32e DIMANCHE. année C
48. La dignité du corps humain
— La résurrection des corps, affirmée par Jésus.
— Les corps sont destinés, comme l’âme, à rendre gloire à Dieu.
— Notre filiation divine, déjà commencée dans l’âme par la grâce, sera consommée par la glorification du corps.
I. La liturgie de la Messe de ce dimanche propose une des vérités de la foi recueillie dans le Credo, que nous avons répétée très souvent : la résurrection des corps et l’existence d’une vie éternelle. La première lecture01 nous parle des sept frères qui, ainsi que leur mère, ont préféré la mort plutôt que d’enfreindre la Loi du Seigneur. Tandis qu’ils étaient torturés, ils confessaient leur foi en une vie au-delà de la mort : Mieux vaut mourir de la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu.
D’autres passages de l’Ancien Testament expriment aussi cette vérité fondamentale révélée par Dieu. C’était une croyance universellement admise parmi les juifs au temps de Jésus, sauf par les saducéens, qui ne croyaient pas non plus en l’immortalité de l’âme, en l’existence des anges et en l’action de la Providence divine02. Dans l’Évangile03 nous lisons qu’ils s’approchèrent de Jésus avec l’intention de le mettre à l’épreuve. Selon la loi du lévirat04, si un homme mourait sans laisser d’enfants, son frère devait se marier avec la veuve pour lui susciter une descendance. Les Sadducéens disent à Jésus que cela se produisit avec sept frères : Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour femme ? Il leur semblait que les conséquences de cette loi provoquaient une situation ridicule lorsque l’on voulait admettre la résurrection des corps.
Jésus montre l’absurdité de cette question frivole, en réaffirmant la résurrection et en enseignant les propriétés des corps ressuscités. La vie éternelle ne sera pas la même que sur terre : les enfants (...) qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts, ne se marient pas (...) : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. Et, citant la sainte Écriture05, il met en évidence l’erreur des saducéens : Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour Lui. Moïse appela le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, qui étaient morts depuis longtemps. Par conséquent, bien que ces justes soient morts en ce qui concerne le corps, ils vivent avec une vraie vie en Dieu, car leurs âmes sont immortelles, et ils attendent la résurrection des corps06. Les saducéens n’osaient plus l’interroger sur rien.
Nous, chrétiens, professons dans le Credo l’espérance en la résurrection du corps et en la vie éternelle. Cet article de la foi exprime le terme et la finalité du dessein de Dieu sur l’homme. « Si la résurrection n’existe pas, tout l’édifice de la foi s’effondre, comme affirme vigoureusement saint Paul (cf. 1 Cor 15). Si le chrétien n’est pas sûr du contenu des mots vie éternelle, les promesses de l’Évangile, le sens de la Création et de la Rédemption disparaissent, et même la vie terrestre elle-même devient dépossédée de toute espérance (cf. Heb 11, 1). 07 » Devant l’attrait des choses d’ici-bas, qui peuvent parfois sembler être les seules qui comptent, considérons souvent que notre âme est immortelle, et qu’elle s’unira à son propre corps à la fin des temps ; les deux — l’homme entier : âme et corps — sont destinés à une éternité sans fin. Tout ce que nous faisons en ce monde, nous devons le faire avec le regard fixé sur la vie qui nous attend, car « nous appartenons totalement à Dieu, corps et âme, avec notre chair et avec nos os, avec nos sens et avec nos puissances 08 ».
II. La mort, comme l’enseigne la sainte Écriture, ce n’est pas Dieu qui la fit ; elle est une peine du péché d’Adam09. Le Christ montra par sa résurrection son pouvoir sur la mort : en mourant, Il a détruit notre mort, en ressuscitant, Il nous a rendu la vie, chante l’Église dans la Préface de Pâques. Avec la résurrection du Christ, la mort a perdu son aiguillon, sa malveillance, pour devenir rédemptrice en union avec la Mort du Christ. Et en Lui et par Lui nos corps ressusciteront à la fin des temps, pour s’unir à l’âme qui, si nous avons été fidèles, rendra gloire à Dieu dès l’instant de la mort, si elle n’avait rien à purifier.
