Commentaire des lectures de la solennité de la maternité divine - 31 décembre 2014
1) La Mère.
À Noël, nous avons célébré la naissance du Fils. Aujourd'hui, nous célébrons la Mère. On ne peut pas séparer la mère de son enfant. L'Église célèbre la solennité de Marie, Mère de Dieu, pour nous rappeler que nous avons en elle un guide fiable et maternel sur notre chemin ici-bas. En elle, dans son amour et dans son obéissance, nous trouvons le chemin du retour à Dieu. C'est vers Elle que l'Église se tourne parce que Marie, la Mère du Seigneur, est dans le Christ, la Mère de toute l'humanité puisqu'elle participe du prolongement de l'amour que Dieu le Père a voulu nous donner à travers son Fils.
Dans l'étonnement et la joie, nous célébrons le fait que de la tendresse de la Mère de Dieu naît la paix pour tous les hommes: Marie, par la grâce de l'Esprit Saint, a donné au monde le Prince de la Paix, Jésus, rédempteur de l'humanité. Notre paix, le Christ, est dans les bras d'une mère: Marie, l'une de nous. La Paix, Jésus, né d'une femme, est le plus beau cadeau de Noël qui nous a été mis dans les bras. Il est le visage de la Paix qui brille pour éclairer nos visages, mendiant la paix. Nous mendions cette paix de la Vierge Mère et nous la trouverons, comme les bergers qui «sont allés, en hâte, et trouvèrent Marie et Joseph, et le nouveau-né couché dans une mangeoire. Après avoir vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. Quant à Marie, gardait toutes ces choses en son cœur, et les méditait. Les bergers s'en retournèrent, chantant la gloire et les louanges de Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé» (Luc 2, 16-20 - l'Évangile d'aujourd'hui). Ils avaient rencontré le Prince de la Paix, qui avait fait d'eux des hommes justes.
Si nous voulons un monde d'hommes justes, d'hommes qui sentent et vivent la fraternité, nous ne devons pas oublier le chemin de la crèche. La crèche nous parle de Dieu qui se fait Enfant et de sa Mère, qui nous Le donne. Elle Le met au monde la nuit, parce que l'amour est toujours un don qui fait naître le jour.
Et devant la crèche, l'Homme découvre qu'il est aimé, attendu, désiré: il comprend qu'il vaut la peine d'être un homme si Dieu lui-même s'est fait homme, il retrouve l'espoir et la joie de se sentir un frère parmi les frères.
Dans cette crèche se trouve le Fils de Dieu. Sans Jésus la crèche n'est que peu de chose: une étable avec des bêtes qui réchauffent un couple de pauvres parents d'un pauvre bébé. Si Jésus n'était pas le Fils de Dieu, le Roi des rois, les rois mages ne seraient pas entrés dans une étable. Ceux-ci, comme les bergers, ont vu, ont cru, se sont agenouillés et se sont prosternés. Faisons-le nous aussi !
Ils ont vu de la vraie paille et du vrai fumier, ils ont senti l'odeur de l'étable, mais surtout ils ont vu la Parole de Dieu faite chair, et ils ont été étonnés par l'Amour, dont la puissance se manifeste sans force violente. Dieu s'est «servi» d'un enfant.
L'émerveillement des bergers, des rois mages, de Joseph et de Marie n'était pas dû à l'intimidation que l'on éprouve habituellement devant un prodige - quelque chose de beau, d'exceptionnel, d'extraordinaire, ou de majestueux et, en général, d'impressionnant - mais cela venait de la présence du Prince de la paix, de l'Enfant Jésus, d'où émanait quelque chose de si spécial que tout le monde s'agenouilla devant Lui qui était couché sur la paille dans une étable.
2) Mère de tous, chaque jour de l'année
Et Marie? Comment la Vierge a–t-elle vécu son premier Noël? Marie aussi a entendu les mots, expliquant l'événement qu'elle avait vu et vécu. Les mots et les actes que Marie a gardés
2 dans son cœur, en elle-même, dans une écoute consciente, réfléchie et intelligente: le cœur signifie tout cela. L'écoute intérieure de Marie se prolonge, elle n'est pas éphémère.
L'expression de l'Évangile « Elle garde tout dans son cœur », nous dit que Marie ne conservait pas ces faits de façon passive, inerte, mais active et vivante, en reliant et confrontant une chose avec l'autre, en essayant de comprendre la logique profonde, la direction et la vérité des choses qui peuvent sembler sans rapport ou même contradictoires. Et c'est précisément ce que Marie a fait, d'une part, en écoutant les mots qui ont proclamé la gloire de l'Enfant (mots qu'elle avait elle-même entendus de l'ange à l'Annonciation) et d'autre part, en voyant « un bébé enveloppé de langes et déposé dans une crèche ». C'est la discordance habituelle entre grandeur et petitesse, gloire et pauvreté, qui constitue l'épine dorsale de l'événement chrétien. L'écoute de Marie devient ainsi une interprétation vraie et juste qui fait la lumière sur le mystère de Jésus.
