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Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Cinquième dimanche du Temps Ordinaire - Année B - Dimanche 5 février 2012 - Cathédrale Notre-Dame de Paris
Les signes de Salut que Jésus opère dans le vie des hommes ne doivent pas les conduire à se replier sur les dons reçus, mais sont une invitation à se porter au service des ceux qui souffrent pour leur partager les grâces du Salut.
Frères et Sœurs,
Le début de l’évangile de saint Marc nous fait participer aux commencements de la vie publique de Jésus. Il nous montre comment le Christ met en œuvre sa mission, qui est de proclamer la Bonne Nouvelle et d’annoncer : « Le Royaume de Dieu s’est fait proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle » (Mc 1, 14-15). Dans le récit du premier Sabbat à Capharnaüm (Mc 1, 21-34), nous voyons Jésus enseigner dans la synagogue, et accomplir l’œuvre de Salut annoncée dans son enseignement. Ce passage nous donne de mieux comprendre comment ce Salut se manifeste, comment il est perçu, et comment il va atteindre ceux et celles auxquels Jésus s’adresse.
Comme nous l’avons entendu dans le Livre de Job, bien souvent, « la vie de l’homme sur la terre est une corvée. Il fait des journées de manœuvre. Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye, l’homme ne compte que des nuits de souffrance » (Jb 7, 1-3). Combien d’hommes et de femmes à travers les siècles ont vécu leur existence avec ce sentiment d’accablement ! La maladie, les difficultés habituelles de l’existence ou les troubles personnels sont un fardeau bien lourd pour certains. Jésus, qui est venu annoncer l’avènement du Royaume, le construit pratiquement en guérissant ceux et celles qui se pressent auprès de lui. La puissance de sa parole et de ses gestes est mise au service de ces hommes et ces femmes qui subissent les peines de l’existence : une simple fièvre pour la belle-mère de Simon, mais aussi des maladies plus graves, ou la possession d’esprits mauvais. Ce faisant, Jésus rend visible, pour ces gens, le Salut que Dieu envoie. Dieu les soulage et les guérit. Il vient faire toutes choses nouvelles. Á travers ces gestes, il donne un signe concret de la vérité de ce qu’il annonce. Les guérisons qu’il accomplit sont le sceau de la venue du Salut qu’il proclame.
C’est pourquoi tous les gens de Capharnaüm et des alentours se pressent en foule autour de sa maison. Ils sont intéressés par la puissance qu’il a pour les soulager de leurs misères. Mais l’évangile de Marc nous fait comprendre tout de suite qu’il y a un décalage entre l’attente de cette foule et la mission de Jésus. Il n’est pas venu pour être le guérisseur de Capharnaüm et le thaumaturge attitré des alentours. Il est venu pour proclamer la Bonne Nouvelle à toutes les brebis perdues d’Israël. Le Christ ne peut donc pas se laisser enfermer par un groupe, pour le service d’une ville ou d’un pays.
C’est pour échapper à cette tentative d’emprisonnement qu’il prend la fuite. Dès avant l’aube, il se faufile et part dans la solitude pour prier. Et quand ses disciples viennent pour le récupérer, il leur dit : « il me faut aller ailleurs. Car c’est pour cela que je suis sorti » (Mc 1, 38). Cette formulation parle de sa sortie de la maison de Simon et de Capharnaüm pour aller prier dans un endroit tranquille. Plus profondément, elle fait allusion au fait que Jésus est sorti du Père pour venir habiter chez les hommes (Jn 16, 28). Il ne s’est pas fait homme pour se laisser accaparer par ceux auxquels il a apporté un soulagement, mais pour annoncer partout la Bonne nouvelle. Et l’évangile ajoute : « Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais. » (Mc 1, 39).
Tout ceci peut nous faire réfléchir sur la manière dont nous-mêmes, nous vivons notre relation avec le Christ. Nous sommes peut-être tentés de le retenir ou plutôt de l’enfermer dans le bien qu’il nous fait, au risque de l’empêcher de rejoindre les villages de la Galilée alentour, c’est-à-dire notre ville, nos quartiers, nos rues, nos entreprises. Et pourtant, en ces lieux, l’Évangile est attendu. Et c’est pour qu’il y soit annoncé que Jésus est sorti d’auprès du Père. Il est venu parmi les hommes pour porter la Bonne nouvelle du Salut à toute personne, là où elle se trouve, et pas pour constituer autour de lui une cour de dévotion, chargée de le remercier des miracles qu’il a faits.
