiennent l’homme pour une bête.
Et cette croisade est votre œuvre.
Chemin n°140
Ne t’inquiète pas, quoi qu’il advienne, aussi longtemps que tu ne consens pas. — Car la volonté seule peut ouvrir la porte du cœur et y introduire ces choses exécrables.
Chemin n°142
Domine ! Seigneur ! si vis, potes me mundare : si tu le veux, tu peux me guérir.
Quelle belle prière à répéter souvent, avec la foi du pauvre lépreux, lorsqu’il t’arrivera ce que nous savons, Dieu, toi et moi ! — Tu ne tarderas pas à entendre la réponse du Maître : Volo, mundare ! je le veux, sois pur !
Chemin n°144
La pureté sans faille de toute sa vie rend Jean fort devant la Croix.
Les autres apôtres fuient le Golgotha : lui, il reste, avec la Mère du Christ.
N’oublie pas que la pureté rend plus vigoureux, virilise le caractère.
Chemin n°148
Pourquoi t’approcher de la mare des consolations mondaines, pour t’y désaltérer, lorsque tu peux étancher ta soif à des eaux qui jaillissent vers la vie éternelle ?
Chemin n°149
Détache-toi des créatures jusqu’au dépouillement. Car, dit le pape saint Grégoire, le démon n’a rien à lui dans ce monde : il va nu à la bataille. Si tu luttes tout habillé contre lui, il te “ tombera ” vite, parce qu’il aura par où te saisir.
Chemin n°153
Allons ! Dis-lui avec générosité, comme un enfant : que ne me donneras-tu pas, puisque tu exiges “ cela ” de moi ?
Chemin n°163
Si ton œil droit te scandalise…, arrache-le et jette-le au loin ! — Pauvre cœur que celui qui te scandalise !
Serre-le, presse-le entre tes mains ; ne lui donne pas de consolations. Et quand il en demandera, dis-lui doucement, comme en confidence, plein d’une noble compassion : “ Sur la Croix, mon cœur ! sur la Croix, mon cœur ! ”
Chemin n°182
Buvons jusqu’à la lie le calice de la douleur en cette pauvre vie d’à présent. — Qu’importe de souffrir dix, vingt, cinquante ans…, si c’est ensuite le ciel pour toujours, pour toujours…, pour toujours ? — Et surtout — mieux que pour cette raison, propter retributionem — qu’importe de souffrir si c’est pour consoler Dieu, notre Seigneur, pour lui plaire, dans un esprit de réparation, et unis à lui sur sa Croix ? En un mot, si l’on souffre par Amour ?…
Chemin n°183
Les yeux ! C’est par eux que bien des iniquités entrent dans l’âme. — Que d’expériences “ à la David ” !… — Si vous surveillez vos regards, vous aurez assuré la garde de votre cœur.
Chemin n°185
Le monde n’admire que le sacrifice spectaculaire, parce qu’il ignore la valeur du sacrifice obscur et silencieux.
Chemin n°199
Si le grain ne meurt, il ne germe pas. — Ne veux-tu pas être grain de blé, mourir par la mortification et donner des épis bien lourds ? — Que Jésus bénisse ta moisson !
Chemin n°208
Bénie soit la douleur. — Aimée soit la douleur. — Sanctifiée soit la douleur… Glorifiée soit la douleur !
Chemin n°212
Ce Christ, que tu vois, n’est pas Jésus. — C’est tout au plus la triste image que peuvent former tes yeux troubles… — Purifie-toi. Clarifie ton regard dans l’humilité et la pénitence. Ensuite… la clarté lumineuse de l’Amour ne te manquera pas. Et ta vision sera parfaite. Ton image sera réellement la sienne : Lui.
Chemin n°213
Jésus souffre pour accomplir la Volonté du Père… Et tu veux, toi aussi, accomplir la très sainte Volonté de Dieu en suivant les pas du Maître. Dès lors, comment pourrais-tu te plaindre d’avoir la souffrance comme compagne de route ?
Chemin n°216
Tu pleures ! — N’aie pas honte. Pleure. Oui, les hommes pleurent aussi, comme toi, dans la solitude et devant Dieu. — La nuit, dit le roi David, j’inonderai mon lit de larmes.
Par ces larmes, brûlantes et viriles, tu peux purifier ton passé et rendre surnaturelle ta vie actuelle.
Chemin n°244
Réagis. — Écoute ce que te dit le Saint-Esprit : Si inimicus meus maledixisset mihi, sustinuissem utique, que mon ennemi m’offense, ce n’est pas surprenant et c’est plus tolérable. Mais toi… tu vero homo unanimis, dux meus, et notus meus, qui simul mecum dulces capiebas, toi, mon ami, mon apôtre, qui t’assieds à ma table et manges avec moi des mets savoureux !
Chemin n°253
Comporte-toi bien “ maintenant ”, sans te souvenir “ d’hier ”, déjà passé, ni te préoccuper de “ demain ”, dont tu ignores s’il arrivera pour toi.
Chemin n°255
Veux-tu que je te dise tout ce que je pense de “ ton chemin ” ? — Eh bien, voilà : si tu réponds à l’appel, tu travailleras pour le Christ à l’égal du meilleur ; si tu deviens homme de prière, tu répondras alors au chemin dont je viens de te parler et tu aspireras, avide de sacrifice, aux plus durs travaux…
Et tu seras heureux ici-bas, puis pleinement heureux dans la Vie.
