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Homélie du 15e dimanche du temps ordinaire - JMJ de Sydney - Cathédrale St Christopher de Canberra, dimanche 13 juillet 2008
Le Cardinal André Vingt-Trois a célébré la messe en présence de Mgr Mark Colridge, évêque de Canberra, en communion avec l’Eglise de France et tous les donateurs qui ont permis par leurs dons à de nombreux jeunes de participer aux JMJ en Australie.
Cette messe a été diffusée sur France 2 « Le Jour du Seigneur ».
« Le semeur est sorti pour semer… »
La Parole de Dieu ne revient pas à Lui sans avoir porté son fruit, « sans avoir accompli sa mission ». Cette promesse du prophète Isaïe nous remplit d’espérance au moment où nous entrons dans ces Journées Mondiales de la Jeunesse en cette belle terre d’Australie.
Dans la page de l’évangile selon saint Matthieu que nous venons d’entendre, Jésus lui-même confirme cette promesse. Mais la parabole du « semeur qui est sorti pour semer » nous aide à mieux la comprendre et, surtout, à comprendre comment nous sommes appelés à recevoir cette parole, sa Parole.
Tout d’abord, nous sommes invités à découvrir la générosité de Dieu. Il répand sa parole sur toutes sortes de terres sans préjuger de l’accueil qui lui sera fait. Pendant cette semaine des Journées Mondiales, vous allez entendre beaucoup de messages en tout genre. Vous entendrez non seulement la Parole de Dieu, les catéchèses qui vont la commenter, le message du Saint-Père qui va s’adresser particulièrement aux jeunes rassemblés, mais aussi vous aurez à entendre la parole qu’exprime l’événement lui-même d’une Église rassemblée dans la foi, l’espérance et la joie.
Comme dans la parabole, le semeur (qui est le Christ) va sortir pour semer et il va semer en abondance sans préjuger de la qualité de la terre sur laquelle sa parole va tomber. Et Dieu sait si cette qualité peut être inégale, en tout cas si nous pouvons être inégalement disposés à entendre ce qu’il veut nous dire et peut-être encore plus inégalement disposés à répondre à ce qu’il nous dit et à mettre cette parole en pratique.
C’est sans doute le deuxième enseignement de la parabole du semeur. Non seulement la Parole de Dieu est répandue à profusion, sans compter ; non seulement, elle accomplit ce qu’elle dit, mais en plus elle respecte la liberté de ceux qui l’entendent. Nous n’avons pas à douter qu’elle donnera son fruit. Mais nous ne pouvons pas nous appuyer sur cette certitude pour nous désintéresser de nos dispositions à l’accueillir, comme si fonctionnait une sorte de fatalité de l’efficacité de la Parole de Dieu contre laquelle nous ne pourrions rien. C’est ici qu’intervient la qualité de la terre qui reçoit la semence.
Quelles sont les dispositions de nos cœurs devant le don que Dieu nous fait avec tant de profusion ? On pourrait être tenté de faire à cette question une réponse moralisante en mettant en regard les conditions pratiques nécessaires à un bon accueil de la Parole de Dieu. Trois traits de la parole du Christ nous invitent à éviter cette approche qui peut être simpliste. Ils nous montrent que les obstacles sont des empêchements qui viennent entraver notre liberté.
Premièrement, on peut recevoir la parole sans la comprendre, non par manque d’intelligence, mais parce que la parole tombe comme sur les bords du chemin où elle est aussitôt mangée par les oiseaux du ciel. Comment pouvons-nous comprendre cette difficulté ? Ce sont comme des gens qui entendent les sons et les mots du discours, mais sans identifier ce que dit le discours : il n’y a que les sons, mais il n’y a pas de sens. Ainsi, chaque dimanche, vous pouvez entendre les lectures de la Bible à la Messe sans mesurer le sens de ce qui est lu : ce sont des sons sans signification. De même, au cours des JMJ, vous pourrez entendre des masses de mots sans comprendre ce qu’ils signifient, ce qu’ils veulent dire. Quelques instants après, il n’en reste rien.
Deuxième empêchement : on accueille la parole avec joie mais sans la laisser s’enraciner. On peut être enthousiasmé par telle scène de l’évangile, telle parole du Christ, telle rencontre avec le Pape. On peut être enthousiasmé par les JMJ. Mais est-on prêt à faire le travail d’enracinement qui va faire pénétrer cet épisode de l’évangile, cette parole du Christ, cette rencontre avec le Pape, ces JMJ, jusqu’à la profondeur de notre mémoire et de notre cœur, là où se prennent vraiment les décisions de notre vie ? Si nous ne le faisons pas, nous restons des « hommes d’un moment », des gens de la fête et de l’enthousiasme. À la première décision difficile à prendre, à la première objection, tout ça partira comme un fétu de paille dans le vent et nous tomberons.
