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Epiphanie du Seigneur en la cathédrale Notre-Dame - Notre-Dame de Paris, dimanche 4 janvier 2009
Frères et sœurs, les trois mages dont l’évangile de saint Matthieu évoque le périple depuis l’Orient jusqu’à Bethléem pour venir rendre hommage à celui qui est révélé comme le Sauveur du monde sont perçus dans la tradition chrétienne comme les représentants des nations païennes. Lors de la naissance du Christ, que nous venons de célébrer à Noël, les anges avaient rattroupé des bergers pour les entraîner à la crèche afin qu’ils y découvrent le signe donné par Dieu de l’enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. D’une certaine façon, ces bergers représentent une partie du peuple d’Israël, ceux que l’on appelait les pauvres du Seigneur, capables de reconnaître celui que Dieu envoie pour accomplir la promesse qu’il avait faite à son peuple de lui donner un Messie de la lignée de David.
Mais le signe de l’enfant emmailloté donné aux bergers n’est pas encore la révélation plénière du mystère du Christ tel que Paul l’évoque dans l’épître aux Ephésiens. Car si la venue du fils unique de Dieu dans notre chair par la naissance de Jésus à Bethléem accomplit la promesse qui a été faite à Israël de lui envoyer un Messie, elle suppose aussi que s’accomplisse la vocation d’Israël à être le témoin de l’Alliance et de la Loi non seulement pour lui-même mais encore pour l’ensemble des nations. En effet, tout au long de l’histoire séculaire de l’Alliance entre Dieu et son peuple, cette vocation universelle est toujours apparue comme le but ultime de l’élection particulière que le Seigneur a faite d’Israël. C’est pourquoi le Messie n’est pas simplement envoyé pour Israël, mais il est envoyé en Israël, juif parmi les juifs, pour être l’accomplissement de la promesse selon laquelle le salut vient des juifs, mais est destiné à tous les peuples, dans la perspective universelle de l’alliance conclue avec Moïse et même de l’acte créateur de Dieu. La visite des mages est donc le développement normal de ce qui s’est produit dans la nuit de Bethléem. Il s’agit bien de révéler aux hommes le mystère caché depuis des siècles, à savoir que les païens eux aussi sont appelés à participer à l’Alliance.
Ainsi la joie de la Nativité se redouble dans celle de l’Epiphanie. Quand nous faisons mémoire de la visite des mages, nous découvrons une dimension nouvelle et plus riche du mystère de la Nativité qui était confiné au secret de l’étable entre Marie, Joseph et les bergers. Avec l’arrivée des mages et avec les offrandes qu’ils font à l’enfant, c’est le tribut des nations à l’adoration du Messie d’Israël qui est offert.
Pour la plupart d’entre-nous, qui ne sommes pas nés dans le judaïsme, la fête de l’Epiphanie est une source de grande joie. Pour reprendre l’image de l’épître aux romains, nous sommes comme des rameaux greffés sur le tronc du peuple élu. C’est par la manifestation du Christ aux païens que la porte de la foi nous est ouverte, que l’entrée dans l’Église nous est rendue possible, et que nous participons comme nos frères aînés du judaïsme à la révélation de Dieu et au mystère de sa miséricorde.
Mais prendre conscience de ce don qui nous est fait lorsque le Salut est ouvert aux païens, nous aide à comprendre que, en même temps que nous entrons de plein droit dans l’Alliance avec Dieu et la communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint, nous recevons, comme Israël l’avait reçu au moment de l’Alliance avec Moïse, la mission d’étendre cette grâce à toutes les nations, à chaque homme et à chaque femme vivant sur cette terre. C’est pourquoi l’Église rattache fortement la célébration de l’Epiphanie à la prière pour les missions. Car si Dieu veut rassembler tous les hommes en une seule famille et communiquer à tous la grâce de son amour, il faut qu’il y ait tout au long des siècles des témoins qui annoncent cette bonne nouvelle, des hommes et des femmes qui ouvrent les trésors qu’ils ont reçus pour les partager avec leurs contemporains. Et pour nous qui vivons dans un pays de vieille culture chrétienne nous mesurons combien cette mission doit être accomplie pour que tous entrent dans la pleine célébration de la Nativité du Christ. Certes, tout le monde ou presque fête Noël, mais tout le monde ne sait pas pourquoi, ni ce que signifie le signe donné par Dieu de l’enfant nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Si nous nous réjouissons que pour les hommes et les femmes de notre temps la fête de Noël soit restée comme un repère et un signe qui évoque pour eux des valeurs très réelles de l’existence humaine (de compassion, de solidarité, de joie, de communion entre les personnes), nous ne pouvons pas prendre notre partie que ces valeurs soient purement et simplement coupées de leurs racines et qu’elles deviennent comme une sorte de vulgate laïque pour laquelle le fait historique de la naissance de Jésus de Nazareth n’a plus aucune importance. Il nous revient non pas de condamner cette ignorance mais au contraire de nous appuyer sur les souvenirs et les traces qui restent de l’importance de la Nativité pour annoncer quel en est le sens, pas simplement par des déclarations publiques - encore qu’il nous faille en faire de temps en temps - mais surtout par le témoignage que nous rendons autour de nous, dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos relations, sur nos lieux de travail… C’est ainsi que nous pouvons rappeler que ce temps de la Nativité n’est pas simplement un temps de vacances païennes (de moins en moins vacances de Noël et de plus en plus vacances de début d’hiver), mais que pour nous cette fête a une dimension tout à fait particulière qui n’est pas celle de la fête des lumières ou de n’importe quelle fête de nouvel an et qui est de célébrer la naissance du Christ et la naissance du Christ pour tous les hommes !