Marie n'est pas seulement la mère de Jésus, elle en est aussi l'interprète la plus intime. Elle nous explique Noël, car Noël, ce n'est pas facile à comprendre. Donc, laissons-nous guider par Marie, qui gardait toutes ces choses, les méditant dans son cœur. Son cœur et son esprit cherchaient le fil d'or susceptible de réunir les contraires: une étable et « une multitude d'anges », une crèche et un « royaume qui n'aura pas de fin ». Comme elle, comme les bergers et les rois mages, nous aussi, conservons au moins l'étonnement: à Noël la Parole est un enfant qui ne peut pas parler, l'Éternel est seulement le matin d'une vie, le Tout-Puissant est un enfant qui ne sait que pleurer. Dieu recommence toujours ainsi, avec de petites choses et dans un profond silence.
Dieu a décidé de se révéler en naissant enfant. C'est là la profondeur du mystère de Noël racontée par la crèche de Bethléem, celle de nos églises et celle de nos maisons. Pendant trente ans, le Christ a vécu cette vie humble et simple pour nous sauver. La vie que Sa mère a embrassée. Cette vie cachée est vécue aujourd'hui, chaque jour, par les Vierges consacrées dans le monde. En plaçant leur espérance dans la Bienheureuse Vierge Marie, les Vierges consacrées dans le monde se tournent vers Marie comme «le prototype de la vie consacrée parce qu'elle est la mère qui accueille, écoute, intercède et contemple son Seigneur dans la louange du cœur» (Message du Synode sur la Vie Consacrée). Marie est modèle, guide et Mère dans tous les éléments fondamentaux de la vie consacrée: dans la suite des Évangiles, sous la forme du mariage avec le Christ (Jn 2,4-5. 11-12), « sans partage» (1 Co 7,. 32s); dans la pauvreté évangélique selon la vie à Bethléem et Nazareth (Luc 1-2; Mt 1-2); dans l'obéissance au dessein salvifique de Dieu (Lc 1,38); dans la virginité féconde spirituellement, sous l'action de l'Esprit Saint, pour être « la Femme » en union avec le Christ (Luc 1, 35; Jn 2, 4); dans la disponibilité au service et à la mission de l'Église pour une maternité nouvelle (Jn 19, 25, 27; Ap 12, 1 s); dans la vie de l'Église comme un lien de communion fraternelle et d'aide pour la vie spirituelle, apostolique, intellectuelle et humaine (Ac 1, 14).
C'est aussi ce que dit l'Évêque dans la messe de cons#233;cration des vierges dans le monde, lors du renvoi (rituel de consécration des vierges, n° 36) : « Que l'Esprit saint, qui fut donné à la Vierge Marie et qui a aujourd'hui consacré vos cœurs, vous anime de sa force pour le service de Dieu et de l'Église ».
Lecture Patristique
LETTRE DE SAINT ATHANASE À ÉPICTÈTE, ÉVÊQUE DE CORINTHE
En Marie, Dieu s'est vraiment fait homme.
Le Verbe a pris en charge la descendance d'Abraham, c'est pourquoi il devait se faire en tous points semblable à ses frères et prendre un corps pareil au nôtre. Aussi Marie est-elle vraiment nécessaire pour qu'il prenne ce corps en elle et l'offre en notre faveur comme étant le sien. L'Écriture rappelle son enfantement et dit : Elle emmaillota son fils ; le sein qui l'allaita a été déclaré bienheureux, et l'on a considéré qu'il est né d'elle comme pour l'offrande d'un sacrifice. Gabriel le lui avait annoncé en termes soigneusement choisis. Il n'a pas dit, de façon banale : « Celui qui va naître en toi » pour ne pas faire croire que ce serait un corps extérieur introduit du dehors ; il a dit : Celui qui va naître de toi, pour inviter à croire que celui qui allait naître sortirait d'elle.
Tout cela s'est fait ainsi pour que le Verbe, en assumant notre nature et en l'offrant en sacrifice, la fasse totalement sienne. Il a voulu nous revêtir ensuite de sa propre nature, ce qui permet à saint Paul de dire : Il faut que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité. Cela ne s'est pas fait de façon fictive comme certains hérétiques l'ont encore imaginé : jamais de la vie ! Le Sauveur est devenu vraiment homme, et le salut de l'homme tout entier est venu de là. Notre salut n'est pas une apparence, il n'est pas pour le corps seul, mais pour l'homme tout entier, âme et corps, et ce salut est venu du Verbe lui-même.
Ce qui est venu de Marie était donc humain par nature, selon les Écritures, et le corps du Seigneur était un vrai corps ; oui, un vrai corps, puisqu'il était identique au nôtre, car Marie est notre sœur, puisque nous descendons tous d'Adam.
