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Forge n°1
Enfants de Dieu. — Porteurs de la seule flamme capable d’illuminer les chemins terrestres des âmes, de la seule clarté qui ne sera jamais mêlée d’ombres, de pénombres ou d’obscurités.
— Le Seigneur se sert de nous comme de flambeaux, pour que cette lumière illumine... Il dépend de nous que de nombreux hommes ne restent pas dans les ténèbres, mais marchent sur des chemins menant à la vie éternelle.
Forge n°6
N’aie pas peur, ne crains rien, ne t’étonne pas et ne te laisse pas guider par une fausse prudence.
L’appel à accomplir la Volonté de Dieu — c’est vrai aussi pour la vocation — vient subitement, comme pour les Apôtres : rencontrer le Christ et suivre son invitation... Aucun d’entre eux n’a hésité : connaître le Christ et le suivre, ce fut tout un.
Forge n°22
Comme le Maître le veut, tu dois être sel et lumière, immergé dans ce monde où il nous est donné de vivre, et dans toutes les activités des hommes. —Lumière qui illumine les intelligences et les cœurs, sel qui donne la saveur et préserve de la corruption.
C’est pourquoi si tu manques zèle apostolique, tu deviendras insipide et inutile, tu frustreras les autres et ta vie deviendra absurde.
Forge n°31
Ô, Jésus..., fortifie notre âme ! Aplanis le chemin ! Surtout, enivre-nous d’Amour et fais ainsi de nous des brasiers intenses, qui enflamment la terre du feu divin que tu es venu y apporter.
Forge n°44
Il faut savoir se donner, savoir brûler devant Dieu, comme la lumière que l’on place sur le chandelier, afin d’éclairer les hommes qui marchent dans les ténèbres ; comme les veilleuses qui brûlent devant l’autel, et qui se consument jusqu’à ce qu’elles meurent.
Forge n°52
Tu écrivais ceci : “Ô mon Roi, je t'entends t'écrier d’une voix forte, qui résonne encore à mes oreilles : “ignem veni mittere in terram, et quid volo nisi ut accendatur ?” — Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé !”
Et tu ajoutais : “Seigneur, je te réponds avec mes sens et mes puissances, de tout mon être : “ecce ego quia vocasti me !” — me voici parce que tu m’as appelé !”
— Que telle soit ta réponse dans la vie de tous les jours.
Forge n°71
Saint Luc, l’Évangéliste, évoque Jésus en train de prier... Quelle pouvait bien être la prière de Jésus !
Contemple calmement ceci : les disciples vivent dans l’intimité de Jésus-Christ. Et au fil de leurs conversations le Seigneur leur apprend — par son exemple aussi —comment ils doivent prier ; il leur révèle ce grand prodige de la miséricorde divine : nous sommes enfants de Dieu et nous pouvons nous adresser à lui, comme un enfant parle à son Père.
Forge n°72
Lorsque tu te disposes chaque jour à travailler près du Christ et à t'occuper de tant d’âmes qui le cherchent, sois bien convaincu qu’il n’existe qu’un seul chemin, le recours à Notre-Seigneur.
C’est seulement dans la prière et par la prière que nous apprenons à servir les autres !
Forge n°76
Prier : c’est la voie qui nous fait couper court à tous les maux dont nous souffrons.
Forge n°158
Quand notre vue se trouble, quand nos regards perdent de leur clarté, nous avons besoin d’aller vers la lumière. Et Jésus-Christ nous a dit qu’il est la Lumière du monde et qu’il est venu guérir les malades.
— Fais donc en sorte que tes maladies, tes chutes — si le Seigneur les permet — ne t’éloignent pas du Christ, mais qu’au contraire elles te rapprochent de lui !
Forge n°168
La seule maladie mortelle, la seule erreur funeste : c’est de se résigner à la défaite, de ne pas savoir lutter selon l’esprit des enfants de Dieu. Faute de cet effort personnel, l’âme s’engourdit, se paralyse, se retrouve seule, incapable de donner du fruit...
— Par cette lâcheté, la créature oblige le Seigneur à prononcer ces paroles qu’il entendit du paralytique, au bord de la piscine probatique : “Hominem non habeo !” — je n’ai personne !
— Quelle honte si Jésus ne trouvait pas en toi l’homme, la femme qu’il attendait !
Forge n°175
Certains se contentent de ce qui est à la portée des pauvres créatures, et ils perdent leur temps. C’est l’expérience de Pierre qui se renouvelle à la lettre : “Praeceptor, per totam noctem laborantes nihil cepimus !” — Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre.
Si l’on travaille pour son compte sans être uni à l’Église, sans l’Église, quelle efficacité pourra avoir cet apostolat ? Aucune !
— Ces gens-là doivent se persuader que par leurs seules forces, ils ne pourront rien faire. Aide-les à écouter la suite du récit évangélique : “in verbo autem tuo laxabo rete” — confiant en ta parole, je jetterai le filet. Alors la pêche sera abondante et efficace.
— Qu’il est beau de rectifier quand on a fait, pour une raison ou une autre, un apostolat pour son propre compte !