Chemin n°258
Repousse ces scrupules qui te privent de la paix. — Ce qui enlève la paix de l’âme ne vient pas de Dieu.
Lorsque Dieu te visitera, tu connaîtras la vérité de ces saluts : Je vous donne ma paix…, je vous laisse ma paix…, que la paix soit avec vous…, et cela, au sein même de la tribulation.
Chemin n°264
Tu t’es bien comporté…, malgré cette chute si profonde. — Mais oui, tu t’es bien comporté, parce que tu t’es humilié, parce que tu as rectifié, parce que tu t’es rempli d’espérance, et l’espérance t’a ramené à l’amour. — Ne prends pas cet air ébahi : tu t’es bien comporté ! — Tu t’es relevé : surge, et la voix puissante a de nouveau retenti, et ambula ! Maintenant, au travail !
Chemin n°268
Habitue-toi à élever ton cœur vers Dieu en action de grâces, et souvent dans la journée. — Parce qu’il te donne ceci ou cela. — Parce qu’on t’a humilié. — Parce que tu ne possèdes pas ce dont tu as besoin, ou parce que tu le possèdes.
Parce que sa Mère, qui est aussi ta Mère, il l’a voulue si belle. — Parce qu’il a créé le soleil et la lune, et cet animal et cette plante. — Parce qu’il a donné à celui-ci d’être éloquent et à toi de bredouiller…
Remercie-le de tout, parce que tout est bon.
Chemin n°277
Pourquoi cette Croix de bois, me demandes-tu ? — Et je te cite ce passage d’une lettre : “ En levant les yeux du microscope, le regard tombe sur la Croix noire et vide. Cette Croix sans Crucifié est un symbole. Elle a un sens que les autres ne verront pas. Et celui qui, fatigué, était sur le point d’abandonner la tâche, se remet à l’oculaire et poursuit son travail, parce que la Croix vide appelle des épaules qui la portent. ”
Chemin n°291
Tu as l’obligation de te sanctifier. — Toi aussi. Qui pense que c’est une tâche exclusivement réservée aux prêtres et aux religieux ?
Le Seigneur a dit à tous, sans exception : “ Soyez parfaits, comme mon Père céleste est parfait. ”
Chemin n°296
Il est pénible de lire, dans les saints Évangiles, la question de Pilate : “ Qui voulez-vous que je vous livre, Barabbas ou Jésus, qu’on appelle le Christ ? ” Il est plus pénible d’entendre la réponse : “ Barabbas ! ”
Et plus terrible encore de me rendre compte que, très souvent ! en m’écartant du chemin, j’ai dit aussi “ Barabbas ! ” et ajouté : “ Le Christ ?… Crucifige eum ! — Crucifie-le ! ”
Chemin n°297
Tout cela, qui t’inquiète en ce moment, importe plus ou moins. — Ce qui importe absolument, c’est que tu sois heureux, que tu sauves ton âme.
Chemin n°300
Ton expérience personnelle — ce dégoût, cette inquiétude, cette amertume — te fait vivre la vérité des paroles de Jésus : nul ne peut servir deux maîtres à la fois.
Chemin n°302
Ton crucifix. — En tant que chrétien, tu devrais toujours porter sur toi ton crucifix. Et le poser sur ta table de travail. Et le baiser avant de t’endormir et à ton réveil ; et quand ton pauvre corps se rebellera contre ton âme, baise encore ton crucifix.
Chemin n°317
Quel acharnement mettent les hommes dans leurs affaires terrestres ! Rêves de grandeur, ambitions de richesses, hantises de sensualité. — Hommes et femmes, riches et pauvres, vieillards, adultes et jeunes gens, les enfants même : tous pareils.— Le jour où, toi et moi, nous mettrons la même opiniâtreté aux affaires de notre âme, notre foi sera vive et opérante, et il n’y aura pas d’obstacle que nous ne surmontions dans nos entreprises d’apostolat.
Chemin n°322
Il est vrai que notre tabernacle, je l’appelle toujours Béthanie… — Deviens l’ami des amis du Maître : Lazare, Marthe, Marie. — Après quoi tu ne me demanderas plus pourquoi j’appelle notre tabernacle Béthanie.
Chemin n°324
Quia hic homo cœpit ædificare et non potuit consumare ! Il commença de bâtir et ne put achever !
Triste commentaire, dont, si tu le veux, tu ne seras pas l’objet, car tu disposes de tous les moyens qu’il faut pour couronner l’édifice de ta sanctification : la grâce de Dieu et ta propre volonté.
Chemin n°353
Laïcisme. Neutralité. — Vieux mythes que l’on essaie toujours de rajeunir.
As-tu pris la peine de penser à quel point il est absurde de dépouiller sa qualité de catholique, en entrant à l’université ou dans un groupement professionnel, à l’académie ou au parlement, comme on laisse un pardessus au vestiaire ?
Chemin n°354
Mets ton temps à profit, je t’en prie. — N’oublie pas le figuier maudit. Il faisait pourtant quelque chose : produire des feuilles. Comme toi.
— Ne me dis pas que tu as des excuses. — Le figuier n’a pas été sauvé, rapporte l’évangéliste, bien que lorsque le Seigneur alla pour en cueillir, ce ne fût pas le temps des figues.
— Et le figuier demeura stérile à jamais.
