Ressources Catholiques Magistère

précédent
MESSAGE DU PAPE JEAN-PAUL II
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DU TOURISME
QUI SERA CÉLÉBRÉE LE 27 SEPTEMBRE 2000*
 
1. Le grand Jubilé, par lequel a commencé le nouveau millénaire, constitue un temps de grâce qui illumine toute la vie de l'Eglise. Il s'agit d'une occasion providentielle pour un profond renouveau des croyants, une invitation réitérée à retourner aux sources évangéliques. Cette invitation concerne toute la réalité ecclésiale, dans chacune de ses activités, projets et perspectives. C'est dans cet esprit que doit donc être vécue par les chrétiens également la Journée mondiale du Tourisme, qui sera célébrée le 27 septembre 2000. En considérant le tourisme sous le signe de la rencontre jubilaire, ceux-ci tenteront d'en tirer des motifs pour un renouveau évangélique plus ferme, face aux attentes et aux défis du temps présent.
Le Jubilé, qui réévoque l'événement central de l'histoire humaine, devient pour les chrétiens une occasion providentielle de confession de la foi et d'évangélisation, dans la profonde conscience que l'incarnation du Fils de Dieu et le salut qu'Il a opéré à travers sa mort et sa résurrection constituent le véritable critère pour juger la réalité temporelle et les projets visant à rendre la vie de l'homme toujours plus humaine (cf. Incarnationis mysterium, n. 1).
Dans cette perspective, je voudrais offrir quelques réflexions qui aident à mieux percevoir la valeur de cette célébration importante, à laquelle l'Organisation mondiale du Tourisme a conféré cette année un thème mobilisateur: Technologie et nature: deux défis pour le tourisme à l'aube du XXI siècle".
2. Le Jubilé représente une profonde expérience spirituelle, personnelle et communautaire. C'est en son centre que se situe la rencontre intérieure du croyant avec Dieu miséricordieux, qui dans le Christ, unique Sauveur de tout homme et de tout l'homme, lui ouvre ses bras paternels. Mais le Jubilé est également une rencontre communautaire entre les croyants, appelés à diffuser le message du Christ dans les diverses réalités du monde, qui aujourd'hui, grâce au développement des technologies modernes, est devenu toujours plus interactif.
Nature et technologie constituent les deux domaines principaux dans lesquels l'homme contemporain sent qu'il peut exprimer ses potentialités, en suivant le commandement du Créateur, qui a confié l'univers à ses mains actives (cf. Prière eucharistique, IV). Et le Jubilé veut pousser les croyants, purifiés par la rencontre avec le Seigneur, à acquérir un nouvel enthousiasme pour réaliser leur mission dans le monde. Celle-ci comporte une attention constante à la réalité du cosmos, au développement de l'histoire, à l'existence concrète des personnes et des peuples.
Partout doit arriver l'annonce salvifique du Christ, car - comme le rappelle le Concile Vatican II - "c'est en effet l'homme qu'il s'agit de sauver, la société humaine qu'il faut renouveler" (Gaudium et spes, n. 3). Tel est l'objectif constant qui guide les pas de l'Eglise et qui anime ses efforts permanents pour apporter la lumière de l'Evangile dans tous les milieux de l'existence des hommes.
Dans ce contexte, la célébration de la Journée mondiale du Tourisme se présente comme une occasion utile de réfléchir sur les possibilités que le tourisme offre à l'évangélisation. Cela concerne non seulement ceux qui se consacrent à l'activité touristique par choix professionnel et qui y dédient une partie de leur temps libre, mais également ceux qui vivent dans des localités touristiques ou qui font partie de communautés chrétiennes qui sont en contact constant avec les pèlerins et touristes.
3. La technologie et la nature sont deux défis importants pour le tourisme de notre temps. Celles-ci conduisent à repenser à certains de ses aspects significatifs et aux possibilités pastorales qui en découlent. Le tourisme change d'aspect sous la pression de nouveaux modèles de vie. De temps de "repos", il devient toujours plus une occasion de voyages et de vacances culturelles. Le désir diffus de "redécouvrir" la nature et le "désir" de faire de nouvelles connaissances et expériences croissent. En utilisant les possibilités modernes offertes par la technologie, on peut réaliser de nouveaux contacts, des voyages familiaux et communautaires, des échanges de visites entre personnes, en particulier les jeunes de diverses villes et nations.
