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2 octobre - Mémoire des Saints anges gardiens
Commentaire de l’Évangile
Saint Charles de Foucauld (1858-1916)
ermite et missionnaire au Sahara
§ 48, psaume 24 (Méditations sur les psaumes; éd. Nouvelle Cité, 2002; p.136-137; rev.)
Soyez béni, ô ange gardien !
C’est aujourd’hui votre fête, ô mon bon ange… De tout mon cœur je vous dis aux pieds de Jésus : bonne fête ! (…) Merci de tous vos bienfaits ! Pardon de toutes mes ingratitudes et de me tenir avec si peu de respect en votre présence, pardon de vous contrister si souvent ! Gardez-moi, secourez-moi de plus en plus ! (…) Je vous honore et vous aime, cela est ma volonté, autant que Dieu le permet et le veut…
On demande aux saints des grâces pour leur fête au lieu de leur faire des offrandes, inspirez-moi ce qu’il vous fera le plus de plaisir que je vous demande, mon bon ange, et je vous le demanderai : « Un grand respect de ma présence et de la présence de Dieu… penser, parler, agir comme étant sans cesse sous les yeux de Jésus Notre Seigneur et sous les miens et respecter notre présence comme celle d’êtres très aimés et très vénérés. (…) Voilà ce que je te demande pour l’honneur de Jésus, le mien, et pour ton bien, mon enfant ». Mon bon ange, mon cher ange, il me semble que vous me répondez cela… Je vous le promets… Je vous demande cette grâce et je vous promets de m’efforcer d’y être fidèle (…).
Si de moi-même, et j’espère que cela ne vient pas de moi mais de Jésus, j’osais vous offrir, par sa force, par son assistance et à l’aide de sa grâce, quelque chose pour votre fête, je vous offrirais le désir de vous aimer de plus en plus, de croître sans cesse en amour, confiance, dévotion pour vous et d’avoir de plus en plus présent à la pensée le sentiment de votre bénie présence. Soyez bénis, mon cher ange gardien, bonne fête ! Soyez bénis ô anges gardiens de tous les hommes.
ou
Saint Jean Cassien (v. 360-435)
fondateur de monastère à Marseille
Des principautés, XV.XVII ; SC 54 (Conférences VIII-XVII; trad. E. Pichery, éd. du Cerf, 1958 ; p. 22-25 ; rev.)
Leurs anges voient sans cesse la face du Père des cieux
Ce n’est pas sans raison ni sans cause que l’on a appliqué aux bons anges ces vocables qui marquent leur rang, et qu’il y a chez eux des noms pour exprimer leur office, leur mérite ou leur dignité : cela ne fait doute pour personne.
Il est manifeste d’abord que le nom d’anges ou messagers est pris de l’office d’annoncer les volontés divines et celui d’archanges, du fait qu’ils commandent aux anges eux-mêmes, comme le mot l’indique. D’autres sont appelés dominations, parce que, en effet, ils dominent sur plusieurs ; ou principautés, parce qu’ils ont des sujets qui leur obéissent comme à des princes ; ou trônes enfin, à raison de l’intime union et du commerce de familiarité qu’ils entretiennent avec Dieu, qui font que sa divinité majesté semble se reposer plus particulièrement en eux, comme sur un trône, et s’y appuyer, en quelque sorte, plus fermement. (…)
Pour ce qui est des bons anges, le Sauveur nous dit : « Gardez-vous de mépriser l’un de ces petits ; car je vous le dis, leurs anges, dans le ciel, voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 18,10). Ce sont eux encore que concerne cette parole : « L’ange du Seigneur environnera de sa présence ceux qui le craignent, et il les sauvera du danger » (Ps 33,8), ou ce mot des Actes au sujet de Pierre : « C’est son ange. » (Ac 12,15)
ou
Sainte Gertrude d'Helfta (1256-1301)
moniale bénédictine
Exercices I, SC 127 (Œuvres spirituelles, trad. J. Hourlier et A. Schmitt, Éd. du Cerf, 1967, p. 63-67, rev.)
« Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. » (Mt 18,10)
Demande avec ferveur que le Seigneur Jésus impose sur toi sa main afin qu’à jamais tu habites sous la garde du Très-Haut et que tu demeures sous la protection du Dieu du ciel (cf. Ps 90,1). (...)
Ah ! Jésus, Prince de la paix, Ange du grand conseil, sois toujours à ma droite comme guide et gardien de mon pèlerinage, afin de n’être pas ébranlée et de ne pas errer loin de toi. Daigne envoyer du ciel ton saint Ange qui, sous ta garde aimante prenne soin de moi et me dirige selon ton bon plaisir, et sur ta voie parfaite me ramène à toi (Ex 23,20).
Salut, saint Ange de Dieu, gardien de mon âme et de mon corps. Par le très doux cœur de Jésus-Christ, Fils de Dieu, pour l’amour de Celui qui nous a créés, toi et moi, pour l’amour de Celui qui, au baptême, m’a confié à toi, reçois-moi en la garde de ta très fidèle paternité. Puissé-je, aidée par toi, traverser sur une chaussée immaculée le torrent de cette vie, jusqu’au jour où, avec toi dans la joie, je serai admise à contempler cette face que tu vois, cette exquise beauté de Dieu, dont la douceur dépasse toute suavité.
Ah ! Jésus, mon Pasteur très cordialement aimé, fais que moi, ton indigne petite brebis, toujours je suive et reconnaisse ta très douce voix, et répandant l’odeur très suave d’une foi vive, que je coure vers les pâturages de la vie éternelle, où je pourrai éternellement goûter le loisir et voir que toi vraiment tu es suave, ô mon Maître.
ou
Saint Vincent de Paul (1581-1660)
prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretiens aux Filles de la charité, 7/12/1643 (Tome IX, Éd. Gabalda, 1923, p.136. Conférence du 7 décembre 1643 ; rev.)
Être l'ange de quelqu'un
Mes filles, vous qui vous occupez des petits enfants, quelle place tenez-vous auprès de ces petits ? Vous êtes en quelque façon leurs bons anges. Eh quoi ! mes filles, dédaigneriez-vous de vous trouver auprès de ces pauvres petits enfants, alors que leurs bons anges s'estiment heureux d'y être continuellement ! S'ils voient Dieu, c'est de ce lieu-là ; s'ils le glorifient, c'est d'auprès de ces petits enfants ; s'ils reçoivent ses commandements, c'est là encore. Ce sont eux qui élèvent vers Dieu la gloire que lui rendent ces petits êtres par leurs petits cris et leurs gazouillements. Et ils s'estiment très honorés de leur rendre ces services. Ô mes filles, usez-en de la sorte, puisque vous êtes, avec ses glorieux esprits, commises au soin de ces enfants.
ou
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église
Poésie « Jésus mon bien-aimé, rappelle-toi ! » ; str. 9, 11-12, 16
« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits »
Rappelle-toi des divines tendresses
Dont tu comblas les plus petits enfants
Je veux aussi recevoir tes caresses
Ah ! donne-moi tes baisers ravissants
Pour jouir dans les Cieux de ta douce présence
Je saurai pratiquer les vertus de l'enfance
N'as-tu pas dit souvent :
« Le Ciel est pour l'enfant ? »
Rappelle-toi...