Chemin n°357
Tous les péchés, m’as-tu dit, paraissent guetter le premier instant d’oisiveté. L’oisiveté même doit déjà être un péché !
— Celui qui s’engage à travailler pour le Christ, ne doit pas s’accorder un moment de libre, car le repos n’est pas de ne rien faire : c’est se distraire par des activités exigeant moins d’effort.
Chemin n°362
Je n’ai pas besoin de miracles : ceux de l’Écriture me suffisent amplement. — En revanche, j’ai besoin que tu accomplisses ton devoir, que tu répondes à la grâce.
Chemin n°385
Le Seigneur dit : “ Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. C’est à ce signe que l’on connaîtra que vous êtes mes disciples. ”
— Et saint Paul : “ Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la loi du Christ. ”
— Moi, je ne te dis rien.
Chemin n°392
Convaincs-toi que le ridicule n’existe pas pour qui agit au mieux.
Chemin n°393
Un homme, un… honnête homme qui transigerait, condamnerait de nouveau Jésus à mort.
Chemin n°403
Aie plus d’audace encore, et quand tu auras besoin de quelque chose, en partant toujours du Fiat de Marie, ne demande plus rien. Dis simplement : “ Jésus, je veux ceci ou cela. ” C’est ainsi que les enfants demandent.
Chemin n°407
Ne confondons pas les droits de la charge et ceux de la personne. — On ne peut pas renoncer aux premiers.
Chemin n°416
Sine me nihil potestis facere ! Lumière nouvelle, ou mieux, éclat nouveau, pour mes yeux, de cette Lumière éternelle qu’est le saint Évangile.
— Comment m’étonner de “ mes ”… sottises ?
— Puissé-je mettre Jésus dans toutes mes affaires. Et les sottises disparaîtront de ma conduite. S’il me faut parler en termes propres, je ne dirai plus “ mes affaires ”, mais “ nos affaires ”.
Chemin n°419
Enfant. — Malade. — N’éprouvez-vous pas la tentation d’écrire ces mots avec des majuscules ?
Pour une âme qui aime, les enfants, les malades, c’est Lui.
Chemin n°420
Qu’une vie est peu de chose, pour l’offrir à Dieu !…
Chemin n°421
Un ami est un trésor. — Mais un Ami ?… Là où est ton trésor, là est ton cœur.
Chemin n°422
Jésus est ton ami. — l’Ami. — Avec un cœur de chair comme le tien. — Avec des yeux pleins de bonté, qui ont versé des larmes pour Lazare…
— Et il t’aime, toi, autant que Lazare.
Chemin n°427
Seigneur, donne-moi l’équilibre et la mesure en tout…, sauf en Amour.
Chemin n°442
Garde-toi de mal penser de quelqu’un, même si ses propos ou ses actes t’autorisent de façon raisonnable à porter un tel jugement.
Chemin n°447
Quand on a vu à quoi s’épuisent — entièrement — tant d’existences (parler, parler et encore parler, avec tout ce que cela comporte), le silence me paraît plus nécessaire et plus aimable. — Et je comprends très bien, Seigneur, que tu demandes raison des propos oiseux.
Chemin n°451
Ne cherchons pas à juger. — Chacun voit les choses de son point de vue…, et avec son intelligence, presque toujours fort limitée, et des yeux souvent troublés et voilés par les ténèbres de la passion.
En outre, la vision si subjective et maladive de certaines personnes est semblable à celle de ces peintres modernes qui tracent quelques lignes arbitraires et nous assurent que c'est là notre portrait, notre attitude…
Le jugement des hommes a si peu de valeur !
— Ne jugez pas sans passer votre jugement au crible de la prière.
Chemin n°452
Efforce-toi, s’il le faut, de pardonner toujours et tout de suite à qui t’offense. Pour grand que soit le tort ou l’affront qu’on te fait, Dieu t’a pardonné, à toi, bien davantage.
Chemin n°456
Critiquer, détruire, ce n’est pas difficile : le dernier des manœuvres sait planter sa pioche dans la noble et belle pierre d’une cathédrale.
— Construire, voilà l’œuvre qui requiert des maîtres.
Chemin n°466
Les gens sont d’ordinaire fort peu généreux de leur argent, m’écris-tu. — Conversations, enthousiasme bruyant, promesses, projets. — Au moment du sacrifice, ils sont peu à “ donner un coup de main ”. Et s’ils le donnent, c’est à l’occasion d’un divertissement
— bal, loterie, séance de cinéma, soirée — ou pour une liste de souscriptions publiée dans la presse.
— Le tableau est triste, mais il y a des exceptions : sois de ceux qui ne permettent pas que leur main gauche, quand ils font l’aumône, sache ce que fait leur droite.
Chemin n°471
Dans les entreprises d’apostolat, il est bon
— c’est un devoir — de tenir compte de tes moyens terrestres (2 + 2 = 4), mais n’oublie jamais, au grand jamais ! que tu dois heureusement compter sur un autre terme de l’addition : Dieu + 2 + 2…
Chemin n°472
Sers ton Dieu avec droiture, sois-lui fidèle… et ne t’inquiète de rien : c’est une grande vérité que, “ si tu cherches le royaume de Dieu et sa justice, le reste — le matériel, les moyens — te sera donné par surcroît… ”
Chemin n°482
Qu’importe que se dressent contre toi le monde entier et toute sa puissance ? Toi…, va de l’avant !