Troisième empêchement : les soucis du monde et les séductions de la richesse. On reçoit bien la parole, on essaie de l’accueillir en profondeur, de lui laisser prendre racine, mais voilà que nous sommes très vite repris par nos préoccupations habituelles. Vous êtes ici, loin des ces soucis habituels, loin de votre confort, loin des choses qui vous occupent tant. Ce n’est pas par masochisme. C’est parce que notre liberté a besoin d’être dégagée de tout ce qui nous mobilise et finalement nous entrave. Oui, ici le parole est belle, elle est forte, elle est séduisante. Mais demain, il nous faudra préserver cette liberté dont nous jouissons ici. Il faudra ne pas se laisser reprendre par tout ce qui occupe habituellement la première place dans nos activités et nos projets et qui finit par étouffer en nous la présence de cette parole et l’empêche de porter du fruit.
Chacune et chacun d’entre nous peut prendre quelques instants pendant ces JMJ pour faire l’inventaire de ce que sont pour lui « les soucis du monde et les séductions de la richesse ». Voulez-vous être vraiment libres ou acceptez vous de vous laisser étouffer par ce que notre société marchande vous fait désirer et ce dont elle vous fait dépendre ?
« Heureux vos yeux parce qu’ils voient et vos oreilles parce qu’elles entendent ! » Heureux êtes-vous si aujourd’hui vous êtes touchés au cœur par la parole semée sans compter par le semeur ! Heureux serez-vous si vous la laissez prendre racine et si vous apprenez à garder votre liberté pour que cette parole porte du fruit !
+ André card. VINGT-TROIS, archevêque de Paris


Homélie à l’occasion des JMJ de Sydney - Sydney, le 14 juillet 2008
Messe avec tous les français participant aux JMJ, présidée par le Cardinal André Vingt-Trois, dans le Convention Center de Sydney.
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère :
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui veut garder sa vie pour soi la perdra ; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera.
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. »
Jésus acheva ainsi de donner ses instructions aux douze disciples, puis il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.

Homélie du cardinal André Vingt-Trois
Nous avons entendu par la dernière phrase de cet évangile de quelle façon nous devons accueillir la Parole que le Christ délivre dans ce passage de l’évangile selon saint Matthieu. Il s’agit des instructions qu’il donne aux douze disciples. Pendant tout un chapitre, il leur a expliqué comment ils allaient devoir accomplir leur mission, avec une sorte de référence permanente au long de ses instructions : le disciple n’est pas au dessus du Maître. Il leur explique donc ce que signifie être comme lui. Il faut donc entendre ces paroles du Christ d’abord comme destinées à ses Apôtres.
Dans leur brutalité, dans leur violence même, car vous avez entendu, si du moins les mots simples que j’ai dits ont percé votre oreille pour atteindre votre intelligence, que ce ne sont pas des instructions de guimauve : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suis pas n’est pas digne de moi, celui qui voudra garder sa vie, la perdra ; celui qui perdra sa vie à cause de moi la gardera ». Ce sont des paroles très fortes, comme si Jésus, alors qu’il est en train de monter à Jérusalem et que le conflit qui a commencé à l’opposer à d’autres va monter et que l’on va assister bientôt au drame qui conduit à sa passion, sa condamnation et sa mise à mort, comme si le Christ voulait préparer les disciples à être témoins de ces événements, non pas comme des événements exceptionnels ne pouvant arriver qu’à Jésus mais comme des événements appartenant à sa mission, que donc il transmet en même temps qu’il transmet sa mission.
Nous entendons cela avec un petit peu d’inquiétude, mais en même temps avec suffisamment de distance pour ne pas prendre tout cela avec trop de sérieux quand même. « Ça n’était que pour les Apôtres ! ». Mais l’Évangile n’était pas que pour les Apôtres, l’Évangile était pour le monde entier, pour tous les hommes.
La Bonne Nouvelle n’est pas que pour les Apôtres, elle est pour tous les hommes. La mission confiée par Jésus aux Douze n’est pas que pour les Apôtres, elle est pour tous ceux qui entendront son appel et se mettront à sa suite. La mission n’est pas forcément pour tous : il en est qui préféreront avoir moins d’embêtements et ne pas se lancer dans la bagarre. Il est des hommes qui préféreront arranger leur vie pour avoir le moins d’embêtements possibles, plutôt que la laisser perdre, plutôt que de la donner. L’appel de Jésus ne s’adresse pas à ceux que cela n’intéresse pas.