Au long de l’évangile de Marc, les disciples sont entraînés dans ce mouvement de sortie : « partons ailleurs » leur dit Jésus (Mc 1, 38). De même, le Christ nous invite à ne pas rester enclos dans la joie, la reconnaissance et la jouissance du bien qu’il nous a fait. Á partir des signes qu’il nous donne de sa présence, de sa sagesse et de la puissance de son Salut, il nous propulse plus loin. Ainsi, quand nous sommes réunis pour célébrer l’eucharistie, nous recevons du Christ sa Parole vivante et le pain qui est son Corps. Mais il ne nous comble pas de ces dons pour nous enfermer autour de lui, mais plutôt pour que nous sortions, pour que nous parcourions le monde qui nous entoure et devenions à sa suite les témoins de la Bonne nouvelle.
Comment pourrions-nous être les témoins de cette Bonne Nouvelle si, à l’exemple de Jésus, nous n’allions pas rejoindre les hommes et les femmes de notre temps dans leur souffrance, leurs déficiences ou leurs épreuves ? Aujourd’hui, comme au temps de Job, beaucoup d’hommes et de femmes souffrent dans leur chair, dans leur cœur, dans leur esprit. Ils attendent non seulement que nous annoncions la Bonne nouvelle du Royaume qui vient, mais que nous donnions les signes de cet avènement, que nous fassions quelque chose pour les soulager. Lorsque Jésus relève la belle-mère de Pierre, guérit les malades et libère ceux qui sont possédés par des esprits mauvais, la vérité de sa Parole devient manifeste et attractive. C’est pourquoi notre Église aujourd’hui doit se porter auprès de ceux qui sont abattus, malades ou dérangés. Par son attention, sa présence, ses gestes de solidarité, elle manifeste que le Salut de Dieu est une réalité pour aujourd’hui, puisqu’elle rejoint chacun et chacune dans les conditions concrètes de son existence.
Frères et sœurs, rendons grâce au Seigneur pour le don qu’il nous fait de sa vie, pour la force de sa Parole et de son enseignement, pour la puissance de la grâce qu’il nous donne dans ses sacrements. Et entendons son invitation à sortir, à sa suite, de notre ville et de notre maison pour parcourir notre Galilée, et proclamer la Bonne nouvelle : « le Royaume de Dieu est proche, convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois – Sixième Dimanche du Temps Ordinaire - Année B - Dimanche 12 février 2012 - Messe à St Lambert de Vaugirard (Paris XVe)
La purification du lépreux lui ouvre la réintégration au Peuple saint. Elle manifeste la capacité de Jésus à rassembler les enfants de Dieu dispersés. Elle est le signe de la guérison des lèpres intérieures du péché qu’il est venu accomplir.
Frères et Sœurs,
Ce passage de l’évangile de saint Marc nous fait faire un pas de plus dans la découverte de la personnalité et de la mission de Jésus de Nazareth. Après avoir révélé que Jésus est celui qui propose un enseignement nouveau donné avec autorité, qui chasse les esprits mauvais et guérit les malades, l’évangile nous ouvre par cette scène un champ nouveau du ministère du Christ. En effet, Jésus fait plus que guérir le lépreux qui vient à lui. Le mot employé par l’évangile parle de « purification » (Mc 1, 40), ce qui est une manière de mettre en valeur la nouveauté du signe accompli par le Christ.
Selon les prescriptions de la Loi de Moïse, que nous avons entendues dans le Livre du Lévitique, le lépreux devait se tenir à l’écart de tous. Ceci ne visait pas d’abord à éviter la contagion, comme nous le penserions aujourd’hui. Cette mise à l’écart permettait surtout d’éviter au peuple de contracter une impureté rituelle. Car ceux qui avaient été en contact avec les lépreux devenaient inaptes à participer à la vie et à la prière du peuple de Dieu. Le lépreux - ou tous ceux qui étaient porteurs de maladies de peau - devaient se tenir soigneusement à distance et rester à l’écart.
En purifiant le lépreux, Jésus va donc d’abord dépasser cette séparation entre ceux qui sont impurs et ceux qui sont purs. Il touche le lépreux, et ce faisant, il lui donne de réintégrer le Peuple Saint. Cette scène, très simple et bien connue, manifeste une nouvelle dimension de la mission du Christ : il est venu « rassembler les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52) et réunir au Peuple Saint ceux qui en sont éloignés ou exclus.
Dans ce geste, Jésus se fait proche de celui que tous repoussaient. Dans notre tradition culturelle, nous avons également connu cette crainte du lépreux et cet interdit qui les frappait, sans avoir aucun lien à la loi juive. De grandes figures de saints comme François d’Assise ou Ignace de Loyola ont su vaincre cette sorte de crainte ancestrale à l’égard de ceux dont l’apparence peut être repoussante, parce qu’ils sont complètements autres et différents.
