RENCONTRE DU PAPE JEAN-PAUL II
AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
ET LES CORPS CONSTITUÉS*
Kinshasa (Zaïre)
Jeudi, 15 août 1985
Monsieur le Président de la République,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
1. En cette belle journée de fête où il m’est donné de retrouver la communauté catholique du Zaïre, je suis heureux d’avoir pu venir ici saluer les plus hautes personnalités de ce pays. Je tiens à remercier d’abord Son Excellence Monsieur le Président de la République pour son accueil chaleureux et pour les paroles qu’il vient de m’adresser avec une déférence et une délicatesse qui me touchent profondément. La présence des membres du Gouvernement et de nombreux représentants des Corps constitués m’honore, je voudrais leur exprimer de tout cœur ma reconnaissance.
En vous, Mesdames et Messieurs, je voudrais saluer toute la nation zaïroise et dire mon estime pour ce grand pays qui vient de fêter 25 années de son indépendance. Au cours de cette période, en surmontant bien des difficultés et des épreuves, le Zaïre a pu affermir sa personnalité de pays respecté par ses pairs et accomplir maint progrès. Vous avez consolidé l’unité d’un pays aux vastes dimensions et à la grande diversité humaine et naturelle. Très vivement, je souhaite à tous vos compatriotes la prospérité commune qui permette le bonheur de chacun.
2. En vous rencontrant, vous qui exercez tant de responsabilités, je voudrais exprimer quelques réflexion sur les taches qui concourent au bien commun de la société. Au regard de l’Eglise, cela présente un intérêt constant. Assurément, comme telle, l’Eglise n’a aucune prétention à intervenir dans les fonctions de gouvernement et d’arbitrage qui reviennent aux pouvoirs publics. Cependant elle considère qu’il relève de sa mission de réfléchir sur tout ce qui fait le bien de l’humanité. C’est dans cet esprit qu’elle joue un rôle spécifique dans la communauté internationale, et c’est dans cet esprit que la conscience de chaque chrétien se sent engagée dans la vie de la nation à laquelle il appartient.
En effet, comme je l’ai mainte fois souligné, à la suite de mes prédécesseurs, c’est l’homme lui-même qui se trouve au centre des préoccupations de l’Eglise. L’homme dans toutes ses dimensions, l’homme qui désire son épanouissement et sa responsabilité, l’homme qui aspire à devenir toujours plus libre par rapport aux entraves et aux épreuves qui l’empêchent d’être heureux, l’homme qui, par sa nature même, recherche une vie fraternelle et paisible dans la société. Les chrétiens sont convaincus que la terre nourricière est donnée aux hommes pour qu’ils bâtissent une cité où, avec intelligence et avec cœur, ils puissent développer pleinement leur vocation spirituelle. Disant cela, je pressens que ces affirmations chrétiennes s’accordent avec quelques-uns des traits les plus vifs de l’âme africaine, comme le respect du sol où l’on n’ait, le sens de la convivialité, une ouverture spirituelle spontanée et profonde.
3. Mesdames et Messieurs, dans l’objectif premier que je viens de rappeler simplement, celui de permettre à l’homme son épanouissement plénier dans la société, se trouve le point de convergence et la réelle raison d’être de toutes vos taches et de l’autorité qui vous revient. Je ne saurais en dresser un tableau complet, mais je voudrais en mentionner quelques-unes qui présentent un intérêt particulier.
Je pense en premier lieu à tout ce qui est impliqué dans la conception d’un système éducatif. La jeunesse, nombreuse dans vos régions, mérite de se voir offrir le maximum de chances pour prendre prochainement en charge sa propre vie et toute la vie sociale. Les formations, offertes au plus grand nombre, s’équilibrent en alliant la transmission du patrimoine culturel et spirituel des pères - dont je sais combien vous tenez à garder la substance -, avec l’initiation nu savoir et aux techniques nécessaires à la vie moderne. Et il importe qu’une génération motivée et compétente ouvre la suivante aux plus saines règles de vie, à la conscience professionnelle, à l’intégrité, à la recherche inlassable de l’amélioration des relations sociales. Ainsi, la tentation du fatalisme ou la crainte de l’échec ne paralysent pas les jeunes prêts à les surmonter.
