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Mc 1, 23-28
23 Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit mauvais, qui se mit à crier :
24 « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. »
25 Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. »
26 L'esprit mauvais le secoua avec violence et sortit de lui en poussant un grand cri.
27 Saisis de frayeur, tous s'interrogeaient : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
28 Dès lors, sa renommée se répandit dans toute la région de la Galilée.
Saint Bède. C'est par l'envie du démon que la mort est entrée dans le inonde (Sg 2) ; c'est donc contre cet auteur de la mort, que Jésus dut mettre d'abord en usage le remède du salut : " I1 y avait dans leur synagogue un homme possédé de l'esprit impur. " — Saint Jean Chrysostome. Le nom d'esprit s'applique à l'ange, à l'air, à l'âme et aussi à l'Esprit saint. Aussi dans la crainte que cette ressemblance de nom ne donnât lieu à l'erreur, l'Évangéliste ajoute la qualification d'impur : ce nom lui est donné à cause de sou impiété et de son éloignement de Dieu et parce qu'il prend part à toutes les œuvres immondes et perverses.
Saint Augustin. (Cité de Dieu, 9, 20.) L'humilité du Dieu qui est apparu sous la forme de l'esclave, est si puissante contre l'orgueil des démons, qu'ils sont forcés de le reconnaître et de le confesser publiquement devant 1e Seigneur revêtu de l'infirmité de notre chair : " Et il s'écria : Qu'y a-t-il de commun entre vous et nous, Jésus de Nazareth ? " Il est évident par ces paroles qu'ils avaient la science sans avoir la charité, car ils redoutaient le châtiment qu'il venait leur infliger et n'aimaient pas en lui la justice qu'il apportait à la terre. — Saint Bède. Car les démons, voyant Notre-Seigneur sur la terre, croyaient qu'il allait les juger immédiatement. — Saint Jean Chrysostome. Ou bien, voici le sens de ces paroles : En purifiant l’âme humaine, et en y faisant naître des pensées divines, vous ne nous laissez plus d'asile dans le cœur des hommes. — Théophylacte. Car sortir de l'homme, c'était pour le démon une ruine certaine, parce qu'en effet, les démons étant essentiellement cruels, ils regardent comme une sorte de supplice de ne pas tourmenter les hommes.
Il ajoute : " Je sais que vous êtes le saint de Dieu. " — Saint Jean Chrysostome. Comme s'il disait : Je considère attentivement votre avènement ; car il n'avait pas une connaissance claire et certaine de la venue de Dieu en ce monde. II l'appelle saint, non pas un saint comme beaucoup d'autres parce que chaque prophète aussi était saint, mais il le proclame saint d'une manière spéciale. L'article qui se trouve dans le grec indique qu'il est le saint par excellence, mais la crainte qu'il éprouve fait qu'il le reconnaît pour le souverain Maître de toutes choses. — Saint Augustin. (Cité de Dieu, 9) Il ne se fit connaître aux démons que dans la mesure qu'il voulut, et il ne le voulut que dans la mesure qui était nécessaire. Toutefois il ne se manifesta pas à eux comme aux anges qui jouissent de sa vue comme Verbe, et participent à son éternelle félicité, mais il devait se manifester aux démons pour les faire trembler, puisqu'il venait délivrer les hommes de l'empire tyrannique de ces esprits mauvais. Il s'est donc fait connaître aux démons non pas comme étant la vie éternelle, mais par certains effets sensibles de sa toute-puissance qui ne pouvaient échapper aux regards de la nature angélique plus pénétrants même dans les esprits mauvais que les vaux de la faiblesse humaine.