Mais en purifiant le lépreux, Jésus ne guérit pas seulement cette apparence. Il vient toucher en profondeur la culpabilité enracinée dans l’inconscient de l’humanité, et dont la maladie visible semble toujours être la manifestation extérieure. Le lien entre la maladie et le péché n’appartient pas seulement aux mentalités archaïques ou dépassées par notre savoir moderne et nos connaissances médicales. Beaucoup voient dans les maladies une sorte de punition, ou du moins la manifestation de la noirceur intérieure de ceux qui en sont affligés. Ainsi, devant un mal imprévu ou un accident soudain, nous pouvons entendre (ou penser) : « Pourtant, il n’avait rien fait de mal ! ». Cette réflexion laisse supposer que, si cette personne avait fait quelque chose de mal, la maladie, l’accident ou la mort auraient été justifiés. Ce lien était profondément ancré dans la culture juive. Ainsi, dans l’évangile de saint Jean, quand Jésus rencontre l’aveugle-né, ses disciples lui demandent : « Seigneur, qui a péché ? Lui ou ses parents ? » (Jn 9, 2).
Voilà pourquoi, en purifiant le lépreux, Jésus n’opère pas simplement une guérison, mais pose un geste qui annonce une libération plus profonde. S’il peut guérir la lèpre visible, pourquoi ne serait-il pas capable de guérir les lèpres invisibles qui affligent l’âme humaine ? Dans la guérison du paralytique qui suit ce passage dans l’évangile de saint Marc, Jésus confirme cette dimension de sa personne et de sa mission : il n’est pas simplement un thaumaturge et un grand rabbin, mais celui qui peut délivrer l’homme du péché.
Pour nous, comment trouvons-nous notre place dans cette scène de la rencontre du lépreux avec Jésus ? Nous pouvons nous représenter prosternés aux pieds du Christ et le suppliant : « Seigneur si tu le veux, tu peux me purifier » (Mc 1, 40). « Je sais que ce ne sont pas simplement mes défauts visibles qui enlaidissent ma vie et affligent ma personnalité, mais bien ce qui blesse ma liberté et touche mon âme. Peut-être mon péché reste-t-il caché ? Et pourtant, je le sais, j’ai besoin d’être purifié. » Alors, chacun de nous peut essayer d’entrer dans la conscience de ce lépreux rejeté loin de son peuple et venir au pied du Christ pour lui demander d’être purifié et de pouvoir s’engager d’une manière renouvelée dans la communion plénière du peuple de Dieu. La venue du Christ ne touche pas simplement nos imperfections trop perceptibles de la vie quotidienne. Elle vient guérir les péchés qui touchent notre âme et que personne ne voit. Et découvrir le visage du Christ qui délivre du péché, c’est découvrir la joie d’être réintégré pleinement dans la communion du Peuple Saint, et pouvoir rendre témoignage, comme le fait ce lépreux, en allant partout raconter ce qui lui est arrivé.
Frères et sœurs, à la veille d’entrer dans le temps du carême, nous pouvons faire retour sur nous-mêmes et prendre conscience de ce qui nous afflige. Nous pouvons faire la démarche que le lépreux a faite : venir à Jésus et lui dire : « si tu veux, tu peux me purifier » (Mc 1, 40). Et comme Jésus le lui propose en appliquant la loi du Lévitique, nous pouvons aller nous montrer aux prêtres, pour qu’ils constatent que Jésus nous purifie. C’est cette démarche de la confession que tous les chrétiens sont invités à faire pendant le carême : venir supplier Dieu qu’il leur pardonne leur péché, qu’il les réconcilie et qu’il les comble de la joie d’une vie nouvelle.
Demandons aussi au Seigneur que cette expérience de la purification, du pardon et de la réintégration soit un signe pour le monde. Nous appartenons à une communauté. Nous en sommes les membres et ne vivons pas comme si nous étions perdus et isolés à travers l’immensité de l’univers sans aucun point d’appui, sans aucun lien, sans aucune chance d’entrer en contact avec quiconque. Par le Christ, nous sommes intégrés dans l’Église, le peuple des chrétiens, la fraternité des baptisés.
Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - 1e dimanche de Carême – Année B - Dimanche 26 février 2012 – Cathédrale Notre-Dame de Paris
Jésus Christ est l’homme nouveau. Se convertir, c’est le laisser renouveler notre vie petit à petit.
Frères et Sœurs,
Après les premiers péchés de l’humanité, Dieu a voulu tout recommencer à neuf, c’est-à-dire effacer l’homme pécheur de la surface de la terre (Gn 6, 6). Autour de Noé, une petite poignée d’hommes et de femmes a cependant trouvé grâce à ses yeux. Elle devait assurer la continuité entre l’humanité née d’Adam et Eve et l’humanité nouvelle sortie du déluge. La première lettre de saint Pierre nous dit « qu’un petit nombre de personnes, huit en tout, furent sauvées à travers l’eau » (1 P 3, 20).
