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Mc 6, 53-56
53 Ayant traversé le lac, ils abordèrent à Génésareth et accostèrent.
54 Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
55 ils parcoururent toute la région, et se mirent à transporter les malades sur des brancards là où l'on apprenait sa présence.
56 Et dans tous les endroits où il était, dans les villages, les villes ou les champs, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.
La Glose. L’Évangéliste, après avoir raconté le danger qu'avaient couru les disciples au milieu de la mer et le miracle qui les en avait délivré , nous fait connaître le lieu où ils vinrent aborder : " Après avoir traversé le lac, ils vinrent au territoire de Génésareth. " — Théophylacte. Ce fut après un assez long espace de temps que le Seigneur aborda dans ce lieu , ce qui explique ces paroles de l'Évangéliste : " Et dès qu'ils furent sortis de la barque, les habitants de ce pays le reconnurent. " — Saint Bède. Ils le connurent, non de visage, mais de réputation, peut-être aussi plusieurs d'entre eux le connaissaient de vue à cause de l'éclat de ses miracles. Voyez quelle est la foi de ces habitants de Génésareth : il ne leur suffit pas que Jésus guérisse les malades qui sont au milieu d'eux ; ils faut parcourir toutes les villes des environs pour les inviter à venir trouver le médecin : " Et parcourant toute la contrée, ils lui apportèrent les malades dans des lits. " — Théophylacte. Ils ne le priaient point d'entrer dans les maisons pour guérir les malades ; ils préféraient les apporter devant lui. " Et partout où il entrait, dans les bourgs, dans les villages ou dans les villes, ils mettaient les malades sur les places publiques, " etc. Le miracle que le Sauveur avait opéré en faveur de l'hémorroïsse était parvenu à la connaissance d'un grand nombre, et leur inspirait cette loi qui était la cause de leur guérison : " Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris. "
Saint Bède. Dans le sens allégorique, la frange du vêtement du Sauveur représente le moindre de ses commandements ; quiconque le transgressera sera le moindre dans le royaume des cieux. Ou bien encore, elle peut représenter la chair qu'a prise le Fils de Dieu, qui nous conduit jusqu'au Verbe de Dieu et nous fait ensuite entrer en jouissance de sa majesté. — Saint Jérôme. Les paroles suivantes : " Et tous ceux qui le touchaient étaient sauvés, " s'accompliront quand il n'y aura plus ni gémissements ni douleur (Is 35, 10).

Mc 7, 1-13
1 Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus,
2 et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. -
3 Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ;
4 et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. -
5 Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. »
6 Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture :
Ce peuple m'honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
7 Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ;
les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
8 Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »
9 Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition.
10 En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
11 Et vous, vous dites : 'Supposons qu'un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m'auraient permis de t'aider sont corbane, c'est-à-dire offrande sacrée.'
12 Vous l'autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère,
13 et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »
Saint Bède. Les habitants de Génésareth, dont l'instruction était moins développée, non-seulement viennent trouver Nôtre-Seigneur, mais ils lui amènent leurs malades, pour qu'ils puissent toucher au moins la frange de ses vêtements. Les pharisiens et les scribes, au contraire, qui auraient dû être les docteurs du peuple, s'empressent autour du Sauveur, non pour en obtenir la guérison de leurs maladies, mais pour soulever de vaines disputes en lui proposant des questions sans fin : " Des pharisiens et plusieurs scribes s'assemblèrent près de Jésus. " — Théophylacte. Les disciples de Jésus, à qui leur divin Maître avait enseigné surtout la pratique sérieuse de la vertu, prenaient leur nourriture sans s'être lavé les mains ; les pharisiens qui ne cherchaient qu'un prétexte, saisirent celui-ci pour les accuser. Ils ne leur reprochent pas précisément de transgresser la loi, mais de ne pas se conformer aux traditions des anciens : " Car les pharisiens et tous les Juifs ne mangent point sans s'être à plusieurs reprises lavé les mains, suivant en cela la tradition des anciens. " —Saint Bède. Ils prenaient dans un sens purement matériel les paroles toutes spirituelles des prophètes, et entendaient exclusivement de la purification du corps des recommandations qui n'avaient pour objet que les pensées et les œuvres, comme celles-ci : " Lavez-vous, et soyez purs " (Is 1) : " Soyez purs, vous qui portez les vases du Seigneur ; " (Is 52). C'est donc une tradition toute humaine et superstitieuse, quand on s'est lavé une fois les mains, de les laver encore à plusieurs reprises avant de prendre sa nourriture, et de ne vouloir point se mettre à table en revenant de la place publique, sans s'être purifié. Mais il est nécessaire que ceux qui désirent participer au pain descendu du ciel, ne cessent de purifier leurs œuvres par les aumônes, les larmes, et par d'autres fruits de justice. Il faut aussi purifier sous l'action incessante des bonnes pensées et des actions vertueuses, les souillures que l'on contracte nécessairement au milieu des préoccupations des affaires du siècle. Mais pour les Juifs, c'est inutilement qu'ils se lavent fréquemment et se purifient en revenant de la place publique, tant qu'ils refusent de venir se purifier dans la fontaine du Sauveur ; et c'est en vain qu'ils observent la purification des vases, eux qui négligent de purifier leurs corps et leurs cœurs de leurs véritables souillures.
