01 La richesse provoque l’insomnie qui épuise le corps ;
elle cause des soucis qui font perdre le sommeil.
02 Les soucis de l’existence empêchent de fermer l’œil,
comme une maladie grave éloigne le sommeil.
03 Le riche s’est donné de la peine pour faire fortune,
et, quand il s’arrête, il prend du bon temps.
04 Le pauvre s’est donné de la peine pour vivre de peu
et, quand il s’arrête, il tombe dans la misère.
05 Qui aime l’or ne pourra rester juste,
qui court après le gain se laisse fourvoyer.
06 Beaucoup sont tombés pour avoir aimé l’or ;
leur perte était inévitable.
07 L’or est un piège pour ceux qui en font une idole ;
l’insensé s’y fera prendre.
08 Heureux le riche qui fut trouvé sans reproche
et n’a pas couru après l’or.
09 Qui est-il ? Nous le dirons bienheureux :
parmi son peuple, il a fait des merveilles !
10 Qui donc fut jugé parfait dans l’épreuve ?
À lui, la gloire pour toujours !
Qui donc pouvait pécher et n’a point péché,
faire le mal, et ne l’a pas fait ?
11 Ses biens s’affermiront dans le Seigneur,
et l’assemblée dira ses largesses.
12 Es-tu assis à une table somptueuse ?
N’en reste pas la bouche ouverte
et ne dis pas : « Eh bien, que de choses ! »
13 Souviens-toi que c’est mal d’avoir l’œil avide :
y a-t-il créature plus avide que l’œil ?
Voilà pourquoi il pleure à tout propos.
14 N’étends pas la main vers tout ce qu’il convoite,
ne te jette pas aussi vite que lui sur le plat.
15 Pense à ton voisin autant qu’à toi ;
agis en tout avec réflexion.
16 Mange ce qui t’est offert, en homme bien élevé ;
ne mâche pas bruyamment : tu serais insupportable.
17 Par bonne éducation, arrête-toi avant les autres ;
ne te montre pas vorace, de peur de choquer.
18 Et s’il y a beaucoup de monde à table,
n’étends pas la main le premier.
19 Qu’il suffit de peu à l’homme bien éduqué !
Une fois couché, il n’a pas la respiration difficile.
20 Un estomac léger procure un sommeil réparateur ;
on se lève le matin et on a l’esprit dispos.
Mais les tourments de l’insomnie, les nausées
et la colique attendent l’homme glouton.
21 Si tu as été forcé de trop manger,
lève-toi, quitte la table et fais une pause.
22 Mon fils, écoute-moi sans ricaner :
plus tard, tu comprendras mes paroles.
Sois modéré en tout ce que tu fais,
et tu ne tomberas jamais malade.
23 On bénit celui qui reçoit fastueusement,
il justifie sa réputation de largesse.
24 Toute la ville dénigre celui qui reçoit chichement,
il mérite sa réputation de pingre.
25 Avec le vin ne fais pas le brave,
car le vin en a perdu beaucoup.
26 Comme à la forge on éprouve une lame quand on la trempe,
le vin éprouve les cœurs quand des orgueilleux se querellent.
27 Pour les hommes, le vin, c’est la vie,
tant qu’on le boit avec modération.
Qu’est-ce qu’une vie où manque le vin ?
Il a été créé pour la joie de l’homme.
28 Le vin est allégresse du cœur et joie de vivre
pour qui le boit à son heure et avec mesure.
29 Le vin est amertume de l’âme pour qui le boit avec excès
au point de s’exalter et de perdre l’équilibre.
30 L’ivresse décuple la fureur de l’insensé jusqu’au scandale,
elle diminue sa force et lui attire des coups.
31 Ne provoque pas ton voisin au cours d’un banquet bien arrosé,
ne te moque pas de lui quand il est joyeux,
ne lui adresse pas des propos blessants
et ne le harcèle pas de tes réclamations.
01 On t’a choisi pour présider un banquet ?
Ne prends pas de grands airs.
