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Catéchèse du 17 Septembre 1997
Marie Mère de l’Église
Chers Frères et Sœurs,
Le Concile Vatican II, après avoir salué Marie comme "membre suréminent", "type" et "modèle" de l'Église, déclare que l'Église "l'entoure d'un sentiment de piété filiale, la considérant comme une mère très aimante" (Lumen gentium LG 53). Si le concile ne retient pas formellement le titre de "Mère de l'Église", il va dans ce sens, à la suite du Pape Benoît XIV et de bien d'autres affirmations du Magistère plus récent.
Ce titre de "Mère de l'Église" exprime bien la relation maternelle de la Vierge avec l'Église, telle qu'elle ressort de certains passages de l'Évangile. Au pied de la Croix, Marie devient Mère de tout disciple. Au Cénacle, sa présence montre son rôle maternel dans la communauté naissante. La doctrine des Pères et des théologiens du Moyen-Âge développe cette pensée.
C'est une conviction profonde des fidèles que Marie n'est pas seulement la Mère de la personne du Christ, mais aussi des fidèles : Mère de la vie et de la grâce, Mère des vivants, elle est à juste titre appelée Mère de l'Église. Le Pape Paul VI a lui-même proclamé ce titre ; il a demandé qu'ainsi la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par tout le peuple chrétien.

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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française, notamment les Frères de Saint-Gabriel.
Pour vous tous, chers amis, pour vos proches et vos communautés diocésaines, j'invoque l'intercession de Marie, Mère de l'Église. Et je vous donne de grand cœur la Bénédiction apostolique.
 
Catéchèse du 24 Septembre 1997
La maternité spirituelle de Marie
Chers Frères et Sœurs,
Le Concile Vatican II a mis en lumière la collaboration de Marie à l'œuvre du salut de l'humanité, en profonde et constante harmonie avec son divin Fils. Sa maternité spirituelle universelle en découle : associée au Christ dans l'œuvre de la Rédemption, Marie devient Mère des hommes qui renaissent à une vie nouvelle. La mission maternelle universelle de Marie s'exerce de façon particulière à l'égard de l'Église. Elle guide sa foi vers l'accueil toujours plus profond de la Parole de Dieu, elle soutient son espérance, elle anime sa charité et sa communion fraternelle et elle encourage son dynamisme apostolique.
La maternité spirituelle de Marie, qui a pris toute sa dimension après l'Assomption, se prolonge jusqu'à la fin du monde. Le Père céleste a voulu unir son intercession maternelle à l'intercession sacerdotale du Rédempteur, au bénéfice de ceux qui sont en danger ou dans le besoin.
Les titres suggestifs que le peuple chrétien donne à la Mère du Seigneur aident à mieux comprendre la nature de son intervention dans la vie de l'Église et de chaque fidèle. "Avocate", elle défend et protège ses enfants des dommages causés par leurs fautes. "Auxiliatrice", dans son amour maternel, elle leur vient en aide, surtout quand leur salut éternel est en jeu. "Secourable", elle est proche de ceux qui souffrent ou qui sont dans la détresse. "Médiatrice maternelle", elle présente au Christ nos désirs et nos supplications ; elle nous transmet les dons divins, intercédant constamment en notre faveur.

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Je suis heureux d'accueillir les pèlerins de langue française présents à cette audience. Je salue très cordialement les membres du Mouvement international des Intellectuels catholiques, Pax Romana. À l'occasion du cinquantième anniversaire de leur mouvement, je les invite à renouveler leurs engagements d'intellectuels et de professionnels chrétiens pour l'édification d'une société de paix basée sur la justice et la liberté. À tous j'accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique.
 
Catéchèse du 1 Octobre 1997
Marie, médiatrice
Chers Frères et Sœurs,
À la suite de certains Pères de l'Église, le Concile Vatican II a attribué à Marie le titre de Médiatrice ; sans faire une théologie particulière de la médiation mariale, car le Christ est le seul Médiateur entre Dieu et les hommes (cf. 1Tm 2,5), le document conciliaire rappelle que la Mère de Dieu "continue à nous obtenir les dons du salut éternel" (Lumen gentium LG 62). De même, il est écrit dans l'encyclique Redemptoris Mater que "la médiation de Marie est étroitement liée à sa maternité" (RMA 38).
Ces textes du Magistère nous invitent à reconnaître le rôle spécifique de la Vierge, notre "Mère dans l'ordre de la grâce" (Lumen gentium LG 61), qui manifeste la grandeur de l'œuvre de son Fils et qui nous conduit sans cesse à Lui. Marie reçoit tout du Christ, et, de manière particulière, elle coopère donc à la médiation de son Fils, unique source du salut (cf. ibid., LG LG 62). Se tournant avec confiance vers la Vierge Marie et la priant avec ferveur, l'Église expérimente continuellement l'efficacité de son action de "Mère dans l'ordre de la grâce".