Saint Jean Chrysostome. Mais l'éternelle vérité ne voulait pas des témoignages des esprits impurs : " Et Jésus les menaça en leur disant, " etc. Jésus nous donne ici un enseignement salutaire, c'est de ne jamais ajouter foi aux démons quand bien même ils nous annonceraient la vérité. " Et l'esprit le déchirant, " etc. Comme cet homme venait de dire des paroles sages et sensées, dans la crainte qu'on s'imaginât qu'il parlait, non sous l'inspiration du démon, mais de son propre cœur, Jésus-Christ permit que cet infortuné fût déchiré par le démon afin qu'il fût manifeste que c'était lui aussi qui parlait par sa bouche. — Théophylacte. Ce fut aussi pour que les témoins de ce prodige comprissent de quel affreux malheur était délivré cet homme, et qu'ils missent en Jésus par suite de ce miracle. — Saint Bède. Il y a, ce semble, une sorte de contradiction entre ces paroles : " Et le déchirant, " ou comme portent certains exemplaires, le courbant, et ces autres : " II sortit sans lui avoir fait aucun mal " selon saint Luc. Mais cet Évangéliste dit aussi que " le démon ayant jeté violemment cet homme au milieu de l'assemblée sortit de son corps, sans lui avoir fait aucun mal. " II faut donc comprendre que ces paroles de saint Marc : " Et le tourmentant, ou le déchirant, " reviennent à celles-ci de saint Luc : " Et l'ayant jeté violemment au milieu de tout le peuple. " Et alors ce que saint Luc ajoute : " Il ne lui fit aucun mal, " signifie que cette agitation violente, cette secousse imprimée aux membres de cet homme n'épuisa pas ses forces et que le démon sortit sans lui couper ou lui arracher quelque membre, comme il arrive quelquefois en pareille circonstance. Or, les témoins de ce prodige admirent la nouveauté de la doctrine du divin Maître, et ce qu'ils voient les détermine à approfondir ce qu'ils entendent. " Et tous étaient dans l’étonnement, " etc. Car le but des miracles était de faire croire d'une foi plus certaine à l'Évangile du royaume de Dieu. Voilà pourquoi les apôtres qui promettaient des joies célestes aux habitants de ce monde, faisaient éclater à leurs yeux ici-bas, des œuvres célestes et toutes divines. Tout d'abord, d'après le témoignage de l'Évangéliste, Jésus-Christ enseignait les hommes avec autorité ; et maintenant le peuple lui-même lui rend ce témoignage qu'il commande avec autorité aux esprits immondes, et qu'ils lui obéissent. " Et sa renommée se répandit, " etc. — La Glose. Car ce que les hommes admirent le plus, ils s'empressent de le divulguer, parce que la bouche parle de l'abondance du cœur.
Saint Jérôme. Capharnaüm dans le sens mystique signifie ville de la consolation, le mot sabbat signifie repos. Cet homme possédé de l'esprit immonde, c'est le genre humain en qui l'impureté a régné depuis Adam jusqu'à Moïse. Car les hommes ont péché sans la loi, et ils périront sans la loi (Rm 2). Cet esprit impur qui connaissait le saint de Dieu, reçoit l’ordre de se taire, parce qu'il est des hommes qui, connaissant Dieu, ne l'ont pas glorifié comme Dieu, mais ont mieux aimé servir et adorer la créature plutôt que le Créateur (Rm 1). L'esprit immonde déchirant cet homme sortit de son corps. À l'approche du salut, la tentation se fait sentir. Pharaon abandonné par le peuple d'Israël, le poursuit à outrance (Ex 14) Le démon méprisé, cherche à produire du scandale.

Mc 1, 29-31
29 En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André.
30 Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade.
31 Jésus s'approcha d'elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Saint Bède. Il fallut d'abord refréner la langue du serpent pour qu'elle cessât de vomir ses poisons, et guérir ensuite de la fièvre de la concupiscence charnelle la femme qui fut séduite la première : " Et bientôt après, sortant de la synagogue, ils vinrent, " etc.— Théophylacte. Jésus se retira, selon sa coutume, le jour du sabbat, vers le soir, pour se rendre dans la demeure de ses disciples. Or, celle qui devait les servir était en proie à la fièvre : " La belle-mère de Simon Pierre était couchée, tourmentée par la fièvre. " — Saint Jean Chrysostome. Les disciples qui espéraient recueillir quelque avantage de la présence du Sauveur, sans attendre le soir, le priaient de guérir la belle-mère de Pierre : " Aussitôt ils lui parlèrent à son sujet. " — Saint Bède. Saint Luc dit qu'ils lui adressèrent une prière en sa faveur (Lc 4) Car le Sauveur guérissait les maladies, tantôt sur la prière qu'on lui en faisait, tantôt de son propre mouvement, montrant par là qu'il prête l'oreille aux prières des fidèles qui demandent la guérison de leurs passions vicieuses ; et qu'il leur donne de comprendre ce que jusque-là ils ne comprenaient nullement ; ou qu'il accorde à une pieuse supplication le pardon des fautes méconnues, comme le demandait le Psalmiste : "c Seigneur, purifiez-moi de mes fautes cachées. " (Ps 18) Ici donc, c'est à la prière qu'il accorde la guérison : " Et s'approchant, il la fit lever, et lui ayant pris la main, " etc. — Théophylacte. Nous apprenons ici que celui qui se rend le serviteur des saints pour l'amour de Jésus-Christ peut espérer obtenir de Dieu sa guérison. — Saint Bède. En distribuant surtout le jour du sabbat, les bienfaits de ses guérisons et de sa doctrine, il nous enseigne qu'il n'est pas soumis à la loi, mais qu'il est au-dessus de la loi ; et qu'il a fait choix, non du sabbat judaïque, mais du véritable sabbat, et que le repos qui plaît au Seigneur, c'est de joindre le zèle pour le salut des âmes à l'abstention de toute œuvre servile, c'est-à-dire de toute œuvre coupable : " Et aussitôt la fièvre la quitta, " etc. La santé que le Seigneur rend à cette femme lui revient pleine et entière, et avec un tel retour de force qu'elle peut servir sur-le-champ ceux qui lui avaient porté secours. S'il est vrai, comme nous l'avons dit, que cet homme délivré du dé-mou figure l'âme délivrée des pensées mauvaises, cette femme délivrée de la fièvre, à la parole du Seigneur, nous représente sous une image très-juste la chair guérie par les préceptes de la continence des brûlantes ardeurs de la concupiscence. — Saint Jérôme. Car la fièvre signifie l'intempérance dont nous sommes guéris, nous qui ne sommes pas les enfants de la synagogue, mais de l'Église à l'aide d'une discipline salutaire, et par l'élévation de nos désirs, pleins d'un saint empressement à servir ensuite celui à qui nous devons notre guérison. — Théophylacte. Cette fièvre représente celui qui s'irrite, et en vient, sous l'impulsion de sa colère, à des violences que rien n'arrête ; mais si la raison retient son bras, il se lève et devient ainsi le serviteur de la raison.

