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TEMPS DE NOËL. 29 DÉCEMBRE

35. RENDRE LE MONDE PLUS JUSTE

— Une responsabilité majeure : créer un monde plus juste et plus humain.

— Un panorama de l’engagement personnel du chrétien.

— La justice, à elle seule, ne peut résoudre les problèmes des hommes.

I. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique. Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas mais il obtiendra la vie éternelle[01], révèle saint Jean au début de la messe aujourd’hui.

L’enfant que nous contemplons ces jours-ci dans la crèche, c’est le Rédempteur du monde et de chaque homme, qui vient avant tout pour nous donner la vie éternelle, anticipée sur terre et possédée en plénitude après la mort. Il se fait homme pour appeler les pécheurs[02], pour sauver ce qui était perdu[03], pour communiquer à tous la vie divine[04].

Tout au long de ses années de vie publique, le Seigneur parlera très peu de la situation politique et sociale de son peuple, malgré l’oppression romaine. Il le montre à plusieurs reprises : il ne veut pas jouer le rôle d’un messie politique ou d’un libérateur du joug romain, car il vient donner la liberté des enfants de Dieu : liberté à l’égard du péché, dans lequel nous sommes tombés et qui nous réduit à la condition d’esclaves ; liberté à l’égard de la mort éternelle, conséquence aussi du péché ; liberté à l’égard de la domination du démon, car désormais l’homme peut vaincre le péché avec le secours de la grâce ; liberté à l’égard de la vie selon la chair, qui s’oppose à la vie surnaturelle. « La liberté apportée par le Christ dans le Saint Esprit nous a rendu la capacité — dont le péché nous avait privé— d’aimer Dieu par-dessus tout et de rester en communion avec lui.[05] »

Ainsi le Seigneur trace-t-il, par son attitude, le chemin à son Église, destinée à continuer son œuvre sur la terre jusqu’à la fin des temps.

Il a prévu que les chrétiens — dans les limites de leurs possibilités —contribuent à créer un ordre plus juste, plus humain, plus chrétien sans que cela se confonde avec leur action surnaturelle[06]. La sollicitude de l’Église pour les problèmes sociaux découle de sa mission spirituelle et reste dans les limites de cette mission. En tant que telle, elle n’a pas pour mission de résoudre directement les problèmes temporels[07]. Elle doit imiter son fondateur qui affirmait que son royaume n’est pas de ce monde[08], qui refusait expressément d’être établi juge ou promoteur de la justice humaine[09].

C’est justement pour cela qu’aucun chrétien ne doit renoncer à faire tout ce qu’il peut pour résoudre les graves problèmes sociaux qui se posent à l’humanité. « Que chacun, demandait Paul VI examine ce qu’il a fait jusqu’à maintenant et ce qu’il doit faire encore. Il ne suffit pas de rappeler des principes généraux, de condamner les graves injustices, de les dénoncer avec une certaine audace prophétique ; tout ceci n’aura pas de poids si ce n’est pas accompagné en tout homme d’une prise de conscience plus vive de sa propre responsabilité et d’une action effective. Il est trop facile de rejeter sur les autres la responsabilité des injustices présentes, si nous ne nous rendons pas compte en même temps que nous sommes tous responsables, et que, par conséquent, la conversion personnelle est la première exigence.[10] »

Interrogeons-nous, nous-mêmes, aujourd’hui, dans notre prière : faisons-nous l’effort suffisant pour bien connaître la doctrine sociale de l’Église ? La mettons-nous personnellement en pratique ? Essayons-nous, dans la mesure de nos moyens, d’agir pour que les lois et les coutumes reflètent cet enseignement dans les dispositions législatives sur la famille, l’éducation, les salaires, le droit au travail ? Le Seigneur nous regarde depuis la grotte de Bethléem… il sera tellement heureux si nous nous engageons réellement à créer un monde plus juste dans les grandes villes ou dans les villages où nous vivons, dans les quartiers, dans les entreprises, dans les paroisses, dans les familles, là où se déroule notre vie !