Sois un simple convive parmi les autres,
occupe-toi d’eux, et alors seulement tu iras t’asseoir.
02 Quand tu auras rempli tout ton office, va prendre place
afin de te réjouir avec eux
et recevoir la couronne pour ta parfaite organisation.
03 Si tu es âgé, prends la parole, car cela te revient,
mais mesure bien ce que tu dis, ne retarde pas la musique
04 et, pendant qu’on l’écoute, ne te répands pas en bavardages :
n’étale pas ta sagesse à contretemps.
05 Une pierre de grenat enchâssée dans un bijou en or,
tel est un concert dans un banquet bien arrosé.
06 Une émeraude enchâssée dans une monture d’or,
tel est un air de musique sur un bon vin.
07 Si tu es jeune, ne prends la parole que si tu dois le faire,
mais pas plus de deux fois, et seulement si on t’interroge.
08 Résume ton propos : en quelques mots on peut dire beaucoup ;
montre-toi instruit et discret à la fois.
09 Avec de grands personnages, ne fais pas l’important ;
quand un autre a la parole, ne bavarde pas.
10 Aussi sûr qu’un éclair devance le tonnerre,
la faveur est d’avance acquise à une personne réservée.
11 Quand c’est l’heure, lève-toi, ne t’attarde pas,
rentre chez toi sans flâner.
12 Là, tu pourras te divertir et faire ce qui te plaît,
sans risque de pécher par vantardise.
13 Et, pour tout cela, bénis ton Créateur,
lui qui t’enivre de ses biens.
14 Qui craint le Seigneur recevra son enseignement,
ceux qui le cherchent dès l’aurore obtiendront sa faveur.
15 Qui scrute la Loi en sera comblé,
mais l’hypocrite y trouvera une occasion de chute.
16 Ceux qui craignent le Seigneur découvriront ce qui est juste
et feront briller leurs jugements comme la lumière.
17 Le pécheur n’accepte pas les remarques
et trouve toujours à justifier ce qui lui plaît.
18 Un homme réfléchi ne néglige aucun avis,
l’insolent et l’orgueilleux n’ont peur de rien.
19 Ne fais rien sans avoir réfléchi,
et tu n’auras pas à regretter tes actes.
20 Le chemin accidenté, ne le prends pas,
de peur de buter sur les pierres.
21 Ne te fie pas à un chemin uni,
22 et même avec tes enfants sois sur tes gardes.
23 En tous tes actes, fie-toi à ta conscience,
car cela aussi est observance des commandements.
24 Qui se fie à la Loi est attentif aux commandements,
qui met sa confiance dans le Seigneur ne connaîtra pas le déclin.
01 À celui qui craint le Seigneur il n’arrive aucun mal :
de chaque épreuve il est délivré.
02 Un homme sage n’aura pas d’aversion pour la Loi,
mais qui triche avec elle est comme une barque dans la tempête.
03 Celui qui est intelligent se fie à la Loi,
la Loi est pour lui aussi digne de foi qu’un oracle divin.
04 Prépare ton discours, et tu te feras écouter,
rassemble tes idées avant d’intervenir.
05 Le cœur du fou est une roue de chariot,
et son raisonnement, un essieu qui tourne sur lui-même.
06 Un ami moqueur est comme un étalon :
il se met à hennir quel que soit son cavalier.
07 Comment se fait-il qu’un jour soit plus important qu’un autre,
alors que, toute l’année, la lumière des jours vient du soleil ?
08 C’est le Seigneur qui, dans sa science, les a faits différents ;
il a diversifié les temps et les fêtes.
09 Il en a élevé et sanctifié certains ;
les autres, il les a pris pour faire nombre.
10 De même, les hommes sont tous tirés du sol,
et c’est de la terre qu’Adam a été créé ;
11 mais, dans son vaste savoir, le Seigneur les a distingués :
à chacun il offre un chemin différent.
12 Il en est parmi eux qu’il a bénis et élevés,
il en est qu’il a consacrés, et dont il a fait ses proches.
Il en a maudit et abaissé d’autres,
il les a rejetés de leur place.