Mais entre l’inquiétude et le désintérêt, l’espace est large, chacun peut trouver sa place. Peut-être ne sommes-nous forcément prêts, aujourd’hui, à entendre ces paroles chacun pour soi-même. C’est normal. Il m’a fallu à moi un tas d’années avant que je crois sérieusement que Jésus disait cela pour moi. En attendant, je m’arrangeais un peu.
Je m’arrangeais dans tous les sens du terme, bien sûr : je m’arrangeais avec ces paroles et je m’arrangeais, je m’améliorais quand même en tant que chrétien, un peu, un peu plus, un petit plus… Mais vous avez entendu dans ces paroles du Christ qu’il ne s’agit plus de l’ordre de la quantité ou du degré mais de la qualité. Il ne s’agit plus d’être un peu plus ceci ou un peu moins cela, d’en donner un petit peu plus ou un petit peu moins, il s’agit de tout donner, de se donner tout entier.
En attendant, car nous ne sommes les seuls à prendre notre temps et les délais nécessaires pour prendre les grandes décisions, on organise des fêtes. Vous l’avez entendu dans le livre du prophète Isaïe : à défaut de convertir les cœurs, on convertit les chants, les cantiques. On organise de grandes fêtes, des fêtes monstres, où l’on fait étalage de nos bons sentiments. Si cela peut passer à la télévision, c’est encore mieux.
À défaut, on fait confiance à Dieu qu’il jette un œil là-dessus quand même et se dise : « C’est pour moi qu’ils font tout cela ». Seulement, vous l’avez entendu : « Très bien, profitez de vos fêtes, mais ce que je veux, ce qui me plaît, ce ne sont pas vos fêtes, ce sont vos cœurs. Si, en plus, vous êtes en fête, tant mieux ; si vous êtes heureux de donner votre cœur, c’est très bien. Mais essayez de ne pas donner les chansons à la place du cœur ».
Dieu veut bien recevoir nos fêtes et nos chants et nos danses et nos offrandes, à condition que nous ne lui refusions pas la seule offrande qui lui plaise, c’est-à-dire nous-mêmes.
Vous savez : quand on fait des promesses de don, on ne les réalise pas toujours. Faire des promesses de don nous fait du bien : je ne suis pas mal, j’ai promis un don.
Si je suis un peu mieux encore, je fais le don que j’ai promis. Dieu ne demande pas des promesses, il demande le don réel, tout de suite, dès qu’on entend sa Parole et qu’on la comprend, dès qu’on est prêt. Il nous demande tout.
Alors, je trouve qu’entendre tout cela la veille de l’ouverture officielle des Journées Mondiales de la Jeunesse est une chance formidable. Pendant plusieurs jours, vous avez vécu des choses fortes, des découvertes. Vous vous êtes découverts les uns les autres : même si vous venez des mêmes diocèses, des mêmes groupes, des mêmes mouvements, vous ne vous connaissiez pas forcément.
Vous avez découvert la joie d’être accueillis par des frères australiens ou d’autres pays, vous avez découvert la joie de vous accueillir mutuellement les uns les autres, avec des moments où sans doute où ce fut moins joyeux : il faut de tout pour faire la vie d’un homme et il faut retenir surtout la joie : joie de construire un groupe où règne une certaine cohésion, avec ses rites, ses symboles, son cri de ralliement, ses totems…
À travers tout cela, peu à peu, vous avez découvert que votre décision de venir aux Journées mondiales qui était une décision très personnelle était habitée par plus que vous ne pensiez. C’était plus riche que d’être venus tout seuls à la rencontre du Pape. D’ailleurs, il ne vous aurait pas reçus tout seuls ; il valait mieux venir à plusieurs. Vous découvrez petit à petit que le chemin à la suite du Christ on le vit ensemble, si bien que, lorsque l’un de vous est fatigué, quelqu’un peut porter son sac et que lorsqu’un autre n’en peut plus, vous pouvez le soutenir, comme on le fait dans la vie humaine où nous avons nos moments de basse pression ou de haute pression qui, heureusement, ne coïncident jamais tout à fait, de sorte que l’un est en forme lorsque les autres ne le sont pas. Nous apprenons ainsi que cheminer en Église, c’est nous appuyer les uns sur les autres et ainsi être capables d’aller plus loin.
Maintenant, nous y sommes. Nous avons fait ensemble une partie du chemin qui nous conduit à la porte sainte. Quand on va en pèlerinage à Jérusalem, on arrive à la porte sainte ; quand on va en pèlerinage à Rome, on arrive à la porte sainte.
Là, il ne s’agit plus des préparatifs, des prises de contact, des découvertes, il ne s’agit plus de mettre notre corps social en mouvement : il se trouve devant la porte. La porte s’ouvre : à celui qui frappe, on ouvre, et le Seigneur dit : « Entre, si tu veux ».