" Et les pharisiens et les scribes lui demandèrent : Pourquoi vos disciples ne se conforment-ils pas à la tradition des anciens, mais prennent-ils leurs repas avec des mains impures ? " — Saint Jérôme.(sur S. Matth., 15). Quel aveuglement étonnant dans les pharisiens et dans les scribes ! Ils reprochent au Fils de Dieu que ses disciples n'observent pas les traditions et les préceptes des hommes. Le mot latin commune, commun, veut dire ici qui est impur. Le peuple juif, qui se considérait comme le partage de Dieu, regardait comme impurs certains aliments dont les autres peuples se nourrissaient, comme les huîtres, la chair de porc, les lièvres et autres animaux semblables.
Saint Jérôme. Nôtre-Seigneur oppose à cette ridicule agression des pharisiens, l'arme de la raison, c'est-à-dire, les reproches que faisaient autrefois Moïse et Isaïe, et il nous apprend ainsi à nous servir des paroles de la sainte Écriture, pour combattre et vaincre les hérétiques. " Il leur répondit : Isaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites, lorsqu'il dit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. " — Saint Jean Chrysostome. (hom. 52 sur S. Matth.) Comme ils accusaient injustement ses disciples de transgresser, non les préceptes de la loi, mais la tradition des anciens, il les confond en les traitant d'hypocrites, eux qui professent un respect exagéré pour des choses qui ne le méritent pas. Il leur applique ensuite cette parole d'Isaïe, comme leur étant adressée directement. Ceux à qui le prophète reprochait d'honorer Dieu des lèvres, tandis que leur cœur était loin de lui, se vantaient inutilement d'observer les règles de la vraie religion, il en est ainsi de vous-mêmes qui négligez de guérir le mal intérieur dont vous êtes atteint, et qui accusez ceux qui suivent les règles de la justice. — Saint Jérôme. Il faut rayer et détruire la tradition des pharisiens sur la purification des tables et des vases, car souvent on sacrifie à de semblables traditions les commandements de Dieu : " Car vous négligez la loi de Dieu, et vous observez avec soin la tradition des hommes, purifiant les vases et les coupes, " etc. — Saint Jean Chrysostome. Et pour leur montrer qu'ils ont sacrifié le commandement de Dieu et le respect qu'ils lui devaient, à la tradition des anciens opposée aux divines Écritures, il ajoute : " Car Moïse a dit : Honore ton père et ta mère, " etc.—Saint Bède. L'honneur dans le langage des saintes Écritures, consiste moins dans les marques extérieures de respect et de déférence, que dans l'assistance et les secours effectifs donnés à ceux qui en ont besoin : Honorez, dit l'Apôtre, les veuves qui sont vraiment veuves (l Tm 5). — Saint Jean Chrysostome. Et vous, malgré l'existence de cette loi divine et malgré les menaces qui sont faites à ceux qui la transgressent, vous transgressez pour rien le précepte divin, vous contentant d'observer les traditions des anciens. " Et vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Tout corban, c'est-à-dire, tout don fait à Dieu de mon bien vous profite, " il sera par-là même affranchi de l'observation de ce commandement : " Et vous le dispensez de rien faire davantage pour son père et pour sa mère. " — Théophylacte. Les pharisiens, avides de s'emparer des offrandes qui étaient faites, enseignaient aux enfants qui avaient quelque argent, à répondre à leurs parents qui leur demandaient des secours : le corban, c'est-à-dire, le don que vous me demandez, a déjà été offert à Dieu. C'est ainsi qu'ils persuadaient aux parents de ne plus demander ces offrandes comme faites à Dieu, et ayant satisfait par là même à tous leurs besoins ; et qu'ils induisaient les enfants en erreur, en les détournant de l'honneur qu'ils devaient à