Ce passage de l’humanité à travers les eaux de la mort du déluge est une préfiguration du baptême (1P 3, 21). Il anticipe aussi la traversée de la Mer Rouge d’où sortira libre et vainqueur le peuple d’Israël. Mais avant l’Alliance avec Israël, dans ces temps lointains des origines, l’alliance conclue avec Noé concerne toute l’humanité. Dans la tradition biblique, c’est l’alliance la plus universelle, dont les exigences seront le noyau très réduit des commandements que les apôtres appliqueront à quiconque voudra entrer dans l’Alliance Nouvelle. Ces exigences sont des préceptes moins nombreux et détaillés, plus généraux que les Dix commandements.
Cette alliance « brute » est offerte à l’humanité nouvelle sortie des eaux du déluge et annonce une nouvelle création dont la violence sera éliminée, selon les mots du prophète Isaïe (Is 65, 25). Mais cette nouvelle humanité et ce nouveau monde ne sont encore qu’une ébauche, une préfiguration en espérance de ce que Dieu veut accomplir. C’est en Jésus de Nazareth qu’Il mènera son dessein à son accomplissement. C’est ce que manifeste ce passage de l’évangile de saint Marc où l’on voit Jésus dans le désert, confronté à l’épreuve de la mort, vivant parmi les bêtes sauvages et servi par les anges (Mc 1, 13). Autour de Jésus se réalise la pleine harmonie de la création, quand s’accordent ceux qui sont les plus près de Dieu, les anges, et ceux qui sont le plus près de la brutalité originale, les bêtes féroces. Cette unité autour de la personne de Jésus est le signe que le dessein de Dieu est achevé, que « les temps sont accomplis, que le règne de Dieu est tout proche » (Mc 1, 15). Cette annonce constituera le cœur du message de Jésus tout au long de sa vie publique, qui se prépare ici par cette épreuve au désert.
Dans l’évangile de Marc, le récit très concis des quarante jours au désert ne reprend pas les trois tentations de Jésus. Il fixe notre attention sur les éléments constitutifs de ce passage : le baptême (« Jésus venait d’être baptisé » (Mc 1, 9)) et la venue de l’Esprit (« aussitôt l’Esprit le pousse au désert » (Mc 1, 12)). L’existence chrétienne ne surgit-elle pas du baptême et ne passe-t-elle pas, dans l’Esprit, par l’épreuve de la confrontation avec le mal et la mort ?
« Tenté par Satan pendant quarante jours. Il vivait parmi les bêtes sauvages » (Mc 1, 13). Ce tableau dressé par l’évangéliste a une fonction pédagogique : Jésus maîtrise la tentation comme il maîtrise la violence des bêtes sauvages. Il est l’homme nouveau, la nouvelle créature. Les auditeurs, qui se représentent cette scène, peuvent se demander comment participer à cette vie nouvelle, comment reconnaître que les temps sont accomplis, comment accueillir le règne de Dieu qui est tout proche ?
« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » dit Jésus (Mc 1, 15). Voilà le message de carême le plus concis et le plus simple. Se convertir et croire à la Bonne Nouvelle sont en effet deux éléments indissociables. C’est dans l’adhésion à la Bonne Nouvelle qui nous est annoncée que nous puisons la force de nous convertir. L’Évangile ne nous appelle pas à vivre des privations et à corriger notre vie morale pour modéliser, pour nous-mêmes, une forme d’existence plus admirable. L’Évangile nous propose autre chose : croire que Jésus est le Fils de Dieu et qu’il est venu apporter l’accomplissement du dessein de Dieu. C’est pour participer à cette nouvelle création et à ce monde nouveau que nous désirons de tout notre être entrer dans une purification semblable au déluge : noyer tout ce qui nous empêche de vivre avec le Christ, pour ne laisser subsister que ce qui peut servir de point d’appui pour la vie nouvelle avec Lui. Nous purifions notre vie et nous changeons notre manière de vivre pour que notre foi soit vraiment la colonne vertébrale de notre existence.
À quoi bon se dire chrétien si cela ne transforme pas notre manière d’être ? Je voudrais encore souligner deux aspects de cette conversion à laquelle le Christ nous invite.
