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27e SEMAINE. MARDI

5. À Béthanie

— La vie courante, moyen et occasion de trouver Dieu.

— L’unité de vie.

— Une seule chose est nécessaire. La sainteté personnelle.


I. Voici que Jésus était en route vers Jérusalem et, quelques kilomètres avant d’y arriver, il entra pour se reposer chez des amis, dans la petite localité de Béthanie01. Jésus avait une estime particulière pour Lazare et ses sœurs, Marthe et Marie, comme nous pouvons le lire dans d’autres passages de l’Évangile02. Le Maître se sentait bien dans ce foyer. Marthe s’apprêta à offrir un repas à Jésus et à ceux qui L’accompagnaient, fatigués d’une longue marche sur des chemins durs et poussiéreux. C’est pourquoi, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Sa sœur Marie, assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.

Pendant longtemps on a considéré Marthe comme une figure et une image de la vie active, tandis que Marie était le symbole de la vie contemplative. Cependant pour la majorité des chrétiens appelés à se sanctifier au milieu des tâches séculières, les deux sœurs ne peuvent être considérées deux façons différentes de vivre le christianisme. D’abord parce qu’une vie de travail, dans les affaires, les études ou le foyer, sans Dieu, perdrait son sens ; ensuite, parce qu’il y aurait de sérieuses raisons de douter de la sincérité d’une vie de prière qui ne se manifesterait pas par une charité plus fine, un travail mieux réalisé, une amitié plus loyale. Le travail, les études, les problèmes qui se présentent dans une vie normale, loin d’être des obstacles, sont bien plutôt un moyen et une occasion de rencontrer Notre Seigneur03. « Sur cette terre, la contemplation des réalités surnaturelles, l’action de la grâce dans nos âmes, l’amour du prochain, fruit savoureux de l’amour de Dieu, supposent déjà une anticipation du ciel, le début de quelque chose qui doit croître de jour en jour. Nous, chrétiens, nous n’admettons pas de double vie : nous maintenons dans notre vie une unité simple et forte, dans laquelle se fondent et se mêlent toutes nos actions (…). Soyons des âmes contemplatives, à tout moment en dialogue constant avec le Seigneur : de la première pensée de la journée à la dernière, dirigeant sans cesse notre cœur vers Jésus-Christ Notre Seigneur, auquel nous parvenons par notre Mère Sainte Marie, et, par Lui, au Père et à l’Esprit Saint. 04 »

Les occupations professionnelles, les difficultés courantes de toute existence, les désirs nobles, les préoccupations… peuvent parfaitement alimenter nos conversations quotidiennes avec Jésus. Sinon, de quoi Lui parlerions-nous ? Ses amis de Béthanie, comme le faisaient aussi les Apôtres, racontaient au Maître les petits et les grands incidents de leur vie quotidienne, et L’interrogeaient sur ce qu’ils ne comprenaient pas. Certains dialogues de Jésus avec ses disciples les plus intimes sont gravés dans l’Évangile : Maître, Lui disent-ils, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous le lui avons interdit parce qu’il n’est pas de notre groupe… Une autre fois, ils Lui confessent tout simplement leurs inquiétudes : Regarde, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi, qu’en sera-t-il de nous ? Leur vie même était un sujet de conversation avec Jésus.

En même temps, la prière enrichit toutes les circonstances par lesquelles nous passons. Près de Jésus nous apprendrons à être de meilleurs amis de nos amis, à vivre en plénitude la justice et la loyauté dans les responsabilités professionnelles, à être plus humains, à rester ouverts et disponibles pour nous occuper des besoins des autres.

II. Il est fort possible que Marthe, devant l’urgence et la multiplicité du travail domestique, prêtait plus d’attention et était davantage occupée par ses tâches domestiques que du Seigneur Lui-même. De plus, il semble que Marie, assise aux pieds de Jésus, lui faisait perdre la paix… C’est pourquoi, elle intervint et dit : Seigneur, cela ne te fait rien ? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. Nous pouvons facilement imaginer le Maître en train de lui adresser cet affectueux reproche : Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Seulement une : l’amour de Dieu, la sainteté personnelle. Lorsque le Christ est l’objectif d’une vie pendant les vingt-quatre heures de sa journée, on travaille davantage et mieux. C’est le fil robuste — comme celui d’un collier de perles fines —qui unit toutes les œuvres du jour. Ainsi évite-t-on la double vie : une pour Dieu et une autre consacrée aux tâches de ce monde : les affaires, la politique, le repos…

