Ressources Catholiques Magistère

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Discurso al Embajador de CANADÁ,
Excmo. Sr. Don Eldon Pattyson BLACK*
7 de noviembre de 1985 
 
 
Monsieur l'Ambassadeur,
 
1. Je suis heureux d'accueillir Votre Excellence et d'accepter les Lettres de Créance qui vous accréditent comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipoten­tiaire du Canada près du Saint Siège. Je reçois avec reconnaissance vos vœux de la part du Gouvernement du Canada pour la poursuite fructueuse de mon minis­tère apostolique. Je vous remercie également de vos bonnes remarques concernant ma visite pastorale dans votre pays l'an dernier.
Bien que cette visite historique ait été en premier lieu une célébration de la foi pour les membres de l'Église Catholique, je me rappelle avec joie de l'accueil chaleureux et enthousiaste qui m'a été réservé par les Canadiens de toutes croyances. Je suis très heureux que ce pèlerinage inoubliable «a mari usque ad mare» m'ait donné de nombreuses occasions de connaître les différents peuples de votre pays; si riche en diversité ethnique comme dans son héritage culturel. De plus, le fait que ma visite ait permis aux Canadiens de mieux se connaître eux-­mêmes m'amène à remercier le Dieu Tout Puissant pour les grâces abondantes qu'Il a dispensées dans les diverses rencontres de prière, de partage, de dialogue au cours de ma visite. Bien des impressions profondes et durables restent dans mon cœur. Je désire une fois de plus, exprimer ma gratitude pour le grand honneur et le respect dont votre peuple m'a entouré comme Pasteur Suprême de l'Église Catholique.

2. J'ai noté avec plaisir votre référence aux bien-aimés jeunes du Canada. A l'instar de la jeunesse partout dans le monde, ils sont à la recherche, comme vous l'avez si bien dit, du sens de leur vie dans un monde où la confusion, l'indifférence et la violence semblent souvent l'emporter sur les forces de paix. Leur recherche et leur attente sont les signes, pour les chefs des peuples et tous les homme de bonne volonté, de la nécessité de se consacrer eux-mêmes à un travail inlassable au service de la paix et de la justice.

Dans la réponse à ce défi, ceux qui exercent l'art délicat de la diplomatie peuvent apporter une contribution fondamentale. Et je suis sûr que vous vous engagerez dans la contribution à ce dialogue constructif et qu'ainsi vous inspirerez confiance aux jeunes, courageux et généreux, du Canada dans une vision nouvelle de la paix. Je crois réellement que la communauté mondiale peut parvenir à la paix. Mais comme je l'ai dit aux membres du Parlement Canadien et aux représentants du Corps Diplomatique lors de ma rencontre avec eux à Ottawa: «Nous ne parviendrons à la paix véritable que lorsque les cœurs et les esprits de tous se convertiront à la compassion, à la justice et à l'amour».

3. Je suis heureux que les deux peuples fondateurs du Canada continuent à vivre et à travailler ensemble dans l'harmonie et le respect mutuel, tout en préservant leur propre identité culturelle. Le respect pour la dignité de la personne humaine dans une société culturelle diversifiée offre une base solide d'espérance pour l'avenir. Car le cœur des problèmes de la société contemporaine repose sur la qualité des relations entre individus et entre peuples. Quand ces relations sont bâties sur le respect envers la dignité et le caractère sacré de tout être humain, alors les droits de l'homme sont sauvegardés et la société jouit d’une vraie harmonie et de la stabilité.

Comme vous l'avez très justement observé, Monsieur l'Ambassadeur, il y a un bon nombre de domaine où se manifeste une convergence de vues et d'action entre votre Gouvernement et le Saint Siège. Cette convergence rend plus effectifs les efforts qui visent à promouvoir une défense active des droits humains et qui cherchent à fournir une aide économique et humanitaire aux personnes et aux États plus défavorisés. Je vous félicite de votre résolution de vous appuyer sur ces convergences pour accomplir la tâche qui vous a été confiée.

Je vous prie de transmettre au Gouvernement et au peuple canadien mes souhaits et mes vœux. J'espère que vous aurez une mission très fructueuse. Que Dieu vous bénisse, vous et vos compatriotes et vous accorde ses faveurs en abondance.

*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.48 p.8.