Vous avez à cœur aussi de développer ce qu’on peut appeler un sens social ou un sens communautaire à tous les niveaux de l’activité de la nation. L’économie, l’organisation de la vie publique prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont mises au service de l’homme, au service de l’ensemble des hommes. Une juste répartition des ressources et des responsabilité, la liberté d’initiative, contribuent à ce que tous vivent dans la dignité. La promotion de la femme, épouse, mère et citoyenne à part entière, souligne la maturité d’une société. La solidarité à l’égard des plus démunis, des malades, des handicapés, des personnes âgées, honore la nation qui l’exerce avec respect.
Les conditions de vie dépendent de plus en plus de la régulation assurée par les responsables nationaux. Ainsi, équilibrer les activités industrielles, agricoles et tertiaires, éviter les excès d’une urbanisation qui créent le malheur d’une trop grande partie de la population, permettre aux ruraux de cultiver la terre sans être défavorisés, tout cela représente des soucis exigeants. Cela suppose aussi des prévisions à long terme, concertées avec sagesse. Cela entraîne des investissements considérables, dans un vaste territoire comme le votre, pour développer tous les types de moyens de communication. Et, dans un autre ordre d’idées, ces objectifs deviennent plus accessibles lorsque prévaut une stricte rectitude dans l’exercice de la fonction publique lorsque de justes arbitrages règlent les conflits qui surviennent.
Mesdames et Messieurs, en évoquant sommairement tant d’aspects de l’action que poursuivent les responsables de la vie publique, je ne minimise nullement les grandes difficultés que vous rencontrez pour les atteindre, mais je sais que je rejoins vos intentions. Et j’espère que la génération présente progressera dans toutes ces directions malgré les dures conditions dans lesquelles la placent un développement encore insuffisant et les circonstances inégales et souvent défavorables régnant actuellement dans le monde. Je puis dire que les chrétiens ont à cœur de prendre activement leur part des efforts nécessaires; ils sont généreusement disposés à contribuer au développement harmonieux de leur pays.
4. Sur les préoccupations, souvent graves, qu’inspire l’état du monde, j’ai eu souvent l’occasion de m’exprimer; je l’ai fait tout récemment, au cours de ce voyage, au Cameroun devant les représentants du Corps Diplomatique, et je le ferai prochainement au Kenya, devant l’UNEP. Aussi m’en tiendrai-je ce soir à quelques réflexions qui me paraissent essentielles.
Les conditions présentes qui affectent toutes les sociétés, et particulièrement en Afrique, sont d’une extraordinaire complexité. Le facteur le plus apparent, c’est, depuis un siècle, la rencontre des cultures originales des peuples avec l’apport de la société occidentale. Une transformation considérable s’est produite qui parait irréversible à bien des égards La civilisation technicienne qui a fait irruption dans l’existence des peuples, l’exploitation des richesses du sol, la juxtaposition de modes de vie différents, l’extension des voyages et de tous les moyens de communication, une éducation d’inspiration étrangère, des conditions nouvelles de la santé avec leurs conséquences démographiques, tous ces facteurs, intervenus non sans violence parfois, ont contribué à établir un rapport complexe entre les peuples des divers continents. Dans les domaines intellectuel, économique et politique, désormais, il existe des relations dont l’expression sur le plan des institutions et des accords ne constitue qu’un aspect plus visible de ce qui touche en réalité la vie de chaque personne.
