19e DIMANCHE. ANNÉE A
1. DIEU AIDE TOUJOURS
— Il ne manque jamais à ses amis.
— Le Christ est le ferme soutien sur qui chacun peut s’appuyer.
— Confiance en Dieu. Il n’arrive jamais trop tard, si nous avons recours à lui avec foi et si nous mettons en pratique en chaque cas les moyens opportuns.
I. La première lecture de la Messe[01] nous présente le Prophète Élie qui, fatigué et découragé par de nombreuses tribulations, se réfugia dans une caverne de l’Horeb, la sainte montagne, où Dieu se manifesta à Moïse. Et là, il reçut cet appel : Sors et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. Et il y eut un ouragan qui fendit les montagnes et brisa les rochers ; il y eut ensuite un tremblement de terre et un feu. Mais Dieu n’était ni dans le vent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. Vint ensuite une brise légère, comme un murmure, et le Seigneur se manifesta sous cette forme, exprimant ainsi sa mystérieuse spiritualité et sa délicate bonté envers l’homme faible. Élie se sentit réconforté pour la nouvelle mission que le Seigneur allait lui confier.
L’Évangile[02] nous raconte l’une des tempêtes que subirent les Apôtres sans que Jésus soit avec eux dans la barque. Elle eut lieu après la multiplication des pains et des poissons. Le Seigneur les obligea à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive du lac, pendant qu’il renverrait les foules, car il se faisait tard. Jésus, du haut d’une montagne où il était en prière, n’oublie pas ses disciples. Un fort vent contraire s’était levé, et le Seigneur voyait combien ils luttaient contre la houle et contre le vent pour arriver là où il leur avait dit. Une fois sa prière terminée, il se disposa à les aider.
A la quatrième veille de la nuit, pratiquement à l’aube, Jésus s’approcha de la barque qui était battue par les vagues et en danger de sombrer. L’Évangile précise que les disciples eurent peur en voyant Jésus marcher sur les eaux déchaînées, croyant que c’était un fantôme. Et saint Marc, qui recueille les inoubliables souvenirs de saint Pierre, nous a transmis que Jésus fit comme s’il allait les dépasser. Ils commencèrent à crier. Alors Jésus s’approcha un peu plus et leur dit : Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur ! Paroles consolantes, que nous avons nous aussi écoutées souvent, de différentes manières, dans l’intimité du cœur, face à des événements qui nous déconcertaient et dans des situations difficiles.
Si notre vie est l’accomplissement de ce que Dieu veut de nous — comme Élie qui se rendit sur la montagne Horeb par ordre de Dieu, comme les Apôtres, qui accomplissent ce que Jésus leur a dit, bien que le vent leur était contraire —, il ne nous manquera jamais l’aide divine. Dans la faiblesse, dans la fatigue, dans les situations les plus difficiles, Jésus se présente et nous dit : C’est Moi, n’ayez pas peur. Il n’a jamais manqué à ses amis[03]. Et si nous n’avons pas d’autre but dans la vie que de chercher son amitié et le servir, comment pourra-t-il nous abandonner lorsque le vent des tentations, de la fatigue, des difficultés dans l’apostolat nous sera contraire ? Il ne fait pas comme s’il nous dépassait sans s’arrêter. « Si vous avez confiance en lui et l’esprit courageux, chose que sa Majesté aime beaucoup, ne craignez pas qu’il vous manque quoi que ce soit. [04] » Que va-t-il nous manquer si nous sommes ses amis au milieu du monde, si nous voulons le suivre jour après jour parmi tant de personnes qui l’abandonnent ?
II. Lorsque les Apôtres écoutèrent Jésus, ils furent remplis de paix. Alors Pierre adressa à Jésus une demande pleine d’audace et de courage : Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. Et le Maître, qui se trouvait encore à quelques mètres de la barque, lui répondit : Viens. Pierre, avec une grande foi, préféra, à la sécurité de sa barque, faire confiance aux paroles du Seigneur : il descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Ce furent des moments impressionnants d’amour.