13 Comme l’argile est dans la main du potier,
qui la modèle à son gré,
ainsi les hommes sont dans la main de leur Créateur
qui les rétribue selon son jugement.
14 Face au mal, le bien ;
face à la mort, la vie ;
de même, face à l’homme religieux, le pécheur.
15 Considère ainsi toutes les œuvres du Très-Haut :
elles vont deux par deux, l’une en face de l’autre.
16 Et moi, dernier venu, j’ai été vigilant
comme le grappilleur qui passe après les vendangeurs ;
17 grâce à la bénédiction du Seigneur j’ai rattrapé le retard
et, autant qu’un vendangeur, j’ai rempli le pressoir.
18 Comprenez-le bien : ce n’est pas pour moi seul que j’ai peiné,
mais pour tous ceux qui recherchent la sagesse.
19 Écoutez-moi, grands de ce peuple,
et vous qui présidez l’assemblée, prêtez l’oreille !
20 Ni à ton fils ni à ta femme, ni à ton frère ni à ton ami,
ne donne pouvoir sur toi durant ta vie.
Ne fais don de tes biens à personne :
tu pourrais t’en repentir et devoir les redemander.
21 Aussi longtemps que tu vis et qu’il te reste un souffle,
ne te livre pas au pouvoir d’un mortel.
22 Car il vaut mieux que tes enfants te sollicitent
que de dépendre de tes fils.
23 De toutes tes affaires, garde le contrôle,
ne laisse pas ternir ta réputation.
24 Et quand arrivera le dernier des jours de ta vie,
quand viendra l’heure de ta mort, tu répartiras ton héritage.
25 Fourrage, bâton et fardeau, voilà pour l’âne ;
pour le domestique : pain, discipline et travail.
26 Fais travailler ton serviteur, tu trouveras le repos ;
laisse ses mains inoccupées, il cherchera la liberté.
27 La bride et le joug font plier la nuque ;
pour le mauvais domestique : sévices et châtiments.
28 Mets-le au travail de peur qu’il ne devienne paresseux,
29 car la paresse enseigne bien des vices.
30 Tiens-le à l’ouvrage, selon ce qui lui convient,
et s’il n’obéit pas, mets-lui des fers aux pieds ;
mais ne dépasse la mesure avec personne,
et ne fais rien sans discernement.
31 As-tu un domestique ? Qu’il soit comme un autre toi-même,
puisque tu l’as acquis dans le sang.
As-tu un domestique ? Traite-le comme un frère,
puisque tu as besoin de lui comme de toi-même.
32 Si tu le maltraites et qu’il s’enfuie,
33 sur quel chemin iras-tu le chercher ?
01 Les espoirs vains et trompeurs sont le lot des hommes stupides,
et les songes donnent des ailes aux insensés.
02 S’arrêter à des songes,
autant saisir une ombre ou poursuivre le vent.
03 Ce que l’on voit en songe n’est qu’un simple reflet :
au lieu d’un visage réel, le semblant d’un visage.
04 De l’impur, que peut-il sortir de pur ?
Du mensonge, que peut-il sortir de vrai ?
05 Divinations, présages, songes, autant de balivernes :
délires d’une femme qui accouche !
06 À moins qu’ils ne soient envoyés comme une visite du Très-Haut,
n’y attache pas ton esprit.
07 Les songes ont égaré bien des gens
et fait tomber ceux qui avaient mis en eux leur espoir.
08 Mais la Loi ne trompe pas, elle accomplit ce qu’elle promet,
la sagesse d’une bouche sincère trouve son accomplissement.
09 Un homme qui a voyagé a beaucoup appris,
celui qui a de l’expérience parle en connaissance de cause.
10 Qui n’a pas été mis à l’épreuve connaît peu,
11 mais qui a voyagé est plein de ressources.
12 J’ai vu beaucoup de choses durant mes voyages,
j’en sais plus que je ne pourrais dire.
13 J’ai été maintes fois en danger de mort,
j’en suis sorti sain et sauf, grâce à mon expérience.
