Marie image parfaite de l'Église
Chers Frères et Sœurs,
Contemplant la Vierge Marie, l'Église a sans cesse médité sur sa participation à l'œuvre du salut, accompli par le Seigneur. Elle a toujours affirmé que le Christ est l'unique Rédempteur. Marie est la première rachetée par Lui et elle a été associée de manière spéciale à l'œuvre rédemptrice, en donnant naissance au Christ et en l'accompagnant dans son sacrifice sur la Croix. Au début de la création, l'homme a été créé "homme et femme" (cf. Gn 1,27) ; dans la Rédemption, le Seigneur a voulu unir la nouvelle Ève au nouvel Adam. De même que le premier couple s'était engagé sur la voie du péché, de même, le Fils de Dieu a rétabli le genre humain dans sa dignité première, avec la collaboration de la femme.
Marie devient ainsi l'image parfaite de l'Église. Au pied de la Croix, elle représente l'humanité rachetée qui devient capable de participer à l'œuvre du salut. Le Concile a présenté clairement la coopération spécifique de Marie au dessein du salut "par son obéissance, sa foi, son espérance et son ardente charité" (cf. Lumen gentium LG 61). Aujourd'hui encore et jusqu'à la fin des temps, la Vierge sainte guide la vie de l'Église. Aussi, pouvons-nous nous adresser à elle avec confiance, lui demandant son aide maternelle pour remplir à notre tour la mission que Dieu nous confie.
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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française présents aujourd'hui. Je salue avec affection tous les jeunes francophones, en particulier les enfants de chœur du Luxembourg et les élèves du collège Stanislas de Paris. Chers jeunes, je vous invite à ouvrir votre cœur, pour demeurer disponibles aux appels du Seigneur. En répondant à votre vocation, vous vous mettrez au service du Christ et de vos frères, et vous trouverez le bonheur. À tous, je donne la Bénédiction apostolique.
Visite à Sarajevo
Chers Frères et Sœurs,
Pendant ma visite à Sarajevo, le 13 avril, l'imploration des litanies m'accompagnait : Dieu saint, de la guerre, libère-nous ! Sarajevo est une ville symbole des crises en Europe. J'ai longtemps désiré aller à Sarajevo ; avant de pouvoir m'y rendre, la prière commune à Rome et dans le monde montrait que nous étions aux côtés de nos frères de Bosnie-Herzégovine. J'ai voulu livrer aux habitants de tout le pays un message de paix et d'espérance, leur dire que l'espérance devient concrète dans le pardon et la réconciliation.
En rencontrant le clergé, j'ai rappelé les mérites de l'ordre franciscain pour l'évangélisation et exhorté les prêtres et les personnes consacrées à poursuivre leur mission avec leurs Évêques. J'ai aussi exprimé la gratitude qui va à tous ceux qui ont soutenu les habitants de Bosnie-Herzégovine dans leurs souffrances. À la Messe, nous étions devant le Christ, le vrai défenseur de ce peuple et de tous les peuples de la terre. Nous lui avons confié les temps passés et l'avenir. Je l'ai redit dans mes entretiens avec les représentants de l'Église orthodoxe, des Musulmans et des Juifs.
Je remercie les autorités de Bosnie pour ce qu'elles ont fait pendant ma visite. Je les assure que le Siège apostolique reste au service du bien de ce peuple durement éprouvé. Nous rendons grâce pour la paix finalement advenue. Prions pour que personne ne cède à la tentation de résoudre les tensions par la guerre, et pour que l'on s'entende par le dialogue.
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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, notamment les séminaristes de Reims, avec leur archevêque Mgr Defois, ceux d'Orléans et de la Fraternité Saint-Pierre, ainsi que les diacres de Marseille. J'adresse mes encouragements aux nombreux jeunes présents, avec une pensée pour les confirmands de Reims, pour les jeunes du diocèse de Dijon, avec leur évêque Mgr Coloni, et pour les élèves de l'Institut des Jeunes sourds de Bourg-en-Bresse. Dans la lumière de Pâques, que Dieu vous bénisse !