Si tu veux, tu entres, mais entrer, cela veut dire que tu vas faire un pas de plus, que cette parole du Christ va devenir un peu plus vraie pour toi ; que tu vas accepter, peut-être pas ce soir, ni demain matin ou la semaine prochaine, mais à partir d’hier, de demain, de ce soir, de la semaine que nous allons vivre, tu vas accepter d’entendre la question : « Que veux-tu faire de ta vie ?
Veux-tu la garder, la défendre, la protéger, ou es-tu prêt à la donner ? »
Si tu es prêt à la donner, tu vas vivre une belle aventure dont nous ne savons pas ce qu’elle sera mais que tu découvriras jour après jour, une aventure d’amour et de joie. Je vous propose que, ce soir, nous prions les uns pour les autres pour que nos cœurs soient ouverts à cet appel du Christ à donner, non pas seulement notre joie, nos chants et nos fêtes, mais à donner nos cœurs qui sont le vrai cadeau qui plaît à Dieu. En donnant nos cœurs, nous ouvrons notre vie pour qu’il la conduise, là où il veut, comme il le veut, avec qui il veut, pour la joie du monde. Amen.
+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie pour la fête de Saint Jean Marie Vianney, curé d’Ars - à Ars, le 4 août 2008
Le bon pasteur
Il y a plus de cent cinquante ans, la figure de Jean-Marie Vianney a marqué profondément, non seulement le village d’Ars, dont la cure délaissée lui avait été confiée, mais plus largement des foules de pèlerins qui venaient, déjà de son vivant, recourir à son ministère et de fort loin. Sans doute, l’image du bon curé de campagne, fidèle à ses charges pastorales et passionné par la mission de ramener les pécheurs à la plénitude de la grâce, a-t-elle marqué nos esprits et nourri chez certains d’entre nous quelque nostalgie. Mais pour nous qui sommes venus aujourd’hui célébrer la fête du saint curé, que sommes-nous capables de retenir de son message à la lumière des lectures que nous venons d’entendre ?

1. Le bon pasteur, un guetteur.
Le prophète Ezéchiel est constitué comme veilleur. À la lumière de la Parole de Dieu qui lui est adressée, il doit avertir le peuple des dangers qu’il court s’il ne suit pas les commandements de Dieu. Evidemment, le pasteur d’aujourd’hui n’est pas un prophète à la manière d’Ezéchiel, mais sa mission de guetteur n’en est pas moindre. Il doit veiller à la formation du peuple qui lui est confiée à la lumière de la vérité qui nous a été révélée en Jésus-Christ.
Cette formation de la conscience se déroule selon deux cheminements distincts. Pour ceux qui sont engagés à la suite du Christ, il s’agit de leur offrir la meilleure connaissance possible de la tradition chrétienne qui nous est donnée par les Écritures et par leur lente méditation tout au long de l’histoire de l’Église. C’est en quoi consiste la catéchèse élémentaire telle qu’elle ressort du catéchisme de l’Église catholique et des commentaires qui en développent le contenu. Cette catéchèse est proposée à tous les chrétiens depuis leur plus jeune âge jusqu’à leur âge le plus avancé. Il ne s’agit pas d’un savoir acquis une fois pour toutes et dont on vérifierait la possession par un diplôme final. Il s’agit d’un apprentissage continu rendu nécessaire par les évolutions de notre vie. Nous le savons cette œuvre du catéchisme a été une des tâches principales du curé d’Ars tout au long se son ministère. Il l’accomplissait chaque jour avec fidélité et en y travaillant régulièrement. Pour les prêtres d’aujourd’hui cette mission est encore un de leurs principaux devoirs dans lequel ils trouvent une grande joie pastorale.
Mais, dans notre société pluri ethnique et pluri religieuse, tous nos contemporains ne sont pas disposés à se mettre à l’école du catéchisme de l’Église, dont souvent ils ne partagent pas la foi. La mission de « guetteur » ne disparaît pas pour autant car si tous n’obéissent pas aux commandements de Dieu et à la Loi de l’Alliance, tous doivent exercer leur liberté dans les jugements moraux auxquels les confronte l’existence humaine. À l’égard de tous, l’Église doit exercer sa mission de guetteur en étant le témoin des valeurs morales qui doivent guider chacun des hommes sur la terre. Il ne nous appartient pas d’obliger leur conscience mais nous avons le devoir de les informer et de les alerter sur les risques que court l’espèce humaine.