Puis Pierre cessa de regarder Jésus et se concentra sur les difficultés qui l’entouraient ; et en voyant que le vent était si fort, il prit peur. Il oublia un moment que la force qui le soutenait au milieu de l’eau ne dépendait pas des circonstances, mais de la volonté du Seigneur, qui domine le ciel et la terre, la vie et la mort, la nature, les vents, la mer... Pierre commença à enfoncer, non pas à cause de l’état de la mer, mais par manque de confiance en celui qui peut tout. Il cria : Seigneur, sauve-moi ! Et aussitôt Jésus, étendant la main, le saisit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Le Christ est le soutien ferme auquel nous devons nous accrocher dans les moments de faiblesse ou de fatigue, lorsque nous voyons que nous nous enfonçons. Seigneur, sauve-moi ! lui dirons-nous avec force dans notre prière.
Parfois, c’est hélas fréquent, le chrétien cesse de regarder Jésus et fixe son attention sur d’autres choses qui éloignent de Dieu et le mettent en danger de perdre pied dans sa vie de foi, de s’enfoncer s’il ne réagit pas avec promptitude. À partir du moment où quelqu’un commence à ne plus voir clairement sa foi ou la vocation reçue de Dieu, « qu’il fasse un examen de conscience avec loyauté. Il découvrira sans doute que depuis quelque temps sa vie de piété est un peu relâchée, la prière est plus rare ou moins attentive, et il est moins exigeant avec lui-même. Est-ce qu’il ne renouvelle pas un péché dont il se cache délibérément à lui-même la gravité ? Il ne réprime sûrement pas avec la même énergie ses passions, si même il ne consent pas avec complaisance à l’une d’elles. Un ressentiment qui se fomente contre un autre, une question d’intérêt dans laquelle notre honnêteté n’est pas totale, une amitié trop absorbante, ou simplement le réveil de bas instincts que l'on ne repousse pas avec assez de promptitude, il n’en faut pas plus pour que se lèvent des nuages entre Dieu et nous. Et la foi s’obscurcit. [05] » Il existe alors le risque d’attribuer cette situation coupable aux circonstances extérieures, alors que le mal est bien plutôt dans notre propre cœur.
Pour se tirer d’affaire, Pierre n’eut qu’à saisir la forte main du Seigneur, son Ami et son Dieu. Bien que ce soit peu, le disciple dut faire quelque chose de lui-même. C’est la collaboration de notre bonne volonté que Dieu nous demande toujours. « Lorsque Dieu Notre Seigneur accorde sa grâce aux hommes, lorsqu’il les appelle à une vocation spécifique, c’est comme s’il leur tendait la main, une main paternelle, pleine de force et, surtout, remplie d’amour ; en effet, il vient nous chercher un par un, en nous considérant comme ses filles et ses fils, et il connaît notre faiblesse. Le Seigneur attend que nous fassions l’effort de prendre sa main, cette main qu’il met à notre portée : Dieu nous demande un effort, effort qui est la preuve de notre liberté.[06] »
Ces petits efforts que le Seigneur demande à ses disciples de tous les temps pour les tirer d’une mauvaise situation sont très divers : c’est peut-être d’intensifier la prière, d’être plus sincères et dociles dans la direction spirituelle, de supprimer une mauvaise occasion, d’obéir avec promptitude et docilité de cœur, de mettre en pratique, avec la prière, des moyens humains qui sont à notre portée, bien qu’ils apparaissent tout petits... Avec le Christ l’on gagne toutes les batailles, mais nous devons avoir une confiance sans limites en lui. « Sois sûr dans ta prière ; dis avec le psalmiste : “Seigneur, tu es mon refuge et ma force, je me confie à toi !”
« Je te garantis qu’il te préservera des embûches du “démon de midi” — dans les tentations et... dans tes chutes ! — alors que l’âge et les vertus auraient dû avoir mûri en toi ; alors que tu devrais savoir maintenant par cœur qu’il n’y a de Force qu’en lui.[07] »
III. Pierre put se maintenir debout au milieu des difficultés les plus grandes tant qu’il agit avec sens surnaturel, avec foi, avec confiance dans le Seigneur. Ensuite, pour se tirer d’affaire, pour recevoir l’aide de Dieu, il dut y mettre du sien, car « lorsque manque notre coopération cesse aussi l’aide divine[08] ». Bien que ce soit le Seigneur qui le tira d’affaire.
Pierre retrouva foi et confiance en Jésus. Il monta avec lui dans la barque. Et à cet instant le vent tomba, le calme se fit dans la mer, dans le cœur des disciples, et ils le reconnurent comme leur Seigneur et leur Dieu : ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : Vraiment, tu es le Fils de Dieu.