Par ces considérations, je désire simplement rappeler l’enjeu réel de la vie internationale. Les dernières générations ont parcouru, partout dans le monde, une évolution rapide. Tous connaissent la criante inégalité des chances, qui apparaît au grand jour. Les puissances ne parviennent pas à résoudre leurs conflits; elles y entraînent les peuples moins développés au prix de luttes trop souvent meurtrières. Ce qui pouvait représenter des échanges bénéfiques pour tous se trouve grevé par l’exploitation désordonnée des richesses naturelles, par des atteintes aux droits fondamentaux des hommes et au respect de leur héritage culturel propre. Et comment ne pas déplorer les contradictions qui se manifestent bien des fois entre des déclarations d’intentions généreuses et la réalité de l’action intéressée!
5. Mesdames et Messieurs, si l’on doit à la vérité de reconnaître ce qui pèse lourdement sur la vie des peuples qui aspirent à une prospérité partagée et à la paix, il faut aussi relever les signes d’espérance. Il n’est pas vain que les nations se rencontrent et débattent des obstacles qu’elles trouvent sur leur chemin. Il n’est pas vain que le dialogue international se poursuive dans le cadre des grandes institutions. Il n’est pas vain que beaucoup d’hommes, de part et d’autre, se dévouent sincèrement aux grandes causes de la solidarité.
Il est possible de rechercher un équilibre nouveau entre les peuples de la terre. C’est la tache des dirigeants d’animer cette action, mais en tenant compte du fait qu’elle implique beaucoup d’autres personnes représentatives. Il faut accueillir comme une chance que les échanges deviennent constants entre les intellectuels et les savants, les travailleurs sociaux, les économistes, les responsables spirituels. On peut espérer et pressentir que les influences deviendront davantage réciproques, que les cultures diverses seront plus respectées et qu’elles s’enrichiront mutuellement, que, d’un bout du monde à l’autre, on entendra l’appel des hommes à voir reconnue leur dignité. Sans se lasser, que ceux qui représentent les pouvoirs publics agissent avec ceux qui expriment les aspirations de leurs concitoyens dans tous les domaines!
Notre génération, marquée par la terrible blessure d’une guerre mondiale et par ses suites, sait bien que l’humanité doit se concerter, s’unir. Elle ne veut pas céder au découragement devant les échecs de visions généreuses qui ont pu avoir la figure de l’utopie. Nous sommes à l’époque où chacun doit et peut jouer son rôle dans l’ensemble des nations. Il devient manifeste que l’équilibre du monde s’établit par l’activité concertée des pays qui s’associent dans chaque région et dans chaque continent. Je sais que le Zaïre a le souci de favoriser la concertation des Africains et qu’il coopère avec les pays voisins dans plusieurs regroupements pour promouvoir la mise en valeur des territoires et une meilleure utilisation de ses ressources propres.
Ce sont là des signes encourageants. Il en est bien d’autres; pour ne prendre qu’un exemple, je mentionnerai les réflexions communes des intellectuels africains soucieux d’envisager positivement l’avenir et d’assurer le dialogue équilibré et compétent, indispensable à la rencontre bénéfique des cultures, à une maîtrise des techniques et du savoir favorables au développement.
La charge qui incombe aux responsables du bien commun, est lourde et grave car elle est un service essentiel de l’homme, elle touche au respect de sa vie et de ses droits fondamentaux, elle ne peut se séparer d’une juste éthique. Mon vœu profond est que tous, avec la confiance de leurs concitoyens, puissent déployer les meilleurs efforts pour qu’en toute circonstance l’existence des hommes soit rendue plus conforme à la dignité et au bonheur que Dieu lui-même veut pour eux.
Que Dieu bénisse votre pays et tous ceux qui coopèrent à son progrès, je l’ai dit avec un sentiment tout a fait spécial, au jour où il m’a été donné d’élever aux honneurs des autels, votre concitoyenne, vierge martyre, la bienheureuse Anwarite Nengapeta. Je vous félicite tous, non seulement l’Eglise et les catholiques du Zaïre mais vous tous Zaïrois par cet événement historique d’un grand relief spirituel.