« Venez à moi, pauvres âmes chargées
« Vos lourds fardeaux bientôt s'allégeront
« Et pour jamais étant désaltérées
« De votre sein des sources jailliront » (Mt 11,28 ; Jn 4,15).
J'ai soif, ô mon Jésus ! cette Eau je la réclame
De ses torrents divins daigne inonder mon âme
Pour fixer mon séjour
En l'Océan d'Amour
Je viens à toi.
Rappelle-toi qu'enfant de la lumière
Souvent j'oublie de bien servir mon Roi.
Oh ! prends pitié de ma grande misère
Dans ton amour, Jésus, pardonne-moi,
Aux affaires du Ciel daigne me rendre habile
Montre-moi les secrets cachés dans l'Évangile
Ah ! que ce Livre d'or
Est mon plus cher trésor
Rappelle-toi…
Rappelle-toi de la fête des Anges,
Rappelle-toi de l'harmonie des Cieux
Et de la joie des sublimes phalanges
Lorsqu'un pécheur vers toi lève les yeux (Lc 15,10).
Ah ! je veux augmenter cette grande allégresse
Jésus, pour les pécheurs, je veux prier sans cesse
Que je vins au Carmel
Pour peupler ton beau Ciel
Rappelle-toi.
ou
Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
12e sermon sur le psaume 90
« Il a commandé à ses anges de te garder en toutes tes voies. » (Ps 90, 11) Combien cette parole doit te porter au respect... pour la présence de ton bon ange ! Combien elle doit t'inspirer de la confiance, puisque Dieu prend soin de te garder. Fais une attention particulière à tout ce que tu fais, puisque les anges sont présents à toutes tes démarches, comme Dieu leur a commandé. En quelque lieu que tu ailles, en quelque recoin que tu sois, aie toujours une grande dévotion pour ton bon ange... Douterais-tu que cet esprit que tu ne vois pas soit présent à tout ce que tu fais ? Combien de respect tu aurais si tu l'entendais, si tu le touchais, si tu le sentais auprès de toi !
Prends bien conscience que ce n'est pas seulement par la vue qu'on est assuré de la présence des choses ; tout ce qui est présent et corporel ne peut pas être saisi par la vue. Combien plus alors les êtres spirituels sont-ils éloignés de la portée de nos sens et ne peuvent être cherchés et trouvés que par des moyens spirituels ! Si tu interroges donc la foi, ne donne-t-elle pas l'assurance que ton bon ange est toujours présent ? Oui, je l'affirme, la foi t'en donne la preuve, parce que selon l'apôtre elle est une preuve et une conviction des réalités qu'on ne voit pas (He 11, 1). Sois donc assuré que nos bons anges sont toujours là, non seulement avec nous, mais pour nous. Ils sont près de nous pour nous protéger et pour nous servir.
Que rendras-tu donc au Seigneur pour tout ce qu'il t'a donné ? (Ps 115, 12) À lui seul l'honneur et la gloire, puisque que c'est lui qui a commandé à ses anges de nous garder ; c'est lui qui nous les a donnés. Tout don parfait ne peut venir que de lui (Jc 1, 17).
ou
Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d'Ars
Sermon pour la fête des Saints Anges Gardiens (in Sermons, Beauchesne 1925, t. 4)
« Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père »
Mes frères, nos anges gardiens sont nos plus fidèles amis, parce qu'ils sont avec nous le jour, la nuit, dans tout le temps et dans tous les lieux ; la foi nous apprend que nous les avons toujours à nos côtés. C'est ce qui fait dire à David : « Rien ne pourra nous nuire, parce que le Seigneur a commandé à ses anges d'avoir soin de nous » (Ps 90,11). Et pour montrer combien sont grands les soins qu'ils prennent de nous, le prophète dit qu'ils nous portent entre leurs mains, comme une mère porte son enfant. Ah ! C'est que Dieu prévoyait les dangers sans nombre auxquels nous serions exposés sur la terre, au milieu de tant d'ennemis, qui tous ne cherchent que notre perte. Oui, ce sont nos bons anges qui nous consolent dans nos peines, qui nous avertissent quand le démon vient nous tenter, qui présentent à Dieu nos prières et toutes nos bonnes actions, qui nous assistent à la mort et présentent nos âmes à leur souverain juge...
Depuis le commencement du monde, le commerce des anges avec les hommes est si fréquent que l'Écriture sainte en fait mention à tout instant... Presque tous les patriarches et les prophètes ont été instruits par les anges des volontés du Seigneur. Souvent même, nous voyons que Dieu s'est fait représenter par des anges. Mais, me direz-vous, si on les voyait, l'on aurait bien plus de confiance ? Si cela eût été nécessaire au salut de notre âme, le bon Dieu les aurait rendus visibles. Mais cela importe peu ; car dans notre religion, nous ne connaissons que par la foi, et cela, afin que toutes nos actions soient plus méritoires...
Si vous désirez savoir le nombre des anges, leur fonction, je vous dirai qu'ils sont sans nombre : les uns sont créés pour honorer Jésus Christ dans sa vie cachée, souffrante et glorieuse, ou pour être les gardiens des hommes, sans cesser pour cela de jouir de la présence divine. Les autres s'occupent à contempler les perfections de Dieu ou bien veillent à notre conservation, en nous fournissant tous les moyens nécessaires à notre sanctification. Quoique le bon Dieu se suffise à lui-même, il emploie néanmoins, pour gouverner le monde, le ministère de ses anges.
ou
Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d'Ars
Sermon pour la fête des Anges gardiens
« Je vais vous envoyer mon ange »
Quoique le bon Dieu se suffise à lui-même, il emploie néanmoins, pour gouverner le monde, le ministère de ses anges... Si nous voyons Dieu prendre tant de soin de notre vie, nous devons conclure que notre âme est quelque chose de bien grand et de bien précieux, pour qu'il emploie à sa conservation et à sa sanctification tout ce qu'il a de plus grand dans sa cour. Il nous a donné son Fils pour nous sauver ; ce Fils lui-même...donne à chacun de nous un et même plusieurs anges, qui s'occupent uniquement à lui demander pour nous les grâces et les secours nécessaires à notre salut... Oh, que l'homme connaît peu ce qu'il est, et la fin pour laquelle il a été créé ! Nous lisons dans l'Écriture sainte que le Seigneur disait à son peuple : « Je vais vous envoyer mon ange, afin qu'il vous conduise dans toutes vos démarches » (Ex 23,20)...