Ainsi, pas à pas, semaine après semaine, après avoir médité devant le Christ nouveau-né dans la crèche, manifesté aux bergers comme le sauveur d’Israël, nous sommes invités à accompagner les mages venus des pays lointains pour l’adorer comme le sauveur de l’humanité toute entière et nous pouvons alors nous associer à eux pour porter témoignage de ce que nous avons vu. L’évangile de saint Matthieu nous dit que, avertis en songe, ils repartirent dans leur pays par un autre chemin. Il nous est très profitable de réfléchir sur ce nouveau chemin. Quand quelqu’un a rencontré le Christ, il ne repart pas par la même route que celle par laquelle il est venu. Il découvre une dimension nouvelle de l’existence, et est entraîné à une nouvelle manière de vivre. Ainsi, notre rencontre avec le Christ doit nourrir une nouvelle manière de porter chacun notre existence et d’aborder les personnes que Dieu place sur notre route. Qu’il mette en nos cœurs le désir ardent de faire partager notre joie en annonçant qu’un enfant nous est né et que cet enfant est le sauveur du monde.
Amen.


Homélie pour la Fête de l’Epiphanie - Cologne - Cathédrale de Cologne, mardi 6 janvier 2008
À l’invitation du Cardinal Meisner, le Cardinal André Vingt-Trois s’est rendu à Cologne en Allemagne, ce lundi 5 et mardi 6 janvier, pour célébrer la fête de l’Epiphanie.
Eminence, Excellence,
Chers frères et sœurs,
Les Trois Rois venus des lointains de la Terre ont toujours été considérés par la tradition catholique comme des représentants symboliques des nations païennes qui cherchent la lumière de Dieu et qui la découvrent dans la nuit de Bethléem.
Sur le chemin de leur recherche ils ont eu recours à la tradition juive comme celle qui était la mieux préparée à leur indiquer la venue du Sauveur et le lieu où ils pourraient le trouver.
La longue marche qu’ils ont accomplie à la lumière de la raison humaine et en s’appuyant sur leur connaissance du monde doit nous aider à reconnaître des cheminements de l’humanité vers la lumière divine et à regarder dans notre monde d’aujourd’hui la situation de la foi au Christ avec un regard d’espérance. Le Pape Benoît XVI nous invite, à la suite d’une longue tradition théologique, à mieux comprendre que l’acte de foi n’est pas opposé à la raison humaine passionnée par la vérité. Au contraire, l’acte de foi donne à cette raison un accomplissement particulier et il profite de l’expérience de la raison pour chercher les chemins d’une expression vraiment universelle.
Dans les derniers siècles, nous avons souvent compris notre mission d’annoncer l’Evangile comme un acte dont nous avions seuls l’initiative et comme un devoir d’aller à la recherche des peuples qui ne connaissaient pas encore le Christ. Ce magnifique élan missionnaire, dont nous devons rendre grâces, ne prêtait sans doute pas assez attention aux attentes et aux recherches de cette humanité. Cette attente était déjà habitée du désir de Dieu et ce désir s’exprimait dans ses cultures et ses diverses religions traditionnelles.
Le développement de la circulation des personnes et une certaine mondialisation de la culture a changé notre approche de la mission. Il ne s’agit plus seulement de parcourir les cinq continents pour y annoncer le Christ. Nous avons maintenant une forte présence de tous les peuples de la terre dans notre environnement proche. Ce n’est plus l’Europe qui va vers le monde, c’est le monde qui vient en Europe.
Des hommes et des femmes du monde entier, appartenant à toutes sortes de religion, et notamment à l’Islam et aux religions d’Extrême-Orient, sont maintenant présents dans nos pays. Pour beaucoup c’est leur première rencontre avec le christianisme et avec les chrétiens. Notre tâche missionnaire commence en nous posant la question suivante : quelle image donnons-nous du Christ et de l’Evangile à travers notre conception du monde et à travers notre manière de vivre ?