*Insegnamenti di Giovanni Paolo II, vol. VIII, 2 pp.423-428.
L'Osservatore Romano (Supplément) 19.5.1985 p. XXXV.
L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.35 pp.21, 22.
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CÉRÉMONIE DE BIENVENUE
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
Aéroport International de Bangui-M'Poko (République Centrafricaine)
Mercredi, 14 août 1985
1. Je suis très heureux de pouvoir vous visiter, cher peuple de la République Centrafricaine, pour vous saluer, pour recevoir le témoignage de l’Eglise qui vit chez vous et l’encourager moi-même dans sa mission. Je regrette de ne pas pouvoir demeurer plus longtemps parmi vous étant donné la surcharge du programme déjà prévu. Comme vous le savez, je vais clôturer le 43ème Congrès eucharistique international à Nairobi, et aussi célébrer à Kinshasa la première béatification d’une Sœur zaïroise. J’ai beaucoup désiré saisir cette occasion pour rendre visite à votre nation et à quelques autres pays d’Afrique. Je veux vous assurer que le successeur de Pierre demeure proche de votre pays, enclavé au cœur de l’Afrique et peut-être quelque peu isolé. J’avais déjà eu la joie de recevoir vos évêques à Rome, en novembre 1982. Aujourd’hui, je leur rends leur visite, à eux et à tout leur peuple chrétien.
Et je vous remercie vivement, Monsieur le Président de la République Centrafricaine, d’avoir vous-même désiré ce passage du Pape dans votre pays, d’avoir facilité cette visite pastorale en prenant les dispositions pour permettre son fructueux déroulement malgré sa brièveté.
2. Dans la plupart des pays africains de cette région, l’évangélisation a commencé il y a tout juste un siècle. Pour vous, c’était il y a 90 ans. Je pense à la véritable épopée des pionniers: Monseigneur Augouard, puis Monseigneur Grandin, et tous les missionnaires spiritains, capucins, comboniens, prêtres “fidei donum”, frères et religieuses, laïcs, qui n’ont pas hésité à se frayer un chemin jusqu’à vous pour partager avec vous la foi chrétienne qu’ils avaient eux-mêmes reçue. Personne n’est propriétaire de ce don inouï de Dieu. Depuis que Jésus a envoyé ses Apôtres enseigner et baptiser toutes les nations, qui hésiterait à proposer en son nom cette Bonne Nouvelle qui nous assure de l’amour de Dieu, nous délivre de la peur et du péché, et nous pousse à bâtir une civilisation fraternelle? Les prêtres et religieux étrangers qui continuent à vous consacrer leurs forces et le dévouement de leur cœur par amour pour vous, sont encore nombreux et bien nécessaires. En votre nom à tous et au nom de l’Eglise universelle, je les remercie.
Ils ont eu la joie de voir que votre terre accueillait volontiers la semence de l’Evangile. Un nombre important de Centrafricains ont accepté le baptême ou s’y préparent. Quelques-uns sont devenus prêtres, religieux ou religieuses. L’un d’entre eux a reçu la plénitude du sacerdoce, Monseigneur Joachim N’Dayen, pour exercer le ministère épiscopal dans cette capitale et présider la Conférence de ses frères les évêques. Oui, je trouve ici une Eglise vivante, méritante. Et je la visite aujourd’hui pour rendre grâce avec elle, pour la confirmer dans la foi et l’encourager dans son engagement apostolique, afin que sa présence soit au milieu du peuple comme le levain dans la pâte. Nous allons nous unir dans cette prière tout à l’heure, au cours de l’Eucharistie.
3. Mais au delà de la famille des catholiques qui partagent pleinement ma foi, je sais que beaucoup d’autres personnes sont venues ici pour me saluer à l’arrivée dans le pays, vont assister à notre rassemblement de prière, ou s’intéressent de quelque façon à ma visite pastorale. Certains se reconnaissent avec nous disciples du Christ Sauveur. D’autres sont fils de l’Islam. D’autres encore sont attachés aux religions traditionnelles de ce pays. Un certain sens religieux nous rapproche, ainsi que la recherche du véritable bien de l’homme, qui est aussi un don de Dieu. J’apprécie vivement la présence des Autorités nationales et locales, des membres du Corps Diplomatique; je suis sensible à la venue de nombreuses personnes et familles de ce cher peuple. A tous, j’exprime mes remerciements, mon estime et mes souhaits cordiaux de bonheur et de paix.
Dans la capitale de ce pays, en présence des responsables du bien commun, je forme des voeux pour toute la nation centrafricaine. Sur les chemins de sa destinée, elle a connu bien des épreuves qui, espérons-le, appartiennent désormais au passé. Et vous êtes tous très conscients des difficultés qui demeurent pour affermir la paix en maintenant les libertés essentielles, pour consolider un climat de confiance et de fraternité dans le respect des droits de chacun et dans la coopération active et loyale au bien général, pour assurer le développement économique, tout en instaurant des conditions de vie équitable pour tous et en venant en aide aux plus démunis. Mais je suis persuadé que ce peuple a en lui même les ressources morales nécessaires pour relever ces défis dans la dignité. Mon séjour parmi vous veut être, sur ce plan aussi, un motif de réconfort et d’espérance.
Que le Seigneur nous vienne en aide!
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CÉRÉMONIE DE BIENVENUE
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
Aéroport de Kinshasa (Zaïre)
Mercredi, 14 août 1985
Monsieur le Président,
Eminence,
Excellences,
Mesdames, Messieurs, chers Frères et Sœurs,
1. En retrouvant la terre du Zaïre pour une grande fête chrétienne, je voudrais vous dire ma joie de revenir dans votre pays si attachant. En 1980, j’avais passé plusieurs jours au Zaïre, marqués par de nombreuses rencontres dont le souvenir reste bien vivant pour moi. Aujourd’hui, avant de rejoindre le Congrès eucharistique international de Nairobi, je suis particulièrement heureux de pouvoir répondre à la pressante invitation que vos évêques m’avaient présentée à Rome, à venir ici proclamer bienheureuse votre sœur Anwarite Nengapeta. Je remercie Monsieur le Cardinal Malula, Archevêque de Kinshasa, Monseigneur Monsengwo Pasinya, Président de la Conférence épiscopale, et tous mes frères dans l’épiscopat de m’avoir convié au nom de tous les catholiques de ce pays avec une insistance délicate qui m’a touché.
Monsieur le Président de la République, je tiens à exprimer ma gratitude à Votre Excellence pour sa propre invitation et son empressement à rendre ma visite possible, en prenant avec diligence toutes les dispositions en vue de son organisation. Les paroles que vous venez de prononcer disent, en des termes auxquels je suis très sensible, la qualité de l’accueil que vous me réservez, suivant les belles traditions africaines d’hospitalité. J’apprécie la possibilité que j’aurai demain de m’entretenir à nouveau avec vous.
De nombreuses personnalités vous accompagnent, Monsieur le Président, en cette cérémonie de bienvenue; elles représentent ici les plus hautes instances de votre pays et particulièrement de la capitale. Je les remercie pour la courtoisie que manifeste leur présence et je leur adresse un salut déférent et cordial.
