1) La vérité, la vraie Parole de Dieu entre dans le monde grâce à une femme, Marie, l’Immaculée Conception.
La fête de l’Immaculée Conception qui précède immédiatement le Deuxième dimanche de l’Avent, nous permet d’affirmer que ce n’est pas seulement Jean-Baptiste qui a préparé la voie au Messie. C’est d’abord et surtout Marie, Vierge et Immaculée dès sa conception, c’est celle qui de la manière la plus élevée et la plus généreuse a fait en sorte que le chemin vers le Seigneur soit aplani d’une manière définitive en « écrasant la tête du serpent ». Lorsque les voies de Dieu semblent difficiles, perdantes, par rapport à celles que l’apparence et la grosse caisse assourdissante des médias nous fait paraître bonnes, belles et désirables, n’oublions pas que Marie est prête à accourir vers nous, comme chez Elisabeth, pour nous apporter le réconfort et la joie, pour nous aider à redresser nos chemins parfois tortueux. Apprenons de Marie, à aplanir les chemins sur lesquels nous pouvons nous diriger vers le bien, avec le bien et pour le bien.
La rencontre avec le Christ, porté vers nous par Marie comme elle l’a porté jusqu’à sa cousine Elisabeth, nous permet de demander à la Vierge Marie, qui a accueilli et gardé en son coeur le Fils de Dieu, de recevoir et de conserver dans notre cœur Jésus, ce « flot incessant d’amour » fait chair.
La grâce du « oui» de Marie, qui se joint à notre fragile « oui« , « transforme la terre en un autel et tout le travail de l’homme devient une offrande de louange » (hymne de louange) de joie et de mission. Ce n’est pas facile, mais c’est merveilleux de dire ce « oui » qui est contraire à ce qu’on appelle le bon sens commun. Il y a deux mille ans, à Nazareth, comme partout dans le monde juif, il y avait des péchés considérés comme les plus grands: l’idolâtrie (= infidélité à Dieu) et l’adultère (= infidélité à son mari). Marie, avec son oui à l’ange « trahit » son mari et dit qu’elle a conçu le Fils de Dieu. Marie s’est abandonnée en toute confiance à Dieu, et Dieu s’est « abandonné » à elle en devenant « le fruit de ses entrailles ». La vierge Marie accepta tout de Dieu, devint le Mère de Jésus, et prit la vérité entre ses bras.
Mais cet abandon total de Marie au vrai Dieu a permis un vrai Noël, selon la bonne volonté de Dieu Alors préparons-nous à dire, à Noël: « Jésus est né », mais avec moins de sentimentalisme, conscients de ce que cela signifie de dire « oui » à Dieu et de ce que cela implique. Marie dit « oui », « J’ai confiance en Toi, Seigneur, Tu me défendras et tu me conduiras. » Faisons de même afin qu’il se passe en nous ce qui s’est passé pour Marie: «. Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».
2) La Parole donnée par un homme, Jean-Baptiste est aussi accueillie par un autre homme Joseph, le père légal du Christ.
Les lectures de ce deuxième dimanche de l’Avent (rite romain) nous donnent la signification de l’Avent non comme simple attente, mais comme l’attente joyeuse d’une rencontre attendue depuis longtemps qui implique une conversion. L’attente de l’Ecriture Sainte est définie dans la joie. Le croyant ne se contente pas d’attendre. D’après notre expérience nous pourrions estimer cette attente passive et même ennuyeuse, mais le croyant se réjouit d’attendre un être cher. Le fidèle qui aime attend avec impatience le moment de la rencontre avec l’être aimé.
Dans l’Evangile, « romain » d’aujourd’hui, nous voyons Jean-Baptiste qui parcourt le désert avec un « impatience » telle qu’elle devient un feu intérieur qui lui fait aplanir les voies du salut. Dans la première lecture tirée du livre du prophète Baruch, il s’agit de Jérusalem, qui voit ses enfants partis dans la douleur, revenir dans la joie « exultant dans le souvenir de Dieu, car Dieu ramènera Israël avec joie dans la lumière de sa gloire« . Dans la deuxième lecture, nous entendons l’Apôtre Paul écrire aux Philippiens de sa prison ; sa première pensée est : »toujours, quand je prie pour vous tous, je le fais avec joie« . Le psalmiste dans le Psaume 125, « le Seigneur a fait de grandes choses pour nous, nous étions remplis de joie » est tellement imprégné de la joie de Seigneur qu’il fait de ce mot le terme central du Psaume puisqu’on le retrouve dans chacune des quatre strophes. Enfin, dans l’Evangile « romain » d’aujourd’hui, nous voyons Jean-Baptiste traversant le désert avec une impatience devenant un feu intérieur qui lui aplanit le chemin du salut.
Toutes les lectures d’aujourd’hui sont inspirées de ce sentiment de joie qui nous envahit, nous les fidèles et il se résume dans la rencontre avec le Seigneur, dont « la miséricorde nous donne la vie » (Hymne des lectures).
Non seulement Marie, l’Immaculée Conception (Fête du 8 décembre), et Jean-Baptiste (cf. Deuxième dimanche de l’Avent romain) ont aplani les voies pour la venue du Christ, mais Saint-Joseph a rendu possible de tout son cœur la mission divine de sa femme, Marie, de qui naîtrait le second Adam, le Christ, notre Seigneur. Le monde reçut une nouvelle origine en Jésus, qui a été pleinement accepté et protégé par cet humble charpentier, un homme juste par excellence, un homme à l’amour héroïque envers Dieu et la Vierge Marie. Saint-Joseph ne doutait pas de Marie, il ne s’est pas senti trahi et a confirmé avec foi sa décision d’être l’époux de Marie. Ainsi s’est formée la Sainte Famille, où les deux époux respiraient l’amour de Dieu, dans la sainteté. Dieu a rempli sa vie. Si nous lui disons « oui », Dieu remplit aussi nos vies, chaque jour et pour toujours. La Sainte Famille est et doit être de plus en plus le modèle de toute famille chrétienne, où, comme à Nazareth, Saint-Joseph était rempli d’amour: « L’amour peut unir le ciel et la terre » (F. Jammes*).
Il est cependant très important de rappeler avec le Bienheureux Jean-Paul II que « A l’instar d’une femme qui suit la voie du mariage, la vierge consacrée est capable de vivre et d’exprimer l’amour « sponsal», dans un amour semblable, elle devient, dans l’Eglise, un don à Dieu, au Christ Rédempteur, pour chaque frère et chaque sœur. Aimez les enfants de Dieu. Votre amour total et exclusif pour le Christ ne vous écarte pas de l’amour envers tous les hommes et toutes les femmes, vos frères et sœurs, parce que les horizons de votre amour – précisément parce que vous appartenez au Seigneur – sont les mêmes horizons que ceux du Christ … Ayez un cœur miséricordieux et compatissant aux souffrances des autres. Œuvrez pour la défense de la vie, la promotion de la femme, le respect de sa liberté et de sa dignité. Vous le savez : « vous qui êtes vierges pour le Christ » , vous devenez «mères par l’esprit» (Ordo consecrationis virginum, n 16.) en coopérant avec amour à l’évangélisation et à la promotion de l’homme « (Jean-Paul II, Discours aux participantes du Rassemblement International « Ordo Virginum« , pour le 25e anniversaire de la promulgation du Rite de Consécration , 2 Juin 1995, n ° 5-7).