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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
À L’OCCASION DU XXème ANNIVERSAIRE
DE LA «DÉCLARATION SUR L’EDUCATION CHRÉTIENNE»
Mardi, 5 novembre 1985

Monsieur le Président,
 Mesdames et Messieurs,
1. Vous aviez à cœur de commémorer le XXème anniversaire de la “Déclaration sur l’Education chrétienne”, élaborée par les Pères du Concile Vatican II et promulguée le 28 octobre 1965 par le Pape Paul VI. Je vous félicite vivement de cette heureuse initiative, ainsi que la Congrégation pour l’Education Catholique, dont vous avez apprécié le chaleureux soutien sitôt connu votre projet En cette célébration jubilaire, notre reconnaissance va également à la mémoire de Pio XI qui publia l’encyclique “Divini Illius Magistri” sur cette même et importante question, le 31 décembre 1929.
“L’extrême importance de l’éducation dans la vie de l’homme et son influence toujours croissante sur le développement de la société moderne sont pour le Concile œcuménique l’objet d’une réflexion attentive. En vérité, les conditions d’existence d’aujourd’hui rendent à la fois plus aisées et plus urgentes la formation des jeunes, ainsi que l’éducation permanente des adultes” (Gravissimum Educationis, Prooemium). Ce texte conciliaire conserve une force de percussion étonnante. Je voudrais partager avec vous un certain nombre de réflexions sur l’éducation chrétienne dans le temps présent, et notamment sur le projet éducatif de l’école catholique.
2. Les profondes et nombreuses mutations scientifiques et technologiques qui continuent de marquer notre époque requièrent des échanges sereins et rigoureux entre la science et la foi. C’est dans cette intention que j’ai érigé le “Conseil pontifical pour la culture” en 1982. Je souhaite que votre Organisation collabore étroitement avec ce Conseil. Science et technique ont fait et continuent de faire des avancées remarquables qui contribuent à l’amélioration des conditions matérielles de l’existence. Pourtant ces progrès n’ont pas nécessairement engendré une plus grande valorisation de la personne humaine. Il nous fait bien constater - trop souvent du moins - que la formation authentique de l’esprit et du cœur laisse à désirer, alors qu’elle est une exigence prioritaire et irremplaçable dans l’édification d’une société saine, équilibrée, paisible, heureuse. Je pense à un sentier de réflexion fréquemment emprunté par Paul VI dans son enseignement, lorsqu’il parlait du binôme “vérité et charité”. “Il est bon, disait-il, que le récent Concile nous ait confirmés dans l’une et l’autre adhésion, à savoir à la vérité, qui mérite toujours l’hommage et, si nécessaire, le sacrifice de notre vie pour la professer, la répandre et la défendre; et en même temps à la charité, maîtresse de liberté, de bonté, de patience, d’abnégation dans tous nos rapports avec les hommes, auxquels l’Evangile attribue le nom de frères. Ce ne sont pas des jeux de mots, des oppositions d’école, des drames de l’histoire voués à la fatalité; ce sont des problèmes intrinsèques à la nature et à la sociabilité humaines, lesquels trouvent dans l’Evangile et donc dans cette «civilisation de l’amour» que nous souhaitons . . ., leur humble et triomphante solution” (PAULI VI Allocutio in Admissione Generali, die 18 febr. 1976: Insegnamenti di Paolo VI, XIV (1976) 119).
3. Dans notre monde tel qu’il est, et que nous avons le devoir d’aimer pour le sauver, les jeunes confiés aux institutions catholiques - et tous les autres évidemment - ressentent souvent un besoin pressant d’être dégagés d’un matérialisme envahissant, d’un hédonisme obsédant, et d’être guidés avec bonté et fermeté vers les hauteurs de la vérité indéniable et de l’amour oblatif. C’est pourquoi, de toutes mes forces, je fais appel aux parents, d’abord. Certes, je sais que bien des familles chrétiennes sont déconcertées par la société pluraliste contemporaine et le foisonnement des opinions divergentes qui la caractérise. Précisément, l’heure est plus que jamais aux associations de parents chrétiens. En de nombreux pays, elles font un excellent travail. Elles créent d’abord une amitié humaine entre les familles. Elles aident également les parents à mieux comprendre les mutations socio-culturelles actuelles, et à utiliser les méthodes éducatives plus appropriées, tant sur le plan humain que religieux, en lien avec les éducateurs scolaires. La paternité et la maternité, selon une vision typiquement chrétienne, est un enfantement en quelque sorte prolongé et d’une certaine façon plus délicat que la première gestation. Le dosage des interventions et des silences, de l’indulgence et de la fermeté, des encouragements et des exigences, des exemples convergents du père et de la mère peuvent tellement favoriser ou compromettre le développement harmonieux des enfants, jusqu’à leur envol du nid familial! Chers parents qui êtes ici, ou qui lirez cet appel, n’épargnez aucun effort pour promouvoir et même réhabiliter l’éducation chrétienne. Vos enfants et les jeunes en général ont besoin de partir dans la vie avec des certitudes sur le sens de l’existence humaine et son très noble usage. Votre mission, sur ce plan, est difficile et magnifique. La rencontre personnelle de ces jeunes avec le Christ complètera abondamment votre action. Il est “le chemin, la vérité et la vie” (Cfr. Io. 14, 6). Sans nullement céder à l’auto-satisfaction, on doit affirmer que l’éducation chrétienne en famille et dans des institutions catholiques - dont le droit à l’existence est reconnu et concrètement assuré - constitue un service indispensable de toute société véritablement démocratique et d’une civilisation qui refuse l’écrasement du matérialisme théorique et pratique.
