TEMPS DE PÂQUES VI - Ferie IV
Commentaire de l’Évangile
Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)
évêque de Jérusalem et docteur de l'Église
Catéchèse baptismale n° 16, 13 (Les catéchèses, coll. Les pères dans la foi n° 53-54; trad. J. Bouvet; Éd. Migne 1993; p. 262-263, rev.)
« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16,13)
Puisque sur l’ « esprit » — sans plus — beaucoup de choses différentes sont écrites dans les divines Écritures, et qu’il est à craindre que parfois l’ignorance n’amène des confusions, parce qu’on ne saurait pas de quel esprit s’occupe le texte scripturaire, il est bon (…) d’affermir ses connaissances sur la sorte d’esprit que l’Écriture affirme être le Saint. (…) Bien des choses sont appelées « esprit ». L’ange aussi est en effet appelé esprit, notre âme est appelée esprit, et ce vent qui souffle est appelé esprit ; une grande vertu aussi est appelée esprit, (…) ; même le démon notre adversaire est appelé esprit. En présence de ces diverses acceptions, veille à ne pas prendre, par suite de l’homonymie, l’un pour l’autre.
De notre âme, en effet, l’Écriture dit : « Son esprit (souffle) s’en ira et il (l’homme) retournera à sa terre » (Ps 145,4). Et au sujet de la même âme, elle dit encore : « Celui qui modèle l’esprit de l’homme en lui » (Za 12,1). Sur les anges, elle dit dans les psaumes : « Celui qui établit ses anges esprits et ses ministres flammes de feu » (Ps 103,4). Quant au vent, elle en dit « Dans un souffle violent, tu brises les vaisseaux de Tharsis » (Ps 47,8), et « comme dans une forêt un arbre est agité par la vent » (Is 7,2) ; et « feu, grêle, neige, glace, vent de tempête » (Ps 148,8).
Sur le bon enseignement, le Seigneur lui-même dit : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » (Jn 6,63), c’est-à-dire de nature spirituelle. Le Saint-Esprit, lui, ne parle pas avec une langue, mais, personne vivante, il accorde de parler avec sagesse, c’est alors lui-même qui parle et assiste.
ou
Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec, saint des Églises orthodoxes
Catéchèses, 33 ; SC 113 (trad. SC p. 255s rev. Delhougne, p. 225)
« Quand il viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière »
La « clé de la connaissance » (Lc 11,52) n'est pas autre chose que la grâce du Saint Esprit. Elle est donnée par la foi. Par l'illumination, elle produit très réellement la connaissance et même la connaissance plénière. Elle ouvre notre esprit enfermé et obscurci, souvent avec des paraboles et des symboles, mais aussi avec des affirmations plus claires... Faites donc bien attention au sens spirituel de la parole. Si la clé n'est pas bonne, la porte ne s'ouvre pas. Car, dit le Bon Pasteur, « c'est à lui que le portier ouvre » (Jn 10,3). Mais si la porte ne s'ouvre pas, personne n'entre dans la maison du Père, car le Christ a dit : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6).
Or, c'est l'Esprit Saint qui, le premier, ouvre notre esprit et nous enseigne ce qui concerne le Père et le Fils. Le Christ nous dit cela aussi : « Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur, et il vous guidera vers la vérité tout entière » (Jn 15,26 ; 16,13). Vous voyez comment, par l'Esprit ou plutôt dans l'Esprit, le Père et le Fils se font connaître, inséparablement...
Si on appelle le Saint Esprit une clé, c'est parce que, par lui et en lui d'abord, nous avons l'esprit éclairé. Une fois purifiés, nous sommes illuminés par la lumière de la connaissance. Nous sommes baptisés d'en haut, nous recevons une nouvelle naissance et devenons enfants de Dieu, comme dit saint Paul : « L'Esprit Saint intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8,26). Et encore : « Dieu a donné son Esprit en nos cœurs qui crie : ' Abba, Père '« (Ga 4,6). C'est donc lui qui nous montre la porte, porte qui est lumière, et la porte nous apprend que celui qui habite dans la maison est lui aussi lumière inaccessible.
ou
Saint Grégoire de Nazianze (330-390), évêque et docteur de l'Église
Discours 31, 5ème théologique, 25-27 ; PG 36, 159 (trad. Orval rev.)
« Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière »
Au cours des âges, deux grandes révolutions ont ébranlé la terre ; on les nomme les deux Testaments. L'une a fait passer les hommes de l'idolâtrie à la Loi ; l'autre, de la Loi à l'Évangile. Un troisième bouleversement est prédit : celui qui, d'ici-bas, nous transportera là-haut où il n'y a plus ni mouvement ni agitation. Or ces deux Testaments ont présenté le même caractère... : ils n'ont pas tout transformé soudainement, dès la première impulsion de leur mouvement... C'était pour ne pas nous faire violence, mais nous persuader. Car ce qui est imposé de force n'est pas durable...
L'Ancien Testament a clairement manifesté le Père, obscurément le Fils. Le Nouveau Testament a révélé le Fils et a insinué la divinité de l'Esprit. Aujourd'hui l'Esprit vit parmi nous, et il se fait plus clairement connaître. Il aurait été périlleux, alors que la divinité du Père n'était pas reconnue, de prêcher ouvertement le Fils, et, tant que la divinité du Fils n'était pas admise, d'imposer...le Saint Esprit. On aurait pu craindre que, comme des gens chargés de trop d'aliments ou comme ceux qui fixent le soleil avec des yeux encore faibles, les croyants ne risquent de perdre ce qu'ils avaient la force de porter. La splendeur de la Trinité devait donc rayonner par développements successifs ou, comme dit David, « par degrés » (Ps 83, 6) et par une progression de gloire en gloire...
J'ajouterai encore cette considération : le Sauveur savait certaines choses dont il estimait que ses disciples ne pouvaient pas encore les porter malgré tout l'enseignement qu'ils avaient déjà reçu. Pour les raisons que j'ai dites plus haut, il tenait ces choses cachées. Et il leur répétait que l'Esprit, lors de sa venue, leur enseignerait tout.
ou
Saint Antoine de Padoue (vers 1195-1231), franciscain, docteur de l’Église : Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. Bayart, Eds. franciscaines 1944, p 170)
« Il vous guidera vers la vérité tout entière »
L'Esprit Saint, le Paraclet, le Défenseur, est celui que le Père et le Fils envoient dans l'âme des justes comme un souffle. C'est par lui que nous sommes sanctifiés et méritons d'être saints. Le souffle humain est la vie des corps ; le souffle divin est la vie des esprits. Le souffle humain nous rend sensibles ; le souffle divin nous rend saints. Cet Esprit est Saint, parce que sans lui nul esprit, ni angélique, ni humain, ne peut être saint.
« Le Père, dit Jésus, vous l'enverra en mon nom » (Jn 14, 26), c'est-à-dire en ma gloire, pour manifester ma gloire ; ou encore, parce qu'il a le même nom que le Fils : il est Dieu. « Il me glorifiera » parce qu'il vous rendra spirituels, et il vous fera comprendre comment le Fils est égal au Père et non pas seulement un homme comme vous le voyez, ou parce qu'il vous enlèvera votre crainte et vous fera annoncer ma gloire au monde entier. Ainsi, ma gloire, c'est le salut des hommes.
« Il vous enseignera toutes choses. » « Fils de Sion, dit le prophète Joël, réjouissez-vous, car le Seigneur votre Dieu vous a donné celui qui enseigne la justice » (2, 23 Vulg), qui vous enseignera tout ce qui regarde le salut.
ou
Catéchisme de l'Église catholique § 687-688
« Lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière »
« Nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l'Esprit de Dieu » (1 Co 2,11). Or, son Esprit qui le révèle nous fait connaître le Christ, son Verbe, sa Parole vivante, mais ne se dit pas lui-même. Celui qui « a parlé par les prophètes » (Credo) nous fait entendre la Parole du Père. Mais lui, nous ne l'entendons pas. Nous ne le connaissons que dans le mouvement où il nous révèle le Verbe et nous dispose à l'accueillir dans la foi. L'Esprit de Vérité qui nous « dévoile » le Christ « ne parle pas de lui-même » (Jn 16,13). Un tel effacement, proprement divin, explique pourquoi « le monde ne peut pas le recevoir, parce qu'il ne le voit pas ni ne le connaît », tandis que ceux qui croient au Christ le connaissent parce qu'il demeure avec eux (Jn 14,17).
