Célébration de fin d’année : Action de grâces et demande de pardon; Célébration de fin d’année. 31 décembre 1977.
Relation entre Dieu et son peuple
La communauté qui est réunie autour de l’autel de la cathédrale se sent comme l’héritière de ce Peuple de Dieu, Israël que Dieu choisit pour y déposer ses promesses, ses bénédictions. Quand vint le Promis, lorsque les promesses parvinrent à leur plénitude de leur accomplissement dans la personne du Christ, naquit le nouvel Israël, le peuple chrétien. Ce que nous avons entendu dans la première lecture ne fait plus uniquement référence aux relations entre cet Israël de l’Ancien Testament et son Dieu, mais également, celle de cet Israël moderne, le christianisme de 1977 qui est sur le point de commencer à être le Peuple de Dieu de 1978. […]
Bénédiction de Dieu à son peuple
Invoquer le nom du Seigneur est une expression classique de la Bible qui signifie non seulement l’invoquer des lèvres, mais prendre conscience que nous sommes le Peuple de Dieu. Cela veut dire que l’Église de Dieu est engagée dans l’histoire humaine. Cela signifie invoquer le nom de Dieu sur son peuple, que ce peuple a un engagement avec ce Dieu et que dans sa destinée historique, ce peuple doit rendre gloire à Dieu non seulement par l’expression de leurs bons sentiments, sinon en réalisant une société qui est en vérité la société des enfants de Dieu. Société où la paix ne soit pas uniquement l’équilibre de la terreur, où la paix ne soit pas le silence des cimetières, où la paix soit la dynamique heureuse d’un Dieu de paix qui précisément pour être un Dieu de la paix construit, se dépense, dirions-nous, en bontés, réalisant la merveille multiforme de la création. Et ses enfants doivent faire de même : une paix qui se construit dans la justice, dans l’amour et dans la bonté. 31/12/77, p. 111-112, III.
1) Une Action de Grâce
Parce que l’Église, le peuple de Dieu de cette communauté de 1977, marquée par ce que nous avons appelé : une heure de Pâques et de Croix. Croix dans la douleur de la persécution, croix dans l’assassinat des prêtres qui moururent cette année. Ils ne devraient pas être morts, ils devraient être encore en train de travailler avec nous, mais nous les énumérons déjà parmi les défunts, non pas par la volonté de Dieu, sinon par le crime des hommes. Croix de la persécution que nous sentons en voyant les postes laissés vacants par ces prêtres qui nous ont quittés cette année, dans la terreur des communautés où l’on réfléchit la Parole de Dieu et, comme aux premiers temps du christianisme, l’on suspecte le christianisme d’attenter à la paix des hommes qui pensent rendre un service à Dieu en tuant les chrétiens.
C’est une heure de croix parce que l’Église souffre également dans son cœur les multiples outrages à la vie, à la liberté, à la dignité humaine. L’Église, chargée de la gloire de la terre, sent qu’en chacun est inscrite une image de son Créateur et que tous ceux qui l’outragent offensent Dieu. Et elle doit élever la voix. Elle sent aussi qu’on lui crache au visage, qu’on lacère son dos, croix de passion.
Tout ce qu’ont souffert les hommes et les femmes, même s’ils n’ont pas la foi, mais ce sont quand même des images de Dieu qui ont soufferts. Il n’y a pas de dichotomie entre l’image de Dieu et l’être humain. Celui qui torture quelqu’un, qui offense une personne, qui outrage un être humain, offense l’image de Dieu et l’Église sent comme sienne cette croix, ce martyre. 31/12/77, p.112, III.
2) Une supplique de pardon
Alors que nous nous lamentions et que nous criions contre la persécution, alors que nous rejetions et que nous répudiions la violence qui fit couler tant de sang en 1977, notre cri ne fut jamais celui de la vengeance. […] L’Église ne hait pas. Comme Étienne le martyr – que nous célébrons ces jours-ci – qui, alors qu’il périssait lapidé, éleva la voix, la voix de l’Église (Ac 7,60) : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » Nous avons vécu, qui sait, l’année le plus tragique de notre histoire, mais ce fut en même temps pour l’Église l’année la plus féconde de notre histoire ecclésiastique. […] Ce que je fis cette année devant le cadavre d’un prêtre assassiné, je veux le faire à nouveau en cette fin d’année : un appel afin que tous fassent un effort pour la paix, que nous construisons cette paix dynamique qui s’élance d’une Église qui tente de demeurer fidèle à son Évangile. 31/12/77, p.113-114, III.
3) Action de grâce pour tâcher d’être fidèle à l’Évangile.