Précisément grâce à ses potentialités croissantes, le tourisme suscite certaines réflexions que le message du Jubilé met également en évidence. Je veux parler ici de deux aspects de l'itinéraire jubilaire: la rencontre avec le Christ et le partage communautaire, que le tourisme peut favoriser. S'il est animé par un esprit jubilaire, le tourisme peut en effet devenir un espace providentiel de rencontre et une occasion précieuse de solidarité.
4. Avant tout, un espace de rencontre. Au cours du Jubilé, l'Eglise proclame que Dieu, il y a deux mille ans, est venu en personne parler de lui à l'homme et lui montrer la voie le long de laquelle il est possible de le rejoindre (cf. Tertio millennio adveniente, n. 6). L'initiative divine d'alors continue à développer son efficacité aujourd'hui également, en permettant à l'homme de tout temps, et donc également à nos contemporains, de faire une expérience personnelle de la présence du Christ dans son histoire.
L'espace dans lequel a lieu cette rencontre est avant tout la célébration des sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie. Dans ces sacrements, toutefois, c'est la vie tout entière qui trouve sa signification et son orientation, dans la lumière qui émane de la foi. Les vacances, les voyages, peuvent être à cet égard des moments propices pour combler certaines lacunes d'humanité et de spiritualité.
Je souhaite de tout coeur que le tourisme soit toujours une occasion de rencontres bénéfiques: rencontre avec Dieu, qui dans le créé et dans les oeuvres de l'homme nous montre son amour et sa providence; rencontre avec soi-même, dans le silence de la réflexion et de l'écoute intérieure; rencontre avec les autres, pour bâtir une coexistence sereine entre les personnes et les peuples.
5. Le tourisme est, en outre, une occasion de solidarité. A travers son appel à la conversion intérieure et à la réconciliation avec les frères, le Jubilé invite les croyants et les hommes de bonne volonté à instaurer un ordre social fondé sur la miséricorde, la justice et la paix. Il pousse à prendre conscience des responsabilités que nous avons tous à l'égard de la nature et des situations de pauvreté et d'exploitation dont souffrent malheureusement tant de personnes et de nombreux pays du monde.
Le message du Jubilé pousse ainsi les pèlerins et les touristes à avoir un regard capable de "voir" la réalité, sans s'arrêter à la superficie des choses, en particulier lorsque l'on a l'occasion de visiter des lieux et situations dans lesquels les personnes vivent dans des conditions humaines précaires et où l'aspiration à un développement équitable est sérieusement menacé par des facteurs d'équilibre écologique et d'injustices structurelles.
Le tourisme, qui revêt désormais des dimensions internationales, peut alors devenir une contribution précieuse à la culture de la solidarité et peut favoriser la coopération internationale que le Jubilé encourage (cf. Incarnationis mysterium, n. 12). Les plus de six cent millions de personnes, qui se déplacent chaque année d'une nation à l'autre, pourraient transformer le tourisme en un facteur d'importance fondamental dans l'édification d'un monde ouvert à la coopération entre tous, grâce à la connaissance réciproque et à l'approche directe de réalités diverses.
6. Je souhaite de tout coeur que la Journée mondiale du Tourisme de cette Année jubilaire aide les responsables et les agents du tourisme, les croyants et les personnes de bonne volonté, individus et communautés à prendre conscience des défis et des possiblités offertes par un si vaste mouvement de personnes.
J'exprime ma reconnaissance à tous ceux qui travaillent dans ce secteur pour la contribution offerte à la valorisation du temps libre et au développement de relations amicales entre personnes et peuples. Je remercie en particulier les agents de la pastorale qui emploient toutes leurs énergies afin que l'Evangile imprègne également ce domaine particulier de l'existence humaine.
Pour tous, j'invoque l'assistance céleste de Marie, Etoile de l'Evangélisation, et je donne à chacun et de tout coeur une Bénédiction apostolique particulière, en signe de bienveillance constante.
De Castel Gandolfo, le 29 juillet 2000

*L'Osservatore Romano. Edition hebdomadaire en langue française n.32 p.3.