Bien entendu, le Verbe ne s'est pas transformé en chair ; il seulement pris notre nature ; le mot de saint Jean : le Verbe s'est fait chair ne signifie pas autre chose, ainsi qu'on peut le voir à des expressions analogues, par exemple chez saint Paul : le Christ s'est fait malédiction pour nous. L'union du Verbe à la nature n'ajoute rien à la Trinité, tandis que le corps humain a reçu un grand avantage de sa communion et de son unité avec le Verbe : de mortel il est devenu immortel, de purement humain il est devenu spirituel et lui qui vient de la terre, il franchit les portes du ciel. Certes, même après que le Verbe a pris un corps en Marie, la Trinité demeure la Trinité, sans addition ni diminution. Elle est toujours parfaite : dans la Trinité on reconnaît l'unique divinité, et c'est ainsi que dans l'Église on proclame un seul Dieu, le Père du Verbe.
Les temps sont accomplis :
Aujourd'hui naît d'une femme,
celui qui nous rend fils de Dieu.
Son visage brille sur nous
et son Esprit pénètre nos cœurs.
1 En cette solennité, nous nous arrêtons ensemble sur le mystère de Marie, la Mère de Dieu. L'Évangile qui nous est proposé est celui de la messe de l'aurore du jour de Noël, c'est-à-dire celui de la visite des bergers à l'Enfant Jésus. Ce passage, cependant, offre deux petites variations : il n'est pas fait mention des anges qui disparaissent après avoir annoncé la nouvelle aux bergers, et à la fin, vient s'ajouter le verset 21 qui parle de la circoncision de l'Enfant et du nom qui lui est donné. En effet, chez les Juifs, les enfants étaient soumis à cette pratique qui montrait leur appartenance au peuple d'Israël et ils recevaient alors le nom par lequel ils seraient connus toute leur vie. Avant la réforme liturgique du Concile Vatican II, on célébrait ce jour-là la fête de la circoncision de Jésus et de Son Saint Nom, comme le rite ambrosien continue de le faire encore aujourd'hui. Après le Concile Vatican II, dans le rite romain, on a décidé de déplacer la fête de Marie Mère de Dieu, un dogme qui fut proclamé lors du Concile d'Ephèse en 431.
2Le verbe garder , seul verbe à l'indicatif qui, pour cette raison, régit toute la phrase, ne signifie pas uniquement se rappeler, mais il souligne le soin et l'attention, comme lorsque l'on tient entre ses mains quelque chose de précieux.
Commentaire des lectures de la solennité de la Fête Dieu - Année A - 22 juin 2014
1) Pain de Vie et d'Amour
Pour entrer dans le mystère de l'Eucharistie, il est, me semble-t-il, nécessaire de se souvenir des paroles de Jésus : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique pour que le monde soit sauvé par lui « (cf. Je 3,16).
L'Eucharistie est le sacrement qui perpétue ce don qui vient de l'amour fidèle de Dieu.
C'est pourquoi, pour la fête du Corps et du Sang du Christ, la liturgie propose comme première lecture de la messe de ce jour un passage du Deutéronome qui est une invitation à se souvenir que, pendant l'exode, Dieu a toujours été près du peuple d'Israël. Dans son amour fidèle, Dieu n'a pas hésité à mettre à l'épreuve les Hébreux au désert, mais il a toujours été près d'eux et Il leur a donné la manne pour qu'ils puissent poursuivre la route jusqu'à la terre promise.
Dans la deuxième lecture, saint Paul nous parle de la finalité de l'Eucharistie qui est de « former un seul corps » (cf. 1Co, 17), d'être tous en communion avec le Christ et d'être frères entre nous, en d'autres termes, d'être l'Église nourrie du pain eucharistique partagé. Communion signifie échange, partage. Or la règle fondamentale du partage s'énonce ainsi : ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi. Mais qu'est-ce qui est vraiment « à moi » ? La misère, le péché : c'est cela seul qui est exclusivement à moi. Et Jésus, qu'a-t-il « à lui » ? La sainteté, la perfection de toutes les vertus. Dès lors, la communion consiste en ceci que moi je donne à Jésus mon péché et ma pauvreté, et Lui, me donne sa sainteté. C'est là que se réalise « le merveilleux échange », comme le définit la liturgie.
Dans la troisième lecture, un passage du chapitre 6 de l'Évangile de saint Jean nous montre la volonté de Jésus de nourrir tous les hommes de sa chair et de les désaltérer de son sang pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance.
Quand nous recevons la communion, le prêtre dit « le Corps du Christ », et le fidèle répond « Amen ». Nous devons donc être membres du Corps du Christ pour que notre Amen soit vrai. C'est un mystère d'unité, de piété et de charité. Un seul pain, un seul corps, fait de beaucoup d'autres. Le pain n'est pas fait d'un seul grain de blé, mais d'un grand nombre de grains. « Au baptême vous avez été imprégnés d'eau. Le Saint Esprit est alors venu en vous comme le feu qui cuit les pâtes. Soyez donc ce que vous recevez et recevez ce que vous êtes » (Saint Augustin).
