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Sillon n°8
L'appel du Seigneur (la vocation) se présente toujours de cette façon : "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, prenne sa Croix et me suive."
Oui : la vocation exige le renoncement, le sacrifice. Mais, qu'il devient savoureux ce sacrifice — "gaudium cum pace", la joie dans la paix — si ce renoncement est complet !
Sillon n°9
Lorsqu'on lui a proposé de s'engager personnellement, sa réaction a été la suivante : "dans ce cas, je pourrais faire ceci..., je devrais faire cela..."
— On lui a répondu : "Ici, on ne marchande pas avec le Seigneur. La loi de Dieu, l'invitation du Seigneur est à prendre ou à laisser, telle quelle. II faut se décider — en avant ! — sans rien se réserver et avec beaucoup de courage, ou s'en aller. "Qui non est mecum..." — celui qui n'est pas avec Moi, est contre Moi.".
Sillon n°25
Il fait montre de beaucoup d'enthousiasme et de compréhension. Mais lorsqu'il voit que c'est "lui" qui est en question, que c'est "lui" qui doit collaborer sérieusement, lâche, il se retire.
Il me rappelle ceux qui, à l'heure de graves dangers, criaient pleins d'une fausse vaillance : aux armes ! aux armes ! Mais ils ne voulaient pas donner d'argent, ni s'enrôler pour défendre leur patrie.
Sillon n°28
J'ai vu rougir le visage de cet homme simple, et il m'a semblé que des larmes voilaient ses yeux : il apportait généreusement son concours à de bonnes œuvres, avec l'argent qu'il avait honnêtement gagné ; or, il venait d'apprendre que "les bons" jugeaient que ses actions n'étaient pas droites.
Avec la naïveté du néophyte dans ces combats de Dieu, il murmurait : "Ils voient que je me sacrifie... et en plus, ils me sacrifient !"
Je lui ai parlé lentement : il a embrassé mon Crucifix, et son indignation, bien naturelle, s'est transformée en paix et en joie.
Sillon n°33
La Sainte Vierge Marie, Maîtresse du don de soi qui ne connaît pas de limite. — Te souviens-tu ? c'est en la louant, Elle, que Jésus affirme : "Celui qui accomplit la volonté de mon Père, celui-ci (celle-ci !) est ma Mère !..."
Prie cette bonne Mère pour que se renforce dans ton âme — d'une force d'amour et de libération — la réponse, généreuse, exemplaire, qui fut la sienne : "ecce ancilla Domini !" — Voici la servante du Seigneur.
Sillon n°35
À présent il est clair, si clair pour moi que la "sainte effronterie" s'enracine très profondément dans l'Évangile ! Accomplis la volonté de Dieu..., et souviens-toi de Jésus diffamé, de Jésus couvert de crachats et souffleté, de Jésus traîné devant les tribunaux des pauvres hommes..., et de Jésus qui se tait ! — Une résolution : baisser la tête devant les outrages et, tout en comptant aussi avec les humiliations qui sans doute viendront, poursuivre la tâche divine que l'Amour Miséricordieux de Notre Seigneur a voulu nous confier.
Sillon n°39
Ne te conduis pas comme ces personnes qui s'effraient devant un ennemi dont la seule force est "l'agressivité de sa voix"
Sillon n°50
"Ego palam locutus sum mundo": j'ai prêché au monde ouvertement, répond Jésus à Caïphe, lorsqu'approche le moment de donner sa Vie pour nous.
— Et, cependant, il y a des chrétiens honteux de manifester "palam" (en public) leur vénération pour Notre Seigneur.
Sillon n°51
Alors que s'est produite la débandade apostolique et que le peuple enragé crie à tue-tête sa haine de Jésus-Christ, Sainte Marie suit de près son Fils à travers les rues de Jérusalem. La clameur de la foule ne la fait pas reculer, et elle ne cesse d'accompagner le Rédempteur tandis que tous ceux du cortège, dans l'anonymat, montrent une lâche hardiesse pour maltraiter le Christ.
Invoque-la avec force : "Virgo fidelis !" — Vierge fidèle ! et supplie-la pour que nous, qui nous disons amis de Dieu, nous le soyons en vérité et à toute heure.
Sillon n°65
Les revoilà tes vieilles folies !... Et ensuite, quand tu reviens à toi, tu remarques ton peu de joie : il te manque l'humilité.
On dirait que tu t'obstines à méconnaître la seconde partie de la parabole de l'Enfant prodigue et que tu restes attaché au pauvre bonheur que te procurent les glands que tu manges. Ton orgueil est blessé par ta fragilité, tu ne te décides pas à demander pardon : tu ne considères pas que, si tu t'humilies, c'est le joyeux accueil de Dieu ton père qui t'attend, la fête pour ton retour et pour ton recommencement.
Sillon n°95
Quelle joie dans le regard joyeux de Jésus ! la même qui luit dans les yeux de sa Mère, et qu'elle ne peut contenir — "Magnificat anima mea Dominum !" — son âme glorifie le Seigneur, depuis
l'instant où elle le porte en elle et à ses côtés.
O Mère ! que notre joie soit comme la tienne :
la joie d'être avec Lui et de L'avoir avec nous.
Sillon n°99
J'ai lu un proverbe très populaire dans certains pays : "Le monde est à Dieu, mais Dieu le loue aux courageux", voilà qui m'a fait réfléchir.
— Qu'attends-tu ?
Sillon n°119
Les problèmes qui, auparavant, t'angoissaient — qui t'apparaissaient comme de hautes chaînes de montagnes — ont complètement disparu : ils se sont résolus d'une manière divine, tout comme le Seigneur commanda aux vents et à la mer de se calmer.
— Quand je pense que tu doutais encore !
