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Catéchèse du 25 août 1993
Les relations des prêtres avec leur évêque
Lecture : Jn 15,12-15
1. La communion que Jésus a voulue entre ceux qui participent au sacrement de l’Ordre, doit se manifester de manière toute particulière dans les relations entres les prêtres et leur évêque. Le Concile Vatican II parle à ce propos d’une « communion hiérarchique », qui découle de l’unité de la consécration et de la mission. Nous lisons : « Tous les prêtres, en union avec les évêques, participent à l’unique sacerdoce et à l’unique ministère du Christ ; c’est donc l’unité même de consécration et de mission qui réclame leur communion hiérarchique avec l’Ordre des évêques ; manifestée de manière excellente dans le cas de la concélébration liturgique, cette union avec les évêques est affirmée explicitement au cœur de la célébration de l’Eucharistie » (PO, 7). Comme on peut le constater également ici, le ministère de l’Eucharistie est présenté à nouveau comme signe et fondement de l’unité. Le sacrement de l’Ordre est relié à l’Eucharistie, et il détermine la communion hiérarchique entre tous ceux qui participent au sacerdoce du Christ. Le Concile ajoute : « Tous les prêtres, par conséquent, tant diocésains que religieux, en raison de l’Ordre et du ministère, sont associés au corps épiscopal » (LG, 28).
2. Ce lien entre les prêtres, quelles que soient leur qualification et leur fonction, et les évêques, est essentiel dans l’exercice du ministère presbytéral. Les prêtres reçoivent de l’évêque l’autorité sacramentelle et l’autorisation hiérarchique pour exercer ce ministère. Même les religieux reçoivent cette autorité et cette autorisation de l’évêque qui les a ordonnés prêtres et de celui qui administre le diocèse où ils exercent leur ministère. Même quand ils appartiennent à des Ordres exempts de la juridiction des évêques diocésains quant au régime interne, il reçoivent de l’évêque, conformément au droit canonique, le mandat et l’accord pour l’insertion et l’activité dans le cadre du diocèse, restant toujours sauve l’autorité par laquelle le Pontife romain, comme chef de l’Église, peut conférer aux ordres religieux et à d’autres Instituts le pouvoir de se régir selon leurs constitutions et de travailler à l’échelle universelle. Quant aux évêques, ils ont en leurs prêtres des « auxiliaires et des conseillers indispensables dans leur ministère et leur charge de docteurs, sanctificateurs et pasteurs du Peuple de Dieu » (PO, 7).
3. Par ce lien entre prêtres et évêques, les prêtres sont « l’aide et l’instrument » de l’Ordre épiscopal, comme l’écrit la Constitution Lumen gentium (n. 28). Ils prolongent dans chaque communauté l’action de l’évêque, dont ils rendent la figure de pasteur présente, d’une certaine manière, dans les différents lieux. Il est clair que le ministère du prêtre, en vertu de son identité pastorale et de son origine sacramentelle, s’exerce « sous l’autorité de l’évêque ». Toujours selon Lumen gentium, c’est sous cette autorité que les prêtres « apportent leur contribution au travail pastoral de tout le diocèse », en sanctifiant et en gouvernant la portion du troupeau du Seigneur qui leur est confiée (ibid.) Il est vrai que les prêtres représentent le Christ et agissent en son nom, en participant, selon leur degré de ministère, à sa fonction d’unique Médiateur. Mais ils peuvent agir uniquement comme collaborateurs de l’évêque, étendant ainsi le ministère du Pasteur diocésain au sein de la communauté locale.
4. Des relations riches de spiritualité entre évêques et prêtres se fondent sur ce principe théologique de la participation, dans le cadre de la communion hiérarchique. Lumen gentium l’énonce ainsi : « En raison de leur participation au sacerdoce et à la mission de leur évêque, les prêtres doivent reconnaître en lui leur père et lui obéir respectueusement. L’évêque, lui, doit considérer les prêtres, ses coopérateurs, comme des fils et des amis, tout comme le Christ appelle ses disciples non plus serviteurs, mais amis (cf. Jn 15, 15) » (Ibid.). Ici aussi, l’exemple du Christ sert de modèle de comportement à la fois pour les évêques et les prêtres. Si Celui qui avait une autorité divine n’a pas voulu traiter ses disciples de serviteurs mais d’amis, l’évêque ne peut pas considérer ses prêtres comme des personnes à son service. Avec lui, ils servent le Peuple de Dieu. Et de leur côté, les prêtres doivent répondre à leur évêque comme le demande la règle de la réciprocité de l’amour dans la communion ecclésiale et sacerdotale : à savoir comme des amis et des « fils » spirituels. L’autorité de l’évêque et l’obéissance de ses collaborateurs, les prêtres, doivent donc s’exercer dans le cadre d’une vraie et sincère amitié.