Il n'en est pas moins important de souligner certains points qui ne sont pas des détails insignifiants. Dans l'Évangile de Jean, nous constatons que l'Apôtre préfère le mot « chair »1 au mot « corps ». Il veut, probablement, mettre en évidence le réalisme de l'incarnation (« le Verbe s'est vraiment fait chair ») par opposition aux opinions qui tendaient à dénier au Fils de Dieu la capacité à assumer une vraie et totale humanité. Puis on notera la dimension universelle : cette sainte nourriture est pour la vie du monde entier, et enfin, une insistance qui n'a rien de fortuit : manger la chair et boire le sang est indispensable à la vie. Le Christ est la vraie nourriture pour la vraie vie des hommes.
La bienheureuse Mère Thérèse de Calcutta disait à se sœurs qu'elles « devaient traiter les malades comme le prêtre traite l'hostie consacrée » et elle ajoutait cette expérience, fruit de la Communion et de l'Adoration : « Quand j'adore Jésus dans l'Eucharistie, je vois les pauvres, et quand je suis auprès des pauvres, je vois Jésus ».
2) Appel, cheminement et adoration
La célébration de la fête du Corps et du Sang du Christ ne consiste pas seulement à célébrer une messe avec une solennité particulière. Une procession est aussi prévue dans les rues de la ville ou du village.
Dans toutes les paroisses de la terre, l'Église, le peuple de Dieu réuni autour de l'Eucharistie, avance aujourd'hui devant tout le monde avec une ambition des plus généreuses : celle de posséder et offrir, sous la forme d'un morceau de pain et d'une gorgée de vin, la chair et le sang de Jésus, de celui qui s'est dit le Christ, le Fils de Dieu fait homme, de celui qui est le Rédempteur de l'homme et du monde entier.
Pendant la procession, un peu de ce pain « consacré » est placé dans un précieux ostensoir et est porté par les rues, entre les mains du prêtre, pour être adoré comme le sacrement dans lequel le Seigneur du monde est réellement présent.
Personne n'est obligé d'y croire. Mais la certitude d'un peuple qui grandit dans le monde et qui est ici présent invite tous les hommes à « vérifier » quelle part de vérité peut exister dans ce qu'il est proposé de croire.
Pour tous, croyants ou pas, c'est aujourd'hui une grande occasion de repenser à cette foi de l'Église. Le croyant doit en retrouver les raisons pour la raffermir en lui-même. Celui qui ne croit pas encore doit se confronter aux raisons qu'on lui donne. De toutes ces raisons, la plus importante est la « résistance » de cette foi qui, jusqu'à nos jours, « fait » les martyrs (on en dénombre quelque quarante-cinq millions au XXe siècle) et les saints qui donnent toute leur vie par amour pour ce Christ présent dans l'Église, dans l'Eucharistie, dans nos frères.
La procession d'aujourd'hui est différente de celle du Jeudi Saint, lorsque, après la première Cène eucharistique, les apôtres accompagnèrent le Christ au Mont des Oliviers. C'est un cheminement avec le Christ Ressuscité, donc plein de joie, d'étonnement serein, d'adoration, qu'est la prière qui se fait regard. « L'adoration est la prière qui prolonge la célébration et la communion eucharistique dans laquelle l'âme continue de se nourrir : elle se nourrit d'amour, de vérité, de paix ; elle se nourrit d'espérance parce que celui auquel on s'adresse ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme » (Benoît XVI, 2 mai 2008).
Dans cet « exode » eucharistique, les Vierges consacrées dans le monde offrent un exemple. Dans l'Eucharistie, le Christ ne cesse d'aller vers le monde. Ces femmes, dévouées à Lui, avec Lui vont vers le monde. C'est une partie de leur vocation spécifique que de Le porter, présent sous l'espèce du pain et présent dans leur cœur, sur les chemins du monde qu'elles Lui confient en s'en remettant à Sa bonté. A l'exemple des Vierges consacrées, que notre personne soit une maison pour Lui et avec Lui, et que chaque jour de notre vie soit pénétrée de sa présence.
Elles vivent de l'Eucharistie et témoignent que l'Eucharistie assumée avec foi engendre une vraie communion avec Dieu et donc avec le prochain. Le Pain consacré et partagé est le signe visible de cette communion. Il est sacrement de charité et le geste de le rompre et de le distribuer doit être un signe d'amour et d'accueil. L'Eucharistie est le Pain de chaque jour pour le chemin des personnes réunies, appelées à louer Dieu et à vivre de Lui.