Forge n°176
Tu m’écris, et je recopie : “Domine, tu scis quia amo te !” — Seigneur, tu sais que je t’aime ! Combien de fois, Jésus, je redis et redis encore, comme une litanie aigre-douce, ces paroles de ton Céphas : car je sais bien que je t'aime, mais je suis si peu sûr de moi que je n’ose pas te le dire clairement. Il y a tant de négations dans ma vie perverse ! “Tu scis, Domine !” — Tu sais que je t’aime ! — Que mes œuvres, Jésus, ne contredisent jamais ces élans de mon cœur.”
— Insiste dans cette prière, qu’il entendra à coup sûr.
Forge n°197
Toi qui te sens dénué de vertus, de talent, de qualités..., n’as-tu pas envie de t’écrier, comme l’aveugle Bartimée : Jésus, fils de David, prends pitié de moi ?
— Quelle belle oraison jaculatoire à redire souvent : Seigneur, aie pitié de moi !
— Il t’entendra et il s’occupera de toi.
Forge n°210
Comme il avait raison, ce prêtre, quand il prêchait en ces termes : “Jésus m’a pardonné la multitude de mes péchés, et avec quelle générosité, malgré mon ingratitude ! Et si bien des péchés furent pardonnés à Marie-Madeleine parce qu’elle a beaucoup aimé, moi, à qui il a été pardonné davantage encore, quelle grande dette d’amour il me reste ! »
Jésus, je veux aller jusqu’à la folie et à l’héroïsme ! Avec ta grâce, Seigneur, même s’il me faut mourir pour toi, je ne t'abandonnerai plus jamais.
Forge n°211
Lazare a ressuscité parce qu’il a entendu la voix de Dieu : il a voulu sortir aussitôt de l’état où il se trouvait. S’il n’avait pas “voulu” bouger, il serait mort de nouveau.
Prends cette résolution sincère : avoir toujours foi en Dieu ; mettre toujours son espérance en Dieu ; aimer Dieu..., lui qui ne nous abandonne jamais, même si nous sommes aussi décomposés que Lazare.
Forge n°231
On présente à Jésus un malade, et il le regarde. — Contemple bien cette scène et médite ses paroles : “confide, fili” — aie confiance, mon fils.
Voilà ce que te dit Notre-Seigneur, lorsque tu sens le poids de tes erreurs : de la foi ! La foi est ce qui vient d’abord ; il faut ensuite se laisser conduire, comme le paralytique : avec une obéissance intérieure et soumise !
Forge n°233
Chaque fois que tu feras ta prière, efforce-toi d’avoir la foi des malades de l’Évangile : sois assuré que Jésus t’écoutera.
Forge n°236
Prendre cette ferme résolution : de m’abandonner à Jésus-Christ, avec toutes mes misères. Et ce qu’il voudra, à chaque instant : “fiat !” que cela soit !
Forge n°239
L’évangéliste nous raconte que les rois Mages furent remplis d’une grande joie, “videntes stellam” — en revoyant l’étoile.
— Ils se réjouissent, mon fils, d’une joie immense, parce qu’ils ont fait ce qu’ils devaient faire et ils se réjouissent parce qu’ils ont la certitude de parvenir au Roi qui n’abandonne jamais ceux qui vont à sa recherche.
Forge n°248
“Étant informé — de ce que le Roi est venu sur terre — le roi Hérode se troubla, et tout Jérusalem avec lui.”
Tel est notre lot quotidien ! II en va de même aujourd’hui : devant la grandeur de Dieu, qui se manifeste de mille manières, il ne manque pas de gens qui se troublent — même parmi ceux qui détiennent une autorité. C’est qu'ils n’aiment pas Dieu par-dessus tout ; c’est qu’ils ne désirent pas vraiment le rencontrer ; c'est qu'ils ne veulent suivre ses inspirations ; et ils deviennent ainsi un obstacle en travers du chemin divin.
— Toi, sois donc prévenu, continue de travailler, ne t’inquiète pas, cherche le Seigneur, prie..., et il triomphera.
Forge n°252
Donne-moi, Jésus, une Croix sans Cyrénéens. Je m’exprime mal : ta grâce, ton aide me sont indispensables, comme en toute chose ; sois toi-même mon Simon de Cyrène. Avec toi, mon Dieu, il n’est pas d’épreuve qui m’effraie...
— Mais si la Croix devait être le dégoût, la tristesse ? — Eh bien, je te dis Seigneur qu’avec toi je serai triste joyeusement.
Forge n°257
Devant l’apparente stérilité de ton apostolat, tu te sens assailli par les signes avant-coureurs d’une vague de découragement, que ta foi repousse avec vigueur... — Mais tu te rends compte aussi que tu as besoin de davantage de foi, d’une foi humble, vivante et agissante.
Toi qui désire le salut des âmes, tu dois crier comme le père de ce jeune malade possédé par le diable : “Domine, adiuva incredulitatem meam !” Seigneur, viens au secours de mon incrédulité !
N’aie aucun doute : le miracle se reproduira.
Forge n°259
Les mesures prises par certains gouvernements désireux de s’assurer que la foi meurt dans leurs pays, me rappellent les scellés que le Sanhédrin fit apposer sur le Sépulcre de Jésus.