L’Église a cela bien clair dans son programme : être fidèle à son Évangile, tenter d’analyser sa propre vie, ses relations sociales, sa situation dans le monde à la lumière de l’Évangile, car seul ce qui peut résister à cette lumière est authentique. Aucun bonheur d’un des fils de l’Église ne peut être authentique s’il ne se fonde pas dans l’Évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ qui proclame : « Bienheureux ceux qui ont le cœur libre des prisons de la richesse, de l’égoïsme, des vengeances, des rancœurs, des haines. » C’est cette attitude que je vous demande d’avoir, très chers catholiques, en ce début d’année. […]
Nous avons tous besoin de nous convertir, moi le premier, mes prêtres, mes religieuses, les laïcs baptisés. Une conversion aux promesses de notre baptême, renonçons à tout le mal et convertissons-nous à tout ce qui est évangélique. […] Je me réjouis, frère, que dans le camp protestant se réalise une sérieuse révision pour vivre l’Évangile. Il a déjà des conflits. Béni soit Dieu! Parce que lorsqu’on met la main dans la plaie conflictuelle de l’histoire, il se produit des conflits, il y a des douleurs. Et le protestantisme est en train lui aussi de mettre la main dans cette plaie, ils sont en train de dire qu’il n’est pas possible d’être de véritables protestants, de véritables disciples de l’Évangile sans en tirer toutes les conclusions que l’Évangile a pour les réalités de cette terre. On ne peut pas vivre un Évangile trop évangélique, un Évangile de conformisme, un Évangile qui ne soit pas une paix dynamique, un Évangile qui ne contienne pas de dimensions exigeantes envers les choses temporelles également. […] Une convivialité fraternelle qui s’inspire dans le sens d’une société démocratique, mais dans son sens véritable, non dans les abus de cette parole, sinon dans le sens que tout homme soit respecté dans ses droits légitimes, dans ses droits primitifs qu’il a reçus dès sa création. 31/12/77, p. 114, III.
Sainte Marie, mère de Dieu - 1er janvier 1978; Lectures : Nombres 6,22-27; Galates 4,4-7; Luc 2,16-21.
Nomination de l’évêque auxiliaire
En ce sens je vous dis que, lorsqu’ils nommèrent Monseigneur Rivera, évêque de Santiago de María, il s’agit là de l’expression de la confiance du Pape envers cette personne désignée, et tout autant de la garantie que la prédication de ces évêques est véritablement en accord avec la doctrine actuelle de l’Église que nous devons tous mettre à jour dans la pensée d’une Église qui veut être toujours davantage incarnée dans les réalités du peuple.
Plan de l’homélie :
1) Dieu présente sa pensée au sujet de l’Ancien Testament : toute l’histoire d’Israël
2) Marie, Instrument de Dieu pour incarner son Fils dans l’Histoire
3) Marie, Signe de la présence de Jésus
1) Dieu présente sa pensée au sujet de l’Ancien Testament : toute l’histoire d’Israël
Que ressent Dieu pour son peuple? Que ressent le peuple de Dieu pour son Dieu? Qui est Israël dans la Bible? Qu’est-ce que l’Ancien Testament? C’est une histoire d’amour de Dieu envers ce peuple qui prépare par ses saintes promesses la Rédemption des hommes. Il voulut les préparer pendant de nombreux siècles à cet avènement du Fils de Dieu qui vient sauver l’humanité, afin que l’humanité prenne conscience de ce qu’est le Dieu Sauveur. 01/01/78, p.121, III.
Un Peuple fondé sur la foi en qui, par sa descendance, les autres peuples seront bénis
Le sens du mot « peuple » est grandiose. Lorsque nous disons le mot « peuple », ne le profanons pas. Le peuple est l’ensemble des hommes qui développent au cours de l’histoire cette vocation divine. Chaque peuple possède une vocation. […] Je crois contre toute espérance. C’est un peuple qui va se fonder sur la foi, dans la foi d’Abraham. Et Il lui promet que par sa descendance seront bénis tous les peuples. 01/01/78, p.121, III.
Marie, Incarnation de l’histoire d’Israël
Elle s’est sentie l’incarnation de toute une histoire. Personne n’a été aussi nationaliste que Marie envers son peuple. C’est un exemple! Frères, je voudrais qu’en ce jour de Marie, Mère de Dieu, nous soulignions cet aspect : la Patriote, celle qui aima son peuple, celle qui vibra avec son peuple, celle qui connaissait les traditions, celle qui ne trahit pas les signes patriotiques. Elle a vraiment le cœur d’une patriote! Quel plus beau signe?
En cette heure où la nation salvadorienne a besoin de véritables esprits patriotiques, ne trahissons pas le véritable intérêt du peuple, la véritable Rédemption, pour nous accommoder à des situations politiques, économiques ou sociales. 01/01/78, p.122, III.