2. Le bon pasteur, un pauvre.
Cette mission, capitale pour l’avenir de l’humanité, les évangiles nous ont appris que Dieu ne la réserve pas aux « sages et aux savants », mais qu’il la confie aux « tout-petits ». N’est-ce pas un mystère que Dieu veut nous faire pénétrer ? Parmi toutes les possibilités de choisir parmi les grands de ce monde pour réaliser sa mission, il se tourne de préférence vers ceux qui sont sans pouvoir. Il ne le fait pas pour donner une sorte de prime à l’incapacité, mais pour que les fruits de son action ne soit pas injustement attribué à nos compétences. Il ne s’agit pas de faire une vertu de nos faiblesses, mais de surmonter nos faiblesses en nous abandonnant à la grâce de Dieu.
Nous savons bien que c’est une caricature grossière qui a voulu présenter le curé d’Ars comme une sorte de prêtre ignare et incapable d’apprendre. Je ne suis d’ailleurs pas sûr que lui-même n’ait pas délibérément accentué les traits de ce personnage. Peu importe. S’il n’avait pas une culture de haut niveau, ni même une culture très élaborée, nous savons combien il a travaillé avec acharnement et abnégation pour puiser ce qu’il disait chez d’autres qu’il jugeait plus savants que lui. Mais son exemple nous montre justement que ce n’était pas le texte, laborieusement appris et répété, qui était le déclencheur de la conversion, mais bien le témoignage de foi et la prière avec lesquels il exerçait humblement son ministère. Oui, comme saint Paul le disait aux Corinthiens, Dieu choisit ce qui est méprisé dans le monde « afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu. »
Cette approche du ministère pastoral est un signe pour nous, pour l’accomplissement de la mission de l’Église. Certes nous devons mettre en œuvre tous les moyens dont nous disposons, qu’ils soient importants ou faibles ; nous ne devons jamais prendre les conditions de la mission à la légère, comme si Dieu accomplissait la tâche sans que nous ayons à prendre notre part du travail. Mais, en faisant tout ce qui dépend de nous, nous sommes convaincus que c’est Dieu lui-même qui agit à travers nos pauvres moyens. Nous rencontrons souvent des gens qui sont experts dans les domaines de l’action humaine, -ou qui se prétendent tels ! Ils nous expliquent savamment ce que l’Église devrait faire en matière d’apostolat et d’action dans la société. Je me demande souvent s’ils n’oublient pas trop souvent la condition préalable et indispensable : la foi en l’action de Dieu et le don total de nous-mêmes dans la mission.
S’il ne s’agissait que d’être des spécialistes en sciences religieuses ou des pédagogues de la morale, peut-être trouverait-on facilement des gens compétents pourvu qu’on accepte de les payer. Oui, on pourrait trouver sans trop de peine ce qu’il faudrait bien appeler alors à juste titre des « fonctionnaires de Dieu ». Mais tel n’est pas le modèle pastoral que le Christ nous a légué et sur lequel il a construit son Église. Elle ne doit pas chercher à agir selon les méthodes des organisations humaines ou du marketing idéologique, mais selon la grâce de Dieu, car c’est cette grâce qui agit au cœur des hommes à travers nos pauvres moyens.
Ainsi, la pauvreté du pasteur, la pauvreté du curé d’Ars et de tant d’autres comme lui, n’est pas une sorte d’ascèse personnelle qui serait le signe de sa sanctification. Elle est plus radicale et plus décisive à la fois : c’est la reconnaissance fondamentale de la véritable force de la mission qui est la force de Dieu lui-même, le dynamisme de l’Esprit qui nous est transmis par l’onction sainte de la Confirmation et par l’imposition des mains à ceux qui sont directement associés au ministère apostolique par l’ordination sacerdotale.

3. Le bon pasteur, un homme de pitié.
Comment se manifeste la mission pastorale confiée à l’Église ? Par l’amour que nous devons porter à tout homme et, plus particulièrement, à tous ceux qui sont affligés par les duretés de l’existence. Le modèle que nous donnent les évangiles, et plus spécialement le passage de l’Évangile de saint Matthieu que nous venons d’entendre, c’est celui du Christ lui-même qui est venu pour proclamer la Bonne Nouvelle et guérir « toute maladie et toute infirmité. » Et saint Matthieu précise que c’est ce même pouvoir que Jésus donne à ses disciples en leur confiant leur mission : « le pouvoir d’expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. » Ce pouvoir du Christ, transmis à ses douze disciples est enraciné dans le regard que Jésus porte sur les foules « fatiguées et abattues comme des brebis dans berger. »
C’est ce regard de pitié et d’amour qui animait le curé d’Ars dans sa relation avec ses paroissiens comme avec les gens qui se pressaient de plus en plus nombreux pour le rencontrer. C’est cet amour du Christ pour l’humanité qui a étreint Jean-Marie Vianney quand il a vu et connu les hommes auxquels il était envoyé. C’est cet amour qui a animé le don sans retour de sa personne, jour et nuit, au service de la pauvreté humaine, pauvreté ordinaire contre laquelle il s’efforçait de lutter, mais plus encore pauvreté morale de générations qui avaient grandi sans avoir été réellement éduquées à une vie d’enfants de Dieu. C’est cet amour qui l’a comme « vissé » au confessionnal pour être le ministre de la réconciliation et de la paix des âmes.