  MESSAGE URBI ET ORBI
DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
Dimanche de Pâques
27 mars 2005
 
1. Mane nobiscum, Domine!
Reste avec nous, Seigneur! (cf. Lc 24, 29)
par ces paroles les disciples d’Emmaüs
invitèrent le mystérieux Voyageur
B rester avec eux, alors que parvenait à son terme
le premier jour après le sabbat
au cours duquel l’incroyable était arrivé.
Selon la promesse, le Christ était ressuscité;
mais eux ne le savaient pas encore.
Toutefois, au long de la route, les paroles du Voyageur
avaient progressivement réchauffé leur coeur.
C’est pourquoi ils l’avaient invité: «Reste avec nous».
Puis, assis autour de la table du repas,

ils l’avaient reconnu à la «fraction du pain».
Et aussitôt il avait disparu.
Devant eux restait le pain rompu,
et dans leur coeur, la douceur de ses paroles.
2. Chers Frères et Soeurs,
la Parole et le Pain de l’Eucharistie,
mystère et don de la Pâque,
demeurent au cours des siècles comme la mémoire éternelle
de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ!
Aujourd’hui, Pâque de Résurrection, nous aussi,
avec tous les chrétiens du monde nous répétons:
Jésus, crucifié et ressuscité, reste avec nous!
Reste avec nous, ami fidèle et soutien assuré
de l’humanité en marche sur les routes du temps!
Toi, Parole vivante du Père,
mets confiance et espérance dans le coeur de ceux qui cherchent
le vrai sens de leur existence.
Toi, Pain de vie éternelle, nourris l’homme
affamé de vérité, de liberté, de justice et de paix.
3. Reste avec nous, Parole vivante du Père,
et enseigne-nous des paroles et des gestes de paix:
paix pour la terre consacrée par ton sang
et baignée du sang de tant de victimes innocentes;
paix pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique,
là oj tant de sang continue aussi à être versé;
paix pour toute l’humanité, toujours menacée
par le danger de guerres fratricides.
Reste avec nous, Pain de vie éternelle,
rompu et distribué aux convives:
donne-nous, à nous aussi, la force d’une solidarité généreuse
envers les multitudes qui, aujourd’hui encore,
souffrent et meurent de misère et de faim,
qui sont décimées par des épidémies mortelles
ou touchées par de terribles catastrophes naturelles.
Par la force de ta Résurrection
que tous soient aussi rendus participants d’une vie nouvelle.
4. Nous aussi, hommes et femmes du troisième millénaire,
nous avons besoin de Toi, Seigneur ressuscité!
Reste avec nous maintenant et jusqu’à la fin des temps.
Fais que le progrès matériel des peuples
n’estompe jamais les valeurs spirituelles
qui sont l’âme de leur civilisation.
Soutiens-nous, nous t’en prions, sur notre chemin.
En Toi nous croyons, en Toi nous espérons,
parce que Toi seul tu as les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68).

Mane nobiscum, Domine!
Alléluia !



  MESSAGE DE JEAN-PAUL II
URBI ET ORBI
25 DÉCEMBRE 2004
  
1. Christus natus est nobis, venite, adoremus !
Le Christ est né pour nous, venez, adorons !
Nous venons à toi, en ce jour solennel,
doux Enfant de Bethléem;
en naissant, tu as caché ta divinité
pour partager notre fragile condition humaine.
Illuminés par la foi, nous te reconnaissons
comme vrai Dieu fait chair par amour pour nous.
Tu es l’unique Rédempteur de l’homme !
2. Devant la crèche où tu es couché sans défense,
que cessent les formes si nombreuses de violence qui déferlent,
et qui sont la cause de souffrances indicibles,
que s’éteignent les nombreux foyers de tension,
qui risquent de dégénérer en conflits ouverts ;
que se renforce la volonté de rechercher des solutions pacifiques,
respectueuses des légitimes aspirations des hommes et des peuples.
3. Enfant de Bethléem, Prophète de paix,
encourage les tentatives de dialogue et de réconciliation,
soutiens les efforts de paix encore timides,
mais riches d’espérance, qui se développent actuellement
pour un présent et pour un avenir plus serein
pour tant de nos frères et sœurs dans le monde.
Je pense à l’Afrique, à la tragédie du Darfour au Soudan,
à la Côte d’Ivoire et à la région des Grands Lacs.
Je suis avec une vive appréhension ce qui se passe en Irak.
Et comment ne pas porter un regard d’anxiété qui se fait proche,
mais aussi de confiance indestructible,
vers la Terre dont Tu es le Fils ?
4. Partout, nous avons besoin de paix !
Toi, qui es le Prince de la véritable paix,
aide-nous à comprendre que le seul chemin pour la construire,
c’est de fuir le mal avec horreur
et de poursuivre le bien, toujours et avec courage.
Hommes de bonne volonté de tous les peuples de la terre,
venez avec confiance à la crèche du Sauveur !
«Il ne supprime pas les règnes humains
celui qui donne le Règne des cieux» (cf. Hymne liturgique).
Accourez à la rencontre de Celui
qui vient pour nous apprendre
le chemin de la vérité, de la paix et de l’amour.