Appel de la Vierge
Appel de la Vierge pour que nous soyons comme Elle : Aimez votre patrie, étudiez votre histoire, connaissez votre idiosyncrasie, soyez profondément Salvadoriens. Peut-être n’avons-nous pas l’entière responsabilité, ni toute la faute de ne pas aimer notre patrie aussi profondément que Marie aima sa patrie. Parfois, nous la voyons si laide, nous nous sentons si désorientés à l’intérieur de notre propre patrie que plusieurs préfèrent s’exiler. Ne sentez-vous pas le foyer, la tradition, la joie de votre propre sang, de vos paysages, de la beauté de cette terre, de ce pays si beau du Salvador! Marie vibrait avec les paysages de son pays, d’Israël, elle vibrait avec l’histoire d’Abraham, de Moïse, de David, des grandes femmes de sa patrie, toute l’histoire d’Israël palpitait dans son cœur de Vierge patriote, en amour avec sa terre. 01/01/78, p.122, III.
Frères, aimons notre patrie, aimons-la comme Marie qui n’ignorait pas les péchés de son peuple et demandait pour cela miséricorde à Dieu. Aimons-la dans la grandeur de sa vocation de peuple de Dieu. […] Marie a été choisie pour sa sainteté et pour son patriotisme. Marie est la Mère du Christ parce que ce Christ doit être le fils de tout un peuple. Marie est l’expression de tout un peuple […]
Les miracles et toute l’histoire de l’Ancien Testament n’ont pas d’autre objectif que de former l’histoire d’un peuple spécialement béni de Dieu, afin que de ce peuple puisse naître le Rédempteur, la source de bénédictions de tous les peuples de la Terre. […] Lorsque les faux Israélites se dévièrent du chemin tracé par Dieu, lorsqu’ils trahirent Dieu dans leurs desseins de vocation comme peuple de Dieu, lorsque leurs chefs les vendirent aux pouvoirs étrangers, lorsqu’ils se mirent à adorer le veau d’or, ces péchés offensèrent Dieu au point qu’Il dit à son peuple la douleur qu’Il ressentait comme un mari trahi par sa femme. C’est ainsi qu’Il ressentait les péchés de son peuple. […]
Les Salvadoriens qui s’affairent à cette Église l’aiment. Ils travaillent avec elle, ils en sont le noyau, le reste, le petit groupe de fidèles d’Israël. C’est à partir de là, de l’Église, que Dieu veut sauver notre peuple. Soyons Église, soyons comme Marie, l’âme qui conserve la vocation de son peuple afin que lorsque viendront des jours meilleurs, nous connaissions Dieu parce que nous avons été fidèles à la vocation même de notre patrie. 01/01/78, p.122-123, III.
2) Marie, Instrument de Dieu pour incarner son Fils dans l’Histoire
Le second point se rapporte à la seconde lecture, l’épître de saint Paul aux Galates (4,4-7) où il dit : « Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme. »
Marie nous donne la règle pour comprendre qui est le Christ.
Lorsqu’arriva l’heure où ce peuple devait offrir une femme pour que d’elle naisse le Fils de Dieu, Marie fut l’élue de Dieu parce qu’elle L’incarnait déjà dans sa foi et dans son esprit. C’est pour sa sainteté que Dieu l’a choisie. Et l’ange vint lui dire : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. » Parmi des millions de femmes qui formèrent le peuple d’Israël, tu es bénie entre toutes les femmes, tu vas être la mère du Rédempteur. Et Marie demande une explication pour sauver sa virginité et elle comprend une parcelle du Mystère : celui qui naîtra de toi sera Saint. L’Esprit saint accomplira cette œuvre, c’est pour cela que ce peuple a été créé. Pour qu’ainsi, comme des vieux et stériles qu’étaient Abraham et Sara, naisse un peuple nombreux, de ta virginité, incomparable, en demeurant vierge pour toujours, tu vas être la mère de Celui qui va être le centre de l’histoire chrétienne dans le monde. » Marie nous fournit la mesure pour comprendre le Christ.
Marie est proclamée Mère de Dieu
Vers le IV
e siècle surgirent des doctrines erronées à l’endroit du Christ. Elles affirmaient que Marie avait seulement donné la vie à un homme, un enfant ordinaire que Dieu assuma pour en faire son Fils, comme nous qui naissons fils de la chair, mais qui par le baptême, devenons fils de Dieu. L’Église d’alors, chargée de préserver les vérités révélées par Dieu, se réunit en Concile à Éphèse pour proclamer que Marie avait donné la vie à un Dieu qui s’était incarné dans ses entrailles. C’est pourquoi on devait l’appeler Mère de Dieu. Theotokos signifie en grec « la Mère de Dieu ». Elle fut non seulement la mère d’un homme qui est Dieu, mais Mère d’un Dieu qui s’incarna dans ses entrailles. Le Christ possède la nature divine parce qu’Il est Dieu et Il possède également la nature humaine parce qu’Il se forma dans les entrailles d’une femme, mais Il ne possède qu’une seule personne, la personne Divine, la seconde personne de la Très Sainte Trinité. De sorte que la nature divine comme Dieu et la nature humaine comme homme, converge en une seule et même personne : Dieu.