C’est ce même amour qui nourrit l’action de l’Église en notre temps. C’est ce même amour qui la pousse à engager ses membres dans les luttes, sans cesse à reprendre, contre les misères qui affligent l’humanité. C’est ce même amour qui l’anime quand elle se prononce sur les grandes questions auxquelles est confrontée l’humanité dans notre temps. C’est en regardant les foules « comme des brebis sans berger » qu’elle s’engage pour rappeler la grande vocation de l’humanité à devenir partenaire de Dieu et qu’elle rappelle les conditions nécessaires à l’accomplissement de cette vocation.
C’est au nom de cet amour que des hommes et des femmes, emplis de l’Esprit-Saint, choisissent d’engager leur vie dans les différents domaines de la vie sociale et politique pour faire progresser la justice et le droit, même si, pour cela, ils doivent renoncer à bien des satisfactions légitimes. C’est au nom de cet amour que certaines et certains répondent à l’appel du Christ à tout quitter pour le service de l’Évangile en étant consacrés dans la vie religieuse. C’est au nom de cet amour que des hommes répondent généreusement à l’appel de Dieu pour devenir les prêtres et les diacres dont l’Église a besoin pour accomplir sa mission.
Au lendemain de la tourmente révolutionnaire, alors que les structures de l’Église étaient décimées, ce même amour a saisi le cœur de jeunes hommes comme Jean-Marie Vianney. Alors que tout semblait en péril, ils ont cru que l’amour invisible de Dieu était plus fort que les détresses visibles. Aujourd’hui encore, je crois, -et nous croyons-, que l’amour invisible de Dieu est plus puissant que les détresses visibles de notre Église. Aujourd’hui encore, l’amour invisible de Dieu est capable de séduire le cœur de jeunes hommes généreux pour se mettre au service leurs frères. Aujourd’hui encore, Il appelle à se mettre à son service pour « guérir toute maladie et toute infirmité. » Ne fermons pas nos cœurs à la pitié pour le monde ! Ne prenons pas notre parti de la situation telle qu’elle nous apparaît ! Faisons confiance à l’amour et misons nos vies sur l’amour. Prions avec foi pour que le Maître de la moisson envoie des ouvriers pour la moisson.
+ André card. Vingt-Trois


Homélie à l’occasion du pèlerinage national de l’Assomption à Lourdes - Lourdes, le 15 août 2008
Ici même à Lourdes, en 1858, il y a juste cent cinquante ans, Bernadette Soubirous, une jeune adolescente, a vu la Vierge Marie lui apparaître. Cet événement était difficile à croire et il ne fut pas reconnu facilement. Dans ce siècle, où se développaient déjà à grande vitesse les sciences positives et leurs applications technologiques, cette irruption du surnaturel ne pouvait être considérée qu’avec méfiance, non seulement par les positivistes idéologiques, mais même par les esprits positifs et raisonnables. Le curé Peyramal lui-même ne fut pas facile à convaincre. Mais, d’une certaine manière, la question de l’irrationalité de l’événement se redouble pour nous, cent cinquante ans après. Est-il bien raisonnable aujourd’hui d’accorder quelque crédit à des apparitions, surtout quand elles se font au bénéfice d’enfants, souvent ignorants ? Ne sommes-nous pas confrontés à une sorte d’emballement pour le merveilleux qui nous semble peu compatible avec les exigences rationnelles de nos esprits cultivés et exercés à la critique ? Finalement, quel sens peut avoir pour nous la célébration de ce jubilé ?
Les apparitions de Lourdes font partie d’un ensemble particulièrement riche dans la France du dix-neuvième siècle. Et encore, nous n’en connaissons que les apparitions qui on été reconnues par l’Église ou qui ont été plébiscitées par la dévotion des fidèles. On doit remarquer que ces apparitions comportent des éléments communs. D’abord, elles sont inattendues, -et en tout cas jamais sollicitées !- les voyants sont les premiers surpris de ce qui leur arrive. Ensuite, ces voyants sont habituellement des jeunes et toujours des pauvres dont la culture ne pourrait pas expliquer comment ils auraient imaginé le tableau qu’ils décrivent ensuite. Enfin, le message des apparitions est très centré sur la miséricorde de Dieu et sur l’appel à la conversion. À tel point que ces éléments deviennent comme une sorte de grille de lecture pour savoir quel crédit accorder aux voyants.