Ressusciter signifie que ce qui était tombé se relève10, ce qui était mort revient à la vie, ce qui avait succombé dans la poussière se relève vivant. L’Église a prêché dès le début la résurrection du Christ, fondement de notre foi, et de la résurrection de nos propres corps, de notre propre chair, de « celle dans laquelle nous vivons, nous subsistons et nous nous mouvons 11 ». L’âme s’unira à nouveau à notre propre corps pour lequel elle a été créée. Le magistère de l’Église précise : les hommes « ressusciteront avec les corps qu’ils ont maintenant 12 ». En méditant cela (nos corps rendront aussi gloire à Dieu), nous comprenons mieux la dignité de l’homme et ses caractéristiques essentielles et uniques, différentes de tout autre être de la Création. L’homme non seulement possède une âme libre, « très belle parmi les œuvres de Dieu, faite à l’image et ressemblance du Créateur, et immortelle parce qu’ainsi Dieu le voulut 13 », qui le rend supérieur aux animaux, mais aussi un corps qui doit ressusciter et qui, si l’on est en état de grâce, est temple du Saint-Esprit. Saint Paul rappelait fréquemment cette vérité aux premiers chrétiens : ne savez-vous pas que vos corps sont temples du Saint-Esprit, qui habite en vous14 ?
Nos corps ne sont pas une espèce de prison que l’âme abandonne lorsqu’elle sort de ce monde, ils ne sont pas « du lest, que nous sommes obligés de traîner, mais les prémices d’éternité confiées à nos soins 15 ». L’âme et le corps s’appartiennent mutuellement d’une façon naturelle, et Dieu a créé l’un pour l’autre. « Respecte-le, nous exhorte saint Cyrille de Jérusalem, puisqu’il a la grande chance d’être temple du Saint-Esprit. Ne tache pas ta chair (...), et si tu as osé le faire, purifie-la maintenant avec la pénitence. Lave-la tant que tu en as le temps. 16 »
III. La très haute dignité de l’homme se trouve déjà présente dans sa création, et avec l’Incarnation du Verbe, dans laquelle existe comme un mariage du Verbe avec la chair humaine17, elle arrive à sa pleine manifestation. Chaque homme « a été compris dans le mystère de la rédemption, le Christ a été uni avec chacun, pour toujours, pour ce qui est de ce mystère. Tout homme vient au monde conçu dans le sein maternel, en naissant d’une mère, et c’est précisément en raison du mystère de la Rédemption qu’il est confié à la sollicitude de l’Église. Cette sollicitude affecte l’homme entier et est centrée sur lui d’une façon toute particulière. L’objet de cette urgence est l’homme dans son unique réalité humaine, dans laquelle reste intacte l’image et la ressemblance de Dieu Lui-même. 18 »
Saint Thomas enseigne que notre filiation divine, déjà commencée par l’action de la grâce dans l’âme, « sera consommée par la glorification du corps (...), de telle façon qu’ainsi que notre âme a été rachetée du péché, ainsi notre corps sera racheté de la corruption de la mort 19 ». Et il cite ensuite les paroles de saint Paul aux Philippiens : Pour nous, notre cité est dans les cieux : c’est de là que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps misérable, le rendant semblable à son corps glorieux, par l’effet de la puissance qu’Il a de se soumettre tout20. Le Seigneur transformera notre corps faible et sujet à la maladie, à la mort et à la corruption, en un corps glorieux. Nous ne pouvons pas le mépriser, ni l’exalter non plus comme s’il était l’unique réalité dans l’homme. Nous devons l’assujettir par la mortification, parce qu’à cause du désordre produit par le péché originel, il tend à « nous trahir 21 ».
C’est à nouveau saint Paul qui nous exhorte : Vous avez été achetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps22. Et le Pape Jean-Paul II commente : « La pureté comme vertu, c’est-à-dire la capacité de maintenir notre propre corps en sainteté et respect (cf. 1 Th 4, 4), alliée avec le don de piété, comme fruit de l’inhabitation du Saint-Esprit dans le temple du corps, réalise en lui une plénitude si grande de dignité dans les relations interpersonnelles, que Dieu Lui-même est glorifié en lui. La pureté est gloire du corps humain devant Dieu. Elle est la gloire de Dieu dans le corps humain. 23 »
Notre Mère Sainte Marie, qui est montée au Ciel en corps et en âme, nous rappellera en toute occasion que notre corps aussi a été fait pour rendre gloire à Dieu, ici sur terre et au Ciel pour toute l’éternité.