Cet engagement se fonde non seulement sur la fraternité qui existe, en vertu du baptême, entre tous les chrétiens, et sur celle qui découle du sacrement de l’Ordre, mais sur la parole et l’exemple de Jésus qui, même dans le triomphe de la Résurrection, s’est penché de son incommensurable hauteur vers ses disciples, les appelant « mes frères » et déclarant que son Père est aussi le « leur » (Jn 20, 17 ; Mt 28, 10). Ainsi, selon l’exemple et l’enseignement de Jésus, l’évêque doit traiter les prêtres, qui sont ses collaborateurs, comme des frères et des amis, sans que son autorité de Pasteur et de supérieur ecclésiastique en soit diminuée. Un climat de fraternité et d’amitié favorise la confiance des prêtres, et leur volonté de coopérer avec les évêques, et de les rejoindre dans l’amitié et la charité fraternelle et filiale.
5. Le Concile traite même de quelques détails qui regardent les devoirs des évêques envers leurs prêtres. Qu’il suffise ici de les rappeler : les évêques doivent avoir à cœur, autant qu’ils le peuvent, le bien-être matériel et surtout spirituel de leurs prêtres ; promouvoir leur sanctification et se préoccuper de leur formation permanente, en examinant avec eux les problèmes concernant les besoins de leur travail pastoral et le bien du diocèse (cf. PO, 7).
De même, les devoirs des prêtres envers leurs évêques sont résumés dans ces termes : « Ils savent que les évêques sont revêtus de la plénitude du sacrement de l’Ordre ; ils doivent donc respecter en eux l’autorité du Christ, Pasteur suprême. Qu’ils aient pour leur évêque un attachement sincère, dans la charité et l’obéissance » (Ibid.).
Charité et obéissance : le binôme essentiel de l’esprit dans lequel on doit se comporter avec son évêque. Il s’agit d’une obéissance animée par la charité. L’intention fondamentale du prêtre, dans son ministère, ne peut qu’être celle de la coopération avec son évêque. S’il possède un esprit de foi, il reconnaît la volonté du Christ dans les décisions de l’évêque. Il est compréhensible que, parfois, particulièrement lorsque s’affrontent des avis différents, l’obéissance puisse être plus difficile. Mais l’obéissance a été la disposition fondamentale de Jésus dans son sacrifice et elle a produit le fruit du salut reçu par le monde entier. De même, le prêtre qui vit de la foi sait qu’il est appelé à une obéissance qui, en mettant en pratique le commandement de Jésus sur l’abnégation, lui donne le pouvoir et la gloire de partager la fécondité rédemptrice du Sacrifice de la Croix.
6. Enfin, il faut ajouter que, comme tout le monde le sait, le ministère pastoral demande, aujourd’hui plus que jamais, la coopération des prêtres et donc leur union aux évêques, en raison de sa complexité et de son ampleur. Comme l’écrit le Concile, « l’union des prêtres avec les évêques est une exigence particulière de notre temps : à l’époque actuelle, bien des raisons font que les initiatives apostoliques doivent non seulement prendre des formes multiples, mais encore dépasser les limites d’une paroisse ou d’un diocèse.
Aucun prêtre n’est donc en mesure d’accomplir toute sa mission isolément et comme individuellement ; il ne peut se passer d’unir ses forces à celles des autres prêtres sous la conduite des chefs de l’Église » (Ibid.). C’est la raison pour laquelle les « Conseils présbytéraux » ont cherché à rendre systématique et organique la consultation des prêtres par les évêques (cf. Synode des évêques de 1971 : Ench. Vat., IV, 1224). De leur côté, les prêtres participeront à ces Conseils dans un esprit de collaboration éclairé et loyal, avec l’intention de coopérer à l’édification du « Corps unique ». Et même, en particulier, dans leur rapports personnels avec leur évêque, ils se rappelleront une chose et ils l’auront surtout particulièrement à cœur à savoir : la croissance de chacun et de tous dans la charité, qui est le fruit du don de soi à la lumière de la Croix.
 
Catéchèse du 1er septembre 1993
Les relations des prêtres avec leurs frères dans le sacerdoce
Lecture : Mc 6,7-10
1. « La communauté sacerdotale » ou presbyterium, dont nous avons parlé dans notre catéchèse précédente, tisse, entre ceux qui en font partie, un réseau de relations dans le cadre de la communion ecclésiale que crée le baptême. Le fondement plus spécifique de ces relations est la participation sacramentelle et spirituelle commune au sacerdoce du Christ, dont découle un sentiment spontané d’appartenance au presbyterium.