Ce que le Christ fait en tant que Dieu, nous pourrions dire que c’est Dieu qui le fait, mais aussi, ce que fait le Christ comme être humain, demeure uni à Dieu, de sorte que c’est Dieu qui le fait. C’est pourquoi, dit le Concile, Dieu se fit homme et depuis lors, nous sentons que notre nature a été élevée en Lui. Il pense avec une pensée d’homme, mais c’est Dieu qui pense; Il aime avec le cœur d’un homme, mais c’est Dieu qui aime et travaille avec des mains d’hommes, c’est pourquoi, quand il meurt sur la croix, son sacrifice est d’une valeur infinie parce que ce n’est pas le sacrifice d’un simple homme, sinon celui d’un homme qui est Dieu en même temps; et sa douleur et son sang possèdent une valeur de Rédemption pour payer les péchés de toute l’humanité. Comme le Christ est grand!
Maintenant, depuis les années 1960, a surgi une nouvelle inquiétude pour la théologie pour étudier plus en profondeur le sens de cette christologie. Il existe deux grands courants, un que l’on nomme la christologie à partir du haut et l’autre à partir du bas. Du haut au sens de Dieu qui s’est fait homme et, du bas, au sens de l’homme qui dans le Christ s’est fait Dieu. […]
Il n’y a pas de doute qu’un Noël où il n’y aurait pas cette femme qui est une mère avec l’Enfant dans ses bras, serait un Noël d’un Dieu qui s’est fait homme, mais sans la tendresse d’une mère. Ainsi comme au pied de la croix, une victime qui donna sa vie pour les péchés du monde, mais qui n’aurait pas eu les bras d’une mère pour le recevoir, serait, certes, l’amour infini d’un Dieu qui se livra pour nous, mais Il lui manquerait ce que savent donner les femmes : la tendresse, l’amour, la compassion. La passion du Christ se fait plus douce, plus belle quand nous pensons à sa mère souffrante, et Noël est bien plus enchanteur quand nous pensons à la mère de l’enfant Jésus. 01/01/78, p. 124-125, III.
3) Marie, signe de la présence de Jésus
Ainsi comme l’aurore est le signal que le soleil va paraître, lorsque l’on sent Marie, c’est le signe que le Christ est proche. Marie conduit au Christ, c’est sa raison d’être. Comme pendant nos nuits de pleine lune, surtout aujourd’hui que nous l’avons explorée, la lune n’est rien d’autre qu’un immense tas de pierres, pierres mortes, mais lorsque le soleil l’illumine, cette immense pierre reflète sa lumière splendide sur la Terre. Comme sa lumière est belle! C’est cela Marie, par nature, une femme humaine, mais lorsqu’elle est investie par la beauté du divin, Marie devient la lune précieuse qui lance sa sereine lumière de tendresse, de mère sur nos nuits et sur nos jours.
En Marie, nous nous référons toujours au Christ. Marie est le signe de la présence du Christ. L’Église et Marie sont la présence du Christ. Si l’Église sauve, c’est parce qu’elle prolonge la mission « salvatrice » du Christ. Si Marie est source d’inspiration et d’amour dans notre prière, c’est parce qu’elle manifeste le pouvoir, la tendresse, la Rédemption de notre Seigneur Jésus-Christ. Marie est le signe de la présence du Christ. […] Lorsque la dévotion à la Vierge souffre des éclipses, s’éclipse également la lumière du soleil divin : le Christ Notre Seigneur. Mais lorsque dans le cœur du peuple, de la famille, de chaque chrétien il y a la tendresse, la confiance, l’amour qui prie Marie, le Christ est proche et cette âme n’est pas perdue. 01/01/78, p.126, III.
Récupérons la véritable dévotion à Marie
Déjà dans plusieurs foyers on a cessé de faire le rosaire. Déjà dans plusieurs familles on n’invoque plus Marie et, jusque dans certaines communautés chrétiennes, j’ai senti avec tristesse que bien souvent on sait faire de belles prières spontanées, mais qu’on ne dit plus le rosaire. N’oublions pas que la présence de Marie est le signal que le Christ est avec nous, qu’Il est proche. 01/01/78, p.127, III.
Épiphanie du Seigneur; 6 janvier 1978; Lecture : Isaïe 60,1-6; Éphésiens 3,2-3a. 5-6; Matthieu 2,1-12.
Non à la violence, oui à la paix
Il faut lutter à partir de la foi pour une libération intégrale
Les Salvadoriens ne peuvent rompre cette relation entre leurs préoccupations sociales et leurs références à la foi. C’est pourquoi l’Église, accomplissant son devoir, doit également illuminer à partir de cette foi, les réalités de la Terre, ces préoccupations pour le pain quotidien, d’êtres marginalisés, d’êtres affamés, d’êtres pauvres. […]
Le Salvadorien porte sa foi dans son cœur et c’est à partir de cette foi qu’il doit illuminer les réalités de la Terre. C’est pourquoi il ne peut concevoir une foi désincarnée, une foi comme celle du prêtre et du Lévite qui voient le blessé et ne font rien parce qu’ils s’en vont prier. Une foi qui se concrétiserait uniquement dans un éloignement des réalités douloureuses de la Terre ne serait pas la foi qui possède une relation avec la souffrance humaine, avec les situations difficiles de la Terre.