Nous devons souvent invoquer nos anges gardiens, les bien respecter et, surtout tâcher de les imiter dans toutes nos actions. La première chose que nous devons imiter en eux, c'est la pensée de la présence de Dieu... En effet, si nous étions bien pénétrés de la présence de Dieu, comment pourrions-nous faire le mal ? Que nos vertus et toutes nos bonnes œuvres seraient bien plus agréables à Dieu !... Dieu dit à Abraham : « Veux-tu être parfait ? Marche en ma présence » (Gn 17,1). Comment se peut-il faire que nous oubliions si facilement le bon Dieu, tandis que nous l'avons toujours devant nous ? Pourquoi ne sommes-nous pas saisis de respect et de reconnaissance envers nos anges, qui nous accompagnent jour et nuit ?... « Je suis trop misérable, direz-vous peut-être, pour mériter cela. » Non seulement, mes frères, Dieu ne vous perd pas un instant de vue, mais il vous donne un ange qui ne cesse de guider vos pas. Oh, bonheur trop grand, mais trop peu connu des hommes !
ou
Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
12e sermon sur le psaume 90
« Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t'ai préparé » (Ex 23,20)
« Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins » (Ps 90,11). Quel n'est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu'elle doit faire naître, la confiance qu'elle doit t'inspirer ! Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, la confiance à cause de leur vigilance... Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi, mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir. Que rendrais-tu au Seigneur pour tout ce qu'il t'a donné ? (Ps 115,3). C'est à lui seul qu'on doit rendre gloire et honneur pour ce secours ; c'est lui qui leur en a donné l'ordre. « Tout don parfait » (Jc 1,17) ne peut venir que de lui. Mais on ne peut pour autant manquer de reconnaissance à l'égard des anges, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide.
Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part ; aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons... En Dieu aimons ses anges, dans la conscience qu'ils seront un jour nos cohéritiers et que d'ici là le Père dispose et ordonne qu'ils soient pour nous des guides et des éducateurs. Car « dès maintenant nous sommes enfants de Dieu » bien que cela ne paraisse pas encore clairement (1Jn 3,2), puisque nous sommes encore des enfants soumis à des intendants et à des éducateurs, et nous semblons pour le moment ne différer en rien de serviteurs.
Pourtant si petits que nous soyons et si longue et dangereuse que soit la route qui nous reste à parcourir, qu'aurions-nous à craindre sous une si bonne garde ? ... Les anges sont fidèles, ils sont sages, ils sont puissants ; qu'aurions-nous à craindre ? Suivons-les seulement, attachons-nous à eux, et nous demeurerons sous la protection du Dieu du ciel.
ou
Catéchisme de l'Église catholique § 333-336
Les saints anges gardiens : l'unité de l'univers visible et invisible
De l'Incarnation à l'Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l'adoration et du service des anges... Leur chant de louange à la naissance du Christ n'a cessé de résonner dans la louange de l'Église : « Gloire à Dieu... » (Lc 2,14). Ils protègent l'enfance de Jésus, le servent au désert, le réconfortent dans l'agonie, alors qu'il aurait pu être sauvé par eux... Ce sont encore les anges qui « évangélisent » (Lc 2,10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l'incarnation et de la résurrection du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu'ils annoncent, au service de son jugement.
D'ici là, toute la vie de l'Église bénéficie de l'aide mystérieuse et puissante des anges. Dans sa liturgie, l'Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint (Is 6,6) ; elle invoque leur assistance (ainsi dans le Canon romain ou la liturgie des défunts ou encore dans l' « Hymne chérubinique » de la liturgie byzantine) ; elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges (St Michel, St Gabriel, St Raphaël, les anges gardiens).
De l'enfance au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. « Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie » (St Basile). Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.
« L'Hymne des Chérubins » (offertoire de la Divine Liturgie de St Jean Chrysostome) :
Nous qui, dans ce mystère, te louons avec tous les saints et avec toutes les créatures des cieux et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité, déposons maintenant tous les soucis du monde pour recevoir le Roi de toutes choses, invisiblement escorté par les armées des anges, alléluia.
ou
Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Homélies sur Ézéchiel I, 7 (trad. SC 352, p 71-73 rev)
« Ses armées, serviteurs de son désir » (Ps 102,21)
Les anges descendent vers ceux qui sont à sauver. « Les anges montaient et descendaient au-dessus du Fils de l'homme » (Jn 1,51) ; et « ils s'approchèrent de lui et ils le servaient » (Mt 4,11). Or les anges descendent parce que le Christ était descendu le premier ; ils craignaient de descendre avant que l'ait ordonné le Seigneur des puissances célestes et de toutes choses (Col 1,16). Mais quand ils ont vu le Prince de l'armée céleste demeurer sur la terre, alors, par cette voie ouverte, ils sont sortis à la suite de leur Seigneur, obéissant à la volonté de celui qui les a répartis comme gardiens de ceux qui croient en son nom.
Toi, hier, tu étais sous la dépendance du démon, aujourd'hui, tu es sous celle d'un ange. « Gardez-vous, dit le Seigneur, de mépriser aucun ce ces petits » qui sont dans l'Église, « car en vérité je vous le dis, leurs anges voient constamment la face de mon Père qui est dans les cieux ». Les anges se vouent à ton salut, ils se sont déclarés au service du Fils de Dieu, et ils disent entre eux : « Si lui il est descendu dans un corps, s'il s'est revêtu d'une chair mortelle, s'il a supporté la croix, s'il est mort pour tous les hommes, pourquoi nous reposer, nous, pourquoi nous épargner ? Allons, tous les anges, descendons du ciel ! » C'est pourquoi quand le Christ est né, il y avait « une multitude de l'armée céleste louant et glorifiant Dieu » (Lc 2,13).
ou
Saint Albert le Grand (v. 1200-1280), dominicain
Sermon pour la Fête de saint Michel
« Leurs anges aux cieux voient sans cesse la face de mon Père »
« Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient la face de mon Père qui est dans les cieux ». Par ces mots, le Christ nous dit à peu près ceci : Soyez attentifs, veillez à ne pas mépriser les hommes simples, pauvres ou faibles. Pour moi, je les tiens en très grande estime, à tel point que, pour les garder de tout mal, j'ai mis à leur service mes anges. Et quels anges ! N'allez pas croire qu'on puisse les comparer à des marmitons qui travailleraient dans ma cuisine. Non, ils sont les égaux des officiers de mon propre palais, car « ils voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux »...