Comme l’a bien montré le Concile : « Du fait de leur ordination, qui les a fait entrer dans l’ordre du presbytérat, les prêtres sont tous intimement liés entre eux par la fraternité sacramentelle ; mais du fait de leur affectation au service d’un diocèse en dépendance de l’évêque local, ils forment tout spécialement à ce niveau un presbyterium unique » (PO, 8).
Par rapport à ce presbyterium diocésain, ce sentiment d’appartenance, qui suscite et alimente la communion fraternelle et qui l’ouvre à la collaboration pastorale, se développe surtout grâce à la connaissance mutuelle, la proximité et les habitudes de vie et de travail. Les liens de charité apostolique s’expriment dans le ministère et la liturgie, comme le montre encore le Concile : « Chaque membre de ce presbyterium noue avec les autres des liens particuliers de charité apostolique, de ministère et de fraternité : c’est ce que la liturgie exprime depuis l’antiquité quand elle invite les prêtres présents à imposer les mains avec l’évêque à celui qu’on ordonne, et quand elle les rassemble unanimes, dans la concélébration de l’Eucharistie » (Ibid.). En ces occasions, on a une représentation de la communion sacramentelle, mais aussi spirituelle, qui trouve dans la liturgie l’una vox pour s’adresser à Dieu et témoigner aux frères l’unité d’esprit.
2. La fraternité sacerdotale s’exprime aussi dans l’unité du ministère pastoral, dans tout le grand éventail des tâches, des charges et des activités aux-quelles les prêtres sont assignés. « Les tâches qui leur sont confiées sont diverses ; il s’agit pourtant d’un ministère sacerdotal unique exercé pour les hommes » (Ibid.). La diversité des tâches peut être importante ; comme par exemple : le ministère paroissial, interparoissial ou supra-paroissial, les œuvres diocésaines, nationales, internationales, l’enseignement dans les écoles, la recherche scientifique, l’enseignement dans les différents secteurs des sciences religieuses et théologiques, tout apostolat qui prend la forme d’un témoignage, parfois l’étude approfondie et l’enseignement de certaines branches des sciences humaines ; et encore, la diffusion du message évangélique par les médias, l’art religieux dans ses multiples expressions, les nombreux services caritatifs, l’assistance éthique aux différentes catégories de chercheurs et de travailleurs ; et enfin, l’œcuménisme qui est aujourd’hui une tâche très actuelle et très importante. Cette diversité ne peut pas créer des catégories ou des différences car, pour les prêtres, il s’agit de tâches qui rentrent toujours dans le plan de l’évangélisation. Nous disons avec le Concile qu’« il est évident que tous travaillent pour le même but, à savoir l’édification du Corps du Christ ; de notre temps, surtout, cette tâche réclame des fonctions multiples et des adaptations nouvelles » (Ibid.).
3. C’est la raison pour laquelle il est important que chaque prêtre soit disposé – et suffisamment formé – à comprendre et à estimer l’œuvre accomplie par ses frères dans le sacerdoce. C’est une question d’esprit chrétien et ecclésial, et non seulement d’ouverture aux signes des temps. Il devra être capable de comprendre, par exemple, qu’il y a une diversité de besoins pour l’édification de la communauté chrétienne, comme il y a une diversité de charismes et de dons ; par ailleurs, il existe des différences dans les manières de concevoir et de comprendre les œuvres apostoliques, puisque de nouvelles méthodes peuvent être proposées et employées, toujours dans le cadre de la communion de foi et d’action de l’Église.
La compréhension réciproque est à la base d’une aide mutuelle dans les différents domaines. Répétons-le avec le Concile : « Il est donc essentiel que tous les prêtres, diocésains aussi bien que religieux, s’aident entre eux et travaillent toujours ensemble à l’œuvre de la vérité » (Ibid.).
On peut s’aider réciproquement de différentes manières : cela va de la disponibilité à rendre service à un confrère dans le besoin au fait d’accepter de programmer le travail dans un esprit de coopération apostolique toujours plus nécessaire entre les différents organismes et groupes, y compris dans l’organisation globale de l’apostolat.
À ce sujet, on gardera à l’esprit que la paroisse (comme parfois aussi le diocèse), tout en ayant son autonomie, ne peut être un îlot, en particulier à une époque comme la nôtre où les moyens de communication abondent, où la mobilité des personnes augmente, où il y a un plus grand afflux en certains points d’attraction, où on accepte des tendances, des habitudes, des modes et des rythmes de vie nouveaux. Les paroisses sont des organes vivants de l’unique Corps du Christ, de l’unique Église, où non seulement les membres de la communauté locale mais aussi tous ceux qui, pour une raison ou une autre, la rejoignent à un certain moment qui peut marquer l’émergence de Dieu dans une conscience ou dans une vie, s’accueillent et sont au service les uns des autres.
Naturellement, ceux-ci ne doivent pas devenir des facteurs de désordres ou d’irrégularités selon le droit canonique, qui est également au service de la pastorale.
