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14 septembre : Exaltation de la Croix glorieuse

 

Cette prière fut envoyée par le Pape à Charlemagne quand il partit avec son armée pour combattre les ennemis de St Michel en France.

Dieu Tout-Puissant qui avez souffert la mort sur l'arbre patibulaire pour tous nos péchés,

Soyez avec moi,

 

Sainte Croix de Jésus-Christ, Ayez pitié de moi,

Sainte Croix de Jésus-Christ, Soyez mon espoir,

Sainte Croix de Jésus-Christ, Repoussez de moi toute arme.

Sainte Croix de Jésus-Christ, Versez en moi tout bien,

Sainte Croix de Jésus-Christ, Détournez de moi tout mal.

Sainte Croix de Jésus-Christ, Faites que je parvienne au chemin du salut.

Sainte Croix de Jésus-Christ, Repoussez de moi toute atteinte de mort.

Sainte Croix de Jésus-Christ, Préservez moi des accidents corporels et temporels.

Que j'adore la Sainte Croix de Jésus-Christ à jamais !

Jésus de Nazareth crucifié, Ayez pitié de moi,

Faites que l'Esprit malin et nuisible fuie de moi !

Dans tous les siècles des siècles, Ainsi soit-il.

En l'honneur du sang précieux de Notre Seigneur Jésus-Christ, en l'honneur de Son Incarnation, par où Il peut nous conduire à la Vie éternelle,

aussi vrai que Notre Seigneur Jésus Christ est né le jour de Noël et qu'Il a été crucifié le Vendredi Saint.

 

Litanies de la Sainte Croix

Seigneur, ayez pitié de nous --> Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ ayez pitié de nous, --> Jésus-Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous, --> Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous , --> Jésus-Christ, écoutez nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous, --> Jésus-Christ, exaucez nous.

 

Père Céleste, vrai Dieu, --> ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu,--> ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu,--> ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, --> ayez pitié de nous.

 

Croix sainte, de notre Sauveur, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui avez porté entre vos bras le Corps adorable de Jésus-Christ, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, teinte du sang de Jésus-Christ,--> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui êtes l’arbre de la vie, la voie du salut, la clef du Paradis, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, digne du respect et de l’amour de tous les hommes, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte,  qui offrez à nos yeux le tableau de toutes les vertus, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui êtes la consolation des affligés, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui mettez les démons en fuite, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui procurez la victoire à ceux qui sont tentés, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui êtes le sceau des Elus, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, qui êtes l’unique espérance des pécheurs, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

Croix sainte, que tous les saints ont désirée, --> sanctifiez les justes et convertissez les pécheurs.

 

Soyez nous propice, --> pardonnez nous, Seigneur.

Soyez nous propice, --> exaucez nous Seigneur.

 

De tout mal,--> délivrez nous, Seigneur.

De la damnation éternelle, --> délivrez nous, Seigneur.

Par Votre Sainte Croix, --> délivrez nous, Seigneur.

Par l’Exaltation de Votre Sainte Croix,--> délivrez nous, Seigneur.

Par la Gloire de Votre Sainte Croix, --> délivrez nous, Seigneur.

Au jour du Jugement, --> délivrez nous, Seigneur.

 

Tout pécheurs que nous sommes, --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

Pardonnez nous nos offenses que vous avez expiées sur la Croix, --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

Usez d’une entière miséricorde à notre égard, --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

Elevez nos âmes au désir des choses célestes, --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

Faites nous la grâce de renoncer à nous-mêmes et de porter la Croix à Votre suite, --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

Faites que nous mourrions en embrassant Votre Sainte Croix, avec une vive constriction et un parfait amour, --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

Fils de Dieu --> nous vous en supplions, écoutez nous Seigneur.

 

Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde, --> pardonnez nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde, --> exaucez nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde, --> ayez pitié de nous.

 

Prions : Seigneur notre Dieu, qui avez sanctifié l’étendard de la Croix, faites qu’après avoir dignement rendu nos hommages à ce symbole sacré, nous jouissions éternellement des fruits de salut et de gloire qu’Il nous a procurés. Par Jésus-Christ Notre Seigneur qui vit et règne avec Dieu le Père et le Saint -Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

 

Ô Croix dressée sur le monde

1. Ô Croix dressée sur le monde (bis)

Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)

Fleuve dont l’eau féconde

Du cœur ouvert a jailli.

Par toi la vie surabonde,

Ô Croix de Jésus Christ !

 

2. Ô Croix sublime folie, (bis)

Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)

Dieu rend par toi la vie

Et nous rachète à grand prix :

L’amour de Dieu est folie,

Ô Croix de Jésus Christ !

 

3. Ô Croix sagesse suprême, (bis)

Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)

Le Fils de Dieu lui-même

Jusqu’à sa mort obéit ;

Ton dénuement est extrême,

Ô Croix de Jésus Christ !

 

4. Ô Croix victoire éclatante, (bis)

Ô Croix de Jésus Christ ! (bis)

Tu jugeras le monde,

Au jour que Dieu s’est choisi,

Croix à jamais triomphante

Ô Croix de Jésus Christ !

