Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Messe à St Jean-Baptiste de la Salle – 32e dimanche du Temps Ordinaire – Année B - Dimanche 11 novembre 2012 - St Jean-Baptiste de la Salle (Paris XV)
Frères et Sœurs,
Á mesure que nous approchons de la fin de l’année liturgique, l’évangile de saint Marc s’approche naturellement aussi de la fin du ministère public de Jésus. Ces ultimes chapitres commencent par l’arrivée de Jésus à Jérusalem et son entrée dans le Temple. Dimanche dernier l’évangile évoquait la figure de ce scribe qui avait demandé à Jésus quel était le plus grand commandement. Nous comprenons à travers cette question comme à travers l’offrande de la veuve aujourd’hui, que l’évangile veut, d’une certaine façon, mettre en évidence ce qui constitue le cœur de la démarche du croyant. Il veut nous mettre devant la radicalité du choix auquel le Christ va être confronté, par son arrestation, son procès, sa Passion, sa mise à mort, et nous faire comprendre que cette offrande, dont l’épître aux Hébreux nous dit que c’est l’unique sacrifice qui peut sauver le monde, nous renvoie à ce qui est le cœur de notre foi en Dieu.
Nous sommes entrés il y a quelques semaines dans l’Année de la foi à l’invitation que le Pape nous a proposée précisément pour remettre les chrétiens devant l’essentiel de leur relation avec Dieu et de leur vie baptismale. L’essentiel, c’est quelquefois plus facile à dire qu’à identifier et à mettre en œuvre ! L’épisode de l’offrande de la veuve au Temple est éclairé par la rencontre de la veuve de Sarepta qui faisait l’objet de la première lecture. Elie lui demande de sacrifier tout ce qu’elle a pour vivre. Il lui reste juste de quoi faire un pain en attendant de mourir. Elie le lui demande en promettant que Dieu l’assistera autant que nécessaire. Dans le passage d’évangile, la veuve dans le Temple vient apporter au trésor sa très modeste offrande. Il est probable qu’elle accomplit ce geste en présence d’un certain nombre de témoins et de scribes qui paradent devant les autres, en la jugeant de façon sévère, puisqu’elle n’apporte pas le dixième ou le centième de ce qu’eux-mêmes ont donné, alors que leurs richesses se constituent en dévorant le bien des veuves.
Cette présentation de l’offrande de la veuve dans le tronc du trésor concentre notre regard sur cette question : que sommes-nous appelés à donner ? Non pas en offrande financière, mais en offrande personnelle, en offrande de notre propre liberté ! Nous sommes conduits à revoir notre manière de vivre, à relire notre manière de mettre en œuvre la foi. Nous devons bien constater -et peut-être cela sera-t-il le fruit principal de l’Année de la foi- que très souvent notre réponse à l’appel de Dieu se situe dans ce que l’évangile appelle le superflu, ce qui relève, pourrions-nous dire aujourd’hui, de la culture du loisir. Dans notre vie, quand nous nous sommes occupés des choses « importantes » comme le travail, l’économie, la gestion de nos biens, la réussite de notre famille, l’aide que nous pouvons apporter aux uns ou aux autres, etc., quelle place reste-t-il à Dieu ? Certes, les casuistes avaient bien trouvé la formule pour nous aider à supporter cette difficulté : notre manière de répondre à Dieu c’est d’assumer notre devoir d’état. Sans doute, mais la relation d’amour gratuit qui nous unit à Dieu ne se résume pas à notre devoir d’état.
Il y a un moyen très simple de repérer ce qui se passe dans notre vie : c’est de regarder la manière dont nous utilisons notre temps. Quel temps réservons-nous pour le Seigneur ? Vous qui êtes ici vous pouvez déjà dire que vous avez réservé pour Lui le temps de la messe du dimanche ! Mais il y a beaucoup de chrétiens qui n’ont pas cette possibilité parce qu’ils ont d’autres choses à faire beaucoup plus importantes, et donc cette activité considérée comme accessoire, ou « de loisir » passe après ! Comment peut-on dire que le Seigneur est le centre de notre vie alors qu’il est logé à la périphérie ? L’exemple de cette veuve qui par ses deux piécettes ne donne pas simplement son superflu en préservant son nécessaire, mais donne tout ce qu’elle a pour vivre, est une façon pour le Christ de nous acculer à cette question radicale : qu’est-ce que cela veut dire pour moi aujourd’hui d’essayer de vivre de la foi ? Le « juste vivre par la foi » : qu’est-ce que cela signifie ? Quelle est notre capacité à préserver un temps honnête et juste pour entretenir notre relation avec Dieu ?