3) La parole divine, le Verbe de Dieu devenu adulte, entre à Jérusalem (quatrième dimanche de l’Avent, ambrosien).
Il peut sembler étrange que soit proposé pendant l’Avent un texte qui nous plonge dans la Passion du Christ, puisque l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem ouvre la dernière semaine de la vie du Messie.
La raison est qu’il est demandé à chacun de nous de nous rappeler que la Parole de Dieu entre dans le monde avec l’humilité d’un enfant, mais se développe et doit être accueillie avec solennité, joie et sérieux par les adultes.
Une prière de Saint Bernard de Clervaux et deux informations :
Souvenez-vous ô Très Miséricordieuse Vierge Marie
Qu’on n’a jamais entendu dire
Qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection,
Imploré votre assistance,
Réclamé votre intercession
Ait été abandonné
Animé d’une pareille confiance,
Ô Vierge des Vierges, ô ma mère,
J’accours, je viens à vous, je me prosterne à vos pieds,
Ô Mère du Verbe Incarné,
Ne méprisez pas mes prières,
Mais écoutez-les favorablement
Et daignez les exaucer
Amen.
*Francis Jammes est né à Tournay (Hautes-Pyrénées) le 2 décembre 1868, était un poète, un romancier et dramaturge français, qui s’est converti (ou, plutôt, est revenu à une vie de foi) au catholicisme en 1905, c’était un ami et un admirateur de Paul Claudel. Il est mort à Hasparren (Pyrénées-Atlantiques) le jour de la Toussaint, le 1er novembre 1938.
Brève explication du dogme de l’Immaculée Conception
Le dogme de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie proclamé par le Pape Pie IX en 1854, enseigne que «la bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa conception, par une grâce singulière et un privilège de Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, a été préservée intacte de toute souillure du péché originel ».
Quatre ans après sa proclamation par le pape Pie IX, cette vérité a été confirmée par la Madone elle-même dans l’une des apparitions de Lourdes à Bernadette par ces mots: « Je suis l’Immaculée Conception »
Cependant, « Immaculée » ne signifie pas préservée de la lutte. Elle a également eu à lutter contre le « serpent », elle a connu la difficulté de « croire », la croissance dans la foi, l’ennui du « quotidien », la douleur brûlante, puis l’étreinte apaisante. « Immaculée » ne veut pas dire sans « tentations » ou sans chagrin. Eve aussi était « immaculée », pourtant, elle est tombée, le cœur divisé. Les « dogmes » qui se rapportent à Marie nous regardent nous aussi, c’est la « grammaire pour comprendre l’humanité, pour parler la langue de tous les hommes, parce que son destin est aussi le nôtre. Célébrons avec « l’Immaculée « la fête de toute la lumière cachée en nous et qui doit émaner de nous. Fête de nos racines « saintes » et « prophétie » de notre propre destin », » aimés et saints » et « saints parce qu’aimés » (Rm 1:7). Le
« Pleine de grâce », dit l’Ange, » Immaculée » proclame le « peuple chrétien » : c’est la même chose.
Un texte du Concile Vatican II affirme: « Bien que l’Église ait déjà atteint la perfection dans la très sainte Vierge, avec laquelle elle est sans tache, ni ride, les fidèles tâchent encore de croître en sainteté en triomphant du péché et c’est pourquoi ils lèvent leurs yeux vers Marie: elle brille comme un modèle de vertu devant toute la communauté des élus » (Lumen Gentium, 65).
(c) Mgr Francesco Follo
Les textes des évangiles proposés par la liturgie romaine et ambrosienne attirent notre attention sur Jean-Baptiste, appelé aussi le Précurseur. Cette appellation indique que Jean ne courrait pas seulement en avant, mais devant le Christ pour Lui préparer le chemin, en le redressant par la charité d’une vie et d’une prédication de conversion.
Le Précurseur n’a pas mérité ce « surnom » parce que il courait physiquement, mais parce qu’il marchait avec des pas d’amour. Nous pourrions dire qu’il était un ambassadeur de l’Amour, qui enseignait qu’il fallait aller vers le Messie à pas d’amour converti, purifié.
La conversion est de dire « oui » à Dieu, comme le prophète Sophonie (Ière lecture) nous le rappelle, et de dire « oui » au prochain (Evangile d’aujourd’hui). En effet, lorsque les foules demandaient à Jean : « Que devons nous faire ? », celui-ci répondait : « Que celui qui a deux tuniques en donne une à qui n’en a pas ; et que celui qui a à manger fasse de même ».
Sophonie nous apprend que l’amour renouvelle le cœur (Ière lecture, 3, 18) et la peur le fait vieillir. L’Evangile d’aujourd’hui nous apprend que l’amour est partage et source de joie. Le psaume aussi nous invite à la joie : “Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !”. Dans la deuxième lecture l’Apôtre Paul ne dit pas moins ; et en écrivant aux chrétiens de Philippe, il insiste sur la joie: “Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie” et il précise: “Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.”
La source de la joie est Dieu, qui guide nos pas pour nous conduire où Il nous attend. Mais comment marcher vers la grande lumière du Christ qui nous est indiquée par la petite lumière de Jean ? La torche qui est Jean nous indique le Soleil qui est le Christ (de cette façon, nous ne nous brûlons pas nos yeux)? En redonnant notre cœur à Jésus qui donne force et espérance, aussi au milieu des situations les plus difficiles.
L’important est s’abandonner aux bras divins qui nous soutiennent dans notre chemin. Dieu ne nous abandonne jamais : il est l’Emmanuel, le Dieu toujours avec nous.
Tournons (con-vertissons) notre regard vers Lui. Admirons-Le sur le bois de la crèche à Bethléem et sur le bois de la Croix à Jérusalem, où il nous a définitivement donné Sa vie parce qu’Il nous aime. La contemplation d’un amour si grand ouvrira nos cœurs à une espérance et une joie que rien ne pourra abattre.
Comment pouvons-nous être tristes, si nous avons rencontré le Christ qui a donné Sa vie pour nous, pour chacun de nous ? Mais même si nous sommes tristes, cela ne fais rien. La tristesse est le signe que Dieu nous manque, même si nous n’en sommes pas conscients. La tristesse qui se fait humble demande, est le prix pour la joie de la réponse. Il suffit que notre cœur crie : « Viens, Seigneur Jésus », Toi, le Fils de Dieu qui n’est pas un Dieu qui prends plaisir au mal (cf. Ps 5,5). Alors nous ferons l’expérience de Dieu qui bénit « le juste : comme un bouclier, Il le couvre de Sa bienveillance » (Ps 5,13) et nous aurons une confiance sereine, fondée sur la miséricorde-fidélité (en hébreu hésed) de Dieu, d’une par, et sur la justice-salut (en hébreu sedaqáh) d’autre part. Ces deux mots hébreux sont utilisés par la Bible pour célébrer dans la joie l’alliance qui unit pour toujours le Seigneur à son peuple et aux fidèles pris chacun en particulier. En effet la joie du Christ consiste dans le fait qu’il daigne jouir de nous ; et notre joie parfaite consiste à être en communion avec Lui (cf. S. Augustin, Sermon 32): c’est l’Alliance nouvelle et éternelle.