01. 2 Mac 7, 1-2; 9-14. – 02. Cf. J. DHEILLY, Dictionnaire biblique, mot Saducéens, p. 921. – 03. Lc 20, 27-38. – 04. Cf. Dt 25, 5 et s. – 05. Ex 3, 2; 6. – 06. Cf. Bible de Navarre, Saints Évangiles, note à Lc 20, 27-40. – 07. S. C. pour la Doctrine de la Foi, Lettre sur quelques questions concernant l’eschatologie, 17 mai 1979. – 08. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Amis de Dieu, 177. – 09. Cf. Rom 5, 12. – 10. Cf. SAINT JEAN DAMASCÈNE, Sur la foi orthodoxe, 27. – 11. Cf. J. IBANEZ- F. MENDOZA, La foi divine et catholique de l’Église. – 12. Idem. – 13. SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM, Catéchèse, IV, 18. – 14. 1 Cor 6, 19. – 15. Cf. R. A. KNOX, Le torrent caché. – 16. SAINT CYRILLE DE JÉRUSALEM, Catéchèse, IV, 25. – 17. TERTULLIEN, Sur la résurrection, 63. – 18. JEAN-PAUL II, Enc. Redemptor hominis, 4 mars 1979, 13. – 19. SAINT THOMAS, Commentaire à l’Epître aux Romains, 8, 5. – 20. Ph 3, 20-21. – 21. Cf. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Chemin, n. 196.— 22. 1 Cor 6, 20. – 23. JEAN-PAUL II, Audience générale, 18 mars 1981.
32e SEMAINE. LUNDI
49. Responsables dans la charité
— Les enfants et ceux qui par leur simplicité et leur formation sont comme eux. Le scandale.
— Nous pouvons porter les autres vers le bien. Le bon exemple.
— Réparer et compenser les offenses à Dieu.
I. On trouve bien peu d’expressions aussi fortes du Seigneur que celles de l’Évangile de la Messe d’aujourd’hui. Jésus dit : Il est inévitable qu’il arrive des scandales qui entraînent au péché, mais malheureux celui par qui ils arrivent. Si on lui attachait au cou une meule de moulin et qu’on le précipite à la mer, ce serait mieux pour lui que d’entraîner au péché un seul de ces petits. Et Il termine par cet avertissement : Tenez-vous sur vos gardes !01 Saint Matthieu02 situe l’occasion pour laquelle ces mots furent prononcés. Les Apôtres avaient discuté entre eux de qui était le premier dans le Royaume des Cieux. Et Jésus, pour que la leçon leur reste bien gravée dans l’âme, prit un enfant (peut-être était-Il entouré de plusieurs enfants) et le mit au milieu de tous, et Il leur fit voir que s’ils n’imitaient pas les enfants dans leur simplicité et leur innocence, ils ne pourraient pas entrer dans le Royaume. Et c’est alors qu’ayant un enfant devant Lui, Il dut rester pensif et sérieux ; Il contemplait dans cette figure fragile, mais d’immense valeur, beaucoup d’autres qui perdraient leur innocence à cause des scandales. C’est comme si, soudain, Jésus donnait libre cours à quelque chose qui était à l’intérieur de Lui et qu’Il désirait communiquer à ses disciples. L’on comprend mieux ainsi cet avertissement adressé en premier lieu à ceux qui Le suivent de plus près : tenez-vous sur vos gardes !
Scandaliser, c’est faire tomber, être la cause d’un faux pas, de ruine spirituelle pour un autre, par la parole, par les faits, par les omissions03. Et les petits sont pour Jésus les enfants, dans l’innocence desquels se reflète d’une façon particulière l’image de Dieu. Mais c’est aussi cette immense foule, simple, moins instruite et, pour cela, plus susceptible de trébucher sur les pierres de leur chemin. Peu de péchés sont aussi grands que celui-ci, car « il tend à détruire la plus grande œuvre de Dieu, qu’est la Rédemption, par la perte des âmes : il tue l’âme du prochain en lui enlevant la vie de la grâce, qui est plus précieuse que la vie du corps, et il est la cause d’une multitude de péchés 04 ». « Quelle valeur doit avoir l’homme aux yeux du Créateur, s’il a mérité d’avoir un si grand Rédempteur (Hymne Exsultet de la Vigile Pascale), si Dieu a donné son Fils, afin que l’homme ne meure pas mais qu’il ait la vie éternelle (cf. Jn 3, 16) ! 05 » Nous ne pouvons jamais perdre de vue l’immense valeur qu’a chaque créature : une valeur qui se déduit du prix — la mort du Christ —payé pour elle. « Chaque âme est un merveilleux trésor ; chaque homme est unique, irremplaçable. Chacun d’eux vaut tout le Sang du Christ. 06 »
II. Saint Paul, comme son Maître, demande aux chrétiens de se garder de tout scandale possible pour les consciences faibles et peu formées : Prenez garde que cette liberté dont vous usez ne devienne une occasion de chute pour les faibles07. Nous avons beaucoup d’influence sur les autres, et cette influence doit servir au bien de qui nous voit ou nous écoute, quelle que soit la situation où nous nous trouvons.