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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française présents à cette audience, en particulier ceux qui viennent de Guinée, guidés par Mgr Vincent Coulibary, évêque de Kankan. Je salue aussi les religieuses des monastères catholiques byzantins d'Europe et du Proche-Orient, réunies à Rome à l'occasion du quarantième anniversaire du monastère russe Uspenskij. En ce premier jour du mois d'octobre dédié à Notre-Dame du Rosaire, modèle de vie chrétienne, j'invite tous les fidèles à invoquer l'aide de la Vierge et à se mettre sous sa protection. À tous, je donne la Bénédiction apostolique.
 
Catéchèse du 8 Octobre 1997
Visite au Brésil
Chers Frères et Sœurs,
Je rends grâce à Dieu qui m'a permis, après la rencontre avec les jeunes à Paris, de vivre la grande rencontre des familles à Rio de Janeiro, sur la terre du Brésil qui m'est chère. Je suis reconnaissant aux Autorités civiles pour leur accueil, et à l'épiscopat du pays qui est courageusement engagé au service des familles.
Oui, la famille, don et engagement, espérance de l'humanité, est le lieu privilégié de l'épanouissement de l'homme et du développement de la société. Devant des idées et des projets qui lui sont contraires, nous annonçons la vérité et la beauté du dessein de Dieu sur la famille, lieu du vrai bonheur, de l'expérience authentique et complète de l'amour, voie de croissance commune des époux avec leurs enfants. Soutenus par la grâce de Dieu, ils peuvent surmonter les crises et parvenir à une entente toujours plus solide.
À Rio, j'ai pu conclure le Congrès théologique et pastoral qui approfondissait cette question essentielle à l'humanité. Puis, au stade de Maracanã, nous avons assisté à une véritable « symphonie » de la famille, avec les témoignages fondés sur le sacrement du mariage. À la Messe de l'Aterro do Flamengo, les paroles de l'Écriture redisaient la mission de la famille, qui reflète dans le monde l'amour de Dieu, Créateur et Rédempteur de la vie.
La rencontre mondiale de Rio lance un message d'espérance que je désire reprendre ici : qu'il encourage l'Église à avancer sur la voie de la famille ! Qu'il attire l'attention de la société sur la cause de la famille, qui est celle même de l'homme !
J'accueille avec plaisir et je salue avec gratitude les pèlerins de l'association des parents de prêtres, de religieux et de religieuses, accompagnés par Mgr Patria. J'offre mes encouragements aux membres de la Fraternité des malades et handicapés du Canton de Fribourg, en communion de prière avec eux. À tous les francophones, je donne de grand cœur la Bénédiction apostolique.
 