II. La vraie solution pour instaurer la justice et la paix dans le monde se trouve dans le cœur humain : quand il se replie sur lui-même, quand il s’éloigne de Dieu, il devient, avec une tragique facilité, une source de domination, d’esclavage pour l’homme, d’oppression[11]. C’est pourquoi, lorsque nous essayons de rendre le monde plus chrétien, grâce à l’apostolat personnel, nous en faisons aussi un monde plus humain.

Chaque fois que nous essayons de rendre l’ambiance sociale, familiale, professionnelle — dans laquelle nous vivons plus juste et plus humaine, nous créons les conditions pour que le Christ soit plus facilement connu et aimé.

La décision de vivre la vertu de justice sans faux-fuyants nous poussera d’abord à prier sincèrement tous les jours pour les responsables du bien commun, les gouvernants, les élus, les chefs d’entreprises, les dirigeants syndicaux…, puisque c’est d’eux que dépend en bonne partie la solution des problèmes sociaux et humains les plus aigus. Vivons en même temps, jusqu’en leurs dernières conséquences, nos engagements personnels sans complexes, sans nous débarrasser sur les autres des responsabilités dérivant de la justice. Donner un salaire juste aux travailleurs, aux employés qui sont à notre service, faire tout son possible pour améliorer les conditions de vie des plus nécessiteux, se comporter de manière exemplaire, cultiver la compétence, respecter strictement le temps de travail, exercer ses droits et ses devoirs de citoyen avec responsabilité et initiative, collaborer à des associations où l’on peut introduire, avec d’autres gens de bonne volonté, un sens plus humain et plus chrétien… Certes, cela va nous prendre du temps, mais si nous y mettons du nôtre, Dieu nous en donnera davantage !

Ce programme de vie que le Seigneur nous confie produit vraiment le plus grand changement de toute l’humanité, puisqu’il nous dit que nous sommes tous enfants de Dieu et, par conséquent frères : cela doit marquer profondément les relations entre les hommes !

Dieu a confié à tous les hommes les biens de la terre pour en être de bons administrateurs, et à tous il a promis la vie éternelle. Les progrès de la doctrine du Christ au long des siècles — l’abolition progressive de l’esclavage dans l’antiquité, la reconnaissance de la dignité de la femme, la protection des veuves et des orphelins, l’attention des malades et des marginaux — sont quelques-unes des conséquences les plus visibles du sens de la fraternité humaine issu de la foi chrétienne.

Dans notre propre milieu professionnel et social, sommes-nous vraiment en train de créer, par nos paroles et nos actions, un monde plus juste et plus humain ?

« Vous pensez peut-être à tant d’injustices auxquelles on ne porte nul remède, à ces abus qui restent impunis, à ces situations injustes qui se transmettent d’une génération à l’autre sans que l’on songe à leur apporter une solution radicale. (…) Un homme ou une société qui demeurent passifs devant les tribulations ou les injustices, qui ne s’efforce pas de les soulager, n’est pas à la mesure de l’amour du Cœur du Christ. Les chrétiens —tout en conservant leur liberté d’étudier et de mettre en œuvre différentes solutions, en fonction d’un pluralisme légitime—, doivent avoir en commun ce même désir de servir l’humanité. Sinon, leur christianisme ne sera pas la Parole et la Vie de Jésus : ce sera un déguisement, une mascarade devant Dieu et devant les hommes[12]. Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils Unique…

III. La justice, cependant, a des limites : elle ne pourra résoudre, à elle seule, les problèmes des hommes. « Même si nous parvenons à assurer une raisonnable distribution des biens et une harmonieuse organisation de la société, nous n’aurons pas éliminé pour autant la douleur due à la maladie, à l’incompréhension ou à la solitude, à la mort des êtres que nous chérissons, à la conscience que nous avons de nos propres limitations.[13] »

Voilà pourquoi la miséricorde vient à la rescousse, elle enrichit et complète la justice. Bien plus, la stricte justice parfois « peut conduire à la négation et à l’anéantissement de soi-même si elle ne permet pas à cette manifestation plus profonde qu’est l’amour d’informer la vie humaine[14] » ; elle peut finir par être « un système d’oppression des plus faibles par les plus forts, une arène où les uns luttent contre les autres en permanence[15] ».