Le premier c’est la dimension personnelle de la conversion. Personne ne peut se convertir à votre place, et Dieu ne vous demande pas de faire le programme de conversion des autres. C’est ce que font parfois les pharisiens dans l’Évangile, et nous savons comment Jésus les traite. Dieu ne nous demande pas de dire ce que les autres devraient faire. Il veut que nous changions notre vie à nous. Nous ne pouvons pas tout changer, ni tout changer d’un coup. Cependant, si nous changeons un petit quelque chose, année après année, et si nous nous y tenons, cela fini par faire advenir une vie nouvelle. Chacun et chacune de nous se trouve devant cette question : qu’est-ce que je change cette année ? Où sera ce monde nouveau dans ma vie ?
Et le deuxième aspect est que cette conversion personnelle que personne ne peut faire à ma place (et que je ne puis faire à la place de personne), ne peut être vécue qu’en Église. C’est à quoi nous invite le Pape Benoît XVI, dans son message de carême, en citant la lettres aux hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (10, 24). Si je ne peux formuler les exigences de la conversion pour mon frère, je dois cependant le regarder et essayer de comprendre quel message m’est adressé à travers lui. Humblement je dois reconnaître que ma manière de vivre peut aussi l’aider à se convertir. Soyons attentifs les uns aux autres, ne vivons pas notre conversion comme une œuvre complètement privée qui ne regarde personne. Car si c’était le cas, nous ne serions pas ici ! C’est toute l’Église qui est invitée à faire peau neuve. Nous sommes invités à convertir chacune de nos vies dans ce peuple renouvelé.
Que Dieu nous donne de contempler Jésus Christ l’homme nouveau, qui peut faire toute chose nouvelle, dans son Église, dans le monde et dans chacune de nos vies.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - 3e dimanche de Carême – Année B - Dimanche 11 mars 2012 - En la cathédrale Notre-Dame de Paris
Dans la purification du Temple Jésus se manifeste comme celui qui est la présence de Dieu au milieu de son peuple. Cette présence suscite notre foi et provoque notre conversion. Jésus s’appuie sur notre peu de foi pour la faire grandir.
Frères et Sœurs,
Le passage de l’évangile de saint Jean que nous venons d’entendre se situe au début du ministère public de Jésus, juste après l’épisode des noces de Cana en Galilée. À Cana, « Jésus a manifesté sa gloire et ses disciples ont cru en lui » (Jn 2, 12), parce qu’ils ont été témoins du signe qu’il a accompli. Sans transition, l’évangile nous transporte de la Galilée à Jérusalem, au Temple, pour la fête de la Pâque. Le Temple de Jérusalem était le lieu le plus sacré, le lieu saint de tout le judaïsme, le lieu de la présence de Dieu au milieu de son Peuple. Jésus va y poser un acte d’autorité, qui ne peut être perçu que comme une critique par les prêtres et tout le personnel du Temple.
La question n’est pas de savoir s’il y avait trop de marchands. De toute manière, il fallait des marchands pour vendre les animaux nécessaires aux sacrifices, et des changeurs pour que l’offrande des fidèles soit acquittée en monnaie juive. Le geste posé par Jésus questionne plutôt la pérennité du système sacrificiel d’Israël, et invite à se demander ce que la venue du Christ inaugure de nouveau. Un peu plus loin dans l’évangile de saint Jean, Jésus dira a la Samaritaine : « l’heure vient, et elle est là, où le Père cherchera des adorateurs en esprit et en vérité » (Jn 4, 43). Avec Jésus, la présence de Dieu au milieu de son peuple n’est plus identifiée à un espace, à un bâtiment (si prestigieux soit-il), ou à un sanctuaire (si vénéré soit-il). La présence de Dieu au milieu des hommes, c’est la personne même de Jésus de Nazareth, l’Envoyé et le Fils Unique de Dieu. C’est aussi le peuple de ses disciples, habités par l’Esprit-Saint.
Devant le geste de Jésus, que l’évangéliste nous présente comme provocateur, la question qui lui est posée est de savoir par quelle autorité il agit ainsi. Par quelle autorité peut-il s’instaurer comme le purificateur du Temple ? Par quelle autorité prétend-il mettre en accusation la caste sacerdotale de Jérusalem et les pratiques cultuelles d’Israël ? S’il se manifeste ainsi comme Messie et prétend avoir une autorité sur le Temple et sur le Peuple tout entier, il doit donner des signes messianiques clairs, selon ce que saint Paul rappelle dans la première épître aux Corinthiens : « les juifs réclament les signes du Messie » (1 Co 1, 22).
Jésus répond à cette question par une petite parabole sur la destruction du Temple : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19). Puisqu’il est lui-même, aujourd’hui, la présence de Dieu au milieu de son peuple, lorsqu’il parle de la destruction et du relèvement du Temple, il parle de son Corps et prophétise sa mort et sa résurrection. C’est bien ainsi que l’évangile interprète les paroles de Jésus à la lumière de l’évènement pascal.