Mais lui, qui n’était soumis à rien ni à personne, malgré ces entraves, il est ressuscité.
Forge n°274
Jésus est né dans une grotte de Bethléem, dit l’Écriture, “parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie”.
— Je ne m’écarte pas de la vérité théologique si je te dis que Jésus est encore à la recherche d’une demeure dans ton cœur.
Forge n°281
Je prie la Mère de Dieu pour qu’elle sache, pour qu’elle veuille bien nous sourire..., et elle nous sourira.
En outre, elle récompensera à mille pour un notre générosité sur cette terre. Et je lui demande mille pour un !
Forge n°287
Si tu remarques que, pour quelque motif que ce soit, tu ne peux pas, abandonne-toi en lui et dis-lui : Seigneur, j’ai confiance en toi, je m’abandonne en toi, mais viens en aide à ma faiblesse !
Et, plein de confiance, redis-lui : regarde-moi, Jésus, je ne suis qu’un chiffon sale ; l’expérience de ma vie est si triste que je ne mérite pas d’être ton fils. Il faut le lui dire...et le lui dire souvent.
— Alors, tu ne tarderas pas à entendre sa voix : “ne timeas !” — n’aie pas peur ! Ou encore : “surge et ambula !” — lève-toi et marche !
Forge n°304
Si ces hommes manifestent leur enthousiasme et t'acclament pour un bout de pain — quelle que soit la grandeur du miracle de la multiplication des pains —, que ne devrons-nous pas faire, nous autres, pour tous les dons que tu nous as accordés, et plus spécialement parce que tu te livres à nous dans l’Eucharistie ?
Forge n°318
Place-toi chaque jour devant le Seigneur et, comme le pauvre homme de l’Évangile, dis-lui lentement, mais avec tout l’élan de ton cœur : “Domine, ut videam !” — Seigneur, fais que je voie ! Que je voie ce que tu attends de moi, et que je lutte pour t’être fidèle.
Forge n°319
Mon Dieu, qu’il est facile de persévérer, quand on sait que tu es le Bon Pasteur, et nous — toi et moi... — des brebis de ton troupeau !
— En effet, nous savons bien que le Bon Pasteur donne sa vie tout entière pour chacune de ses brebis.
Forge n°324
C’est dans l’humilité que la foi véritable se révèle.
“Dicebat enim intra se”” — cette pauvre femme se disait en elle-même : “si tetigero tantum vestimentum eius, salva ero” si j’arrive seulement à toucher la frange de son manteau, je serai sauvée.
— Quelle humilité, un fruit et signe de sa foi !
Forge n°328
“Quomodo fiet istud quoniam virum non cognosco ?” — comment pourra s’accomplir ce prodige, si je ne connais point d’homme ? Cette réponse de Marie à l’Ange reflète la sincérité de son cœur.
En contemplant la Sainte Vierge, j’ai pu constater la validité de cette règle de conduite : pour avoir la paix et vivre en paix, nous devons être sincères avec Dieu, avec ceux qui dirigent notre âme et avec nous-mêmes.
Forge n°341
Demande-lui ce que tu veux sans crainte ! Et insiste ! Souviens-toi de la scène que nous rapporte l’Évangile à propos de la multiplication des pains. — Vois avec quelle magnanimité il répond aux apôtres : Combien de pains avez-vous ? Cinq ?... Que me demandez-vous ?... Et il donne six, cent, des milliers... Pourquoi ?
— Parce que le Christ connaît nos besoins avec une sagesse divine et que, par sa toute-puissance, il peut faire davantage et va plus loin que nos désirs.
Le Seigneur voit bien au-delà de notre pauvre logique, et il est infiniment généreux !
Forge n°356
Quand le Seigneur les appela, les premiers apôtres se trouvaient près de la vieille barque, occupés à raccommoder leurs filets déchirés. Le Seigneur leur dit de le suivre ; et eux, “statim” — immédiatement, “relictis omnibus” — abandonnant toute chose, oui, tout ! ils le suivirent...
Et nous, qui désirons les imiter, il arrive parfois que nous ne parvenions pas à tout abandonner. Et il nous reste un attachement au cœur, une erreur dans notre vie, que nous ne voulons pas retrancher, pour l’offrir au Seigneur.
— Parviendras-tu à examiner ton cœur en allant au fond des choses ? — Qu’il n’y demeure rien qui ne soit pas à lui ! Sinon ni toi ni moi, nous ne l’aimons vraiment.
Forge n°358
Ta prière doit être celle d’un fils de Dieu, non celle des hypocrites, qui entendront ces mots de Jésus : “Ce n’est pas celui qui dit Seigneur ! Seigneur ! qui entrera dans le Royaume des cieux.”
Ta prière, ton exclamation “Seigneur ! Seigneur !” doit s’accompagner, de mille façons différentes pendant la journée, du désir et de l’effort efficace que tu fais pour accomplir la Volonté de Dieu.
Forge n°366
Jésus, que tous, dans ton Église sainte, persévèrent sur leur chemin, qu’ils vivent selon leur vocation chrétienne, tout comme les Mages ont suivi l’étoile : en méprisant les conseils d’Hérode..., qui ne sauraient leur manquer.