leurs parents, afin de pouvoir eux-mêmes dévorer les offrandes qui étaient faites à Dieu dans le temple. Nôtre-Seigneur leur reproche donc de transgresser la loi divine pour l'appât d'un gain sordide : " Et c'est ainsi que vous annulez la parole de Dieu par une tradition dont vous êtes les auteurs. — Saint Jean Chrysostome. (comme précéd.)On peut dire encore que les pharisiens enseignaient aux jeunes gens, que, si pour réparer les torts qu'ils faisaient à leurs parents, ils offraient à Dieu des présents, ils étaient quittes en donnant à Dieu ce qui leur était dû, et c'est ainsi qu'ils détruisaient le précepte qui fait un devoir d'honorer ses parents. — Saint Bède. On peut enfin donner de ces paroles : " Le don que je fais à Dieu vous servira, " cette explication abrégée : Vous forcez les enfants à dire à leurs parents : Ce que je devais offrir à Dieu, je vais l'employer à vous nourrir, et cela vous servira, ô mon père et ma mère : ce qui revenait à dire : Cela ne vous servira pas. Car les parents craignant d'employer à leur usage ce qu'ils voyaient destiné à l'autel, aimaient mieux mener une vie pauvre que de se nourrir des choses consacrées à Dieu.
Saint Jérôme. Dans le sens allégorique, les disciples qui mangeaient sans s'être lavé les mains, figurent la communion qui devait exister entre toutes les nations. Les ablutions et les purifications pharisaïques sont stériles, tandis que la coutume suivie par les apôtres de s'affranchir des purifications légales, a étendu ses branches jusqu'à la mer.

Mc 7, 14-23
14 Il appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
15 Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »
16 17 Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique.
18 Alors il leur dit : « Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur,
19 parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
20 Il leur dit encore : « Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui le rend impur.
21 Car c'est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les pensées mauvaises : fornication,
22 vols, meurtres, adultères, avarice, méchancetés, fraude, libertinage, envie, blasphème, orgueil, déraison.
23 Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l'homme. "
Saint Jean Chrysostome. Les Juifs attachaient la plus grande importance aux purifications légales, et murmuraient du peu d'estime qu'en faisaient Nôtre-Seigneur, et c'est pour cela qu'il tient à bien établir la doctrine contraire : " Et appelant de nouveau le peuple, il leur dit : Écoutez-moi tous, et comprenez. Il n'est rien en dehors de l'homme, qui entrant en lui, puisse le souiller, mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui souille l'homme. " Les préceptes de Jésus-Christ ont surtout pour objet l'intérieur de l'homme, tandis que les prescriptions légales sont surtout pour l'extérieur, et c'est à ces observances trop matérielles que la croix de Jésus-Christ devait bientôt mettre fin.
Théophylacte. En parlant de la sorte, Nôtre-Seigneur veut apprendre au peuple qu'il fallait entendre dans un sens spirituel les prescriptions légales sur la nourriture, et il prend occasion de là pour leur faire connaître le but que se proposait la loi. — Saint Jean Chrysostome. Il ajoute : " Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. " En effet, il n'avait pas expliqué ouvertement quelles étaient ces choses qui sortaient de l'homme et le souillaient, et cet avertissement du Sauveur fit croire aux apôtres, que les paroles qui précèdent avaient un sens plus profond, c'est pourquoi : " Étant entré dans une maison après avoir quitté le peuple, ses disciples l'interrogeaient sur cette parabole, etc. " Le mot parabole veut dire ici un discours qui renferme quelque obscurité.