Or ces anges voient la face de Dieu pour plusieurs raisons. La première, c'est que les anges doivent offrir et présenter à Dieu les bonnes œuvres des hommes. Nous en avons un témoignage dans les paroles de Raphaël adressées à Tobie : « J'ai présenté ta prière au Seigneur » (Tb 12,12). On lit aussi dans l'Apocalypse : « Un ange vint se placer près de l'autel avec un encensoir d'or, et on lui donna beaucoup de parfums pour les offrir, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône de Dieu » (8,3). Remarquons que l'autel est le cœur de l'homme vraiment fidèle à Dieu. Devant cet autel se tiennent les anges. Leur encensoir représente les sentiments d'allégresse avec lesquels ils recueillent les pensées, les prières, les paroles et les actions des hommes, pour les offrir, tout embrasées du feu de la charité, sur l'autel d'or qui se trouve devant le trône de Dieu. Et l'offrande monte vers le Fils, qui est dans le sein du Père. Il serait bon par conséquent que nous ayons toujours quelque bien à déposer dans l'encensoir des anges.
ou
Saint John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermon « The Invisible World », PPS, t. 4, n°13
« Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père »
Les anges s'occupent activement de nous dans l’Église ; on nous dit « qu'ils sont les serviteurs envoyés pour exercer leur ministère en faveur de ceux qui doivent être les héritiers du salut » (He 1,14). Il n'y a pas de chrétien si humble qui n'ait des anges pour le servir, s'il vit par la foi et par l'amour. Quoiqu'ils soient si grands, si glorieux, si purs, si merveilleux que leur vue seule nous jetterait à terre, comme cela est arrivé au prophète Daniel (10,9)…, pourtant ils sont des  « serviteurs comme nous » (Ap 19,10) et nos compagnons de travail. Ils veillent sur nous ; ils défendent jusqu'au plus humble d'entre nous, si nous sommes au Christ.
Qu'ils fassent partie de notre monde invisible, cela ressort de la vision qu'a eue le patriarche Jacob (Gn 28,10s)… Comme il pensait peu qu'il y avait quelque chose de merveilleux là où il s'était couché pour dormir ! C'était un endroit comme tous les autres, un lieu solitaire et incommode… ; et pourtant, combien la réalité était différente ! Jacob ne voyait que le monde visible ; il ne voyait pas le monde invisible, et pourtant le monde invisible était là. Il était là, bien que Jacob n’ait pas réalisé tout de suite sa présence mais qu'elle ait dû lui être révélée de façon surnaturelle. Il l’a vu dans son sommeil : « une échelle dont le pied était appuyé sur la terre, et dont le haut touchait le ciel ; des anges de Dieu montaient et descendaient le long de l'échelle ; et le Seigneur se tenait au sommet ».
Il s’agissait de l'autre monde : des gens en parlent comme s'il n'existait pas maintenant mais seulement après la mort. Non, il existe maintenant, même si nous ne le voyons pas ; il est parmi nous, autour de nous. C’est ce qui a été montré à Jacob : des anges étaient autour de lui, même s’il ne le savait pas. Et ce que Jacob a vu dans son sommeil, d'autres aussi l'ont vu...et entendu, comme les bergers de Noël. Ces esprits bienheureux louent Dieu jour et nuit, et nous, dans notre état, nous pouvons les imiter.


18 octobre - Fête de St Luc, évangéliste
Commentaire de l’Évangile
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
3ème Homélie sur l’inscription des Actes des Apôtres ; PG 51,87 (trad. coll. Migne, n° 66, p. 132)
Saint Luc, évangéliste : « J’ai décidé…d’écrire pour toi un exposé suivi » (1,3)
La lecture des saintes Écritures est un pré spirituel et un paradis de délices, bien plus agréable que le paradis d’autrefois. Ce paradis, Dieu ne l’a pas planté sur la terre, mais dans les âmes des fidèles. Il ne l’a pas placé dans l’Éden, ni en Orient dans un lieu précis (Gn 2,8), mais il l’a étendu partout sur la terre et l’a déployé jusqu’aux extrémités de la terre habitée. Et puisque tu comprends qu’il a étendu les saintes Écritures sur toute la terre habitée, écoute le prophète qui dit : « Leur voix a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde » (Ps 18,5 ; Rm 10,18)…
Ce paradis a aussi une source comme celui d’autrefois (Gn 2,6.10), source d’où naissent d’innombrables fleuves… Qui le dit ? Dieu lui-même qui nous a fait le don de tous ces fleuves : « Celui qui croit en moi, dit-il, selon le mot de l’Écriture, de son sein couleront des fleuves d’eau vive » (Jn 7,38)… Cette source est incomparable non seulement par son abondance, mais encore par sa nature. En effet ce ne sont pas des rivières d’eau, mais les dons de l’Esprit. Cette source se partage entre toutes les âmes des fidèles, mais elle n’en est pas diminuée. Elle est divisée, mais elle n’est pas épuisée… Tout entière chez tous et tout entière en chacun : tels sont en effet les dons de l’Esprit.
Veux-tu savoir quelle est l’abondance de ces rivières ? Veux-tu savoir la nature de ces eaux ? En quoi elles sont différentes des eaux d’ici-bas, parce qu’elles sont meilleures et plus magnifiques ? Écoute à nouveau le Christ parlant à la Samaritaine pour comprendre l’abondance de la source : « L’eau que je donnerai à celui qui croit, dit-il, deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle » (Jn 4,14)… Veux-tu aussi connaître sa nature ? Fais-en usage ! Elle n’est pas utile en effet pour la vie d’ici-bas, mais pour la vie éternelle. Passons donc notre temps dans ce paradis : soyons invités à boire à cette source.
ou
Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur la révélation « Dei Verbum », § 18-19
Le témoignage de saint Luc : « J'ai décidé, après m'être informé soigneusement de tout..., d'en écrire un exposé suivi » (Lc 1,3)
Parmi toutes les Écritures, même le Nouveau Testament, les évangiles l'emportent à juste titre, du fait qu'ils sont le témoignage principal sur la vie et l'enseignement du Verbe incarné, notre Sauveur. Que les quatre évangiles aient une origine apostolique, l'Église partout et toujours l'a affirmé et l'affirme. Ce que les apôtres ont prêché sur l'ordre du Christ, plus tard, eux-mêmes et des hommes apostoliques nous l'ont transmis, sous l'inspiration de l'Esprit divin, dans des écrits qui sont le fondement de notre foi, c'est-à-dire l'Évangile à quatre formes, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean.
De façon ferme et absolument constante, la sainte Mère Église a affirmé et affirme, que les quatre évangiles énumérés, dont elle atteste sans hésiter l'historicité, transmettent fidèlement ce que Jésus le Fils de Dieu, pendant qu'il vivait parmi les hommes, a réellement fait et enseigné en vue de leur salut éternel, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel (Ac 1,1-2). Après l'Ascension du Seigneur, les apôtres ont transmis à leurs auditeurs ce que Jésus avait dit et fait, avec cette intelligence plus profonde dont ils jouissaient eux-mêmes, instruits qu'ils étaient par les événements glorieux du Christ et enseignés par la lumière de l'Esprit de vérité (Jn 14,26).