2) La joie n’est pas seulement être aimés, mais aimer en donnant
La charité nait d’un cœur dilaté par la joie et la charité consiste à partager la joie, c’est la transmettre. Organiser (donner) une fête pour pouvoir partager sa joie avec les autres (réjouissez-vous avec moi) est la manière que le bon Pasteur connaît pour transmettre Sa joie quand il retrouve la brebis qui s’était perdue, c’est la manière que le Père miséricordieux utilise quand le fils prodigue retourne à la maison.
Les paraboles du bon Pasteur et du Père miséricordieux nous montrent clairement que l’amour produit la joie et que la joie est une forme d’amour. Aimer signifie vouloir le bien de l’autre et vouloir le bien de l’autre signifie procurer le vrai bien à la personne aimée, jusqu’au don heureux et total de soi-même à et pour qui l’on aime, comme l’a fait Jésus à Bethléem et sur le Calvaire. C’est ainsi que la Vierge Marie, pleine de grâce et de joie a fait : (« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ») lorsqu’elle a apporté à Elisabeth non seulement de l’aide matérielle, mais aussi la joie en personne : le Christ. Il est une Présence si joyeuse que le petit Jean, encore dans les entrailles de sa mère âgée, exulta de joie en percevant la présence de Jésus, même si celui-ci aussi était aussi dans les entrailles de sa jeune maman. Si Jean fut capable de percevoir la présence du Christ, malgré l’obscurité des entrailles qui le contenaient, et s’en réjouit, ne pouvons-nous pas percevoir la présence du Christ, malgré l’obscurité des petites ou grandes difficultés qui nous entourent et être dans la joie ? Bien sûr que oui. Il suffit que nous allions chez le Christ avec la curiosité des pasteurs et l’attitude de recherche des Roi Mages et que nous nous mettions à genoux devant Lui. A leur suite, comme les pasteurs et les rois, offrons au Christ notre heureux étonnement et nos « pauvres cadeaux » (pour Celui qui a fait le monde et en est le Seigneur, même l’or est une petite chose). Et Lui se donnera à nous complètement et avec tendresse, à nouveau.
« Les femmes consacrées sont appelées de façon tout à fait spéciale à être, par le don d’elles-mêmes vécu en plénitude et avec joie, un signe de la tendresse de Dieu pour le genre humain et un témoignage particulier du mystère de l’Église, vierge, épouse et mère. » (Jean Paul II, Exhortation Apostolique, Vita Consecrata, 25 mars 1996, n. 57).
Les vierges consacrées reçoivent ce don d’une façon particulière durant le Rite de la Consécration et elles sont appelées à le vivre d’une façon toujours plus mûre et consciente. Par ce don, « la vierge est constitué comme personne consacrée, signe transcendant de l’amour de l’Eglise pour le Christ son époux, image eschatologique de la vie à venir » (Préliminaires au Rite, n. 1). « Recevez cet anneau, signe de votre union avec le Christ. Gardez une fidélité san partage au Seigneur Jésus ; il vous introduira un jour dans la joie de l’alliance éternelle » (Rituel de la Consécration des Vierges, n. 66).
La modalité habituelle est de faire mémoire du Christ, né pour nous, dans la vie quotidienne comme histoire du salut et rendre grâce (= faire Eucharistie). « Qu’elles brulent de charité et n’aiment rien en dehors de toi ; qu’elles méritent toute louange sans jamais s’y complaire ; qu’elles cherchent à te rendre gloire, d’un cœur purifié, dans un corps sanctifié ; qu’elles te craignent avec amour, et, par amour, qu’elles te servent » (Rituel de Consécration des Vierges n° 64), dans la joie.
En tout cas, tous et toutes, célibataires et mariés, religieux ou laïques nous sommes appelés à mettre en pratique les paroles de Jésus rappelées par Saint Paul dans les Acte des Apôtres: « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Act 20,35). Cette phrase était expliquée par M. Teresa de Calcutta ainsi: « La joie est un réseau d’amour pour capturer les âmes. Dieu aime celui qui donne avec joie. Et celui qui donne avec joie donne plus ». Et le Serviteur de Dieu Paul VI écrivait: «En Dieu même tout est joie parce que tout est don » » (Exhortation Apostolique Gaudete in Domino, 9 mai 1975).
Donc avec joie préparons-nous à accueillir le Christ qui amène dans le monde le Don de Dieu, l’infini Amour fidèle et miséricordieux, juste et salvifique.
Prière de Saint Thomas More pour la bonne humeur : “Donne moi l’humour Donne moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer. Donne moi la santé du corps avec le sens de la garder au mieux, Donne moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais sache redresser la situation. Donne moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir. Ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle « moi ». Seigneur, donne moi l’humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres. Amen.”
Saint-Thomas More, Martyr (7 février 1478 – 6 juillet 1535)
Mari et père exemplaire, homme politique, grand humaniste chrétien, qui a forgé le terme « utopie » (parole formée du grec ou = non et topos = lieu) qui signifie « en aucun lieu », mentionnant une île imaginaire formée par une société idéale. Il est connu pour son refus d’accéder à la revendication du Roi Henri VIII de devenir Chef Suprême de l’Eglise Anglicane. Cette décision mit fin à sa carrière politique le conduisant à la peine capitale et fut accusé de trahison. Il préféra être condamné à mort par Henri VIII plutôt que trahir sa conscience. L’harmonie entre le naturel et le surnaturel constitue l’élément qui définit la personnalité de ce grand homme d’état anglais. Il vécut une vie publique intense, avec une humilité simple, marquée par « la bonne humeur » même à l’imminence de sa mort. Poussé par sa passion pour la vérité, il démontra qu’avec l’acceptation de sa condamnation à mort, on ne peut séparer l’homme de Dieu, ni la politique de la morale. Le témoignage de St Thomas More, décapité, illustre clairement une vérité fondamentale de l’éthique politique : la défense de la liberté de l’Eglise vis-à vis de l’ingérence inopportune de l’Etat et simultanément, au nom de la conscience, défense de la liberté de la personne envers le pouvoir politique. Le 31 Octobre 2000, le Pape Jean-Paul II, le proclama Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques.