Forge n°370
Devant l’immense panorama des âmes qui nous attendent, devant cette responsabilité magnifique et terrible, peut-être te prendras-tu à penser ce qu’il m’arrive de penser parfois : et c’est avec moi que tout ce travail va s’accomplir ? Avec moi, qui suis si peu de chose ?
— Ouvrons alors l’Évangile, pour considérer comment Jésus guérit l’aveugle de naissance : avec de la boue faite de poussière et de salive. Voilà le collyre qui donne la lumière à des yeux aveugles !
C’est ce que nous sommes, toi et moi, bien conscients de notre faiblesse, du fait que nous ne valons rien ; mais, avec la grâce de Dieu et notre bonne volonté, nous sommes un collyre ! Pour éclairer, pour communiquer notre force aux autres et à nous-mêmes.
Forge n°386
Tu manques de foi... et tu manques d’amour. Sinon, tu aurais immédiatement recours à Jésus, et plus souvent, en lui demandant une chose après l’autre.
— N’attends plus davantage. Invoque-le, et tu entendras le Christ te dire : “Que veux-tu que je fasse pour toi ?” C’est ainsi qu’il a accueilli le pauvre aveugle qui, du bord du chemin, ne se lassait pas d’insister.
Forge n°422
Sans doute as-tu parfois pensé — avec une sainte envie — à Jean, cet apôtre adolescent, “quem diligebat Iesus”, que Jésus aimait.
— Ne voudrais-tu pas mériter d’être appelé “celui qui aime la Volonté de Dieu” ? Prends les moyens d’y parvenir, jour après jour.
Forge n°425
Entends des lèvres de Jésus cette parabole que rapporte saint Jean dans son Évangile : “Ego sum vitis, vos palmites.” — Je suis la vigne, vous êtes les sarments.
Ton imagination et ton intelligence intègrent bien la parabole. Et tu comprends alors qu’un sarment ne sert à rien s’il est séparé du cep, de la vigne ; qu’il ne porte pas de fruit et qu’il risque de finir en bois sec que les hommes et les bêtes fouleront, ou qui sera bon pour le feu…
— Le sarment, c’est toi : tires-en toutes les conséquences.
Forge n°437
Unis à la vigne, les sarments mûrissent et portent du fruit.
— Que devons-nous faire, toi et moi ? Être très unis, par le Pain et par la Parole, à Jésus-Christ, qui est notre vigne..., en lui disant des mots affectueux tout au long de la journée. C’est ce que font les amoureux.
Forge n°476
À chacun de nous, il est arrivé exactement ce qui est arrivé à Lazare : “Veni foras” — sors ! et nous nous sommes mis en mouvement.
Qu’ils font pitié, ceux qui sont encore morts, et qui ne connaissent pas le pouvoir de la miséricorde de Dieu !
Retrouve ta sainte joie en considérant qu’en face de l’homme qui se décompose sans le Christ, se dresse celui qui est ressuscité avec lui.
Forge n°487
“Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation...” Il est impressionnant de constater à quel point on peut abandonner les affaires divines pour un mirage éphémère !
Forge n°495
As-tu mesuré toute l’affection, toute la confiance avec lesquelles ses amis traitaient le Christ ? Avec un parfait naturel les sœurs de Lazare lui reprochent son absence : nous t’avons prévenu ! Si tu avais été là !...
— Ouvre-toi à lui lentement : apprends-moi à te montrer le même amour d'amitié que Marthe, Marie et Lazare ; tout comme les douze premiers te fréquentaient, même si, au début, ils te suivaient pour des raisons peu surnaturelles.
Forge n°496
Comme j’aime contempler Jean, reposant sa tête sur la poitrine du Christ ! — Comme un amoureux abandon de l’intelligence, quoiqu’il en coûte, enflammée au feu du Cœur du Christ.
Forge n°497
Dieu m’aime... Et l’apôtre Jean écrit : “Aimons donc Dieu, puisque Dieu nous a aimés le premier.” — Il y a plus : Jésus s’adresse à chacun d’entre nous, malgré nos misères indéniables, pour nous demander, comme à Pierre, “Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?...”
— C’est le moment de lui répondre : “Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t'aime !” En ajoutant humblement : “Fais que je t'aime davantage, augmente mon Amour.”
Forge n°523
N’attache pas ton cœur à ce qui est caduc : imite le Christ, qui s’est fait pauvre pour nous, et qui n’avait où reposer sa tête.
Demande-lui de t’accorder, au milieu du monde, un détachement réel, que rien ne mitige.
Forge n°536
Persévère dans la prière, comme le conseille le Maître. Ce point de départ sera à l’origine de ta paix, de ta joie, de ta sérénité et, par conséquent, de ton efficacité surnaturelle et humaine.
Forge n°542
L’évangéliste raconte que Jésus, après qu’il a effectué un miracle, se cache lorsqu’on veut le faire roi.
— Seigneur, toi qui veux nous faire participer au miracle de l’Eucharistie, nous te demandons de ne pas te cacher à nos yeux, de vivre avec nous ; que nous puissions te voir, te toucher, t'entendre, que nous voulions rester toujours près de toi, que tu sois le Roi de nos vies et de nos occupations.