  MESSAGE URBI ET ORBI
DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
Dimanche de Pâques
11 avril 2004

 
 
1. "Resurrexit, alleluia - Il est ressuscité, alléluia !".
Cette année encore, l'annonce joyeuse de la Pâque,
qui a résonné avec force au cours de la Veillée de cette nuit,
vient fortifier notre espérance.
"Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?
Il n'est pas ici, il est ressuscité
" (Lc 24,5-6).
C'est ainsi que l'Ange réconforte les femmes accourues au tombeau.
La liturgie pascale nous le répète à nous aussi,
hommes et femmes du troisième millénaire:
Christ est ressuscité, Christ est vivant parmi nous !
Désormais son nom est "le Vivant",
sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir (cf. Rm 6,9).
2. Resurrexit ! Aujourd'hui, Toi, le Rédempteur de l'homme,
tu te lèves victorieux du tombeau pour nous offrir à nous aussi,
qui sommes troublés par tant d'ombres qui planent sur nous,
ton souhait de joie et de paix.
Vers Toi, ô Christ, notre vie et notre guide,
puissent se tourner ceux qui sont tentés par le découragement et le désespoir,
pour entendre l'annonce de l'espérance qui ne déçoit pas.
En ce jour de ton triomphe sur la mort,
puisse l'humanité trouver en toi, ô Seigneur, le courage de s'opposer
de manière solidaire aux nombreux maux qui l'affligent.
Puisse-t-elle tout particulièrement trouver la force de résister au phénomène,
inhumain et malheureusement répandu, du terrorisme,
qui est une négation de la vie, et qui trouble et rend peu sûre
l'existence quotidienne de tant de personnes qui travaillent et qui sont pacifiques.
Que ta sagesse éclaire les hommes de bonne volonté
dans leur engagement résolu contre ce fléau.
3. Que l'action des institutions nationales et internationales
hâte le temps de la résolution des difficultés actuelles
et favorise la progression vers une organisation
plus ordonnée et plus pacifique du monde.
Que l'action des responsables trouve garantie et soutien
pour parvenir à une résolution satisfaisante des conflits persistants,
qui ensanglantent certaines régions d'Afrique,
l'Irak et la Terre Sainte.
Toi, le premier né d'une multitude de frères, fais que tous ceux
qui se considèrent fils d'Abraham
redécouvrent la fraternité qui les lie
et qui les pousse à mettre en œuvre des projets de coopération et de paix.
4. Écoutez, vous tous qui avez à cœur l'avenir de l'homme !
Écoutez, hommes et femmes de bonne volonté !
Puisse la tentation de la vengeance
céder le pas au courage du pardon;
puisse la culture de la vie et de l'amour
rendre vaine la logique de la mort;
que la confiance vienne donner un nouveau souffle à la vie des peuples.
Si notre avenir est unique,
c'est le devoir et la tâche de tous de le construire
avec une lucidité patiente et empressée.
5. "Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ?".
Toi qui as vaincu la mort, toi seul
"as les paroles de la vie éternelle" (Jn 6,68).
Vers Toi nous faisons monter notre prière confiante,
qui devient un appel au réconfort
pour les proches des nombreuses victimes de la violence.
Aide-nous à travailler sans relâche
à l'avènement d'un monde plus juste et plus solidaire,
que tu as inauguré par ta résurrection.
Marie est à nos côtés dans cette tâche,
elle "qui a cru à l'accomplissement
des paroles du Seigneur
" (Lc 1,45).
Heureuse es-tu, Marie, témoin silencieux de la Pâque !
Toi, la Mère du Crucifié ressuscité,
qui, à l'heure de la souffrance et de la mort,
as tenu allumée la flamme de l'espérance,
à nous aussi, apprends à être,
au milieu des contradictions du temps qui passe,
des témoins convaincus et joyeux
du message éternel de vie et d'amour
que le Rédempteur ressuscité a apporté au monde.  