Avec l'Eucharistie, le Seigneur ne nous laisse pas seuls dans ce cheminement. Il est toujours avec nous. Toujours. Mieux même : Il désire partager notre sort jusqu'à s'identifier à nous. Mais n'oublions pas qu'il ne suffit pas d'avancer. Sans critères de référence, nous risquons de nous égarer, de finir dans un précipice, ou bien de nous éloigner plus rapidement du but, s'Il ne nous montre pas le chemin. Dieu nous a créés libres, mais Il ne nous a pas laissés seuls : Il s'est fait Lui-même « chemin » et Il est venu marcher avec nous pour donner à notre liberté la capacité de discernement qui nous permette de choisir la bonne route et de la suivre.
Cheminer avec le Christ est liberté, et s'agenouiller devant l'eucharistie l'est aussi parce que c'est une affirmation de notre liberté. Celui qui s'incline devant Jésus ne peut et ne doit se prosterner devant aucune puissance terrestre, si forte soit-elle. Nous chrétiens, nous agenouillons en adoration uniquement devant le Saint Sacrement parce que nous savons et nous croyons qu'Il est présent, Lui, l'unique vrai Dieu, qui a créé le monde et l'a tant aimé qu'Il a donné son Fils unique (Je 3,6).
Lecture Patristique : Saint-Augustin
Commentaire du Psaume 137
“Je vous adorerai dans votre saint temple ». Quel est ce saint temple ? Celui où nous devons habiter, où flous devons adorer. Car nous courons pour adorer Dieu. Notre cœur gonflé veut enfanter, et cherche où il pourra le faire. Or, quel est ce lieu où il faut adorer Dieu? Quel est ce monde? Quel est cet édifice ? Quel est son trône dans le ciel, au milieu des étoiles? Nous le cherchons dans les saintes Écritures et nous le trouvons dans la Sagesse: « Pour moi», dit-elle, « j'étais avec lui, et chaque jour je faisais ses délices ». Puis elle chante les oeuvres de Dieu et nous indique son trône. Quel est-il? « Quand Dieu », dit- elle, « affermissait les nuées en haut, quand il établissait son trône au-dessus des vents ». Mais son trône est aussi son temple. Où donc irons-nous? Est-ce pardessus les vents qu'il nous faudra l'adorer? S'il faut l'adorer par-dessus les vents, les oiseaux l'emportent sur nous.
Mais si nous appelons âmes les mêmes vents, c'est-à-dire, si les vents sont une figure symbolique des âmes, selon cette expression d'un autre psaume : « Il a volé sur les ailes des vents »c'est-à-dire sur les vertus des âmes, ce qui fait qu'un souffle de Dieu prend le nom de vent ou d'âme ; non point qu'il nous faille entendre par là ce vent qui pousse notre corps et qui est sensible, mais quelque chose d'invisible qui échappe à la perspicacité de nos yeux, à la sensibilité de nos oreilles, au discernement de l'odorat, à la perception du goût, au toucher des mains : mais une certaine vie, qui nous anime et que l'on appelle âme; si, dis-je, nous entendons ainsi les vents, il n'est pas nécessaire de chercher des ailes visibles, pour voler avec les oiseaux et adorer Dieu dans son temple; mais nous trouverons que Dieu est assis au-dessus de nous-mêmes, si nous voulons lui être fidèles.
Voyez si tel n'est point le sens de ces paroles de l'Apôtre : « Le temple de Dieu est saint et vous êtes ce temple ». Il est certain néanmoins, il est évitent que Dieu habite dans les anges. Donc lorsque dans la joie qui nous vient des biens spirituels, et non des biens terrestres, nous chantons des hymnes à Dieu en présence des anges, cette congrégation des anges devient le temple de Dieu, et nous adorons le Seigneur dans son temple. Quant à l'Église de Dieu, elle est sur la terre et dans le ciel ; l'Église de la terre se compose de tous les fidèles, l'Église du ciel de tous les anges. Mais le Seigneur des anges est descendu vers l'Église d'ici-bas, et ses anges le servaient, lui qui était venu pour nous servir 3. «Car», nous dit-il, «ce n'est point pour être servi, mais pour servir, que je suis venu ». Que nous a-t-il servi, sinon ce qui fait aujourd'hui notre nourriture et notre breuvage? Si donc le Maître des anges a bien voulu nous servir, ne désespérons pas d'être un jour les égaux des anges. Celui qui est plus grand que les anges s'est donc abaissé jusqu'à l'homme, le Créateur des anges s'est revêtu de l'homme, le Maître des anges est mort pour l'homme. « Je vous adorerai dans votre saint temple » : c'est-à-dire, dans ce temple qui n'est pas fait de la main des hommes, mais que vous avez fait.