La Mère du Rédempteur devient Mère universelle
Après avoir rappelé la présence de Marie et des autres femmes au pied de la Croix du Seigneur, saint Jean rapporte que : « Jésus donc voyant sa mère, et se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère » »(Jn 19, 26-27)
La révélation de la mission maternelle de Marie :
Ces paroles, particulièrement émouvantes, constituent une « scène de révélation » : elles révèlent les sentiments profonds du Christ mourant et contiennent une grande richesse de significations pour la foi et la spiritualité chrétienne.
En effet, en se tournant vers sa Mère et le disciple qu’il aimait, le Messie crucifié établit, à la fin de sa vie terrestre, de nouvelles relations d’amour entre Marie et les chrétiens.
De telles expressions, parfois uniquement interprétées comme une manifestation de la piété filiale de Jésus envers sa Mère, vont bien au-delà de la nécessité matérielle de résoudre un problème familial.
En effet, une analyse attentive du texte, confirmée par l’interprétation de nombreux Pères et par le sentiment ecclésial commun, nous place, lors de l’épisode où Jésus confie Marie et Jean l’un à l’autre, devant l’un des faits les plus importants pour comprendre le rôle de la Vierge dans l’économie du salut.
En réalité, les paroles de Jésus mourant révèlent que son intention première n’est pas celle de confier sa Mère à Jean, mais de remettre le disciple à Marie, en lui confiant une nouvelle mission maternelle.
En outre, la dénomination « femme », également utilisée par Jésus lors des Noces de Cana pour conduire Marie vers une nouvelle dimension de sa qualité de Mère, révèle combien les paroles du Sauveur ne sont pas le fruit d’un simple sentiment d’affection filiale, mais entendent se situer sur un plan plus élevé.
La mort de Jésus, bien qu’elle provoque la plus grande des souffrances à Marie, ne change pas en elle-même ses conditions habituelles de vie : en effet, en abandonnant Nazareth pour commencer sa vie publique, Jésus avait déjà laissé sa Mère seule.
À l’heure de l’accomplissement du salut
En outre, la présence au pied de la Croix de sa parente, Marie de Cléophée, laisse supposer que la Vierge entretenait de bonnes relations avec sa famille et sa parenté, chez qui elle aurait pu être accueillie après la mort de son Fils. Au contraire, les paroles de Jésus assument leur signification la plus authentique au sein de sa mission salvifique. Prononcées au moment du sacrifice rédempteur, elles tirent précisément de cette circonstance sublime leur valeur la plus élevée.
En effet, après les paroles que Jésus adresse à sa Mère, l’Évangéliste rapporte un fait significatif : « Après quoi, sachant que désormais tout était achevé… » (Jn 19, 28), comme s’il voulait souligner qu’Il a mené à terme son sacrifice en confiant sa Mère à Jean et, en lui, à tous les hommes, dont elle devient la Mère dans l’œuvre de salut. La réalité accomplie par les paroles de Jésus, c’est-à-dire la nouvelle maternité de Marie à l’égard du Disciple constitue un nouveau signe du grand amour qui a conduit Jésus à offrir sa vie pour tous les hommes.
Une maternité universelle
Au Calvaire, cet amour se manifeste par le don d’une mère, la sienne, qui devient ainsi également notre mère. Il faut rappeler que, selon la tradition, Jean est celui que la Vierge a effectivement reconnu comme son fils ; mais ce privilège a été interprété par le peuple chrétien, dès le début, comme le signe d’une génération spirituelle concernant l’humanité tout entière. La maternité universelle de Marie, la « Femme » des noces de Cana et du Calvaire, rappelle Ève, « Mère de tous les vivants » (Gn 3, 20). Toutefois, alors que cette dernière avait contribué à l’entrée du péché dans le monde, la nouvelle Ève, Marie, collabore à l’événement salvifique de la Rédemption.