Béni soit Dieu, le Pape a dit que le Saint-Siège et l’Église ne peuvent renoncer au devoir d’orienter ce peuple qui porte en son cœur une foi transcendantale très profonde et qui à partir de leur foi, lutte pour une authentique libération chrétienne. Je fais également un appel pour que dans cette lutte nous renoncions à des libérations simplement temporelles, à des libérations qui ne transcendent pas l’au-delà de l’Histoire, à des libérations qui veulent résoudre les problèmes par la haine, par la violence et par la lutte armée. 06/01/78, p.132, III.
Vision globale de l’être humain
L’Église se sent fière de pouvoir dire cette phrase : « Le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c'est-à-dire promouvoir tous les hommes et l’homme dans son intégralité. » Ce qui compte pour nous c’est l’être humain, chaque regroupement humain jusqu’à l’humanité tout entière. 06/01/78, p.133, III.
Épiphanie du Seigneur; 8 janvier 1978; Lectures : Isaïe : 60,1-6; Éphésiens 3,2-3a 5-6; Matthieu 2,1-12.
Christ, manifestation universelle du Salut
Plan de l’homélie :
1) L’Universalité de l’Appel du Christ
2) L’Égalité de tous les hommes, proclamée aujourd’hui par saint Paul
3) La grande Pensée de la Transcendance est la Lumière de Dieu qui pénètre jusqu’à la rénovation intime de chaque homme, celle dont nous avons besoin
1) L’Universalité de l’Appel du Christ
Un espoir est né
L’Épiphanie est le nom de la fête d’aujourd’hui. L’enfant qui naît à Bethléem et qui convertit en lumière la nuit la plus longue de l’année, comme une aurore qui se lève sur les ténèbres. Les peuples sentent la naissance d’une espérance nouvelle. Les Rois Mages qui proviennent de cet Orient mystérieux, sont les prémices. Ce jour est le début de cette longue procession à laquelle s’ajoutent les peuples, un à un. Notre peuple salvadorien suit également cette étoile, à la recherche de sa lumière. Ce ne sont plus seulement les dromadaires de Madian et Épha, non plus seulement les rois de Sabbat, ce sont tous les continents : Amérique latine, Afrique, Asie, ils viennent de toutes parts, convergeant vers cette unité de foi en Jésus-Christ. 08/01/78, p.139-140, III.
2) L’Égalité de tous les hommes, proclamée aujourd’hui par saint Paul
Nous sommes membres d’un même corps.
En Jésus-Christ, tout homme est appelé à cette richesse du Règne de Dieu. Membres du même corps. Et saint Paul développe au long de toute sa théologie, ce que signifie cette égalité dans laquelle tous les hommes sont membres d’un seul corps, que Dieu ne nous a pas faits pour vivre dispersés, ni pour vivre séparés, nous avons besoin les uns des autres. Ainsi, la tête ne peut jamais dire aux pieds « je n’ai pas besoin de toi », ni les mains dire cela au cœur, ni le cœur aux autres membres. Nous sommes tous, chacun dans sa propre fonction est membre d’un corps vivant.
C’est de là que notre fonction comme chrétiens, comme Salvadoriens chrétiens, est de reconnaître qu’en ce pays de baptisés, quel est la poste que chacun doit occuper pour que nous construisions une patrie heureuse, une patrie sans violence, une patrie sans répression, une patrie où actuellement quelques-uns ont droit à tout pendant que la majorité n’a droit a rien. Une patrie où nous nous sentions tous membres vivants, même si c’est dans la pauvreté, mais qu’à partir de la pauvreté et du travail nous sachions aimer le corps social en entier, dans le sens du service commun; où à partir de la tête et du cœur nous ne sentions aucune supériorité, mais que nous sentions plutôt la raison du service à tout l’organisme qui en a besoin mutuellement.
C’est cela, l’égalité que le christianisme enseigne. Non pas l’égalité qui coupe les têtes pour que tous soient égaux. Cela est de la folie! Cela est utopique! Non, une égalité où tous se taisent, sinon l’égalité où tous se sentent comme les enfants dans leur foyer pour apporter, pour donner le meilleur de soi-même comme nous avons dit en ces jours de la Journée de la Paix : La paix n’est pas le produit de la terreur ni de la peur, la paix n’est pas le fruit de la violence et de la répression qui fait taire. La paix est l’apport généreux, tranquille, de tous au bien de tous. La paix est un dynamisme, la paix est générosité, elle est le droit, le devoir que chacun se sent à sa place dans cette merveilleuse famille que l’Épiphanie illumine de la Lumière de Dieu.
Nous participons des promesses en Jésus-Christ.