Lecture patristique: Saint Augustin d’Hippone (354 – 430)
Sermon XVI
ANALYSE. – Après avoir rappelé les éloges que Jean avait faits de Jésus et les témoignages que Jésus avait rendus à Jean, saint Augustin se demande comment et pourquoi le Précurseur envoya vers le Sauveur deux de ses disciples pour lui demander s’il était le Messie. En doutait-il après l’avoir montré comme tel au peuple d’Israël? Il n’en doutait pas, mais il voulait confirmer les siens dans la foi à Jésus-Christ. – Recommandation en faveur des pauvres.
1. La lecture du saint Évangile a soulevé devant nous une question relative à Jean-Baptiste. Que le Seigneur nous accorde de la résoudre à vos yeux comme il l’a résolue aux nôtres.
Le Christ, vous l’avez entendu, a rendu témoignage à Jean, et il l’a loué jusqu’à dire de lui que nul ne l’a surpassé parmi les enfants des femmes. Mais au dessus de lui était le fils de la Vierge. Et de combien au dessus? Le héraut nous dira lui-même quelle distance entre lui et le Juge qu’il annonce. Sans doute Jean a devancé le Christ par sa naissance et ses prédications; mais il l’a devancé pour le servir et non pour se préférer en lui. Tous les officiers du juge ne le précédent-il pas? Ils lui sont inférieurs, quoiqu’ils marchent devant lui. Or, quel témoignage Jean n’a-t-il pas rendu au Christ? Il est allé jusqu’à proclamer qu’il n’était pas digne de dénouer la courroie de sa chaussure. Quoi encore? «Nous avons, dit-il, reçu de sa plénitude (2).» II se donnait comme un flambeau allumé à sa lumière; aussi se prosternait-il à ses pieds; il craignait en s’élevant de s’éteindre au souffle de l’orgueil. Il était si grand qu’on le prenait pour le Christ, et que si lui-même n’eût publié qu’il ne l’était point, l’erreur se serait accréditée et on aurait cru qu’il Pétait. Quel homme humble! Le peuple lui rendait de tels hommages, et il les dédaignait. On se trompait sur la nature de sa grandeur, et il s’abaissait davantage. Ah! c’est que rempli du Verbe de Dieu, il ne voulait point de l’élévation que confère la parole des hommes.
2. Voilà ce que Jean dit du Christ; mais le Christ, que dit-il de Jean? Nous l’avons entendu tout à l’heure. «Il commença à dire de Jean à la multitude: Qu’êtes-vous allés voir dans le désert? Un roseau agité par le vent?» Assurément non, Jean en effet ne flottait pas à tout vent de doctrine. «Mais qu’êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, et plus qu’un prophète. Pourquoi plus qu’un prophète? Les prophètes ont prédit le futur avènement du Seigneur; ils ont désiré de le voir et ne l’ont pas vu; mais Jean a obtenu ce qu’ils ont vainement cherché. Il a vu le Seigneur, il l’a vu, il l’a montré du doigt en s’écriant: «Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui efface le péché du monde (1),» le voici. – Déjà le Christ était venu, mais on ne le connaissait pas; de là les fausses idées répandues sur Jean. Voici Celui que les prophètes ont désiré de voir, Celui qu’ils ont prédit, Celui que figurait la Loi. «Voici l’Agneau de Dieu, voici Celui qui ôte le péché du monde.» Tel est le témoignage glorieux rendu par lui au Seigneur.
Et de son côté: «Parmi les enfants des femmes, dit le Seigneur, il ne s’en est point élevé de plus grand que Jean-Baptiste. Mais Celui qui vient après lui dans le royaume des cieux est plus grand que lui;» par l’âge il vient après lui, pansa majesté il est plus grand que lui.
C’est de lui-même que le Seigneur parlait ainsi. Combien donc Jean est grand parmi les hommes, puisque parmi les hommes le Christ seul est au dessus de lui!
On peut encore donner aux mêmes paroles cette autre interprétation. «Parmi les enfants des femmes, il ne s’en est point élevé de plus grand que Jean-Baptiste; mais le plus- petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui.» A ces mots: «Celui qui est plus petit que lui dans le royaume des cieux est plus grand que lui,» donnez un sens différent de celui qui précède, et entendez ici le royaume des cieux où sont les Anges. Il s’ensuit que le moindre des Anges l’emporte sur Jean. Quelle idée Jésus nous donne de ce royaume que nous devons ambitionner; de cette cité dont nous devons aspirer à devenir les citoyens! Quels ne sont pas ceux qui l’habitent? Qui pourrait mesurer leur grandeur, puisque le moindre d’entre eux est supérieur à Jean? A quel Jean? A celui que nul ne surpasse parmi les enfants des femmes.
3. Après ces glorieux et véridiques témoignages rendus au Christ par Jean et à Jean par le Christ, pourquoi du sein de sa prison, où il doit subir bientôt la mort, Jean envoie-t-il ses disciples vers le Christ en leur adressant ces mots : « Dites-lui : Etes-vous, Celui qui doit venir, ou bien est-ce un autre que nous attendons ? Comment ! c’est à cela que se réduisent toutes ses louanges? Doute-t-il de lui après l’avoir tant glorifié? Que dis-tu, Jean ? A qui parlés-tu et qui es tu toi-même? C’est au Juge que tu parles et tu es son héraut. Tu l'as, montré du doigt, tu l’as montré et tu as dit: «Nous avons tous reçu de sa plénitude. » Tu as dit aussi : « Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sa chaussure; » et maintenant tu demandes : « Est-ce vous qui devez venir, ou est-ce un autre que nous attendons ? » N’est-ce pas lui-même? Et toi? n'es-tu pas son précurseur ? N’es-tu pas celui dont il a été prédit: «Voici que j'envoie mon Ange devant ta face et il te préparera la voie?» Comment lui préparer la voie si tu t'égares?
Les disciples de Jean s’en allèrent donc, et Jésus leur dit: «Allez, dites à Jean: Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les pauvres évangélisés, et bienheureux qui ne se scandalisera point à mon sujet.» Ne vous imaginez point que Jean se soit scandalisé au sujet du Christ. Ces mots: «Etes-vous Celui qui doit venir?» semblent l’indiquer; mais interroge mes oeuvres: «Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiées, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés ; » et tu demandes qui je suis? Mes oeuvres sont des paroles. «Allez, annoncez. Comme ils retournaient, » et pour empêcher de dire: Jean était d’abord un homme de bien, mais l’Esprit de Dieu l’a abandonné, Jésus attendit leur départ, il attendit pour louer Jean, le départ des disciples de Jean.