Ainsi dans la Vierge, la figure de la « femme » est rétablie et la maternité assume la mission de diffuser parmi les hommes la vie nouvelle dans le Christ. En vue de cette mission, on demande à Marie d’accepter le sacrifice, très douloureux pour Elle, de la mort de son Fils unique. L’expression de Jésus : « Femme, voici ton Fils », permet à Marie de comprendre la nouvelle relation maternelle qui devait prolonger et amplifier la précédente. Son « oui » à ce projet constitue donc son assentiment au sacrifice du Christ, qu’Elle accepte généreusement en adhérant à la volonté divine.
Même si dans le dessein de Dieu, la maternité de Marie était destinée, dès le début, à s’étendre à toute l’humanité, c’est seulement au Calvaire qu’en vertu du sacrifice du Christ, elle se manifeste dans sa dimension universelle. Les paroles de Jésus : « Voici ton Fils », accomplissent ce qu’elles expriment, constituant Marie mère de Jean et de tous les disciples destinés à recevoir le don de la Grâce divine.
Un lien d’amour personnel
Sur la Croix, Jésus n’a pas proclamé de façon formelle la maternité universelle de Marie, mais il a instauré une relation maternelle concrète entre Elle et le disciple bien-aimé.
Dans ce choix du Seigneur, l’on peut entrevoir la préoccupation que cette maternité ne soit pas interprétée de façon vague, mais qu’elle indique la relation intense et personnelle de Marie avec chaque chrétien.
Puisse chacun d’entre nous, précisément en vertu du caractère concret de la maternité universelle de Marie, connaître pleinement en Elle sa propre Mère, en se remettant avec confiance à son amour maternel.
Visite de la République tchèque
Chers Frères et Sœurs,
En visitant la République tchèque il y a quelques jours, j'ai célébré le millénaire de la mort de saint Adalbert. Ce grand évêque de Prague a eu un ministère difficile. Expulsé de son siège épiscopal, il partit comme missionnaire pour annoncer le Christ aux peuples qui ne le connaissaient pas encore. C'est ainsi qu'il parcourut la Hongrie actuelle, puis il se dirigea vers Gniezno, en Pologne, où il entreprit un beau travail apostolique, et il se rendit ainsi jusqu'à la côte de la mer Baltique, où il mourut en martyr. Ses reliques sont vénérées à Gniezno et dans la cathédrale de Prague.
Il était donc juste que je me rende en République tchèque, la première patrie de saint Adalbert, avant de répondre à l'invitation des Évêques de Pologne, sa seconde patrie où il reçut le baptême du martyre. L'itinéraire terrestre, et le martyre du patron de la Bohême et de la Pologne, ont une grande importance aujourd'hui encore pour l'Église et pour les nations. Nous y lisons l'histoire spirituelle de tout le continent et particulièrement de l'Europe centrale.
Je remercie les Autorités de l'État tchèque et l'épiscopat de la première patrie de saint Adalbert qui m'ont invité à la célébration de son millénaire. Dans l'abbaye de Brevnov, fondée par lui, j'ai eu la joie de constater le renouveau de la vie religieuse, si éprouvée durant les quarante années de gouvernement communiste. Je suis aussi reconnaissant aux représentants de toutes les confessions chrétiennes du pays pour notre rencontre où nous avons demandé au Christ de hâter l'unité de son Église. Je rends grâce à Dieu pour tout ce qu'il a réalisé au cours de cette visite !
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Je suis heureux d'accueillir les pèlerins de langue française. Je salue tout particulièrement les jeunes venus de plusieurs collèges, et parmi eux les élèves d'un Centre Madeleine Daniélou, ainsi que les catéchistes du diocèse de Bayonne. Que votre séjour à Rome vous aide à grandir dans votre foi au Christ ressuscité ! À tous, je donne de grand cœur la Bénédiction apostolique.