14 Ceux qui craignent le Seigneur auront la vie,
15 car ils ont mis leur espérance en celui qui les sauve.
16 Qui craint le Seigneur n’a rien à redouter,
il ne s’effraie de rien, car c’est lui son espérance.
17 Qu’elle est heureuse, l’âme qui craint le Seigneur !
18 Sur qui prend-elle appui ? Qui est son soutien ?
19 Ceux qui aiment le Seigneur, le Seigneur les regarde :
il est bouclier puissant, appui solide,
abri contre le vent brûlant et le soleil de midi,
protection contre l’obstacle, secours qui préserve de la chute ;
20 il relève l’âme, illumine le regard,
donne guérison, vie et bénédiction.
21 Offrir en sacrifice un bien mal acquis, c’est se moquer ;
22 les dons des gens sans loi ne sont pas agréés.
23 Le Très-Haut n’agrée pas les offrandes des impies ;
ce n’est pas le nombre des sacrifices qui lui fait pardonner les péchés.
24 Offrir un sacrifice avec les biens du pauvre,
c’est sacrifier le fils sous les yeux de son père.
25 La vie des indigents tient à un peu de pain :
qui le leur enlève est un assassin.
26 C’est tuer son prochain que lui retirer la subsistance,
27 c’est verser le sang que priver l’ouvrier de son salaire.
28 L’un construit, l’autre démolit ;
qu’ont-ils gagné, sinon des peines ?
29 L’un prie, l’autre maudit ;
de qui le Maître écoutera-t-il la voix ?
30 Si quelqu’un se purifie après avoir touché un cadavre
et le touche à nouveau,
à quoi lui aura servi son ablution ?
31 Ainsi l’homme qui jeûne à cause de ses péchés,
puis y retourne et recommence :
qui écoutera sa prière ?
À quoi lui aura servi sa pénitence ?
01 C’est présenter de multiples offrandes
que d’observer la Loi ;
02 c’est offrir un sacrifice de paix
que s’attacher aux commandements.
03 C’est apporter une offrande de fleur de farine
que se montrer reconnaissant ;
04 c’est présenter un sacrifice de louange
que faire l’aumône.
05 On obtient la bienveillance du Seigneur
en se détournant du mal ;
on offre un sacrifice d’expiation
en se détournant de l’injustice.
06 Ne te présente pas devant le Seigneur les mains vides.
07 Accomplis tout cela car tel est son commandement.
08 L’offrande de l’homme juste
est comme la graisse des sacrifices sur l’autel,
son agréable odeur s’élève devant le Très-Haut.
09 Le sacrifice de l’homme juste est agréé par Dieu
qui en gardera mémoire.
10 Rends gloire au Seigneur sans être regardant :
ne retranche rien des prémices de ta récolte.
11 Chaque fois que tu fais un don, montre un visage joyeux ;
consacre de bon cœur à Dieu le dixième de ce que tu gagnes.
12 Donne au Très-Haut selon ce qu’il te donne,
et, sans être regardant, selon tes ressources.
13 Car le Seigneur est celui qui paye de retour ;
il te rendra sept fois plus que tu n’as donné.
14 N’essaye pas de l’influencer par des présents,
il ne les acceptera pas ;
15 ne mets pas ta confiance dans un sacrifice injuste.
Car le Seigneur est un juge
qui se montre impartial envers les personnes.
16 Il ne défavorise pas le pauvre,
il écoute la prière de l’opprimé.
17 Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin,
ni la plainte répétée de la veuve.
18 Les larmes de la veuve ne coulent-elles pas sur ses joues,
19 et son cri n’accuse-t-il pas celui qui la fait pleurer ?
20 Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli,
sa supplication parviendra jusqu’au ciel.
21 La prière du pauvre traverse les nuées ;
tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable.
Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui,
22 ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice.