4. Comment donc résoudre cette obscure question? Répands sur nous ta lumière, ô Soleil où s’est allumé ce flambeau.
La réponse est d’une incontestable évidence. Jean avait des disciples à part, ce n’était pas pour se séparer du Christ mais pour être prêt à lui rendre témoignage. Il fallait qu’il en eût pour rendre témoignage au Christ qui en avait et pour voir par eux les merveilles de Celui dont il aurait pu se montrer jaloux. Ces disciples de Jean avaient donc une haute idée de leur maître; ils s’étonnaient de ce que celui-ci disait du Christ, et Jean pour ce motif voulut avant sa mort que le Christ lui-même confirmât son témoignage. Ces disciples se disaient sans doute Notre Maître fait de Jésus un si pompeux éloge, Jésus ne le ratifiera point. «Allez, demandez-lui:» je ne doute pas, mais je veux vous instruire. «Allez, demandez-lui;» entendez de sa bouche ce que je ne cesse de répéter. Après le héraut, entendez le juge. «Allez, demandez-lui: êtes-vous Celui qui vient ou en attendons-nous un autre?» Ils allèrent, et pour eux-mêmes, non pas pour Jean, ils interrogèrent le Christ, et pour eux encore le Christ répondit: «Les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés. Vous me voyez, connaissez-moi; vous voyez mes oeuvres, connaissez Celui qui les fait. « Et bienheureux qui ne se scandalisera point à mon sujet. » C’est de vous que je parle et non de Jean. – Pour prouver en effet qu’il ne parlait pas de Jean, «Comme ils s’en retournaient, Jésus commença à dire de Jean à la multitude;» à faire de lui un éloge vrai, étant lui-même véridique et la vérité même.
5. Cette question me semble suffisamment éclaircie. Il convient donc de terminer ici ce discours. Mais songez aux pauvres. Vous qui (306) n’avez pas fait encore votre offrande, faites-la; croyezmoi, ce n’est pas une perte. Que dis-je? Vous ne perdez que ce que vous ne mettez point sur le char de la charité. Nous allons distribuer aux pauvres ce que vous avez donné, je parle à ceux qui ont donné. Mais nous avons beaucoup moins que d’ordinaire; secouez votre indolence. Je me fais mendiant pour les mendiants. Que m'importe ? Ah ! que je sois mendiant pour les mendiants, pourvu que vous comptiez au nombre des enfants !
Dans l’Evangile du dimanche 23 décembre 2012, entre autre, nous écoutons la demande d’Elisabeth à la Vierge Marie : « Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi? » (Lc 1,43). Et pendant que la Mère de Jésus, le Sauveur, répondait à la salutation de la mère de Jean le Précurseur, Jean, exultant dans les entrailles de sa mère, saluait Jésus. Tous les deux n’apparaissaient pas dans la chair. Tous les deux étaient déjà source de joie. Le Christ était hôte dans les entrailles de Marie, heureuse de porter cette présence de Dieu, Jean était dans les entrailles d’Elisabeth, contente de ne plus être stérile. Comment ne pas appliquer au Précurseur les parole du prophète Jérémie : « Avant même de te former au ventre maternel, je t’ai connu; avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré; comme prophète des nations, je t’ai établi » (1, 5).
En effet, dès le début de la vie de Jésus il y a Jean Baptiste qui joue le rôle de précurseur du Messie. Il faut garder à l’esprit que Jean, fils de Zacharie et d’Elisabeth, issus tous les deux de familles sacerdotales, n’est pas le dernier des prophètes, mais représente aussi tout le sacerdoce de l’Ancienne Alliance. Il prépare donc les hommes au culte spirituel de la Nouvelle Alliance, inauguré par Jésus (cfr Benoit XVI, L’enfance de Jésus, pp 27-28).
La nativité du Précurseur nous invite à être les uns pour les autres signes de grâce et de salut, c’est à dire en indiquant le Christ comme l’Eternel qui a fleuri dans le temps et en indiquant à tous l’Agneau innocent qui enlève le péchés du monde, comme le fera le Baptiste à l’ âge adulte-
Ce qui est important de souligner est qu’Elisabeth et Marie sont des femmes heureuses parce qu’elles sont devenues mères de saints. Dans sa vieillesse, la stérile a enfanté Jean le Précurseur, la Vierge Marie a enfanté le Saint des saint, Jésus, qui signifie « Dieu sauve ». Marie est bénie entre toutes les femmes et toutes les femmes sont bénies en Elle. Avec cette bénédiction toutes les femmes peuvent être mères de saints.
Cette dernière affirmation est valable pour toutes les femmes, qu’elles soient consacrées dans le mariage ou dans la vie virginale.
« La virginité et le célibat pour le Royaume de Dieu ne diminuent en rien la dignité du mariage, au contraire ils la présupposent et la confirment. Le mariage et la virginité sont les deux manières d’exprimer et de vivre l’unique mystère de l’Alliance de Dieu avec son peuple. Là où il n’y a pas d’estime pour le mariage, il ne peut pas y avoir non plus de virginité consacrée; là où l’on ne considère pas la sexualité humaine comme un grand don du Créateur, le fait d’y renoncer pour le Royaume des cieux perd son sens…En rendant le cœur de l’homme particulièrement libre «pour qu’il brûle davantage de l’amour de Dieu et de tous les hommes», la virginité atteste que le Royaume de Dieu et sa justice sont cette perle précieuse que l’on doit préférer à toute autre valeur, si grande qu’elle soit, et qu’il faut même rechercher comme l’unique valeur définitive. C’est pour cela, en raison du lien tout à fait singulier de ce charisme avec le Royaume de Dieu, que l’Eglise, tout au long de son histoire, a toujours défendu sa supériorité par rapport à celui du mariage.
Tout en ayant renoncé à la fécondité physique, la personne vierge devient féconde spirituellement, père et mère d’un grand nombre, coopérant à la réalisation de la famille suivant le dessein de Dieu.
Les époux chrétiens ont donc le droit d’attendre des personnes vierges le bon exemple et le témoignage d’une fidélité à leur vocation jusqu’à la mort. De même que pour les époux la fidélité peut devenir parfois difficile et exiger sacrifice, mortification et oubli de soi, ainsi peut-il en être également pour les personnes vierges. Leur fidélité, même dans l’épreuve, doit édifier celle des époux.» (Jean Paul II, Exhort. Ap. Familiaris consortio, nn 16-17).
2) La Nativité du Sauveur
Dans la nuit du 24 au 25 décembre, nous célébrons la naissance de Jésus Christ. Et nous en sommes profondément heureux. Non seulement parce que c’est la fête du Fils de Marie, mais parce que c’est aussi notre fête, nous les fils de Marie, auxquels il est permis de rencontrer le Fils de Dieu, Notre Frère. Si une vraie rencontre change la vie, la rencontre avec Dieu change la vie et la renouvelle en plus. Les bergers nous en donnent l’exemple :
La nuit où Jésus naquit, l’ange apparut aux bergers de la région de Bethléem et dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur (Lc 2, 10-12).
Et quand les bergers arrivèrent dans la Grotte, ils se mirent à genou et adorèrent le Mystère de l’Amour de Dieu fait chair. Ces pauvres hommes restèrent en silence devant Dieu et mirent leur espoir en Lui. Il mirent leur confiance dans le Seigneur, et reçurent la joie de Dieu leur sauveur, et les désirs de leur cœur furent exaucés (cfr Ps 36 (37), 2-3.7).