  MESSAGE DE JEAN-PAUL II
URBI ET ORBI
25 DÉCEMBRE 2003
 
1. Decendit de CFlis Salvator mundi. Gaudeamus !
Le Sauveur du monde est descendu du ciel. Réjouissons-nous !
Cette annonce, pleine de joie profonde,
a retenti dans la nuit de Bethléem.
En ce jour, l’Église la renouvelle avec la mLme joie:

Un Sauveur nous est né !

Une abondance de tendresse et d’espérance remplit notre esprit,
ainsi qu’un impérieux besoin d’intimité et de paix.
Dans la crPche, nous contemplons Celui
qui s’est dépouillé de sa gloire divine
pour se faire pauvre, poussé par son amour pour l’homme.
A coté de la crPche, l’arbre de Noël,
dans l’étincellement de ses lumiPres,
nous rappelle que, avec la naissance de Jésus,
refleurit l’arbre de la vie dans le désert de l’humanité.
La crPche et l’arbre: symboles précieux
qui transmettent B travers le temps le sens véritable de Noël !
2. L’annonce des anges retentit dans le ciel:
«Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
il est le Messie, le Seigneur»
(Lc 2, 11).
Quel étonnement !
En naissant B Bethléem, le Fils éternel de Dieu

est entré dans l’histoire de chaque personne

qui vit sur la surface de la terre.
Il est désormais présent dans le monde
comme l’unique Sauveur de l’humanité.
C’est pourquoi nous le prions:

Salvator mundi, salva nos !
3. Sauve-nous des grands maux qui déchirent l’humanité
en ces premiPres années du troisiPme millénaire.
Sauve-nous des guerres et des conflits armés
qui dévastent des régions entiPres du globe,
de la plaie du terrorisme
et des nombreuses formes de violences
qui atteignent gravement des personnes faibles et sans défense.
Sauve-nous du découragement
dans notre marche sur les chemins de la paix,
chemins certes difficiles, mais possibles et mLme nécessaires;
chemins urgents, toujours et partout,
surtout sur la Terre oj tu es né, Toi,
Prince de la Paix.
4. Et toi, Marie, Vierge de l’attente et de l’accomplissement,
qui gardes le secret de Noël,
rends-nous capables de reconnaître dans l’Enfant,
que tu tiens entre tes bras, le Sauveur annoncé,
qui apporte B tous l’espérance et la paix.
Avec toi, nous l’adorons et pleins de confiance nous disons:
Nous avons besoin de Toi, Rédempteur de l’homme,
toi qui connais les attentes et les angoisses de notre cÉur.
Viens Seigneur, reste avec nous !
Que la joie de ton Noël parvienne
jusqu’aux extrémités de l’univers.



  MESSAGE URBI ET ORBI
DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II
Dimanche de Pâques
20 avril 2003


