Le don du discernement de ce qui « se passe dans le coeur »: c’est ce que le pape souhaite aux baptisés à l’occasion de son homélie pour sa messe matinale à Sainte-Marthe, ce mardi 7 janvier 2020.
À partir de la lecture, issue de la première lettre de saint Jean, il a rappelé que l’Esprit Saint n’est pas seulement «la colombe», mais avant tout celui qui nous permet de «demeurer en Dieu». Il a aussi invité les fidèles à examiner leur conscience pour percevoir ce qui est inspiré par l’esprit du monde, qui conduit au pire des péchés: la corruption.
La vie chrétienne consiste à demeurer en Dieu, en laissant agir en soi l’Esprit Saint et non l’esprit du monde. «Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui; et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné part à son Esprit», rappelle saint Jean dans sa première lettre (1 Jn 3,24), dont est issue la lecture du jour (1 Jn 3,22 – 4,6 ce mardi 7 janvier en Italie).
Ne plus savoir distinguer le bien du mal
On peut «être dans les villes les plus peccamineuses, dans les sociétés les plus athées, mais si le cœur demeure en Dieu», a souligné le Pape, alors on peut y apporter le salut. Et François de rappeler l’épisode raconté dans les Actes des Apôtres, où des apôtres arrivent dans une ville et rencontrent des chrétiens baptisés par Jean. Ils leur demandent: «Avez-vous reçu l’Esprit Saint?», mais ces baptisés ne savaient même pas qu’il existait. Combien de chrétiens, a déploré le Saint-Père, aujourd’hui encore associent l’Esprit Saint seulement à la colombe, tout en ignorant que «c’est ce qui fait demeurer dans le Seigneur» et donne «la garantie, la force» pour cela.
Le Souverain Pontife a ensuite évoqué l’esprit du monde, qui est contraire à l’Esprit Saint. «Jésus, lors de la dernière Cène, ne demande pas au Père d’éloigner les disciples du monde, […] mais de les protéger de l’esprit du monde» qui est «encore pire que de commettre un péché. C’est une atmosphère qui vous rend inconscient, qui vous conduit à un point où vous ne savez pas reconnaître le bien du mal», a expliqué François.
Demander l’aide de l’Esprit Saint
Pour demeurer en Dieu, «nous devons demander ce don» de l’Esprit Saint par qui «nous savons que nous restons dans le Seigneur». Mais comment pouvons-nous savoir si nous suivons l’Esprit Saint ou l’esprit du monde? Saint Paul donne un conseil, a rappelé le Pape: «Ne contristez pas l’Esprit Saint. Quand nous allons vers l’esprit du monde, nous contristons l’Esprit Saint et nous l’ignorons, nous le laissons de côté et notre vie prend un autre chemin».
L’esprit du monde se manifeste aussi par l’oubli. «Le péché ne vous détourne pas de Dieu si vous le réalisez et demandez pardon, mais l’esprit du monde vous fait oublier ce qu’est le péché», a poursuivi le Saint-Père, avant d’évoquer un film récemment visionné, dans lequel des chrétiens célébraient le Nouvel An dans une ville touristique d’un pays chrétien, «avec une terrible mondanité, en gaspillant de l’argent et beaucoup d’autres choses». «Est-ce un péché ?» – «Non, c’est de la corruption, c’est pire que le péché», a estimé le Pape. «L’Esprit Saint vous conduit à Dieu, et si vous péchez, l’Esprit Saint vous protège et vous aide à vous relever, mais l’esprit du monde vous conduit à la corruption, au point que vous ne savez plus ce qui est bon et ce qui est mauvais: tout se ressemble, tout est pareil».
S’interroger sur le chemin suivi
Mais comment savoir si «je suis sur le chemin de la mondanité, de l’esprit du monde, ou si je suis l’Esprit de Dieu» ? L’apôtre Jean nous donne un conseil: «Bien-aimés, ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu» (1 Jn 4,1). Mais que signifie examiner l’esprit? D’après le Saint-Père, «c’est simplement ceci: quand vous ressentez quelque chose, quand vous avez envie de faire quelque chose, ou que vous avez une idée, un jugement de quelque chose, demandez-vous: est-ce que c’est ce que je ressens de l’Esprit de Dieu ou de l’esprit du monde ?»
Il s’agit de se demander «une, deux fois par jour, ou quand vous ressentez quelque chose qui vous vient à l’esprit»: ce que je ressens, ce que je veux faire, d’où cela vient-il? «De l’esprit du monde ou de l’esprit de Dieu? Cela me fera-t-il du bien ou cela me jettera-t-il sur la voie de la mondanité qui est une inconscience ?».
De l’importance de l’examen de conscience
Beaucoup de chrétiens, a déploré le Pape, «vivent sans savoir ce qui se passe dans leur cœur». C’est pourquoi saint Paul et saint Jean recommandent de ne pas se conformer à n’importe quel esprit, à ce que l’on ressent, mais de le mettre à l’épreuve. Et ainsi «nous saurons ce qui se passe dans nos cœurs». «Beaucoup de chrétiens ont le cœur comme une route et ne savent pas ce qui va et vient, […] parce qu’ils ne savent pas examiner ce qui se passe à l’intérieur», a mis en garde François.
«C’est pourquoi, a-t-il indiqué aux fidèles, je vous recommande de prendre un peu de temps chaque jour avant de vous coucher ou à midi – quand vous le voulez – [et de vous demander]: qu’est-ce qui est passé dans mon cœur aujourd’hui? Qu’est-ce que je voulais faire, penser? Quel est l’esprit qui a animé mon cœur? L’Esprit de Dieu, le don de Dieu, l’Esprit Saint qui me fait toujours avancer à la rencontre du Seigneur ou l’esprit du monde qui m’éloigne doucement, lentement du Seigneur; c’est un glissement lent, lent, lent».