Marie, Mère des croyants
Chers Frères et Sœurs,
Au pied de la Croix, lorsqu'il confiait à sa Mère le disciple qu'il aimait, Jésus révélait à Marie la grandeur de sa maternité. En étant la Mère du Sauveur, elle devenait aussi la Mère de tous les croyants. À l'école de Marie, les disciples apprennent à connaître le Seigneur et à vivre en intimité avec Lui. Marie nous conduit au Christ et nous aide à l'aimer toujours davantage. Tous les hommes, et spécialement les pauvres et ceux qui traversent des épreuves, peuvent trouver en elle refuge et paix, et recevoir de multiples grâces. Ils éprouvent la joie de se confier à son amour maternel et de vivre en fils fidèles.
Puissent les chrétiens entendre pour eux-mêmes les paroles de Jésus à Jean : "Voici ta Mère" (Jn 19,27) et accueillir chez eux la Mère de Jésus ! Ils découvriront ainsi la dimension mariale de la vie des disciples du Christ. En laissant Marie les accompagner dans leur existence quotidienne, ils chercheront à entrer dans le rayonnement de son "amour maternel" ; ils reconnaîtront son rôle providentiel dans le dessein de salut de Dieu ; ils développeront leur vie spirituelle, pour suivre le Seigneur.
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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française présents à cette audience. Ma gratitude va à la fanfare du Corps des Gardes-Fortifications, qui a honoré de sa présence les festivités de la prestation de serment des Gardes suisses. Je salue avec affection tous les jeunes francophones, en particulier les élèves du Centre Madeleine Daniélou et les jeunes sourds du Centre de rééducation de Bretteville-sur-Odon et leurs éducateurs. Chers jeunes, je vous invite à prendre Marie comme guide et comme modèle, pour demeurer disponibles aux appels du Christ et pour réaliser votre vocation. À tous, je donne la Bénédiction apostolique.
Visite du Liban
Chers Frères et Sœurs,
La visite que je désirais ardemment faire au Liban s'est déroulée pendant la grande neuvaine de l'Église au Saint-Esprit, entre l'Ascension et la Pentecôte, le temps où les Apôtres étaient réunis avec Marie au Cénacle. L'occasion de ce voyage a été la conclusion de l'Assemblée spéciale pour le Liban du Synode des Évêques. J'ai signé l'Exhortation post-synodale dans le cadre d'un fervent rassemblement de jeunes et je l'ai remise officiellement au terme de la grande célébration eucharistique au centre de Beyrouth.
Le Liban a une histoire de plusieurs millénaires. C'est un pays biblique où Jésus lui-même est venu : près de Tyr et de Sidon, il enseigna et accomplit des miracles, notamment la guérison du fils d'une Cananéenne. Cette terre connaît une grande richesse de traditions spirituelles, celle de saint Maron et les autres grandes traditions orientales et latine. Plusieurs Églises orthodoxes y vivent. Toutes les communautés étaient présentes à la Messe solennelle de dimanche. Des Musulmans chiites, sunnites et druzes se sont associés à la fête des chrétiens.
Mon pèlerinage avait pour but de soutenir le Liban et de prier pour que la paix soit consolidée dans tout le Moyen-Orient. En un sens, la paix est une mission du peuple libanais qui comporte de nombreuses confessions religieuses, appelées à vivre ensemble dans le respect de leurs identités respectives. Le Liban est un pays ouvert : je souhaite que ses habitants continuent à remplir leur mission de paix chez eux et dans la famille des nations. Je confie ce vœu au Président de la République et à toutes les autorités ; et je remercie tous ceux qui m'ont accueilli avec un grand sens de l'hospitalité.
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J'accueille avec plaisir les personnes francophones présentes ce matin. En particulier, je suis heureux de saluer un groupe de Libanais avec qui je partage les beaux souvenirs de ma visite dans leur patrie. À tous, je donne de grand cœur la Bénédiction apostolique.