Forge n°546
Prends le temps de considérer la sainte colère du Maître quand il voit que l’on maltraite les affaires de son Père dans le Temple de Jérusalem.
— Quelle leçon ! De quoi t’empêcher à jamais de rester indifférent ou lâche, quand on traitera sans respect ce qui est à Dieu !
Forge n°558
Notre Seigneur Jésus a tant aimé les hommes qu’il s’est incarné, qu’il a pris notre nature et a vécu tous les jours au contact direct des pauvres et des riches, des justes et des pécheurs, des jeunes et des vieux, des Gentils et des Juifs.
Il a dialogué sans cesse avec tous : avec ceux qui l’aimaient bien, et avec ceux qui ne cherchaient que le moyen de retourner ses paroles, afin de pouvoir le condamner.
— Efforce-toi de te comporter comme le Seigneur.
Forge n°569
Comprends-moi bien : être dans le monde et être du monde, cela ne veut pas dire être mondain.
Forge n°574
Tu t’obstines à avancer tout seul, en faisant ta propre volonté, guidé exclusivement par ton propre jugement... et, tu le vois, le fruit de tout cela a pour nom “infécondité”.
Mon enfant, si tu ne renonces pas à ton jugement, si tu es orgueilleux, si tu te consacres à “ton” apostolat, tu pourras travailler toute la nuit — et toute ta vie sera une nuit ! — et à la fin tu te réveilleras avec tes filets vides.
Forge n°588
Imite la Vierge Sainte : c’est seulement la pleine connaissance de notre néant qui nous permet d’avoir du prix aux yeux du Créateur.
Forge n°589
Je suis persuadé que si Jean, l’apôtre jeune, demeure près du Christ sur la Croix, c’est que notre Mère l’y entraîne. Il est si puissant, l’Amour de Notre Dame !
Forge n°607
Comme je t’ai compris quand tu concluais : décidément, je n’arrive même pas au niveau du petit âne…, le petit âne qui fut le trône de Jésus pour son entrée à Jérusalem : je suis toujours mêlé à ce petit tas de chiffons, sales et misérables, que le moindre des chiffonniers méprise.
Mais j’ai ajouté à ton intention : et pourtant le Seigneur t’a choisi, et il veut que tu sois son instrument. C’est pourquoi de te voir si misérable, — et tu es dans le vrai —, cela doit t’inciter encore plus à remercier Dieu pour son appel.
Forge n°608
Ce chant humble et joyeux de Marie dans le “Magnificat” nous rappelle l’infinie générosité du Seigneur envers ceux qui deviennent comme des enfants, envers ceux qui s’abaissent et qui sont bien conscients de n'être rien.
Forge n°612
Partout où tu te trouveras, souviens-toi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Il faut t’en convaincre : celui qui veut le suivre ne doit pas prétendre à autre chose.
Forge n°625
Quand les saintes femmes parvinrent au sépulcre, elles remarquèrent que la pierre était roulée.
C’est toujours ce qui arrive ! Quand nous nous décidons à faire notre devoir, nous surmontons facilement les difficultés.
Forge n°636
Nous devons faire en sorte que, dans toutes les activités intellectuelles, il y ait des gens honnêtes, d’une haute conscience chrétienne, à la vie cohérente, qui mettent les armes de la science au service de l’humanité et de l’Église.
Tout simplement parce qu’il y aura aussi toujours dans le monde, tout comme quand Jésus vint sur la terre, de nouveaux Hérodes qui tenteront de s’approprier les connaissances scientifiques, quitte à les fausser, afin de persécuter le Christ et ceux qui suivent le Christ.
Comme il est grand, ce travail qui nous attend !
Forge n°638
Notre sainte Mère l’Église, dans un magnifique accroissement d’amour, répand la semence de l’Évangile dans le monde entier. De Rome à la périphérie.
— Lorsque tu participes à cette expansion, dans le monde entier, guide la périphérie vers le pape, afin que toute la terre ne soit qu’un seul troupeau sous un seul pasteur, un seul apostolat !
Forge n°639
“Regnare Christum volumus !” — nous voulons que le Christ règne. “Deo omnis gloria !” — À Dieu toute la gloire.
Batailler, et vaincre, avec les armes du Christ : cet idéal ne se concrétisera que par la prière et le sacrifice, par la foi et l’Amour.
— Décide-toi alors… à prier, et à croire, et à souffrir, et à Aimer !
Forge n°647
Offre ta prière, ton expiation et ton action pour cette fin : “ut sint unum”, pour que nous tous, les chrétiens, nous ayons une même volonté, un même cœur, un même esprit ; pour que, “omnes cum Petro ad Iesum per Mariam !” tous bien unis au pape, nous allions à Jésus par Marie.
Forge n°656
Achever ! Oui, achever ! — Mon fils, “qui perseveraverit usque in finem, hic salvus erit”, celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.
— Et nous, les enfants de Dieu, nous disposons des moyens nécessaires — et toi aussi ! Nous mettrons la maison hors d’eau, parce que nous pouvons tout en Celui qui nous rend forts.
— Avec le Seigneur rien n’est impossible : on y arrive toujours.