— Répète les paroles du psaume : “ Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ?… Si consistant adversum me castra, non timebit cor meum, même si je me vois entouré d’ennemis, mon cœur ne fléchira pas. ”
Chemin n°489
Foi vive et pénétrante. Comme la foi de Pierre. — Quand tu l’auras — c’est Lui qui l’a dit — tu déplaceras les montagnes, les obstacles, humainement insurmontables, qui pourraient s’opposer à tes entreprises d’apôtre.
Chemin n°491
Nonne hic est fabri filius ? Nonne hic est faber, filius Mariæ ? N’est-ce pas là le fils du charpentier ? N’est-ce pas là le charpentier, le fils de Marie ?
— Lorsque tu voudras “ définitivement ” accomplir la volonté de Dieu, devenir son instrument, il est très possible que d’aucuns diront de toi, mi-étonnés, mi-moqueurs, ce que l’on a dit de Jésus : Mais n’est-ce pas lui qui… ?
— Tais-toi. Et que tes œuvres confirment ta mission.
Chemin n°502
Marie, modèle de prière. — Vois comme elle prie son Fils, à Cana ; et comme elle insiste, sans se décourager, avec persévérance. — Et comme elle réussit.
— Prends exemple sur elle.
Chemin n°506
Notre Dame des Douleurs. Quand tu la contempleras, vois son Cœur : c’est une Mère qui a deux enfants face à face : Lui… et toi.
Chemin n°507
Quelle humilité que celle de sainte Marie, ma Mère ! — Vous ne la verrez ni parmi les rameaux de Jérusalem, ni à l’heure des grands miracles, sauf aux prémices de Cana.
— Mais elle ne fuit pas l’affront du Golgotha : Elle est là iuxta crucem Iesu — sa Mère, tout près de la croix de Jésus.
Chemin n°508
Admire la fermeté de la Vierge Marie : au pied de la Croix, en proie à la plus grande douleur humaine — il n’est pas de douleur pareille à sa douleur — et pourtant pleine de fermeté.
— Et demande-lui un peu de cette force d’âme, de manière à savoir, toi aussi, te tenir au pied de la Croix.
Chemin n°510
Voyez avec quelle simplicité ! — Ecce ancilla !… Et le Verbe s’est fait chair.
— C’est ainsi qu’ont agi les saints : sans attirer le regard. Si ce n’est malgré eux.
Chemin n°511
Ne timeas Maria ! Ne crains pas, Marie !…
— La Vierge s’était troublée devant l’archange.
— Et moi, je passerais outre à ces détails de modestie, sauvegarde de ma pureté !
Chemin n°512
Ô Mère, Mère ! Par ce mot — fiat — vous avez fait de nous les frères de Dieu et les héritiers de sa Gloire. — Soyez bénie !
Chemin n°522
Vénère et respecte la sainte liturgie de l’Église et ses cérémonies. — Suis-les fidèlement. — Ne sais-tu pas que même la plus grande et la plus noble des choses n’entre dans l’esprit des pauvres hommes que par les sens ?
Chemin n°527
Cette femme, qui répandit, chez Simon le lépreux, à Béthanie, un parfum coûteux sur la tête du Maître, nous rappelle au devoir d’être magnifiques dans le culte de Dieu.
— Tout le luxe, la majesté et la beauté du monde me semblent peu.
— Et contre ceux qui s’en prennent à la richesse des vases sacrés, des ornements, des retables…, s’élève la louange de Jésus : Opus enim bonum operata est in me, c’est une bonne œuvre que cette femme a faite envers moi.
Chemin n°534
Avoir communié tous les jours pendant tant d’années ! — Un autre serait saint, m’as-tu dit, et moi toujours au même point !
— Mon enfant, t’ai-je répondu, continue à communier quotidiennement et pense : où en serais-je, si je n’avais pas communié ?
Chemin n°536
Communie. — Ce n’est pas manquer de respect. — Communie précisément aujourd’hui que tu viens de te débarrasser de cette chaîne.
— Oublies-tu que Jésus a dit : ce n’est pas au bien portant que le médecin est nécessaire, mais au malade ?
Chemin n°537
Quand tu t’approches du tabernacle, songe que lui… il t’attend depuis vingt siècles.
Chemin n°541
Il existe une politesse de la piété. — Apprends-la. — Comme il est pénible de voir ces dévots qui ne savent ni suivre la messe, même s’ils y assistent chaque jour, ni faire le signe de la croix — ils esquissent précipitamment de vagues simagrées —, ni fléchir le genou devant le tabernacle — leurs ridicules génuflexions semblent une raillerie —, ni incliner la tête avec respect devant une image de Notre Dame !
Chemin n°575
Certains traversent la vie comme un tunnel ; ils ne s’expliquent ni la splendeur ni la certitude ni la chaleur du soleil de la foi.
Chemin n°580
Demande humblement au Seigneur d’accroître ta foi. — Alors, avec de nouvelles lumières, tu discerneras mieux la différence existant entre les sentiers du monde et ton chemin d’apôtre.
Chemin n°582
Que notre foi catholique est belle ! — Elle apporte une solution à toutes nos interrogations, elle apaise l’esprit et emplit le cœur d’espérance.