« Je confesserai votre nom dans votre miséricorde et votre vérité ». Tels sont les deux attributs que nous voulons chanter, comme il est dit dans un autre psaume « Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité ». Tels sont, ô mon Dieu, les deux attributs que nous confessons. Votre miséricorde et votre vérité ; c'est par la miséricorde que vous jetez sur le pécheur un regard favorable, et par la vérité que vous tenez à vos promesses. « Je vous confesserai dans votre miséricorde et dans votre vérité ». Et c'est là ce que je veux vous rendre selon les forces que je tiens de vous, en exerçant la miséricorde et la vérité; la miséricorde par l'aumône, la vérité dans mes jugements. C'est en cela que Dieu nous aide, en cela que nous méritons Dieu ; et dès lors, toutes les voies du Seigneur sont la miséricorde et la vérité ; il ne vient à nous par aucune autre voie, et nous n'avons aucune autre voie pour aller à lui.
NOTE
1 Le terme utilisé par saint Jean pour « chair » est « sarx », qui correspond à l'hébreu « basar » : ce terme sémitique ne signifie pas tant la chair au sens matériel, comme nous l'entendons, mais l'humanité, la personne. Dans le langage de la Bible, l'expression « chair et sang » désigne la personne humaine dans sa réalité historique, l'homme total dans sa manifestation concrète. Par conséquent, l'expression « manger la chair » ne fait pas référence à l'anthropophagie, à une forme de cannibalisme, mais elle indique plutôt le fait d'entrer en communion totale avec le Sauveur.
Commentaire des lectures du XXV Dimanche du temps ordinaire – Année A - 21 septembre 2014
1) Une injustice apparente
Avec la parabole du maître de la vigne qui à différents horaires du jour appelle des ouvriers à travailler dans son domaine et qui le soir donne à tous le même salaire, un denier
[1]. Cette pièce d'argent donnée à tous les ouvrier suscite la proteste des ouvriers de la première heure,. Mais par cette parabole Jésus nous aide à entrer dans la logique de Dieu dont la façon de penser es vraiment différente de la notre : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur » (Is 55,8).
[2]
Cette parabole est consolante depuis le début, parce qu'elle nous rassure : l'humanité est la vigne, la passion, le champ préféré par Dieu, qui s'en occupe avec soin en sortant cinq fois
[3] pour chercher des ouvriers.
Le point critique du recit évangélique se trouve au moment de donner le salaire : Dieu, le Seigneur de la vigne, commence par les derniers, les ouvriers de l'onzième heure, et à qui n'a travaillé qu'une heure donne un salaire égal à celui établi pour ceux qui avaient travaillé douze heures.
Les ouvriers embauchés les premiers, au lieu d'être heureux d'avoir travaillé avec un bon Maître, se déplaisent pour cette apparente injustice, qu'en réalité est une plus généreuse justice. En effet le Maître donne à tout le monde ce qu'il a promis, pourtant il reconnaît à celui qui est arriver au dernier moment et qui a néanmoins travaillé avec le même espoir, le droit de jouir , comme les autres, du même Royaume, pour lequel il a travaillé jusqu'au coucher du soleil.
Si le premier enseignement de la parabole est celui de rappeler que Dieu s'occupe avec sollicitude de l'humanité symbolisée par la vigne, le deuxième est que l'être appelés à cette collaboration est déjà la première récompense : pouvoir travailler dans la vigne du Seigneur, se mettre à son service, collaborer à son œuvre est déjà en soi un prix inestimable, qui récompense de tout effort. Certes, cet enseignement est compris seulement par ceux qui aiment le Seigneur et son Royaume. Par contre celui qui y travaille seulement par son intérêt ne s'apercevra jamais de ce très grand trésor.
L'argent dont parle la parabole n'est pas seulement la pièce qui permet de vivre un jour, mais il est Dieu même qui se donne à nous pour nous permettre de vivre dans le jour sans fin. Dieu ne peut donner pas moins que tout, en agissant avec justice et charité, qui sont des réalités différentes seulement pour nous, les êtres humains.
Les hommes distinguent attentivement un acte juste d'un acte d'amour. Justice pour nous est « ce qui est dû à l'autre, alors que miséricordieux est ce qui est donné par bonté ; et une chose semble exclure l'autre. Mais pour Dieu c'est tout à fait différent : en Lui charité et justice coïncident ; il n'y a pas d'action juste qui ne soit aussi un acte de miséricorde et de pardon, et au même temps il n'y pas une action miséricordieuse qui ne soit pas parfaitement juste.
Notre logique est véritablement très distante de celle de Dieu. L'agir de Dieu est complètement différent de celui des hommes : Il nous invite à saisir et observer le vrai esprit de la loi, pour lui donner un accomplissement complet dans l'amour envers celui qui est dans la besogne. « le plein accomplissement de la loi, c'est l'amour » (
Rom 13,10) : notre justice sera d'autant plus parfaite quant plus sera animée par l'amour de Dieu et des frères.