Forge n°660
Le jour du triomphe du Seigneur, de sa Résurrection, est sans appel. Où sont-ils, les soldats que les autorités avaient placés là ? Où sont-ils, les scellés qu’elles avaient apposés sur la pierre du sépulcre ? Où sont-ils, ceux qui avaient condamné le Maître ? Où sont-ils ceux qui avaient crucifié Jésus ?... Sa victoire entraîne la débandade de ces pauvres misérables.
Alors, remplis-toi d’espérance : Jésus-Christ est toujours vainqueur.
Forge n°665
Le pouvoir de faire des miracles ! Combien d’âmes mortes, et même que d’âmes pourries tu ressusciteras, si tu laisses le Christ agir en toi.
En ces temps-là, racontent les Évangiles, le Seigneur passait et les malades l’appelaient et le cherchaient. Le Christ continue de passer à travers ta vie chrétienne et, si tu le secondes, comme ils seront nombreux, ceux qui le connaîtront, l’appelleront, lui demanderont de l’aide, et comme ils seront nombreux les yeux qui s’ouvriront aux lumières merveilleuses de la grâce !
Forge n°671
Jésus dit : “Celui qui vous écoute m’écoute.”
— Crois-tu donc encore que ce sont tes paroles qui vont convaincre les hommes ?... Et puis, n’oublie pas que l’Esprit Saint peut se servir pour ce qu’il veut faire de l’instrument le plus inepte qui soit.
Forge n°672
Comme elles s’appliquent admirablement aux fils de Dieu ces paroles de saint Ambroise, quand il parle de l’ânon attaché à l’ânesse dont Jésus avait besoin pour son triomphe. Il commente : “Seul un ordre du Seigneur pouvait le délier. Ce furent les mains des apôtres qui le détachèrent. Pour ce faire, il faut une conduite et une grâce spéciales. Toi aussi, sois un apôtre, afin de délivrer ceux qui sont captifs.”
— Et permets-moi de faire une autre glose de ce texte : combien de fois, sur l’ordre de Jésus, devrons-nous défaire les liens qui retiennent les âmes, parce qu’il a besoin d’elles pour son triomphe ! Que nos mains soient alors des mains d’apôtres, ainsi que nos actes, et toute notre vie... Alors Dieu nous accordera à nous aussi la grâce qu’il donne à l’apôtre, pour briser les fers de ceux qui sont enchaînés.
Forge n°674
Le Seigneur a voulu faire de nous des corédempteurs avec lui.
Aussi, pour nous aider à comprendre une telle merveille, il incite les évangélistes à relater tous ces grands prodiges. Il pouvait, lui, tirer du pain de là où il le voulait... Mais non ! Il recherche la coopération de l’homme : il a besoin d’un enfant, d’un jeune homme, de quelques morceaux de pain et de quelques poissons.
— Nous lui sommes nécessaires, toi et moi. Et il est Dieu ! — Cela doit nous faire ressentir l’urgence de répondre généreusement aux grâces qu’il nous envoie.
Forge n°675
Si tu l’aides, ne serait-ce qu’un tout petit peu, tout comme le firent les apôtres, il sera disposé à opérer des miracles, à multiplier les pains, à modifier les volontés, à communiquer sa lumière aux intelligences les plus obscurcies, à faire en sorte que, moyennant une grâce extraordinaire, certains qui n’en avaient jamais été capables fassent preuve de droiture.
Tout cela... et bien davantage, il le fera si tu l’aides avec ce dont tu disposes.
Forge n°676
Jésus est mort. C’est un cadavre. Les saintes femmes n’espéraient rien. Elles avaient vu comment on l’avait maltraité et comment on l’avait crucifié : comme elles avaient présente en mémoire la violence de la Passion qu’il avait subie !
Elles savaient bien aussi que les soldats gardaient cet endroit ; elles savaient que le sépulcre était totalement clos : qui nous enlèvera la pierre de l’entrée ? se demandaient-elles, car la dalle était énorme. Et pourtant..., en dépit de tout, elles s’y rendent afin d’être avec lui.
Vois comme les difficultés, qu’elles soient petites ou grandes, sont évidentes... Mais, quand l’amour est là, on ne tient pas compte de ces obstacles, et on avance avec audace, avec décision, avec courage. Admets que tu as honte quand tu considères l’élan, l’intrépidité et le courage de ces femmes ?
Forge n°678
L’enseignement de saint Paul nous apprend que nous devons renouveler le monde dans l’esprit de Jésus-Christ, que nous devons placer le Seigneur au sommet et au cœur de toutes choses.
— Crois-tu que tu agis de la sorte en faisant ton métier, ton travail professionnel ?
Forge n°685
Travaille toujours et en tout, dans un esprit de sacrifice, afin de placer le Christ au sommet de toutes les activités des hommes.
Forge n°708
Tu dois tirer une autre conclusion de la vie cachée de Jésus-Christ : ne pas se presser..., tout en étant pressé !
Autrement dit : avant tout, la vie intérieure ; le reste, l’apostolat, tout apostolat n’en est que le corollaire.