Avec les chants, les paroles angéliques, et avec la lumière resplendissant dans le ciel. Dieu n’a pas seulement invité les bergers, mais il les a attirés dans la grotte, là où le Fils, Jésus est né. Ces pauvres gens se déplacèrent et virent quelque chose de merveilleux : le corps d’un enfant qui rayonnait l’Eternelle Vérité et Beauté: “La vérité quand elle s’exprime, devient amour et l’amour quand il fleurit devient beauté” (P. Pavel Florenskij).
Nous devrions vivre devant Dieu comme les bergers. Dans la nuit illuminée par les anges, le ciel exultait de joie, mais quand ils ont vu Jésus, le Fils de Dieu, ils ont vu un enfant déposé dans une crèche, dans une pauvre grotte. « Tout le ciel se réjouissait, mais il exultait par cette humilité sans limites d’un Dieu qui s’était dépouillé de tout pour tout donner aux hommes qu’Il aimait. Je crois qu’il serait opportun de rester devant l’enfant Jésus, pour apprendre comment on vit, pour apprendre comment on aime. Que le Seigneur nous donne une humilité vraie, que le Seigneur nous fasse comprendre que il n’y pas d’autre chemin pour arriver à Lui que de se dépouiller toujours plus, de tout afin que Lui seul demeure avec nous »(Divo Barsotti) : pour que nous puissions l’accueillir comme il est : le Verbe de la Vie, la Parole que se fait chair, l’Amour qui se manifeste dans sa beauté.
La Nativité du Christ, né pauvre, n’est pas un conte, ni une fable touchante. C’est l’annonce d’un fait, d’une présence perturbante mais heureuse. Cette » pauvreté » de Dieu est bouleversante. Ce qui est aussi bouleversant est le fait que des bergers, pauvres, et des Rois Mages riches, soient allés dans une grotte et se soient mis à genou devant un enfant pauvre, déposé dans une pauvre crèche.
Qu’est-ce que les a poussés à quitter la tranquillité de leur berceau ou de leur palais royal? Leur nature humaine ? Je ne pense pas. C’est la grâce leur donna l’audace d’entreprendre le chemin indiqué par la lumière des anges pour les bergers et par celle d’une étoile pour les Rois Mages.
3) Pourquoi Jésus a-t-Il choisi Bethléem et non Nazareth ou Jérusalem ou Rome ?
Pourquoi est-ce que Jésus voulut naitre dans une grotte, et pas seulement une petite ville, la plus petite de Judée, pour naitre et pour faire apparaître la bonté de Dieu et son amour pour les hommes (cf. Tt 3.4) ?
La réponse à la deuxième question est assez facile : L’Evangile dit : « Parce que il n’y avait pas de place pour eux (Joseph et Marie) à l’hôtellerie ». Je ne pense pas trahir l’enseignement théologique si j’écris que Jésus est encore en train de chercher un hébergement dans notre coeur et dans le coeur de l’entière humanité. Entre autres, il ne faut pas oublier que Dieu ne s’impose jamais, il se propose, donc il se révèle dans l’humilité, il se révèle dans la pauvreté, il se révèle dans la simplicité de la vie de tous les jours. Et il vint dans la nuit parce qu’Il est, Lui, la lumière qui éclaire les ténèbres de notre cœur.
Pour répondre à la question « pourquoi Bethléem? » je m’inspire du prophète Michée et de Saint Thomas d’Aquin.
Dans la première lecture du IVème dimanche de l’Avent (23 novembre 2012) le récit pris du livre du prophète Michée annonce que le « libérateur » d’Israël sortira de Bethléem, mais que « ses origines viennent de l’antiquité, des jours les plus éloignés ». Dès que « Dieu mettra son peuple dans les mains du pouvoir des autres», Il interviendra pour le libérer. Çela se passera « quand celle qui doit enfanter, enfantera ». Bethleem, petite et sombre ville de Judée, est le terrain fertile où l’œuvre divine germe et se développe. La même caractéristique de « petitesse » si chère au Fils de Dieu, se transfère à sa Mère qu’Il a regardée en admirant son humilité grâce à laquelle la Vierge Marie est heureuse d’être à Son service.
Dans la Somme Théologique Saint Thomas d’Aquin répond de cette façon :
« Le Christ a voulu naître dans Bethléem pour deux raisons.
Tout d’abord, parce que, comme il est écrit dans Romains 1,3, « Il a été fait … de la semence de David selon la chair ». Par conséquent, pour tenir la promesse faite à David, le Christ a voulu naître à Bethléem, où David était né. L’Évangéliste le signale en disant: « Parce qu’il était de la maison et de la famille de David ».
En second lieu, parce que, comme Saint Grégoire le dit (Hom. VIII in Evang.): « Bethléem est interprété «la maison de pain et c’est le Christ Lui-même qui a dit: «Je suis le Pain vivant qui est descendu du ciel . » (Summa Teologica, III, q. 35, a. 7).
Le grand Saint-Thomas continue.
« David naquit à Bethléem, mais il choisit Jérusalem pour y mettre en place son trône, et y construire le Temple de Dieu , et faire de Jérusalem à la fois une ville royale et sacerdotale. Le sacerdoce du Christ et son règne furent mis en œuvre avec sa passion. Voilà pourquoi, il choisit Bethléem comme lieu de naissance et Jérusalem pour Sa Passion.
De cette façon, il a voulu confondre la gloire des hommes qui se vantaient d’être nés dans d’ illustres villes où voulaient être honorés.
Le Christ a voulu «fleurir» par la sainteté de la vie et non pas pour sa naissance charnelle. Par conséquent, il a voulu être nourri et être éduqué à Nazareth. A Bethléem, il a voulu naître en » étranger » comme disait Saint Grégoire (Hom.VIII in Evang.) : Pour l’ humanité, il naquit pour ainsi dire, dans un lieu étranger – se conformant aux hommes, pas dans la puissance mais dans la nature »
Comme on lit dans un sermon du Conseil de Ephèse (P. III, cap. IX): ‘Si le Christ avait choisi la grande ville de Rome, la ville la plus puissante, on aurait pu penser qu’Il aurait changé le monde par le pouvoir de ses concitoyens. S’il avait été le fils de l’Empereur, sa réussite aurait été attribuée au pouvoir impérial.
Mais pour montrer que le monde serait transformé par Sa divinité, le Christ a choisi une mère pauvre et une patrie encore plus pauvre. Comme Saint Paul affirme : « Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les forts » (1 Cor 1,27). Donc pour mieux manifester sa puissance, il établit à Rome, capitale du monde, le centre de son Eglise, comme signe de complète victoire, afin que, de là, la foi se diffuse sur toute la terre, selon la prophétie d’Isaie : » il humiliera la ville sublime et les pieds des pauvres la piétineront. Par « pauvres », il faut comprendre les pauvres du Christ, c’est à dire les pieds des Apôtres Pierre et Paul » (Ibid).