Le signe des noces de Cana avait conduit les disciples à croire en Jésus. De même, l’évangéliste conclue cet épisode au Temple de Jérusalem en écrivant que « beaucoup crurent en Lui à la vue des signes qu’il accomplissait » (Jn 2, 23). Ainsi se dessine peu à peu l’adhésion à la personne de Jésus, à cause de son enseignement et des signes qu’il accomplit. Devant cela, certains des disciples ont peut-être nourri l’illusion que tout le peuple allait suivre et élever Jésus sur le pavois sans coup férir ! « Mais, nous dit l’évangile, Jésus n’avait pas confiance en eux, parce qu’il les connaissait tous, il connaissait par lui-même ce qu’il y a dans l’homme » (Jn 2, 24-25).
Cette réflexion pourrait sembler manifester une défiance foncière et irrémédiable de Jésus vis-à-vis des hommes. Il me semble qu’elle ouvre plutôt l’espace d’une progression. Le chemin parcouru par le Christ, les signes et l’enseignement qu’il va donner, pourront s’appuyer sur ce premier mouvement de foi, si faible et imparfait soit-il, pour faire progresser les uns et les autres vers une foi plus profonde et plus complète.
Ainsi en est-il pour nous qui recevons cette Parole aujourd’hui. Nous aussi, nous croyons en Jésus à cause des signes qu’il a accomplis. Et pourtant, notre foi n’est pas parfaite. Elle n’a pas encore intégré toutes les dimensions de notre existence et toutes les capacités de nos moyens dans la suite du Christ. Pour chacun de nous, il reste un chemin à parcourir, qui est un chemin de conversion. Dans l’évangile de saint Marc, le père du jeune homme épileptique qui demande la guérison de son Fils dit à Jésus : « Je crois ! Viens en aide à mon manque de foi » (Mc 9, 24). Notre foi n’est jamais complètement achevée ou accomplie. Elle est une réalité vivante et appelée à grandir, à se purifier, à unifier peu à peu toutes nos capacités, et aussi à rassembler toujours plus de monde. Croire en Jésus, c’est s’engager dans un chemin où peu à peu il va façonner notre vie et redresser ce qu’il y a en nous de tordu, de mal orienté, d’impur, d’égoïste. La foi est un chemin qui nous « conduit vers la vérité toute entière » (Jn 16, 13).
En ce temps de carême, nous prenons conscience que la présence de Dieu en ce monde suscite en même temps adhésion, aspiration, espérance, mais aussi incertitude, questionnement ou hésitation. Cette présence est celle de celui qu’il a envoyé, son Fils Unique, mais aussi celle qui repose sur ceux qu’il associe à son Fils Unique par le don de l’Esprit dans l’Église. Tout au long de notre vie, le Christ nous aide à nous appuyer sur ce qui existe en nous de foi, pour nous conduire vers la plénitude de la foi, telle que le centurion l’exprimera devant Jésus en croix en s’écriant, « celui-ci était vraiment le Fils de Dieu » (Jn 15, 39). « Folie pour les païens, scandale pour les Juifs » (1 Co 1, 23), le Messie se révèle non pas dans la domination et la puissance, mais dans le dénuement et la faiblesse. Ainsi, Dieu manifeste que c’est sa puissance qui ressuscite Jésus d’entre les morts et nous relève jour après jour. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.


Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Quatrième dimanche de Carême - Année B - Dimanche 18 mars 2012 – Saint-Joseph des Nations (Paris XI)
Le Christ est le seul sauveur. Lui seul nous offre la miséricorde du Père et le salut. En ce temps de Carême, approchons de sa miséricorde en recevant le sacrement de réconciliation.
Frères et Sœurs,
La miséricorde de Dieu s’est manifestée aux hommes, depuis le premier jour, où il a appelé l’homme à la vie, jusqu’à aujourd’hui et jusqu’à la fin des temps.
Les textes de l’Écriture que nous avons entendus nous rappellent deux épisodes où elle s’est manifestée dans l’histoire du Peuple d’Israël, et qui sont le témoignage de la miséricorde de Dieu à l’égard de l’humanité.
Le premier épisode est celui de la marche d’Israël à travers le désert pour aller vers la Terre promise. Quarante ans – toute une génération – s’écouleront entre le passage de la Mer Rouge et l’entrée dans la terre que Dieu leur donne. Au cours de la traversée du désert, le peuple a subi les épreuves de la faim, de la soif et des piqures mortelles des serpents venimeux. Devant ce dernier péril, Moïse dresse un serpent d’airain sur une hampe de bois, et ceux qui lèvent les yeux vers ce serpent sont guéris. Ainsi, ce qui a porté la mort devient source de guérison. L’évangile de saint Jean nous rappelle le parallèle avec le signe du Christ dressé sur la croix, victime de la mort et victorieux de la mort.