Dans l’existence du chrétien, enseigne le Pape Jean-Paul II, « il ne peut pas y avoir deux vies parallèles : d’une part la vie appelée spirituelle, avec ses valeurs et ses exigences ; et d’autre part, la vie appelée séculière, c’est-à-dire la vie de famille, le travail, les relations sociales, de l’engagement politique et la culture. Le sarment enraciné dans la vigne qu’est le Christ, donne du fruit dans chaque secteur de son activité et de son existence. En effet, tous les différents champs de la vie des laïcs entrent dans le dessein de Dieu qui les veut comme le lieu historique de la révélation et de la réalisation de la charité de Jésus-Christ pour la gloire du Père et le service des frères. Toute activité, toute situation, tout effort concret — comme la compétence professionnelle et la solidarité dans le travail, l’amour et le don de soi à la famille et à l’éducation des enfants, le service social et politique, le service de la vérité dans le milieu culturel —sont des occasions providentielles pour “un continuel exercice de la foi, de l’espérance et de la charité” (Apostolicam actuositatem, 4). 05 »

Ce qui arrive chaque jour, l’intensité du travail, la fatigue, les relations avec les autres, sont des circonstances qui permettent d'exercer non seulement les vertus humaines, mais aussi les vertus surnaturelles. Nous avons Jésus si près de nous, comme Marthe ! Il nous accompagne dans le foyer familial, au bureau, au laboratoire, lorsque nous marchons dans la rue… L’avons-nous comme référence dans tout ce qui nous arrive tout au long de la journée ? Parce qu’alors, complètement plongés dans les différentes activités qui nous occupent pendant toute la journée, nous saurons dire, avec des paroles du Psaume d'aujourd’hui dans la Liturgie des Heures : De quel amour j’aime ta loi : tout le jour je la médite ! Je surpasse en habileté mes ennemis, car je fais miennes pour toujours tes volontés. Je surpasse en sagesse tous mes maîtres, car je médite tes exigences06.

III. Une seule chose est nécessaire : une amitié croissante avec le Seigneur. « Cela doit être l’objectif et le dessein constant de notre cœur… Tout ce qui en éloigne, aussi grand qu’il puisse paraître, doit occuper une place secondaire dans notre vie, ou, pour mieux dire, la dernière de toutes. Nous devons même le considérer comme un mal positif. 07 » Le meilleur bien que nous pouvons faire au monde, à la famille, au travail, à nos amis…, à la société, c’est de prendre soin des moyens qui nous unissent au Seigneur : la présence de Dieu pendant la journée, l’effort dans la prière quotidienne, la Confession fréquente pleine de contrition… Le plus grand mal est probablement la négligence à recourir à ces moyens qui nous rapprochent de Jésus. Cela peut arriver lorsque l'on vit dans le désordre, la tiédeur, ou parce que l'on est accaparé par l'efficacité dans des tâches qui nous apparaîssent toujours plus urgentes ou plus importantes. Saint Ignace d’Antioche écrivait à saint Polycarpe  : désirer cette amitié avec Dieu « de la même façon que le pilote désire des vents favorables et le marin surpris par la tempête soupire après le port 08 ».

Les rapports sincères avec le Seigneur enrichissent toutes les autres activités, de la même façon que l’esprit de pauvreté se reflète aussi dans tout ce que nous réalisons. Lorsque la multiplicité des occupations tend à étouffer ces moments que nous réservons spécialement pour parler avec le Seigneur, écoutons dans l’intimité de notre âme ce que le Seigneur nous dit, comme à Marthe : une seule chose est nécessaire ! La recherche de la sainteté est la première chose que l’on doit essayer d’obtenir dans cette vie, ce qui passe toujours en premier lieu. Cherchez donc en premier le Royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît09, recommande ardemment le Maître.

« Remercie le Seigneur du bien énorme qu’Il t’a octroyé en te faisant comprendre qu’une seule chose est nécessaire. — Et que ta gratitude soit accompagnée de ta prière journalière, insistante pour ceux qui ne Le connaissent pas encore ou qui ne L’ont pas compris. 10 » Quelle joie que de pouvoir avoir toujours en tête cet objectif de notre vie, croître en amour de Jésus-Christ ! Quel plaisir que de pouvoir le dire à beaucoup de monde ! Demandons à Notre Dame de ne jamais perdre de vue son Fils, tout en essayant de mener à bien, avec la plus grande perfection, toutes nos tâches professionnelles.