2. Dès mon arrivée, je voudrais dire ma chaleureuse sympathie à tout le peuple de cette grande cité de Kinshasa et de l’ensemble du Zaïre. Vous avez marqué une étape dans l’histoire de votre pays en commémorant récemment le XXV anniversaire de votre indépendance. Le chemin parcouru est considérable; les embûches n’ont pas manqué. Mais vous gardez la volonté d’entreprendre, sans ménager vos efforts. Je souhaite à chacun de vous la satisfaction de voir son labeur récompensé, de vivre dans une société harmonieuse et fraternelle. Mes vœux vont particulièrement à la jeunesse nombreuse de votre peuple qui se prépare à prendre ses propres responsabilités dans ce monde exigeant et difficile. Il importe que tous déploient les qualités de l’esprit et du cœur pour que les ressources de la terre servent au bien commun des hommes, et pour que les peuples du monde sachent multiplier leurs échanges bénéfiques, établir entre eux une collaboration dynamique dans la paix. Comme tous leurs compatriotes, les catholiques ont à cœur de participer activement aux efforts de la nation.
3. Ma brève visite a pour premier but de permettre une nouvelle rencontre de l’Evêque de Rome avec l’Eglise catholique au Zaïre. Il y a cinq ans, nous avons célébré ensemble le centenaire de la seconde évangélisation dans votre pays, un siècle où vos communautés se sont développées rapidement dans l’ardeur, où vous avez non seulement reçu le message, mais édifié l’Eglise désormais solidement enracinée dans votre terre. Lors de mon premier pèlerinage parmi vous, nous avons communié intensément en remerciant Dieu et en lui confiant votre avenir. Demain, nous allons exalter les mérites de l’une d’entre vous, gage de la fécondité d’une Eglise qui mûrit, approfondit la Parole de Dieu et témoigne de la vivante présence du Christ.
Successeur de l’Apôtre Pierre, chargé de confirmer dans la foi mes frères et mes sœurs sous toutes les latitudes, je suis heureux de me trouver parmi vous afin de poser ce jalon lumineux sur la route de l’Eglise au Zaïre, en communion avec les évêques de tous vos diocèses. Puissent ces journées de fête marquer une nouvelle avancée dans votre attachement au Christ, dans votre solidarité avec tous vos frères, les chrétiens d’Afrique et des autres continents! Alors que ce soir commence la solennité de son Assomption, puisse Notre-Dame du Zaïre vous conforter dans l’espérance!
4. En arrivant ici, je désire aussi adresser un salut cordial à tous les Zaïrois qui constituent d’autres communautés chrétiennes que l’Eglise catholique. Je salue aussi ceux qui appartiennent à des traditions spirituelles différentes. Qu’ils soient assurés de mon respect et du désir sincère des chrétiens d’entretenir avec tous des relations fraternelles.
Sur ma route, avant de quitter votre pays, j’aurai l’occasion de célébrer la Messe avec les chrétiens du Shaba rassemblés à Lubumbashi. Mais, si le temps dont je dispose n’était limité, c’est de tous les Zaïrois que je voudrais être proche, de chaque famille, de chaque enfant.. Et je pense aussi à ceux que la maladie et la souffrance immobilisent, j’aimerais leur apporter un réconfort, ainsi qu’à toutes les personnes qui sont dans l’épreuve. Je leur dis mes vœux affectueux.
5. Je sais que les diverses rencontres que j’aurai au cours de mon séjour ont demandé beaucoup de soin pour leur organisation, tant de la part des Autorités civiles que de la part des diocèses qui m’accueillent. Que tous ceux qui se dévouent pour les préparer et accomplir toutes les taches nécessaires, souvent au prix d’un travail qui reste discret, soient assurées de ma vive reconnaissance.
A tous, présents et lointains, de tout cœur merci!
Que Dieu vous bénisse!
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CÉRÉMONIE DE DÉPART
DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
Aéroport de Yaoundé (Cameroun)
Mercredi, 14 août 1985
1. Au moment où je quitte le Cameroun pour visiter d’autres pays africains, j’exprime mes vifs remerciements et ma satisfaction à tous les Camerounais.