Lorsque nous lisons la Bible, combien de promesses d’amour de Dieu pour l’humanité, mais au travers du Christ! Au-dehors du Christ, Dieu ne nous promet rien, Il nous appelle à la conversion en Jésus-Christ. Mais le Christ, qui est le résumé, l’acquiescement des promesses de Dieu, les accomplit pour le bonheur des peuples et l’espérance du ciel dans la mesure où nous acceptons sa doctrine.
La défense des droits humains n’est pas seulement un sujet politique, ses racines proviennent de l’Évangile. L’Évangile est le grand défenseur de tous les grands droits fondamentaux de l’être humain.
Quand bien même disparaîtraient les convenances politiques, les racines évangéliques ne disparaîtront pas. Supposons que demain il ne convienne plus aux États-Unis de défendre les droits humains au Salvador, en ce sens humain, la politique peut faillir, mais l’Évangile ne faillira pas. Il criera toujours pour la liberté et la dignité humaine, et ce, dans les pires situations de la persécution. Le Pape vient de le dire : « L’Église revendique cette liberté sans entraves pour prêcher l’Évangile qui est, précisément, la défense des peuples, la dignité et la liberté humaine ». 08/01/78, p. 141-142, III.
3) La grande Pensée de la Transcendance est la Lumière de Dieu qui pénètre jusqu’à la rénovation intime de chaque homme, celle dont nous avons besoin
Sens de la transcendance
Le sens de la transcendance signifie que dans l’Église nous ne prêchons pas une libération au ras de la terre, une révolution qui voudrait résoudre les problèmes par la violence, par des séquestrations, par la répression et les crimes. Cela n’est pas la voix de l’Église. Lorsqu’elle prêche que l’être humain est libre, égal et digne, l’Église s’inspire de la lumière de Dieu. La lumière de Dieu brille sur toi et la dignité que l’Église enseigne, provient de la liberté de l’homme qui rompt les chaînes du péché et devient Fils de Dieu. Elle ne fait pas la promotion économique, de l’avoir plus. Cela apparaît très secondaire, la promotion de l’homme se fait à partir de sa propre conscience, de se sentir Fils de Dieu, illuminé par Dieu, rénové à partir de l’intimité de son cœur. Et à Medellín les évêques dirent : « Il n’y aura pas de continent nouveau qui se fasse seulement à partir des changements de structures, mais à partir d’hommes nouveaux. » C’est-à-dire, la transcendance de la rénovation en Dieu.
La Lumière de Dieu illumine la lutte de l’Église
La Lumière de Dieu est celle qui doit illuminer cette lutte de l’Église, la rénovation en Jésus-Christ, l’espérance que le paradis n’existe pas sur cette terre, mais qu’il doit cependant s’y refléter. Le Règne de Dieu qui sera parfait dans l’éternité doit se refléter dans les relations humaines de cette terre parce qu’il ne va pas s’improviser.
Le citoyen du ciel doit être d’abord et avant tout un bon citoyen de la terre. Celui qui désire participer aux promesses de l’éternité doit être collaborateur de Dieu dans la justice, dans la paix et dans l’amour de ce Règne de la terre. C’est là que la lutte de l’Église trouve sa source pour semer plus d’amour, pour éveiller davantage d’espérance, pour que les pécheurs se repentissent de leurs péchés, pour les conduire à la conversion, pour nous rénover intérieurement. Tant que nous ne comprendrons pas ce langage de lumière de l’Épiphanie, nous n’aurons pas un concept clair de la libération que l’Église prêche. 08/01/78, p.143-144, III.
Premier dimanche après l’Épiphanie du baptême du Seigneur; 15 janvier 1978. Lectures : Isaïe 42,1-4. 6-7; Actes 10,34-38; Matthieu 3, 13-17.
Célébration du Seigneur d’Esquipulas
Le mystère du Christ qui se déploie tout au long de l’année liturgique veut nous faire nous sentir plus intimement unis à chacun de vous, et à moi-même, afin que nous ressentions tous, comme disait saint Paul : « Qu’Il m’aime et qu’Il s’est livré pour moi. » C’est pourquoi je veux vous présenter à chaque dimanche, ce mystère du Christ. Non pas sous la forme lointaine et vaporeuse d’une prédication qui pourrait être la même ici au Salvador que là-bas en Afrique ou à n’importe quelle époque de l’Histoire. Le Christ s’incarne pour nous aujourd’hui, ici, au Salvador de 1978. Le Christ nous accompagne dans les vicissitudes de l’histoire actuelle. Il illumine cette semaine. C’est cela l’Épiphanie que nous devons célébrer parce que le Christ s’est fait chair, Il s’est fait membre de notre histoire, Il veut accompagner chaque homme, chaque famille et chaque peuple et faire de l’histoire de chaque peuple chrétien, l’Histoire de notre propre Salut. 15/01/78, p.146, III.
Événements de la semaine
Dans la morale, il est question de trois sortes de scandales :
Le scandale véritable, celui que provoque un péché, une faute; le scandale normal, celui du véritable mal qui produit le scandale chez les adultes; et un autre scandale, celui qu’on nomme pusillanime, un scandale enfantin, ceux dont tous se scandalisent.