Les difficultés dans lesquelles nous ferons l’expérience de notre faiblesse, les faiblesses elles-mêmes, serviront à trouver Jésus qui nous tend sa main et se met dans notre cœur, en nous donnant une paix immense au milieu de n’importe quelle tribulation. Apprendre à ne jamais craindre Dieu : il se présente dans ce qui est ordinaire et aussi dans les tempêtes des souffrances, physiques et morales, de la vie : Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur. Dieu n’arrive jamais trop tard à notre secours, et il nous aide dans chaque cas. Il arrive d’une façon mystérieuse et cachée, au moment opportun. Et lorsque, pour une raison ou une autre, nous nous trouvons dans une circonstance pénible, un vent contraire, il s’approche. Il fait peut-être semblant de nous dépasser pour que nous l’appelions. Il ne tardera pas à venir à nos côtés.
Et si parfois nous sentons que nous n’avons plus pied, que nous nous enfonçons, répétons la prière de Pierre : Seigneur, sauve-moi ! Ne doutons pas de son Amour, ni de sa main miséricordieuse, n’oublions pas que « Dieu n’ordonne pas des choses impossibles, mais en les ordonnant il avise que tu fasses ce que tu peux et que tu demandes ce que tu ne peux pas et il aide pour que tu puisses [09] ».
Quelle sécurité donne le Seigneur. « Il m’a garanti sa protection, ce n’est pas sur mes forces que je m’appuie. J’ai dans mes mains sa parole écrite. Voilà quel est mon appui. Voilà quelle est ma sécurité, voilà quel est mon port tranquille. Même si le monde entier se trouble, je lis cette parole écrite que je porte sur moi, parce qu’elle est mon mur et ma défense. Et que me dit-elle ? Je serai pour toujours avec vous jusqu’à la fin du monde.
« Le Christ est avec moi, que puis-je craindre ? Que viennent m’assaillir les vagues de la mer et la colère des puissants ; tout cela ne pèse pas plus qu’une toile d’araignée. [10] » Ne lâchons pas sa main ; lui ne lâchera pas la nôtre.
Terminons notre prière en prenant comme intercesseur la très Sainte Vierge. Elle nous aide à clamer pleins de confiance avec les prières liturgiques : renouvelle, Seigneur, les merveilles de ton amour[11] ; fais que nous vivions fermement ancrés en Toi.
[01]. 1 Rg 19, 9; 11-13.
[02]. Mt 14, 22-33.
[03]. Cf. Sainte Thérèse d’Avila, Vie, 11, 4.
[04]. Idem, Fondations, 27, 12.
[05]. G. Chevrot, Simon Pierre.
[06]. Saint Josémaria Escriva, Quand le Christ passe, 17.
[07]. Idem, Forge, n. 307.
[08]. Saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Matthieu, 50, 2.
[09]. Saint Augustin, Sur la nature et la grâce, 43.
[10]. Saint Jean Chrysostome, Homélie avant de partir pour l’exil.
[11]. Liturgie des Heures, Dimanche de la IIIe semaine, Vêpres.
19e DIMANCHE. ANNÉE B
2. LE PAIN VIVANT
— La Communion nous donne les forces pour arriver au Ciel.
— Le pain de vie. Effets de la Communion dans l’âme.
— La visite au Saint Sacrement. Les communions spirituelles.
I. Nous lisons dans la première lecture de la Messe[01] que le Prophète Élie, fuyant l’hostilité de la reine Jézabel, se dirigea vers l’Horeb, la montagne sainte. Pendant le long et difficile voyage il se sentit fatigué et désira mourir. Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. Mais l’Ange du Seigneur le réveilla, lui offrit du pain et lui dit : Lève-toi, et mange ! Autrement le chemin serait trop long pour toi. Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu. Ce qu’il n’aurait pas réussi à faire avec ses propres forces, il le fit avec l’aliment que le Seigneur lui donna lorsqu’il était le plus découragé.
La montagne sainte vers laquelle se dirige le Prophète est une image du Ciel ; le trajet de quarante jours est celui du long voyage de notre passage sur terre, dans lequel nous rencontrons aussi des tentations, la fatigue et des difficultés. Nous sentirons parfois faiblir notre courage et notre espérance. D’une façon semblable à cette nourriture de l’Ange, l’Église nous invite à alimenter notre âme avec un pain tout à fait singulier, qui est le Christ Lui-même présent dans la Sainte Eucharistie. En Lui nous trouvons toujours les forces nécessaires pour arriver au Ciel, malgré notre faiblesse.