Catéchèse du 15 Octobre 1997
Origine et développement du culte envers Marie
L'union du Fils de Dieu à une femme, Marie (Ga 4,4) : fondement du culte marial
« Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme... » (Ga 4, 4)
Le culte marial se fonde sur la décision divine admirable de lier pour toujours, comme le rappelle l'apôtre Paul, l'identité humaine du Fils de Dieu à une femme, Marie de Nazareth. Le mystère de la maternité divine et de la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice suscite chez les croyants de toute époque une attitude de louange envers le Sauveur et envers Celle qui l'a engendré dans le temps, coopérant ainsi à la rédemption.
Jésus nous a donné Marie pour mère
Un motif ultérieur d'amour reconnaissant pour la Bienheureuse Vierge Marie est offert par sa maternité universelle. En la choisissant comme Mère de l'humanité tout entière, le Père céleste a voulu révéler la dimension pour ainsi dire maternelle de sa tendresse divine et de sa sollicitude pour les hommes de toutes les époques. Sur le Calvaire, Jésus, à travers les paroles : « Voici ton fils », « Voici ta mère » (Jn 19, 26-27), donnait déjà Marie de façon anticipée à tous ceux qui devaient recevoir la bonne nouvelle du salut et posait ainsi les prémisses de leur affection filiale pour Elle. En suivant Jean, les chrétiens devaient prolonger à travers le culte l'amour du Christ pour sa mère, en l'accueillant dans leur vie.
L'Évangile atteste la présence du culte marial depuis les débuts de l'Église.
Les deux premiers chapitres de l'Évangile de saint Luc semblent recueillir l'attention particulière pour la Mère de Jésus des judéo-chrétiens qui manifestaient leur dévotion pour elle et en conservaient jalousement la mémoire.
En outre, dans les récits de l'enfance, nous pouvons saisir les expressions initiales et les motivations du culte marial résumées dans les exclamations d'Elisabeth : « Bénie es-tu entre les femmes... Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 42.45).
Des traces d'une vénération déjà diffuse dans la première communauté chrétienne sont présentes dans le chant du Magnificat : « Toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1, 48). En plaçant sur les lèvres de Marie une telle expression, les chrétiens lui reconnaissaient une grandeur unique, qui devait être proclamée jusqu'à la fin du monde.
En outre, les témoignages évangéliques (cf. Lc 1, 34-35 ; Mt 1, 23 et Jn 1, 13), les premières formules de foi et un passage de saint Ignace d'Antioche (cf. Smirn. 1, 2 : SC 10, 155) attestent l'admiration particulière des premières communautés pour la virginité de Marie, étroitement liée au mystère de l'Incarnation.
L'Évangile de Jean, en signalant la présence de Marie au début et à la fin de la vie publique de son Fils, laisse supposer qu'il existait chez les premiers chrétiens une profonde conscience du rôle joué par Marie dans l'œuvre de la Rédemption dans une totale dépendance à l'amour du Christ.
Vatican II évoque le culte marial en s'appuyant sur l'Ecriture et sur la prière ancienne "Sub tuum Praesidium"
En soulignant le caractère particulier du culte marial, le Concile Vatican II affirme :
« Marie a été élevée par la grâce de Dieu au-dessous de son Fils, au-dessus de tous les anges et de tous les hommes comme la Mère très sainte de Dieu, présente aux mystères du Christ ; aussi est-elle légitimement honorée par l'Église d'un culte spécial. »
(Lumen gentium 66)
Puis, faisant référence à la prière mariale du troisième siècle "Sub tuum praesidium",
« Sous ta protection », il ajoute que cette particularité ressort depuis le début :
« Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de "Mère de Dieu", et les fidèles se réfugient sous sa protection, l'implorant dans tous leurs dangers et tous leurs soins. »
(Lumen gentium 66)
L'iconographie et la doctrine des Pères de l'Église, dès le deuxième siècle
À Rome, dans la catacombe de Priscille, il est possible d'admirer la première représentation de la Madone à l'Enfant, tandis que dans le même temps, saint Justin et saint Irénée parlent de Marie comme de la nouvelle Ève, qui à travers la foi et l'obéissance, rachète l'incrédulité et la désobéissance de la première femme. Selon l'Évêque de Lyon, il ne suffisait pas qu'Adam soit racheté dans le Christ, mais « il était juste et nécessaire qu'Ève fût restaurée dans Marie » (Dem., 33). Il souligne de cette façon l'importance de la femme dans l'œuvre de salut et pose un fondement à cette indissociabilité du culte marial et de celui attribué Jésus, qui traversera les siècles chrétiens.
Le culte marial s'exprime initialement dans l'invocation de Marie comme "Θεοτοκος", titre qui reçut une confirmation autorisée après la crise nestorienne, par le Concile d'Éphèse qui se déroula en l'an 431. La même réaction populaire à la position ambiguë et vacillante de Nestor qui alla jusqu'à nier la maternité divine de Marie, ainsi que l'accueil joyeux qui suivit les décisions du Synode d'Éphèse confirment l'enracinement du culte de la Vierge parmi les chrétiens.
Toutefois, « surtout depuis le Concile d'Éphèse, le culte du Peuple de Dieu envers Marie a connu un merveilleux accroissement, sous les formes de la vénération et de l'amour, de l'invocation et de l'imitation... » (LG, n. 6). Il s'exprime en particulier dans les fêtes liturgiques, parmi lesquelles, depuis début du V° siècle, le « jour de Marie Θεοτοκος », célébré le 15 août à Jérusalem et devenu par la suite la fête de la Dormition ou de l'Assomption, revêtit une importance particulière.
Sous l'influence du « Proto-évangile de Jacques » furent, en outre, instituées les fêtes de la Nativité, de la Conception et de la Présentation, qui contribuèrent largement à mettre en lumière certains aspects importants du mystère de Marie.
Le culte marial s'est développé jusqu'à nos jours dans une admirable continuité
Nous pouvons bien dire que le culte marial s'est développé jusqu'à nos jours dans une admirable continuité alternant les périodes florissantes et les périodes critiques, qui, toutefois, ont eu souvent le mérite d'en promouvoir le renouveau.
Après le Concile Vatican II, le culte marial apparaît destiné à se développer en harmonie avec l'approfondissement du mystère de l'Église et dans un dialogue avec les cultures contemporaines, pour s'enraciner toujours plus dans la foi et dans la vie du Peuple de Dieu pèlerin sur terre.