Sillon n°124
Veux-tu la vivre, cette sainte audace, pour obtenir que Dieu agisse à travers toi ? — Aie recours à Marie, et Elle t'accompagnera sur le chemin de l'humilité, pour que, devant ce qui est impossible à l'esprit humain, tu saches répondre par un "fiat !" (que cela s'accomplisse) pour que la terre s'unisse au Ciel.
Sillon n°130
Tout au long de leur vie quelques-uns se comportent comme si le Seigneur n'avait parlé de don de soi et de conduite droite qu'aux gens à qui il n'en coûte pas (or ils n'existent pas !) ou aux gens qui n'auraient pas besoin de lutter.
Ils oublient une chose : c'est pour tous que Jésus a dit que l'on conquiert le Royaume des Cieux par la violence, par une sainte bataille de chaque instant.
Sillon n°133
Après l'enthousiasme du début, les hésitations sont venues, et les atermoiements, les craintes. — Ce sont tes études, ta famille, les questions financières qui te préoccupent et, surtout, l'idée que tu n'y arrives pas, que tu n'es peut-être pas l'homme qu'il faut, qu'il te manque l'expérience de la vie.
Je vais te donner un moyen infaillible pour surmonter ces craintes (les tentations qui viennent du diable ou de ton manque de générosité !): "méprise-les", gomme de ta mémoire ces souvenirs. Voici vingt siècles que le Maître a tranché : "ne regarde pas en arrière !"
Sillon n°149
Il me faut te prévenir contre une argutie de "satan" (oui, avec une minuscule, parce qu'il ne mérite pas plus) qui cherche à se servir des circonstances les plus normales pour nous faire dévier un peu ou beaucoup du chemin qui nous mène vers Dieu.
Si tu luttes, et plus encore si tu luttes vraiment, tu ne dois pas t'étonner de la fatigue ou de ce sentiment "d'avancer à rebrousse-poil", sans aucune consolation spirituelle ou humaine. Écoute ce que l'on m'écrivait il y a longtemps, et que j'ai gardé en pensant à certains qui considèrent naïvement que la grâce fait abstraction de la nature : "Père, depuis quelques jours je me trouve dans un état de paresse et d'apathie terribles pour accomplir mon plan de vie ; je fais tout en me forçant et en y mettant très peu de cœur. Priez pour moi, pour que cette crise passe vite, car elle me fait beaucoup souffrir quand je pense qu'elle peut m'écarter de mon chemin."
— Je me suis borné à te répondre : ne savais-tu pas que l'Amour exige le sacrifice ? Lis lentement les paroles du Maître : "qui ne prend pas sa Croix "quotidie" — chaque jour — n'est pas digne de Moi". Et plus loin : "je ne vous laisserai pas orphelins...". Si Notre Seigneur permet que tu connaisses une telle aridité, et qui te pèse tant, c'est pour que tu L'aimes davantage, pour que tu n'aies confiance qu'en Lui, pour que, avec la Croix, tu sois corédempteur, pour que tu Le trouves.
Sillon n°164
Je pourrais mieux me comporter, agir avec plus de décision, répandre plus d'enthousiasme autour de moi... Pourquoi ne le fais-je pas ? Pardonne ma franchise : parce que tu es un sot ; le diable ne sait que trop qu'une des portes de l'âme les plus mal gardées est celle de la bêtise humaine : la vanité. C'est par là qu'il attaque de toutes ses forces : souvenirs pseudo-sentimentaux, complexe de la brebis galeuse qui te fait voir les choses de façon hystérique, impression d'un hypothétique manque de liberté...
Qu'attends-tu pour pénétrer les paroles du Maître : veillez et priez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure ?
Sillon n°189
La façon dont Jésus a appelé les douze premiers ne pouvait être plus simple : "viens et suis-moi".
Toi, qui cherches tant d'excuses pour ne pas poursuivre ce travail, voici une considération qui te va comme un gant : le savoir de ces douze premiers était tout à fait dérisoire ; et pourtant, comme ils ont remué ceux qui les écoutaient ! — N'oublie pas ceci : le travail, c'est Lui qui continue de le faire, en se servant de chacun de nous.
Sillon n°193
Ceux qui ont trouvé le Christ ne peuvent pas s'enfermer dans leur milieu : ce rétrécissement serait une triste chose ! Ils doivent s'ouvrir en éventail pour parvenir à toutes les âmes. Chacun doit se créer, et élargir un cercle d'amis, sur lequel il puisse avoir une influence grâce à son prestige professionnel, à sa conduite, à son amitié, pour que le Christ ait une influence à travers ce prestige professionnel, cette conduite, cette amitié.
Sillon n°198
Ce chemin est très difficile, t'a-t-il dit. Et, en l'écoutant, plein de fierté, tu as acquiescé en te rappelant que la Croix est le signe certain du véritable chemin... Mais ton ami n'a fait attention qu'à la partie ingrate du sentier, sans tenir compte de la promesse de Jésus : "mon joug est doux".
Rappelle-le-lui, car il se donnera peut-être à Dieu lorsqu'il le saura
Sillon n°204
Tu hésites à te lancer à parler de Dieu, de la vie chrétienne, de la vocation... parce que tu ne veux pas faire souffrir ? Tu oublies que ce n'est pas toi qui appelles les gens, mais Lui : "ego scio quos elegerim" — je connais bien ceux que j'ai choisis.
En outre, j'aurai de la peine si ces faux respects cachaient la facilité ou la tiédeur : au point où nous en sommes, tu préfères une pauvre amitié humaine à l'amitié de Dieu ?
Sillon n°205
Tu as eu une conversation avec celui-ci, celui-là, et aussi cet autre, parce que le zèle pour les âmes te dévore.