Le Seigneur ne tardera pas,
il restera impatient,
jusqu’à ce qu’il ait brisé les reins des hommes sans pitié,
23 tiré vengeance des nations,
supprimé la multitude des insolents
et brisé le sceptre des injustes,
24 jusqu’à ce qu’il ait rendu à chacun selon ses œuvres
et rétribué les actions des hommes selon leurs intentions,
25 jusqu’à ce qu’il ait jugé la cause de son peuple
et qu’il l’ait comblé de joie par sa miséricorde.
26 Qu’elle sera bienvenue, sa miséricorde, au temps du malheur,
comme les nuages de pluie au temps de la sécheresse !
01 Prends pitié de nous, Maître et Dieu de tout ;
02 répands la crainte sur toutes les nations.
03 Lève la main sur les pays étrangers,
et qu’ils voient ta puissance !
04 À nos dépens, tu leur montras ta sainteté ;
à leurs dépens, montre-nous ta grandeur.
05 Qu’ils l’apprennent, comme nous l’avons appris :
il n’est pas de dieu hors de toi, Seigneur.
06 Renouvelle les prodiges, recommence les merveilles,
07 glorifie ta main et ton bras droit.
08 [Réveille ta colère, déverse ta fureur,
09 détruis l’adversaire, arrache l’ennemi.
10 Hâte le temps, rappelle-toi le terme,
et que soient racontées tes merveilles !
11 Qu’un feu vengeur dévore le survivant,
et que périssent les bourreaux de ton peuple !
12 Brise les têtes des princes ennemis
qui disent : « Il n’est rien hors de nous ! »]
13 Rassemble les tribus de Jacob ;
16 comme aux premiers jours, donne-leur ton héritage.
17 Prends pitié du peuple porteur de ton nom,
Israël qui est pour toi un premier-né.
18 Prends compassion de ta ville sainte,
Jérusalem, le lieu de ton repos.
19 Remplis Sion de ta louange,
et ton sanctuaire, de ta gloire.
20 Rends témoignage à tes créatures des premiers jours ;
réveille les prophéties faites en ton nom.
21 Donne la récompense à ceux qui t’attendent ;
que tes prophètes soient reconnus dignes de foi.
22 Écoute la prière de tes serviteurs,
selon ta bienveillance à l’égard de ton peuple.
Et tous, sur la terre, le sauront :
tu es « Le Seigneur », le Dieu des siècles !
23 L’estomac absorbe toute sorte d’aliments,
mais tel aliment est meilleur que l’autre.
24 Comme le palais reconnaît une viande faisandée,
le cœur avisé reconnaît les paroles mensongères.
25 Un cœur pervers cause du chagrin,
mais l’homme d’expérience saura lui rendre la pareille.
26 Une femme doit accepter n’importe quel mari,
mais telle fille est préférable à telle autre.
27 La beauté d’une femme est joie pour les yeux ;
il n’y a rien de plus désirable pour un homme.
28 Si elle a sur les lèvres douceur et bonté,
son mari n’appartient plus au commun des mortels !
29 Pour qui prend femme, c’est déjà la fortune :
elle est une aide semblable à lui, une colonne où s’appuyer.
30 Faute de clôture, un domaine est livré aux pillards ;
faute d’avoir une femme, on erre à l’aventure en gémissant.
31 Qui ferait confiance à un agile escroc
passant de ville en ville ?
Il en va de même pour l’homme qui n’a pas de nid
et qui s’arrête là où le soir le surprend.
01 Tous tes amis diront : « Moi aussi, je suis ton ami ! »,
mais tel n’est ami que de nom.
02 N’est-ce pas triste à mourir
de voir un compagnon ou un ami se changer en ennemi ?
03 Ô mauvais penchant, d’où as-tu été tiré
pour couvrir ainsi la terre de fourberie ?
04 Si l’ami n’est qu’un compagnon de plaisir, au temps de la fête, que vienne la détresse, il changera de camp.
05 Si l’ami a souffert de la faim avec son compagnon,
au moment du combat, il prendra les armes avec lui.
06 Que ton cœur n’oublie jamais un ami,
ne perds pas son souvenir si tu deviens riche.
07 Tout conseiller fait valoir son avis,
mais il en est qui conseillent dans leur propre intérêt.