Si l’Église nous invite à prier chaque jour, matin et soir, c’est pour nous aider à exprimer d’une façon consciente le sens que nous voulons donner à tout ce que nous vivons ; par exemple, en commençant la journée, en prenant un moment devant le Seigneur pour lui offrir ce que nous allons vivre, pour donner un sens à ce que nous allons faire. Ce temps de prière peut être court, il peut se faire n’importe où, mais l’important c’est qu’il se fasse, et pas seulement comme une activité secondaire que l’on peut effacer sans dommage. C’est à travers cet engagement du cœur que l’on donne tout à Dieu, que l’on donne le sens de notre communion à la volonté de Dieu dans nos activités quotidiennes. Ainsi, notre vie de chrétien, à travers les activités normales d’une existence humaine, va prendre le sens d’une offrande réelle, d’un sacrifice véritable offert à Dieu et en conséquence, nous les vivrons autrement.
Que cette année de la Foi soit pour nous l’occasion de faire le point sur cet aspect axiologique. Comment orientons-nous vraiment notre vie vers ce don total de nous-mêmes ? La véritable foi, c’est de croire que c’est par Dieu que nous vivons, c’est pour Dieu que nous vivons, c’est grâce à Dieu que nous vivons, quoique nous fassions comme nous le dit saint Paul : « Tout ce que vous faites : manger, boire, ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu » (1 Co 10, 31). Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris
Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Messe sur le tombeau de saint Pierre lors de la visite Ad limina - 12 novembre 2012
Lors de la visite ad limina à Rome, les 39 évêques issus des provinces ecclésiastiques de Lille, Reims, Paris, Besançon, Dijon, Strasbourg, Metz, du diocèse aux armées et des ordinariats des catholiques des Églises orientales en France ont prié sur le tombeau de saint Pierre.
La confession de foi de Césarée dont nous venons d’entendre le récit, place notre ministère dans le lien direct qui unit Jésus et Pierre. En commençant cette visite Ad limina, il est important pour nous de rendre grâce, nous qui avons reçu cette charge dans la communion avec le successeur de Pierre.
En effet, l’unité et la force résultant de cette unité viennent de la communion étroite qui nous unit au Christ. Et celle-ci est comme médiatisée par l’union sacramentelle au successeur de Pierre. Car, unis au Christ, nous le sommes comme tous les baptisés. Mais notre ministère, s’il ne veut pas s’approprier la grâce reçue, doit se vivre dans la relation très humaine et donc très limitée dans le temps, dans le rythme, dans les dimensions, et à la fois dans une communion très profonde avec celui qui est dans notre Église, le sacrement de cette communion : la personne du successeur de Pierre.
C’est donc pour nous une occasion privilégiée de renouveler cette relation avec le Pape et de manifester la communion qui nous unit dans le même ministère. Paradoxalement, alors que nous sommes momentanément déchargés du poids du gouvernement quotidien, c’est une occasion privilégiée pour prendre un peu de hauteur et de perspective sur la vie de nos diocèses et sur le chemin que le Christ nous invite à prendre. C’est une chance de pouvoir regarder avec une certaine distance, le terrain sur lequel nous sommes quotidiennement engagés et c’est une chance de le faire dans la communion entre nous.
Nous pouvons recevoir ces paroles de l’apôtre Pierre pour être réellement, comme il nous y invite, « les bergers du troupeau de Dieu qui veillent sur lui, non par contrainte mais de bon cœur, comme Dieu le veut ; non par cupidité mais par dévouement ; non en commandant en maîtres … mais en devenant les modèles du troupeau. » (1 Pi 5, 2-3).
Que le Seigneur nous donne de raviver notre joie dans cette offrande de nous-mêmes pour être non pas simplement les responsables ou les leaders, mais aussi les modèles sur lesquels nos fidèles peuvent régler leur manière de vivre et de croire.
Dans cette perspective, au cœur de l’année de la Foi, je vous propose que nous commencions cette visite Ad limina par le renouvellement de notre profession de foi, et que nous y unissions tous ceux dont nous sommes les pasteurs en ce temps.
+André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris
Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Messe de la fête patronale de Saint Louis à St Louis des Français (Rome) - Dimanche 18 novembre 2012 – Rome – Église de Saint-Louis-des-Français
Le Christ appelle tous les baptisés à la perfection, à la sainteté en privé, comme dans leur engagement dans la société. À cet égard, saint Louis, Roi de France, nous donne l’exemple d’une vie unifiée. Il a su mettre en œuvre l’Évangile jusque dans sa façon de gouverner.