Aujourd’hui les Trois Rois qui viennent chez nous sont-ils turcs, philippins ou africains ? Quelle lumière peuvent-ils recevoir dans nos Églises chrétiennes ? Que voient-ils de notre foi en Dieu ? Que voient-ils de l’amour qui est le grand commandement donné par le Christ à ses disciples ? Nous ne devons pas nous inquiéter de la rencontre de la foi chrétienne avec d’autres religions aujourd’hui présentes chez nous. Nous devrions nous réjouir de l’occasion qui nous est donnée, non pas de nous concurrencer ou de nous combattre, mais de laisser transparaître à travers nos existences la puissance du message évangélique. Si nous sommes tellement inquiets de cette rencontre, c’est peut-être qu’elle met notre propre foi à l’épreuve.
Quelle est notre foi en Dieu si nous ne sommes plus capables d’être fidèles aux Dix Paroles de l’Alliance que nous partageons avec nos frères juifs ? Comment vivons-nous le respect de Dieu, si nous ne sommes plus capables de respecter le Jour du Seigneur et de le sanctifier par la participation à l’eucharistie ?
Quelle est notre foi en la Parole de Dieu si nous ne sommes plus décidés à transmettre le trésor que nous avons reçu aux nouvelles générations ?
Quelle est notre foi au Dieu créateur si nous méprisons ses créatures en les transformant en objets de plaisir ou de manipulations scientifiques ?
Quelle est notre foi en la fidélité de Dieu si nous ne respectons plus la parole qui nous lie les uns aux autres par le sacrement du mariage et par les engagements que nous prenons dans le sacerdoce et la vie religieuse ?
Toutes ces questions, et d’autres que nous pouvons nous poser, nous mettent devant l’épreuve à laquelle nous sommes exposés pour des hommes et des femmes qui n’ont pas encore connu le Christ mais qui cherchent honnêtement à mener une vie bonne à partir des lumières qu’ils ont reçues.
Ce jour que nous célébrons est un grand jour de fête qui nous remplit d’espérance. Il nous rappelle que la Nativité du Christ est la manifestation humaine de la miséricorde de Dieu. Et nous nous appuyons sur cette miséricorde pour progresser dans la foi et dans l’amour. Aujourd’hui, Seigneur, malgré nos faiblesses et notre tiédeur, nous voulons venir ici dans cette magnifique cathédrale pour t’adorer, te bénir et te chanter.
Ce jour est un jour d’espérance. Il ouvre nos yeux et nos cœurs à la multitude des hommes avec leurs espérances et leurs croyances. Il nous rappelle que toi, Seigneur, tu nous envoies pour annoncer la Bonne Nouvelle à toutes les nations.
Ce jour est un jour d’espérance. Par la puissance de ton Esprit, tu peux saisir nos libertés, convertir nos cœurs, renouveler notre manière de vivre et faire de nous de vrais témoins de ta présence agissante en ce monde.
Seigneur, que la joie que tu mets en nos cœurs fasse de nous des témoins de la vérité et de l’espérance ! AMEN !
+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie à l’occasion de l’inauguration de l’aumônerie Cep Grands Moulins
Le Cardinal Vingt-Trois a inauguré l’aumônerie Grands Moulins, espace catholique dédié aux étudiants de Paris 7 – Diderot , de l’Ecole d’Architecture de Paris- Val de Seine située rue Hélène Brion 75013 Paris.
Chers amis, frères et sœurs,
Après avoir écouté ces lectures de la première lettre de saint Jean et de l’évangile selon saint Luc, nous pouvons en retenir trois points qui peuvent éclairer le moment que nous vivons ce soir.
Tout d’abord nous avons entendu l’annonce d’une année de grâce et de bienfaits de la part du Seigneur. Un acte de foi nous est demandé pour considérer que le temps que nous vivons, c’est-à-dire cette année-ci, est un temps de grâce et de bienfaits.
En effet, nous sommes plutôt sensibles aux difficultés du moment, aux efforts que nous devons fournir et à ce qu’il peut y avoir de contraignant ou de décourageant dans ce qui nous est proposé. Une année d’études supplémentaire ne nous apparaît pas forcément comme une année de bienfaits soit que nous estimions en avoir fait assez, ou que les programmes n’en fassent pas la meilleure période de notre vie.
Or le regard du Christ sur ces temps de la vie des hommes y discerne un temps de grâce parce que c’est celui de l’avènement du Messie d’Israël. Dès lors nous sommes invités à poser nous aussi un regard de foi sur ce moment de notre histoire, à chercher dans le tissu et l’enchaînement des événements le signe de la grâce et de l’amour de Dieu et à découvrir comment Dieu répand ses bienfaits pour l’humanité. Plus que d’autres nous devons même nous passionner pour la quête de ces signes d’espérance afin de montrer que le temps que nous vivons est vraiment un temps d’espérance.