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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française, notamment le groupe des religieuses ursulines, les différents groupes paroissiaux et les jeunes présents à cette audience.
À chacun d'entre vous, mes chers amis, je donne de grand cœur ma Bénédiction apostolique !
 
Catéchèse du 22 Octobre 1997
La nature du culte marial
Chers Frères et Sœurs,
Le Concile Vatican II affirme que le culte de la Bienheureuse Vierge " tel qu'il a toujours existé dans l'Église présente un caractère absolument unique ; il n'en est pas moins essentiellement différent du culte d'adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu'au Père et à l'Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir " (Lumen gentium 66). Par ces paroles, la constitution Lumen Gentium rappelle les caractéristiques du culte marial.
Caractéristiques du culte marial (vénération et non pas adoration)
La vénération des fidèles à l'égard de Marie, bien qu'elle soit supérieure au culte adressé aux autres saints, est toutefois inférieure au culte d'adoration réservé à Dieu, dont elle diffère essentiellement. Le terme d' « adoration » est utilisé pour indiquer la forme de culte que l'homme rend à Dieu, en le reconnaissant comme le Créateur et le Seigneur de l'univers. Illuminé par la Révélation divine, le chrétien adore le Père « en esprit et en vérité » (Jn 4, 23). Avec le Père il adore le Christ, Verbe incarné, s'exclamant avec l'apôtre Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28). Enfin, dans le même acte d'adoration, il inclut l'Esprit Saint, qui « en même temps que le Père et le Fils, est adoré et glorifié » (DS, 150), comme le rappelle le Symbole de Nicée-Constantinople.
Les fidèles, lorsqu'ils invoquent Marie comme « Mère de Dieu » et contemplent en elle la plus haute dignité conférée à une créature, ne lui attribuent cependant pas un culte semblable à celui des Personnes divines. Il existe une distance infinie entre le culte marial et celui qui s'adresse à la Trinité et au Verbe incarné. Il s'ensuit que le langage même avec lequel la communauté chrétienne s'adresse à la Vierge, bien qu'utilisant parfois les termes du culte rendu à Dieu, prend une signification et une valeur totalement différentes. Ainsi, l'amour que les croyants nourrissent pour Marie est différent de celui qu'ils doivent à Dieu : alors que le Seigneur doit être aimé au-dessus de toute chose, de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit (cf. Mt 22, 37), le sentiment qui unit les chrétiens à la Vierge reporte sur le plan spirituel l'affection des enfants pour leur mère.
Continuité entre le culte marial et celui rendu à Dieu
Mais il existe cependant une continuité entre le culte marial et celui qui est rendu à Dieu. En effet, l'honneur rendu à Marie recherche et conduit à l'adoration de la Très Sainte Trinité. Le Concile rappelle que la vénération des chrétiens pour la Vierge « est éminemment apte à servir » le culte rendu au Verbe incarné, au Père et à l'Esprit Saint. Il ajoute ensuite que dans une perspective christologique, « les formes diverses de piété envers la Sainte Vierge, que l'Église a approuvées, en les maintenant dans les limites d'une saine doctrine orthodoxe et en respectant les conditions de temps et de lieu, le tempérament et le génie des fidèles font que, à travers l'honneur rendu à sa Mère, le Fils pour qui tout existe (cf. Col 1, 15-16) et en qui il a plu au Père éternel "de faire habiter toute la plénitude" (Col 1, 19), peut être comme il se doit connu, aimé, glorifié et obéi dans ses commandements » (Lumen gentium 66).
Dès les débuts de l'Église, le culte marial est destiné à promouvoir l'adhésion fidèle au Christ.
Vénérer la Mère de Dieu signifie affermir la divinité du Christ.
En effet, les Pères du Concile d'Éphèse, en proclamant Marie Theotokos (θεοτοκος) « Mère de Dieu », voulurent confirmer la foi dans le Christ, Dieu véritable.
La conclusion même du récit du premier miracle de Jésus, obtenu à Cana par l'intercession de Marie, souligne la façon dont son action tend à la glorification de son Fils. En effet, l'évangéliste dit : « Tel fut le premier des signes de Jésus, il l'accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui » (Jn 2, 11).
Le culte marial favorise également, chez celui qui le pratique selon l'esprit de l'Église, l'adoration du Père et de l'Esprit Saint.
En effet, en reconnaissant la valeur de la maternité de Marie, les croyants découvrent en elle une manifestation spéciale de la tendresse de Dieu le Père.
Le mystère de la Vierge Marie souligne l'action de l'Esprit Saint, qui a opéré en son sein la conception de l'enfant et qui a sans cesse guidé sa vie.
Les titres de Consolatrice, d'Avocate, d'Auxiliatrice, attribués à Marie par la piété du peuple chrétien, n'occultent pas, mais exaltent l'action du Paraclet et disposent les croyants à bénéficier de ses dons.
Le Concile rappelle que le culte marial est "tout à fait particulier"
Le Concile rappelle enfin que le culte marial est « tout à fait particulier » et il en souligne la différence par rapport à l'adoration de Dieu et à la vénération des saints. Le culte de Marie possède une particularité unique car il se réfère à une personne unique, en raison de sa perfection personnelle et de sa mission. En effet, les dons conférés à Marie par l'amour divin sont tout à fait exceptionnels, comme la sainteté immaculée, la maternité divine, l'association à l' œuvre de la Rédemption et surtout au sacrifice de la Croix.
Le culte marial exprime la louange et la reconnaissance de l'Église pour ces dons extraordinaires. C'est à Elle, qui est devenue Mère de l'Église et Mère de l'humanité, qu'a recours le peuple chrétien, animé par une confiance filiale, pour solliciter son intercession maternelle et obtenir les biens nécessaires à la vie terrestre en vue de la béatitude éternelle.