Chers amis, frères et sœurs,
En entendant ces quelques versets du sermon sur la montagne dans l’évangile de saint Matthieu, et la conclusion : « soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48) nous pourrions être tentés de penser que nous n’avons pas beaucoup de chance d’y parvenir. Mais grâce à Dieu, saint Paul vient illuminer notre perplexité. « Á cause de vous je remercie Dieu, à tout instant, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s’est implanté solidement parmi vous » (1 Co 4-6). Et c’est cette grâce du témoignage de Dieu qui s’est implanté solidement parmi nous, cette grâce des richesses que nous avons reçues par notre baptême, notre confirmation, notre participation à la vie de l’Église qui nous permet d’entendre l’appel du Christ à la perfection sans défaillir complètement ! Même si nous pouvons trouver ces paroles vertigineuses, et par certains côtés au-delà de la raison humaine ! Nous savons bien que nous ne serons jamais parfaits comme Dieu est parfait.
Déjà, si nous essayons, je n’ose pas dire de mesurer notre vie à l’étalon de ces paroles, mais simplement de penser que cela pourrait concerner notre manière d’agir, nous sommes saisis par l’idée que jamais nous ne pourrons totalement devenir des disciples du Christ. Jamais nous ne pourrons rendre le bien pour le mal, jamais nous ne pourrons aimer nos ennemis. Alors nous sommes conduits à nous poser une question : est-il possible que Jésus soit venu dans le monde pour appeler les hommes au Salut en leur indiquant un chemin de salut impraticable ? Évidemment, le bon sens nous manifeste que c’est une erreur de raisonner ainsi ! Mais la seule indication que Jésus nous donne, c’est la manière dont lui-même va vivre. Confronté à l’injustice, à un procès inique, à la violence, à la mort, « il ne s’est pas prévalu du rang qui l’égalait à Dieu » (Ph 2, 6) comme dit saint Paul dans l’Épître aux Philippins. Mais il a accepté de porter sur lui les souffrances de l’humanité.
C’est ainsi que nous découvrons qu’être chrétiens ce n’est pas simplement être vaguement sympathisants d’une doctrine généreuse, mais c’est réellement entrer dans une identification au Christ, comme il nous est dit au moment de notre baptême « par l’onction du saint chrême nous sommes devenus conformes au Christ », de la même forme que le Christ, et nous avons été oints, marqués par l’onction de l’Esprit Saint. Cette marque de l’Esprit Saint a transformé notre personne, nous sommes devenus d’autres “christs”, des “christs” pour le XXIe siècle. Ces “christs” pour le XXIe siècle, voilà qu’ils ont à vivre en entendant cette parole du sermon sur la montagne, qui dépasse le sens commun et les relations habituelles de la vie ordinaire. La loi du Talion que Dieu avait donnée à Israël était déjà une mesure de précaution pour établir un peu de modération dans la violence entre les hommes : il ne fallait pas rendre plus que ce l’on avait reçu, il ne fallait pas chercher une vengeance disproportionnée par rapport au mal que l’on avait enduré. C’était mettre un peu d’équité dans les relations entre les hommes, mais ce n’était pas encore entrer dans la mission du Christ qui lui est juste, et qui prend sur lui toute la souffrance des hommes.
C’est pourquoi la loi qu’il nous donne n’est pas la loi du Talion. C’est une loi plus exigeante, qui nous introduit dans un univers marqué par la gratuité. Il ne s’agit pas d’être seulement équitable, il s’agit d’être dans l’amour, dans l’amour que Dieu porte à l’humanité, amour sans limite et sans repentance, amour que Jésus a porté dans sa chair quand il a offert sa vie pour le monde. Dans cette relation d’amour et de gratuité, nous sommes invités à faire plus, et j’allais dire à faire tout. C’est-à-dire à accepter de surmonter les réactions naturelles de notre violence ou de notre agressivité à l’égard des autres, pour entrer dans une relation où l’amour vient conditionner notre manière d’être. Il ne nous appartient pas de nous faire aimer. Il ne nous appartient pas de susciter l’amour dans le cœur des autres. Il ne nous est pas demandé de devenir aimables pour tous, il nous est demandé de nous transformer pour aimer tout le monde. Et c’est cette disproportion introduite par la parole du Christ, qui nous fait prendre conscience dans notre vie personnelle, quotidienne, de l’enjeu considérable que représente l’appel à la vie chrétienne. Cet enjeu prend une dimension tout-à-fait nouvelle, quand nous l’appliquons non seulement à notre vie personnelle, mais aussi à des responsabilités qui concernent l’ensemble du peuple. C’est une chose de dire que dans notre vie personnelle, on peut essayer de mettre en œuvre un effort de gratuité, de miséricorde, d’oubli des offenses, d’endurance devant les injustices, etc. puisque ultimement il n’y a que nos propres intérêts qui sont en jeu. Mais quand on est responsable d’un peuple, les décisions, les actes que l’on engage dépassent notre dimension personnelle.