Le second épisode est celui de la déportation à Babylone après la prise et le sac de Jérusalem. C’est un des passages guerriers de l’histoire d’Israël, qui rappelle tant de drames depuis le début de l’histoire de l’humanité et jusqu’à nos jours, tant de guerres et de violences qui chassent les gens d’un endroit vers un autre, les conduisent à l’esclavage ou à la déportation, comme Israël qui sera déporté à Babylone. Au terme de cette épreuve, Dieu suscite dans le cœur du roi de Perse Cyrus, la décision de rendre à Israël sa liberté et de le laisser reconstruire le Temple à Jérusalem.
Ainsi, à travers les évènements souvent périlleux de l’histoire des hommes et de chacune de nos vies, existe une source de vie et d’espérance. Mais il ne faut pas se tromper : ce n’est pas Cyrus qui donne la vie à Israël, ni Moïse et le serpent d’airain qui sauvent ceux qui sont piqués : c’est Dieu ! Si nous voulons découvrir et accueillir cette source d’espérance dans notre vie, nous ne devons pas non plus nous tromper : Dieu seul sauve !
La miséricorde dont Dieu « est riche » (Ep. 2, 4) est plus grande que toutes nos difficultés, nos faiblesses, nos fautes et tous nos péchés. Comme nous le ferons au cours de la Vigile Pascale et renouvelant les promesses de notre baptême, le premier acte de foi auquel nous sommes invités et de reconnaitre que « Dieu est plus grand que notre cœur » (1 Jn 3, 20), que sa miséricorde est plus grande que notre faiblesse, que Dieu ne condamne pas ceux qui se tournent vers lui, mais qu’il les appelle à la vie et au bonheur. Cette démarche, dans laquelle nous pouvons reconnaître notre péché sans qu’il nous accable, l’Église a reçu la mission de l’accueillir et de la rendre féconde par le sacrement de la réconciliation.
C’est pourquoi, au cours du Carême, vous tous, comme tous les chrétiens du monde, êtes invités à faire cet acte de réconciliation et de paix. Dans nos paroisses sont organisées des journées du pardon, des célébrations pénitentielles, des temps de confessions, pour que tous et toutes puissent recevoir le pardon de Dieu riche en miséricorde, et pour que nous puissions partager ce pardon avec ceux qui nous entourent. Comme nous le disons dans le Notre Père, Dieu nous pardonne pour que nous puissions nous aussi pardonner à ceux qui nous ont offensés. C’est aussi ce que dit l’Évangile : « Si, quand tu viens présenter ton offrande, tu te souviens que ton frère à quelque chose contre toi, vas d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande à l’autel » (Mt 5, 23-14). En ces jours de conversion, cet appel à nous offrir à la miséricorde de Dieu n’est pas une accusation, mais une espérance : Dieu veut que nous vivions.
Dans notre société, celui qui n’est pas comme nous est perçu comme un danger. Dans la société bâtie par le Christ, celui qui se présente à nous est reçu comme un frère. Il nous faut choisir entre accueillir la miséricorde du Père et recevoir l’étranger comme un frère, ou bien refuser d’accueillir l’autre comme un frère et s’exclure de la miséricorde du Père. C’est notre espérance de pouvoir, au delà de nos différences de culture, de langue, de situations, d’âge…, enrichir le Corps de l’Église par la puissance du Christ ressuscité. Car si nous accusons les différences ou les faisons grossir, notre société deviendra invivable.
Nous sommes dans l’Espérance du Christ qui nous réunit en un seul Corps, nous sommes dans l’Espérance du Christ qui est venu pour que le monde soit sauvé, nous sommes dans l’Espérance du Christ dressé sur la croix pour que ceux qui lèvent les yeux vers Lui obtiennent le salut. Que Dieu nous donne d’éprouver la joie de sa présence et de la partager. Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris


Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Veillée de prière dans le cadre de Mission Métropole 2012 « Hosanna dans la ville ! » - Vendredi 30 mars 2012 - Cathédrale Notre-Dame de Paris
Il est difficile d’annoncer un Messie crucifié. La mission de l’Eglise ne s’appuie jamais sur la supériorité de ses moyens humains, mais sur la Parole de Dieu, inspirée par l’Esprit Saint dans le cœur de pauvres pécheurs.