Les auteurs sacrés ont composé les quatre évangiles, en triant certains détails entre beaucoup de ceux que la parole ou déjà l'écriture avait transmis, en en faisant entrer quelques-uns en une synthèse, ou en les exposant en tenant compte de l'état des églises, en gardant enfin la forme d'une proclamation, afin de pouvoir ainsi toujours nous communiquer des choses vraies et authentiques sur Jésus. Ils les ont écrits dans cette intention, soit d'après leur propre mémoire, leurs propres souvenirs, soit d'après le témoignage de ceux « qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole », afin que nous « connaissions la vérité des enseignements que nous avons reçus » (Lc 1,1-2).
ou
Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
« Afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus » (Lc 1, 4)
« Plusieurs ont essayé de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous... C'est pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé soigneusement de tout, d'en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus. » (Lc 1, 1-4)
Autrefois, chez les juifs, un grand nombre de gens prétendaient avoir le don de prophétie, mais certains étaient de faux prophètes... Il en va de même au temps du Nouveau Testament, où beaucoup « ont essayé » d'écrire des évangiles, mais tous n'ont pas été acceptés... Ces mots « ont essayé » contiennent une accusation cachée contre ceux qui, sans la grâce du Saint Esprit, se sont lancés dans la rédaction d'évangiles. Matthieu, Marc, Jean et Luc n'ont pas « essayé » d'écrire mais, remplis du Saint Esprit, ce sont eux qui ont écrit les vrais évangiles...
L'Église possède donc quatre évangiles ; les hérétiques en ont un très grand nombre... « Beaucoup ont essayé d'écrire », mais quatre évangiles seulement sont approuvés ; et c'est d'eux que l'on doit tirer, pour le mettre en lumière, ce qu'il faut croire de la personne de notre Seigneur et Sauveur. Je sais qu'il existe un évangile qu'on appelle « selon Thomas », un autre « selon Matthias », et nous en lisons quelques autres encore pour ne pas avoir l'air d'être ignorants devant ceux qui s'imaginent savoir quelque chose quand ils connaissent ces textes. Mais en tout cela, nous n'approuvons rien sinon ce qu'approuve l'Église : on doit admettre quatre évangiles seulement. Voilà ce qu'on peut dire sur le texte du prologue de saint Luc : « Beaucoup ont essayé de composer un récit de tous les événements qui se sont accomplis parmi nous ».
ou
Saint John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
PPS, vol. 3 no. 22 : « The Good Part of Mary »,
Saint Luc, évangéliste, « serviteur de la Parole » (Lc 1,2)
Bonne est toute parole du Christ, elle a sa mission et son but, elle ne tombe pas à terre. Il est impossible qu'il ait jamais prononcé de paroles éphémères, lui, le Verbe de Dieu, exprimant selon son bon plaisir les conseils profonds et la volonté sainte du Dieu invisible. Toute parole du Christ est bonne. Même si ses propos nous avaient été transmis par des gens ordinaires, nous pouvons être sûrs que rien de ce qui nous a été conservé -- qu'il s'agisse de paroles à un disciple ou à un contradicteur, ou bien d'avertissements, d'avis, de réprimandes, de réconfort, de persuasion ou de condamnation -- rien de tout cela n'a une signification purement accidentelle, une portée limitée ou partielle...
Au contraire, toutes les paroles sacrées du Christ, bien que revêtues d'un habillement temporaire et ordonnées à un but immédiat, difficiles de ce fait à dégager de ce qu'il y a en elles de momentané et de contingent, n'en gardent pas moins toute leur force à chaque siècle. Demeurant dans l'Église, elles sont destinées à durer pour toujours dans les cieux (cf Mt 24,35) ; elles se prolongent jusque dans l'éternité. Elles sont notre règle sainte, juste et bonne, la « lampe pour nos pieds, lumière sur notre route » (Ps 118,105), aussi pleinement et aussi intimement pour notre temps que lorsqu'elles ont été d'abord prononcées.
Cela aurait été vrai même si un simple soin humain avait recueilli ces miettes de la table du Christ. Mais nous avons une assurance beaucoup plus grande, parce que nous les recevons non pas des hommes mais de Dieu (1Th 2,13). L'Esprit Saint, qui est venu glorifier le Christ et donner aux évangélistes l'inspiration d'écrire, n'a pas tracé pour nous un Évangile stérile. Loué soit-il d'avoir choisi et sauvegardé pour nous les paroles qui devaient être particulièrement utiles dans les temps à venir, les paroles pouvant servir de loi à l'Église, pour la foi, la morale et la discipline. Non pas une loi écrite sur des tables de pierre (Ex 24,12), mais une loi de foi et d'amour, de l'esprit non de la lettre (Rm 7,6), une loi pour des cœurs généreux qui acceptent de « vivre de toute parole », si modeste et si humble soit-elle, « qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8,3 ;Mt 4,4).
ou
Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr
Contre les Hérésies, III, 14-15 ; SC 34 (trad. cf Cerf 1984, p. 337s)
Saint Luc, compagnon et collaborateur des apôtres
Que Luc ait été inséparable de Paul et son collaborateur dans la prédication de l'Évangile, lui-même le montre avec évidence, non pour se glorifier mais poussé par la vérité elle-même. En effet, lorsque Barnabé et Jean, surnommé Marc, se sont séparés de Paul et se sont embarqués pour Chypre, Luc écrit : « Nous sommes venus à Troas » (cf Ac 16,8.11)… ; puis il décrit en détail tout leur voyage, leur venue à Philippes, et comment ils y ont annoncé la parole pour la première fois… Il relate dans l'ordre tout son voyage avec Paul dont il raconte les circonstances avec toute la précision possible... Ayant été présent à tous ces événements, Luc les a consignés de façon précise ; on ne peut surprendre chez lui ni mensonge ni orgueil, car tous ces faits étaient connus…
Que Luc ait été non seulement le compagnon, mais encore le collaborateur des apôtres, de Paul surtout, Paul le dit clairement lui-même dans ses lettres : « Demas m'a abandonné et s'en est allé à Thessalonique, Crescens en Galatie, Tite en Dalmatie, Luc seul est avec moi » (2 Tm 4,11). Cela prouve bien que Luc a toujours été uni à Paul, de façon inséparable. De même dans la lettre aux Colossiens, on lit : « Luc, le médecin bien-aimé, vous salue » (Col 4,14)…
D'autre part, nous connaissons beaucoup d’événements de l'Évangile — et des plus importants — par Luc seul… Qui sait, d'ailleurs, si Dieu n'a pas fait en sorte que beaucoup de traits de l'Évangile aient été révélés par Luc seul…, pour que tous se laissent guider par le témoignage qu'il apporte ensuite [dans son deuxième livre] sur les actes et la doctrine des apôtres, et qu'en gardant ainsi inaltérée la règle de la vérité, tous puissent être sauvés. Ainsi le témoignage de Luc est vrai ; l'enseignement des apôtres est manifeste, solide et ne cache rien… Telles sont les voix de l'Église, d'où toute l'Église tire son origine.