C’est pourquoi la figure de saint Louis que nous célébrons aujourd’hui ne nous est pas proposée simplement comme un chrétien devenu saint, qui a su maîtriser dans sa vie personnelle toutes sortes d’appétits, d’appels et d’attraits pour l’injustice. Certains parmi nous ont le souvenir des chroniques de Joinville où est racontée la vie de saint Louis, en particulier l’éducation stricte que lui dispensait sa mère Blanche de Castille, lui disant qu’elle préférerait le voir mort, plutôt que d’avoir succombé au péché. La figure de saint Louis n’est pas seulement un modèle de vie chrétienne personnelle, il n’a pas seulement exercé les vertus chrétiennes dans la mortification de sa vie privée, il les a exercées dans sa responsabilité de gouvernant, de roi. Il a contribué pour sa part - bien que par souci de justice et au-delà du nécessaire il ait renoncé aux conquêtes de son père pour ne pas blesser la justice - à accroître peu à peu la puissance de la France. Surtout, il a assumé la situation particulière de celui qui détient un pouvoir absolu en mettant en œuvre l’Évangile dans sa façon de gouverner.
Peut-on imaginer aujourd’hui que les tendances irréfléchies, irrationnelles, passionnelles, voire agressives qui traversent certains peuples à travers le monde à un moment de leur histoire, puissent être maîtrisées ? Peut-on imaginer que l’on introduise un principe de gratuité et de pardon dans les relations internationales ? Nous savons par l’expérience historique sans cesse renouvelée et récurrente, combien de conflits se cristallisent, se durcissent, se pérennisent par défaut qu’un gouvernant ou un leader ait la force et le courage de surmonter ses instincts de violence ou de peur. On a connu en Afrique des gouvernants qui ont été capables – non pas simplement par leur charisme mais aussi par l’organisation d’un travail politique dans leur pays – de surmonter les violences spontanées de leurs peuples ou des tribus qui le composaient, pour aboutir à un consensus national, toujours fragile, toujours à reconstruire, mais bien réel. Ce que ces Africains ont réussi, peut-être d’autres peuples à travers le monde pourraient-ils le réussir ? Peut-être que le conflit qui s’éternise entre Israël et les Palestiniens depuis des décennies pourrait franchir une étape si…, si l’on n’en restait pas à la loi du Talion, si l’on arrivait à surmonter ce qu’il y a d’irrationnel dans la peur mutuelle, dans la violence partagée, et si l’on parvenait non seulement à donner des intentions de négociations mais à pratiquer réellement une négociation !
Faut-il se résoudre à ce que la raison d’État ou la responsabilité politique dispense d’entendre l’appel à la perfection ? Je crois que nous ne sommes plus dans la logique d’un partage entre ce que l’on appelle la morale de conviction et la morale de responsabilité, comme si la responsabilité dispensait brusquement de mettre en œuvre ses convictions, ou comme si les convictions étaient un handicap à exercer la responsabilité. Nous avons assez d’exemples à travers l’histoire de la France, comme en d’autres pays, pour comprendre et découvrir que les hommes qui ont marqué l’évolution de leur nation n’ont pas renoncé à leurs convictions pour exercer leurs responsabilités. Au contraire, ils ont été capables d’assumer des responsabilités, parce que leurs convictions étaient si fortes qu’elles surmontaient ce que le réel pouvait avoir d’illusoire.
Ainsi, quand nous célébrons saint Louis, nous prions non seulement pour que chacun découvre ce chemin de la perfection, apparemment impossible à atteindre, et cependant proposé comme un objectif. Nous prions pour que chacun entre dans ce chemin avec confiance, puisqu’il y est précédé et accompagné par le Christ, seul véritable juste devant Dieu. Nous prions pour que celles et ceux qui sont investis de responsabilités politiques ou collectives les assument, non pas en effaçant leurs convictions, mais en les respectant et en les mettant en œuvre.
Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Messe des confirmés ados de l’an passé – Solennité du Christ-Roi de l’univers – Année B - Dimanche 25 novembre 2012 - cathédrale Notre-Dame de Paris
Chers Amis,
Vous l’avez entendu tout à l’heure, dans la lecture de l’Apocalypse, le Seigneur Dieu affirme : « Je suis l’alpha et l’oméga » (Ap 1, 8). L’alpha c’est la première lettre de l’alphabet grec, et l’oméga c’est la dernière lettre de ce même alphabet. « Je suis l’alpha et l’oméga », c’est-à-dire : je suis le commencement et la fin. Par cette parole, le Livre de l’Apocalypse nous fait comprendre que Jésus maîtrise l’ensemble du temps de l’histoire des hommes, depuis l’origine jusqu’à la fin du monde. En célébrant le Christ Roi de l’Univers, nous comprenons que cette maîtrise du Christ sur le temps nous inscrit, à l’intérieur de cet espace énorme de tant de siècles, depuis l’origine de l’humanité jusqu’à la fin de l’histoire.