01. Lc 10, 38-42. – 02. Cf. Jn 11, 1-45; 12, 1-9. – 03. Cf. Bible de Navarre, Saints Évangiles. – 04. Saint Josémaria Escriva, Quand le Christ passe, 126. – 05. Jean-Paul II, Exhort. Apost. Christifideles laici, 30 décembre 1988, 59. – 06. Liturgie des Heures, Heure intermédiaire, Ps 119, 97-99. – 07. Cassien, Collationes, I. – 08. Saint Ignace d’Antioche, Epître à saint Polycarpe. – 09. Mt 6, 33. – 10. Saint Josémaria Escriva, Sillon, n. 454.



27e SEMAINE. MERCREDI

6. Notre Père

— La prière du Seigneur, modèle de toutes nos prières.

— Filiation divine et prière.

— Prière et fraternité.


I. Les disciples voyaient très souvent Jésus se retirer tout seul et rester un long moment en prière, parfois des nuits entières. C’est pourquoi, un jour, lisons-nous dans l’Évangile de la Messe01, lorsque le Maître termina sa prière, ils s’adressèrent à Lui et Lui demandèrent en toute simplicité : Seigneur, apprends-nous à prier.

Des lèvres de Jésus ils apprirent alors cette prière, le Notre Père, que des millions de bouches, dans toutes les langues, allaient redire si souvent tout au long des siècles. Ce sont quelques demandes que le Seigneur leur a enseignées aussi en d’autres occasions (d’où peut-être les différences entre saint Luc et saint Matthieu02) et surtout une façon complètement nouvelle de s’adresser à Dieu. Il y a dans ces demandes « une telle simplicité que même un enfant peut les apprendre, et en même temps une profondeur si grande que l’on peut passer une vie entière à méditer le sens de chacune d’elles 03 ».

Le premier mot que nous prononçons selon le conseil exprès du Seigneur, c’est Abba, Père. Les premiers chrétiens voulurent conserver, sans le traduire, le même mot araméen que Jésus utilisa : Abba, et il est probable qu’il soit passé ainsi à la liturgie primitive et antique de l’Église04. Ce premier mot nous situe déjà dans le climat de confiance et de filiation dans lequel nous devons toujours nous adresser à Dieu. Le Seigneur omit sans doute d’autres paroles, enseigne le Catéchisme romain, « qui pourraient nous causer en même temps de la crainte ; Il n’employa que celle qui inspire de l’amour et de la confiance à ceux qui prient et demandent quelque chose : qu’il y a-t-il de plus agréable que le nom de père plein de tendresse et d'amour ? 05 ». Ce mot, Abba, est celui que les enfants hébreux adressaient familièrement et affectueusement à leurs pères de la terre. Et voilà le terme choisi par Jésus comme le plus approprié pour invoquer le Créateur de l’Univers : Abba ! Père !

Dieu Lui-même, qui transcende absolument tout ce qui est créé, est très proche de nous. C’est un Père attentif à ses enfants, faibles, souvent ingrats, mais qu’Il veut avec Lui pour toute l’éternité. Nous sommes nés pour aller au Ciel. « Il donna aux autres créatures, enseigne saint Thomas d’Aquin, de petits dons ; et à nous, l’héritage. Et cela, parce que nous sommes des enfants ; étant enfants, nous sommes aussi héritiers. Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage, pour tomber de nouveau dans la crainte, mais un esprit de fils qui nous fait crier Abba ! Père ! (Eph 3, 15)06 »

Lorsque nous prions le Notre-Père, si souvent au long de la journée, nous pouvons savourer ce mot plein de mystère et de douceur, Abba, Père, mon Père… Alors cette prière aura une influence décisive sur cette journée, car « lorsque nous appelons Dieu notre Père, nous devons nous souvenir que nous devons nous comporter en enfants de Dieu 07 ».