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Vie anonyme byzantine de saint Luc (11ème siècle)
6-7  ; PG 115, 1134-1135 (trad. Orval)
Saint Luc, évangéliste et compagnon de Paul
Lorsque, après avoir abandonné les ténèbres de l'erreur pour adhérer à l'amour de Dieu, Paul se joint au nombre des disciples, Luc l'accompagne partout et devient son compagnon de voyage (Ac 16,10s)... Il s'accorde si bien avec lui, il lui est si familier et il partage à tel point toutes ses grâces que Paul, lorsqu'il écrit aux croyants, appelle Luc son bien-aimé (Col 4,14). Depuis Jérusalem et toute sa contrée jusqu'en Dalmatie (Rm 15,19), il a prêché avec lui l'Évangile. Depuis la Judée jusqu'à Rome, il partage avec lui les mêmes chaînes, les mêmes travaux, les mêmes peines, les mêmes naufrages. Il voulait recevoir avec lui la même couronne pour avoir pris part aux mêmes labeurs.
Après avoir acquis avec Paul le talent de la prédication et avoir gagné et conduit tant de nations à l'amour de Dieu, Luc apparaît bien comme le disciple aimant et aimé du Sauveur ainsi que l'évangéliste qui a écrit son histoire sacrée ; car il avait jadis suivi le Maître (Lc 10,1), il avait recueilli les témoignages de ses premiers serviteurs (Lc 1,1) et il avait reçu l'inspiration d'en haut. C'est lui l'évangéliste qui a raconté le mystère du messager Gabriel envoyé à la Vierge pour annoncer la joie au monde entier. C'est lui qui a raconté clairement la naissance du Christ : il nous montre le nouveau-né couché dans une crèche et décrit les bergers et les anges proclamant la joie... Il rapporte les enseignements donnés en paraboles en plus grand nombre que les autres évangélistes. Et de même qu'il nous fait connaître la descente du Verbe sur la terre, de même il nous décrit son Ascension dans le ciel et son retour au trône du Père...
Mais en Luc, la grâce ne se borne pas à cela. Sa langue ne se limite pas au service du seul Évangile. Après la fin des miracles du Christ, il raconte aussi les Actes des Apôtres... Luc n'est pas seulement spectateur de tout cela, mais il y participe vraiment. Et c'est pourquoi il met tant de soin à nous en instruire.


28 octobre - Saint Simon et saint Jude (Thaddée), Apôtres, fête
Commentaire de l’Évangile
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église
Homélie sur la 1ère lettre aux Corinthiens 4, 3 ; PG 61,34 (trad. bréviaire 24/08)
Les apôtres, témoins du Christ ressuscité
Saint Paul disait : « La faiblesse de Dieu est plus forte que tous les hommes » (1Co 1,25). Que la prédication soit l’œuvre de Dieu, c’est évident. Comment douze hommes, des ignorants, ont-ils pu avoir l’idée d’une telle démarche, eux qui vivaient près des lacs et des fleuves et dans le désert ? Eux qui n’avaient jamais fréquenté les villes et leurs assemblées, comment ont-ils pu songer à se mobiliser contre la terre entière ? Ils étaient craintifs et sans courage : l’évangéliste le montre bien, il n’a voulu ni excuser ni cacher leurs défauts. C’est là une preuve très forte de vérité. Que dit-il à leur sujet ? Quand le Christ a été arrêté, après avoir fait les miracles innombrables, la plupart se sont enfuis, et celui qui était leur chef de file n’est resté que pour le renier.
Quand le Christ était vivant, ces hommes étaient incapables de soutenir les assauts de ses ennemis. Et lorsqu’il était mort et enseveli…, comment croyez-vous qu’ils se seraient mobilisés contre la terre entière ? Est-ce qu’ils n’auraient pas dû se dire : « Il n’a pas été capable de se sauver lui-même, et il nous protégerait ? Quand il était vivant, il n’a pas pu se défendre, et maintenant qu’il est mort, il nous tendrait la main ? Quand il était vivant, il n’a pas pu se soumettre aucune nation, et nous allons convaincre la terre entière en proclamant son nom ? »... La chose est donc évidente : s’ils ne l’avaient pas vu ressuscité et s’ils n’avaient pas eu la preuve de sa toute-puissance, ils n’auraient pas pris un risque pareil.
ou
Saint Clément de Rome, pape de 90 à 100 environ
Lettre aux Corinthiens, 42-44 (trad. Quéré, Les Pères apostoliques)
La succession apostolique
Les apôtres ont reçu pour nous du Seigneur Jésus Christ la Bonne Nouvelle ; Jésus le Christ a été envoyé par Dieu. Le Christ vient donc de Dieu, les apôtres du Christ. Ces deux missions procèdent en bel ordre de la volonté de Dieu. Pourvus d'instructions, remplis de certitude par la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ, affermis par la parole de Dieu, ils partirent, avec l'assurance de l'Esprit Saint, annoncer que le Royaume de Dieu était proche. Ils prêchaient dans les campagnes et dans les villes, et ils y établissaient leurs prémices, et ils les éprouvaient avec l'aide de l'Esprit, pour en faire les évêques et les diacres des futurs fidèles... S'étonnera-t-on que les hommes, que Dieu a investis d'une telle mission dans le Christ, aient eux-mêmes établi les ministres que je viens d'évoquer ? ... Nos apôtres ont su aussi par notre Seigneur Jésus-Christ qu'on se querellerait sur les fonctions de l'évêque. Telle est la raison pour laquelle, dans leur prescience parfaite, ils ont établi les ministres évoqués plus haut et instituèrent qu'après leur mort d'autres hommes, dûment éprouvés, prendraient leur succession.
ou
Pape Benoît XVI
Audience générale du 11/10/2006 (trad. DC 2368, p. 1003 © copyright Libreria Editrice Vaticana)
L'unité des Douze, l'unité de l'Église
Nous considérons ensemble les apôtres Simon le Cananéen et Jude (Thaddée) -– qu'il ne faut pas confondre avec Judas Iscariote -– non seulement parce que dans les listes des Douze ils sont toujours cités l'un à côté de l'autre (cf Mt 10, 4 ; Mc 3, 18 ; Lc 6, 15 ; Ac 1, 13) mais aussi parce que les renseignements les concernant ne sont pas nombreux, à part le fait que le canon du Nouveau Testament conserve une lettre attribuée à Jude.