Théophylacte. Nôtre-Seigneur commence par leur faire un reproche : " Et il leur dit : Vous aussi, vous avez si peu d'intelligence ? " — Saint Bède. On est mauvais auditeur, ou quand on veut comprendre trop clairement des choses naturellement obscures, ou quand on veut laisser planer de l'obscurité sur des choses évidentes. — Théophylacte. Nôtre-Seigneur leur dévoile ensuite ce qu'il y avait d'obscur pour eux dans ces paroles, en leur disant : " Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller ?" Un lecteur attentif fera peut-être cette difficulté : Pourquoi donc alors ne mangeons-nous pas des viandes immolées aux idoles ? Nous répondons que la viande immolée aux idoles ne doit pas être considérée comme impure par elle-même. — Saint Bède. Elle n'est pas impure, en tant qu'elle est une nourriture créée de Dieu, mais c'est l'invocation des idoles ou des démons qui eu fait une viande souillée et illicite. Nôtre-Seigneur donne la raison de ce qu'il vient de dire : " Parce que cela n'entre pas dans son cœur. " Le siège principal de l'âme, suivant Platon, est dans le cerveau, mais d'après Jésus-Christ, il est dans le cœur. — La Glose. Il dit : " Dans le cœur, " c'est-à-dire, dans cette partie supérieure de l'âme d'où dépend toute la vie de l'homme, et qui rend ses actes innocents ou coupables ; et il est donc évident que ce qui ne parvient pas jusqu'à l'âme, ne peut être la cause d'aucune souillure dans l'homme. Donc les aliments qui ne peuvent arriver jusqu'à l'âme, ne peuvent de leur nature la souiller en aucune façon, mais l'usage immodéré des aliments qui vient du dérèglement de l'esprit, peut produire une véritable souillure dans l'âme. Or, Notre-Seigneur prouve que les aliments ne peuvent parvenir jusqu'à l'âme, en ajoutant : " Mais se rend dans le ventre et est jeté dans le lieu secret, " etc. Il s'exprime de la sorte, pour qu'on n'applique pas ce qu'il vient de dire à la partie des aliments qui reste dans le corps, car le corps conserve tout ce qui est nécessaire pour sa nourriture et son accroissement, et il laisse sortir tout ce qui est inutile par un travail qui purifie pour ainsi dire la partie des aliments qui reste à l'intérieur. — Saint Augustin. (Livre des 83 quest.). Il est des choses qui entrent en nous pour être à la fois la cause et l'objet d'un changement, comme les aliments qui perdent leur nature pour s'assimiler à notre corps, et qui en même temps accroissent et transforment notre force. — Saint Bède. Lorsque la partie des aliments qui reste dans le corps a été comme cuite et digérée dans les veines et dans les artères, il se produit une légère substance liquide qui s'échappe par des conduits secrets que les Grecs appellent pores, et qui de là est rejetée au dehors.
Saint Bède. Ce ne sont donc pas les aliments qui rendent les hommes impurs, c'est la malice qui est la source des passions intérieures : " Mais, disait le Sauveur, ce qui sort de l'homme, c'est là ce qui souille l'homme, " etc. — La Glose. Et il en donne la raison : " Car c'est du dedans du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées. " D'où il faut conclure que les mauvaises pensées viennent de l'âme (que Nôtre-Seigneur appelle ici le cœur), c'est-à-dire, du principe qui rend l'homme bon ou mauvais, pur ou impur. — Saint Bède. Ces paroles sont la condamnation de ceux qui prétendent que les mauvaises pensées nous sont envoyées par le démon, et ne viennent pas de notre propre volonté. Le démon peut être l'instigateur et le fauteur des mauvaises pensées, mais il ne peut en être l'auteur. — La Glose. Des mauvaises pensées, sortent à leur tour, toutes les actions mauvaises : les adultères, qui font outrage au lit d'autrui ; les fornications, c'est-à-dire, les relations criminelles avec des personnes non mariées ; les homicides, qui sont un attentat à la vie du prochain ; les vols, par lesquels on s'empare injustement de ses biens ; les faits d'avarice qui sont la détention injuste des biens d'autrui ; les méchancetés, qui portent atteinte à la réputation du prochain ; les fourberies qui le trompent ; les impudicités qui embrassent toutes les actions qui corrompent l'âme ou le corps. — Théophylacte. L'œil mauvais, c'est la haine et la flatterie, car celui qui nourrit de la haine contre son frère, le voit d'un œil mauvais et envieux ; or, celui qui le flatte, l'entraîne au mal, en ne voyant pas d'un œil droit ses véritables intérêts. Les blasphèmes sont les outrages faits à Dieu ; l'orgueil, c'est le mépris que l'on fait de Dieu, en attribuant, non à Dieu mais à ses propres forces le bien que l'on opère ; la folie, c'est l'outrage commis contre le prochain. — La Glose. Ou bien, la folie consiste à n'avoir pas des idées saines et droites sur Dieu, elle est opposée à la sagesse qui est la connaissance des choses divines. — suite. " Toutes ces choses sortent du dedans et souillent l'homme. " Car on doit imputer à l'homme ce qu'il est libre de faire ou de ne pas faire ; or, telles sont toutes les choses qui viennent de la volonté intérieure, qui rend l'homme le maître de ses actes.
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