Forge n°710
Dieu notre Seigneur veut que tu sois saint, pour que tu puisses sanctifier les autres. — Et pour cela, il faut qu’avec courage et sincérité tu t’examines, et que tu te tournes vers notre Dieu et Seigneur... et qu’ensuite seulement tu te tournes vers le monde.
Forge n°711
Développe tes qualités, en ce qu’elles ont de noble et d’humain. Elles peuvent être le début de l’édifice de ta sanctification. En même temps, comme je te l’ai déjà dit, souviens-toi qu’il faut tout brûler quand on se met au service de Dieu. Tout, et s’il le faut même le “qu’en dira-t-on”, même ce que l’on appelle la bonne réputation.
Forge n°753
Tu te disposes à prier, et tu ne vois rien, tu te sens troublé et sec ? Je t’indique le chemin : ne plus penser à toi, et en revanche tourner ton regard vers la Passion de Jésus-Christ, notre Rédempteur.
Sois-en convaincu : tout comme il l’a fait pour ces trois plus intimes apôtres, au jardin des Oliviers, il nous demande à nous aussi : “Veillez et priez.”
Forge n°758
Je comprends que tu désires souffrir avec le Christ par Amour : que tu veuilles interposer tes épaules entre lui et les bourreaux qui le fouettent ; que tu offres ta tête, à la place de la sienne, pour recevoir la couronne d’épines ; et tes pieds et tes mains, pour les clous... ou, pour le moins, que tu veuilles accompagner notre Mère Sainte Marie au Calvaire, et t’accuser toi-même de déicide pour tes péchés..., et souffrir et aimer.
Forge n°764
À présent que la Croix est sérieuse, lourde, Jésus arrange les choses de telle façon qu’il nous comble de paix : il devient notre Cyrénéen, pour que la charge nous soit légère.
Dis-lui alors, plein de confiance : Seigneur, quelle Croix est-ce là ? On dirait une Croix sans croix. Eh bien à partir de maintenant, avec ton aide, puisque je connais la manière de m’abandonner en toi, toutes mes croix seront comme celle-là.
Forge n°771
Unis la douleur — la Croix extérieure ou intérieure — à la Volonté de Dieu, en prononçant un “fiat” généreux et tu te verras comblé de joie et de paix.
Forge n°805
Quand tu perds ton calme et que tu es nerveux, c’est comme si tu enlevais la raison à ta raison.
Dans ces moments se fait de nouveau entendre la voix du Maître disant à Pierre, alors que celui-ci s’enfonce dans les eaux de son inquiétude et de sa nervosité : “Pourquoi as-tu douté ?”
Forge n°807
Je recopie pour toi ce texte, car il peut donner la paix à ton âme : “Je me trouve dans une situation financière pire que jamais. Je n’en perds pas la paix pour autant. J’ai la certitude absolue que Dieu, mon Père, résoudra ce problème une fois pour toutes.”
“Je veux, Seigneur, abandonner ces soucis qui sont les miens entre tes mains généreuses. Notre Mère — ta Mère —, comme elle l’a fait à Cana, t'a soufflé à l’oreille : ils n’en ont plus... Je crois en toi, j’espère en toi, je t'aime, ô Jésus : rien pour moi, tout pour eux.”
Forge n°810
Nazareth : chemin de foi, de détachement, où le Créateur s’assujettit aux créatures comme à son Père Céleste.
Forge n°818
Quand te proposeras-tu, une bonne fois, de t’identifier à ce Christ qui est la Vie ?
Forge n°823
L’amour de Dieu nous invite à porter la Croix à bout de bras..., à sentir peser sur nos épaules le poids de l’humanité tout entière et, selon les circonstances propres à l’état et au travail de chacun, à accomplir la Volonté du Père dans ses desseins à la fois pleins de lumière et d’amour.
Forge n°824
C’est Lui, le plus grand fou qu’il y ait jamais eu et qu’il y aura jamais. Existe-t-il plus grande folie que de se donner comme il se donne, et à qui il se donne ?
Car c’eût été une folie s’il était resté un Enfant sans défense ; mais alors nombre de criminels se seraient émus et n’auraient pas osé le maltraiter. Or cela lui a semblé encore trop peu : il a voulu s’anéantir davantage et se donner davantage. Et il s’est fait aliment, il s’est fait Pain.
— Ô Fou divin ! Comment les hommes te traitent-ils ?.. Et moi-même ?
Forge n°833
Nous devons faire nôtres ces paroles de Jésus-Christ, en nous assimilant à lui : “desiderio desideravi hoc Pascha manducare vobiscum” — j’ai désiré ardemment manger cette Pâque avec vous. Nous ne pourrons mieux manifester tout notre intérêt et tout notre amour pour le Saint Sacrifice qu’en soignant particulièrement jusqu’à la plus petite des cérémonies prescrite par la sagesse de l’Église.
En plus de l’Amour, la “nécessité” de ressembler au Christ doit nous presser, intérieurement mais aussi extérieurement, à évoluer dans les vastes espaces qui entourent l’autel chrétien, avec un rythme et une harmonie saints, pleins d'obéissance, qui s’identifient à la volonté de l’Épouse du Christ, autrement dit à la Volonté du Christ lui-même.