Chemin n°583
Je ne suis pas féru de miracles. — Ceux que rapporte le saint Évangile, t’ai-je dit, suffisent largement à étayer ma foi. — Mais ils me font de la peine, ces chrétiens — même pieux et “ apostoliques ! ” — qui sourient à entendre parler de chemins extraordinaires, d’événements surnaturels. — J’ai grande envie de leur dire : Oui, aujourd’hui encore, les miracles existent ; nous-mêmes nous en ferions, si nous avions la foi !
Chemin n°585
Si habueritis fidem, sicut granum sinapis ! Si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé !…
— Que de promesses dans cette exclamation du Maître !
Chemin n°588
Omnia possibilia sunt credenti, tout est possible à celui qui croit. — Ce sont des paroles du Christ.
— Pourquoi ne lui dis-tu pas, avec les apôtres : Adauge nobis fidem ! fortifie en moi la foi ?
Chemin n°598
Qu’elle est donc grande la valeur de l’humilité ! — Quia respexit humilitatem… Par-dessus la foi, la charité, la pureté immaculée, voici ce que proclame l’hymne de joie chantée par notre Mère dans la maison de Zacharie :
“ Parce qu’il a regardé mon humilité, voici que toutes les générations m’appelleront bienheureuse. ”
Chemin n°606
Vois l’humilité de notre Jésus : il a eu un bourricot pour trône à Jérusalem !…
Chemin n°607
L’humilité est aussi un bon chemin qui mène à la paix intérieure ; — C’est “ Lui ” qui l’a dit : “ Apprenez de moi, qui suis doux et humble de cœur…, et vous trouverez la paix pour vos âmes. ”
Chemin n°629
Pouvoir de l’obéissance ! — Le lac de Génésareth refusait ses poissons aux filets de Pierre. Toute une nuit de perdue.
— Mais, par obéissance, le filet est rejeté à l’eau et ils pêchèrent alors piscium multitudinem copiosam : une grande quantité de poissons.
— Crois-moi, le miracle se répète chaque jour.
Chemin n°633
Si tu es homme de Dieu, méprise les richesses avec l’obstination que mettent les hommes du monde à les acquérir.
Chemin n°653
Quel exemple de discrétion nous donne la Mère de Dieu ! Même à saint Joseph elle ne révéla pas le mystère.
— Demande à Notre Dame la discrétion qui te manque.
Chemin n°670
Jésus a dit : “ Et quiconque aura quitté maison ou frères ou sœurs ou père ou mère ou femme ou enfants ou terre à cause de mon nom, recevra le centuple et aura en partage la vie éternelle. ”
— Trouve-moi quelqu’un sur terre qui paie avec une telle générosité !
Chemin n°671
Jésus… se taisait. — Iesus autem tacebat.
— Pourquoi parles-tu : pour te consoler ou pour ouvrir ton cœur ?
Tais-toi. — Cherche la joie dans les affronts : on t’en fera toujours moins que tu n’en mérites.
— Pourrais-tu par hasard demander : Quid enim mali feci ? — quel mal ai-je fait ?
Chemin n°675
C’est vrai qu’il fut pécheur. — Mais ne porte pas sur lui ce jugement irrévocable. — Aie le cœur miséricordieux, et n’oublie pas qu’il peut encore devenir un saint Augustin, alors que toi tu restes un médiocre.
Chemin n°686
Oui, cette personne a mal agi à ton égard.
— Mais n’as-tu pas agi plus mal encore envers Dieu ?
Chemin n°687
Partout où tu es passé, Jésus, aucun cœur n’est resté indifférent. — L’on t’aime ou l’on te hait.
Quand un apôtre résolu te suit en accomplissant son devoir, dois-je m’étonner — puisqu’il est un autre Christ ! — que s’élèvent de semblables murmures d’aversion ou d’affection ?
Chemin n°690
Quand viendront la souffrance, le mépris… la Croix, tu dois considérer : qu’est-ce que tout cela à côté de ce que je mérite.
Chemin n°691
Tu passes par une grande tribulation ? — Tu es en proie à des contradictions ? Très lentement, comme en la savourant, dis cette prière vigoureuse et virile :
“ Que la juste, que l’aimable volonté de Dieu soit faite, accomplie, louée et éternellement exaltée par-dessus toutes choses. — Amen. — Amen. ”
Je t’assure que tu trouveras la paix.
Chemin n°694
Je ne sais pourquoi tu t’affoles. — Les ennemis du Christ ont toujours été peu raisonnables.
Après la résurrection de Lazare, ils auraient dû se rendre à l’évidence et confesser la divinité de Jésus. — Eh bien, non : tuons, dirent-ils, celui qui donne la vie !
Et aujourd’hui comme hier.
Chemin n°695
Élève ton cœur d’apôtre aux heures de lutte et de contradiction, quand, peut-être, “ les gens de bien ” eux-mêmes sèment ton chemin d’obstacles ; écoute Jésus parler du grain de sénevé et du levain. — Et dis-lui : Edissere nobis parabolam, explique-moi la parabole.
Tu connaîtras alors la joie de contempler la victoire future : les oiseaux du ciel s’abritant sous ton apostolat encore naissant et toute la pâte levée.
Chemin n°699
Croix, peines, tribulations : tu en auras tant que tu vivras. — Ce fut le chemin du Christ et le disciple n’est pas plus que le Maître.
Chemin n°701
N’as-tu pas entendu, des lèvres mêmes du Maître, la parabole de la vigne et des sarments ?
— Console-toi. Il exige beaucoup de toi, parce que tu es un sarment qui porte des fruits… Et il t’émonde, ut fructum plus afferas, pour que tu fructifies davantage encore.