Mc 1, 32-34
32 Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais.
33 La ville entière se pressait à la porte.
34 Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était.
Théophylacte. Comme la multitude s'imaginait qu'il n'était permis à personne de guérir des malades le jour du sabbat, elle attendait le coucher du soleil, pour amener à Jésus ceux dont elle sollicitait la guérison : " Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui apportait tous ceux qui étaient malades, " etc. ; et il en guérit un grand nombre qui étaient affligés de diverses maladies. — Saint Jean Chrysostome. Quand l'Évangéliste dit un grand nombre, il faut entendre tous, selon l'usage de l'Écriture. — Théophylacte. Ou bien, il dit un grand nombre, parce qu'il s'en trouvait parmi ces malades quelques-uns qui ne croyaient pas, et qui ne furent pas guéris à cause de leur incrédulité. Il guérit donc un grand nombre de ceux qui lui furent présentés, c'est-à-dire ceux qui avaient la foi.
" Et il chassait grand nombre de démons. " — Saint Augustin. (Quest. sur le Nouv. et l'Anc. Test., 66) Les démons savaient qu'il était le Christ promis dans la loi ; et ils voyaient réunis en lui tous les signes qu'avaient prédits les prophètes ; mais ils ignoraient le mystère de sa divinité aussi bien que les chefs des Juifs ; car s'ils l'avaient connu, jamais ils n'eussent crucifié le Seigneur de la gloire (ICo 2) — Saint Bède. Le démon l'avait regardé d'abord comme un homme épuisé qu'il était par un jeune de quarante jours, sans pouvoir néanmoins , par ses tentations, s'assurer s'il était le Fils de Dieu, maintenant à la vue des prodiges de sa puissance, il comprit, où plutôt il soupçonna qu'il était le Fils de Dieu. Si donc il persuada les Juifs de le crucifier, ce n'est point qu'il pensât qu'il n'était pas le Fils de Dieu, mais parce qu'il no prévit point que la mort de Jésus serait sa propre condamnation.— Théophylacte. Il ne permettait point aux démons de parler, pour nous apprendre à ne pas les croire, môme lorsqu'ils disent la vérité. Cari lorsqu'ils rencontrèrent des esprits disposés à les croire, ils mêlent le mensonge à la vérité. — Saint Jean Chrysostome. Ce que nous, lisons ici, ne contredit en rien ce que dit saint Luc (Lc 4), que les démons sortaient en criant : " Vous êtes le Christ, Fils de Dieu. " Car il ajoute : Et Jésus, les menaçant, ne leur permettait pas de parler. Saint Marc, qui omet beaucoup de faits pour abréger son récit, ne reproduit ici que la fin des paroles que nous venons de citer.
Saint Bède. Dans le sens mystique, le coucher du soleil signifie la passion et la mort de celui qui dit : " Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. " C'est après le coucher du soleil, que les naïades et les démoniaques sont guéris en plus grand nombre qu'auparavant, parce que celui qui, aux jours de sa vie mortelle, a enseigné un petit nombre de juifs, a communiqué ensuite à toutes les nations de l'univers les dons de la foi et du salut. — Saint Jérôme. Dans le sens moral, la porte signifie la pénitence qui, avec la foi, opère la guérison de nos diverses infirmités (2 Co 7, 10) ; car les vices qui frappent de langueur la cité du monde sont variés et nombreux.
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