Il vient. Et avec Lui qui vient, la joie vient. Si tu le veux, Il est près de toi. Même si tu ne le veux pas, il est près de toi. Il te parle si tu ne lui parles pas. Si tu ne l’aimes pas, Il t’ aime encore plus. Si tu te perds, il vient te chercher. Si tu ne peux pas marcher, Il te porte et te sauve: c’est pour cela qu’il est né : pour vivre avec nous une aventure humaine et nous donner la vie dans toute sa plénitude.
Prière extraite d’un hymne (VII et VIII chapitre) De S. Ephrem le Syrien, un des plus grands écrivains du V siècle. Il fut l’ami d’Ambroise de Milan. A relire avec patience et à méditer. Laisser les réflexions d’ un Grand Chrétien susciter dans votre cœur la stupéfaction, la joie, la merveille suscitée par ce qu’ il a fait à travers Marie et en Marie pour venir nous réconforter et ouvrir nos cœurs à l’ espérance :
« Seigneur Jésus Christ,
Ta mère est source d’étonnement :
Le Seigneur vint en Elle pour se faire Serviteur ;
Celui qui est la Parole vint en Elle et Il est devenu silencieux;
Lui, le Tonnerre qui secoue la forêt est entré en Elle et Il est né dans le silence de la nuit ;
Le Pasteur de tous entra en Elle et voici l’Agneau né qui enlève le péché de tout le monde.
Ta mère a renversé l’ordre des choses :
Celui qui créa toutes choses
Est entré dans sa propriété mais il en ressortit en pauvre ;
Le Très-Haut est entré en Elle, mais il en sortit humble ;
La splendeur est entrée en Elle mais elle en sortie revêtue de faible lumière.
Le Puissant est entré et assumé l’insécurité et la crainte ;
Celui qui nourrit toutes choses est entré et a ressenti la faim ;
Celui qui étanche la soif de tous est entré en elle et a ressenti la soif ;
Nu et dépouillé : Il sort d’elle, Celui qui revêt toute chose »
Lecture Patristique
Saint Augustin d’Hippone (354 – 430)
SERMON CXVII.
LE VERBE DE DIEU
ANALYSE. – Pour acheter le Verbe de Dieu, il faut se donner soi-même; mais en se donnant on s’acquiert, car le Verbe est la forme suprême qui répare et perfectionne quiconque s’attache à lui. En vain les Ariens contestent son éternité et son égalité avec son Père. Le témoignage de l’Ecriture ne leur suffit pas? Si toutefois ils veulent découvrir dans la nature des images de l’éternité et de l’égalité du Verbe avec Dieu, quoique ces comparaisons ne soient pas des preuves, on peut leur en montrer. La lumière du feu n’est-elle pas aussi ancienne que le feu? Si le feu était éternel, la lumière qu’il produit ne serait-elle pas également éternelle? Un fils n’est-il pas de même nature que son père et homme aussi bien que lui? Mais au lieu de chercher si curieusement à scruter ces profonds mystères, purifiez l’oeil du coeur, profitez des abaissements et de l’incarnation du Verbe; soyez humbles à son exemple et il vous élèvera jusqu’a lui.
1. Le passage évangélique qu’on vient de lire, mes très-chers frères, a besoin pour être compris que l’oeil du coeur soit bien pur. Nous venons de voir en effet Jésus-Christ Notre-Seigneur et dans sa divinité, créateur de tout l’univers, et dans son. humanité, restaurateur de la nature déchue. L’Evangéliste Jean nous a montré ce spectacle. L’Evangile même nous a fait connaître l’étonnante grandeur de cet historien, et la dignité du serviteur nous indique de quelle valeur est le Verbe qu’il a fait connaître, ou plutôt combien ce Verbe est hors de prix, puisqu’il l’emporte sur tout. Ce qu’on achète vaut exactement le prix qu’on en donne, vaut plus ou vaut moins. Quand cela vaut le prix, il y égalité entre l’objet et le prix; si l’objet vaut moins, il est au dessous du prix, et au dessus s’il vaut davantage. Mais rien ne saurait égaler le Verbe de Dieu, ni être au dessus (486) ni être au dessous de lui comme valeur. Tout sans doute est au dessous de lui, puisque «tout a été fait par lui;» mais rien ne saurait en être le prix même inférieur. Et toutefois, si l’on peut parler ainsi, si la raison ou l’habitude permettent de s’exprimer de la sorte, le prix à donner pour acheter le Verbe est l’acheteur lui-même, et en se donnant à lui il s’enrichit. Voulons-nous acheter quelque chose? Nous cherchons ce que nous pourrons donner en échange de ce que nous désirons, et ce que nous donnons alors est hors de nous; s’il est dans nos mains nous nous en dessaisissons pour prendre en retour ce que nous achetons. Ainsi, quel que soit le prix d’achat, il faut le céder pour obtenir ce qu’on a en vue; on ne se cède pas pourtant soi-même, mais on acquiert l’objet qu’on paie. Quant au Verbe, il ne faut pas, pour se le procurer, chercher hors de soi, il faut se donner soi-même, et en se donnant on ne se perd pas comme on perd le prix d’une autre acquisition.
2. Ainsi le Verbe de Dieu s’offre à tous; l’achète qui le peut, et on le peut avec une volonté pieuse. Dans lui en effet, se trouve la paix, et cette paix passe sur la terre aux hommes de bonne volonté (Lc 2,14). Afin donc de se le procurer, il faut se donner, chacun en est comme le prix. Mais peut-on employer cette expression, quand en se donnant pour acquérir le Verbe on ne se perd pas, quand au contraire on se gagne en s’abandonnant à lui? Et que lui donne-t-on en se donnant? – On ne lui donne point quelque chose qui lui soit étranger, on lui rend pour le refaire ce que lui-même a fait, car «tout a été fait par lui.» Si en effet il a fait tout, il a fait sans aucun doute l’homme comme le reste. Si c’est à lui que doivent l’existence et le ciel, et la terre, et la mer, et tout ce qu’ils renferment, et toutes les créatures enfin; n’est-il pas plus manifeste encore qu’il est l’auteur de l’homme, fait par lui à l’image de Dieu.
3. En ce moment, mes frères, nous ne cherchons pas à expliquer comment peuvent s’entendre ces mots: «Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.» On peut les entendre dans le silence de la méditation, les paroles humaines n’en sauraient donner l’intelligence. C’est du Verbe de Dieu qu’il est ici question et nous voulons dire ce qui empêche de le connaître. Remaquez, nous n’entreprenons pas de le faire comprendre, nous exposons ce qui empêche d’en avoir une idée parfaitement juste.