Dans les premiers temps du Christianisme, on appelait Viatique la Sainte Communion, à cause de l’analogie entre ce sacrement et le viatique ou provisions de nourriture et d’argent que les Romains emportaient avec eux pour les besoins du chemin. Plus tard on réserva le mot Viatique à l’ensemble d’aides spirituelles, et en particulier la Sainte Eucharistie, que l’Église offre à ses enfants pour la dernière et définitive étape du voyage vers l’éternité[02]. Les premiers chrétiens avaient coutume de porter la Communion à ceux qui étaient en prison, surtout lorsque s’approchait le martyre[03]. Saint Thomas écrit que ce sacrement s’appelle Viatique parce qu’il préfigure la joie de posséder Dieu dans la patrie définitive et nous donne la possibilité d’y arriver[04]. Il est la grande aide de Dieu tout au long de la vie et, spécialement, dans le dernier tronçon du chemin, quand les attaques de l’adversaire peuvent être plus dures. C’est pourquoi l’Église a toujours fait en sorte qu’aucun chrétien ne meure sans elle. Dès le début du christianisme l’on sentit le besoin (et aussi l’obligation) de recevoir ce sacrement même si l’on avait déjà communié ce jour-là[05]. Rappelons-nous aujourd’hui la responsabilité de faire tout ce que l’on peut pour qu’aucun membre de la famille, aucun ami ou collègue de travail ne meure sans l’aide spirituelle préparée pour la dernière étape de leur vie.
N’est-ce pas la meilleure et la plus efficace preuve de charité et d’affection, peut-être la dernière, sur terre ? Le Seigneur est dans la joie lorsque nous accomplissons ce devoir, même si parfois c’est difficile et coûteux.
Nous devons remercier par des actes le Seigneur pour tant d’aides qu’il nous donne, mais spécialement celle de la Communion. Reconnaissance qui se manifeste par une meilleure préparation, chaque jour, et par le fait de le recevoir avec la pleine conscience de ce que la Communion nous apporte, comme énergies nécessaires pour parcourir avec vigueur le chemin de notre sainteté.
II. Je suis le pain de vie, dit Jésus dans l’Évangile de la Messe[06] (…). Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie.
Aujourd’hui le Seigneur nous rappelle le besoin de le recevoir dans la sainte Communion pour participer à la vie divine, pour vaincre les tentations, pour que se développe la vie de la grâce reçue dans le Baptême. Celui qui communie en état de grâce, en plus de participer aux fruits de la sainte Messe, obtient des biens propres et spécifiques de la Communion eucharistique : il reçoit, spirituellement et réellement, le Christ même, source de toute grâce. La sainte Eucharistie est, pour cela, le plus grand sacrement, le centre et le sommet de tous les autres. Cette présence réelle du Christ donne à ce sacrement une efficacité surnaturelle infinie.
Lorsque nous désirons nous donner aux autres, nous pouvons donner des objets qui nous appartiennent comme symbole de quelque chose du plus profond de notre être, ou donner nos connaissances, ou notre amour… mais nous trouvons toujours une limite. Dans la Communion, le pouvoir divin surpasse toutes les limitations humaines, et sous les espèces eucharistiques le Christ tout entier se donne à nous. L’amour arrive à réaliser son idéal dans ce sacrement : l’identification avec celui qui nous aime tant, avec celui que l’on attend tellement. « De même que lorsque l’on joint deux morceaux de cire et qu’on les fait fondre par le feu, il se forme une seule chose, il se passe la même chose dans la participation au Corps du Christ et à son précieux Sang.[07] » Il n’y a vraiment pas de plus grand bonheur ni de plus grand bien que de recevoir dignement dans la sainte Communion le Christ lui-même.