Apparition du Christ ressuscité à Marie
Chers Frères et Sœurs,
Dans les Évangiles, nous ne trouvons aucun récit d'apparition de Jésus ressuscité à sa mère. On peut sans doute attribuer ce silence au fait qu'un tel témoignage n'aurait pas été reçu par ceux qui niaient la résurrection du Seigneur. D'autre part, les Évangiles ne rapportent que ce qui est nécessaire pour notre connaissance du salut par le Christ. Mais, il n'est pas pensable que la Vierge, présente dans la première communauté des disciples, ait été exclue du nombre de ceux qui ont rencontré son Fils ressuscité d'entre les morts. Au contraire, il est vraisemblable que la première personne à qui Jésus ressuscité est apparu a été sa mère. Son absence du groupe de femmes qui s'est rendu au tombeau à l'aube peut constituer un indice du fait qu'elle avait déjà rencontré Jésus. Le caractère unique et spécial de sa présence au Calvaire et son union parfaite à son Fils dans ses souffrances suggèrent une participation très particulière au mystère de la résurrection.
Image et modèle de l'Église qui attend le Ressuscité et qui le rencontre au cours des apparitions pascales, Marie a dû avoir un contact personnel avec son Fils ressuscité, pour jouir elle aussi de la plénitude de la joie pascale. Présente au pied de la Croix le Vendredi saint et au Cénacle à la Pentecôte, la Vierge a sans doute été un témoin privilégié de la Résurrection du Christ, complétant ainsi sa participation à tous les moments essentiels du mystère pascal. En accueillant le Ressuscité, Marie est signe et anticipation de l'humanité qui espère le rejoindre lors de la résurrection des morts.
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Je suis heureux d'accueillir les pèlerins de langue française. Je vous souhaite de recevoir avec joie dans votre vie l'Esprit Saint qui a été répandu sur le monde en la fête de la Pentecôte que nous venons de célébrer. À tous je donne de grand cœur la Bénédiction apostolique.
Marie et la Pentecôte
Chers Frères et Sœurs,
Par sa présence dans la première communauté chrétienne, Marie a contribué à dessiner le visage définitif de l'Église, fruit du don de la Pentecôte.
Le Concile a souligné sa présence priante au Cénacle dans l'attente de l'effusion du Saint-Esprit. Consciente de l'importance de la promesse de son Fils aux disciples, elle a aidé la communauté à se disposer à la venue du Paraclet. Ayant déjà fait l'expérience de l'efficacité du don de l'Esprit au moment de l'Annonciation, la Vierge pouvait l'apprécier plus que tout autre, car elle lui avait dû sa maternité divine qui a fait entrer le Sauveur dans le monde.
3. Au cours de la prière au Cénacle, dans une attitude de profonde communion avec les Apôtres, quelques femmes et les « frères » de Jésus, la Mère du Seigneur invoque le don de l'Esprit pour elle-même et pour la communauté.
Marie désire une effusion de l'Esprit en vue de sa propre fécondité spirituelle.
Il était bon que la première effusion de l'Esprit sur elle, qui avait eu lieu en vue de sa maternité divine, fût renouvelée et renforcée. En effet, au pied de la Croix, une nouvelle maternité avait été confiée à Marie, qui concernait les disciples de Jésus. Cette mission exigeait précisément un renouvellement du don de l'Esprit. La Vierge le désirait donc, en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.
Alors qu'au moment de l'Incarnation l'Esprit était descendu sur elle en tant que personne appelée à participer dignement au grand mystère, maintenant tout s'accomplit en fonction de l'Église, dont Marie est appelée à être la figure, le modèle et la mère.
Marie désire une effusion de l'Esprit sur les disciples et sur le monde.
Dans l'Église et pour l'Église, la Vierge, se souvenant de la promesse de Jésus, attend la Pentecôte et implore pour tous la multiplicité des dons, selon la personnalité et la mission de chacun.
4. Dans la communauté chrétienne, la prière de Marie revêt une signification particulière : elle favorise l'avènement de l'Esprit en sollicitant son action dans le cœur des disciples et dans le monde.
Tout comme, lors de l'Incarnation, l'Esprit avait formé en son sein virginal le corps physique du Christ, de même, au Cénacle, le même Esprit descend pour animer son Corps mystique.