4. Premiers responsables de l’éducation chrétienne de leurs enfants, les parents choisissent pour ceux-ci l’école correspondant à leurs convictions religieuses et morales. Mais ils sont en droit d’attendre des écoles catholiques la meilleure éducation humaine et religieuse possible. Ici, je veux renouveler ma confiance aux diverses instances nationales, régionales, diocésaines de l’enseignement catholique à travers le monde. Des prêtres, des religieux et des laïcs admirables de dévouement et de compétence s’y consacrent totalement. Nous pourrions citer bien des exemples. En même temps je leur adresse cette exhortation: que tous ces responsables veillent fermement au caractère spécifique des institutions catholiques! Il est possible, par endroits du moins, que l’ouverture missionnaire de ces institutions ait éclipsé l’identité de certains établissements catholiques. Par louable respect d’élèves venant d’autres confessions ou encore sans appartenance religieuse ou peu attachés à celle-ci l’espace de la foi transmise, témoignée, célébrée s’est réduit inconsidérément. La catéchèse - on peut se demander pourquoi - a même émigré, parfois, en dehors de l’établissement catholique. En conscience, tout en tenant compte de la nécessaire ouverture missionnaire des écoles et collèges catholiques, et des dispositions psychologiques de la jeunesse contemporaine, j’insiste sur le maintien de la catéchèse des chrétiens dans l’école catholique, sur sa présentation soigneusement adaptée, sa rectitude doctrinale, son grand respect du mystère de Dieu. C’est une telle catéchèse qui éveillera au moins les jeunes - et en conduira beaucoup - à une rencontre personnelle de Jésus Christ, le Modèle par excellence. La lettre aux Hébreux nous dit en une phrase impressionnante: “Jésus Christ est le même hier et aujourd’hui, il le sera à jamais” (Hebr. 13, 8).
5. Or ce sont les enseignants qui forment chaque jour, sur le terrain même de l’école, l’équipe éducative. Il importe souverainement que ces éducateurs, venus d’eux-mêmes proposer leurs services dans une institution catholique ou recrutés par la direction de l’établissement, aient une vision exacte de l’éducation chrétienne fondée sur le message évangélique. C’est un devoir sacré pour tous de donner individuellement et parfois communautairement le témoignage de leur foi. Certains accepteront avec joie d’animer les temps d’enseignement religieux ou de catéchèse. Chacun, dans la discipline qu’il enseigne, saura trouver opportunément l’occasion de faire découvrir aux jeunes que science et foi sont deux lectures différentes et complémentaires de l’univers et de l’histoire. Si la constitution de l’équipe enseignante est un des graves problèmes de l’enseignement catholique pour le maintien de son identité, la formation des futurs maîtres et le recyclage périodique des enseignants, tant sur le plan profane que religieux, s’imposent plus que jamais. L’Eglise se réjouit des efforts entrepris en ce domaine. Mais l’enseignement catholique doit se faire remarquer à la fois par la compétence professionnelle de ses maîtres, par le témoignage de leur foi ardente, par le climat de respect, d’entraide, de joie évangélique imprégnant tout l’établissement.
6. En tous ces domaines, je suis sûr que l’Office international de l’Enseignement catholique peut apporter un stimulant et une heureuse contribution.
En un mot, l’avenir des écoles, des collèges et des universités catholiques dépend de la coopération tenace, réfléchie, créative et sereine des familles et des équipes d’enseignants. Tout cela, dans un esprit de fidélité sans faille à l’Eglise, comme dans le respect sans équivoque des institutions similaires légitimement régies par les Gouvernements de chaque pays. Contribuez à empêcher les polémiques non constructives. Cherchez éventuellement et opportunément à partager vos convictions avec les chrétiens qui seraient indifférents ou sceptiques face à la très grande utilité des institutions scolaires catholiques. A cet égard, vous savez que les réalisations - j’entends la formation humaine et chrétienne réussie d’hommes et de femmes éduqués dans les écoles catholiques - sont plus convaincantes que les discours.
A l’OIEC et à son dévoué Président, mais également à toutes les familles chrétiennes qui ont délibérément choisi les établissements religieux d’éducation pour leurs enfants, à tous les responsables nationaux ou diocésains de l’Enseignement catholique, à toutes les associations de parents d’élèves, à toutes les équipes enseignantes des écoles primaires, des collèges secondaires et des universités, je renouvelle ma confiance et mes encouragements chaleureux. J’invoque sur tous d’abondance de la Sagesse et de la Force divines.