L’âme ne cesse pas de remercier si, en combattant toute routine, elle pense souvent à la richesse de ce sacrement. La sainte Eucharistie produit dans la vie spirituelle des effets semblables à ceux que l’aliment matériel produit dans le corps. Elle fortifie et éloigne la faiblesse et la mort, délivre des péchés véniels qui causent la faiblesse et la maladie de l’âme et préserve des mortels qui lui donnent la mort. L’aliment matériel répare nos forces et fortifie notre santé. De même « par la Communion fréquente ou quotidienne, la vie spirituelle devient plus exubérante, l’âme s’enrichit avec une plus grande effusion de vertus et un gage encore plus sûr du bonheur éternel est donné à celui qui communie.[08] » De la même façon que l’aliment naturel permet au corps de croître, la sainte Eucharistie augmente la sainteté et l’union à Dieu, « parce que la participation au Corps et au Sang du Christ ne fait pas autre chose que de nous transfigurer en ce que nous recevons[09] ». La Communion rend facile le don de soi dans la vie familiale ; elle nous pousse à réaliser le travail quotidien avec joie et avec perfection ; elle fortifie pour supporter avec élégance humaine et surnaturelle les difficultés et les obstacles de la vie ordinaire.
Le Maître est ici et t’appelle[10], nous dit-on chaque jour. Prêtons attention à cette invitation et allons avec joie et bien disposés à sa rencontre, qui est d’une grande importance.
III. Nombreuses sont les faiblesses humaines. C’est pourquoi la rencontre avec le Maître dans la Communion doit être fréquente. Le banquet est prêt[11], nombreux sont les invités, mais peu nombreux ceux qui y vont.
Maintenons vif tout au long du jour le désir et le souvenir de ce sacrement en faisant des Communions spirituelles. Une Communion spirituelle « consiste en un désir ardent de recevoir Jésus dans le très Saint Sacrement et en un rapport amoureux comme si nous l’avions déjà reçu[12] ». Elle nous fait recevoir de nombreuses grâces et nous aide à mieux vivre le travail et les relations avec les autres. Grâce à elle il est plus facile que la sainte Messe soit le centre de la journée.
La Visite au Saint Sacrement est aussi très profitable : c’est « une preuve de gratitude, un signe d’amour et l'expression de l’adoration due au Seigneur[13] ». Il n’y a pas de meilleur endroit que la proximité du Tabernacle pour ces rencontres intimes avec le Christ. C’est là où le dialogue avec le Seigneur trouve le climat le plus approprié, comme le montre l’histoire des saints, et où naît l’impulsion pour la prière continue dans le travail, dans la rue…, en tout lieu. Le Seigneur présent sacramentellement nous voit et nous entend avec une plus grande intimité, car son Cœur, qui continue de battre d’amour pour nous, est « la source de la vie et de la sainteté [14] » ; il nous invite à lui rendre la visite que lui nous a faite en venant sacramentellement à notre âme. Il nous dit : Venez vous aussi à part, en un lieu solitaire, pour vous reposer un peu.
Près de lui nous trouvons la paix, si nous l’avions perdue, la force pour bien accomplir notre tâche et la joie dans le service des autres. « Que ferons-nous, en la présence de Dieu dans le Saint Sacrement ? L’aimer, le louer, le remercier et lui demander. Que fait un pauvre en la présence d’un riche ? Que fait un malade devant le médecin ? Que fait un assoiffé à la vue d’une source cristalline ?[15] » Jésus a ce qui nous manque et dont nous avons besoin. Il est la force sur ce chemin de la vie.
Demandons à Notre-Dame qu’elle nous enseigne à Le recevoir « avec la pureté, l’humilité et la dévotion » avec laquelle elle le reçut, « avec l’esprit et la ferveur des saints ».
[01]. 1 Rg 19, 4-8.
[02]. Cf. A. Bride, mot Viatique, dans DTC, XC, 2842-2858.
[03]. Cf. Saint Cyprien, De lapsis, 13 ; Vita Basilii, 4 : PG 29, 315 ; Acte des martyrs, etc.
[04]. Cf. Saint Thomas, Summa Theologiæ, III, q. 74, a. 4.
[05]. Code de Droit Canon, can. 921, 2.
[06]. Jn 6, 48-51.
[07]. Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire à l’Évangile de saint Jean, 10, 2.
[08]. Paul VI, Instr. Eucharisticum Mysterium, 15 août 1967, 37.
[09]. Idem, 7.
[10]. Jn 11, 28.
[11]. Lc 14, 16 et s.
[12]. Saint Alphonse Marie de Ligori, Visites au Très Saint Sacrement, Introd., III.
[13]. Paul VI, Enc. Mysterium fidei, 3 septembre 1965, 67.
[14]. Litanies du Sacré Cœur ; cf. Pie XII, Enc. Haurietis aquas, 15 mai 1956, 20, 34.
[15]. Saint Alphonse Marie de Ligori, o. c., 1.