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Lc 4, 38-39
38 En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur.
39 Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. À l'instant même, elle se leva, et elle les servait.
Saint Ambroise. Après la délivrance de cet homme possédé de l’esprit impur, saint Luc raconte immédiatement la guérison d’une femme, car le Seigneur était venu guérir l’un et l’autre sexe, et il devait commencer par celui qui fut créé le premier : " Et étant sorti de la synagogue, il entra dans la maison de Simon " — Saint Jean Chrysostome. (hom. 28 sur S. Matth.) Il demeurait ainsi volontiers chez ses disciples, pour leur témoigner de l’honneur, et leur inspirer un plus grand courage et un zèle plus ardent. — Saint Cyrille d’Alexandrie. Considérez la condescendance du Sauveur, qui demeure chez un homme pauvre, lui qui, de sa pleine volonté, s’est soumis à toutes les privations de la pauvreté, pour nous apprendre à aimer le commerce des pauvres, et à ne jamais mépriser les indigents et les malheureux.
" La belle-mère de Simon avait une forte fièvre, et ils le prièrent pour elle. " — Saint Jérôme. Tantôt le Sauveur attend qu’on le prie, tantôt il guérit de lui-même les malades qui se présentent. Il nous apprend par cette conduite, qu’il accorde aux prières des fidèles ces grâces puissantes qui aident les pécheurs à triompher de leurs passions, et que quant aux maladies intérieures qu’ils ne connaissent pas, ou bien il leur en donne l’intelligence, ou il leur pardonne ce qu’ils ne comprennent pas, selon ces paroles du Psalmiste : " Qui peut connaître ses péchés ? Purifiez-moi de celles qui sont cachées en moi. " (Ps 18.) — Saint Jean Chrysostome. Que saint Matthieu ait passé ce fait sous silence, cela ne fait aucune contradiction, et n’a d’ailleurs aucune importance, l’un s’est appliqué à être court, l’autre a voulu donner une explication plus complète. — Suite. " Alors se tenant debout auprès d’elle, " etc. — Saint Basile. (et Origène., Commentaire grec.) D’après le récit de saint Luc, Notre-Seigneur tient ici un langage figuré, il parle à la fièvre comme à un être animé et intelligent, il lui commande de sortir, et la fièvre obéit à ce commandement : " Et la fièvre la quitta, et s’étant levée aussitôt, elle se mit à les servir. " — Saint Jean Chrysostome. Comme cette maladie n’est pas incurable, Notre-Seigneur fait éclater sa puissance par la manière dont il la guérit, et en faisant ce que toute la science médicale n’aurait jamais pu faire. Car après que la fièvre a disparu, les malades sont encore bien longtemps à revenir à leur premier état de santé, tandis qu’ici la cessation de la fièvre est suivie d’une guérison complète.
Saint Ambroise. Si nous voulons examiner ce fait miraculeux à un point de vue plus élevé, nous devrons y reconnaître la guérison de l’âme aussi bien que celle du corps, et c’est l’esprit qui a souffert le premier des atteintes mortelles du serpent qui est aussi guéri le premier. D’ailleurs, Eve ne désire manger du fruit défendu qu’après avoir été séduite par la ruse perfide du serpent ; c’est pourquoi le remède du salut devait agir d’abord contre l’auteur même du péché. Peut-être aussi cette femme est-elle la figure de notre chair languissante et malade de la fièvre des passions criminelles ; en effet, la fièvre de l’amour est-elle moins ardente que la lièvre qui vient de la chaleur ou de l’inflammation ? — Saint Bède. Si dans cet homme délivré du démon, nous reconnaissons une figure de l’âme purifiée de ses pensées immondes, dans cette femme en proie à une fièvre ardente et guérie par le commandement du Sauveur, nous pourrons voir la chair préservée des ardeurs de la concupiscence par les préceptes de la continence. — Saint Cyrille d’Alexandrie. Nous donc aussi, recevons Jésus avec empressement, car s’il daigne nous visiter et que nous le portions dans notre âme et dans notre cœur, il éteindra le feu des voluptés coupables, et nous rendra la force et la santé nécessaires pour le servir, c’est-à-dire, pour accomplir ses volontés.

Lc 4, 40-41
40 Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait.
41 Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie.