4. Pour une compréhension mutuelle et une aide réciproque meilleure, on doit souhaiter et favoriser en particulier un effort dans les rapports entre les prêtres plus anciens et les plus jeunes : les uns comme les autres sont nécessaires à la communauté chrétienne, et chers aux yeux des évêques et du Pape. Le Concile lui-même a recommandé aux anciens d’avoir une compréhension et une sympathie pour les initiatives des jeunes, et aux jeunes de respecter l’expérience des anciens et de leur faire confiance ; que les uns aient pour les autres une affection sincère, comme tant de prêtres d’hier et d’aujourd’hui en ont donné l’exemple (cf. ibid.).
Il y aurait beaucoup de choses à dire encore sur ces questions dans lesquelles se manifeste concrètement la « communion sacerdotale » qui relie les prêtres ! Nous nous contenterons de faire référence à ce qui est suggéré par le Concile : « Dans cet esprit fraternel, les prêtres ne doivent pas oublier l’hospitalité (cf. He 13, 1-2) ; soucieux de la bienfaisance et du partage de leurs biens (cf. He 13, 16), qu’il s’occupent en particulier de ceux qui sont malades, découragés, surmenés, isolés, exilés ou persécutés (Mt 5, 10) » (Ibid.). Tout pasteur et tout prêtre, quand il jette un regard sur sa vie passée, voit qu’elle est marquée par un besoin de compréhension, d’aide, de coopération de la part de ses confrères comme d’autres fidèles, qu’on retrouve sous les différentes formes qu’on vient d’énumérer, et de tant d’autres encore ! Qui sait s’il n’aurait pas été possible de faire davantage pour tous ces « pauvres » que le Seigneur aime et qu’il a confiés à la charité de l’Église ?
Il en va de même pour ceux qui, comme le rappelle le Concile (Ibid.), ont pu connaître des moments de crise. Aussi, conscients d’avoir suivi la voix du Seigneur et de l’Évangile, nous devons prendre la résolution d’être chaque jour toujours davantage et toujours mieux au service de tous.
5. Le Concile propose également quelques initiatives communautaires afin de promouvoir l’aide réciproque en faveur des confrères en difficulté, et aussi de manière permanente et presque institutionnelle.
Il conseille avant tout des réunions fraternelles périodiques dans un but de détente et de repos. On répondra ainsi au besoin de l’homme de reprendre des forces physiques, psychiques et spirituelles, comme Jésus, « Seigneur et Maître », l’avait déjà fait quand il invita les Apôtres : « Venez vous-mêmes à l’écart dans un lieu désert, et reposez-vous un peu » (Mc 6, 31).
Cette invitation vaut également pour les prêtres de toute génération, aujourd’hui plus que jamais, étant donné le nombre des occupations et leur complexité, y compris dans le ministère pastoral (cf. PO, 8). Le Concile encourage ensuite les initiatives qui visent à rendre possibles et faciles, de façon permanente, la vie commune des prêtre, que ce soit sous la forme d’une cohabitation instituée et ordonnée avec sagesse, ou, du moins, par une communauté de table dans des lieux adaptés.
Les raisons de telles initiatives, conformes à l’institution de la première communauté de Jérusalem (cf. Ac 2, 46-47), ne sont pas seulement économiques et pratiques, mais également spirituelles ; ces initiatives sont évidentes et urgentes pour de nombreux prêtres auxquels il faut porter attention afin de soulager leurs difficultés et leurs peines (cf. PO, 8). « Les associations sacerdotales sont, elles aussi, dignes d’estime et de vifs encouragements : grâce à leurs statuts contrôlés par l’autorité ecclésiastique compétente, elles proposent une règle de vie adaptée et dûment approuvée, et un soutien fraternel qui aident les prêtres à se sanctifier dans l’exercice du ministère ; de ce fait, elles se mettent au service de l’Ordre des prêtres tout entier » (Ibid.).
Cette dernière expérience a été faite par des saints prêtres en beaucoup d’endroits, y compris dans le passé. Le Concile désire qu’elle s’étende le plus possible et il existe un grand nombre de nouvelles institutions qui apportent un grand soutien au clergé et au peuple chrétien.
Leur floraison et leur efficacité sont proportionnelles à l’accomplissement des conditions fixées par le Concile, à savoir : la finalité de la sanctification sacerdotale, l’aide fraternelle entre les prêtres, la communion avec l’autorité ecclésiastique, au niveau diocésain et, selon les cas, à celui du Siège apostolique. Cette communion comprend des statuts approuvés comme règle de vie et de travail, sans lesquels les associations seraient presque inévitablement condamnées au désordre et à l’arbitraire de quelque personnalité plus forte. C’est un vieux problème qui se pose à toute forme d’association et que l’on retrouve dans le domaine religieux et ecclésiastique. L’autorité de l’Église réalise aussi sa mission de service en faveur des prêtres et de tous les fidèles en assumant cette fonction de discernement des valeurs authentiques, de protection de la liberté spirituelle des personnes et de garantie de la validité des associations, ainsi que de toute la vie de la communauté
Là aussi, il s’agit de mettre en pratique l’idéal sacré de la « communion sacerdotale ».