La justice et la miséricorde se soutiennent et se renforcent mutuellement. « Vous ne résoudrez jamais les grands problèmes de l’humanité en partant uniquement de la justice. Quand on rend purement et simplement la justice, il ne faut pas s’étonner que les gens se sentent meurtris : la dignité de l’homme, qui est fils de Dieu, requiert biendavantage.[16] » La charité elle-même, sans la justice, n’est pas une vraie charité, mais plutôt une précaire tentative destinée à tranquilliser la conscience. Celle de personnes qui se disent chrétiennes mais « qui ignorent la justice, se contentant d’un peu de bienfaisance, qu’ils baptisent charité ; et qui ne se rendent pas compte que cela ne représente qu’une petite partie de ce qu’ils sont dans l’obligation de faire.

« La charité, sorte d’excès généreux de la justice, veut d’abord que l’on accomplisse son devoir : on commence par ce qui est juste ; on continue par ce qui est le plus équitable… Aimer suppose une grande finesse, une grande délicatesse, beaucoup de respect, beaucoup de cordialité.[17] »

La meilleure façon de promouvoir la justice et la paix dans le monde c’est de ne pas rechigner devant l’effort pour vivre comme de vrais enfants de Dieu. Si tous les chrétiens se décident à mettre en pratique les exigences de l’Évangile dans leur propre vie, dans la famille, dans le travail, dans le monde où ils vivent tous les jours et dont ils font partie, ils changeront la société. De la grotte de Bethléem, le Seigneur nous encourage vivement à le faire ! Ne prétextons pas que ce qui est à notre portée est trop peu de chose. C’est ainsi que les premiers chrétiens ont transformé le monde : avec bien peu de moyens matériels, mais avec la grâce de Dieu et leur travail quotidien, le plus souvent modeste.

[01] Antienne d’entrée, Jn 3, 16.
[02] Lc 5, 32.
[03] Lc 19, 10.
[04] Mc 10, 45.
[05] S. C. pour la Doctrine de la Foi,
Sur la liberté chrétienne et la libération, 22-3-1986, 53.
[06] Cf. Paul VI, Enc.
Populorum progressio, 26-3-1967, 8.
[07] S. C. pour la Doctrine de
la Foi, Ibidem, 80.
[08] Jn 19, 36.
[09] Cf. Lc 12, 13, ss.
[10] Paul vI, Lettre Octogesima adveniens, 14-5-1971, 48.
[11] S. C. pour la Doctrine de la Foi, o. c. 39.
[12] Saint Josémaria
Escriva, Quand le Christ passe, 167.
[13]
Ibidem, 168.
[14] Jean-Paul II, Enc.
Dives in misericordia, 12.
[15] Ibidem, 14.
[16] Saint Josémaria Escriva,
Amis de Dieu, 172.
[17]
Ibidem, 172-173.

 

TEMPS DE NOËL. 30 DÉCEMBRE

36. N’AYEZ PAS PEUR !

— Jésus-Christ le meilleur appui au milieu des difficultés e des tentations.

— Le sens de notre filiation divine et la confiance en Dieu.

— La providence : tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu.

I. L’histoire de l’Incarnation s’ouvre sur ces mots : Ne crains pas, Marie[01]. Et l’ange du Seigneur dit aussi à saint Joseph : Joseph, fils de David, ne crains pas[02]. L’ange le répétera aux bergers : N’ayez pas peur[03]. L’entrée de Dieu dans le monde est marquée par un style bien particulier de la présence de Jésus au milieu des hommes.

Plus tard, en compagnie de ses disciples, Jésus traversera un jour la mer de Galilée. Survint alors dans la mer une agitation si violente que la barque était couverte par les vagues[04]. Saint Marc précise le moment de l’épisode : le soir du jour où Jésus enseigna les paraboles du royaume des cieux[05]. Après cette longue prédication, le Seigneur, fatigué, s’endormit pendant la traversée.

La tempête dut être impressionnante. Ces gens avaient l’habitude de la mer, et cependant ils se jugent en grand danger. Angoissés, ils font appel à Jésus : Seigneur, sauve nous, nous périssons !