Quoi que l’on pense des récits des voyants, ces apparitions vont se faire connaître et faire connaître leur valeur par leurs effets et notre jubilé est une occasion de réfléchir à ces effets. Non seulement les voyants vont avoir leur vie transformée profondément et, dans les meilleurs des cas, dans la discrétion la plus totale comme pour Bernadette, mais encore par les fruits de grâce qui seront produits par ceux qui suivront les indications du message avec foi et humilité.
Les dizaines de millions de personnes venues à Lourdes depuis 1858 pour prier devant la grotte, pour se plonger dans l’eau des piscines, pour adorer le Saint-Sacrement, ne sont pas une vue de l’esprit. Certes, on aurait pu imaginer que le côté merveilleux des apparitions attire des curieux ou quelques exaltés,-encore que les moyens d’information et de transport de la seconde moitié du dix-neuvième siècle fussent loin de faciliter une réelle publicité telle que nous pouvons la connaître aujourd’hui. Mais la permanence du flux des pèlerins, la dimension internationale de leur provenance, le renouvellement des générations, manifestent que nous sommes devant un phénomène qui dépasse la curiosité et l’engouement pour le merveilleux. Si sceptiques que l’on puisse être, il faut bien accepter d’affronter ce phénomène humain, cette démarche humaine, que l’on ne peut pas purement et simplement classer dans le registre du merveilleux et de l’insensé. Alors que dire ? Quel peut être le sens de ce mouvement profond qui émerge à Lourdes comme en d’autres endroits du monde ? Qui dit-il sur notre humanité et sur l’action de Dieu envers elle ?
La vision du Livre de l’Apocalypse dont nous venons d’entendre la lecture nous donne un début de réponse. La femme couronnée d’étoiles est désignée par le voyant de l’Apocalypse comme celle qui enfante le Messie : « l’enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations. » Cette vision de la mère du Messie renvoie en premier lieu à Sion, mais la tradition patristique et liturgique a aussi identifié en cette femme la Vierge Marie, mère du Sauveur. Dans le drame qui se joue entre la femme qui enfante et le dragon, symbole de Satan et de l’esprit du mal, c’est le salut de l’humanité qui est figuré et la victoire de Dieu qui « enlève l’enfant auprès de son trône. » Dans la période troublée que connaît l’Église naissante, cette victoire est l’annonce de sa propre victoire puisque, comme la Femme, elle s’enfuit au désert où Dieu lui a préparé une place.
Si bien que cette vision devient comme une prophétie de la victoire de la foi sur les forces du mal. Une vision d’espérance et de force : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ ! » L’apparition de cette Femme mystérieuse est un signal d’espérance donné à l’humanité. L’avenir des hommes n’est pas voué à la fatalité et aux forces du mal. Il y a une espérance de vie et de bonheur, même si cette espérance nous est donnée en notre temps sous la forme d’une vision. Mais n’est-ce pas à juste titre que l’on prend souvent les hommes d’espérance pour des visionnaires ou des utopistes ? Leurs rêves de bonheur paraissent si loin de la réalité immédiate des contraintes et des malheurs qui frappent l’humanité !
Les foules qui se sont présentées ici depuis cent-cinquante ans et qui continuent d’y affluer ne représentent-elles pas comme une sélection des misères des hommes. Pour eux, la grotte de Lourdes est bien un lieu de manifestation de la miséricorde puissante de Dieu et de son action en faveur de l’humanité. Ici se produisent des guérisons multiples dont les constatations du Bureau Médical ne peuvent répertorier qu’une infime partie, précisément celle qui relève des constatations médicales. Mais, nous le savons, les guérisons physiologiques sont données ici comme un signal pour nous alerter sur une guérison plus profonde qui est la guérison des âmes. Le grand miracle de Lourdes, c’est avant tout la conversion des cœurs et le renouvellement de la foi et de la vie de la foi. Il existe bien un bureau des constatations : c’est la chapelle des confessions, mais ses constatations ne sont pas publiables. La principale vertu miraculeuse de l’eau de Lourdes, c’est de nous retremper dans la vigueur de l’eau de notre baptême et de remettre en action toutes les forces, les dynamismes de la vie chrétienne.