 
Catéchèse du 15 septembre 1993
Le pèlerinage dans les Pays Baltes
1. Je remercie la divine Providence pour le récent pèlerinage qu’il m’a été donné d’effectuer en Lituanie, Lettonie et Estonie. En 1986 déjà, l’épiscopat de ces pays situés sur la Baltique avait invité le Pape aux célébrations du 600e anniversaire du baptême de la Lituanie. Mais à cette époque, et encore par la suite, ce pèlerinage n’a pas pu avoir lieu. Il n’a été rendu possible que lorsque les Pays Baltes ont recouvré l’indépendance qui était la leur jusqu’en 1939, avant la Deuxième Guerre mondiale.
Je suis par ailleurs reconnaissant aux autorités de ces trois peuples – Lituanie, Lettonie et Estonie – de l’invitation qu’ils m’ont adressée. Je remercie en même temps les Églises situées sur la Baltique de ce qu’elles ont fait pour que cette visite puisse leur offrir ce qu’elles attendaient à juste titre de l’évêque de Rome dans l’exercice de son « ministère pétrinien ». Je remercie tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ont collaboré à ce ministère pour le bien de l’Église et de la société.
2. « Le mont des Croix ». L’itinéraire de ma visite m’a conduit par les villes principales de la Lituanie (Vilnius, Kaunas), de la Lettonie (Riga) et de l’Estonie (Tallinn). Mais il est devenu un pèlerinage en des lieux où, tout particulièrement, se sont exprimés la foi, l’espérance et l’amour du Peuple de Dieu, spécialement au cours des douloureuses expériences récentes. Parmi ces lieux ressort celui qui est situé dans les environs de la ville de Siaulai. Il est connu sous le nom de « mont des Croix ». Une petite colline sur laquelle, déjà au siècle dernier mais surtout ces derniers temps, les Lituaniens portaient témoignage de leurs multiples souffrances (déportations, incarcérations, persécutions), sous la forme de grands ou de petits crucifix. Ainsi, autour de la Croix du Christ, a poussé le bois des croix humaines, qui ont recouvert la colline.
Ma rencontre du « mont des Croix » a été une expérience émouvante. Ce lieu rappelle que, continuellement, l’homme « complète… ce qui manque aux souffrances du Christ », selon les mots de saint Paul. Après cette visite, la vérité qu’a exprimée le Concile Vatican II est apparue plus claire à tous : l’homme ne peut se comprendre totalement lui-même sans le Christ, sans sa Croix (cf. GS, 22). À cet égard, « le mont des Croix » constitue un témoignage éloquent et un avertissement. Et l’éloquence de ce sanctuaire est universelle : c’est une parole écrite dans l’histoire de l’Europe du XX e siècle.
3. Les sanctuaires marials. Ils sont nombreux, mais mon pèlerinage pastoral m’a conduit à trois d’entre eux : la « Porte de l’Aurore » (Ausros Vartai) et Siluva (en Lituanie), Aglona (en Lettonie). Si, depuis des siècles, le sanctuaire de la « Porte de l’Aurore » de Vilnius attire les pèlerins non seulement de Lituanie mais aussi de Pologne, de Biélorussie, de Russie, d’Ukraine, celui de Siluva, au contraire, est avant tout le sanctuaire des Lituaniens. Aglona, en Lettonie (Latgalia), réunit non seulement les Lettons mais aussi les peuples voisins, qui accourent toujours plus nombreux.
Le culte de la Mère de Dieu est toujours christocentrique. Les sanctuaires marials sur la Baltique prennent leur pleine signification en rapport à la Croix du Christ et au « mont des Croix ». La victoire est dans notre foi : la Croix révèle en elle la Pâque de la Résurrection du Christ. 4. L’œcuménisme. Ma visite dans les Pays Baltes a revêtu en même temps, une dimension œcuménique singulière. Ces pays sont le lieu de rencontre des deux sillages de l’évangélisation du continent européen (cf. Angelus, 22 août 1993) : le sillage qui vient de Rome et celui qui vient de Constantinople ; ils sont aussi le lieu où il faut chercher le rapprochement et l’unité des chrétiens, qui sont toujours divisés.