Le Seigneur a prêché sa doctrine, même lorsque certains pharisiens se scandalisaient08. Il s’agissait alors, comme c’est fréquemment le cas aujourd’hui, d’un faux scandale, qui consiste à chercher des contradictions ou des critères purement humains pour ne pas accepter la vérité : nous rencontrons parfois des gens qui « se scandalisent » parce qu’un ménage a été généreux dans le nombre d’enfants, en acceptant avec joie ceux que Dieu leur a donnés, et pour vivre avec délicatesse les exigences de la vocation chrétienne... Souvent la conduite du chrétien qui veut vivre dans son intégrité la doctrine du Seigneur choquera dans un milieu païen ou frivole et « scandalisera » beaucoup de monde. Saint Pierre, en rappelant des paroles d’Isaïe, affirme du Christ qu’Il est pour beaucoup la pierre d’achoppement et le roc de scandale09, comme le vieux Siméon l’avait déjà prophétisé à la Très Sainte Vierge10. Nous ne pouvons pas nous étonner si dans notre vie il arrive parfois quelque chose de semblable. Cependant, nous devons éviter par charité ces occasions indifférentes en soi, mais qui peuvent produire de l’étonnement et même un vrai scandale pour des personnes, à cause de leur manque de formation ou de leur façon de penser. Le Seigneur nous en donne l’exemple lorsqu’Il ordonne à Pierre de payer l’impôt du Temple, qu’Il n’est pas obligé de payer, pour ne pas déconcerter les percepteurs11, car ils savaient que Jésus était un israélite exemplaire en tout. Il ne nous manquera pas d’occasions d’imiter le Maître. « Je ne doute pas de ta droiture. — Je sais que tu agis en présence de Dieu. Mais il y a un “mais” : tes actions sont vues, ou peuvent être vues, par des hommes qui les jugent humainement... Et il convient de donner le bon exemple. 12 »
Spécialement grave est le scandale qui provient de personnes qui jouissent d’autorité ou de renommée : parents, éducateurs, gouvernants, écrivains, artistes... et ceux qui sont chargés de la formation d’autrui. « Si les gens simples vivent dans la tiédeur, commente saint Jean d’Avila, c’est une mauvaise chose ; mais leur mal a un remède, et ils ne nuisent qu’à eux-mêmes ; mais si les enseignants sont tièdes, il s’accomplit alors le malheur à vous ! du Seigneur pour le monde, à cause du grand mal qui leur vient de cette tiédeur ; et le malheur à vous ! qui menace les enseignants tièdes, qui propagent leur tiédeur à d’autres et même éteint leur ferveur. 13 »
Les paroles du Seigneur nous rappellent que nous devons être attentifs aux conséquences de nos paroles. « Sais-tu le mal que tu peux causer, en lançant une pierre les yeux bandés ?
« — Sais-tu aussi que tu peux porter un préjudice, grave peut-être, en lançant des propos qui te semblent dénués d’importance, parce que tu as les yeux bandés par la légèreté ou l’emportement ? 14 » Et nous devons toujours avoir soin de nos actions pour que, par inconscience ou frivolité, nous ne fassions jamais de mal à personne.
Celui qui est une occasion de scandale a l’obligation, par charité, et parfois par justice, de réparer le dommage spirituel et même matériel qu’il a produit. Le scandale public demande une réparation publique. Et devant l’impossibilité d’une réparation adéquate, l’obligation, toujours possible, de compenser par la prière et la pénitence persiste. La charité, poussée par la contrition, trouve toujours la façon adéquate de réparer le dommage causé.