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J'accueille avec plaisir les personnes de langue française présentes ce matin. Dans l'heureux souvenir de la proclamation de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus comme Docteur de l'Église, dimanche dernier, je leur souhaite de progresser dans la vie spirituelle, en s'inspirant du message de cette grande sainte de France.
 
Catéchèse du 29 Octobre 1997
Promouvoir le culte de la Vierge Marie
Chers Frères et Sœurs,
Dans la Constitution Lumen gentium (n. 67), le Concile Vatican II encourage les fidèles à promouvoir le culte de la Vierge Marie, notamment dans la liturgie, et à avoir en grande estime les exercices de piété recommandés par le Magistère, comme le Rosaire et l'Angelus. Ainsi les fidèles peuvent alimenter leur vie de foi et manifester leur dévotion envers la Mère du Sauveur.
Dans le prolongement du deuxième Concile de Nicée, Vatican II a confirmé la légitimité des images sacrées du Christ, de la Vierge et des saints, face à certaines tendances visant à les éliminer des sanctuaires. Les représentations de la Vierge aident le peuple chrétien à invoquer sa présence aimante dans les diverses circonstances de la vie. Rendant concrète et presque visible la tendresse maternelle de Marie, elles sont une invitation à la prier avec confiance et à l'imiter dans l'accueil généreux de la volonté de Dieu.
D'autre part, le Concile engage les théologiens et les prédicateurs à éviter toute exagération comme toute attitude minimaliste dans la façon de considérer la dignité de Marie. Car, en vénérant l'image, on honore la personne de la Mère de Dieu. L'authentique doctrine mariale, dans la fidélité à l'Écriture et à la Tradition, se réfère au Christ : en Marie, tout vient du Christ et est orienté vers Lui. Enfin, les Pères conciliaires mettent en garde contre la vaine crédulité et la prédominance des sentiments. La dévotion mariale authentique pousse à une affection filiale envers la Vierge et suscite la ferme décision d'imiter ses vertus.