En Lettonie, et plus encore en Estonie, cette division s’est produite avec la Réforme, au XVI e siècle. Après les expériences du passé, les communautés nées à la suite de la Réforme, spécialement les communautés luthériennes, sont ouvertes au dialogue œcuménique, à la prière commune pour l’unité de tous les disciples du Christ. Cette prière est devenue, en un certain sens, le point central des rencontres de Riga et de Tallinn. Des membres de la hiérarchie et des fidèles des Églises orthodoxes ont pris part aux rencontres œcuméniques et à la prière pour l’unité des chrétiens. Le Patriarche de Moscou, Alexis II, s’est fait représenter par un envoyé spécial. L’espoir naît que les expériences du passé préparent maintenant le terrain à une conscience plus vive du mystère de l’Église et des exigences de l’œcuménisme. Le Christ a prié son Père pour « que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 20-21).
L’unité des chrétiens est la condition pour que la foi s’affirme dans le monde, y compris dans notre monde contemporain.
5. La rencontre du monde de la culture. Au cours de mon pèlerinage, j’ai également eu l’occasion de rencontrer en Lituanie, en Lettonie et en Estonie, les hommes de culture et de science, dont le rôle est certainement irremplaçable, spécialement en ce moment historique. En effet, dans ces pays qui sont sortis du tunnel de l’oppression totalitaire, on ressent l’exigence d’une « nouvelle alliance » et d’un dialogue renouvelé entre l’Église et le monde bigarré de la culture. Cela vaut pour les problèmes économiques et sociaux, pour lesquels l’Église met à leur disposition le riche patrimoine de sa doctrine sociale. Celui-ci est particulièrement important en ce qui regarde l’exigence d’identité linguistique et culturelle, que ces populations ressentent aujourd’hui avec force : une exigence légitime, à laquelle les croyants sont sensibles, mais qui doit toujours aller de pair avec l’ouverture cordiale aux exigences de la solidarité et du respect des minorités.
Alors, foi et culture convergent dans le service de l’homme auquel l’Église n’annonce pas une idéologie abstraite, mais bien la personne vivante du Christ, Rédempteur de l’homme.
6. L’Église catholique en Lituanie comprend une majorité considérable de la nation (73,4%). En Lettonie, la Communauté catholique est formée d’une minorité (25%de la population) et, en Estonie, les catholiques constituent, du point de vue numérique, une petite minorité (0,3%). Ce sont des communautés qui sortent d’une période de persécution et de dure oppression, et toutes doivent récupérer les pertes qu’elles ont subies dans le passé. Elles ont donc devant elles les grandes tâches de la « nouvelle évangélisation ».
Que la certitude confiante que « le sang des martyrs est une semence de chrétiens » les accompagne ! À tout le Peuple de Dieu, aux prêtres, aux familles religieuses masculines et féminines, je souhaite la grâce d’un service fructueux de l’Évangile. À mes frères dans l’épiscopat, je souhaite l’amour pastoral qui « pousse » à se donner au troupeau : « La charité du Christ nous presse » (2 Co 5, 14).
Avec vénération, souvenons-nous de ceux qui ont donné leur vie pour le Christ et pour l’Église. Leur espérance « est remplie d’immortalité » (Sg 3, 4) et, dès aujourd’hui, nous pouvons remercier Dieu pour l’Église qui a survécu et qui n’a jamais cessé, durant l’oppression, d’être le soutien des hommes et de la société. Je souhaite adresser ces paroles également aux évêques et aux prêtres des pays voisins qui sont venus participer au pèlerinage papal. Si Dieu me permet un jour de visiter également leurs communautés, ensemble, nous pourrons rendre l’action de grâces qui lui est due pour « les merveilles qu’Il a accomplies » (cf. Lc 1, 49). « Voici, je me tiens à la porte et je frappe » (Ap 3, 20). C’est le « Rédempteur de l’homme », le Seigneur de l’histoire qui, à nouveau, frappe à notre porte. Que l’homme lui ouvre ses portes ! Il a « les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68).
 
Catéchèse du 22 septembre 1993
Les relations des prêtres avec les autres fidèles
Lecture : Mt 23,8-12
1. La « communauté sacerdotale », dont nous avons parlé à plusieurs reprises au cours de nos catéchèses précédentes, n’est pas isolée de la « communauté ecclésiale » mais appartient à son être même : elle en est le cœur, dans une inter-communication constante avec tous les autres membres du Corps du Christ. Les prêtres sont au service de cette communion vitale en qualité de pasteurs, en vertu de l’Ordre sacramentel et du mandat que l’Église leur confère.