Et un troisième scandale, et ce dernier est très coupable, c’est le scandale des pharisiens, celui de ceux qui ne tolèrent pas le Christ. Le scandale qui se scandalise quand il s’agit de dévoiler les injustices, les désordres. 15/01/78, p. 147, III.
Plan de l’homélie :
1) Dieu veut sauver tous les hommes
2) Dieu veut sauver en faisant un Peuple déjà sur cette terre
3) Dieu sauve dans le peuple, en enlevant les péchés du monde
1) Dieu veut sauver tous les hommes
Personne n’est exclu du Salut
Cela doit nous remplir d’enthousiasme de savoir que personne n’est exclu du Salut. Que Dieu nous appelle tous et c’est pourquoi existe ce cri de justice de l’Église qui rejette la violence, le scandale des pharisiens, le mensonge, le crime, la persécution. Ce n’est pas avec un sentiment de vengeance, jamais. L’Église dénonce cela avec un sentiment d’amour qui appelle les pécheurs à la conversion parce que Dieu veut les sauver. Ceux qui l’ont tué, ceux qui l’ont calomnié, ceux qui l’ont persécuté sont invités par Dieu. Ils sont tous des enfants prodigues que Dieu attend pour les sauver.
Cela me désole beaucoup, frères, – que me pardonnent ceux qui sont fidèles et qui m’entendent avec amour et dévotion –, qu’on dise de moi que je prends plaisir à ce que mes ennemis m’écoutent. Qu’ils sachent que je leur apporte une parole d’amour, non pas de haine, ni de désir de vengeance, je ne leur désire aucun mal. Je leur demande de se convertir, pour qu’ils apprennent à être heureux avec cette félicité des enfants de la parabole (Mt 3,13-17) qui sont toujours demeurés avec le Père, jouissant des allégresses de leur foi. Qu’ils se sentent comme me dit hier un ami avec tant de tendresse : « Que tout le bon soit avec vous. » Frères, je ne sais pas distinguer entre le bien et le mal. Tous sont fils de Dieu et le Seigneur les veut tous. Dans les Écritures d’aujourd’hui (Is 42,1-4. 6-7; Ac 10,34-38; Mt. 3,13-17) se trouve un appel universel de Salut. 15/01/78, p.151, III.
2) Dieu veut sauver en faisant un Peuple déjà sur cette terre
A) Le sens de Peuple
Mais ma seconde pensée ne signifie pas un Salut isolé. C’est pourquoi l’Église d’aujourd’hui, plus que jamais, accentue le sens du mot Peuple. C’est pour cela que l’Église souffre les conflits, parce qu’elle ne veut pas d’une masse, elle veut un Peuple. La masse c’est la multitude des hommes, quand ils sont endormis, ou mieux encore, quand ils sont conformistes. L’Église rejette cette calomnie du communisme qui dit que l’Église est l’opium du peuple. Elle ne veut pas être cela. D’autres sont un opium qui endorment et qui veulent des masses endormies.
L’Église veut une communauté d’hommes où tous conspirent au bien commun.
L’Église veut éveiller les hommes et les femmes dans le véritable sens de peuple. Qu’est-ce qu’un peuple? Le peuple est une communauté d’hommes où tous conspirent au bien commun. Et qu’est-ce que le bien commun? Le Concile dit : « C’est une série de conditions où les groupes humains, les familles, les individus vivent dans une ambiance qui leur permet de s’améliorer pour devenir toujours davantage plus humains. »
L’homme, sa raison d’être
La raison d’être d’une société, d’une communauté politique, ce n’est pas la sécurité d’État, c’est l’homme. Depuis que le Christ a dit : « L’homme n’est pas fait pour le sabbat, mais le sabbat pour l’homme », l’être humain a été posé comme objectif de toutes les institutions. Ce n’est pas l’homme pour l’État, mais l’État pour l’homme. Et l’humain tel que le conçoit le développement de l’humanité.
Le passage de conditions moins humaines à plus humaines
Dans
Populorum Progressio, au numéro 20, il est écrit : « C’est ainsi que pourra se réaliser dans sa plénitude le véritable développement qui est le passage pour chacun et pour tous, vers des conditions plus humaines. » Vous voyez! Ce n’est pas un amoncellement de gens, c’est le passage de chaque personne et de tous les êtres humains vers des conditions meilleures que le Pape nous décrit ici.
Des conditions de vie moins humaines
Quand se produisent, ne serait-ce que chez certains Salvadoriens, ces choses moins humaines, les carences morales de ceux qui sont privés du minimum vital et les carences de ceux qui sont mutilés par l’égoïsme, moins humaines les structures oppressives qui proviennent de l’abus de l’avoir ou de l’abus du pouvoir, de l’exploitation des travailleurs ou de l’injustice des transactions. Ces conditions sont moins humaines. Cela ne vous apparaît-il pas ainsi à voir comment certaines choses se produisent en ce pays? 15/01/78, p151-153, III.