II. Tandis que beaucoup cherchent Dieu dans le brouillard, à tâtons, les chrétiens savent d’une façon toute particulière qu’Il est notre Père et qu’Il veille sur nous. « L’expression “Dieu le Père” n’avait jamais été révélée à personne. Moïse lui-même, lorsqu’il demanda à Dieu qui Il était, entendit un autre nom. Mais à nous ce nom nous a été révélé par le Fils. 08 » Chaque fois que nous avons recours à Lui, Il nous dit : Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi09. Aucun de nos besoins, aucune de nos tristesses, ne Le laissent indifférent. Si nous trébuchons, Il est attentif pour nous soutenir ou nous relever. « Tout ce qui nous vient de la part de Dieu et qui nous semble au premier abord prospère ou adverse, nous est envoyé par un Père plein de tendresse et par le plus sage médecin, qui n’a en vue que notre bien. 10 »

Ainsi la vie, sous l’influence de la filiation divine, acquiert-elle un sens nouveau ; ce n’est plus une énigme obscure à déchiffrer, mais une tâche à mener à bien dans cette maison du Père qu’est la Création entière : Mon enfant, nous dit-Il à chacun, va travailler à ma vigne11. Alors la vie ne produira plus de craintes, et la mort sera accueillie en paix, car elle est la rencontre définitive avec Dieu. Si nous nous sentons à tout moment des enfants, nous serons des hommes et des femmes de prière ; avec une piété qui dispose à « avoir une volonté prompte pour se donner à ce qui appartient au service de Dieu 12 ». Et notre vie servira à rendre gloire et louange à Dieu, parce que la fréquentation d’un fils avec son père est pleine de respect, de vénération et, en même temps, de reconnaissance et d’amour. « La piété, qui naît de la filiation divine, est une démarche profonde de l’âme, qui finit par transformer l’existence tout entière ; elle imprègne toutes les pensées, tous les désirs, tous les élans du cœur. 13 » Elle remplit tout.

Le Seigneur, tout au long de sa vie terrestre, enseigne à fréquenter Dieu comme un Père. Jésus possède une permanente et intime fréquentation et une affection filiale envers son Père au plus haut degré. L’Évangile montre comment, en diverses occasions, Il se retire loin de la foule pour s’unir en prière avec son Père14, et de Lui nous apprenons le besoin de consacrer quelques moments exclusivement à Dieu, au milieu des tâches de la journée. À certains moments Il prie pour Lui-même, une prière d’abandon filial à la volonté de Dieu son Père, comme à Gethsémani15 et sur la Croix16. En d’autres occasions Il prie avec confiance pour les autres, spécialement pour les Apôtres et pour ses futurs disciples17, pour nous. Il nous le dit de diverses façons : nous avons besoin de ce rapport filial et plein de confiance avec Dieu pour résister à la tentation18, pour obtenir les biens nécessaires19 et la persévérance finale20.

Une conversation filiale, personnelle, dans le secret de la maison21, discrète22, humble, comme celle du publicain23, constante et sans découragement, comme celle de l’ami importun ou celle de la veuve repoussée par le juge24. Pénétrée de confiance en la bonté divine25, car c’est un Père qui connaît les besoins de ses enfants, et leur donne non seulement les biens de l’âme mais aussi ce dont ils ont besoin pour la vie matérielle26. « Mon Père —appelle-Le ainsi, avec cette confiance ! — mon Père qui es aux Cieux, regarde-moi dans ton amour compatissant, et fais en sorte que je te réponde.

« — Enflamme, embrase mon cœur de bronze, brûle et purifie ma chair rebelle à la mortification, inonde mon entendement de lumières surnaturelles, fais que ma langue proclame l’Amour et la Gloire du Christ. 27 »

III. La prière est personnelle, mais tous nos frères y participent d’une certaine manière. Le recueillement, la solitude intérieure ne sont pas un obstacle à ce que les autres hommes soient présents lorsque nous prions. Le Seigneur n’a-t-Il pas enseigné à dire notre Père parce que nous partageons la dignité de fils avec tous nos frères ?

Notre Père. Et le Seigneur avait déjà dit28 que si au moment de prier nous nous souvenions que l’un de nos frères avait à se plaindre de nous, nous devions d’abord faire la paix avec lui. C’est alors qu’Il accepterait notre offrande.