Au Concile Vatican II, l’Église a cherché à raviver chez les prêtres cette conscience qu’ils appartiennent et participent à la communauté ecclésiale, afin que chacun d’entre eux se souvienne que, même pasteur, il continue à être un chrétien qui doit se conformer à toutes les exigences de son baptême et vivre en frère de tous les autres baptisés, au service du « même et unique Corps du Christ, dont la construction est la tâche de tous » (PO, 9). Il est significatif que, pour fonder l’ecclésiologie du Corps du Christ, le Concile souligne le caractère fraternel des relations du prêtre avec les autres fidèles, comme il avait déjà affirmé le caractère fraternel des relations entre l’évêque et ses prêtres. Dans la communauté chrétienne, les relations sont essentiellement fraternelles, comme l’a demandé Jésus dans « son » commandement que rappelle avec tant d’insistance l’apôtre saint Jean dans son Évangile et ses Lettres (cf. Jn 13, 14 ; 15, 12. 17 ; 1 Jn 4, 11. 21). Jésus lui-même a dit à ses disciples : « Vous êtes tous frères » (Mt 23, 8). 2. Selon l’enseignement de Jésus, présider la communauté ne veut pas dire la dominer mais la servir. Lui-même nous a donné l’exemple du pasteur qui paît et sert son troupeau, et il a proclamé qu’il est venu non pour être servi mais pour servir (cf. Mc 10, 45 ; Mt 20, 28). À la lumière de Jésus, Bon Pasteur et unique Seigneur et Maître (cf. Mt 23, 8), le prêtre comprend qu’il ne peut rechercher ni son honneur ni son intérêt propre, mais seulement ce qu’a voulu Jésus-Christ, en se mettant au service de son Royaume dans le monde. Il sait donc – et le Concile le lui rappelle – qu’il doit se comporter comme le serviteur de tous, dans un don de lui-même sincère et généreux, acceptant tous les sacrifices requis par le service et en se rappelant toujours que Jésus, unique Seigneur et Maître, est venu pour servir, qu’il l’a fait jusqu’à donner « sa vie en rançon pour beaucoup » (Mt 20, 28).
3. Le problème des rapports des prêtres avec les autres fidèles dans la communauté chrétienne prend un relief particulier en ce qui concerne le laïcat qui, comme tel, a pris une importance spéciale à notre époque, par une conscience nouvelle du rôle essentiel que jouent les fidèles laïcs dans l’Église. On sait combien les circonstances historiques ont favorisé la renaissance culturelle et l’organisation du laïcat, spécialement au XIX e siècle, et comment une théologie du laïcat s’est développée dans l’Église entre les deux guerres mondiales, qui a mené à un Décret spécial du Concile, Apostolicam actuositatem, et, plus fondamentalement encore, à cette vision communautaire de l’Église que l’on trouve dans la Constitution dogmatique Lumen gentium et à la place qu’elle reconnaît au laïcat.
Quant aux rapports des prêtres avec les laïcs, le Concile les envisage à la lumière de la communauté vivante, active et organique, que le prêtre est appelé à former et à diriger. Dans ce but, le Concile recommande aux prêtres de reconnaître et de promouvoir sincèrement la dignité des laïcs : dignité de personnes humaines, élevées par le baptême à la filiation divine et porteuses de leurs dons de grâce. Pour chacune d’entre elles, le don divin comporte un rôle propre dans la mission ecclésiale de salut, dans des domaines sur-tout – comme ceux de la famille, de la société civile, de la profession, de la culture – où les prêtres, d’ordinaire, ne peuvent pas exercer le rôle spécifique des laïcs (cf. PO, 9). Les laïcs comme les prêtres doivent acquérir toujours davantage la conscience de cette spécificité, afin de parvenir à un sens plus parfait de l’appartenance et de la participation ecclésiale.
4. Toujours selon le Concile, les prêtres doivent respecter la juste liberté des laïcs en tant que fils de Dieu animés par l’Esprit Saint. Dans ce climat de respect de la dignité et de la liberté, on comprend l’exhortation du Concile aux prêtres : « Ils doivent écouter volontiers les laïcs, tenir compte fraternellement de leurs désirs, reconnaître leur expérience et leur compétence dans les différents domaines de l’activité humaine pour pouvoir avec eux lire les signes des temps. Ils découvriront et discerneront dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes, des plus modestes aux plus élevées ; ils les reconnaîtront avec joie et les développeront avec ardeur » (ibid.).
Il est intéressant et important que le Concile observe et exhorte : « Parmi ces dons que l’on trouve en abondance chez les chrétiens, l’attrait d’un bon nombre pour une vie spirituelle plus profonde mérite une attention spéciale » (ibid.). Grâce à Dieu, nous savons que nombreux sont les fidèles qui – même dans l’Église d’aujourd’hui, et souvent même en dehors de ses organisations visibles – se consacrent ou désirent se consacrer à la prière, à la méditation, à la pénitence (au moins à celle du travail fatigant de chaque jour, accompli avec empressement et patience, et à celui de la difficile convivialité), en ayant ou non des engagements directs dans l’apostolat militant. Ils ressentent souvent le besoin d’avoir un prêtre pour les conseiller, ou même un directeur spirituel, qui les accueille, les écoute et agisse selon l’amitié chrétienne, avec humilité et charité.