L'Église, communion vivante dans la foi des apôtres qu'elle transmet, est le lieu de notre connaissance de l'Esprit Saint :
-dans les Écritures qu'il a inspirées ;
-dans la Tradition, dont les Pères de l'Église sont les témoins toujours actuels ;
-dans le Magistère de l'Église qu'il assiste ;
-dans la liturgie sacramentelle, à travers ses paroles et ses symboles, où l'Esprit Saint nous met en communion avec le Christ ;
-dans la prière dans laquelle il intercède pour nous ;
-dans les charismes et les ministères par lesquels l'Église est édifiée ;
-dans les signes de vie apostolique et missionnaire ;
-dans le témoignage des saints où il manifeste sa sainteté et continue l'œuvre du salut.
ou
Catéchisme de l'Église catholique § 797-799 (trad. rev.)
« Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître »
« Ce que notre esprit, je veux dire notre âme, est à nos membres, l’Esprit Saint l’est aux membres du Christ, au Corps du Christ, je veux dire l’Église » (S. Augustin)…. L’Esprit Saint fait de l’Église « le temple du Dieu vivant » (2Co 6,16 ; 1Co 3,16). « C’est à l’Église que le don de Dieu a été confié... C’est en elle qu’a été déposée la communion avec le Christ, c’est-à-dire l’Esprit Saint, première avance de la nature impérissable, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu... Car là où est l’Église, là est aussi l’Esprit de Dieu ; et là où est l’Esprit de Dieu, là est l’Église et toute grâce » (S. Irénée).
L’Esprit Saint…réalise de manières multiples l’édification du Corps tout entier dans la charité : par la Parole de Dieu… ; par le baptême par lequel il forme le Corps du Christ (1Co 12,13) ; par les sacrements qui donnent croissance et guérison aux membres du Christ ; par « la grâce accordée aux apôtres, qui tient la première place parmi ses dons » (Vatican II, LG 7) ; par les vertus qui font agir selon le bien ; enfin par les multiples grâces spéciales, appelés « charismes », par lesquels il rend les fidèles « aptes et prêts à assumer les diverses activités et services qui servent à renouveler et à édifier davantage l’Église » (LG 12). Extraordinaires ou simples et humbles, les charismes sont des grâces de l’Esprit Saint qui ont, directement ou indirectement, une utilité ecclésiale, ordonnés qu’ils sont à l’édification de l’Église, au bien des hommes et aux besoins du monde.
ou
Guillaume de Saint-Thierry (v. 1085-1148)
moine bénédictin puis cistercien
Le Miroir de la foi, 6 : PL 180, 384 ; (Livre des jours – Office romain des lectures ; trad. fiche Orval H3; Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame ; © AELF Paris 1976 ; Commun des docteurs, p. 1792-1793)
« L'Esprit de Vérité vous guidera vers la vérité tout entière »
« Lorsque viendra le Consolateur que je vous enverrai du Père, il rendra témoignage de moi et vous enseignera toutes choses : toute vérité vous viendra de l'Esprit de Vérité. Qui connaît les secrets de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les secrets de Dieu, sinon l'Esprit de Dieu » (cf Jn 15,26 et 1Co 2,11). Hâte-toi donc de communier à l'Esprit Saint. (...) Alors commenceront à briller pour toi toutes ces vérités que la Sagesse (1Co 1,24) pouvait dire aux disciples alors qu'elle était sur terre, mais qu'ils ne pouvaient pas porter avant la venue de l'Esprit de vérité qui leur enseignerait toute vérité. (...)
« Dieu est Esprit » (Jn 2,24) ; et, de même que ceux qui l'adorent doivent nécessairement l'adorer « en esprit et en vérité » (ibid.), de même ceux qui désirent le connaître ne doivent chercher que dans l'Esprit Saint l'intelligence de la foi et le sens de cette vérité pure et sans mélange. Parmi les ténèbres et l'ignorance de cette vie, il est lui-même pour les pauvres en esprit (Mt 5,3) la lumière qui éclaire, la charité qui attire, la douceur qui saisit ; il est l'accès de l'homme auprès de Dieu, l'amour de celui qui aime, la dévotion de celui qui se livre sans réserve. C'est lui qui, de conviction en conviction, révèle aux croyants la justice de Dieu ; il donne grâce pour grâce (Jn 1,16), et à la foi qui s'attache à l'écoute de la Parole, il donne en retour la foi illuminée.