La deuxième réflexion que me suggèrent ces lectures concerne la mission du Christ serviteur « envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres », selon les mots du prophète Isaïe (61, 1-2).
Vous le savez, l’onction du baptême et de la confirmation par laquelle nous recevons le don de l’Esprit Saint, nous configure au Christ prêtre, prophète et roi, comme le dit la formule du rituel baptismal. Comme chrétiens, nous sommes donc associés très profondément à cette mission du Christ d’annoncer la bonne nouvelle aux pauvres et d’être témoin de la délivrance que Dieu veut apporter à l’humanité.
Or nous sommes spontanément sensibles à la disproportion qu’il peut y avoir entre les moyens dont nous disposons et la grandeur de cette mission. Quand nous comparons par exemple ce local très beau certes, mais d’une surface si modeste, et les immenses immeubles et toutes les activités au milieu desquels il se trouve, ou bien quand nous prenons la mesure de nos faibles capacités et de l’ampleur de la tâche d’annoncer la délivrance et la bonne nouvelle du Salut à ceux qui nous entourent, nous pouvons nous demander si nous ne sommes pas dans une sorte de projection illusoire en imaginant que si convaincus et si motivés que nous puissions être, nous pourrions changer quelque chose à la vie des hommes par notre manière d’exister et par le témoignage que nous rendons à l’évangile.
Là aussi, il nous est demandé un acte de foi : cette annonce n’est pas notre œuvre mais c’est la mission du Christ qui s’accomplit à travers des hommes et des femmes qui n’en ont pas les moyens humains mais qui utilisent cependant du mieux qu’ils peuvent les forces et les talents reçus et se dépensent pour apporter ce témoignage.
Enfin, la troisième réflexion que je voudrais proposer à votre prière concerne le lien que la première épître de Jean établit pour nous entre la foi en Dieu et la pratique de l’amour. Le texte opère un va-et-vient constant entre l’amour que nous voulons et disons vivre pour Dieu, et l’amour de nos frères : « Celui qui dit qu’il aime Dieu qu’il ne voit pas et qui n’aime pas son frère qu’il voit est un menteur » (1 Jn 4, 20).
Notre profession de foi dans la valeur du temps que nous vivons comme un temps de grâce et notre profession de foi dans la mission du Christ à laquelle nous sommes associés se vérifient ultimement dans notre manière de vivre la charité entre nous qui sommes membres d’une même Église, mais aussi avec tous ceux qui nous entourent. Ce qui donnera à notre témoignage d’être non seulement écouté mais pris au sérieux, c’est la manière dont nous mettons en pratique le commandement de l’amour.
Alors, au moment où nous inaugurons cette aumônerie destinée à être un lieu de la profession de foi et un lieu de l’accueil dans la charité, nous demandons au Seigneur de nous aider à voir ce temps comme le temps de sa grâce et de ses bienfaits, et d’ouvrir nos cœurs pour être témoins de son amour au milieu de la population si nombreuse et si variée de ce quartier. Amen.


Homélie de clôture du Rassemblement des familles et du Rallye des 6e avec Saint Paul - Cathédrale Notre-Dame de Paris le 24 janvier 2009
Le 24 janvier, les collégiens de 6e de Paris et familles participaient chacun de leur côté à une après-midi festive autour de la figure de Saint Paul : croisière sur la Seine pour les uns, ateliers, rallye et théatre pour les autres. Tous se sont retrouvés à 17h en la Cathédrale Notre-Dame de Paris pour un temps d’Action de Grâce autour de Mgr André Vingt-Trois.
Dans la Bible, Israël est un tout petit pays où vit un tout petit peuple. C’est un petit point sur la grande carte du monde. Bethléem est une toute petite ville en Israël et Nazareth, un autre gros village. Jésus naît à Bethléem et va grandir à Nazareth. Qu’est-ce que tout cela par rapport à l’univers entier ?
Aujourd’hui, nous ne sommes pas grand-chose non plus, ni une foule immense, ni une force extraordinaire. Nous sommes dispersés au milieu de tous ceux qui vivent aujourd’hui dans notre grande ville de Paris. Vous n’êtes pas forcément très nombreux dans vos écoles, vos collèges et vos classes. Et vous n’êtes ni très puissants, ni particulièrement connus.
Et voici Paul, un homme seul lui aussi, envoyé en mission pour faire la police dans les synagogues. Mais il rencontre le Christ et sa vie est retournée. Comme les onze apôtres avant lui avaient été saisis par le Christ. Sur la montagne en Galilée, où Jésus ressuscité leur avait dit de se rendre, il les envoie à la conquête du monde entier : « De toutes les nations, faites des disciples ». Ils sont une poignée, et Paul est tout seul.