Simon reçoit une épithète qui varie dans les quatre listes : tandis que Matthieu et Marc le qualifient de « Cananéen », Luc au contraire l'appelle « zélote ». En réalité, les deux qualificatifs sont équivalents, car ils signifient la même chose. En hébreu, en effet, le verbe « kana » veut dire « être jaloux, passionné »... Il est donc bien possible que ce Simon, s'il n'appartient pas proprement au mouvement nationaliste des zélotes, ait été au moins caractérisé par un zèle ardent pour l'identité juive, donc pour Dieu, pour son peuple et pour la loi divine. S'il en est bien ainsi, Simon se situe aux antipodes de Matthieu qui, au contraire, en tant que publicain, exerçait une activité considérée comme totalement impure. Un signe évident que Jésus appelle ses disciples et collaborateurs dans les couches sociales et religieuses les plus diverses, sans aucun a priori. Ce qui l'intéresse, ce sont les personnes et non les catégories sociales ou les étiquettes !
Et ce qui est beau, c'est que dans le groupe de ses disciples, tous, bien que différents, coexistaient, surmontant les difficultés que l'on peut imaginer : c'était Jésus lui-même qui était, en effet, la raison de leur cohésion dans laquelle tous se retrouvaient unis. Cela constitue clairement une leçon pour nous, souvent enclins à souligner les différences et peut-être les oppositions, oubliant que, en Jésus Christ, nous est donnée la force pour concilier nos conflits. Gardons aussi à l'esprit que le groupe des Douze est la préfiguration de l'Église, en laquelle doivent trouver place tous les charismes, tous les peuples et races, toutes les qualités humaines, qui trouvent leur composition et leur unité dans la communion avec Jésus.
ou
Pape Benoît XVI, Audience générale du 3/5/2006 (trad. DC 2359, p. 514 © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Il appela ses disciples, en choisit douze et leur donna le nom d'apôtres »
La Tradition apostolique n'est pas une collection de choses, de mots, comme une boîte de choses mortes ; la Tradition est le fleuve de la vie nouvelle qui vient des origines, du Christ jusqu'à nous, et elle nous implique dans l'histoire de Dieu avec l'humanité. Ce thème de la Tradition... est d'une grande importance pour la vie de l'Église. Le Concile Vatican II a souligné, à cet égard, que la Tradition est apostolique d'abord dans ses origines : « Dieu, en son extrême bienveillance, prit des dispositions pour qu'elle demeure toujours en son intégrité et qu'elle soit transmise à toutes les générations. C'est pourquoi le Christ Seigneur, en qui s'achève toute la révélation du Dieu très-haut (2Co 1, 20 ; 3, 16-4, 6), ordonna à ses apôtres de la prêcher à tous, comme la source de toute vérité salutaire et de toute règle morale » (Dei Verbum, 7). Le Concile poursuit en soulignant que cet engagement a été fidèlement exécuté « par les apôtres, qui dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions, transmirent tout ce qu'ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec lui et en le voyant agir, et aussi ce qu'ils tenaient des suggestions du Saint Esprit ». Avec les apôtres, ajoute le Concile, collaborèrent aussi « des hommes de leur entourage qui, sous l'inspiration du même Esprit Saint, consignèrent par écrit le message de salut ».
Chefs de l'Israël eschatologique, douze eux aussi comme l'étaient les tribus du peuple élu, les apôtres continuent la « moisson » commencée par le Seigneur et ils le font avant tout en transmettant le don reçu, la Bonne Nouvelle du Royaume venu aux hommes en Jésus Christ. Leur nombre exprime non seulement la continuité avec la sainte racine, l'Israël des douze tribus, mais aussi la destination universelle de leur ministère, porteur de salut jusqu'aux extrémités de la terre. On peut saisir cela à partir de la valeur symbolique des nombres dans le monde sémitique : douze est le résultat de la multiplication de trois, nombre parfait, par quatre, nombre qui renvoie aux quatre points cardinaux et donc au monde entier.
ou
Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur l'Église « Lumen gentium », § 24-25
« Il y avait là...une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, de Tyr et de Sidon, qui étaient venus l'entendre »
En tant que successeurs des apôtres, les évêques reçoivent du Seigneur, à qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre, la mission d'enseigner toutes les nations et de prêcher l'Évangile à toute créature, afin que par la foi, le baptême et l'observance des commandements, tous les hommes parviennent au salut. Pour remplir cette mission, le Christ Seigneur a promis aux apôtres le Saint Esprit et le leur a envoyé du ciel le jour de la Pentecôte, afin qu'avec la force de cet Esprit ils soient ses témoins jusqu'aux extrémités de la terre, devant les nations, les peuples et les rois. Cette charge que le Seigneur a confiée aux pasteurs de son peuple est un véritable service, qui dans les saintes Écritures est appelé de façon significative diakonia, c'est-à-dire ministère…
Parmi les charges principales des évêques, une place éminente revient à la prédication de l'Évangile. Les évêques, en effet, proclament la foi et amènent au Christ de nouveaux disciples ; ce sont des enseignants authentiques, revêtus de l'autorité du Christ, qui prêchent au peuple commis à leur soin les vérités de foi à croire et à appliquer dans la pratique de la vie. Ils éclairent ces mêmes vérités à la lumière du Saint Esprit en tirant du trésor de la révélation du neuf et de l'ancien ; ils les font fructifier et veillent à écarter de leur troupeau les erreurs qui le menacent. Les évêques, quand ils enseignent en communion avec le pontife romain, doivent être respectés par tous comme les témoins de la vérité divine et catholique. Les fidèles doivent accepter l'instruction donnée par leur évêque au nom de Jésus Christ en matière de foi et de morale et y adhérer avec un respect religieux.
(Références bibliques : Mt 28,18-20 ; Mc 16,15-16 ; Ac 1,8 ; 2,1s ; 9,15 ; 1,17.25 ; Mt 13,52)
ou
Pape Benoît XVI
Audience générale du 3/5/2006 (trad. DC 2359, p. 514 © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Il appela ses disciples, en choisit douze et leur donna le nom d'apôtres »
La Tradition apostolique n'est pas une collection de choses, de mots, comme une boîte de choses mortes ; la Tradition est le fleuve de la vie nouvelle qui vient des origines, du Christ jusqu'à nous, et elle nous implique dans l'histoire de Dieu avec l'humanité. Ce thème de la Tradition...est d'une grande importance pour la vie de l'Église. Le Concile Vatican II a souligné, à cet égard, que la Tradition est apostolique d'abord dans ses origines : « Dieu, en son extrême bienveillance, prit des dispositions pour qu'elle demeure toujours en son intégrité et qu'elle soit transmise à toutes les générations. C'est pourquoi le Christ Seigneur, en qui s'achève toute la révélation du Dieu très-haut (2Co 1,20 ;3,16-4,6), ordonna à ses apôtres de la prêcher à tous, comme la source de toute vérité salutaire et de toute règle morale » (Dei Verbum, 7). Le Concile poursuit en soulignant que cet engagement a été fidèlement exécuté « par les apôtres, qui dans la prédication orale, dans les exemples et les institutions, transmirent tout ce qu'ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec lui et en le voyant agir, et aussi ce qu'ils tenaient des suggestions du Saint Esprit ». Avec les apôtres, ajoute le Concile, collaborèrent aussi « des hommes de leur entourage qui, sous l'inspiration du même Esprit Saint, consignèrent par écrit le message de salut ».