La Pentecôte est donc aussi le fruit de l'incessante prière de la Vierge, que le Paraclet accepte avec une faveur toute particulière parce qu'elle est l'expression de son amour maternel à l'égard des disciples du Seigneur. En contemplant la puissante intercession de Marie qui attend l'Esprit Saint, les chrétiens de tous les temps, dans leur long et difficile cheminement vers le salut, recourent souvent à son intercession pour recevoir avec plus d'abondance les dons du Paraclet.
À la Mère du Christ et aux disciples est donné un dynamisme nouveau.
5. Répondant à la prière de Marie et de la communauté rassemblée au Cénacle le jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint comble la Vierge et ceux qui sont présents de la plénitude de ses dons, opérant en eux une profonde transformation en vue de la diffusion de la Bonne Nouvelle.
À la Mère du Christ et aux disciples, sont donnés une force nouvelle et un dynamisme apostolique nouveau, pour la croissance de l'Église.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur
En particulier, l'effusion de l'Esprit conduit Marie à exercer sa maternité spirituelle d'une manière singulière, par sa présence toute imprégnée de charité et par le témoignage de sa foi. Dans l'Église naissante, elle transmet aux disciples, comme un trésor inestimable, ses souvenirs sur l'Incarnation, l'enfance, la vie cachée et la mission de son divin Fils, contribuant à le faire connaître et à affermir la foi des croyants.
Marie poursuit son existence, cachée et efficace.
Nous ne disposons d'aucune information sur l'activité de Marie dans l'Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace.
Éclairée et conduite par l'Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur.
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Je suis heureux d'accueillir les pèlerins de langue française. Je salue particulièrement le groupe œcuménique de la paroisse saint Paul de Kifissia en Grèce, ainsi que la Communauté du Verbe de Vie d'Aubazine et les jeunes prêtres de la région Provence-Méditerranée. Que l'Esprit Saint illumine votre vie et conduise votre témoignage de foi et de charité au milieu de vos frères ! À tous j'accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique.
Marie a connu la mort
Lecture : Ph 1, 20b-21
Chers Frères et Sœurs,
1. À propos de la fin de la vie terrestre de Marie, le Concile (Ndlr : Vatican II) a repris les termes de la définition de bulle du dogme de l’Assomption et déclare :
La Vierge immaculée, préservée de toute tache du péché originel, au cours de sa vie terrestre, a été pris dans la gloire céleste, corps et âme (Lumen Gentium, 59).
Avec cette formule, la Constitution dogmatique Lumen Gentium, à la suite de mon vénéré prédécesseur Pie XII, est muet sur la question de la mort de Marie. Pie XII n’a pas eu l’intention de nier le fait de la mort, mais simplement ne juge pas opportun de déclarer solennellement, comme une vérité d’être acceptée par tous les croyants, la mort de la Mère de Dieu.
En fait, certains théologiens ont soutenu que la Vierge n’eut pas à mourir et passa directement de la vie terrestre à la gloire céleste. Cependant, cette opinion est inconnue jusqu’au XVIIème siècle, alors qu’il existe une tradition commune qui voit dans la mort de Marie son entrée dans la gloire céleste.
2. Est-il possible que Marie de Nazareth ait vécu dans sa chair le drame de la mort? En réfléchissant sur le sort de Marie et de sa relation avec son divin Fils, il semble légitime de répondre par l’affirmative : puisque le Christ est mort, il serait difficile de prétendre le contraire pour la mère.
C’est dans ce sens qu’ont réfléchit les Pères de l’Église, qui n’avait aucun doute à ce sujet. Il suffit de mentionner Saint Jacques de Saroug (+ 521), pour qui :
Lorsque pour Marie fut arrivée « le temps de parcourir le chemin de toutes les générations », c’est à dire les chemin de la mort, « le chœur des douze Apôtres » se rassembla pour enterrer « le corps virginal de la bienheureuse » (Discours sur la sépulture de la Sainte Mère de Dieu, 87-99 dans le C. VONA, Lateranum 19, 1953, 188).