Mais vous l’avez entendu dans la discussion entre Jésus et Pilate, le malentendu est complet. En effet, Pilate parle d’un roi à la manière d’un chef d’État qui gouverne à la tête d’un régime politique. Un chef d’État -qu’il soit roi ou président, s’il s’agit d’une République- c’est celui qui a le pouvoir sur l’ensemble. Donc, Pilate, qui représente le pouvoir de l’Empereur de Rome à Jérusalem, doit veiller à ce qu’il n’y ait pas de concurrence. S’il se levait un roi à Jérusalem, ce serait un concurrent de César. C’est pourquoi Pilate demande à Jésus s’il est roi. Mais Jésus lui répond : « Ma royauté ne vient pas de ce monde » (Jn 18, 36), c’est-à-dire, je ne suis pas un concurrent, je ne suis pas un ennemi, je ne viens pas renverser César parce que je suis roi d’une autre façon. Je ne suis pas roi pour gouverner les états, je ne suis pas roi pour commander, je suis roi d’un autre royaume. Cet autre royaume c’est celui du Père, c’est le Royaume de Dieu, le Royaume des Cieux. Jésus est roi du Royaume des Cieux. Et s’il est venu parmi les hommes, c’est pour annoncer que l’humanité peut entrer dans le Royaume de Dieu, elle peut devenir le Royaume de Dieu non par force ou par contrainte, mais par choix, par conversion. On ne devient pas disciple de Jésus de force.
Quand vous avez répondu d’une façon ou d’une autre à l’appel qui vous a été fait de recevoir le sacrement de confirmation, personne n’a dû vous contraindre, personne ne devait le faire. C’est un appel libre et personnel. Et si vous portez aujourd’hui autour du cou une écharpe rouge qui est la couleur de l’Esprit Saint, qui évoque l’Esprit que vous avez reçu, c’est pour montrer que c’est une décision personnelle de votre part, d’avoir demandé à être confirmé, à recevoir la plénitude des dons de l’Esprit. En recevant cette plénitude des dons de l’Esprit vous êtes entrés complètement dans la vie des disciples de Jésus. Vous êtes devenus non pas des sujets soumis au Christ, mais vous êtes devenus amis du Christ, appelés à progresser dans la connaissance de la vérité.
Jésus dit à Pilate : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37). La vérité c’est que Dieu a voulu créer le monde et l’humanité pour les conduire au bonheur. C’est une vérité qui n’est pas facile à croire. Il y a beaucoup de difficultés dans la vie ! On n’est pas heureux tous les jours ! Quand nous disons que nous croyons que Jésus est venu pour témoigner de la vérité, c’est-à-dire pour nous rappeler cet engagement à l’égard des hommes, nous disons quelque chose qui n’est pas facile à accepter. Et nous ne pouvons pas le dire en nous appuyant sur notre autorité personnelle. On ne va pas dire : c’est moi qui vous le dis vous pouvez me croire ! Ni sur nos forces ! On ne va pas dire : on va vous montrer à quoi cela sert d’être chrétien, vous n’avez qu’à regarder comme je vis bien et vous verrez que le Saint Esprit est efficace ! On sait bien que l’on ne vit pas toujours comme le Saint Esprit voudrait que nous vivions ! Si nous pouvons entrer dans cette mission du Christ qui consiste à rendre témoignage à la vérité, c’est justement parce qu’il nous donne son Esprit pour que nous vivions avec lui.
Recevoir l’Esprit du Christ, c’est recevoir la présence réelle et permanente du Christ dans notre vie. Chacune et chacun d’entre vous, qui avez été marqués au front par l’huile sainte, sur qui on a imposé les mains en appelant le don de l’Esprit, vous êtes devenus une sorte d’image du Christ dans ce monde. Et c’est une responsabilité ! On ne peut porter l’image du Christ dans le monde tout en vivant n’importe comment. On ne peut pas espérer s’appuyer sur l’amour du Christ, si on n’essaye pas de mettre cet amour en pratique. C’est pourquoi, je vous ai invités ce soir à Notre-Dame : bien sûr pour rendre grâce de ce que vous avez vécu au cours de l’année écoulée depuis votre confirmation, mais aussi pour renouveler l’appel que cette confirmation représente. Par la confirmation, Dieu ne s’est pas engagé à vous donner un supplément de force ou d’intelligence ! Je ne suis pas sûr que depuis que vous avez été confirmés, vous compreniez mieux ce que vous étudiez à l’école, ou que vous réussissiez mieux vos concours ! Je ne suis pas sûr que vous soyez devenus de meilleurs sportifs ou de meilleurs gymnastes ! Ce n’est pas cette force-là ou cette intelligence-là que l’Esprit vous a donné ! Ce que l’Esprit vous a donné, c’est la force de Dieu pour être fidèle à l’amour qu’il vous a manifesté, et la force d’y répondre, pour accueillir la vérité qui vous a été transmise et devenir à votre tour témoin de cette vérité. Comme le Christ est venu dans le monde pour témoigner de la vérité, il nous envoie tous dans le monde pour être témoins de la vérité.