Bien sûr, cette taille, cet émondage te font mal ! Mais quelle fraîcheur ensuite dans les fruits, quelle maturité dans les œuvres !
Chemin n°708
Le monde, le démon et la chair sont des aventuriers ; spéculant sur la faiblesse du sauvage qui est en toi, ils veulent qu’en échange de la verroterie d’un plaisir — qui ne vaut rien — tu leur remettes l’or fin, les perles, les brillants et les rubis trempés dans le sang vivant et rédempteur de ton Dieu, qui sont le prix et le trésor de ton éternité.
Chemin n°711
Une autre chute…, et quelle chute !… Te désespérer ? Non : t’humilier et recourir par Marie, ta Mère, à l’Amour miséricordieux de Jésus. — Un Miserere et haut ce cœur ! — Puis repars !
Chemin n°719
Ne désespère jamais. Lazare était mort et décomposé : iam fœtet, quatriduanus est enim, il sent déjà mauvais, cela fait quatre jours qu’il a été enseveli, dit Marthe à Jésus.
Si tu entends l’inspiration de Dieu et que tu la suives — Lazare, veni foras ! Lazare, viens ici. Dehors ! — tu renaîtras à la Vie.
Chemin n°734
“ C’est maintenant votre heure et le règne des ténèbres. ” — Le pécheur a donc son heure ? — Oui… et Dieu son éternité.
Chemin n°739
Ne crains pas la mort. — Accepte-la dès maintenant, avec générosité…, quand Dieu voudra…, comme Dieu voudra…, où Dieu voudra. — N’en doute pas, elle viendra à l’heure, à l’endroit et de la manière qui conviendront le mieux…, envoyée par Dieu, ton Père. — Bienvenue soit notre sœur la mort !
Chemin n°746
Ton âme ne brûle-t-elle pas du désir que Dieu, ton Père, soit content, le jour où il devra te juger ?
Chemin n°754
Voici la clé de la porte qui donne accès au Royaume des Cieux : Qui facit voluntatem Patris mei qui in cœlis est, ipse intrabit in regnum cœlorum, celui qui fait la volonté de mon Père…, celui-là entrera !
Chemin n°755
Beaucoup de grandes choses dépendent de ce que, toi et moi, nous nous comportions selon la Volonté de Dieu. Ne l’oublie pas.
Chemin n°758
La pleine acceptation de la Volonté de Dieu apporte nécessairement la joie et la paix : le bonheur sur la Croix. — On voit alors que le joug du Christ est doux et que son fardeau n’est pas accablant.
Chemin n°759
La paix, me dis-tu, la paix ! — La paix est… pour les hommes de “ bonne ” volonté.
Chemin n°763
N’hésite pas : laisse monter de ton cœur à tes lèvres le fiat de Marie — “ que cela soit !… ” — qui couronne le sacrifice.
Chemin n°764
Plus l’apôtre est près de Dieu, plus il se sent universel : son cœur se dilate pour que tous et tout y trouvent place dans son désir de remettre l’univers aux pieds de Jésus.
Chemin n°766
L’abandon à la Volonté de Dieu est le secret pour être heureux sur terre. — Dis alors : Meus cibus est, ut faciam voluntatem eius, ma nourriture est de faire sa Volonté.
Chemin n°779
Il est bon de rendre gloire à Dieu, sans réclamer des arrhes (femme, enfants, honneurs…) sur cette gloire, dont nous jouirons pleinement avec lui dans la Vie…
De plus, il est généreux… Il donne le centuple, et ceci est vrai jusque dans les enfants. — Beaucoup s’en privent pour sa gloire, qui ont des milliers d’enfants spirituels… Enfants, comme nous le sommes de notre Père qui est aux cieux.
Chemin n°781
Sans moi vous ne pouvez rien faire, a dit le Seigneur. — Et il l’a dit pour que ni toi ni moi ne nous attribuions des succès qui sont les siens.
— Sine me, nihil !…
Chemin n°792
Duc in altum : au large ! — Repousse le pessimisme qui te rend lâche. Et laxate retia vestra in capturam, et jette tes filets pour pêcher.
Ne sais-tu pas que tu peux dire, comme Pierre : In nomine tuo, laxabo rete, Jésus, en ton Nom, je chercherai des âmes ?
Chemin n°794
Semer. — Et le semeur sortit… Sème à la volée, âme d’apôtre ! — Si la graine vient à tomber dans un sillon qui n’en est pas digne, le vent de la grâce l’emportera… Sème, et sois certain que ta semence germera et donnera son fruit.
Chemin n°799
Ce qui t’émerveille me semble, à moi, raisonnable. — Dieu t’a cherché dans l’exercice de ta profession ?
C’est ainsi qu’il a cherché ses premiers disciples : Pierre, André, Jean et Jacques, près de leurs filets ; Matthieu, assis à son bureau de percepteur… Et — ce qui est le comble — Paul, dans son acharnement à en finir avec la graine des chrétiens.
Chemin n°800
La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux. — Rogate ergo. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des moissonneurs à son champ.
La prière est le moyen le plus efficace du prosélytisme.
Chemin n°801
Le monde résonne encore de ce cri divin : “ Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que puis-je vouloir si ce n’est qu’il s’enflamme ? ”
— Or, tu vois : presque tout est éteint…
N’as-tu pas le désir de propager l’incendie ?