Que va-t-il alors se passer qui permette que la Bonne Nouvelle soit annoncée par toute la terre et les commandements du Christ proposés à toutes les nations ? Cette entreprise va réussir grâce à une force qui n’est ni celle des disciples, ni celle de Paul, ni la nôtre, mais celle de Dieu !
Cette force nous rend d’abord capable de former une famille. Au départ, une famille c’est un homme et une femme qui appartiennent à des familles différentes. Ils ne sont pas pareils, et n’ont pas la même histoire, ni les mêmes parents. Ils se découvrent, s’aiment, s’unissent et fondent une famille. De complètement différents ils deviennent un. C’est de cet unité et de cet amour que vous venez, vous, les enfants. C’est donc parce qu’ils s’aiment qu’ils vous aiment. Et c’est aussi parce qu’ils vous aiment qu’ils s’aiment.
Chacune de ces familles est l’image de ce que Dieu veut construire entre nous. Nous venons tous d’endroits différents, nous n’avons pas la même histoire, la même couleur de peau, la même culture et parfois la même langue.
Et pourtant nous sommes appelés à devenir des frères et des sœurs. Bien sûr, ce n’est pas facile. Et il ne suffit pas de répéter « Ca va marcher » pour que tout se passe aisément. Pour réussir à unir ceux qui sont tellement différents il faut que Dieu Lui-même nous transforme et change nos cœurs, comme il a changé celui de Paul sur le chemin de Damas.
Il vient parler à notre âme et à notre esprit. Il nous appelle, nous attire, nous invite et nous envoie pour que nous devenions témoins de sa Bonne Nouvelle. C’est cela recevoir la force de l’Esprit de Dieu. Quand nous recevons la confirmation, la force Dieu vient d’en haut pour nous aider à aller au devant des autres, à surmonter nos craintes, à prendre des risques, à devenir témoin avec Paul, c’est-a-dire à accepter de se déclarer ami du Christ.
Ce chemin nous ne pouvons pas le parcourir tout seul. Nous avons besoin les uns des autres. Il nous faut nous découvrir pour mieux nous appuyer les uns sur les autres. C’est le sens de la belle fête que nous vivons aujourd’hui. De tous les coins de Paris, pendant quelques instants dans cette cathédrale, nous formons une image de la famille de Dieu. Nous sommes différents par nos âges et nos manières de vivre. Chacun et chacune est unique. Et pourtant nous sommes unis, dans la joie que Dieu nous donne de nous accueillir et de nous retrouver comme une famille.
Mes chers amis, le chemin qui conduit Paul à Damas est aussi le chemin qui va nous reconduire chacun dans nos quartiers et que nous allons parcourir avec le Christ. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » dit-il aux onze disciples.
Nous ne sommes jamais seuls, car Jésus est toujours avec nous : quand nous dormons et quand nous veillons, quand nous travaillons et quand nous mangeons, quand nous nous amusons, quand nous sommes seuls et quand nous sommes réunis en famille.
Le Seigneur est avec nous maintenant, ici, comme il sera avec vous tout à l’heure quand vous repartirez. Saint Paul dira dans l’une de ses épitres « Pour moi vivre c’est le Christ » (Ph 1, 21). Il est vivant au milieu de nous : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis présent au milieu d’eux » (Mt 18,20). Il vit en nos cœurs. « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure » (Jn 14,23).
Il marche avec nous, éclaire notre chemin, console nos tristesses, recueille nos joies et fait de nous un peuple heureux.
Alors pendant quelques instants je vous propose de rester en silence, pour remercier le Christ qui est venu aujourd’hui à notre rencontre. Il nous a appelés, nous a conduits ici, nous a rassemblés aujourd’hui et il a a fait de nous la famille de Dieu au milieu des hommes.
+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie du cardinal Vingt-Trois à l’occasion de la messe d’ordination épiscopale de Mgr Le Saux - en la cathédrale Saint-Julien du Mans, le dimanche 25 janvier 2009, Fête de la Conversion de saint Paul
Chers amis,
Soyez tranquilles, « elle passe la figure de ce monde », « le temps est limité. » (1 Co 7,29-31)
Notre temps est limité, notre monde l’est aussi. Ce que nous voyons et que nous connaissons, ce que nous fabriquons et que nous imaginons, ce que nous rêvons, tout cela passe. Mais alors, qu’est-ce qui ne passe pas ? À mesure que nous avançons dans notre vie que reste-t-il de tant d’activités que nous avons menées ? Qu’est-ce qui subsiste de ces projets qui nous ont accrochés et passionnés ?