Être témoin de la vérité cela veut simplement dire : être vrai, accepter d’être reconnu comme chrétien, comme quelqu’un qui a choisi de suivre le Christ, même si on ne sait pas très bien comment on y arrivera, comme quelqu’un qui veut construire sa vie autour de la personne du Christ.
Alors ce soir, je vous propose simplement que nous puissions ensemble raviver cet attachement qui nous unit au Christ. Ce lien invisible -l’Esprit on ne le voit pas- a pénétré nos cœurs pour faire de nous les amis du Christ. Et nous le ferons dans un instant, en renouvelant la profession de foi de notre baptême, comme nous l’avons fait au moment de la confirmation, pour nous rappeler les uns aux autres que cette profession de foi non seulement nous unit au Christ, mais nous unit aussi les uns avec les autres. Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris
Homélie du cardinal André Vingt-Trois - Messe à St Michel des Batignolles - 1er dimanche de l’Avent – Année C - Dimanche 2 décembre 2012 - Saint-Michel des Batignolles (Paris XVII)
Les événements extraordinaires annoncés par le Christ dans les astres, les fracas de la mer, l’affolement des nations, la peur des hommes... sont des signes qui sollicitent un regard de foi. Ils nous rappellent que le Christ vient nous sauver. Le temps de l’Avent nous invite à en reprendre conscience et à rester éveillés.
« Voici venir des jours où j’accomplirai la promesse de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda » (Jr 33,14). Cette prophétie du prophète Jérémie annonce un temps de répit, un temps de salut, un temps de grâce. Et nous avons souvent tendance à penser que ce temps de grâce n’est pas actuel. On croit qu’il a existé avant, on rêve d’époques de l’histoire de l’humanité où - pensons-nous - les choses allaient très bien. Ou bien on imagine qu’il arrivera après, quand le Christ reviendra à la fin des temps comme cela nous est annoncé. Et puis entre les deux, il y a notre présent. Et pour beaucoup, ce présent n’est pas vraiment marqué par l’accomplissement de la promesse du bonheur. Non pas nécessairement parce que tous auraient des vies marquées par des drames, mais parce que chacun dans sa propre vie traverse des évènements plus ou moins heureux ou malheureux, quelquefois des évènements graves qui touchent la santé, les relations familiales, ou encore la vie professionnelle. Alors que signifie une promesse de bonheur quand on est confronté à des difficultés diverses ? Qu’est-ce que cela signifie de croire que vraiment Dieu accomplit sa promesse en apportant le bonheur ?
On nous dit souvent que les chrétiens ont une chance par rapport aux autres parce qu’ils ont la foi. Je voudrais vous inviter à réfléchir sur cette chance que vous avez reçue. Comment s’articulent ces difficultés quotidiennes qui scandent nos vies et cette grâce que nous avons reçue par la foi ? En nous invitant à faire de cette année du 50e anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, une année de la foi, le Pape Benoît XVI a voulu précisément stimuler la foi des chrétiens. Il a voulu nous éveiller, nous réveiller comme l’évangile nous y invitait à l’instant. « Restez éveillés et priez en tout temps » (Lc 21, 36). Ne pas être surpris dans le sommeil. Le sommeil ce n’est pas simplement la fatigue, c’est aussi une façon de couper les relations avec le monde. Traversons-nous la vie en somnambule, en dormant ou bien demeurons-nous éveillés et debout ?