  
1. "Surrexit Dominus de sepulcro
qui pro nobis pependit in ligno
" (texte de la Liturgie).
"Le Seigneur s'est levé du tombeau,
lui qui pour nous fut pendu sur le bois". Alléluia!
La joyeuse annonce pascale retentit:
Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité!
Celui qui "a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort et a été enseveli",
Jésus, le Fils de Dieu né de la Vierge Marie,
"est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures" (Credo).
2. Cette annonce est le fondement
de l'espérance de l'humanité.
Si, en effet, le Christ n'était pas ressuscité,
non seulement notre foi serait vaine (cf. 1 Co 15, 14),
mais notre espérance aussi serait vaine,
parce que le mal et la mort nous retiendraient tous en otages.
"Mais non, - proclame la Liturgie de ce jour -
le Christ est ressuscité d'entre les morts,
pour être parmi les morts le premier ressuscité
" (1 Co 15, 20).
En mourant, Jésus a brisé et vaincu
l'impitoyable loi de la mort,
en extirpant pour toujours ses racines vénéneuses.
3. "La paix soit avec vous!" (Jn 20, 19. 20).
Telle est la première salutation du Ressuscité à ses disciples;
une salutation que, en ce jour, il répète au monde entier.
Ô Bonne Nouvelle tant attendue et tant désirée!
Ô annonce réconfortante pour celui qui est opprimé
sous le poids du péché et de ses multiples structures !
À tous, spécialement aux petits et aux pauvres,
nous proclamons aujourd'hui l'espérance de la paix,
de la paix véritable, fondée sur les solides piliers
de l'amour et de la justice, de la vérité et de la liberté.
4. "Pacem in terris..."
"La paix sur la terre, objet du profond désir
de l'humanité de tous les temps,
ne peut se fonder ni s'affermir
que sur le respect absolu de l'ordre
établi par Dieu" (encyclique Pacem in terris, Introd.).
Tels sont les premiers mots de l'encyclique historique
par laquelle, il y a quarante ans,
le bienheureux Pape Jean XXIII
indiquait au monde le chemin de la paix.
Ces mots sont plus actuels que jamais
à l'aube du troisième millénaire,
tristement obscurcie par des violences et des conflits.
5. Paix en Irak ! Avec le soutien
de la Communauté internationale,
puissent les Irakiens devenir les acteurs
d'une reconstruction solidaire de leur pays !
Paix dans les autres régions du monde,
où les guerres oubliées et les conflits larvés
provoquent des morts et des blessés dans le silence et l'oubli
d'une part importante de l'opinion publique !
Avec une peine profonde, je pense à la succession
de violence et de sang
qui ne semble pas devoir finir en Terre Sainte.
Je pense à la situation tragique
de nombreux pays du Continent africain,
qui ne peut pas être abandonné à lui-même.
Je n'oublie pas les foyers de tension
et les attentats contre la liberté de l'homme,
dans le Causase, en Asie et en Amérique latine,
ces régions du monde qui me sont également chères.
6. Que se brise la chaîne de la haine, qui menace
le développement ordonné de la famille humaine!
Puisse Dieu nous permettre d'être libérés
du danger de l'affrontement dramatique
entre cultures et religions,
que de récents événements risquent malheureusement de déclencher !
Que la foi et l'amour envers Dieu
rendent les croyants de toutes les religions
artisans courageux de compréhension et de pardon,
capable de tisser patiemment un fructueux dialogue interreligieux,
qui donnera naissance à une ère nouvelle de justice et de paix !
7. Comme aux Apôtres effrayés par la tempête sur le lac,
le Christ redit aux hommes de notre temps:
"Confiance! c'est moi; n'ayez pas peur!" (Mc 6, 50).
Si Lui est avec nous, pourquoi avoir peur ?
Si obscur que puisse apparaître l'avenir de l'humanité,
nous célébrons aujourd'hui le triomphe éclatant de la joie pascale.
Si un vent contraire fait obstacle à la marche des peuples,
si la mer de l'histoire devient houleuse,
que personne ne cède à la frayeur ou au découragement !
Le Christ est ressuscité; le Christ est vivant au milieu de nous;
réellement présent dans le sacrement de l'Eucharistie,
Il s'offre dans le Pain du salut,
le Pain des pauvres, la Nourriture des pèlerins.
8. Ô divine présence d'amour,
ô mémorial vivant du Christ notre Pâque,
Tu es le viatique pour celui qui souffre et pour celui qui meurt,
pour tous, tu es le gage assuré de la vie éternelle.
Marie, premier tabernacle de l'histoire,
Toi, témoin silencieux des prodiges de Pâques,
aide-nous à chanter par nos vies
ton propre "Magnificat" de louange et d'action de grâce,
parce qu'aujourd'hui "le Seigneur s'est levé du tombeau,
lui qui pour nous fut pendu sur le bois".
Le Christ est ressuscité, Lui notre paix et notre espérance.
Il est ressuscité. Alléluia!