C’est que ce Verbe est une forme, mais une forme qui n’est pas formée, et qui au contraire a formé tout ce qui l’est; formé immuable où il n’y a ni déchet, ni déclin, qui n’est astreinte ni au temps ni au lieu, qui domine tout et qui est partout, qui sert à la fois de fondement pour tout appuyer et de faîte pour tout couronner. Dire que tout est en lui, ce n’est pas une erreur; car ce Verbe est appelé la Sagesse de Dieu, et il est écrit: «Vous avez tout fait dans votre Sagesse (Ps 103,24).» Ainsi tout est en lui, et pourtant, parce qu’il est Dieu, tout est au dessous de lui. Ce qu’on vient de lire est incompréhensible, et si on l’a lu, ce n’était pas pour le faire comprendre à l’esprit humain, mais pour lui inspirer le regret de ne le comprendre pas, pour lui faire découvrir ce qui lui en ôte l’intelligence, pour le porter à écarter ces obstacles et à soupirer après la connaissance de ce Verbe immuable en changeant lui-même de mal en bien. Le Verbe en effet ne profite ni ne gagne à être connu, il reste toujours le même; le même si on s’approche de lui et le même si on reste près de lui; le même si on s’en éloigne et le même si on y revient, et en restant toujours le même il renouvelle tout. C’est ainsi qu’il est la forme de tout; mais forme incréée, indépendante, comme nous l’avons dit, et du temps et de l’espace. En effet ce qui est dans un lieu quelconque y est nécessairement circonscrit. Une forme circonscrite a des limites, des limites qui la prennent à son origine et la conduisent à son terme. De plus, ce qui est contenu dans un lieu, ce qui a un volume et une étendue quelconque, est moindre dans l’une de ses parties que dans son tout. Fasse le ciel que vous me compreniez!
4. A la vue des corps qui sont sous nos yeux, que nous touchons et au milieu desquels nous vivons, nous pouvons constater chaque jour que chacun d’eux, quelle qu’en soit la forme, occupe localement une place. Or tout ce qui occupe une place est moindre dans l’une de ses parties que dans son tout. Une partie du corps humain comme le bras, est sûrement moindre que tout le corps. Mais si le bras est moindre, il occupe un moindre espace. Ainsi la tête, autre partie du corps, occupe également un espace moindre parce quelle n’a pas autant de volume que tout le corps. Ainsi en est-il de tous les objets (487) contenus dans un lieu, ils sont moindres dans une de leurs parties que dans leur tout. Mais ne nous figurons, n’estimons rien de pareil dans le Verbe de Dieu; ne consultons point les impressions de la chair pour nous représenter les choses spirituelles. Ce Verbe divin, ce grand Dieu n’est pas moindre dans l’urne de ses parties que dans son tout.
5. Tu ne saurais te représenter cette propriété divine, et il y a plus de piété à ne pas la comprendre qu’à présumer d’en avoir l’intelligence. Souviens-toi que nous parlons de Dieu, car il est dit: «Le Verbe était Dieu.» Nous parlons de Dieu; est-il donc étonnant que tu ne comprennes pas? Si tu comprenais, ce ne serait pas Dieu. Avoue donc pieusement ton ignorance, plutôt que de prétendre témérairement avoir l’intelligence. Atteindre Dieu tant soi peu est un grand bonheur, le comprendre est chose absolument impossible.
Dieu est à l’esprit ce que le corps est aux yeux; on connaît Dieu comme on voit le corps. Crois-tu l’oeil capable de pénétrer tout ce qu’il voit? Tu te tromperais étrangement; tu ne vois aucun objet tout entier. Voir un homme en face, est-ce le voir en même temps par derrière? et le voir par derrière, est-ce en même temps le voir en face? A proprement parler tu ne comprends donc pas ce que tu vois, et si la mémoire ne conservait en toi le souvenir du côté que tu as vu, tu ne pourrais, en regardant d’un autre côté, dire que tu comprends quoi que ce soit, d’une manière même superficielle. Pour voir une chose, tu la manies, tu la tournes et la retournes; ou bien tu tournes toi-même pour la considérer sous toutes ses faces. Tu ne saurais donc d’un seul coup d’oeil la voir tout entière. En la tournant tu en vois les différentes parties et pour te persuader que tu l’as vue tout entière il faut te rappeler que tu les as vues l’une après l’autre. Ce n’est donc pas l’oeil, c’est la mémoire qui agit surtout ici.
Que ne peut-on alors, mes frères, dire du Verbe de Dieu? Des corps exposés à nos regards nous disons que la vue ne saurait les pénétrer tout entiers; comment donc l’oeil du coeur pourrait-il comprendre Dieu? C’est assez- pour lui, s’il est pur, de l’atteindre, et l’atteindre c’est en quelque façon le toucher d’une manière toute spirituelle, mais sans le comprendre; et encore la pureté est-elle requise. Or le bonheur de l’homme consiste à atteindre ainsi par le coeur ce qui est toujours heureux, ce qui est l’éternelle béatitude, ce qui est la vie, ce qui, est la sagesse parfaite, et pour l’homme la source de la sagesse; ce qui est l’éternelle lumière, et pour l’homme le foyer de toute lumière. Remarque donc comment ce tact invisible te transforme sans altérer l’Être mystérieux que tu atteins; en d’autres termes comment Dieu ne gagne rien à être connu, et comment tu profites en le contemplant.
Nous avons dit, il est vrai, que nous payons Dieu, mais ne nous figurons pas, mes très-chers frères, que nous l’enrichissons. Que lui donnons-nous qui puisse ajouter à son être? N’est-il pas le même si tu t’éloignes de lui, et le même si tu t’en rapproches? S’il désire qu’on le contemple, n’est-ce pas pour faire le bonheur de ceux qui le regardent et pour frapper d’aveuglement ceux qui se détournent? Car l’aveuglement est la première vengeance, le commencement des peines qu’il inflige à l’âme qui se détache de lui. N’est-ce pas tomber dans l’aveuglement que de s’éloigner de la lumière véritable, c’est-à-dire de Dieu? Cette peine n’est pas sensible, elle n’en est pas moins réelle.
6. Aussi, mes très-chers frères, sachons que sans parler de sa naissance temporelle, c’est d’une naissance toute spirituelle, qui le met à l’abri de toute altération et de tout changement, que le Verbe de Dieu est né de son Père. Mais comment persuader à certains infidèles qu’il n’y a rien de contraire à la vérité dans cette doctrine catholique que combattent les Ariens, infatigables ennemis de l’Eglise de Dieu? Les hommes charnels ne croient-ils pas plus facilement ce qu’ils voient?
On a donc osé dire: Le Père est plus grand et plus ancien que: le Fils; le Fils est inférieur au Père et moins ancien que lui. Et voici comme on raisonne: Si le Fils est né, évidemment le Père existait avant lui.
Soyez attentifs: que Dieu nous vienne en aide; implorez son secours par vos prières et par votre pieuse application à recueillir ce que lui-même nous donnera, nous inspirera pour vous; qu’il nous aide à expliquer de quelque manière le mystère que nous avons entrepris d’exposer. Je l’avoue cependant, mes frères, si je n’y réussis pas, attribuons-en la faute, non pas à la raison, mais à l’homme. Priez donc, je vous en conjure, je vous en supplie; touchez la miséricorde divine et qu’elle nous mette sur les lèvres les paroles qu’il est nécessaire, à vous d’entendre, et à nous de prononcer.
(c) Mgr Francesco Follo