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DISCURSO DEL PAPA JUAN PABLO II
AL NUEVO EMBAJADOR DE COSTA RICA ANTE LA SANTA SEDE*
Lunes 30 de diciembre de 1985 
 
Monsieur l’Ambassadeur,

1. Je souhaite la bienvenue à Votre Excellence au moment où, avec la présentation des Lettres de Créance, commence votre mission d'Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Costa Rica prés le Saint-Siège.

Je vous remercie pour vos aimables paroles de reconnaissance et de dévotion envers le Siège Apostolique; elles m'ont fait également comprendre la proximité humaine et religieuse de tout le noble peuple du Costa Rica. Son évolution actuelle tout comme celle du passe, continue incontestablement a bénéficier d'un patrimoine culturel et moral d'une communion dans la foi qui sont le fruit de la présence évangélisatrice séculaire de l'Église.

2. A cet égard, je désire exprimer ma réelle satisfaction pour le fait que votre pays a su apprécier en majorité ces valeurs de l'esprit qui constituent en bonne partie une base solide pour le bien commun et Pour le progrès.

En disant ceci je désire réaffirmer la ferme volonté de collaboration de l'Église et son intention inébranlable de se mettre au service de l'homme, conformément à la mission que lui a Confiée son Fondateur. Ceci a été – pouvait-il en être autrement? – ma pensée constante au cours de ma première visite en Amérique Latine: proclamer à haute voix l'engagement inéluctable de servir l'homme pour le rendre digne, conformément au dessein de Dieu, pour le perfectionner progressivement en faisant appel à sa propre intelligence et à sa propre volonté et, en définitive le sauver.

En ce moment j'aime à manifester une fois de plus ma pleine confiance en la hiérarchie ecclésiastique, en les prêtres, religieux et religieuses et fidèles du Costa Rica.

3. Je sais parfaitement – et je m'en félicite – que leur activité apostolique, du fait qu'elle est un service ecclésial conscient et responsable en faveur de la personne, ne néglige jamais les besoins réels et les légitimes aspirations de celle-ci; et dans le domaine temporel, elle tend à le «pénétrer d'esprit évangélique»(Apostolicam actuositatem, 2). Aussi, serait-ce ignorer cet esprit que vouloir réduire la mission de l'Église à une simple tache culturelle ou purement culturelle, ou encore prétendre lui imposer la tâche sinon exclusive au moins prioritaire, de favoriser par tous moyens l'activité politique et sociale. L’action de l'Église se développe dans un cadre infiniment plus vaste: son service désintéressé, animé par la charité active, tend en tout premier lieu à cultiver chez l'homme, primordialement ce qu'il porte en lui de plus précieux et qui est source de sa suprême dignité: être l'image de Dieu. Image qui, pour être authentique, doit se projeter dans tous les domaines – professionnel, familial, culturel, social – où la personne humaine croit, se perfectionne, s'affirmant de plus en plus chaque jour dans son expérience directe, et s'efforçant de créer une communauté humaine toujours plus juste, solidaire et pacifique.

Pour que ces vœux deviennent une réconfortante réalité au Costa Rica, j'implore l'aide constante du Très-Haut à qui je recommande la mission de Votre Excellence, de même que les autorités et tous les citoyens de ce cher pays. 