Les Apôtres durent respecter, au début, le sommeil du Maître (comme il devait être fatigué pour ne pas se réveiller !), et ils firent de leur mieux pour affronter la menace : amener les voiles, ramer de toutes leurs forces, écoper l’eau qui commençait à entrer dans la barque… Mais la mer devenait de plus en plus grosse, et le risque de naufrage imminent. Alors, débordés par l’inquiétude, soudain peureux, ils vont vers le Seigneur comme le seul recours. Ils le réveillèrent en disant : Maître, nous périssons ! Jésus leur répondit : Pourquoi craignez-vous, hommes de peu de foi ?[06]

Comme notre foi est faible si nous doutons lorsque la tempête fait rage ! Il est facile de se laisser impressionner par les événements contraires, la maladie, le travail épuisant, les revers de fortune, les contradictions… La crainte est un phénomène de plus en plus répandu. On a peur de presque tout. Elle est souvent le résultat de l’ignorance, de l’égoïsme (la préoccupation excessive de soi-même, l’anxiété pour des malheurs qui n’arriveront peut-être jamais…) mais elle vient surtout de ce que nous plaçons souvent la sécurité de la vie sur des fondements très fragiles. Nous oublions une vérité essentielle : Jésus-Christ est toujours notre appui. Cela ne veut pas dire être insensible aux événements, mais accroître notre confiance, non sans employer tous les moyens humains à notre portée. Être près de Jésus, même s’il semble dormir, c’est être en sécurité. Dans les moments d’épreuve, de trouble, Jésus ne nous oublie pas : « il ne fait jamais défaut à ses amis.[07] »

II. Dieu ne tarde jamais à venir au secours de ses enfants, même dans les situations qui semblent les pires. Il arrive au moment opportun, mais d’une manière mystérieuse et cachée. La pleine confiance en Dieu, accompagnée des recours humains indispensables, donne au chrétien une force singulière, une sérénité particulière devant les événements et les circonstances adverses.

« Si tu ne l’abandonnes pas, lui ne t’abandonnera pas.[08] » Et nous ne voulons pas non plus l’abandonner. À côté de lui on gagnera toutes les batailles si on ne perd pas de vue le panorama définitif de l’éternité, même si, à première vue, il semble qu’on le perd. « Quand nous croyons que tout s’effondre devant nous, rien ne s’effondre, parce que lui seul est ma citadelle (Ps 42, 2). Si Dieu habite en notre âme, tout le reste, pour important que cela paraisse, n’est qu’accidentel, transitoire ; en Dieu, en revanche, nous sommes ce qu’il y a de permanent.[09] » voilà le remède pour enrayer les peurs, les tensions et les anxiétés. C’est ainsi que saint Paul encourage les premiers chrétiens de Rome, devant un panorama humain difficile : Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?… Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ?… Mais en tout cela nous n’avons aucune peine à triompher par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges, ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu[10].

Un autre jour, le Seigneur instruisait la foule sur l’amour de Dieu et le soin qu’il prend de toute créature. L’auditoire se composait de personnes simples et honnêtes, sensibles à la majesté de Dieu, mais à qui il manquait sans doute une pleine confiance, une confiance d’enfants envers leur Père.

On peut supposer qu’à ce moment-là, une bande d’oiseaux piailleurs passa tout près en cherchant un abri. Qui se souciait d’eux ? Les maîtresses de maison n’en achetaient-elles pas pour quelques sous afin d’améliorer l’ordinaire ? Eux, au moins, ils étaient à la portée de la moindre bourse, ils avaient très peu de valeur.

Le Seigneur dut les montrer d’un geste, en disant à son auditoire : « Dieu n’oublie pas un seul de ces oiseaux ». Dieu les connaît tous. Aucun d’eux ne tombe sans le consentement de votre Père. Et le Seigneur nous rend ainsi confiance : Ne craignez pas ; vous valez plus que beaucoup d’oiseaux[11]. Nous ne sommes pas des créatures éphémères, nous sommes ses enfants pour toujours. Comment ne prendrait-il pas soin de nos affaires ? Ne craignez pas ! Dieu nous a donné la vie, il nous l’a donnée pour toujours, et son Fils nous dit : A vous, mes amis, je vous dis : ne craignez pas[12]. « Tout homme, à condition qu’il soit ami de Dieu — dit saint Thomas—doit être certain d’être libéré par lui de toute angoisse… Et comme Dieu aide de façon spéciale ses serviteurs, celui qui sert Dieu doit vivre en étant très tranquille.[13] » Il y a une seule condition, une seule : devenir des amis de Dieu, vivre comme ses enfants.