 
 

Hymnus : Crux fidélis

Crux fidelis, inter omnes

Croix fidèle, parmi tous

arbor una nobilis :

Le seul arbre noble :

nulla silva talem profert,

Ni en feuillage, ni en floraison,

fronde, flore, germine.

Ni en fruit tu n’as ton pareil.

Dulce lignum, dulces clavos,

Faite de doux bois et de doux fer,

dulce pondus sustinet.

Tu soutiens le poids le plus doux.

 
 

La Croix glorieuse

La vénération de la Sainte Croix, le 14 septembre, se rattache aux solennités de la dédicace de la basilique de la Résurrection, érigée sur le tombeau du Christ, en 335.

Le Christ a offert sur la Croix son sacrifice pour l’expiation des péchés de la multitude ; la Croix est pour le peuple chrétien le signe de l’espérance du Royaume, que le peuple juif célèbre lors de la fête des Tentes. C’est dire de quelle lumière brille la Croix glorieuse de Jésus : objet de mépris, la Croix est devenue "notre fierté". Si l’arbre planté au paradis originel a produit pour Adam un fruit de mort, l’arbre de la Croix a porté pour nous un fruit de vie, le Christ, "en qui nous avons le salut et la résurrection".

Sous le règne de l’empereur Héraclius Ier, les Perses s’emparèrent de Jérusalem et y enlevèrent la principale partie de la vraie Croix de Notre-Seigneur, que sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, y avait laissée. Héraclius résolut de reconquérir cet objet précieux, nouvelle Arche d’alliance du nouveau peuple de Dieu. Avant de quitter Constantinople, il vint à l’église, les pieds chaussés de noir, en esprit de pénitence ; il se prosterna devant l’autel et pria Dieu de seconder son courage ; enfin il emporta avec lui une image miraculeuse du Sauveur, décidé à combattre avec elle jusqu’à la mort. Le Ciel aida sensiblement le vaillant empereur, car son armée courut de victoire en victoire ; une des conditions du traité de paix fut la reddition de la Croix de Notre-Seigneur dans le même état où elle avait été prise.

Héraclius, à son retour, fut reçu à Constantinople par les acclamations du peuple ; on alla au-devant de lui avec des rameaux d’oliviers et des flambeaux, et la vraie Croix fut honorée, à cette occasion, d’un magnifique triomphe. L’empereur lui-même, en action de grâce, voulut retourner à Jérusalem ce bois sacré. Quand il fut arrivé dans la Cité Sainte, il chargea la relique précieuse sur ses épaules ; mais lorsqu’il fut à la porte qui mène au Calvaire, il lui fut impossible d’avancer, à son grand étonnement et à la stupéfaction de tout : "Prenez garde, ô empereur ! lui dit alors le patriarche Zacharie ; sans doute le vêtement impérial que vous portez n’est pas assez conforme à l’état pauvre et humilié de Jésus portant Sa Croix." Héraclius, touché de ces paroles, quitta ses ornements impériaux, ôta ses chaussures, et, vêtu en pauvre, il put gravir sans difficulté jusqu’au Calvaire et y déposer son glorieux fardeau.

Pour donner plus d’éclat à cette marche triomphale, Dieu permit que plusieurs miracles fussent opérés par la vertu de ce bois sacré. A la suite de ces événements fut instituée la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, pour en perpétuer le souvenir.

 
 

Le P. Cantalamessa encourage à redécouvrir la Croix glorieuse

Commentaire de l’évangile du dimanche 14 septembre

 

ROME, Vendredi 12 septembre 2008. Ci-dessous le commentaire de l'Evangile du dimanche 14 septembre, fête de la Croix glorieuse, proposé par le père Raniero Cantalamessa OFM Cap, prédicateur de la Maison pontificale.

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 13-17 

Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

*

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert...

Aujourd'hui, la croix n'est pas présentée aux fidèles sous son aspect de souffrance, de dure nécessité de la vie, ni même de chemin pour suivre le Christ, mais sous son aspect glorieux, comme motif de fierté et non de pleurs. Voyons tout d'abord l'origine de la fête. Celle-ci rappelle deux événements éloignés l'un de l'autre dans le temps. Le premier est l'inauguration, par l'empereur Constantin, de deux basiliques, une sur le Golgotha et une sur le sépulcre du Christ, en 325. L'autre événement, au VIIe siècle, est la victoire chrétienne sur les Perses qui a permis de récupérer les reliques de la croix, et leur retour triomphal à Jérusalem. Au fil du temps, la fête a toutefois acquis une signification à part entière. Elle est devenue la célébration joyeuse du mystère de la croix, instrument d'ignominie et de supplice, que le Christ a transformée en instrument de salut.

Ceci est reflété par les lectures. La deuxième lecture repropose le célèbre hymne de la Lettre aux Philippiens, où la croix est vue comme le motif de la grande « exaltation » du Christ : « il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix ! Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». L'Évangile aussi parle de la croix comme du moment où le Fils de l'homme a été « élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle ».