2) La vocation à travailler dans la vigne de Dieu
Avec le prétexte d'affirmer notre humain et limité concept de justice on risque de contester la bonté et la miséricorde de Dieu. On risque d'être envieux parce qu'Il est bon. Si l'on repense à la parabole du Fils prodigue on voit qu'il arrive une chose semblable quand le Père miséricordieux accueille les bras ouvertes le fils débauché, qui a gaspillé en la pire des manières l'héritage qu'il avait prétendu. En outre le Père organise pour lui une grande fête, qui malheureusement suscite l'indignation et la jalousie du frère ainé. Aussi ce dernier donc se considère injustement victime d'une évidente, mais en réalité apparente, injustice.
Dieu dans son infinie bonté se donne soi-même et aussi tous ses biens non pas de façon arbitraire, mais plutôt selon la logique de son amour infini. Il invite, il donne la vocation à tout le monde : et si les premiers ont répondu avec une pleine disponibilité et amour sincère à son invitation, ceux-ci ont la joie de travailler pour Dieu depuis plus longtemps.
Je pense donc que le thème de fond de la parabole des ouvriers appelés à travailler dans la vigne soit le
« salut », qui est un don que Dieu réserve à tous à pleines mains et que chacun peut accueillir aussi à la dernière heure. A ce propos vient à l'esprit l'épisode émouvant du bon larron crucifié à côté de Jésus sur le Golgotha. L'invitation s'est manifestée comme initiative miséricordieuse de Dieu à lui qu'en mourant disait :
« Jésus souviens-toi de moi quand tu viendras ton Royaume ». et de la bouche du Rédempteur condamné à mort sur croix sortit la vocation pour lui :
« Amen, je te le dis : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (
Lc 23, 42 – 43).
Pour annoncer l'Évangile Jésus n'a pas utilisé le critère du mérite ou de la réciprocité : il a donné et pardonné. Il n'a pas donné quelque chose, mais il a offert soi-même. Lui, qui avait louangé la veuve qui avait donné tout ceux qu'elle avait pour vivre (cfr. Lc 21,4), il a donné tout ce qu'il était, Sa vie, afin que l'humanité entière puisse vivre d'elle.
Pour annoncer l'Évangile, on doit répondre humblement mais promptement à la vocation du Seigneur qui nous invite à être ouvriers actifs dans Sa vigne.
Soudainement la question naît:
« comment ? ». Si l'on cultive la semence de la foi, par le biais de la participation aux sacrements, nous serons en degré de dédier notre existence à la mission, à laquelle le Crist nous appelle tous, en témoignant avec la vie que le salut n'est pas question d'intérêts économiques, ni jaillit d'un rapport entre employeur et salarié. Cette collaboration e concrétise à partir de la seule, gratuite bienveillance de Dieu qui n'utilise pas le critère du
« do ut des » (je te donne afin que tu me donnes), mais du
« do ut es (sis) », c'est-à-dire je te donnes afin que tu sois.
Les chrétiens tous doivent utiliser cette méthode du Christ et d'une vie donnée à Dieu sans calcul préalable et sans mesure dont les vierges consacrées du monde entier sont un témoignage particulier. Avec le don d'elles-mêmes au Christ elles montrent que la vigne n'est pas seulement le peuple de Dieu mais elle le Christ lui-même, auquel adhérer comme les sarments à la vigne. On doit donc se répéter souvent ces mots de Jésus :
« Moi je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron (…) Demeurez en moi comme moi en vous » (Jn 15, 1. 4). Ces simples mots nous révèlent la communion mystérieuse qui lie en unité le Seigneur et les disciples ; le Christ et les baptisés.
Ces femmes vivant unies au Christ et aux frères montrent une communion vive et vitale, pour laquelle les chrétiens non appartiennent à eux-mêmes mais ils sont du Christ, comme les sarments appartiennent à la vigne.
Mais ces consacrées sont témoins
« d'une différente manière de faire, d'agir et de vivre ! il est possible de vivre différemment en ce monde. On est en train de parler d'un regard eschatologique, des valeurs du Royaume incarnées sur terre. Il s'agit de tout quitter pour suivre le Seigneur. Non, je ne veux pas dire « radical ». la radicalité n'est pas seulement des religieux : elle est demandée à tous. Mais les religieux suivent le monde de façon prophétique. Moi j'attend de votre part ce témoignage. Les religieux doivent être des hommes et des femmes capables de réveiller le monde » (Pape François). Les consacrées sont des femmes qui avec la prophétie de leur vie annoncent l'esprit de l'Évangile. Et afin que leur vie soit toujours une prophétie, l'Evêque étend ses mains et prie :
« Seigneur accorde ton soutient et la protection à celles qui sont devant toi et qui attendent de leur consécration une augmentation d'espoir et de force » (Rituel de consécration des Vierges, n.64).