Paul avait un but : exécuter les ordres du Sanhédrin et ramener les chrétiens de Damas pour les faire emprisonner à Jérusalem. Ce projet, c’était en quelque sorte une œuvre divine ! Mais quelque chose survient et en contrecarre la réalisation : Paul rencontre le Christ et sa vie est retournée. Il reçoit une nouvelle mission qui n’est plus d’emprisonner les disciples de Jésus, mais de devenir le témoin du Christ non seulement auprès d’eux et des juifs, mais devant tous les hommes.
Cette expérience particulière de Paul dont nous faisons mémoire solennellement en ce jour nous permet de saisir ce qui structure toute la vie chrétienne et tout le ministère apostolique. D’une part, il n’y a pas de vie chrétienne et il n’y a pas de mission apostolique s’il n’y a pas dans la foi une expérience personnelle du Christ et de la vitalité de son Esprit. Et d’autre part, cette rencontre avec le Seigneur va trouver son authentification et son objectivation dans la mission reçue de Lui. Il n’y pas de mission sans conversion et il n’y pas de conversion sans mission.
Cette conviction a progressivement habité le cœur de l’expérience chrétienne : la puissance du Christ est indissociable du renouvellement de vie qu’elle suppose. La force prodigieuse du Christ et de sa Parole, qui terrasse Saul sur la route de Damas, qui apporte aux hommes la délivrance, qui donne l’Espérance et qui demeure vivante malgré toutes les limites que nous pouvons y apporter par nos comportements ou nos faiblesses, cette force ne peut se déployer qu’à travers la transformation de nos cœurs.
Aujourd’hui où plus que jamais, il n’est pas possible d’être chrétien par défaut, la question se pose pour nous qui avons choisi le Christ. En qui mettons-nous réellement notre Espérance ? Qu’est-ce qui mobilise notre vie ? Quelle est la référence en fonction de laquelle tout le reste va s’organiser, se construire et se développer ? Quel sera le point fixe autour duquel vont s’effacer peu à peu les figures de ce monde ? Que va être ce qui ne passe pas quand tout passe ? Car seule une relation personnelle avec le Christ, une consécration de notre liberté et une offrande totale de nous-mêmes donnent du prix à nos vies et leur ouvrent la fécondité de l’Esprit. Hors de cela tout passe et nous ne servons à rien, ni pour nous, ni pour le monde.
Etre consacré dans ce ministère apostolique comme vous allez l’être à l’instant, c’est manifester de façon sacramentelle, c’est-a-dire visible et presque palpable, qu’à travers vous et jusqu’au terme de votre temps, l’amour de Dieu transforme le monde. Cette transformation nous échappe parfois. Mais il nous est donné de voir comment certains se laissent saisir et comment avec des gens finalement assez ordinaires comme vous et moi, l’amour de Dieu est capable de fabriquer des témoins d’Espérance et de les envoyer parler un langage nouveau, chasser les esprits mauvais, soulager les misères et finalement mettre l’amour en pratique.
Ce sera là votre premier ministère : mettre les chrétiens en état de s’aimer les uns les autres, les mobiliser pour aimer leurs frères. Le Pape ne vous a pas nommé simplement pour être le gérant d’une association plutôt sympathique et bienveillante. Vous n’êtes pas évêque du Mans pour aménager le plus confortablement possible la vie des chrétiens de la Sarthe. Le Seigneur vous envoie pour les rassembler, les fortifier, les nourrir, les appeler et les envoyer, pour qu’à leur tour ils deviennent témoins de la Bonne Nouvelle. Plus vous serez bon avec eux et plus vous tisserez avec eux des liens de charité paternels et fraternels, et plus ils se sentiront dérangés, envoyés et dynamisés, pour partager cette joie et cette force que vous aurez transmises.
La deuxième dimension de votre ministère est d’être le serviteur de la communion. Dans l’expérience chrétienne, la communion n’est pas la gestion d’une coalition où des intérêts particuliers s’équilibreraient vaille que vaille. C’est la saisie en un corps unique de membres réellement différents. Les efforts du Saint Père qui le premier est chargé de la communion de l’Église, nous encouragent à chercher et à trouver nous aussi des chemins de communion, non pas en négociant pièce à pièce, mais en formulant les uns pour le autres les exigences de l’Evangile. L’unité du corps du Christ ne vient pas d’une répartition ingénieuse des biens. Elle se construit dans l’ouverture du cœur, l’a priori de bienveillance et l’exigence de la vérité dans les relations entre les frères.
Vous exercerez ce ministère d’amour et de communion dans le contexte historique et régional qui a été évoqué tout à l’heure. Sa richesse vous permettra d’y trouver toutes les ressources nécessaires à cette mission. À une certaine époque, on nous disait qu’il fallait « mettre un tigre dans son moteur ». Même si ce n’est plus un slogan à la mode, vous pouvez-vous demander si vous conduirez sur ce circuit avec un tigre dans le moteur, et si vous irez aussi poser votre cœur et votre âme à l’abbaye de Solesmes ? Voilà une belle diversité pour un département regroupé autour d’une agglomération. Vous êtes l’évêque de tout ce monde : du circuit, du tigre et de Solesmes. Il vous faut aimer tout ce monde !