Il y a eu dans l'histoire deux manières fondamentales de représenter la croix et le crucifix. Nous les appelons, pour des raisons pratiques, le mode ancien et le mode moderne. Le mode ancien, que l'on peut admirer dans les mosaïques des basiliques anciennes et sur les crucifix de l'art roman, est un mode glorieux, festif, plein de majesté. La croix, souvent seule, sans le crucifié, est parsemée de pierres précieuses, et projetée contre un ciel étoilé, avec au-dessous l'inscription : « Salut du monde, salus mundi », comme dans une célèbre mosaïque de Ravenne.

Dans les crucifix en bois de l'art roman, ce type de représentation s'exprime à travers le Christ qui trône en habits royaux et sacerdotaux sur la croix, les yeux ouverts, le regard droit, sans une ombre de souffrance, mais rayonnant de majesté et de victoire, non plus couronné d'épines mais de pierres précieuses. C'est la traduction en peinture du verset du psaume « Dieu a régné du bois (de la croix) » (regnavit a ligno Deus). Jésus parlait de sa croix en ces mêmes termes : comme du moment de son ‘exaltation' : ‘Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi' » (Jn 12, 32).

Le mode moderne commence avec l'art gothique et s'accentue toujours davantage, jusqu'à devenir la manière ordinaire de représenter le crucifix, à l'époque moderne. Un exemple extrême est la crucifixion de Matthias Grünewald sur l'Autel de Isenheim. Les mains et les pieds se tordent autour des clous, la tête agonise sous un bandeau d'épines, le corps est couvert de plaies. Les crucifix de Velasquez, de Salvador Dalì et de tant d'autres, appartiennent également à ce genre.

Ces deux modes soulignent un aspect authentique du mystère. Le mode moderne - dramatique, réaliste, déchirant - représente la croix vue, d'une certaine manière, « de face », dans toute sa réalité crue, au moment où l'on y meurt. La croix comme symbole du mal, de la souffrance du monde et de la terrible réalité de la mort. La croix est représentée ici « dans ses causes », c'est-à-dire dans ce qui en général la produit : la haine, la méchanceté, l'injustice, le péché.

Le mode ancien soulignait non pas les causes mais les effets de la croix ; non pas ce qui produit la croix mais ce qui est produit par la croix : la réconciliation, la paix, la gloire, la sécurité, la vie éternelle. La croix que Paul définit « gloire » ou « fierté » du croyant. La fête du 14 septembre est appelée « l'exaltation » de la croix, car elle célèbre précisément cet aspect « exaltant » de la croix.

Il faut unir le mode moderne de considérer la croix et le mode ancien, redécouvrir la croix glorieuse. Si au moment de l'épreuve il nous a été utile de penser à Jésus sur la croix en proie à la douleur et aux tourments, car nous le sentions ainsi proche de notre souffrance, il faut maintenant penser à la croix d'une manière différente. Je m'explique à travers un exemple. Nous venons de perdre une personne chère, peut-être après des mois de souffrance. Eh bien, il ne faut pas continuer à penser à elle telle qu'elle était sur son lit ; en telle ou telle circonstance, dans quelle condition elle se trouvait à la fin, ce qu'elle faisait, ce qu'elle disait, en se torturant peut-être le cœur et l'esprit, et en alimentant d'inutiles sentiments de culpabilité. Tout cela est fini, n'existe plus, c'est une chose irréelle ; en agissant ainsi, nous ne faisons que prolonger la souffrance et la garder en vie de manière artificielle.

Il y a des mères (je ne dis pas cela pour les juger mais pour les aider) qui, après avoir accompagné un enfant pendant des années dans son calvaire, refusent de vivre différemment une fois que le Seigneur l'a rappelé à lui. A la maison, tout doit rester comme au moment de la mort de cet enfant ; tout doit parler de lui ; les visites au cimetière sont continuelles. S'il y a d'autres enfants dans la famille ils doivent s'habituer à vivre eux aussi dans ce climat imprégné de mort, avec de graves dommages psychologiques. Toute manifestation de joie à la maison leur semble une profanation. Ces personnes sont celles qui ont le plus besoin de découvrir le sens de la fête de demain : l'exaltation de la croix. Ce n'est plus toi qui porte la croix, mais désormais c'est la croix qui te porte ; la croix ne t'écrase plus, elle t'élève.

Il faut penser à la personne aimée telle qu'elle est, maintenant que « tout est fini ». C'est ce que faisaient les artistes anciens avec Jésus. Ils le contemplaient tel qu'il est maintenant : ressuscité, glorieux, heureux, serein, assis sur le même trône que Dieu, avec le Père qui a « essuyé toute larme de ses yeux » et lui a donné « tout pouvoir sur la terre et dans les cieux ». Non plus en proie aux tourments de l'agonie et de la mort. Je ne dis pas que l'on peut toujours commander son cœur et l'empêcher de saigner en pensant à ce qui s'est passé, mais il faut essayer de faire prévaloir la considération de la foi. Si non, à quoi sert la foi ?

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