08 Méfie-toi d’un donneur de conseils,
sache d’abord de quoi il a besoin,
car il donne des conseils intéressés.
Il pourrait jeter sur toi son dévolu
09 et te dire : « Tu es sur le bon chemin »,
puis il prendra ses distances pour voir ce qui t’arrive.
10 Ne consulte pas quelqu’un de sournois ;
à ceux qui te jalousent cache ton projet.
11 Ne consulte pas non plus une femme sur sa rivale,
un lâche sur la guerre,
un négociant sur le taux de change,
un acheteur sur une vente,
un envieux sur la générosité,
un homme sans cœur sur la bienfaisance,
un paresseux sur quelque ouvrage que ce soit,
un travailleur saisonnier sur l’achèvement de la moisson,
un serviteur paresseux sur une grosse besogne.
Pour un conseil, ne te fie à aucun de ces gens-là.
12 Mais adresse-toi toujours à un homme religieux,
dont tu sais qu’il observe les commandements,
qui a un cœur selon ton cœur
et qui, si tu échoues, partagera ta souffrance.
13 Puis tiens-t’en au conseil de ton cœur,
car personne ne t’est plus fidèle que lui.
14 Bien souvent, l’âme d’un homme l’avertit
mieux que sept veilleurs en faction sur la hauteur.
15 Mais, par-dessus tout, supplie le Très-Haut
de diriger tes pas dans la vérité.
16 Le point de départ de toute œuvre, c’est la réflexion ;
toute entreprise est précédée d’un projet.
17 La racine des pensées, c’est le cœur ;
18 il en sort quatre rameaux :
le bien et le mal, la vie et la mort ;
et celle qui décide de tout, c’est la langue.
19 Tel homme est habile pour en instruire beaucoup,
mais pour lui-même il n’est bon à rien.
20 Tel autre veut faire étalage de sagesse et se rend détestable,
il finira par mourir de faim :
21 le Seigneur ne lui donne pas de plaire
car il est dépourvu de toute sagesse.
22 Tel, enfin, est sage dans son cœur,
et les fruits de son intelligence, dans sa bouche, sont dignes de foi.
23 C’est l’homme sage qui enseigne son peuple :
les fruits de son intelligence sont dignes de foi !
24 L’homme sage est comblé de bénédictions ;
tous ceux qui le voient le proclament heureux.
25 Les jours d’une vie humaine sont comptés,
mais les jours d’Israël sont sans nombre.
26 Le sage, au milieu de son peuple, gagne la confiance,
et son nom vivra à jamais.
27 Mon fils, sur ton mode de vie éprouve-toi toi-même,
vois ce qui te fait du mal et ne te l’accorde pas.
28 Car tout ne convient pas à tous,
et tous ne trouvent pas agrément à tout.
29 Ne sois pas insatiable des plaisirs de la table,
et ne te précipite pas sur les plats,
30 car, à trop manger, on se rend malade
et la gloutonnerie provoque des coliques.
31 Beaucoup même en sont morts,
mais qui se modère prolonge sa vie.
01 Honore à sa juste valeur le médecin pour ses services :
le Seigneur l’a créé, lui aussi.
02 C’est du Très-Haut, en effet, qu’il tient son art de guérir,
et le roi lui-même lui fait des présents.
03 La science du médecin lui fait porter la tête haute,
auprès des grands il est admiré.
04 Le Seigneur a créé les plantes médicinales,
l’homme avisé ne les méprise pas.
05 Le bois n’a-t-il pas jadis adouci l’amertume des eaux,
pour faire connaître par là sa vertu ?
06 Le Seigneur lui-même a donné la science à des hommes,
pour qu’ils le glorifient dans ses merveilles.
07 Le médecin utilise les plantes pour soigner et ôter la douleur,
08 le pharmacien en fait des préparations.
Ainsi l’œuvre de Dieu ne se termine pas :
le bien-être qui vient de lui s’étend sur la face de la terre.
09 Mon fils, quand tu es malade, ne te décourage pas,
mais prie le Seigneur, et lui te guérira.