Chefs de l'Israël eschatologique, douze eux aussi comme l'étaient les tribus du peuple élu, les apôtres continuent la « moisson » commencée par le Seigneur et ils le font avant tout en transmettant le don reçu, la Bonne Nouvelle du Royaume venu aux hommes en Jésus Christ. Leur nombre exprime non seulement la continuité avec la sainte racine, l'Israël des douze tribus, mais aussi la destination universelle de leur ministère, porteur de salut jusqu'aux extrémités de la terre. On peut saisir cela à partir de la valeur symbolique des nombres dans le monde sémitique : douze est le résultat de la multiplication de trois, nombre parfait, par quatre, nombre qui renvoie aux quatre points cardinaux et donc au monde entier.
ou
Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Contre Celse I, 62 (trad. cf SC 132, p. 247s)
La parole des apôtres Simon et Jude retentit par toute la terre
Si Jésus avait choisi, pour en faire les ministres de son enseignement, des hommes savants selon l'opinion publique, capables de saisir et d'exprimer des idées chères aux foules, il aurait été soupçonné d'avoir prêché suivant la méthode des philosophes qui tiennent école, et le caractère divin de sa doctrine n'aurait pas paru dans toute son évidence. Sa doctrine et sa prédication auraient consisté « en discours persuasifs de la sagesse » (1Co 1,17)... ; et notre foi, pareille à celle qu'on accorde aux doctrines des philosophes de ce monde, « reposerait sur la sagesse des hommes et non sur la puissance de Dieu » (1Co 2,5). Mais quand on voit des pêcheurs et des publicains sans instruction assez hardis pour discuter avec les juifs de la foi en Jésus Christ, et pour le prêcher au reste du monde, et y réussir, comment ne pas chercher l'origine de cette puissance de persuasion ? Comment ne pas avouer que la parole de Jésus : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d'hommes » (Mt 4,19), il l'a réalisée dans ses apôtres par une puissance divine ?
Paul aussi manifeste cette puissance quand il écrit : « Ma parole et mon message n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, c'était une démonstration de l'Esprit et de la puissance de Dieu » (1Co 2,4)... C'est ce qu'ont dit les prophètes déjà, quand ils ont annoncé par avance la prédication de l'Évangile : « Le Seigneur donnera sa parole aux messagers de la bonne nouvelle avec une grande puissance », afin que « rapide court sa parole » (Ps 67,12 ;147,4). Et de fait, nous voyons que « la voix » des apôtres de Jésus « a retenti par toute la terre et leurs paroles jusqu'aux limites du monde » (Ps 18,5 ;Rm 10,18). Voilà pourquoi ceux qui écoutent la parole de Dieu annoncée avec puissance sont remplis eux-mêmes de puissance ; ils le manifestent par leur conduite et par leur lutte pour la vérité jusqu'à la mort.
ou
Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de Jean, 3,130 (trad. bréviaire)
« Il en choisit douze et leur donna le nom d'Apôtres, d'envoyés »
Notre Seigneur Jésus Christ a institué des guides et des enseignants pour le monde entier, et des « intendants de ses mystères divins » (1Co 4,1). Il leur a prescrit de briller et d'éclairer comme des flambeaux non seulement dans le pays des Juifs..., mais partout sous le soleil, pour les hommes habitant sur toute la surface de la terre. Elle est donc vraie, cette parole de saint Paul : « On ne s'attribue pas cet honneur à soi-même, on le reçoit par appel de Dieu » (He 5,4)...
S'il estimait devoir envoyer ses disciples comme le Père l'avait envoyé lui-même (Jn 20,21), il était nécessaire que ceux-ci, appelés à être ses imitateurs, découvrent pour quelle tâche le Père avait envoyé son Fils. Il nous a donc expliqué de diverses manières le caractère de sa propre mission. Il a dit un jour : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs pour qu'ils se convertissent » (Lc 5,32). Et encore : « Je suis descendu du ciel non pas pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn 6,38). Et une autre fois : « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3,17).
Il résumait en quelques paroles la fonction des apôtres en disant qu'il les a envoyés comme le Père l'avait envoyé lui-même : ils sauraient par là qu'il leur incombe d'appeler les pécheurs à se convertir, de soigner les malades, corporellement et spirituellement ; dans leurs fonctions d'intendants, de ne chercher aucunement à faire leur propre volonté, mais la volonté de celui qui les a envoyés ; enfin de sauver le monde dans la mesure où il recevra les enseignements du Seigneur.
ou
Rupert de Deutz (v. 1075-1130), moine bénédictin
Œuvres du Saint Esprit 4,9 (trad. SC 165, p. 157)
Les apôtres instruits par l'Esprit Saint à la Pentecôte
C'est à tous les apôtres réunis que la Vérité a dit : « L'Esprit Saint, le Paraclet, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses » (Jn 14,26). En effet... au moment où les apôtres virent paraître des langues et où le feu divin se posa sur chacun d'eux (Ac 2,3), ils virent d'un seul coup d'œil, par une illumination intérieure, toutes les Écritures et tous les prophètes... Ils pénétrèrent ces secrets qui restaient fermés aux scribes et aux Pharisiens, aux sages et aux docteurs de la Loi. Ainsi s'accomplit la parole du Seigneur : « Tu as caché ces choses aux sages et aux prudents, et tu les as révélées aux tout petits » (Mt 11,25)... Ces hommes sans lettres n'étaient donc pas enseignés par des hommes, mais instruits merveilleusement par l'Esprit Saint, l'Esprit d'intelligence (Is 11,2) qui leur ouvrait le trésor des Écritures.
C'est pourquoi ils ont le droit d'être reçus et écoutés par nous comme la bouche de Dieu même... Sur eux se fonde notre foi, ainsi que sur les patriarches et les prophètes à qui la Parole de Dieu s'est fait entendre par le même Esprit, sans l'intermédiaire d'aucun homme. Et ce fondement, nous le gardons.
Quant à tous les autres qui n'étaient pas là, qui n'ont pas appris de cette manière-là, nous croyons ce qu'ils disent non à cause de leur opinion personnelle, mais parce qu'ils appuient leurs dires sur le témoignage des apôtres. Car c'est aux apôtres que la Révélation a été faite... ; c'est à eux qu'a été révélé par l'Esprit Saint ce que des hommes ne pouvaient ni enseigner ni savoir.

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