Passer à des conditions de vie plus humaine.
Et le Pape les décrit : « Il est plus humain de passer de la misère à la possession du nécessaire, la victoire sur les calamités sociales, l’augmentation des connaissances, l’acquisition de la culture. Plus humaine également est l’augmentation des considérations en faveur de la dignité des autres, l’orientation vers l’esprit de pauvreté. » Il est admirable que l’esprit de pauvreté soit placé ici par l’Église parmi l’acquisition de conditions de vie plus humaine. Être pauvre, vivre l’esprit de pauvreté, c’est être plus humain et combien davantage une personne est victime de l’avarice, d’autant moins elle est développée moralement.
« Plus humain – dit le Pape – la coopération au bien commun, la volonté de paix. Plus humaine encore la reconnaissance de la part de l’être humain des valeurs suprêmes et de Dieu, qui en est la source et la fin. Plus humaine enfin, et spécialement, la foi, don de Dieu, accueillie par la bonne volonté des hommes. Et l’unité dans la charité en Jésus-Christ qui nous appelle tous à participer comme des fils dans la vie du Dieu vivant, Père de tous les hommes. » Quelle belle expression de ce qu’est un peuple!
Le jour où tous les Salvadoriens sortiront de cet amoncellement de conditions de vie moins humaines à des situations personnelles et nationales de conditions plus humaines, non seulement de développement qui demeure dans l’économique sinon qui nous élève jusqu’à la foi, à l’adoration d’un seul Dieu, ce sera là le véritable développement de notre peuple. 15/01/78, p.153, III.
B) Nous devons construire ce peuple à partir de l’Église de Dieu dans une solidarité pluraliste.
Nous respectons le pouvoir temporel, mais si nous voulons créer dans la conscience du peuple un sens de peuple et non plus de masse, une promotion des individus, un bien-être qui ne porte préjudice à personne, mais qui soit l’amour et la foi parmi les humains, fils et fille d’un Père de tous les hommes. Parce que l’Église prêche cette promotion, on l’a calomnié. Là où l’Église ne fait pas cette promotion, elle n’a pas de problème. […]
Ce n’est pas que l’Église veuille que tous deviennent catholiques, mais que les catholiques deviennent de véritables missionnaires de ce message de promotion, qu’ils sachent être le ferment d’unité, de diffusion de la lumière et de critique également. Consciences critiques qui savent, à partir des divers modes de pensée, exprimer le pluralisme, la diversité que Dieu a voulue. Dieu n’a pas voulu que tous soient taillés selon un seul critère, mais faire des hommes, un pluralisme qui fasse grandir – dans la beauté du pluralisme – l’unité de la patrie, la beauté des caractéristiques qui nous sont propres? 15/01/78, p. 154, III.
3) Dieu sauve dans le peuple, en enlevant les péchés du monde
Je vais vous dire pourquoi le Salut des hommes consiste à recevoir ce baptême de l’Esprit qu’Il nous apporta. C’est la Vie de Dieu qui veut injecter dans le cœur des personnes, la rénovation intérieure pour arracher les péchés de l’être humain, de la famille, de la société. C’est là la mission dont l’Église est chargée. C’est une mission difficile : arracher les péchés de l’histoire, de la politique, de l’économie, partout où ils se trouvent. Quelle tâche difficile! Cela provoque des conflits au milieu d’autant d’égoïsmes, d’orgueils et de vanités, parce que le règne du péché a été intronisé parmi nous. L’Église doit souffrir pour dire la vérité, pour dénoncer le péché, pour arracher le péché. Personne n’aime qu’on lui touche sa plaie vive et c’est pourquoi sursaute cette société qui possède tant de plaies quand nous la touchons avec courage, elle doit se soigner, elle doit changer cette situation.
Croyez dans le Christ, convertissez-vous. Parce que Lui seul peut enlever le péché de la société salvadorienne et faire la véritable communauté du peuple qui soit véritablement un orgueil pour Dieu. Parce que Dieu a créé les divers peuples comme une famille. Qu’il est merveilleux de penser à ce Dieu qui est le Père de tous les peuples! Certains peuples vivent selon sa pensée et s’aiment avec le pluralisme des nations. Quelle diversité d’idiosyncrasies! Ne pensez qu’aux pays centraméricains. Chacun possède sa propre physionomie, ce sont cinq fils de Dieu. Comme ces cinq pays seraient merveilleux si nous parvenions à y arracher les péchés de leur histoire, de leur politique, de leur société, de leurs relations! Nous présenterions en ce jour du Seigneur d’Esquipulas comme des frères du Christ, des peuples de Dieu qui font la promotion de conditions inhumaines à des conditions de fils de Dieu, images de sa présence sur ce petit coin du monde qu’est l’Amérique centrale. 15/01/78, p.154, III.