*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française 1986 n.28 p.15.

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DISCOURS DU PAPE JEAN-PAUL II
AUX MEMBRES DU «LIONS INTERNATIONAL CLUB PARIS-ETOILE»
Lundi 30 décembre 1985

Mesdames, Messieurs,
Ce temps de Noël est pour les chrétiens un grand moment de grâce: nous savons que la bonté et la tendresse de Dieu se sont manifestées dans le don de son Fils unique. Et dans les pays où Noël garde toute sa place religieuse, beaucoup d’hommes, même au-delà du cercle des croyants, se sentent invités à ouvrir leur cœur au prochain, dans l’attention aux misères des autres, dans le partage des biens, dans l’amour qui reconnaît la dignité de tout frère humain.
Il me semble que de tels sentiments vous animent puisque, au milieu même des activités multiples que le “Lions International Club Paris-Etoile” organise pour l’épanouissement humain et culturel de ses membres, il tient à prendre en charge des œuvres philanthropiques pour soulager le sort de populations dans le besoin.
Je suis particulièrement sensible aux efforts soutenus que vous avez entrepris en faveur de mes compatriotes. Depuis cinq ans, vous avez acheminé de nombreux camions de vivres et de médicaments qui ont pu être distribués dans de bonnes conditions. Non seulement des Polonais y ont trouvé un secours appréciable, mais ils ont été heureux des gestes de solidarité qui leur venaient de leurs amis de France, auxquels eux-mêmes apportaient le témoignage de leur volonté de vivre dans la dignité et dans l’attachement à leurs convictions morales et religieuses. A cet égard, sans doute peut-on parler d’un certain échange! En leur nom, j’exprime ma gratitude à votre Club, aux organisateurs, aux donateurs, aux accompagnateurs des envois.
Je sais aussi que vous ne limitez pas là votre bienfaisance. Vous étudiez la possibilité d’installer un centre d’accueil pour les enfants de jeunes mamans toxicomanes. Voilà bien en effet une plaie redoutable de notre société de consommation; celle-ci est d’autant plus vulnérable que les valeurs morales et le sens de la vie se sont affaissés. Il nous faut tout faire pour combattre ce fléau, en faire prendre conscience à ceux qui en portent la responsabilité aux divers niveaux ou en sont les victimes plus ou moins coupables, et plus encore protéger les innocents contre ses funestes conséquences.
Vous le devinez, le Successeur de Pierre, l’Evêque de l’Eglise de Rome qui préside à la charité, accueille dans son cœur et dans sa prière les besoins innombrables éprouvés par tant de peuples et tant de personnes, qui souffrent chroniquement de la faim, de la guerre, de la solitude, de la haine, de la violence aveugle qui vient encore de se manifester d’une façon lamentable. Ce qui blesse notre monde, ce n’est pas tellement la pénurie des ressources matérielles, c’est le manque de respect de l’homme - de sa dignité et de sa liberté -, c’est le manque de solidarité, de fraternité, c’est le manque d’amour.
Je vous encourage donc à continuer à y apporter votre contribution, selon vos possibilités, et aussi à vous en faire les éducateurs par tous les moyens mis à votre disposition, en formant au don de soi les jeunes générations de vos familles et de vos milieux, spontanément ouvertes à une générosité sans frontières. Que l’Esprit Saint, l’Esprit d’amour, suscite largement une telle charité! Pour ma part, en vous souhaitant une heureuse année et en vous bénissant, je demande au Sauveur de vous combler de sa joie et de ses dons spirituels.

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Discurso al Embajador de BANGLADESH,
Excmo. Sr. Don Ataul KARIM
*
28 de diciembre de 1985
 
 
Señor Embajador:

Con sumo placer os doy la bienvenida al Vaticano y acepto las Cartas Credenciales que os acreditan como Embajador Extraordinario y Plenipotenciario de la República Popular de Bangladesh. Esta reunión fortalece los lazos ya existentes entre la Santa Sede y vuestro querido País, Nación que vuestro pueblo está construyendo cimentándola sobre los nobles valores y tradiciones que han caracterizado su vida cultural y religiosa a lo largo de los siglos.

Os agradezco vuestro amable saludo que habéis expresado en nombre de Su Excelencia, el Presidente Hossein Mohamme Ershad, al que correspondo calurosamente con muestras de mi estima y con mis oraciones por la felicidad y el bienestar de todo el pueblo.