Théophylacte. Considérez l’empressement de cette multitude, bien que le soleil fût couché, ils amènent à ses pieds les infirmes, sans être arrêtés par l’heure avancée : " Lorsque le soleil fut couché, tous ceux qui avaient des infirmes, " etc. — Origène. Ils les amenaient après le coucher du soleil, c’est-à-dire, à la fin du jour, parce que, dans le courant de la journée, ils étaient retenus par d’autres occupations, ou bien encore, parce qu’ils croyaient qu’il n’était pas permis de guérir le jour du sabbat ; Jésus les guérissait : " Or, Jésus imposant les mains sur chacun d’eux, " etc. — Saint Cyrille d’Alexandrie. Il eut pu, sans doute, comme Dieu, guérir ces malades d’un seul mot, cependant il les touche et montre ainsi la puissance de sa chair pour opérer des guérisons, car c’était la chair d’un Dieu ; or, de même que le feu approché d’un vase d’airain, lui communique sa propre chaleur, de même le Verbe tout-puissant de Dieu, en s’unissant véritablement ce temple animé et intelligent qu’il reçut de la vierge Marie, le rendit participant de sa puissance divine. Que Jésus daigne aussi nous toucher, ou plutôt touchons-le nous-mêmes pour être délivrés des attaques et de l’orgueil du démon : " Les démons sortaient du corps de plusieurs, " etc. — Saint Bède. Les démons confessent le Fils de Dieu, et, comme l’Évangéliste le dit plus loin : " Ils savaient qu’il était le Christ. " En effet, lorsque le démon le vit épuisé par le jeûne, il en conclut qu’il était homme, mais le voyant inaccessible à la tentation, il doutait s’il n’était pas le Fils de Dieu ; maintenant l’éclat et la puissance des miracles lui fait comprendre ou plutôt soupçonner qu’il est le Fils de Dieu. Si donc il a porté les Juifs à crucifier Jésus-Christ, ce n’est pas qu’il doutât qu’il fût le Christ ou le Fils de Dieu, mais parce qu’il ne prévoyait pas que sa mort serait sa propre condamnation. Car saint Paul dit de ce mystère caché depuis les siècles : " Que nul des princes de ce monde ne l’a connu, car s’ils l’eussent connu, ils n’eussent jamais crucifié le Seigneur de la gloire. — Saint Jean Chrysostome. " Mais il les menaçait, et ne leur permettait pas de dire, " etc. Admirez ici l’humilité de Jésus-Christ, il ne veut pas que les esprits immondes manifestent sa gloire. Il ne fallait pas, en effet, laisser usurper au démon la gloire du ministère apostolique, et il ne convenait pas que le mystère de Jésus-Christ fût annoncé par des langues impures. — Théophylacte. Ou bien, c’est parce que la louange qui sort de la bouche du pécheur n’a aucune beauté, ou parce qu’il ne voulait pas exciter davantage la jalousie des Juifs, en s’attirant les louanges de la multitude. — Saint Bède. Les Apôtres eux-mêmes avaient ordre de ne point parler de lui, de peur que la connaissance de sa divinité venant à se répandre, le mystère de sa passion ne fût différé.

Lc 4, 42-44
42 Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter.
43 Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. »
44 Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.
Saint Jean Chrysostome. Après avoir fait un nombre suffisant de miracles en faveur du peuple, le Seigneur devait se retirer, car les miracles paraissent plus grands après le départ de celui qui les a faits, ils proclament plus haut la puissance divine, et font l’office de prédicateurs : " Donc, dit l’Évangéliste, lorsqu’il fut jour il sortit dehors, et s’en alla en un lieu désert, " etc. — Commentaire grec. Il s’en alla dans le désert (d’après saint Marc), et il priait, non pas qu’il eût besoin de prière, mais pour nous donner le modèle d’une prière parfaite. — Saint Jean Chrysostome. (tiré des hom. sur S. Matth.)Malgré tant de miracles éclatants, les pharisiens sont scandalisés de la puissance de Jésus-Christ, tandis que le peuple docile à ses divins enseignements, marchait à sa suite : " Et la foule le cherchait, " etc. Ce ne sont ni les premiers du peuple, ni les scribes qui le cherchent, mais ceux que la noirceur de la méchanceté n’avait pas atteint, et dont la conscience était restée pure. — Commentaire grec. Saint Marc dit que les Apôtres rejoignirent le Sauveur, pour lui dire que le peuple le cherchait ; d’après saint Luc, c’est le peuple lui-même qui vient trouver le Sauveur, mais il n’y a en cela aucune contradiction, car le peuple était venu le trouver à la suite des Apôtres. Le Seigneur éprouvait de la joie de se voir ainsi entouré par la foule, mais il commandait cependant qu’on le laissât aller, car il fallait que d’autres aussi fussent initiés à sa doctrine, parce que le temps de sa présence sur la terre ne devait pas être bien long : " Et il leur dit : Il faut aussi que j’annonce aux autres villes, " etc. Saint Marc dit : " C’est pour cela que je suis venu, " montrant ainsi l’excellence de sa divinité et son anéantissement volontaire. D’après saint Luc, au contraire, le Sauveur aurait dit : " C’est pour cela que je suis envoyé ; " et il exprime ainsi le mystère de son incarnation, et donne le nom de mission à la volonté du Père. L’un dit simplement : " Afin que j’annonce ; " l’autre ajoute : " Le royaume de Dieu, " qui est Jésus-Christ lui-même. — Saint Jean Chrysostome. (comme précéd.) Considérez ici que le Sauveur pouvait attirer à lui tous les hommes, en demeurant dans le même endroit ; cependant il ne le fit point, pour nous donner l’exemple d’aller à la recherche de ceux qui périssent, comme le pasteur court après la brebis perdue, comme le médecin va lui-même visiter ses malades ; car sauver une seule âme, c’est mériter le pardon de bien des fautes : " Et il prêchait dans les synagogues de Galilée. " Il fréquentait les synagogues, pour leur prouver qu’il n’était pas un séducteur, car s’il eût recherché constamment les lieux inhabités, ils l’eussent accusé de vouloir se dérober à la connaissance des hommes.
Saint Bède. Si le coucher du soleil est une figure allégorique de la mort du Seigneur, le retour du jour est un symbole de sa résurrection ; le peuple des croyants le recherche à la clarté de cette lumière, et après l’avoir trouvé dans le désert des nations, il l’entoure et cherche à le retenir, dans la crainte qu’il ne lui échappe, explication d’autant plus probable que ce fait se passa le premier jour après le sabbat, qui fut le jour de la résurrection du Sauveur.
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