III. « Appuyez-vous sur la filiation divine. Dieu est un Père débordant de tendresse, d’un amour infini.[14] »

Alors toute la vie humaine et surnaturelle n’a d’autre fondement indestructible que la filiation divine : De toute votre inquiétude, déchargez-vous sur lui, car il a soin de vous[15] affirmait saint Pierre aux premiers chrétiens. Ce n’est pas simplement que Dieu nous traite comme un Père et qu’il veuille que nous le traitions comme des enfants ; c’est la force sanctificatrice de Dieu présent dans l’être qui rend fils de Dieu. Réalité si profonde qu’elle affecte l’être-même de l’homme, au point que saint Thomas affirme que par elle l’homme est devenu un nouvel être[16].

La filiation divine devient aussi le fondement de la liberté, de l’assurance, de la joie, où l’homme trouve la protection dont il a besoin, la chaleur paternelle, l’assurance du futur qui lui permet de s’abandonner simplement face aux inconnues du jour ; il reçoit la conviction que derrière tous les hasards de la vie il y a toujours un bien : Tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu[17]. Même les erreurs et les déroutes finissent par tourner bien, parce que « Dieu rectifie tout à son profit…[18] ».

Se découvrant enfant de Dieu, le chrétien acquiert, dans toutes les circonstances de sa vie, un comportement plus aimant, ce qui est l’un des effets majeurs de la foi ; l’homme qui se sait enfant de Dieu ne perd plus la joie ni la sérénité, car cette conscience le libère des tensions excessives, inutiles et, quand il dévie par faiblesse du chemin, il est capable de retourner vers le Père, certain d’être bien reçu. La lumière de la Providence est là pour nous aider à nous adresser à Dieu, non pas comme à un être lointain mais comme à un Père attentif à chacun de nous, qui a placé un ange — comme ceux qui annoncent aux bergers la naissance du Seigneur— pour nous protéger… La sérénité que cette vérité donne à notre manière d’être et de vivre ne vient pas de ce que l’on vive le dos tourné à la réalité, mais de ce qu’on la voit avec optimisme, appuyés toujours sur l’aide du Seigneur. « Voilà la différence entre nous et ceux qui ne connaissent pas Dieu : ceux-ci se plaignent et murmurent dans l’adversité ; nous, au contraire, l’adversité ne nous écarte pas de la vertu, mais nous affermit en elle[19] », puisque nous savons que même les cheveux de notre tête sont comptés.

Restons en paix. Repoussons les obsessions, les rancunes, les fantasmes, les nostalgies… Si vraiment nous cherchons Dieu, tout sera occasion de nous améliorer, tout sera expérience…

Notre prière se termine : prenons la décision d’aller vers Jésus présent dans le Tabernacle chaque fois que les contradictions, les difficultés, les épreuves mettent en danger la joie et la sérénité. Allons à Marie, que nous contemplons silencieuse et attentive dans la crèche, si près de son Fils. Elle désire nous apprendre ces jours-ci, remplis de la paix de Noël, et toujours, à nous comporter comme des enfants de Dieu, même, et surtout, dans l’adversité passagère de cette existence si mouvementée.

[01] Lc 1, 30.
[02] Mt 1, 20.
[03] Lc 2, 10.
[04] Mt 8, 2 4.
[05] Mc 4, 35.
[06]
Mt 8, 2 5-26.
[07] Sainte Thérèse, Vie, 11, 4.
[08] Saint Josémaria Escriva, Chemin, n. 730.
[09] Idem,
Amis de Dieu, 92.
[10]
Rom 8, ss.
[11] Cf. Mt 8, 26-27.
[12]
Lc 8, 50.
[13]
Saint Thomas, Exp. Simb. Apost. , 5.
[14]
Saint Josémaria Escriva, o. c. , 150.
[15]
I P. 5, 7.
[16]
Saint Thomas, Somme théologique, 1-2, q. 110, a. 2 ad 3.
[17]
Rom 8, 28.
[18] Saint Augustin, De corresp. et gratia, 30, 35.
[19] Saint Cyprien,
De moralitate, 13.

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