Forge n°842
Non seulement l’erreur obscurcit l’intelligence, mais elle divise les volontés.
— En revanche, “veritas liberabit vos” — la vérité vous délivrera des factions qui dessèchent la charité.
Forge n°867
De la compréhension, une charité vraie. Quand tu y parviendras réellement, ton cœur sera grand ouvert à tous, sans la moindre discrimination et, même à l’égard de ceux qui t’ont fait du mal, tu vivras ce conseil de Jésus : “Venez à moi, vous tous qui êtes accablés..., car je vous soulagerai.”
Forge n°869
Si tu aimais vraiment Dieu de tout ton cœur, ton amour du prochain, aussi difficile qu’il puisse te paraître parfois, serait une conséquence nécessaire du Grand Amour. — Et tu ne pourrais te sentir l’ennemi de personne. Tu ne ferais pas acception des personnes.
Forge n°901
Aucun fils de la Sainte Église ne peut vivre tranquille, sans éprouver de l’inquiétude devant ces masses dépersonnalisées : horde, troupeau, meute, t’ai-je écrit une fois. Mais que de nobles passions sous leur apparente indifférence ! Et donc que de virtualités !
Il nous faut servir tout le monde, imposer les mains à chacun — “singulis manus imponens”, comme le faisait Jésus —, pour leur rendre la vie à tous, pour éclairer leurs intelligences et fortifier leurs volontés, pour qu’ils jouent leur rôle !
Forge n°906
Elle nous déchire le cœur, cette plainte — toujours actuelle ! — du Fils de Dieu qui se lamente parce que la moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux.
— Ce cri est sorti de la bouche du Christ, pour que tu l’entendes toi aussi : comment lui as-tu répondu jusqu’à présent ? Est-ce que tu pries, au moins tous les jours, à cette intention ?
Forge n°915
Lorsque tu fouleras pour de bon aux pieds ton propre moi et que tu vivras pour les autres, tu pourras alors devenir un instrument idoine entre les mains de Dieu.
Il a appelé — il appelle — ses disciples, et il leur commande : “ut eatis ! allez en chercher d’autres !”
Forge n°917
“In modico fidelis !” — être fidèle en peu de choses... — Ton travail, mon enfant, ne consiste pas seulement à sauver des âmes, mais à les sanctifier jour après jour, en conférant un élan d’éternité à chaque instant, aussi vulgaire soit-il en apparence.
Forge n°932
Dieu se trouve au centre de ton âme, de la mienne, et de celle de tous les hommes qui sont en état de grâce. S’il y est, c’est pour qu’en nous il y ait plus de sel, pour que nous acquérions beaucoup de lumière, et que, chacun à notre place, nous sachions répandre ces dons de Dieu.
Et comment pourrons-nous répandre ces dons de Dieu ? En étant humbles et pieux, bien unis à notre Mère l’Église.
— Te souviens-tu de la vigne et des sarments ? Quelle fécondité que celle du sarment qui reste uni à la vigne ! Que de grappes abondantes ! Et quelle stérilité que celle du sarment isolé, qui se dessèche et perd toute vie !
Forge n°947
Par nos œuvres de service, nous pouvons préparer au Seigneur un triomphe plus grand que celui de son entrée à Jérusalem... Car la scène de Judas ne se reproduira pas, non plus que celle du jardin des Oliviers, ni cette nuit obscure... Nous parviendrons à incendier le monde avec le feu qu’il est venu apporter sur la terre !... Et la lumière de la Vérité — notre Jésus lui-même — illuminera les intelligences dans un jour sans fin.
Forge n°970
Le semeur sortit pour semer, pour lancer à la volée la semence à tous les carrefours de la terre... — Quel beau travail que le nôtre ! Faire en sorte que, dans toutes les situations, en tous lieux et en tout temps, la parole de Dieu s’enracine, germe et donne du fruit.
Forge n°993
Tu écrivais : “Simile est regnum caelorum” — le Royaume des cieux est semblable à un trésor... Ce passage du saint Évangile s’est enraciné dans mon âme en y tombant. Je l’avais pourtant lu tant de fois, sans en saisir le sens, la divine saveur.”
Tout !... L’homme sage doit tout vendre pour obtenir le trésor, la perle précieuse de la Gloire !
Forge n°1004
“Ainsi donc tu es roi”... — Oui, le Christ est Roi, un roi qui ne t’accorde pas seulement une audience quand tu la lui demandes, mais qui, dans son délire d’Amour, va jusqu’à abandonner — entends-tu ! — le magnifique palais du ciel, ce palais auquel tu ne peux pas encore parvenir, pour t’attendre dans le tabernacle.
— Ne vois-tu pas qu’il est absurde de ne pas t’y rendre en hâte pour lui parler, et avec toujours plus de constance !
Forge n°1013
Tout comme le grain de blé, il nous faut mourir pour être féconds.
Toi et moi, nous voulons, avec la grâce de Dieu, ouvrir un sillon profond et lumineux. Aussi devons-nous nous dépouiller de ce pauvre animal humain pour nous lancer dans les champs de l’esprit, pour donner un sens surnaturel à toutes les tâches humaines et, en même temps, le communiquer à ceux qui y travaillent.