Chemin n°807
Tu me dis de ton ami qu’il fréquente les sacrements, qu’il mène une vie claire et qu’il est bon étudiant, mais qu’il n’“ accroche ” pas : si tu lui parles de sacrifice et d’apostolat, il s’attriste et s’en va.
Ne t’inquiète pas. — Ce n’est pas un échec de ton zèle ; c’est, à la lettre, la scène de l’Évangile : “ Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres ” (sacrifice)… “ puis viens, et suis-moi ” (apostolat).
L’adolescent abiit tristis : il s’en alla, lui aussi, tout triste. Il ne voulut pas répondre à la grâce.
Chemin n°814
Qu’un petit acte accompli par amour a donc de valeur !
Chemin n°819
Parce que tu as été in pauca fidelis, fidèle dans les petites choses — entre dans la joie de ton Seigneur. — Ce sont des paroles du Christ. — In pauca fidelis… ! — Dédaigneras-tu maintenant les petites choses, si la gloire du ciel est promise à ceux qui les respectent ?
Chemin n°826
Tout ce en quoi nous intervenons, nous, pauvres hommes — même la sainteté — est un tissu de petits riens qui, selon la droiture de l’intention, peuvent former une extraordinaire tapisserie d’héroïsme ou de bassesse, de vertu ou de péché.
Les chansons de geste relatent toujours des prouesses gigantesques mêlées à des traits familiers du héros. — Puisses-tu attacher toujours beaucoup d’importance aux petites choses : c’est le droit chemin !
Chemin n°829
As-tu vu combien le regard de Jésus brille lorsque la pauvre veuve dépose au Temple sa maigre aumône ? — Donne-lui, toi, ce que tu peux donner : le mérite n’est ni dans le “ peu ” ni dans le “ beaucoup ”, mais dans la volonté avec laquelle tu donnes.
Chemin n°841
Joseph d’Arimathie et Nicodème rendent discrètement visite à Jésus, en temps normal comme à l’heure du triomphe.
Mais à l’heure des grandes lâchetés ils font preuve de courage, en déclarant devant les autorités — audacter, avec audace, leur amour pour le Christ. — Prends exemple sur eux.
Chemin n°842
Ne vous inquiétez pas s’ils “ vous reconnaissent ” à vos œuvres. — C’est la bonne odeur du Christ. — Et puis, en travaillant toujours exclusivement pour lui, réjouissez-vous que s’accomplissent ces paroles de l’Écriture : “ Qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père, qui est aux cieux. ”
Chemin n°843
Non manifeste, sed quasi in occulto, non pas ouvertement, mais en cachette : c’est ainsi que Jésus se rend à la Fête des Tabernacles.
C’est ainsi qu’il marchera sur le chemin d’Emmaüs, avec Cléophas et son compagnon. — C’est ainsi qu’il se présente, ressuscité, à Marie-Madeleine.
Et c’est ainsi — non tamen cognoverunt discipuli quia Iesus est, les disciples ne surent pas que c’était lui — nous raconte saint Jean, qu’il se montra lors de la pêche miraculeuse.
Et il est encore plus caché dans l’Hostie, par Amour pour les hommes.
Chemin n°870
Ne souhaite pas d’être grand. — Enfant, toujours enfant, même si tu meurs de vieillesse. — Quand un enfant trébuche et tombe, cela ne choque personne… Son père se hâte de le relever.
Si c’est une grande personne qui trébuche et tombe, la première réaction est de rire. — Ce premier mouvement passé, il arrive que le ridicule cède à la piété. — Mais les grandes personnes doivent se relever toutes seules.
Ta triste expérience quotidienne est pleine de faux pas et de chutes. Qu’adviendrait-il de toi, si tu n’étais pas chaque jour plus enfant ?
Ne souhaite pas d’être grand. — Reste enfant, et quand tu trébucheras, que la main de Dieu ton Père te relève.
Chemin n°872
N’oublie pas que le Seigneur a une prédilection pour les enfants et pour ceux qui se font pareils aux enfants.
Chemin n°904
“ Allez, prêchez l’Évangile… Je serai avec vous… ” — Voilà ce qu’a dit Jésus… et il te l’a dit à toi.
Chemin n°906
Et regni eius non erit finis : son règne n’aura pas de fin !
Ne te réjouis-tu pas de travailler pour un tel royaume ?
Chemin n°907
Nesciebatis quia in his quæ Patris mei sunt opportet me esse ? Ne saviez-vous pas que je me dois aux affaires de mon Père ?
Réponse de Jésus adolescent. Et réponse à une mère comme sa Mère, qui le recherche depuis trois jours et le croit perdu. — Réponse qui a pour complément ces paroles du Christ, que transcrit saint Matthieu : “ Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi. ”
Chemin n°912
Je m’explique ta souffrance lorsque, dans ton inactivité forcée, tu considères le travail qui reste à faire. — La planète n’est pas assez large pour contenir ton cœur et tu dois t’accommoder… d’un petit travail de bureau.
Mais pour quand donc gardes-tu le fiat, qu’il en soit ainsi, de Marie ?…
Chemin n°913
N’en doute pas : ta vocation est la plus haute grâce que le Seigneur ait pu t’accorder. — Remercie-le.
Chemin n°917
Nonne cor nostrum ardens erat in nobis, dum loqueretur in via ? Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au fond de nous, quand il nous parlait en chemin ?