Lecture Patristique : Les heures de l'histoire du salut
Homélie de saint Augustin (+ 430):
Sermon 87, 1.4-6; PL 38, 530-533.
La parabole des ouvriers de la vigne que vous venez d'entendre lire dans l'évangile est bien appropriée au moment présent, puisque nous sommes maintenant au temps des vendanges. Mais il existe aussi une vendange spirituelle, au cours de laquelle Dieu se réjouit des fruits de sa propre vigne. <>
Le Royaume des cieux est comparable au père de famille qui sortit afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne (
Mt 20,1). <> Celui-ci, à la fin du jour, ordonna de remettre à chacun son salaire,
en commençant par les derniers pour finir par les premiers (
Mt 20,8). <>
Que faut-il donc entendre par
en commençant par les derniers! Le texte ne dit-il pas que les ouvriers vont recevoir leur salaire? Aussi bien, d'après un autre passage de l'évangile, le Seigneur dira à ceux qu'il placera à sa droite:
Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde (
Mt 25,34). Tous ensemble, ils doivent donc attendre pour recevoir leur salaire. Cela étant, comment comprendre que les ouvriers engagés à la onzième heure sont payés en premier lieu, tandis que ceux de la première heure le sont en dernier lieu? Je remercierai Dieu si j'arrive à vous le faire comprendre. Quant à vous, vous devez remercier Celui qui se sert de nous pour vous prodiguer ses largesses; en effet, ce que nous vous donnons ne vient pas de nous.
Voici par exemple un homme qui a reçu son salaire après une heure, et un autre après douze heures de travail. Si l'on demande lequel des deux l'a reçu le premier, tout le monde répondra: "Celui qui l'a reçu après une heure de travail l'a eu avant celui qui l'a reçu après douze heures de travail." C'est ce qui se passe dans la parabole: tous les ouvriers ont reçu leur salaire à la même heure, mais les uns après une heure, et les autres après douze heures de travail. Aussi peut-on dire que ceux qui l'ont reçu après un temps plus court, ont été payés les premiers.
Les justes venus au monde en premier, comme Abel et Noé, ont été, pour ainsi dire, appelés à la première heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. D'autres justes, venus après eux, Abraham, Isaac, Jacob et tous ceux qui vivaient à leur époque ont été appelés à la troisième heure, et ils obtiendront le bonheur de la résurrection en même temps que nous. Il en ira de même pour ces autres justes, Moïse, Aaron et tous ceux qui furent appelés avec eux à la sixième heure; puis les suivants, les saints prophètes, appelés à la neuvième heure, goûteront le même bonheur que nous.
Tous les chrétiens sont, pour ainsi dire, appelés à la onzième heure; ils obtiendront, à la fin du monde, le bonheur de la résurrection avec ceux qui les ont précédés. Tous le recevront ensemble. Voyez pourtant combien de temps les premiers attendront avant d'y parvenir. Ainsi, ils obtiendront ce bonheur après une longue période, et nous, après peu de temps. Bien que nous devions le recevoir avec les autres, on peut dire que nous serons les premiers, puisque notre récompense ne se fera pas attendre.
Quand il s'agira de recevoir la récompense, nous serons tous à égalité, les premiers comme s'ils étaient les derniers, et les derniers comme s'ils étaient les premiers. Puisque aussi bien la pièce d'argent de la parabole est la vie éternelle, sa possession sera aussi la même pour tous. Néanmoins, en raison de la diversité des mérites, l'un resplendira plus, l'autre moins. Quant à la vie éternelle, elle sera la même pour tous, car ce qui est éternel ne durera ni plus longtemps pour l'un, ni moins longtemps pour l'autre; ce qui n'a pas de fin n'en aura ni pour moi ni pour toi. Alors, autre sera la splendeur de la chasteté conjugale, autre la gloire de la pureté virginale. Le fruit des bonnes oeuvres brillera de tel éclat, la couronne de la passion de tel autre, la gloire de l'un différera de celle de l'autre. Mais pour ce qui est de la vie éternelle, l'un ne vivra pas plus que l'autre, ni celui-ci plus que celui-là. En effet, chacun vivra également sans fin, tout en possédant sa propre gloire: car la pièce d'argent, c'est la vie éternelle!
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NOTES
[1] Un denier était ce qui était suffisant à un famille pour vivre une journée. Donc le Maitre ne pense pas seulement aux travailleur, mais aussi aux ceux qui ont une maison. On sait que si un homme ne travaille pas une journée, toute sa famille ne mange pas.
[2] Première lecture de la Messe de ce dimanche. La parabole des ouvrières appelés pour aller travailler dans la vigne en est l'Évangile.
[3] Les heures du jour sont appellées à la façon ancienne (heure tierce, sexte, none..,) font penser à la prière de l'Église étale tout au long de la journée. Cette prière est un appel quotidien : elle aussi est une œuvre nécessaire et capable de cultiver la vigne afin que les fruits maturent.