  MESSAGE DE JEAN-PAUL II
URBI ET ORBI
25 DÉCEMBRE 2002
    
1. «Un enfant nous est né, 
un fils nous a été donné»
(Is 9, 5).
Aujourd’hui se renouvelle le mystère de Noël:
c’est aussi pour les hommes de notre temps que naît
cet Enfant qui apporte au monde le salut;
il naît en apportant joie et paix pour tous.
Émus, nous nous approchons de la crèche
pour rencontrer, avec Marie,
Celui qui est attendu par les peuples, le Rédempteur de l’homme.
Cum Maria contemplemur Christi vultum.
Avec Marie, nous contemplons le visage du Christ:
en cet enfant, enveloppé de langes
et déposé dans la mangeoire (cf. Lc 2, 7),
c’est Dieu qui vient nous visiter pour guider
nos pas au chemin de la paix (cf. Lc 1, 79).
Marie le contemple, le caresse et le réchauffe,
en s’interrogeant sur le sens des prodiges
qui entourent le mystère de Noël. 
2. Noël, c’est un mystère de joie !
Les anges ont chanté dans la nuit:
«Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime»
(Lc 2, 14).
Ils ont présenté aux bergers l’événement
comme «une grande joie pour tout le peuple» (Lc 2, 10).
Une joie, malgré l’éloignement du domicile,
la pauvreté de la mangeoire,
l’indifférence du peuple,
l’hostilité du pouvoir.
Mystère de joie malgré tout,
car, dans la cité de David,
«aujourd’hui est né un Sauveur»
(Lc 2, 11).
L’Église prend part à cette même joie,
elle qui est remplie en ce jour de la lumière du Fils de Dieu:
les ténèbres ne pourront jamais l’obscurcir.
C’est la gloire du Verbe éternel,
qui s’est fait l’un de nous par amour. 
3. Noël, c’est un mystère d’amour !
Amour du Père, qui a envoyé dans le monde
son Fils unique,
pour nous faire don de sa vie même (cf. 1 Jn 4, 8-9).
Amour de «Dieu-avec-nous», l’Emmanuel
venu sur terre pour mourir sur la Croix.
Dans la grotte glacée, entourée de silence,
la Vierge Mère, avec un pressentiment au cœur,
ressent déjà le drame sanglant du Calvaire.
Il s’agira d’une lutte bouleversante entre les ténèbres et la lumière,
entre la mort et la vie, entre la haine et l’amour.
Le Prince de la paix, né aujourd’hui à Bethléem,
donnera sa vie sur le Golgotha
afin que règne l’amour sur la terre. 
4. Noël, c’est un mystère de paix !
De la grotte de Bethléem
s’élève aujourd’hui un appel pressant
pour que le monde ne cède pas
à la méfiance, au soupçon, à la défiance,
même si le tragique phénomène du terrorisme
accroît les incertitudes et les peurs.
Les croyants de toutes les religions,
ainsi que les hommes de bonne volonté,
bannissant toute forme d’intolérance et de discrimination,
sont appelés à construire la paix:
avant tout en Terre Sainte, pour arrêter enfin
la spirale inutile de la violence aveugle, et au Moyen-Orient,
pour éteindre les sinistres aveuglements d’un conflit qui,
grâce à l’engagement de tous, peut être évité;
en Afrique aussi, où des famines dévastatrices et de tragiques luttes intestines
aggravent les conditions déjà précaires de peuples entiers,
même s’il y a des lueurs d’optimisme;
en Amérique latine, en Asie, dans d’autres parties du monde,
où les crises politiques, économiques et sociales
troublent la sérénité de nombreuses familles et de nombreuses nations.
Puisse l’humanité accueillir le message de paix de Noël ! 
5. Mystère adorable du Verbe incarné !
Avec Toi, ô Vierge Mère, nous nous arrêtons pour méditer
devant la mangeoire où repose l’Enfant,
pour partager ton émerveillement
face à l’immense condescendance de Dieu.
Donne-nous ton regard, ô Marie, pour déchiffrer le mystère
qui se cache sous les membres fragiles de ton Fils.
Apprends-nous à reconnaître son visage
sur celui des enfants de toute race et de toute culture.
Aide-nous à être des témoins crédibles
de son message de paix et d’amour,
afin que les hommes et les femmes
de notre temps, qui est encore marqué par de fortes luttes et des violences inouïes,
sachent, eux aussi, reconnaître dans l’Enfant
qui est entre tes bras
l’unique Sauveur du monde,
source intarissable de la paix véritable
à laquelle aspirent profondément tous les cœurs.



suivant