Si tu es apôtre, ces paroles des disciples d’Emmaüs devraient venir spontanément aux lèvres de tes collègues de travail après t’avoir rencontré sur le chemin de leur vie.
Chemin n°921
Tu es sel, âme d’apôtre. — Bonum est sal, le sel est bon, lit-on dans le saint Évangile, si autem sal evanuerit — mais si le sel s’affadit…, il ne vaut rien, ni pour les labours, ni pour le fumier ; on le jette comme inutile.
Tu es sel, âme d’apôtre. — Mais si tu t’affadis…
Chemin n°930
Âme d’apôtre ; toi d’abord. — Saint Matthieu rapporte ces paroles du Seigneur : “ Beaucoup me diront, au jour du jugement : Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? En ton nom que nous avons chassé les démons ? En ton nom que nous avons fait de nombreux miracles ? Alors je leur dirai en face : Jamais je ne vous ai connus pour miens ; écartez-vous de moi, vous qui avez commis l’iniquité. ”
Pourvu — dit saint Paul — qu’après avoir prêché les autres, je ne sois pas moi-même réprouvé.
Chemin n°934
Le zèle est une divine folie d’apôtre, que je te souhaite et qui présente les symptômes que voici : soif de fréquenter le Maître ; préoccupation constante des âmes ; persévérance que rien ne fait défaillir.
Chemin n°938
Cherche à vivre de manière à savoir te priver volontairement du bien-être et du confort que tu verrais d’un mauvais œil chez un autre homme de Dieu.
Songe que tu es le grain de blé dont parle l’Évangile. — Si tu ne t’enterres et ne meurs, il n’y aura pas de fruits.
Chemin n°939
Soyez hommes et femmes de ce monde, mais ne soyez pas mondains.
Chemin n°942
N’oublie pas, mon fils, que tu n’es pas seulement une âme qui rejoint d’autres âmes pour faire quelque chose de bon.
C’est beaucoup…, mais c’est peu. — Tu es l’apôtre qui remplit un mandat impératif du Christ.
Chemin n°950
Que d’amertumes en perspective si tu crois qu’en travaillant pour le Christ les charges sont autre chose que des fardeaux !
Chemin n°951
Être à la tête d’une œuvre d’apostolat, c’est être disposé à tout supporter, de tous, avec une charité infinie.
Chemin n°965
Réjouis-toi si tu en vois d’autres travailler à de bons apostolats. — Et demande à Dieu, pour eux, grâce abondante et correspondance à cette grâce.
Toi, poursuis ton chemin : persuade-toi que tu n’en as pas d’autre.
Chemin n°966
Tu n’as pas le bon esprit si tu souffres en voyant d’autres gens travailler pour le Christ, sans tenir compte de ton œuvre. — Souviens-toi du passage de saint Marc : “ Maître, nous avons vu quelqu’un qui ne nous suit pas expulser les démons en ton nom, et nous l’en avons empêché. — Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui puisse faire un miracle en mon nom, et sitôt après, parler mal de moi. Qui n’est pas contre vous est pour vous. ”
Chemin n°968
Je te bénis joyeusement, mon enfant, pour cette foi en ta mission d’apôtre, qui t’a fait écrire : “ Il n’y a aucun doute, l’avenir est assuré, peut-être même malgré nous. Mais il faut que nous ne fassions qu’un avec la tête — ut omnes unum sint ! — par la prière et le sacrifice. ”
Chemin n°974
“ Apostolat du repas ” : c’est la vieille hospitalité des patriarches, avec la chaleur fraternelle de Béthanie. — Quand on l’exerce, il semble que l’on entrevoie Jésus présider, comme dans la maison de Lazare.
Chemin n°978
Venite post me, et faciam vos fieri piscatores hominum, venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. — Ce n’est pas sans mystère que le Seigneur emploie ces mots : les hommes, comme les poissons, il faut les prendre par la tête.
Quelle évangélique profondeur dans “ l’apostolat de l’intelligence ” !
Chemin n°981
“ Quelque temps après — lit-on au chapitre VIII de saint Luc — Jésus cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant le royaume de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits mauvais et de maladies : Marie, surnommée Madeleine, de qui étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Chouza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens. ”
Je recopie. Et je demande à Dieu que si une femme me lit, elle se remplisse d’une sainte envie, pleine d’efficacité.
Chemin n°982
La femme est plus endurante que l’homme, et plus fidèle, à l’heure de la douleur. — Marie-Madeleine, Marie Cléophas et Salomé !
Avec un groupe de femmes vaillantes comme celles-là, bien unies à la Vierge des Douleurs, quel travail apostolique ne ferait-on pas dans le monde !
Chemin n°991
Tu ne peux pas “ monter ”. — Ce n’est pas surprenant, après une telle chute… !
Persévère et tu “ monteras ”. — Rappelle-toi ce que dit un auteur spirituel : ta pauvre âme est comme un passereau qui a encore de la boue aux ailes.
Il faut le soleil céleste et des efforts personnels, menus et constants, pour te débarrasser de ces penchants, de ces effets de l’imagination, de cette lassitude : de toute cette fange qui colle à tes ailes.
Et tu te sentiras libre. — Si tu persévères, tu “ monteras ”.
Chemin n°999
Quel est le secret de la persévérance ? L’Amour. — Éprends-toi de lui et tu ne l’abandonneras point.