On dirait que la crise morale et sociale de notre temps, avec les problèmes qu’elle crée chez les individus comme dans les familles, fait ressentir plus fortement ce besoin d’une aide sacerdotale dans la vie spirituelle. On doit recommander vivement aux prêtres une redécouverte et un zèle nouveau du ministère du confessionnal, en raison aussi des requêtes nouvelles des laïcs plus désireux de suivre la voie de la perfection chrétienne qu’a tracée l’Évangile.
5. Le Concile recommande aux prêtres de reconnaître, de promouvoir et de favoriser la coopération des laïcs à l’apostolat et au ministère pastoral dans le cadre de la communauté chrétienne, en n’hésitant pas à « confier aux laïcs des charges au service de l’Église » et en « leur laissant leur liberté d’action et une marge convenable d’autonomie » (ibid.). Nous sommes dans la logique du respect de la dignité et de la liberté des fils de Dieu, mais aussi du service évangélique : « service de l’Église », dit le Concile. Il est bon de redire que tout cela suppose un vif sentiment de l’appartenance à la communauté et de la participation active à sa vie. Et, plus profondément encore, la foi et la confiance dans la grâce qui est à l’œuvre dans la communauté et dans ses membres.
Ce que nous dit le Concile, à savoir que les prêtres « sont placés au milieu des laïcs pour les conduire tous à l’unité de la charité » (ibid.), pourra servir de point d’ancrage de la pratique pastorale en domaine. Tout tourne autour de cette vérité centrale et, en particulier, l’ouverture à tous et l’accueil de tous, l’effort constant pour garder ou rétablir l’harmonie, pour favoriser la réconciliation, pour promouvoir la compréhension mutuelle, pour créer un climat de paix. Oui, les prêtres doivent être, toujours et partout, des hommes de paix.
6. Le Concile confie aux prêtres cette mission de paix communautaire : paix dans la charité et dans la vérité. « Ils ont donc à rapprocher les mentalités différentes, de telle manière que personne ne se sente étranger dans la communauté des chrétiens. Ils sont défenseurs du bien commun, dont ils ont la charge au nom de l’évêque et, en même temps, témoins courageux de la vérité, pour que les chrétiens ne soient pas emportés à tout vent de doctrine. Ils sont spécialement responsables de ceux qui ont abandonné la pratique des sacrements, voire même la foi, et ils n’omettront pas d’aller vers eux comme de bons pasteurs » (ibid.). Leur sollicitude s’adresse donc à tous, à l’intérieur ou à l’extérieur du bercail, selon les exigences de la dimension missionnaire que ne peut pas ne pas avoir, aujourd’hui, la pastorale. C’est selon cet aspect pastoral que chaque prêtre posera le problème des contacts avec les non croyants, ceux qui ne sont pas religieux, ceux même qui se déclarent athées. Par la charité pastorale, il se sentira poussé vers tous ; il cherchera à ouvrir à tous les portes de la communauté. Ici, le Concile rappelle également aux prêtres l’attention envers « les frères qui ne sont pas en pleine communion ecclésiastique avec nous ». C’est l’horizon œcuménique. Et, enfin, il termine par l’invitation à « considérer comme particulièrement recommandés (à leur sollicitude pastorale) ceux qui ne connaissent pas le Christ, Sauveur de tous » (ibid.). Faire connaître le Christ, lui ouvrir les portes des esprits et des cœurs, coopérer à son avènement toujours nouveau dans le monde : voilà la raison essentielle du ministère pastoral.
7. Il s’agit d’une consigne difficile, qui vient du Christ aux prêtres par l’intermédiaire de l’Église. Il est bien compréhensible que le Concile demande à tous les fidèles la collaboration qu’ils sont en mesure d’apporter, comme aide dans le travail et les difficultés, et plus encore comme compréhension et amour. Les fidèles sont l’autre terme du rapport de charité qui doit lier les prêtres à toute la communauté. L’Église, qui recommande à ses prêtres attention et souci des fidèles, demande aux fidèles, à leur tour, la solidarité à l’égard de leurs pasteurs. « De leur côté, les chrétiens doivent être conscients de leurs devoirs envers les prêtres, entourer d’un amour filial ceux qui sont leurs pasteurs et leurs pères, partager leurs soucis, les aider autant que possible par la prière et l’action » (ibid.).
C’est ce que redit le Pape à son tour, en adressant à tous les fidèles laïcs une demande pressante, au nom de Jésus, notre unique Seigneur et Maître : aidez vos pasteurs par la prière et l’action, aimez-les et soutenez-les dans l’exercice quotidien de leur ministère.
 
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