Quand le Christ annonce des évènements extraordinaires qui marqueront son retour, on a tendance à penser que cela ne nous concerne pas. On lit dans l’Évangile qu’ « il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles » (Lc 21, 25) et l’on renvoie cela à plus tard ! Pourtant aujourd’hui, au XXIe siècle, il y a des cataclysmes, des accidents imprévisibles, des bouleversements, il y a tout ce que l’évangile évoque par les fracas de la mer et de la tempête qui vont affoler les nations. Et il faut bien constater qu’en certaines nations, un climat d’affolement s’installe et s’entretient. L’évangile ajoute : « les hommes mourront de peur ». Nous entendons souvent, mais peut-être n’y faisons-nous plus attention, s’exprimer cette peur de l’avenir. Des hommes sont mobilisés pour exprimer des dangers potentiels et des risques, de sorte qu’ils créent et entretiennent des peurs, et entraînent ainsi des réactions de protection et d’isolement. Mais on oublie une chose que nous dit l’évangile : ces évènements -le soleil, la lune, les étoiles, les fracas de la mer et de la tempête, l’affolement des nations, la peur des hommes-, ce sont des signes ! Evidemment ils existent, ils ont un contenu, mais ce sont des signes si nous les vivons et les regardons dans la foi. Le signe, c’est un évènement, une parole, une image, une réalité qui nous dit quelque chose, parce que nous le considérons en gardant dans notre cœur une certitude : Dieu n’a pas établi l’homme sur terre pour le mettre à mort, Il l’a placé sur terre pour lui donner la vie. C’est pour lui donner la vie qu’Il a mis en œuvre toute cette organisation extraordinaire de la création et du déroulement de l’histoire. Aussi quand nous sommes pris dans les évènements, nous ne sommes pas seulement des reporters ou des témoins qui enregistrons et notons soigneusement des risques sur une échelle de catastrophes. Nous discernons un signe. Quel est-il ? Ce signe, c’est qu’à travers les drames, les difficultés, les obstacles que rencontre l’existence humaine, le Christ vient pour nous sauver : « redressez-vous et relevez la tête car votre rédemption approche » (Lc 21, 28). Ainsi ces évènements qui peuvent affoler certains, voire les terroriser, nous disent que le Christ vient nous sauver, et nous invitent à courir à la rencontre du Seigneur pour reconnaitre cette force de salut qui nous vient en Jésus-Christ. Restez éveillés et relevez la tête car votre récompense est proche ! Relevez-vous et redressez la tête, restez éveillés et priez en tout temps !
Ce temps de l’Avent qui s’ouvre aujourd’hui est un appel à ne pas nous laisser endormir ou asphyxier par les évènements, mais à nous réveiller, à prendre conscience que nous possédons une force considérable pour changer le monde. Cette force pour changer le monde, c’est la force de l’amour que le Christ est venu mettre en œuvre parmi nous et qu’il a répandue en nos cœurs par la foi. C’est comme cela que saint Paul s’adresse aux Thessaloniciens : « que le Seigneur vous donne entre vous et à l’égard de tous les hommes un amour de plus en plus intense et débordant » (1 Th 3, 12). La force qui va nous permettre de rester debout dans les tempêtes, de garder l’espérance à travers toutes sortes de difficultés y compris celles qui nous touchent personnellement et qui peuvent nous dépouiller, la force qui va nous permettre d’être témoins de la bonne nouvelle du salut, c’est la foi au Christ.
Et donc nous essayons de mettre en œuvre l’appel de saint Paul : « faites donc de nouveau progrès nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Seigneur Jésus » (1 Th 4, 1). Réveillez-vous, priez, mettez en œuvre un amour intense et débordant dans les relations les uns avec les autres, dans vos relations à l’égard de tous les hommes, regardez les évènements de chaque jour et de toute époque non pas comme le signe de l’échec de la foi, mais comme le signe de la puissance de la foi. Gardez intacte l’espérance en Celui qui vient nous sauver. Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.
Homélie du Cardinal André Vingt-Trois - Messe à Saint-Paul – Saint-Louis à l’occasion de l’inauguration de la façade rénovée de l’église - 2e dimanche de l’Avent – Année C - Dimanche 9 décembre 2012 - Saint-Paul – Saint-Louis (Paris IV)
Frères et Sœurs,
Nous sommes engagés depuis une semaine dans le chemin de la venue du Christ. Le chemin, qui tient une place importante dans la liturgie de ce dimanche, peut avoir des fonctions et des significations variables. Le chemin dont nous parle le prophète Baruch, c’est celui par lequel les déportés d’Israël vont pouvoir rejoindre Jérusalem, c’est le chemin du retour, du pèlerinage et de la renaissance. Les juifs ont été déportés après une défaite militaire, voilà qu’ils sont ramenés chez eux, non pas par une victoire militaire, mais par la puissance de Dieu. Car Dieu va non seulement tracer le chemin à travers le désert, mais encore le rendre praticable en abaissant les collines, en comblant les ravins, en aplanissant les sols. Les juifs sont partis dans les larmes, ils reviennent en chantant. Leurs pères sont partis écrasés par la défaite, ils reviennent tous joyeux de retrouver leur terre, leurs villes et de restaurer l’alliance avec Dieu.