Celui-là a pris peur ; cet autre a demandé l'avis d'un "prudent" qui l'a mal orienté... — Persévère : par la suite que nul ne puisse s'excuser en affirmant "quia nemo nos conduxit" — personne ne nous a appelés.
Sillon n°208
Jours de véritable allégresse : trois de plus ! Ces paroles de Jésus s'accomplissent : "La gloire de mon Père est que vous portiez beaucoup de fruits et que vous soyez mes disciples."
Sillon n°211
Creuse chaque jour davantage la profondeur apostolique de ta vocation chrétienne. Pour que toi et moi nous proclamions ceci à l'oreille des hommes : voici vingt siècles qu'Il a institué un bureau de recrutement, ouvert à tous ceux qui ont un cœur sincère et la capacité d'aimer... Voudrais-tu des appels plus clairs que le "ignem veni mittere in terram" (je suis venu apporter le feu sur la terre), et la considération de ces deux milliards cinq-cents millions d'âmes qui ne connaissent pas encore le Christ ?
Sillon n°212
"Hominem non habeo" — je n'ai personne qui m'aide. — C'est ce que pourraient affirmer malheureusement bien des malades et des paralytiques de l'esprit, qui peuvent servir... et doivent servir.
Seigneur, que jamais je ne demeure indifférent devant les âmes.
Sillon n°214
"Si l'un de ceux qui me suivent ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple."
Je vois de plus en plus clairement, Seigneur, que les liens du sang, s'ils ne passent pas par ton Cœur très aimable, sont, pour les uns un motif permanent de croix ; pour d'autres encore, une source de tentations, plus ou moins directes, contre leur persévérance ; pour d'autres, la cause d'une inefficacité totale ; et, pour tous, un poids qui leste le don total de soi.
Sillon n°217
Des vocations, Seigneur, davantage de vocations ! Peu m'importe que la graine ait été jetée par moi ou par un autre ; c'est Toi, Jésus, qui as semé par nos mains ! je sais seulement que Tu nous as promis la maturité du fruit : "et fructus vester maneat !" — et votre fruit restera.
Sillon n°218
Sois clair. S'ils te disent que tu vas "les pêcher", réponds-leur que oui, que c'est ce que tu désires Mais..., qu'ils ne se tracassent pas ! Parce que s'ils n'ont pas la vocation (si Lui ne les appelle pas) ils ne viendront pas ; et s'ils l'ont, quelle honte de finir comme le jeune homme riche de l'Évangile : seuls et tristes.
Sillon n°223
Le Christ attend beaucoup de ton travail. Mais tu dois aller à la recherche des âmes, tout comme le Bon Pasteur s'en est allé chercher la centième brebis : sans attendre qu'on t'appelle. Ensuite, sers-toi de tes amis pour faire du bien à d'autres : personne ne peut se contenter (dis-le à chacun d'entre eux) d'une vie spirituelle qui, l'ayant comblé, ne déborderait pas en zèle apostolique.
Sillon n°227
Tu m'écrivais : un jeune homme s'est joint à notre groupe ; il faisait route vers le nord. Il était mineur de fond. Il chantait très bien, et il s'est mêlé à notre chœur. J'ai prié pour lui jusqu'au moment où il est arrivé à la gare où il devait descendre. Lorsqu'il a pris congé de nous, il a fait ce commentaire : "comme j'aimerais poursuivre le voyage avec vous".
— Je me suis souvenu aussitôt du "mane nobiscum !" — "reste avec nous, Seigneur !" et, plein de foi, je Lui ai demandé de nouveau que les autres "Le voient" en chacun de nous, qui sommes des compagnons sur "leur chemin".
Sillon n°232
Quelle leçon extraordinaire dans chaque enseignement du Nouveau Testament ! Après que le Maître — tandis qu'Il monte à la droite de Dieu le Père — leur eût dit : "Allez, enseignez toutes les nations", les disciples ont trouvé la paix. Mais ils ont encore des doutes : ils ne savent que faire et ils se réunissent autour de Marie, la Reine des Apôtres, pour devenir les hérauts pleins de zèle de la Vérité qui sauvera le monde.
Sillon n°239
Ils ne te comprennent pas ? Lui, Il était la Vérité et la Lumière, mais les siens ne L'ont pas non plus compris. — Comme je te l'ai fait considérer si souvent, rappelle-toi ces paroles de Notre Seigneur : "le disciple n'est pas au-dessus de son Maître".
Sillon n°248
Il est des âmes qui semblent s'obstiner à s'inventer des souffrances, en se tourmentant par l'imagination.
Ensuite, quand surviennent des peines et des contradictions objectives, elles ne savent pas demeurer, telle la Sainte Vierge, au pied de la Croix, le regard fixé sur son Fils.
Sillon n°249
Sacrifice ! Sacrifice ! — Il est vrai que suivre Jésus-Christ (et c'est Lui-même qui l'a dit) veut dire porter sa Croix. Mais je n'aime pas entendre les âmes qui se sont éprises de Notre Seigneur parler à ce point de croix et de renoncements : lorsqu'il y a l'Amour, le sacrifice est joyeux, même s'il en coûte, et la croix, c'est la Sainte Croix.
— L'âme qui sait aimer et se donner ainsi, se remplit de joie et de paix. Alors à quoi bon insister sur le "sacrifice", comme pour y chercher une consolation, puisque la Croix du Christ — qui est ta vie — te rend heureux ?
Sillon n°251
Ne passe pas indifférent devant la douleur d'autrui. Cette personne (un parent, un ami, un collègue..., cette autre que tu ne connais pas) est ton frère.
Souviens-toi de l'Évangile où si souvent tu as lu avec tristesse que même les proches de Jésus n'avaient pas confiance en Lui. Veilles-y : que cette scène ne se reproduise pas.
Sillon n°261
"Apprenez de moi, qui suis doux et humble de cœur..." Humilité de Jésus !... Quelle leçon pour toi, qui es un pauvre instrument d'argile ! Lui, toujours miséricordieux, Il t'a relevé, faisant briller dans ta bassesse, gratuitement exaltée, les feux du soleil de la grâce. Et toi, combien de fois as-tu déguisé ton orgueil sous des apparences de dignité, de justice...! Et combien d'occasions n'as-tu pas gaspillées d'apprendre du Maître, pour ne pas avoir su les surnaturaliser !
Sillon n°266
Pierre lui dit : Toi, Seigneur, me laver les pieds à moi ! Jésus répondit : ce que je fais, moi, tu ne le comprends pas pour le moment ; tu le comprendras par la suite. Pierre insiste : jamais tu ne me laveras les pieds ! Jésus répliqua : si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi. Simon Pierre se rend : alors, Seigneur, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête.
En présence d'un appel à un don total, complet, sans hésitations, nous opposons bien souvent une fausse modestie, comme celle de Pierre... Ah si nous étions, nous aussi des hommes de cœur, comme l'Apôtre ! Pierre ne permet à personne d'aimer Jésus plus que lui. Cet amour le pousse à réagir ainsi : me voici ! lave-moi les mains, la tête, les pieds ! purifie-moi tout entier ! car je veux me livrer à Toi sans réserve.
Sillon n°268
La conviction que tu es pétri d'une "mauvaise pâte" (c'est-à-dire la connaissance que tu as de toi-même) te donnera cette réaction surnaturelle qui, face à l'humiliation, au mépris, à la calomnie fera que la joie et la paix s'enracineront de plus en plus dans ton âme...
Après le "fiat" (Seigneur, ce que Tu voudras) ton raisonnement dans ces cas-là devra être : "c'est tout ce qu'il a dit ? On voit qu'il ne me connaît pas ; sinon, il n'en serait certainement pas resté là."
Convaincu de mériter un plus mauvais traitement, tu éprouveras de la gratitude envers cette personne, et tu te réjouiras de ce qui ferait souffrir un autre.
Sillon n°289
"Quia respexit humilitatem ancillae suae" — parce qu'il a vu l'humilité de sa servante...
— Chaque jour, je suis davantage convaincu que l'humilité authentique est le fondement surnaturel de toutes les vertus ! Parles-en à Notre Dame, pour qu'elle nous entraîne à marcher sur ce sentier.
Sillon n°314
"Qui a dit que pour parvenir à la sainteté, il est nécessaire de se réfugier dans une cellule ou dans la solitude d'une montagne ?" se demandait, étonné, un bon père de famille ; et il ajoutait "alors, ce ne sont pas les personnes mais la cellule, ou bien la montagne qui seraient saintes. Il semble que l'on ait oublié ce que le Seigneur nous a dit expressément, à tous et à chacun : soyez saints, comme mon Père du ciel est saint."
— Je lui ai simplement fait ce commentaire : "Notre Seigneur, non seulement veut que nous soyons saints : mais il accorde en plus à chacun les grâces opportunes."
Sillon n°322
Un édit de César Auguste a été promulgué, qui ordonne à tous les habitants d'Israël de se faire recenser. Marie et Joseph font route vers Bethléem. — N'y as-tu pas pensé ? Le Seigneur s'est servi de l'obéissance fidèle à une loi pour que sa prophétie s'accomplisse.
Aime et respecte les normes d'une vie sociale honnête. Sois assuré que ta soumission loyale à ton devoir sera également un moyen pour que d'autres découvrent l'honnêteté chrétienne, fruit de l'amour divin, et pour qu'ils rencontrent Dieu.
Sillon n°326
Un moyen pour être franc et simple ?... Écoute et médite ces paroles de Pierre : "Domine, Tu omnia nosti..." — Seigneur, Tu sais tout !
Sillon n°328
Les défauts que tu vois chez les autres sont peut-être les tiens. "Si oculus tuus fuerit simplex..." Si ton œil était transparent, tout ton corps serait dans la lumière ; mais s'il y a de la malice dans ton œil, tout ton corps sera dans les ténèbres.
Plus encore : "Pourquoi vas-tu regarder la paille dans l'œil de ton frère, et ne fais-tu pas attention à la poutre qui est dans le tien ?" — Examine-toi !
Sillon n°342
Le sel de la terre. — Notre Seigneur a dit que ses disciples (et donc aussi toi et moi) sont le sel de la terre : pour immuniser, pour éviter la corruption, pour donner de la saveur au monde.
— Mais il a également ajouté "quod si sal evanuerit..." — si le sel perd de sa saveur il sera jeté et foulé aux pieds par les gens...
— Maintenant, face à beaucoup d'événements que nous déplorons, commenceras-tu à t'expliquer ce que tu ne t'expliquais pas ?
Sillon n°352
Tu souffres de voir que quelques-uns n'utilisent la technique de parler de la Croix du Christ que pour se hisser et atteindre certains postes... Ce sont les mêmes qui ne jugent et ne voient rien de droit, si cela ne va pas selon leurs principes.
— Raison de plus pour que tu persévères dans la droiture de tes intentions, et pour que tu demandes au Maître de t'accorder la force de redire : "non mea voluntas, sed tua fiat !" — Seigneur, que j'accomplisse avec amour ta Sainte Volonté !
Sillon n°358
Ne cède jamais sur la doctrine de l'Église. — Lorsqu'on fait un alliage, c'est le meilleur métal qui y perd.
En outre, ce trésor ne t'appartient pas, et, comme le rapporte l'Évangile, le Maître peut te demander des comptes au moment où tu t'y attends le moins.
Sillon n°369
Vingt siècles se sont écoulés, et la scène se répète chaque jour : ils continuent de juger, de flageller et de crucifier le Maître... Et beaucoup de catholiques, par leur comportement et par leurs paroles, continuent de crier : celui-là, moi je ne le connais pas ! Je désirerais aller partout, pour rappeler en confidence à beaucoup que Dieu est Miséricordieux, et qu'Il est aussi très juste ! C'est pourquoi en toute clarté, Il a déclaré : "Moi non plus, je ne reconnaîtrai pas ceux qui ne m'ont pas reconnu devant les hommes."
Sillon n°371
Tourne les yeux vers la Sainte Vierge et contemple comment elle exerce la vertu de la loyauté. Quand Elisabeth a besoin d'elle, l'Évangile dit qu'elle accourt "cum festinatione", dans une hâte joyeuse. Apprends !
Sillon n°377
Le Seigneur attend de toi un apostolat précis, comme cette pêche des cent-cinquante-trois grands poissons — pas un de plus — pris à la droite de la barque.
Et tu me demandes : comment se fait-il que, me sachant pêcheur d'hommes, étant au contact de beaucoup de camarades et pouvant discerner à qui doit s'adresser mon apostolat spécifique, je ne pêche rien du tout ?... Est-ce que je manque d'Amour ?... Est-ce je manque de vie intérieure ? Écoute la réponse de la bouche de Pierre, au cours de cette autre pêche miraculeuse : — "Maître, toute la nuit nous nous sommes fatigués et nous n'avons rien pris ; cependant, sur ta parole, je jetterai les filets."
Au nom de Jésus-Christ, recommence. — Et, fortifié, chasse cette langueur paresseuse !
Sillon n°378
Obéis sans toutes ces "cogitations" inutiles... Manifester de la tristesse ou un manque d'envie devant ce qui est commandé est une faute de taille. Mais le ressentir, sans plus, non seulement ce n'est pas une faute mais ce peut être l'occasion d'une grande victoire, le couronnement d'un acte de vertu héroïque.
Ce n'est pas moi qui l'invente. Tu te rappelles ? L'Évangile raconte qu'un père de famille donna la même charge à ses deux fils... Et malgré les difficultés qu'il avait lui-même soulevées, celui des deux qui l'accomplit remplit Jésus de joie ! Et il le réjouit parce que la discipline est le fruit de l'Amour.
Sillon n°408
Tous les citoyens ne font pas partie de l'armée de métier. Mais, à l'heure de la guerre, tous participent... Et le Seigneur a dit : "Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre."
Sillon n°415
"Marie gardait toutes ces choses dans son Cœur..."
Lorsque l'on vit d'un amour pur et sincère, la discipline, même s'il en coûte, ne se fait pas sentir, parce qu'elle unit à l'Aimé.
Sillon n°418
Même des pierres le Seigneur peut tirer des enfants d'Abraham... Toutefois, nous devons veiller à ce que la pierre ne soit pas friable. Dans un bloc solide, même informe, on peut façonner plus facilement une merveilleuse pierre de taille.
Sillon n°454
Remercie le Seigneur du bien énorme qu'Il t'a octroyé en te faisant comprendre qu'"une seule chose est nécessaire". — Et que ta gratitude soit accompagnée de ta prière journalière, insistante pour ceux qui ne Le connaissent pas encore ou qui ne L'ont pas compris.
Sillon n°462
Il me plaît que, dans ta prière, tu te laisses volontiers aller à parcourir beaucoup de kilomètres : tu contemples des terres différentes de celles que tu foules ; sous tes yeux défilent des gens d'autres races ; tu entends diverses langues... C'est comme un écho de ce commandement de Jésus : "euntes docete omnes gentes". — Allez, et enseignez le monde entier.
Pour arriver loin, toujours plus loin, allume ce feu d'amour chez ceux qui t'entourent ; et tes rêves et tes désirs deviendront réalité : plus tôt, davantage et mieux !
Sillon n°468
Ne faiblis pas : quelque indigne que soit la personne, quelque imparfaite que semble la prière, si celle-ci s'élève, humble et persévérante Dieu l'écoute toujours.
Sillon n°470
Après avoir envoyé ses disciples prêcher le Seigneur les réunit, à leur retour et les invite à aller avec Lui dans un endroit solitaire pour qu'ils se reposent... Jésus ! qu'a-t-il pu alors leur demander, et leur dire ? Eh bien... l'Évangile est toujours actuel.
Sillon n°481
Que de grâce dans cette scène de l'Annonciation. Marie se recueille en prière... — combien de fois n'avons-nous pas médité cela ! Elle utilise ses cinq sens et toutes ses facultés pour parler avec Dieu. Et c'est dans la prière qu'elle apprend la Volonté divine ; et par la prière elle en fait la vie de sa vie : n'oublie pas l'exemple de la Sainte Vierge !
Sillon n°484
Je prie Dieu pour que l'adolescence et la jeunesse de Jésus te servent également de modèle : aussi bien quand il discutait avec les docteurs du Temple, que lorsqu'il travaillait dans l'atelier de Joseph.
Sillon n°485
Les trente-trois années de Jésus !...: dont trente années de silence et d'obscurité; de soumission et de travail...
Sillon n°486
Ce gaillard m'écrivait : "mon idéal est si grand que seule la mer peut le contenir". — Je lui ai répondu : et le Tabernacle est donc si "petit"? Et l'atelier de Nazareth, si "commun"? — C'est dans la grandeur de ce qui est ordinaire qu'Il nous attend !
Sillon n°507
Pour diminuer l'importance du travail d'un autre, tu as insinué : il n'a fait que son devoir.
Et moi d'ajouter : cela te semble-t-il peu ? Si nous accomplissons notre devoir, le Seigneur nous donne le bonheur du Ciel : "euge serve bone et fidelis... intra in gaudium Domini tui" — très bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie éternelle !
Sillon n°525
Si tu sais que l'étude c'est de l'apostolat et que tu te contentes d'étudier pour te tirer d'affaire, il est évident que ta vie intérieure va mal.
Par ce laisser-aller, tu perds le bon esprit, et à l'image de ce qui est arrivé au travailleur de la parabole qui, par fourberie, avait caché le talent reçu, si tu ne changes pas, tu peux t'exclure toi-même de l'amitié de Notre Seigneur pour t'embourber dans tes calculs de convenances personnelles.
Sillon n°534
Ne te scandalise pas qu'il y ait de mauvais chrétiens qui s'agitent et qui ne pratiquent pas. Le Seigneur — écrit l'Apôtre — "rendra à chacun selon ses œuvres": à toi, pour les tiennes, et à moi, pour les miennes.
— Si toi et moi nous nous décidons à bien nous conduire, il y aura pour le moment deux coquins de moins dans le monde.
Sillon n°562
Tu crées autour de toi un climat artificiel, tout de méfiance et de suspicion : quand tu parles, tu donnes l'impression de jouer aux échecs, posant chaque mot en pensant au quatrième mouvement qui va suivre.
Observe bien que lorsque l'Évangile décrit la triste image, cauteleuse et hypocrite des scribes et des pharisiens, il rapporte que ces gens posaient des questions à Jésus, qu'ils lui exposaient des problèmes, "ut caperent eum in sermone" (pour déformer ses paroles !) Fuis un tel comportement.
Sillon n°595
Il disait, plein de peine : ces gens-là n'ont pas l'intelligence du Christ, mais le masque du Christ... C'est pourquoi, dépourvus de tout sens chrétien, ils n'atteignent pas la vérité, et ils ne donnent pas de fruit.
Nous les enfants de Dieu, nous ne pouvons pas oublier que notre Maître a proclamé : "Celui qui vous écoute, M'écoute..." — C'est pourquoi... nous devons essayer d'être le Christ ; mais jamais sa caricature.
Sillon n°604
Tu me rappelles Pilate après qu'il eut permis le crime le plus horrible : "quod scripsi, scripsi !" (ce que j'ai écrit, on ne le change pas...) Tu es inébranlable ! mais cette attitude, c'est "avant" que tu devrais l'adopter... et non pas après !
Sillon n°629
Si le Seigneur t'a appelé "mon ami", tu dois répondre à cet appel, tu dois marcher d'un pas rapide, avec la hâte nécessaire, au pas de Dieu ! Autrement, tu cours le risque de demeurer un simple spectateur.
Sillon n°631
À Cana, tout est à la joie de la fête ; Marie, seule, remarque que le vin manque... L'âme pousse son esprit de service jusqu'aux plus petites attentions si, comme Marie et pour l'amour de Dieu, elle reste passionnément attentive au prochain.
Sillon n°649
J'aime comparer la vie intérieure à un vêtement, à l'habit de noce dont parle l'Évangile. Le tissu se compose de chaque habitude ou pratique de piété qui, telles des fibres, font la solidité de la toile. Et tout comme un accroc enlève de la valeur à un costume, même si le reste est en bon état, de même si tu pratiques la prière mentale, si tu travailles..., mais qu'il te manque la pénitence (ou l'inverse) ta vie intérieure pour ainsi dire n'est pas accomplie.
Sillon n°671
"Reste avec nous, puisque la nuit tombe..." Elle a été efficace la prière de Cléophas et de son compagnon.
— Quel dommage, si toi et moi nous ne savions "retenir" Jésus, à son passage ! Quelle douleur, si nous ne Lui demandons pas de rester !
Sillon n°677
Le Seigneur a semé de la bonne graine dans ton âme. Et pour ces semailles de vie éternelle, il s'est servi du puissant moyen de la prière : tu ne peux nier, n'est-ce pas, que bien souvent, en tête à tête, face au Tabernacle, Il t'a fait entendre, au fond de ton âme, qu'Il voulait que tu sois à Lui, que tu devais tout quitter... Et si maintenant tu le nies, tu es un misérable traître ; si tu l'as oublié, tu n'es qu'un ingrat.
Doutes-en moins que jamais, Il s'est également servi des conseils ou des allusions surnaturels de ton Directeur, qui t'a redit avec insistance des mots que tu ne dois pas passer sous silence ; et en plus, toujours pour déposer la bonne graine dans ton âme, il s'est servi au début de cet ami noble, sincère, qui t'a dit des vérités fortes, pleines d'amour de Dieu.
— Mais, surpris et naïf, tu as découvert que l'ennemi a semé l'ivraie dans ton âme. Et qu'il continue de la semer, tandis que tu dors, négligent, et que tu faiblis dans ta vie intérieure. — Il n'y a pas d'autre raison : voilà pourquoi tu trouves dans ton âme ces plantes visqueuses, mondaines qui sembleraient presque parfois étouffer le bon grain de blé que tu as reçu...
— Arrache-les d'un coup ! La grâce de Dieu te suffit. Ne crains pas qu'elles laissent un vide, une blessure... Le Seigneur mettra à leur place une nouvelle semence bien à Lui : l'amour de Dieu, la charité fraternelle, les désirs d'apostolat... Et, une fois le temps passé, il ne restera pas la moindre trace d'ivraie : à condition que, maintenant qu'il en est temps encore, tu l'extirpes résolument ; et bien plus, à condition que tu ne t'endormes pas et que tu veilles la nuit sur ton champ.
Sillon n°678
Heureuses, bienheureuses ces âmes qui, lorsqu'elles entendent parler de Jésus, Lui qui nous parle constamment, Le reconnaissent aussitôt comme le Chemin, la Vérité, la Vie ! — Lorsque nous ne participons pas à ce bonheur, tu sais fort bien que c'est parce que nous n'avons pas eu la détermination de le suivre.
Sillon n°684
"Ceci est mon Corps...", et Jésus s'est immolé, se cachant sous les espèces du pain. Maintenant Il est là, avec sa Chair et avec son Sang, avec son Ame et avec sa Divinité : de la même manière que le jour où Thomas mit ses doigts dans les Plaies glorieuses.
Néanmoins, en bien des occasions, tu passes au loin sans esquisser ne fût-ce qu'une brève salutation de simple politesse, alors que tu le fais envers n'importe quelle connaissance que tu croises dans la rue.
— Par rapport à Thomas, comme tu as peu de foi !
Sillon n°697
Bien que tu affirmes que tu Le suis, d'une manière ou d'une autre tu prétends toujours agir "toi", selon "tes" plans, et avec "tes" seules forces. — Mais Notre Seigneur a dit : "sine me nihil !" — sans Moi, tu ne peux rien faire.
Sillon n°701
La préoccupation, l'impatience désordonnée pour monter dans sa profession peuvent masquer l'amour-propre sous couvert de "servir les âmes". Hypocrites, je dis bien hypocrites, quand nous nous forgeons des excuses en disant que nous ne devons pas laisser passer certaines conjonctures, certaines circonstances favorables...
Tourne tes yeux vers Jésus : c'est Lui "le Chemin". Des conjonctures et des circonstances "très favorables" se sont également présentées pendant ses années cachées pour anticiper sur sa vie publique. À douze ans, par exemple, quand ses questions et ses réponses faisaient l'admiration des docteurs de la loi... Mais Jésus-Christ accomplit la volonté de son Père, et Il attend : Il obéit ! — Sans rien perdre de ta sainte ambition de conduire le monde entier à Dieu, lorsque tu éprouveras le besoin de prendre ces initiatives personnelles (et qui sait ? le désir de déserter), rappelle-toi que, toi aussi, tu dois obéir et t'occuper de cette tâche obscure, peu brillante, tant que le Seigneur ne te demandera pas autre chose : Il a ses moments à Lui, et ses voies.
Sillon n°718
Que l'on voie mes bonnes œuvres !... Mais, ne te rends-tu pas compte que tu sembles les porter dans un panier de pacotille, pour que l'on contemple tes qualités ?
Et puis, n'oublie pas la seconde partie du commandement de Jésus : "et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux".
Sillon n°727
Quand il t'en coûte de faire une faveur, de rendre un service à quelqu'un, dis-toi qu'il est enfant de Dieu, rappelle-toi que le Seigneur nous a commandé de nous aimer les uns les autres.
— Plus encore : approfondis chaque jour ce précepte évangélique ; ne reste pas à la surface. Tires-en les conséquences (c'est si facile) et adapte ta conduite de chaque instant à ces exigences.
Sillon n°744
En toi, il n'y a pas le moindre soupçon de vision surnaturelle, et dans les autres, tu vois seulement des personnes dont la situation sociale est plus ou moins bonne. Des âmes, tu n'en as que faire, et tu ne te mets pas à leur service. C'est pourquoi tu n'es pas généreux..., et tu vis très loin de Dieu avec ta fausse piété; bien que tu pries beaucoup.
Le Maître a parlé de façon bien claire : "éloignez-vous de moi, et allez au feu éternel parce que j'ai eu faim..., j'ai eu soif..., j'étais en prison..., et vous ne vous êtes pas préoccupés de moi".
Sillon n°750
Etre enfants de Dieu !: cette condition fait de nous quelque chose de bien plus élevé que des personnes qui se supportent mutuellement. Écoute Notre Seigneur : "vos autem dixi amicos !" — nous sommes de ses amis qui donnent, comme Lui, joyeusement leur vie les uns pour les autres aux heures héroïques et dans la vie courante.
Sillon n°766
"Le centuple !"... Comme tu te l'es rappelée, il y a quelques jours, cette promesse de Notre Seigneur ! — Ce centuple, je t'assure que tu le trouveras dans la fraternité vécue parmi tes compagnons d'apostolat.
Sillon n°782
Il te faisait peur ce chemin des enfants de Dieu : au nom de Notre Seigneur, ils te pressaient d'accomplir ton devoir, de renoncer à toi-même, de sortir de ta tour d'ivoire. Tu t'es dérobé..., et j'avoue ne pas m'étonner s'il te pèse tant, ce poids : un ensemble de complexes et de complications, d'affectations et de scrupules, qui font de toi un inutile.
Ne te vexe pas si je te dis que tu t'es comporté avec moins d'intégrité que les gens dépravés, ces audacieux hérauts du mal, comme si tu leur étais pire, ou inférieur.
"Surge et ambula !" — lève-toi et marche ! décide-toi ! tu peux encore te délivrer de ce fardeau néfaste : la grâce de Dieu aidant, tu peux encore écouter ce qu'Il te demande et, surtout, Le seconder pleinement et de bon gré !
Sillon n°793
Trois repères très importants pour entraîner les âmes vers le Seigneur : t'oublier toi-même et ne penser qu'à la gloire de Dieu ton Père ; soumettre filialement ta volonté à la Volonté du Ciel, comme Jésus-Christ te l'a appris ; seconder avec docilité les lumières de l'Esprit Saint.
Sillon n°794
Durant trois jours et trois nuits, Marie va à la recherche de son Fils qui s'est perdu. Ah ! si nous pouvions dire, toi et moi, que notre volonté de trouver Jésus ne connaît pas non plus de repos.
Sillon n°816
Voilà comment s'exprime notre Maître : "Je suis venu dresser le fils contre son père, la fille contre sa mère et la belle-fille contre sa belle-mère..." Tu prouveras que tu les aimes vraiment en accomplissant ce qu'Il te demande. C'est pourquoi au moment du sacrifice personnel, ne te retranche pas derrière l'affection que tu leur portes (et qui doit rester intacte). Sinon, crois-moi, tu fais passer l'amour de tes parents avant l'amour de Dieu ; et ton amour-propre avant l'amour de tes parents. — Maintenant, as-tu compris plus en profondeur la cohérence de ces paroles évangéliques ?
Sillon n°826
"Ils sont comme des brebis sans pasteur" — ils t'ont rappelé ces mots de notre Maître : les gens de ce pays éloigné — si éloigné de Dieu, si désorienté. — Et tu as senti comme ton cœur se remplissait aussi de compassion... De la place que tu occupes, décide-toi à donner ta vie en holocauste pour tous.
Sillon n°862
Quand on se trouve dans les ténèbres, quand on a l'âme aveugle et inquiète, il faut aller, comme Bartimée, vers la Lumière. Répète, crie, insiste avec plus de force, "Domine, ut videam !" — Seigneur, que je voie !... Et sur tes yeux se lèvera le jour, et tu pourras te réjouir des lumières qu'Il t'accordera.
Sillon n°907
Ils médisent. Et ensuite ils veillent eux-mêmes à ce que quelqu'un vienne te rapporter immédiatement cet "on dit" — C'est infâme ? — Sans doute. Mais ne perds pas la paix puisque leur langue ne pourra te faire aucun mal si tu travailles avec droiture... Pense plutôt : qu'ils sont niais, qu'ils sont dépourvus de délicatesse humaine, quel manque de loyauté envers leurs frères..., et particulièrement envers Dieu ! Et toi, ne tombe pas à ton tour dans la médisance, au nom d'un droit de réponse mal compris. Si tu dois parler, aie recours à la correction fraternelle, comme le conseille l'Évangile.
Sillon n°910
Tu ne voulais pas le croire, mais il t'a fallu te rendre à l'évidence, à tes dépens : ces affirmations que tu as prononcées en toute simplicité et suivant un sentiment vraiment catholique, les ennemis de la foi les ont retournées avec malice.
C'est vrai, "nous devons être candides comme des colombes..., et prudents comme des serpents". Ne parle ni à la légère ni n'importe où.
Sillon n°926
La Très Sainte Trinité a couronné notre Mère.
— Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, nous demandera de rendre compte de toute parole vaine. Raison de plus pour dire à Sainte Marie de nous apprendre à parler toujours en la présence du Seigneur.
Sillon n°930
"On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le lampadaire, pour qu'elle éclaire tous ceux de la maison ; que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux."
Et, quand s'achève son séjour sur la terre, Il donne cet ordre : "euntes docete" — allez et enseignez. Il veut que sa lumière brille dans la conduite et dans les paroles de ses disciples, et dans les tiennes aussi.
Sillon n°954
Comporte-toi comme si l'ambiance de l'endroit où tu travailles dépendait de toi, et uniquement de toi : une ambiance laborieuse, de joie, de présence de Dieu et de vision surnaturelle.
— Je ne comprends pas ton aboulie. Si tu te heurtes à un groupe de camarades un peu difficile — peut-être est-il devenu difficile à cause de ton laisser-aller — tu t'en désintéresses, tu te dérobes, et tu penses qu'ils sont un poids mort, du lest qui freine tes projets apostoliques, qu'ils ne te comprendront pas...
— Comment veux-tu qu'ils t'écoutent si, te contentant de les aimer et de les servir par ta prière et ta mortification, tu ne leur parles pas ?...
— Combien de surprises auras-tu le jour où tu te décideras à en fréquenter un, puis un autre, puis un autre encore ! Qui plus est, si tu ne changes pas, ils pourront s'écrier avec raison, en te désignant du doigt : "hominem non habeo !" — je n'ai personne qui m'aide !
Sillon n°964
Le Seigneur —a converti Pierre, qui l'avait renié trois fois, sans lui adresser ne serait-ce qu'un reproche : mais rien qu'un regard d'Amour.
— Après nos chutes Jésus nous regarde avec ces mêmes yeux. Puissions-nous Lui dire comme Pierre : "Seigneur, Tu sais tout ; Tu sais que je T'aime !" et changer notre vie.
Sillon n°970
Toi qui es investi d'une autorité, tu agis en fonction du qu'en dira-t-on ? Pauvre vieillard ! C'est tout d'abord le qu'en dira Dieu qui doit te tenir à cœur ; après — bien après, et parfois jamais — tu devras peser ce que peuvent en penser les autres. "Celui qui me reconnaîtra devant les hommes, dit Notre Seigneur, moi aussi je le reconnaîtrai devant mon Père, qui est dans les cieux. Mais celui qui m'aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père, qui est dans les cieux.".
Sillon n°977
Quand vient le mépris de la Croix, la Sainte Vierge se trouve là, auprès de son Fils, décidée à partager son sort. — Perdons la peur de nous conduire comme des chrétiens responsables, lorsque cela ne s'avère pas facile dans le milieu où nous évoluons : Elle nous y aidera.
Sillon n°992
Je préfère les vertus aux austérités, dit à peu près en ces termes Yahvé au peuple élu qui se laisse prendre à certaines formalités extérieures.
— C'est pourquoi, nous devons cultiver la pénitence et la mortification, comme de véritables preuves de notre amour de Dieu et du prochain.