Habéis mencionado, Señor Embajador, la coexistencia paralela de varias tradiciones religiosas en Bangladesh. Que el Altísimo, Padre y Creador, le conceda una creciente armonía y mayor comprensión mutua para el bien común.

Dicho clima de comprensión y paz es esencial si, como los pueblos del mundo lo esperan ardientemente, la dignidad y el valor único de cada ser humano son reconocidos, defendidos e impulsados. Hay un aumento en la toma de conciencia de la opinión mundial, que nace de las aspiraciones más profundas del corazón humano, de la existencia de ciertos derechos universales y obligaciones en el ejercicio de la libertad civil y en la obtención del bien común. Estos derechos incluyen la libertad de expresión, de reunión, de creencia y práctica religiosa, a los que corresponden obligaciones equivalentes por parte de los individuos, grupos y naciones.

Es deber de orden político y jurídico animar y hacer posibles el ejercicio de estas libertades. Sólo cuando se promuevan la integridad espiritual y el bienestar material del pueblo, se mantendrá la dignidad humana y se respetará y obedecerá a la voluntad de Dios Todopoderoso. Porque es Él, el Creador, el que ha impreso su imagen en cada miembro de la familia humana, confiando a cada uno un destino que no puede reducirse a factores materiales y económicos.

Especialmente en lo que atañe a la defensa de los Derechos fundamentales del hombre, la actividad diplomática de la Santa Sede busca promover el diálogo y la colaboración entre los pueblos y las naciones. La Santa Sede se alegra de ver el progreso de la causa de la paz, de la justicia y del servicio a la Humanidad. Todas las personas de buena voluntad, sea cual fuere su creencia religiosa, encontrarán muchas oportunidades de entrega y cooperación a esta causa.

En concordancia con este punto de vista, la Iglesia Católica en Bangladesh está comprometida activamente en el servicio del bien común a través de muchísimas actividades de tipo social y religioso. Aunque los católicos constituyen una minoría en vuestro País, son ciudadanos leales que mantienen muy cerca de su corazón el bienestar de la Nación. Responden con toda la buena voluntad, junto a todos los demás ciudadanos de Bangladesh, a los desafíos del desarrollo y del progreso.

Señor Embajador: vuestra misión como Representante de vuestro pueblo ante la Santa Sede requiere una sensibilidad especial hacia su bienestar, cuya esencia es espiritual, cultural y social. Ruego a Dios que os asista en vuestra misión y os aseguro el deseo de colaboración por parte de la Santa Sede.

¡Que el querido pueblo de Bangladesh viva en paz y armonía, bajo la protección de Dios Todopoderoso !

*L'Osservatore Romano. Edición semanal en lengua española 1986 n.11 p.11 (p.155).


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DISCORSO DI GIOVANNI PAOLO II
AL NUOVO AMBASCIATORE D'ITALIA PRESSO LA SANTA SEDE*
Sabato, 21 dicembre 1985
 

1. Je vous remercie de tout cœur pour les nobles paroles que vous avez bien voulu m'adresser au moment d'entreprendre votre mission d'Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Italienne près le Saint-Siège. En recevant de vos mains vos Lettres de Créance, je me tourne en pensée avec des sentiments de déférente estime vers Monsieur le Président de la République, François Cossiga, que j'ai eu le plaisir de recevoir en octobre dernier à l'occasion de sa première visite officielle hors du territoire nation, et à qui je rendrai visite au Quirinal en janvier prochain.

Succédant dans cette haute tache à votre digne prédécesseur, vous aurez l'honneur de représenter tout le peuple italien si cher, en raison de sa foi et de son histoire millénaires, de sa capacité de surmonter et vaincre les difficultés toujours nouvelles comme de tous les liens de voisinage et de dévotion qui le rattachent au siège de Pierre. Ce peuple m'est particulièrement cher depuis les temps de ma formation juvénile, qui eut son couronnement en la Ville éternelle. Ma sollicitude pour l'Église universelle, mes voyages apostoliques dans toutes les parties du monde où l'Évangile du Seigneur se répand comme l'arbre qui croit et étend ses branches, ne sauraient me faire oublier mes rapports quotidiens avec un pays que je tiens pour une seconde patrie. Puis, il y a les sentiments affectueux du peuple italien et ses sincères sentiments d'adhésion que je ne cesse de constater à Rome et dans toutes les régions de l'Italie.