ou
Silouane (1866-1938), moine orthodoxe, saint des Églises orthodoxes
Écrits spirituels (trad. Bellefontaine 1971, p.41)
« Quand il viendra, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière »
Si tu veux prier en ton cœur et que tu n'en sois pas capable, contente-toi de dire la prière avec les lèvres, et tiens ton esprit attentif à ce que tu dis. Peu à peu, le Seigneur te donnera aussi la grâce de la prière intérieure, et tu sauras alors prier sans distraction. Ne cherche pas à réaliser la prière du cœur par des moyens techniques ; tu endommagerais ton cœur, et à la fin, tu ne prierais que des lèvres. Reconnais l'ordre de la vie spirituelle : Dieu accorde ses dons à l'âme humble et sincère. Sois obéissant, conserve la mesure en tout, dans la nourriture, dans la parole, en toute démarche. C'est alors que le Seigneur lui-même te donnera la grâce de la prière intérieure...
Le silence spirituel naît du désir d'accomplir le commandement du Christ : « Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces » (Mc 12,33). Ce silence est suscité par la recherche du Dieu vivant, chez celui qui veut se libérer des tentations de ce monde pour trouver le Seigneur dans la plénitude de l'amour, pour vivre en sa présence dans la prière pure. Seigneur, comment pourrais-je ne pas te chercher ? Tu t'es révélé à mon âme d'une façon si incroyable ! Tu l'as faite prisonnière de ton amour, elle ne peut pas t'oublier. Soudain, en effet, l'âme reconnaît le Seigneur dans l'Esprit Saint ; qui peut décrire cette joie et cette consolation ? Le Saint Esprit agit dans l'homme tout entier, dans l'intelligence, l'âme et le corps ; ainsi Dieu est-il reconnu sur la terre comme au ciel. Dans son infinie bonté, le Seigneur m'a accordé cette grâce, à moi qui suis pécheur, pour que les hommes le connaissent et se tournent vers lui.
ou
Concile Vatican II
Lumen Gentium, §4 et 12
« Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière »
Par l'Esprit de vie, « source jaillissante pour la vie éternelle » (Jn 4,14), le Père donne la vie aux hommes, morts par suite du péché, en attendant de ressusciter dans le Christ leurs corps mortels (Rm 8,11). L'Esprit habite dans l'Église et dans les cœurs des fidèles comme dans un temple (1Co 3,16) ; en eux il prie et rend témoignage de leur adoption comme fils de Dieu (Ga 4,6). Cette Église, qu'il guide vers la vérité tout entière, qu'il rend une dans la communion et le service, l'Esprit la construit et la dirige par ses dons variés, hiérarchiques et charismatiques, et il l'embellit de ses fruits. Il assure sa jeunesse par la force de l'Évangile, il la renouvelle sans cesse, il la conduit jusqu'à l'union parfaite avec son Époux. Car « l'Esprit et l'Épouse disent » au Seigneur Jésus : « Viens ! » (Ap 22,17)...
L'ensemble des fidèles, consacrés par l'onction qui vient du Saint Esprit, ne peut se tromper dans la foi. Il manifeste ce don particulier par le sens surnaturel de la foi qui appartient au peuple entier lorsque « des évêques jusqu'aux derniers des fidèles laïcs » (S. Augustin) elle manifeste un accord universel en matière de foi et de mœurs. En effet, grâce à ce sens de la foi, qui est éveillé et soutenu par l'Esprit de vérité, le peuple de Dieu, se laissant conduire avec fidélité par le magistère de l'Église, ne reçoit plus une parole venant des hommes : il reçoit vraiment la parole de Dieu (1Th 2,13). Il adhère indéfectiblement « à la foi transmise aux saints une fois pour toutes » (Jude 3), il l'approfondit par son jugement droit, il la met plus pleinement en œuvre.