A vous-même, Monsieur le Président de la République: vous m’avez si bien accueilli dans ce pays confié à votre haute responsabilité! Vous avez disposé les choses pour que je puisse rencontrer largement vos compatriotes en quatre chefs-lieux du pays, dans un climat de sérénité. Avec Votre Excellence, je remercie toutes les Autorités nationales et locales qui ont veillé sur le bon déroulement de ce voyage et qui, bien souvent, ont tenu à honorer de leur présence nos rassemblements. Je voudrais nommer tous ceux qui ont pris part aux travaux et aux services que requéraient mes déplacements, la sécurité, le service d’ordre, l’aménagement des lieux, la diffusion de l’événement par les communications sociales. Je remercie tous ceux dont le sentiment religieux ou l’idéal humanitaire ne s’exprime pas dans la foi catholique mais qui sont venus au-devant de moi avec bienveillance, pressentant sans doute que nous sommes tous à la recherche du bien de l’homme selon le plan de Dieu. Je leur redis mes sentiments fraternels.
2. Je suis venu en visite pastorale spécialement pour les frères et sœurs de ce pays qui partagent ma foi et qui forment l’Eglise catholique au Cameroun. J’ai su qu’ils s’étaient soigneusement préparés à cette visite, dans chaque diocèse, dans les paroisses, les mouvements. C’est sans doute ce qui a contribué le plus à faire de nos rencontres des moments d’intense communion dans la prière, dans la fraternité, dans la joie. Vous avez semblé heureux de pouvoir rencontrer chez vous le successeur de l’Apôtre Pierre, parce que vous vous sentiez ainsi plus proches du Christ Jésus, le Chef invisible de l’Eglise, et de tous les chrétiens qui forment un même Corps avec Lui. Moi, en tout cas, j’ai été témoin, avec une grande satisfaction de tout le travail missionnaire accompli ici, de tout l’engagement actuel de votre Eglise.
3. Regardons maintenant l’avenir. Comme je l’ai dit à vos évêques, hier soir, je vous invite à étendre l’évangélisation si bien commencée, afin que le message de Jésus parvienne à la connaissance de tous vos compatriotes. Je vous exhorte aussi à approfondir l’évangélisation dont vous avez vous-mêmes bénéficié, afin que s’opère une symbiose plus grande encore entre votre foi et votre âme africaine, vos coutumes africaines, toutes les valeurs naturelles que vous portez en vous et que le Christ vient transfigurer par sa présence. Enfin, je vous encourage à faire face aux nouveaux problèmes pastoraux que posent à votre pays les changements de la vie moderne, urbaine, et l’accès de tant de jeunes aux études.
Dans quelques années, vous allez célébrer le centenaire de l’évangélisation au Cameroun. Puisse ce jubilé être un nouveau motif de fierté et d’action de grâce, et le point de départ d’un nouvel élan missionnaire, dont il faudra que vous-mêmes vous fassiez profiter un jour d’autres pays!
4. All of this is possible because God has given you the Holy Spirit who lives in you to assist you always with his light and his strength. In order to correspond to this gift, accept ever more the word of God. Do not stop praying. With your priests, take on your responsibilities as Religious, as catechists, as lay men and women within your communities, so that they may be lively and hospitable communities which radiate the charity of Christ. And gather together, like a family, around your Bishops, whom God sends to you to be your leaders and guides. With them you remain united with the Bishop of Rome and with the universal Church.
5. Que Dieu vous garde tous dans sa joie et sa paix! J’ai une pensée affectueuse et une bénédiction particulière pour ceux qui, dans vos familles et vos communautés, sont malades, dans l’épreuve, et qui n’ont pu se joindre à nos rassemblements.
Que le Très Haut permette au Cameroun de réaliser une heureuse croissance! Qu’il assiste ses dirigeants! Qu’il inspire chaque Camerounais dans sa propre conscience afin que ce soit toujours le bien qui l’emporte dans son action, et qu’ainsi la justice, la paix, la fraternité imprègnent la vie sociale du pays et que Dieu y soit honoré comme il convient!
Je continue à prier à toutes vos intentions.
A tous, de grand cœur, merci.
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