10 Renonce à ta conduite mauvaise, agis avec droiture,
et, de tout péché, purifie ton cœur.
11 Offre un encens d’agréable odeur et un mémorial de fleur de farine,
présente une offrande généreuse, comme si c’était la dernière.
12 Puis fais venir le médecin :
le Seigneur l’a créé, lui aussi ;
qu’il ne s’écarte pas de toi,
car tu as besoin de lui.
13 Il est des cas où le rétablissement passe par leurs mains :
14 eux aussi prieront le Seigneur
pour qu’il leur donne le moyen de te soulager
et la guérison qui te sauvera la vie.
15 Celui qui pèche à la face de son Créateur,
qu’il tombe aux mains du médecin !
16 Mon fils, répands tes larmes sur un mort ;
comme un malheureux déchiré de douleur,
entonne sur lui un chant de deuil ;
donne à son corps la sépulture qui lui est due
et ne néglige pas sa tombe.
17 Pleure amèrement, frappe fort ta poitrine ;
observe ce deuil comme il convient,
un ou deux jours, pour éviter les calomnies ;
et puis, console-toi de ta peine.
18 Car la tristesse hâte la mort,
la tristesse du cœur abat les forces.
19 Tant que dure le deuil, la tristesse persiste :
le cœur maudit une vie de misère.
20 Ne livre pas ton cœur à la tristesse,
repousse-la : pense que la vie a une fin.
21 N’oublie pas qu’il n’y a pas de retour ;
tu te ferais du tort à toi-même sans être utile au défunt.
22 « Rappelle-toi, dit-il, mon sort sera aussi le tien ;
moi hier, toi aujourd’hui. »
23 Quand un mort repose, laisse aussi reposer sa mémoire ;
console-toi de lui lorsqu’il a rendu l’âme.
24 La sagesse du scribe s’acquiert à la faveur du loisir ;
pour devenir sage, il faut avoir peu d’affaires à mener.
25 Comment deviendrait-il sage, celui qui tient la charrue,
qui met sa fierté à manier l’aiguillon comme une lance,
qui mène ses bœufs, s’absorbe dans leurs travaux
et ne parle que de son bétail ?
26 Il met son cœur à tracer des sillons
et passe ses nuits à donner du fourrage aux génisses.
27 Il en va de même de l’artisan et du maître d’œuvre,
qui sont occupés de jour comme de nuit ;
de ceux qui gravent la pierre d’un anneau à cacheter
et qui s’appliquent à en varier les motifs ;
ils ont à cœur de reproduire le modèle
et passent des nuits pour achever leur ouvrage.
28 Il en va de même du forgeron, toujours à son enclume ;
il fixe son attention sur le fer qu’il travaille ;
le souffle du feu fait fondre ses chairs,
il se démène dans la chaleur du fourneau,
le bruit du marteau lui casse les oreilles,
ses yeux sont rivés sur le modèle de l’objet ;
il met son cœur à parfaire son œuvre
et passe des nuits à la rendre belle jusqu’à la perfection.
29 Il en va de même du potier, toujours à son ouvrage ;
il actionne le tour avec ses pieds,
il est en perpétuel souci de son travail
et tous ses gestes sont comptés :
30 de ses mains il façonne l’argile,
il la malaxe avec ses pieds,
il met son cœur à parfaire le vernis,
il passe des nuits à nettoyer le four.
31 Tous ces gens-là ont mis leur confiance dans leurs mains,
et chacun possède la sagesse de son métier.
32 Sans eux on ne bâtirait pas de ville,
on n’y habiterait pas, on n’y circulerait pas.
Mais lors des délibérations publiques on ne va pas les chercher,
33 dans l’assemblée ils n’accèdent pas aux places d’honneur,
ils ne siègent pas comme juges,
ils ne comprennent pas les dispositions du droit.
Ils n’exposent brillamment ni l’enseignement ni le droit,
on ne les trouve pas méditant des paraboles.
34 Mais ils consolident la création originelle,
et leur prière se rapporte aux travaux de leur métier.