Mais l'Esprit Saint ne se borne pas à sanctifier et à conduire et à orner de vertus le peuple de Dieu par les sacrements et les ministères ; en outre, « il distribue à chacun ses dons selon sa volonté » (1Co 12,11). Parmi les fidèles de toute catégorie, il distribue des grâces particulières qui rendent apte et disponible pour assumer les activités et services divers, utiles pour renouveler et développer l'Église, selon cette parole : « Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous » (1Co 12,7).
ou
Saint John Henry Newman (1801-1890), Cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermon « Christ Manifested in Remembrance », PPS t. 4, n°17
« L'Esprit de vérité recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître »
Au moment de quitter ses apôtres, comme ils étaient peinés, notre Seigneur les a consolés par la promesse d'un autre guide et enseignant, en qui ils pourraient mettre leur confiance et qui serait encore plus pour eux que ce qu'il avait été lui-même... Mais ce nouveau Consolateur miséricordieux, tout en apportant une plus grande grâce, ne pouvait pas cacher ou obscurcir ce qui avait précédé... Et en se manifestant, comment pourrait-il faire autre chose que manifester le Fils, lui qui ne fait qu'un avec le Fils, lui l'Esprit qui procède du Fils ? Comment aurait-il pu ne pas jeter une lumière nouvelle sur la compassion et les perfections de celui dont la mort en croix ouvrait à l'Esprit Saint un accès miséricordieux au cœur de l'homme ?...
Le Christ a dit explicitement à ses apôtres : « Il me glorifiera »... Comment l'Esprit rend-il gloire au Fils de Dieu ? Il révèle que celui qui se donnait pour le Fils de l'homme était le Fils unique du Père (Jn 1,18)... Notre Sauveur avait bien déclaré qu'il était le Fils de Dieu..., il avait dit tout ce qu'il faut nous dire, mais ses apôtres ne l'avaient pas compris. Même en confessant leur foi avec conviction sous l'action secrète de la grâce de Dieu, ils ne comprenaient pas encore tout ce qu'ils affirmaient...
Les paroles de notre Sauveur demeurent mais attendent quelque temps leur éclaircissement ; c'est bien ce qu'il réservait pour l'heure de la venue de celui qu'il devait envoyer. C'est l'Esprit qui mettrait en pleine lumière sa personne et ses paroles... Apparemment, ce n'est qu'après sa résurrection et surtout après son ascension, lorsque l'Esprit Saint est descendu, que les apôtres ont compris qui avait été avec eux.
ou
Saint John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
PPS IV n° 17 du 17/05/1837 (trad. Saleilles rev. Tournay)
« L'Esprit de vérité reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître »
Le Paraclet, le nouveau Consolateur, n'étant qu'un avec le Fils, étant l'Esprit qui procède du Fils, comment en se manifestant lui-même aurait-il pu faire autre chose que manifester le Fils au monde ? Comment aurait-il pu ne pas jeter une lumière nouvelle sur celui dont la mort en croix ouvrait à l'Esprit Saint l'accès au cœur de l'homme ? Aussi, bien que le départ du Fils soit utile pour que le Consolateur vienne (Jn 16,7), nous ne devons jamais perdre de vue le Fils en présence du Consolateur. Le Christ lui-même n'a-t-il pas dit à ses apôtres : « Il me glorifiera » ?
Comment l'Esprit rend-il gloire au Fils de Dieu ? Il révèle que celui qui se donnait pour le Fils de l'homme était le Fils unique de Dieu. Notre Sauveur avait bien déclaré tout ce qu'il nous faut mais ses apôtres ne l'avaient pas compris. Même en confessant leur foi avec conviction sous l'action secrète de la grâce, ils ne comprenaient pas encore tout ce qu'ils affirmaient... Le Sauveur ne prenait-il pas soin à voiler son secret ? Ne semble-t-il pas qu'il ait voulu qu'on perce ce secret non sur le moment mais après coup ? Comme si ses paroles devaient attendre longtemps encore pour recevoir leur interprétation divine.
C'est bien ce qu'il réservait pour l'heure de la venue de celui qu'il devait envoyer. C'est l'Esprit qui mettrait en pleine lumière sa personne et ses paroles... Ce n'était donc qu'après la Résurrection du Christ, et même après son Ascension, quand le Saint Esprit est descendu sur eux, que les apôtres ont enfin compris qui avait été avec eux. Saint Jean écrit : « Quand Jésus fut glorifié, ses disciples se souvinrent et ils comprirent ce qui était écrit de lui » (2,22).