Pour accomplir ce ministère vous avez besoin de collaborateurs nombreux, forts, dynamiques, et expérimentés. S’ils sont nombreux aujourd’hui, le temps passe, ils « s’usent » et il faut préparer la relève. Elle est parmi vous ! Les hommes qui seront appelés à devenir les diacres et les prêtres de l’Église se trouvent ici, au milieu de vous. Je ne les connais pas, Yves le Saux non plus. Il est même possible qu’eux-mêmes ne se sachent pas encore appelés. Alors, posez-vous la question, demandez-vous si cette possibilité ne vous a jamais traversé l’esprit. Et si c’est le cas et que vous croyez avoir réglé la question, demandez-vous encore si vous n’avez pas manqué un embranchement, ou s’il n’y a pas eu un mauvais hasard. Je ne voudrais pas que vous disiez, comme je l’ai entendu plusieurs fois, « Monseigneur ça fait dix ans que j’y pense. », car c’est neuf ans de trop ! Ainsi, s’il vous est arrivé de réfléchir à cette idée, pensez-y encore, parlez, priez, échangez, discutez. La vérité viendra de la confrontation du travail sur soi et de la volonté de Dieu. Elle seule permet la délivrance du cœur et l’ouverture de la charité en nous. Le diocèse du Mans a droit à avoir des prêtres. Il y a en lui assez de gens généreux et je ne doute pas qu’il en trouvera.
Nous allons maintenant entrer dans la célébration de l’ordination proprement dite. Je suis entouré par des évêques nombreux que vous avez vu entrer en procession. Je me permets de saluer fraternellement en votre nom à tous Mgr Gilson, Mgr l’évêque de Paderborn dont le diocèse est lié de manière très étroite avec celui du Mans, et tous les frères évêques de la province ecclésiastique de Rennes et de ses environs.
Prions le Seigneur avec confiance pour qu’il accomplisse en nous tous sa volonté.
Et, mon cher Yves, écoutez encore cette parole qu’Ananie adresse à Paul :
« Tu seras pour Lui devant tous les hommes le témoin de ce que tu as vu et entendu.
Et maintenant, pourquoi hésiter ? Lève-toi ! »


Homélie du 5e dimanche du temps ordinaire - Année B - Notre-Dame de Paris, dimanche 8 février 2009
Frères et Sœurs,
Nous poursuivons la lecture du début de l’évangile de saint Marc, qui nous présente le ministère public de Jésus. Dimanche dernier nous avons entendu le récit du jour du sabbat à la synagogue de Capharnaüm. Jésus y enseigne avec autorité et délivre un homme de l’esprit mauvais qui habitait son cœur.
Les auditeurs et les témoins de cette scène ont été impressionnés et, comme le souligne l’évangile, « la nouvelle s’est répandue » (Mc 1,28). C’est pourquoi, lorsqu’arrive le soir et la fin des contraintes liées au jour du sabbat, dès le moment où chacun peut reprendre ses activités, tous apportent les malades et les estropiés auprès de la maison où se trouve Jésus.
« Toute la ville était là » (Mc 1,33) nous dit l’évangile. Cette foule qui se presse autour de la maison de Simon et d’André rappelle cette humanité accablée par la misère évoquée dans le passage de livre de Job lu tout à l’heure.
Nous y retrouvons aussi tous les hommes et les femmes qui, aujourd’hui encore, sont écrasés par la vie, qu’ils soient blessés dans leur corps, malades, infirmes ou handicapés, qu’ils soient atteints dans leur cœur, victimes de ruptures affectives et de trahison de leur amour, ou qu’ils soient encore affaiblis dans leur esprit et dans leur âme, quand ils perdent courage, qu’ils renoncent ou n’ont plus la force d’assumer leur vie.
Cette foule peut évoquer ces visages inconnus que nous croisons tous les jours, et aussi nos propres existences, quand il nous arrive le matin lorsque commence notre journée, d’être impressionnés par ce que nous avons à faire et ce qui va arriver. Nous formons cette foule accablée présente tout au long de l’évangile, ces « brebis sans berger » (Mc 6,34) sur lesquelles Jésus porte un regard de pitié.
Ce soir-là, à Capharnaüm, ils espèrent tous en Jésus. Ils viennent à lui et présentent leurs malades, leurs souffrances et leurs blessures. Ils attendent de lui un geste qui les soulagera ou les guérira. Et l’évangile nous dit : « Il guérit toutes sortes de maladies et il chassa beaucoup d’esprits mauvais » (Mc 1, 34).