Nous avons le droit d’appeler Dieu du nom de Père si nous traitons les autres en frères, particulièrement ceux qui sont unis à nous par des liens plus étroits, ceux avec qui nous avons plus de relations, ceux qui sont le plus dans le besoin…, et enfin tout le monde. Parce que si quelqu’un dit : j’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, écrit saint Jean, c’est un menteur. Celui, en effet, qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu’il ne voit pas29. « Vous ne pouvez pas appeler notre Père le Dieu de toute bonté, indique saint Jean Chrysostome, si vous conservez un cœur dur et peu humain, car, dans ce cas, vous n’avez plus en vous la marque de bonté du Père céleste. 30 »

Lorsque nous disons à Dieu : notre Père, nous ne Lui présentons pas seulement notre pauvre prière, mais aussi l’adoration de toute la terre. Par la Communion des Saints monte devant Dieu une prière permanente au nom de toute l’humanité. Nous prions pour tous les hommes, pour ceux qui ne surent jamais prier, ou qui ne savent plus le faire, ou qui ne veulent pas le faire. Nous prêtons notre voix à ceux qui ignorent ou ont oublié qu’ils ont un Père tout-puissant dans les Cieux. Nous rendons grâces pour ceux qui oublient de le faire. Nous demandons de l’aide pour ceux qui sont dans le besoin et ne savent pas qu’ils ont si près la source des grâces. Notre prière est chargée des immenses besoins du monde entier. Dans notre recueillement intérieur, tout en nous adressant à Dieu notre Père, nous nous sentons comme des délégués de tous ceux qui sont dans le besoin, spécialement de ceux que Dieu a placés à nos côtés ou à notre garde.

Il nous sera aussi d’une grande consolation de considérer que chacun de nous participe à la prière de tous ses frères. Dans le Ciel nous aurons la joie de connaître tous ceux qui ont intercédé pour nous, et aussi la quantité de chrétiens qui occupaient notre place quand nous oubliions de prier, et qui nous ont ainsi obtenu des grâces que nous n’avions pas demandées. Que de dettes à régler !

La prière du chrétien, bien qu’elle soit personnelle, n’est jamais isolée. Nous disons notre Père, et immédiatement cette invocation s’accroît et s’amplifie dans la Communion des Saints. Notre prière s’unit à celle de tous les justes : à celle d’une mère de famille qui prie pour son petit enfant malade, à celle de l’étudiant qui réclame un peu d’aide pour son examen, à celle de la petite fille qui désire aider son amie pour qu’elle fasse une bonne confession, à celle de celui qui offre son travail, à celle de celui qui offre précisément son manque de travail.

Dans la Sainte Messe, le prêtre récite avec les fidèles les paroles du Notre-Père. A toute heure du jour et de la nuit et dans le monde entier, on célèbre continuellement la Sainte Messe et l’Église récite donc sans cesse cette prière pour ses enfants et pour tous les hommes. La terre devient ainsi comme un grand autel de louange continuelle de Dieu notre Père par son Fils Jésus-Christ, dans le Saint-Esprit.


01. Lc 11, 1-4. – 02. Cf. Mt 6, 9 et s. – 03. Jean-Paul II, Audience générale, 14 mars 1979. – 04. Cf. W. Marchel, Abba! Père. La prière du Christ et des chrétiens, Rome 1963, pp. 188-189. – 05. Catéchisme romain, IV, 9, n.1. – 06. Saint Thomas, Le Pater. – 07. Saint Cyprien, Traité de la prière du Seigneur, 11. – 08. Tertullien, Traité sur la prière, 3. – 09. Lc 15, 31. – 10. Cassien, Collationes, 7, 28. – 11. Mt 20, 1. – 12. Saint Thomas, Summa Theologiae, II-II, q. 8, a. 1, c. – 13. Saint Josémaria Escriva, Amis de Dieu, 146. – 14. Mt 14, 23; Lc 6, 12. – 15. Cf. Mc 14, 35-36. – 16. Cf. Mc 15, 34; Lc 23, 34-36. – 17. Cf. Lc 22, 32; Jn 17. – 18. Cf. Mt 26, 41. – 19. Cf. Jn 4, 10; 6, 27. – 20. Cf. Lc 21, 36. – 21. Mt 6, 5-6. – 22. Cf. Mt 6, 7-8. – 23. Cf. Lc 18, 9-14. – 24. Cf. Lc 11, 5-8; 18, 1-8. – 25. Cf. Mc 11, 23. – 26. Cf. Mt 7, 7-11; Lc 11, 9-13. – 27. Saint Josémaria Escriva, Forge, n.3. – 28. Cf. Mt 5, 23. – 29. 1 Jn 4, 20. – 30. Saint Jean Chrysostome, Homélie sur la porte étroite.


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