Le Souverain Pontife a conclu par une prière: demander la grâce «de demeurer dans le Seigneur» et prier «l’Esprit Saint, afin qu’il nous fasse demeurer dans le Seigneur et nous donne la grâce de distinguer les esprits, c’est-à-dire ce qui est à l’œuvre en nous. Que notre cœur ne soit pas une route», mais qu’il soit le point de rencontre entre nous et Dieu, a enfin souhaité François.
En la primera carta de san Juan (3,22-4,6), el evangelista recoge el consejo de Jesús a sus discípulos: “Permaneced en Dios”. Uno puede estar en las ciudades más pecaminosas, en las sociedades más ateas, pero si el corazón permanece en Dios ese hombre y esa mujer llevan la salvación. Acordaos del episodio de los Hechos de los Apóstoles (19,2), cuando llegan a una ciudad y encuentran a cristianos bautizados por Juan. Y les preguntan: “¿Habéis recibido el Espíritu Santo?”, y esos ni siquiera sabían que existía. Cuántos cristianos también hoy identifican al Espíritu Santo solo con la paloma y no saben que es el que te hace permanecer en el Señor, la garantía, la fuerza para permanecer en el Señor.
Jesús, en la Última Cena no pide al Padre que saque a los discípulos del mundo, porque la vida cristiana está en el mundo, sino que les proteja del espíritu del mundo, que es lo contrario, y es incluso peor que cometer un pecado: es una atmósfera que te vuelve inconsciente, te lleva a un punto donde no sabes reconocer el bien del mal. En cambio, para permanecer en Dios, debemos pedir ese don del Espíritu Santo, que es la garantía. ¿Y cómo podemos saber si tenemos el Espíritu Santo o el espíritu del mundo? San Pablo nos da un consejo: “No entristezcáis al Espíritu Santo” (Ef 4,30). Cuando vamos hacia el espíritu del mundo entristecemos al Espíritu Santo y lo ignoramos, lo dejamos de lado, y nuestra vida va por otro camino.
El espíritu del mundo es olvidar, porque el pecado no te aleja de Dios si te das cuenta y pides perdón, pero el espíritu del mundo te hace olvidar qué es el pecado: ¡se puede hacer de todo! En estos días un sacerdote me enseñó un vídeo de cristianos que celebraban el año nuevo en una ciudad turística de un país cristiano. Celebraban el año nuevo con una mundanidad terrible, malgastando dinero y muchas cosas. ¡El espíritu del mundo! ¿Eso es pecado? No, querido: ¡eso es corrupción, peor que el pecado! El Espíritu Santo te lleva a Dios y si pecas el Espíritu Santo te protege y te ayuda a levantarte, pero el espíritu del mundo te lleva a la corrupción, a tal punto que ya no sabes distinguir qué es bueno y qué es malo: es todo lo mismo, todo da igual.
Hay una canción argentina que dice: “¡Dale nomás, dale que va, que allá en el horno nos vamos a encontrar!”(*). El espíritu del mundo te lleva a la inconciencia de no distinguir el pecado. ¿Y cómo puedo saber si estoy en la senda de la mundanidad, del espíritu del mundo, o sigo al Espíritu de Dios? El apóstol Juan nos da un consejo: “Queridos míos: no os fieis de cualquier espíritu (es decir de cualquier sentimiento, de cualquier inspiración, de cualquier idea), sino examinad si los espíritus vienen de Dios” (o del mundo). ¿Y qué es examinar los espíritus? Es simplemente esto: cuando sientas algo, te vengan ganas de hacer algo o te venga una idea, un juicio de algo, pregúntate: ¿esto que siento es del Espíritu de Dios o del espíritu del mundo?
¿Y cómo se hace? Preguntándose una o dos veces al día, o cuando sientas algo que te viene a la cabeza: ¿Esto que siento, que quiero hacer, de dónde viene: del espíritu del mundo o del Espíritu de Dios? ¿Esto me hará bueno o me tira hacia ese camino de la mundanidad que es una inconsciencia?
Muchos cristianos viven sin saber qué pasa en su corazón. Por eso San Pablo y San Juan dicen: “no os fieis de cualquier espíritu”, de lo que sentís, sino examinadlo. Y así sabremos qué sucede en nuestro corazón. Porque muchos cristianos tienen el corazón como una carretera, y no saben ni quién va ni quien viene, van y vienen, porque no saben examinar qué pasa por dentro. Por eso os recomiendo que todos los días toméis un poco de tiempo, antes de acostaros o al mediodía –cuando queráis– y os preguntéis: ¿qué ha pasado hoy en mi corazón? ¿Qué he tenido ganas de hacer, de pensar? ¿Cuál es el espíritu que se ha movido en mi corazón: el Espíritu de Dios, el don de Dios, el Espíritu Santo que me lleva siempre adelante al encuentro con el Señor o el espíritu del mundo que me aleja del Señor suavemente, lentamente; es un resbalón lento, lento, lento.
Pidamos esta gracia de permanecer en el Señor y recemos al Espíritu Santo para que nos haga permanecer en el Señor y nos dé la gracia de distinguir los espíritus, o sea qué se mueve dentro de nosotros. Que nuestro corazón no sea una carretera, que sea el punto de encuentro entre nosotros y Dios.
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(*) Cambalache, de Enrique Santos Dicepolo (ndt).