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Je suis heureux d'accueillir les pèlerins de langue française. Je salue cordialement les jeunes, venus nombreux ce matin, en particulier le groupe du foyer-séminaire de Mont-de-Marsan. Que votre séjour à Rome vous fasse découvrir toujours plus profondément la personne du Christ et vous aide à en devenir les témoins généreux ! À chacun je donne de grand cœur la Bénédiction apostolique.
 
Catéchèse du 5 Novembre 1997
Diverses pratiques de piété mariale
Chers Frères et Sœurs,
Depuis la première invocation connue à Marie, Sub tuum praesidium, le culte marial a vu se développer de nombreuses expressions de piété, le plus souvent encouragées par le Magistère. À partir du quatorzième siècle, la prière de l'Ave Maria est la plus communément utilisée par les fidèles. Elle reprend la salutation de l'archange à l'Annonciation et elle introduit les fidèles dans la contemplation du mystère de l'Incarnation rédemptrice. De ce fait, elle "a donc une orientation nettement christologique" (Paul VI, Marialis cultus, n. 46). Dès les premiers mots, les chrétiens sont invités à la joie et à l'admiration devant la perfection et la beauté de l'âme de la Vierge. Découvrant sa relation profonde avec le Seigneur, ils lui demandent son aide dans le combat contre le péché et jusqu'à l'heure de la mort, à elle qui a été préservée de la faute par un privilège particulier. Le rosaire, dont les Papes ont souvent souhaité une large diffusion, conduit à méditer l'ensemble des mystères de la foi.
De même, la prière de l'Angélus, méditation du mystère de l'Incarnation et rappel de l'événement central de l'histoire de l'humanité, nous invite à prendre Marie comme exemple de disponibilité à la volonté divine. Par leur dévotion mariale quotidienne, les chrétiens reconnaissent le rôle de la Vierge dans l'histoire du salut ; ils ont recours à elle pour obtenir de nombreuses grâces, sûrs qu'ils peuvent compter sur sa protection maternelle.

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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française présents à cette audience. En ce mois de novembre, nous prions pour tous les défunts et nous demandons l'aide de la Vierge, pour faire la volonté de Dieu. À tous, j'accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique.
 
Catéchèse du 12 Novembre 1997
La maternité universelle de Marie
Chers Frères et Sœurs,
Des chrétiens non catholiques ont découvert la pensée de l'Église sur le rôle particulier de la Vierge dans l'histoire du salut, et l'exemple de vertus et de sainteté qu'elle donne à tous les disciples du Seigneur. Par ailleurs, les études sur les écrits de Luther ont contribué à créer une attention renouvelée des Protestants et des Anglicans sur différents thèmes de la doctrine mariale. Aussi l'Église se réjouit-elle que des non-catholiques honorent Marie, manifestant ainsi sa maternité universelle. Cela ne peut que nous rapprocher et mettre un terme aux divisions qui occasionnent tant de souffrances.
Les Pères du Concile rappelaient que, "parmi nos frères séparés, il n'en manque pas qui rendent à la Mère du Sauveur l'honneur qui lui est dû" (Lumen gentium LG 69). Les Orientaux ont développé le culte envers Marie, qui est un élément significatif pour la communion entre les catholiques et les orthodoxes. Bien que certaines divergences demeurent, il convient de ne pas oublier notre foi commune en la maternité divine de Marie, en sa virginité perpétuelle, en sa sainteté et en sa maternelle intercession auprès de son Fils.
C'est donc naturellement à Marie que nous confions l'unité des chrétiens, pour que, par sa prière, comme elle a soutenu l'Église naissante, elle continue d'intercéder pour que tous les hommes soient rassemblés dans la paix et la concorde d'un seul peuple, à la gloire de Dieu. Nous lui demandons d'accompagner les croyants, afin qu'ils soient dans le monde des vrais prophètes de l'espérance qui ne déçoit pas.

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J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française présents à cette audience, en particulier les familles de l'Ardèche et les fidèles belges de Liège. Que Marie vous aide à suivre le Christ ! À tous, j'accorde la Bénédiction apostolique.
 
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