Dans les évangiles, nous voyons que Jésus né réalise la guérison des corps que si la demande qui lui est faite s’enracine dans la foi. Cette foi peut n’être pas plénière, elle peut être imparfaite, mais du moins faut-il qu’elle exprime le minimum de confiance nécessaire pour que l’action de Dieu puisse s’accomplir. De même, celles et ceux qui bénéficient de l’action salvatrice de Dieu sont ceux qui y viennent avec confiance et surtout avec un esprit de pauvreté qui les conduit ici pour supplier Dieu. Si Jésus est venu « pour les malades et les pécheurs », la condition nécessaire pour l’accueillir est bien que nous ayons conscience de notre mal-être et de notre péché.
Ainsi les apparitions dont nous fêtons le jubilé, nous remettent devant les enjeux fondamentaux de l’existence humaine : la vie, la mort, la paix de l’âme, la réconciliation avec Dieu et avec nous-mêmes, l’espérance de la victoire du Christ sur les forces de violence et de mort qui traversent ce monde. Mais ces apparitions nous posent une question supplémentaire par rapport à ces grands enjeux : d’où ou de qui en attendons-nous l’accomplissement ? Finalement il ne suffit pas de diagnostiquer les maladies des corps ou des âmes, encore faut-il proposer un remède et un remède efficace.
Au long des siècles écoulés, du moins dans notre pays et dans l’Europe occidentale, l’ingéniosité humaine et les capacités de développement économique ont permis de surmonter un certain nombre de fléaux dont notre humanité était affligée. Que ce soit dans le domaine de la nutrition, dans le domaine des soins, dans le domaine de la culture et même dans le domaine du gouvernement des sociétés et de la paix, il y a eu et il y a encore des progrès sensibles et réels. Mais cette incontestable progression rend d’autant plus troublant le fait que, malgré l’amélioration des conditions de vie, l’insatisfaction demeure et, même d’une certaine façon s’accroît. Comment pouvons-nous interpréter cette concomitance d’un « mieux-vivre » et du « malaise de vivre » ? N’est-elle pas le signe que les formes de salut dont nous bénéficions sont peut-être authentiques et appréciables, mais qu’elles laissent de côté la question fondamentale du sens de la vie et de la plénitude du bonheur ? N’est-ce pas le signe que l’on a trop souvent et trop facilement confondu les conditions de vie avec le sens de la vie ?
Ce que nous enseigne la vision de l’Apocalypse et ce que nous rappellent les apparitions de la Vierge, c’est que l’enjeu de la vie humaine n’est pas simplement la nourriture, la paix, la santé et le bien-être, mais que l’enjeu c’est la vie elle-même et sa confrontation à la maladie et à la mort. Aujourd’hui, de la plupart des maladies, on peut guérir, -ou du moins soulager la souffrance-. Mais de la mort on n’en guérit pas, c’est notre chemin à tous, c’est notre commune épreuve. La victoire du Christ sur la mort est le seul salut qui nous intéresse vraiment, car c’est le seul qui affronte l’épreuve irrémédiable. Et le chemin pour participer à cette victoire du Christ sur la mort il n’y en a pas deux, il n’y en a qu’un : c’est la foi. Tous les signes qui nous sont donnés dans l’ordre des miracles n’ont pas d’autre finalité que de susciter et développer la foi. C’était le cas des miracles du Christ dans les évangiles, c’est le cas de tous les miracles produits dans les lieux de pèlerinage, c’est le cas des miracles de Lourdes et c’est pourquoi finalement le vrai miracle de Lourdes, c’est la foi qui conduit de pauvres gens à se tourner vers Dieu par l’intercession de Marie et c’est le renouvellement et le renforcement de la foi qu’ils reçoivent ici en se mettant à l’école de Bernadette.
Frères et Sœurs, Vous qui êtes venus si nombreux célébrer l’Assomption de Notre-Dame à Lourdes en cette année jubilaire, rendez grâces à Dieu pour la foi qui vous a conduits ici. Même si vous la sentez faible, vacillante ou incertaine, appuyez- vous sur elle pour confier à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame, les misères qui vous affligent et qui affligent ceux que vous représentez ici ; vos misères physiques, vos misères psychologiques, vos misères morales, mais par-dessus tout votre misère spirituelle. Regardez autour de vous la foule qui vous entoure et qui devient un signe de la foi vécue en ce jour. Regardez les yeux illuminés des malades qui ont tant attendu la joie de venir se confier à la prière de Notre-Dame. Regardez les visages apaisés de ceux qui ont accueilli la grâce du pardon et de la communion. Regardez la joie de cette partie de l’Église réunie ici ce matin. Avec Elisabeth nous disons nous aussi : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?… Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Heureux sommes-nous, car l’apparition de la Vierge à Bernadette, comme la vision de l’Apocalypse est un message d’espérance pour chacun de nous, pour nous tous et, à travers nous, pour l’humanité. Et ce message d’espérance le voici : la mort n’aura pas le dernier mot !
+ André card. Vingt-Trois

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