Ce passage de l’Évangile peut nous servir pour dire au Seigneur : Pardon, Seigneur, si d’une certaine façon, même sans m’en rendre compte, j’ai été une occasion de faux pas pour quelqu’un ! Ce sont les péchés cachés, dont nous pouvons aussi demander pardon dans la Confession ; et ce même passage nous servira pour que les paroles du Seigneur, tenez-vous sur vos gardes ! nous aident à être vigilants et prudents.
III. Ceux qui nous auront fréquenté devraient dire de nous ce que les contemporains du Seigneur affirmèrent de Lui : Il est passé en faisant le bien15... Notre vie doit être pleine d’œuvres de charité et de miséricorde, parfois si petites qu’elles ne feront pas beaucoup de bruit : sourire, encourager, rendre avec joie les petits services que comporte la vie en commun, pardonner les erreurs du prochain pour lesquelles nous trouverons toujours une bonne excuse... C’est là un signe devant le monde, car c’est par la charité que l’on nous connaîtra comme disciples du Christ16. C’est aussi une référence pour nous-mêmes, car si nous faisons un examen de conscience sur notre comportement face aux autres, nous pourrons découvrir rapidement notre degré d’union à Dieu.
Ce qui est propre au scandale, c’est de rompre et détruire, la charité compose, unit et guérit, et elle-même facilite le chemin qui conduit jusqu’au Seigneur. Le bon exemple sera toujours une façon efficace de contrecarrer le mal que, peut-être sans s’en rendre compte, beaucoup sèment dans la vie. Il prépare en même temps le terrain pour un apostolat fécond. « Ne perdons jamais de vue que le Seigneur a promis son efficacité aux visages aimables, aux manières de faire affables et cordiales, à la parole claire et persuasive qui dirige et forme sans blesser : beati mites quoniam ipsi possidebunt terram, bienheureux les doux, parce qu’ils posséderont la terre. Nous ne devons jamais oublier que nous sommes des hommes qui fréquentons d’autres hommes, même lorsque nous voulons faire du bien aux âmes. Nous ne sommes pas des anges. Et, par conséquent, notre aspect, notre sourire, nos manières de faire, sont des éléments qui conditionnent l’efficacité de notre apostolat. 17 »
Si le scandale tend à séparer les âmes de Dieu, la charité la plus fine nous poussera à les conduire vers Lui, à essayer de faire en sorte que beaucoup trouvent la porte du Ciel. Sainte Thérèse disait que « (Dieu) apprécie davantage une âme que par notre activité et notre prière nous Lui gagnons par sa miséricorde, que tous les services que nous pouvons Lui rendre 18 ». Ne restons jamais indifférents devant le mal. Devant cette maladie morale, nos désirs de réparation et de satisfaction au Seigneur doivent augmenter, et nous devons réaffirmer notre désir d’apostolat. Plus grand sera le mal, plus grands seront nos désirs de semer le bien. Ne manquons pas non plus de prier le Seigneur pour ceux qui sont la cause de ce que d’autres s’éloignent du bien, et pour les âmes qui peuvent être blessées par telles paroles, tel article de journal, tel programme de télévision, etc... Le Seigneur écoutera notre prière et Sainte Marie nous obtiendra des grâces spéciales. Lorsqu’à la fin de la vie nous nous présenterons devant Lui, ces actes de réparation et de satisfaction constitueront une bonne partie du trésor que nous aurons gagné ici sur terre.
01. . Lc 17, 1-3. – 02. Cf. Mt 18, 1-6. – 03. SAINT THOMAS, Summa Theologiæ, II-II, q. 43, a. 1. – 04. Catéchisme de Saint Pie X, n. 418. – 05. JEAN-PAUL II, Enc. Redemptor hominis, 4 mars 1979, 10. – 06. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Quand le Christ passe, 80. – 07. 1 Cor 8, 9. – 08. Cf. Mt 15, 12-14. – 09. Cf. 1 P 2, 8. – 10. Cf. Lc 2, 34. – 11. Cf. Mt 17, 21. – 12. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Chemin, n. 275. – 13. SAINT JEAN D’AVILA, Sermon 55, pour l’infraoctave de la Fête-Dieu. – 14. SAINT JOSÉMARIA ESCRIVA, Chemin, n. 455. – 15. Ac 10, 38. – 16. Cf. Jn 13, 35. – 17. S. CANALS, Dieu est parmi nous. – 18. SAINTE THÉRÈSE D’AVILA, Fondations, 1, 7.