2. Une circonstance remarquable comme celle-ci ne peut qu'inciter celui qui, comme moi, est né dans un autre pays à rendre témoignage au patrimoine culturel et artistique de cette nation privilégiée, à sa richesse morale, humaine et chrétienne, à la floraison de sainteté qui en est jaillie tout au long des siècles comme d'une source vivante pour l’édification de l'Église et le bénéfice de l'humanité.

Dans le sillage de cette glorieuse tradition, j'ai souhaité, dès le début de mon action pastorale au service de toute l'Église, que se poursuivent et se développent les rapports harmonieux entre Italie et le Saint-Siège qui, depuis les Pactes du Latran, ont toujours été encouragés et sauvegardés de la manière la plus fructueuse.

Dans les relations entre les deux parties, il s'est en effet établi un degré positif d'équilibre qui, se révélant favorable au bien commun du peuple italien et de l'Église, contribue énormément a la conservation de la paix intérieure et favorise le progrès social et civil du pays.

C'est un équilibre fondé sur une autonomie respective, comprise comme expression consciente de la liberté propre de chacun au sujet des compétences réciproques nécessairement distinguées et fidèlement observées. C'est un équilibre que des années de réflexion et d'étude ont permis de redéfinir à la lumière des transformations du cadre institutionnel de la République Italienne et des vastes horizons dégagés par le Concile Vatican II: ceci a conduit au récent accord modifiant l'ancien Concordat, et ouvre de nouvelles perspectives aux relations, empreintes de mutuel respect, de confiance et de collaboration pour faire face aux besoins religieux, moraux et culturels des hommes de notre époque.

3. La convergence des valeurs et des objectifs à laquelle s'est justement référé Votre Excellence appelle l'Église et l'État italien à surmonter les difficultés du chemin, à se rencontrer sur le champ commun d'une très importante activité pour contribuer à la solution des nombreux problèmes qui intéressent de près les sociétés industrialisées modernes: promotion de l'homme et de son développement, entente entre les nations, aide aux pays pauvres, auto-détermination des peuples opprimés, lutte contre la drogue, la violence et la faim dans le monde.

L'Église, animée par l'esprit de l'Évangile, se préoccupe d'ouvrir les cœurs, surtout celui des jeunes, aux grandes et véritables valeurs de l'amour, de la liberté, de la solidarité fraternelle, de la paix, de la justice sociale. Ce sont des valeurs qui construisent l'avenir et la grandeur d'un pays authentiquement civil.

Voilà pourquoi, plaçant l'homme au centre de son propre engagement pastoral, l'Église ne cesse de proclamer à haute voix le respect et le caractère sacré de la vie que chaque État doit placer au sommet de ses préoccupations. Si la civilisation se mesure à la manière de reconnaître et protéger effectivement les droits de la personne, se révèle alors incontestablement évident le devoir de donner la priorité absolue à la vie de chaque être humain et de la garantir à tout moment de son existence.

Pour cette même raison, l'Église éclairée par la foi reçue d'en-haut, s'efforce de défendre les biens précieux du mariage et de la famille sans lesquels il n'est pas possible d'assurer, de manière digne de la personne humaine, la promotion de l'homme et de la femme, ni de contribuer au renouvellement de la société (cf. Familiaris consortio, 3 et sq.). Et il est extrêmement réconfortant de constater qu'en Italie malgré des signes de préoccupante dégradation des valeurs fondamentales, la famille continue dans la plupart des cas à tenir encore son rôle.

4. Après l'avoir mise dans l'aide de Dieu, je place toute ma confiance dans la vitalité des jeunes générations qui, ayant surmonté comme je l'espère, les secousses de dangereux égarements, prouvent qu'elles sont de plus en plus attirées par la redécouverte des grands idéaux éternels en vue de la construction d'un meilleur avenir pour eux-mêmes et pour la société.

Je ne puis oublier l'activité généreuse et éclairée des Pasteurs de l'Église qui est en Italie et de tous ceux qui – prêtres, religieux et religieuses, laïcs engagés dans les diverses formes de l'apostolat – ont collaboré avec eux, Leur contribution bien connue à la vie de la communauté nationale est un motif d'espérance pour l'avenir.

Tout en vous assurant de mon estime, Monsieur l’Ambassadeur, je vous donne de tout cœur la Bénédiction Apostolique que je désire étendre aux personnes qui vous accompagnent, à votre famille et à la chère nation italienne.

*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française 1986 n.2 p.2.

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