Saint Modeste de Jérusalem (+ 634), après une longue évocation de la Dormition « de la Sainte glorieuse Mère de Dieu », conclut sa louange en vantant l’intervention miraculeuse du Christ qui l’a « relevée de la tombe » afin de la prendre avec lui dans la gloire (Saint Modeste de Jérusalem, Enc. dormitionem dans Deiparae semperque Virginis Mariae, nn. 7 :14 : PG 86 bis, 3293, 3311).
Saint Jean Damascène (+ 704) se demande pour sa part :
Comment se fait-il que celle, qui pour enfanter dépassa toutes les limites de la nature, se plie maintenant à ses lois et que son corps immaculé soit soumis à la mort? (Et il répond :) Il est clair que la partie mortelle a été déposée pour revêtir l’immortalité, puisque même le maître de la nature n’a pas refusé l’expérience de la mort. En effet, il meurt selon la chair et par la mort détruit la mort, la corruption devient incorruptibilité et de la mort il donne la source de la résurrection (Saint Jean Damascène, Panégyrique sur la Dormition de la Mère de Dieu, 10 : SC 80,107).
3. Il est vrai que la mort est présentée dans l’Apocalypse comme une punition pour le péché. Toutefois, le fait que l’Église proclame Marie libérée du péché originel par un privilège singulier divin ne conduit pas à la conclusion qu’elle a également reçu l’immortalité physique. La Mère n’est pas supérieure au Fils qui a assumé la mort en lui donnant un sens nouveau et de la transformant en instrument de salut.
Impliquée dans l’œuvre de rédemption et associée à l’offrande du Christ, Marie a pu partager la souffrance et la mort en vue de la rédemption de l’humanité. À elle s’applique également ce que Sévère d’Antioche dit à propos du Christ : « Sans une mort préliminaire, comment la résurrection pourrait-elle avoir lieu? » (Sévère d’Antioche, Antijulianistica, Beyrouth 1931, 194s). Pour participer à la résurrection du Christ, Marie devait d’abord en partager la mort.
4. Le Nouveau Testament ne fournit aucune information sur les circonstances de la mort de Marie. Ce silence laisse supposer qu’il est arrivé naturellement, sans aucun détail particulièrement remarquable. Si ce n’était pas le cas, comment la nouvelle aurait-elle put être cachée de ses contemporains et de ne pas parvenir, d’une façon ou d’une autre, jusqu’à nous?
Quant à la cause de la mort de Marie, les opinions qui voudraient exclure des causes naturelles semblent sans fondement. Plus importante est la recherche de l’attitude spirituelle de la Vierge au moment de son départ de ce monde. À cet égard, saint François de Sales est d’avis que la mort de Marie a eu lieu à la suite d’un transport d’amour. Il parle de la mort :
… dans l’amour, à cause de l’amour et par amour, allant même à dire que la Mère de Dieu est morte d’amour pour son fils (Saint François de Sales, Traité de l’Amour de Dieu, Lib. 7, c. XIII-XIV).
Quelque soit le fait biologique ou organique qui causa, sur un plan physique, la fin de la vie du corps, on peut dire que le passage de cette vie l’autre fut pour Marie une maturation de la grâce dans la gloire, si bien que jamais autant que dans ce cas, la mort ne put être considérée comme une Dormition.
5. Chez certains Pères de l’Église, nous trouvons la description de Jésus qui vient lui-même prendre sa mère au moment de la mort pour son introduction dans la gloire céleste. Ils présentent ainsi la mort de Marie comme un événement de l’amour qui l’a amenée à rejoindre son divin Fils pour partager sa vie immortelle. À la fin de son existence terrestre, elle a connu, comme Paul et plus que lui, le désir d’être libérée et d’être avec le Christ pour toujours (cf. Ph 1, 23).
L’expérience de la mort a enrichi la personne de la Vierge à travers le sort commun des hommes, elle est en mesure d’exercer plus efficacement sa maternité spirituelle envers ceux qui atteignent l’heure suprême de la vie.