Le geste prophétique que Jésus avait fait dans la synagogue de Capharnaüm en délivrant un homme de l’esprit mauvais qui l’habitait n’était donc pas destiné à être sans suite. Jésus poursuit son œuvre de Salut : il est vraiment celui qui guérit et délivre.
La suite de l’évangile introduit deux éléments de rupture qui vont marquer le comportement de Jésus tout au long de son ministère. Premièrement, alors qu’il est entouré de cette foule et pressé de toutes parts, il se retire : « le lendemain, bien avant l’aube, il sortit dans un endroit désert et là il priait » (Mc 1, 35). D’une part « Jésus est sorti » (Mc 1, 38) comme nous dit l’évangile. Il est sorti de la communion trinitaire, il est venu dans le monde et s’est plongé dans l’histoire humaine. Il a voulu se laisser approcher et se rendre accessible à tous.
Mais en même temps, nous le voyons constamment se retirer, se mettre à l’écart pour prier, lui seul ou avec ses disciples qu’il entraîne à distance pour leur faire comprendre certaines choses que tout le monde ne peut encore recevoir.
Dans l’évangile de Marc se déploie cette tension entre la présence du Christ au cœur de la vie des hommes et cette distance qu’il prend pour revenir au cœur de sa mission, qui est communion avec le Père. Les versets suivants nous enseignent que cette manière du Christ n’est pas simplement un procédé pour bénéficier d’un peu de calme pour prier, mais l’occasion de montrer qu’il ne peut se laisser enfermer ou emprisonner par tel ou tel groupe.
Aux disciples qui lui annoncent : « tout le monde - c’est-à-dire tous les habitants de Capharnaüm -te cherche » (Mc 1, 37), Jésus répond : « partons ailleurs dans les villages afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle » (Mc 1, 38). Jésus ne se laisse pas posséder par la communauté dans laquelle il était immergé mais poursuit plus loin sa mission. C’est la seconde rupture introduite dans ce premier chapitre de l’évangile de saint Marc.
Dans la synagogue de Capharnaüm, il avait livré le cœur de son ministère : annoncer la Bonne Nouvelle de l’Evangile et guérir. Mais cette mission ne peut se réduire à une celle d’un guérisseur ou à une fonction de service qui ne serait pas animée par l’annonce de l’Évangile.
Il va quitter Capharnaüm pour prier dans un endroit désert et de là aller annoncer l’Évangile aux autres villages : « il parcourut donc toute la Galilée proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues et chassant les esprits mauvais » (Mc 1, 39). Jésus accomplit son ministère d’annonce et de libération non pas simplement dans la petit ville de Capharnaüm, ni seulement pour le village de Nazareth qu’il a quitté pour aller à Capharnaüm, mais dans toute la Galilée, puis à Jérusalem et en Judée.
Ainsi, dès le début de son ministère, perce cette dimension universelle qui sera proclamée à la fin de l’évangile quand Jésus enverra ses disciples annoncer l’Évangile à toute la création (Mc 16, 15).
Le Christ est envoyé pour l’humanité toute entière. Il ne se laisse pas enfermer par un groupe particulier, ni même par la communauté de ses disciples. Au contraire il les entraîne avec lui et les fait sortir des lieux qui sont les leurs, de leurs préoccupations et de leurs habitudes. Il les entraîne dans la mission que le Père lui a confiée et qu’il leur transmettra.
Dès le début du ministère public de Jésus, cette mission universelle est comme l’horizon de sa mission d’annonce de l’Evangile et de guérison.
Pour terminer je voudrais vous inviter à prier ce soir plus particulièrement pour l’Église. Vous savez que nous sommes secoués par des réactions en tout genre, après la décision du Pape Benoît XVI d’ouvrir une porte à ceux qui voudraient rejoindre la communion ecclésiale. Cette décision prise par le Pape a d’abord a été mal comprise, peut-être aussi mal expliquée.
Beaucoup ont compris que cette ouverture était une réintégration pleine et entière, ce qui n’est pas le cas. Plus gravement encore, nous voyons depuis une semaine que l’un des évêques concernés par cette mesure de clémence et de miséricorde fait non seulement des déclarations abjectes mais de plus les renouvelle et il s’y enferre après que le Pape ait demandé explicitement qu’il les rejette sans équivoque.
Il manifeste ainsi sa prise de position par rapport à la proposition faite. C’est une tristesse pour nous, c’est une tristesse pour les hommes et les femmes qui nous entourent, c’est une tristesse évidemment pour nos frères juifs.
Je voudrais que nous priions pour que l’Esprit Saint éclaire le cœur des hommes et les fasse progresser dans le chemin de la conversion et de l’unité et non pas dans les errements de la division.
Amen.
+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

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