Frères et Sœurs,
Ne croyez pas qu’il soit facile d’annoncer un Messie crucifié ! Ne croyez pas qu’il soit facile de montrer Jésus en croix comme le signe du salut ! Ne croyez pas qu’il soit facile aux hommes de reconnaître la vie dans ce signe de mort ! Saint Paul, au long de ses voyages à travers le Bassin Méditerranéen, a souvent été confronté à cette difficulté d’annoncer un Messie crucifié : « scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Co 1, 23).
Tous, tous les hommes sont à la recherche de celui qui peut leur apporter le bonheur. Tous veulent trouver celui qui pourra dominer les forces mauvaises qui abîment le monde, les puissances qui détruisent l’univers et broient les âmes et les cœurs. Mais tous, ils attendent celui qui va maîtriser le monde à la manière dont ils comprennent la maîtrise du monde. Ils cherchent un tout-puissant qui écrase ses ennemis.
Dans l’Évangile, à plusieurs reprises, les disciples eux-mêmes entendent Jésus annoncer qu’il va à Jérusalem pour y être crucifié, pour mourir et pour ressusciter. Mais ils ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas concevoir que la victoire sur le péché et sur la mort passe par l’offrande que Jésus fera de sa vie. De même, la petite foule des hommes et des femmes groupés sur le Golgotha, au moment de la crucifixion, ne pouvaient pas imaginer que la condamnation et l’exécution de Jésus n’était pas la signature de son échec, mais le premier pas de sa victoire. Ils se moquaient de lui. Ils le provoquaient : « S’il est le Christ de Dieu qu’il se sauve lui-même ! » (Lc 23, 35) ; « S’il est le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui » (Mt 27, 42). Nous-mêmes, dans ces jours où nous vivons la longue méditation de la Passion du Christ, nous sommes confrontés à cette tentation : croyons-nous vraiment que l’amour jusqu’à l’extrême et jusqu’au don de sa propre vie est victorieux du malheur et de la mort ?
Sans doute ne pouvons-nous pas venir seuls au pied de la croix. Nous ne pouvons pas regarder seuls le Christ crucifié si nul ne nous tient la main et nous permet d’ouvrir les yeux et le cœur. Marie, au pied de la croix, traverse l’épreuve que vit son Fils. Au pied de la croix, elle représente l’humanité elle-aussi éprouvée par la mort. Le disciple que Jésus aimait est la figure de l’humanité en attente, dont les yeux sont encore voilés sans pouvoir comprendre complètement ce qui se passe. Jésus confie le disciple qu’il aimait à sa mère. Il nous confie nous aussi à sa mère, pour qu’elle se tienne à nos côtés quand nous nous tournons vers le Christ crucifié. Et Jésus confie sa mère au disciple qu’il aimait pour que l’Église prenne soin de celle qui allait rester seule.
Missionnaires d’Hosanna dans la ville, à l’appel de l’Église, vous vous efforcez, d’annoncer un Messie crucifié pendant ces trois jours. Vous voulez témoigner que le sacrifice du Christ est un signe éclatant de l’amour de Dieu, et non pas le signe dégradant de l’indifférence de Dieu à l’égard de son Fils. Vous faite vôtre cette parole de Jésus : « Celui qui veut me suivre, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24). Vous ne cherchez pas à prouver que vous êtes plus forts, plus saints ou plus croyants que les autres. Vous annoncez plutôt que, dans votre faiblesse, votre péché et les questions qui habitent votre cœur, vous êtes soutenus par la Vierge pour accueillir, comme elle, la puissance de l’Esprit et devenir capable de prononcer les mots de Dieu. Vous n’êtes pas invités à une entreprise de propagande ou de démarchage toute humaine, mais à une entreprise de foi. Ce que Dieu peut réaliser à travers notre faiblesse, il peut le réaliser dans le cœur de tout homme. Pour tous ceux et celles que vous rencontrez sur le parvis de la cathédrale ou dans les alentours, et qui seront surpris peut-être de vous voir si heureux d’être témoins d’un Messie crucifié, vous apprenez peu à peu à devenir témoins de la puissance de l’Esprit qui a relevé le Christ d’entre les morts, et qui nous a délivrés de la mort par notre baptême.
Ce n’est donc pas une forme de recherche morbide qui nous conduit à vénérer les signes de la Passion : la couronne d’épines, un morceau de la vraie croix, un clou. Nous puisons dans notre foi la conviction que celui qui a été mis à mort est ressuscité pour notre Salut, et qu’il a envoyé son Esprit Saint sur ses disciples pour étendre la mission de l’Église à la terre entière. Aussi, en nous approchant pour vénérer la Sainte Couronne d’épines, nous avançons avec humilité, pour que notre démarche exprime le désir de notre cœur, pour qu’elle nous permette de grandir dans la foi et nous fortifie dans la capacité de devenir témoins de la Bonne Nouvelle.
Amen.

+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris

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