Dans l’évangile de saint Luc, la parole de Dieu s’inscrit elle aussi sur le terrain historique, non pas celui d’un grand combat et d’une grande défaite, mais sur le terrain politique du moment, en énumérant les chefs et les responsables qui gouvernent cette région. Á ce moment-là, le prophète Jean-Baptiste n’annonce pas la victoire d’Israël, mais il annonce un chemin. Ce chemin ne va pas ramener les déportés de jadis, mais ce sera le chemin par lequel va venir le Sauveur. Et s’il y a des œuvres à accomplir pour aplanir ce chemin, pour le rendre plus praticable, pour rendre le peuple plus accessible à la Parole de Dieu, ce sont les destinataires qui en sont responsables. Car ce chemin ne traverse pas le désert mais les ténèbres dans lesquelles le peuple est plongé, il traverse l’oubli de la Parole de Dieu et de l’Alliance, il traverse les erreurs dans lesquelles ils ont sombré par leur manière de vivre.
Redresser le chemin, aplanir les obstacles, combler les ravins : apparemment ce n’est plus Dieu qui prépare le chemin pour son peuple, c’est le peuple qui est appelé à préparer le chemin pour son Dieu. Et cette préparation c’est, comme nous l’indique l’évangile, la conversion des cœurs. « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route, tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies » (Lc 3, 5), c’est le baptême de conversion pour le pardon des péchés auquel Jean-Baptiste appelle le peuple qui l’écoute.
Délibérément j’ai voulu mettre en lumière le paradoxe que présente ce chemin. En effet, le prophète Baruch nous dit que c’est Dieu qui le travaille, l’aplanit, le rend praticable pour son peuple, alors que l’évangile de Luc, par la bouche de Jean-Baptiste, nous dit que c’est au peuple de le préparer pour que le Seigneur vienne. Il ne s’agit pas d’une contradiction ou d’un renversement de l’approche de la foi. Il s’agit au contraire de prendre conscience que la venue du Christ est à la fois un don de Dieu, celui qu’il envoie dans le monde, celui qui va être le Verbe incarné, Dieu vivant au milieu des hommes, et en même temps un appel à tous les cœurs, à toutes les libertés à se convertir et à lui laisser la voie libre pour se rendre accessibles à cette visite du Messie. L’événement en lui-même est un événement unique : le Verbe de Dieu s’incarne et vient partager l’existence humaine. Cet événement se réalise dans un double dynamisme de la puissance miséricordieuse de Dieu qui d’une part ne cesse de mettre en œuvre de nouveaux moyens pour atteindre les hommes -en ces temps qui sont les derniers comme nous dit l’épître aux Hébreux : « ayant épuisé tous les moyens précédents, il vient lui-même en son Fils » (Héb 1, 2)-, et d’autre part met en lumière la disposition des cœurs pour accueillir et reconnaître ce don de Dieu.
Le temps de l’Avent, temps de préparation, temps d’attente et d’espérance, nous le vivons sous la double lumière de cette puissance miséricordieuse de Dieu qui vient à nous et nous appelle à la conversion. Il n’y a pas de compétition, il n’y a pas de concurrence ! On ne va pas dire : « si c’est Dieu qui fait le travail, je n’ai rien à faire ! » Et « si c’est moi qui fais le travail, Dieu n’a rien à faire. » Nous sommes unis dans la même perspective et le même objectif que le Fils de Dieu puisse venir en ce monde et qu’il y soit accueilli. Dieu prépare le chemin, non seulement pour le retour d’Israël mais aussi pour l’envoi du Messie qui va venir en ce monde. Et nous préparons le chemin non seulement pour nos pérégrinations, mais encore pour accueillir Celui qui vient nous sauver. Cette convergence de l’œuvre de Dieu et de la conversion des hommes se trouve éclairée par la parole du Christ lui-même quand il dira : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). En Lui, toute la miséricorde et tout l’amour de Dieu se livrent à l’humanité. En Lui, toute la capacité d’accueil de l’humanité est portée à son maximum pour que ce don de Dieu soit reçu, reconnu et servi.
Frères et sœurs, dans chacune de nos paroisses tout au long de cette année nous allons, à l’invitation du Pape Benoît XVI, vivre l’Année de la foi, c’est-à-dire raviver cette conscience que la vie chrétienne n’est pas simplement une sorte de morale que l’on choisirait parmi d’autres, mais qu’elle est une œuvre de Dieu. Nous allons renouveler cette certitude que notre attachement à la personne du Christ n’est pas simplement le fruit d’une conscience particulièrement éclairée, mais qu’elle est la réponse de la conversion de notre vie, au don magnifique que Dieu nous fait en son Fils.
En ces jours où nous nous préparons à célébrer la nativité du Christ et l’espérance rendue visible au milieu des hommes, que Dieu nous donne de vivre dans la joie le temps de l’attente. Amen.
+ André cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris.