21e DIMANCHE. ANNÉE A
19. LE PAPE,
FONDEMENT PERPÉTUEL DE L’UNITÉ
— Jésus promet à Pierre qu’il sera le rocher sur lequel Il bâtira son Église.
— Amour envers le Pape.
— Là où est Pierre, là se trouve l’Église.
I. L’Évangile de la Messe[01] présente Jésus avec ses disciples à Césarée-de-Philippes. Ils y étaient arrivés après avoir quitté Bethsaïde et pris le chemin du Nord sur la rive orientale du lac[02]. Tout en cheminant, Jésus demande aux Apôtres : Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? Après qu’ils Lui aient rapporté les diverses opinions des gens, Jésus les interpelle directement : Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?. « Nous tous, dit le Pape Jean-Paul II, nous connaissons ce moment où il ne suffit plus de parler de Jésus en répétant ce que d’autres ont dit..., où il ne suffit pas de recueillir une opinion, mais il faut rendre témoignage, se sentir engagé par le témoignage et ensuite en arriver aux extrêmes des exigences de cet engagement. Les meilleurs amis du Christ, ceux qui le suivent, ses apôtres, furent toujours ceux qui perçurent un jour en eux la question définitive, qui est indiscutable, devant laquelle toutes les autres deviennent secondaires et dérivées : “Pour toi, qui suis-je ?”[03] » La vie et son avenir « dépend de la réponse nette et sincère, sans rhétorique ni subterfuges que l’on peut donner à cette question[04] ».
L’interpellation adressée à tous ceux qui le suivent, éveille un écho dans le coeur de Pierre ; poussé par une grâce particulière, il répond : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus l’appelle bienheureux à cause de cette réponse pleine de vérité, où il confesse ouvertement la divinité de Celui qu’il accompagne depuis des mois. C’est le moment choisi par le Christ pour communiquer à Pierre le Primat de toute son Église : Et je te le déclare : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. Il sera le rocher, le fondement ferme sur lequel le Christ construira son Église, de telle façon qu’aucun pouvoir ne pourra la démolir. Et le Seigneur a voulu que, quotidiennement, il se sente appuyé et protégé par la vénération, l’amour et la prière de tous les chrétiens. Prions-nous chaque jour pour le Pape et ses intentions ? Sa responsabilité est grande ! Nous ne pouvons pas le laisser seul. Si nous désirons être unis au Christ, nous devons l’être avec celui qui le représente. « Considère chaque jour la charge très lourde qui pèse sur le Pape et sur les évêques, pour mieux les vénérer, les aimer d’une affection véritable, pour mieux les aider par ta prière.[05] »
II. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux...
Les clefs, c’est le symbole du pouvoir : Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David, lit-on dans la première lecture[06] qui parle d’Eliakim, majordome du palais royal. Le pouvoir promis à Pierre, et qui lui sera conféré après la résurrection[07], est infiniment supérieur. Il reçoit les clefs du Royaume des cieux, du Royaume qui n’est pas de ce monde mais qui commence ici et durera éternellement. Pierre a le pouvoir de lier et délier, c’est-à-dire d’absoudre ou de condamner, d’accueillir ou d’exclure. Ce pouvoir est si grand que ce qu’il décide sur terre est ratifié dans le Ciel. Pour l’exercer il compte sur une assistance spéciale du Saint-Esprit.
Dès le premier jour où il connut Jésus, il s’appellera pour toujours Petrus, pierre : Je te le déclare : tu es Pierre, et sur cette pierre Je bâtirai mon Église[08]. Ce changement de nom indique la nouvelle mission qui lui sera confiée : celle d’être les fondations fermes du nouvel édifice, l’Église. « C’est comme si le Seigneur lui disait, écrit saint Léon le Grand : “Je suis la pierre incassable, je suis la pierre angulaire (…), le fondement hors duquel personne ne peut édifier ; mais tu seras aussi pierre, parce que par ma vertu tu as acquis une telle fermeté que tu auras avec moi, par participation, les pouvoirs qui m’appartiennent en propre”[09]. »
Dès les débuts de l’Église, les chrétiens ont vénéré le Pape. Le Prince des Apôtres est toujours nommé en premier lieu [10] et il a une autorité spéciale devant les autres : il propose l’élection d’un nouvel Apôtre pour occuper la place de Judas [11], il prend la parole le jour de la Pentecôte et convertit les premiers chrétiens[12], il répond devant le Sanhédrin au nom de tous [13], il châtie Ananie et Saphire avec autorité [14], il admet Corneille, le premier gentil, dans l’Église[15], il préside le Concile de Jérusalem et repousse les prétentions de certains chrétiens venant du judaïsme au sujet de la circoncision, affirmant que le salut ne s’obtient qu’en Jésus-Christ [16].
Ces pouvoirs spirituels sont donnés à Pierre pour le bien de l’Église, et, comme celle-ci doit durer jusqu’à la fin des temps, ces pouvoirs se transmettront à ceux qui succèdent à Pierre au long de l’histoire. Le Magistère de l’Église a toujours souligné cette vérité ; la Constitution dogmatique sur l’Église, du Concile Vatican II, affirme à l’exemple du Concile Vatican I « que Jésus-Christ, Pasteur éternel…, a mis à la tête des autres Apôtres le bienheureux Pierre qu’il a établi comme principe et fondement perpétuel autant que visible de l’unité de la foi et de la communion. Cette doctrine de l’institution, de la perpétuité, de la valeur et de la raison de la sacrée primauté du Pontife romain et de son infaillible magistère, le saint Concile la propose de nouveau à tous les fidèles afin qu’ils croient fermement.[17] »
L’amour des baptisés pour le Pape n’est pas seulement une affection humaine, fondée sur sa sainteté, sur sa sympathie… Lorsqu’ils vont voir le Pape, écouter sa parole, ils le font pour voir, toucher et écouter Pierre, le Vicaire du Christ, « doux Christ sur la terre », comme disait sainte Catherine de Sienne. « Envers le Pape, le vice-Christ sur la terre, tu dois montrer aussi le plus grand amour, la plus grande estime, la plus profonde vénération en même temps que l’obéissance la plus soumise et la plus grande affection.
« Nous les catholiques, nous comprenons bien qu’après Dieu et notre Mère la très sainte Vierge, c’est le Saint-Père qui vient en troisième lieu dans la hiérarchie de l’amour et de l’autorité.[18] »
III. Une formule ancienne résume en peu de mots le contenu de la doctrine au sujet du Pontife Romain : ubi Petrus, ibi Ecclesia, ibi Deus[19]. Là où est Pierre, là se trouve l’Église, où nous rencontrons Dieu. « Le Souverain Pontife, enseigne le Concile Vatican II, comme successeur de Pierre, est le principe perpétuel et visible, le fondement de l’unité tant des évêques que de la masse des fidèles. [20] » « Et que deviendrait cette unité s’il n’y avait pas quelqu’un à la tête de toute l’Église, qui la bénisse et la garde, et qui unisse tous ses membres en une seule profession de foi et les rassemble par un lien de charité et d’union ? [21] » L’union serait brisée en mille morceaux et nous serions comme des brebis perdues, sans une foi sûre en laquelle croire, sans un chemin clair sur lequel marcher.
Nous aimons être avec Pierre, parce qu’avec lui se trouve l’Église, avec lui se trouve le Christ ; et sans lui comment rencontrer Dieu ? Et nous aimons le Pape parce que nous aimons le Christ : avec la même charité. De même que nous sommes attentifs à Jésus, à ses désirs, ses gestes, toute sa vie, de même nous nous sentons unis au Pontife Romain jusque dans les moindres détails : nous l’aimons surtout pour Celui qu’il représente et dont il est l’instrument. « Aime le Souverain Pontife, vénère-le avec de plus en plus d’affection chaque jour ; prie pour lui, mortifie-toi pour lui qui est la pierre de fondation de l’Église ; lui qui prolonge parmi les hommes tout au long des siècles et jusqu’à la fin des temps cette mission de sanctification et de gouvernement que Jésus a confiée à Pierre.[22] »
Les Actes des Apôtres révèlent l’amour et la dévotion que les premiers chrétiens ressentaient envers Pierre : on apportait les malades dans les rues et on les plaçait sur des lits et des grabats, afin qu’au passage de Pierre son ombre au moins couvrît quelqu’un d’entre eux[23]. Ils se contentaient de l’ombre de Pierre. Ils savaient bien que le Christ se trouvait tout près de lui ! Nous recevons par sa parole des éclaircissements au milieu des doctrines confuses, aujourd’hui comme dans le passé, de tant de faux prophètes et de faux docteurs. Ayons le désir de connaître les enseignements du Pape et de faire connaître dans notre milieu ces lumières qui éclairent les consciences ; prenons la résolution de recevoir sa parole avec docilité et obéissance intérieure, avec amour[24].
[01]. Mt 16, 13-20.
[02]. Cf. Mc 8, 27 ; Lc 9, 18.
[03]. Jean-Paul II, Homélie de la Messe à Belo Horizonte, 1 juillet 1980.
[04]. Idem.
[05]. Saint Josémaria Escriva, Forge, n. 136.
[06]. Is 22, 19-23.
[07]. Cf. Jn 21, 15-18.
[08]. Cf. Jn 1, 42.
[09]. Saint Léon le Grand, Homélie 4.
[10]. Mt 10, 2 et s ; Ac 1, 13.
[11]. Ac, 1, 15-22.
[12]. Ac 2, 14-36.
[13]. Ac 4, 8 et s.
[14]. Ac 5, 1 et s.
[15]. Ac 10, 1 et s.
[16]. Ac 15, 7-10.
[17]. Concile Vatican II, Const. Lumen gentium, 18.
[18]. Saint Josémaria Escriva, o. c., n. 135.
[19]. Saint Ambroise, Commentaire au Psaume XII, 40, 30.
[20]. Concile Vatican II, loc. cit., 23.
[21]. Grégoire XVI, Enc. Commissum divinitus, 15 juin 1835.
[22]. Saint Josémaria Escriva, o. c., n. 134.
[23]. Ac 5, 15.
[24]. Cf. Concile Vatican II, loc. cit., 25.
21e DIMANCHE. ANNÉE B
20. SUIVRE LE CHRIST
— Comme les Apôtres, suivons Jésus pour toujours.
— La signalisation du chemin et la liberté.
— La vraie liberté. Renouvelons notre don de nous-mêmes au Seigneur.
I. La première lecture de la Messe[01] nous raconte l’épisode où le peuple de Dieu, après la traversé du Jourdain, est sur le point d’entrer dans la Terre promise. Josué convoque toutes les tribus d’Israël à Sichem, et il leur dit : S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. Et le peuple répondit : Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur... Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est Lui notre Dieu.
Dans l’Évangile de la Messe[02], Jésus demande aussi à ses disciples de se décider. Après l’annonce de l’Eucharistie dans la synagogue de Capharnaüm, beaucoup de disciples abandonnent le Maître parce que ses paroles sur le mystère eucharistique leur semblent dures à accepter. Jésus se retrouve seul avec ses disciples les plus proches, et veut réaffirmer l’amitié et la confiance sans condition des siens. Alors, le Seigneur se tourne vers ceux qui L’avaient suivi jour après jour, et leur demande : Voulez-vous partir, vous aussi ? Et Pierre, au nom de tous, Lui dit : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que Tu es le Saint, le Saint de Dieu. Les Apôtres disent une fois de plus oui au Christ. Que vont-ils devenir sans Jésus ? Vers où vont-ils diriger leurs pas ? Qui rassasiera les désirs de leur cœur ? La vie sans le Christ a-t-elle vraiment un sens ?
Nous aussi n’avons-nous pas dit oui, pour toujours, à Jésus ? Nous avons embrassé la Vérité, la Vie, l’Amour. La liberté que Dieu nous a donnée, nous l’avons orientée vers la seule direction juste. Le jour où le Seigneur posa son regard d’une façon particulière sur nous, nous Lui avons répondu qu’Il serait le but vers lequel se dirigeraient nos pas ; et depuis ce moment-là, en bien d’autres occasions, nous Lui avons dit : Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ?
Aujourd’hui demandons-nous comment nous faisons don de nous-mêmes au Seigneur ? Sommes-nous capables de laisser de côté, et avec joie, ce qui nous sépare du Seigneur ? « Veux-tu te demander — avec moi qui fais aussi mon examen — si tu maintiens immuable et ferme ton choix de Vie ? Si, en entendant la voix très aimable de Dieu, qui t’incite à la sainteté, tu réponds librement : “oui” ? [03] » Dire oui au Seigneur en toutes circonstances signifie dire parfois non à d’autres chemins, à d’autres possibilités. Il est l’Ami ; le seul qui a des paroles de vie éternelle.
II. Comme ces disciples qui réaffirmèrent à Capharnaüm leur pleine adhésion au Christ, beaucoup d’hommes et de femmes de toutes les races, après avoir marché pendant peut-être longtemps dans l’obscurité, rencontrèrent un jour Jésus et virent le chemin qui les conduisait au Ciel. Nous aussi nous avons compris un jour que notre liberté ne nous servait plus à aller d’un côté et d’un autre, sans but précis, mais à cheminer vers un objectif : le Christ. Cette liberté apporte la joie et aide à repousser ce qui sépare du Christ, car « la liberté ne se suffit pas à elle-même : elle requiert une direction, un guide [04] ». C’est le Seigneur qui marque à tout moment la direction de nos pas, car sans Lui, vers qui pourrions-nous aller ? En quoi gaspillerions-nous ce temps que Dieu nous a donné ?
Pour certains, malheureusement, la liberté, cela signifie suivre ses impulsions, ses instincts, se laisser mener par ses passions, par ce qui leur plaît à un moment donné. C’est oublier que « la liberté est certainement un droit humain fondamental auquel on ne peut pas renoncer, mais qu’elle ne se caractérise pas par le pouvoir de choisir le mal, mais par la possibilité de faire responsablement le bien, reconnu et désiré comme tel [05] ». Celui qui aura un concept erroné, appauvri, de la liberté repoussera toute vérité qui propose un idéal valable pour tous les hommes, parce qu’il lui semblera contrarier sa liberté[06].
Si nous avons choisi le Christ, s’il est le véritable objectif de nos actes, nous considérerons comme un bien immense, tout ce qui nous signale comment progresser vers Lui ou les obstacles qui nous séparent de Lui. Le voyageur qui s’avance vers une région inconnue consulte une carte, demande le chemin et suit les panneaux de signalisation, et il le fait attentivement car il désire arriver au but. Il ne se sent pas limité dans sa liberté, et ne considère pas comme une humiliation de dépendre de cartes, de panneaux et de guides. S’il est peu sûr de lui ou se sent perdu, les panneaux de signalisation qu’il trouve sont un motif de soulagement et de reconnaissance !
En fait, nous nous fions davantage à des cartes ou à des panneaux de signalisation qu’à notre propre sens de l’orientation. Lorsque nous suivons ces panneaux et ces cartes, nous ne nous sentons pas contraints ; ils sont pour nous d’une grande aide. Les commandements de Dieu, les lois et les enseignements de l’Église, les conseils que nous recevons dans la direction spirituelle ou que nous demandons dans une situation embarrassante... ce sont aussi des signaux qui garantissent notre liberté, le choix libre de suivre le Christ, en laissant de côté d’autres chemins qui ne conduisent pas là où nous voulons aller. « L’autorité de l’Église, dans ses enseignements sur la foi ou la morale, est un service. C’est la signalisation du chemin qui conduit au Ciel. Elle mérite toute notre confiance, parce qu’elle jouit d’une autorité divine. Elle ne s’impose à personne. Elle s’offre, simplement, aux hommes. Et chacun peut, s’il veut, se l’approprier, la faire sienne…[07] »
Ne soyons pas surpris si ces panneaux de signalisation dont Dieu se sert conduisent parfois loin de sentiers qui semblent plus agréables, vers d’autres plus escarpés et plus durs. Ces choix feront parfois souffrir, le chemin apparaîtra dur et âpre ; mais dans ces moments-là, demeure la joie de savoir que nous allons vers la cime où le Christ nous attend.
III. On peut faire confiance à ces panneaux de signalisation ! Ce ne sont pas des restrictions imposées à l’homme : ce sont des points de lumière qui illuminent le chemin, pour que nous puissions le voir et le parcourir avec confiance. Celui qui essaye de répondre sincèrement aux grâces de Dieu, fait l’expérience de ce qu’en suivant Jésus il trouve la liberté. Lorsqu’on écoute sa voix, on voit, enfin, clairement le sentier : « alors les commandements ne se ressentent plus comme une imposition qui vient de l’extérieur, mais comme une exigence qui naît de l’intérieur, et à laquelle, par conséquent, la personne se soumet de bon gré, librement, parce qu’elle sait que, de cette façon, elle peut se réaliser en plénitude[08] ».
« L’homme, enseigne le Pape Jean-Paul II, ne peut pas être authentiquement libre ni promouvoir la vraie liberté s’il ne reconnaît pas et ne vit pas la transcendance de son être par-dessus le monde et sa relation avec Dieu, car la liberté est toujours celle de l’homme créé à l’image de son Créateur (...). Le Christ, Rédempteur de l’homme, rend libres. Si le Fils vous délivre, vous serez véritablement libres, dit l’Apôtre Jean (8, 36). Et saint Paul ajoute : Là où est l’esprit du Seigneur, là est la liberté (2 Cor 3, 17). Être libéré de l’injustice, de la crainte, de la souffrance, ne servirait pas à grand chose si l’on restait esclave au fond du cœur, esclave du péché. Pour être vraiment libre, l’homme doit être libéré de cet esclavage, transformé en une nouvelle créature. La liberté de l’homme se situe, donc, au niveau le plus profond : celui de l’ouverture à Dieu par la conversion du cœur, puisque c’est dans le cœur de l’homme que se situent les racines de tout assujettissement, de toute violation de la liberté.[09] »
Chaque fois que nous suivons le Christ, nous faisons l’expérience avec plus de force que le choix nous apporte plus de joie et plus de liberté. Regardons autour de nous ceux qui un jour tournèrent le dos à Dieu ou ne voulurent pas le connaître : ne vivent-ils pas un certain degré d’esclavage ? « Esclavage ou filiation divine : voilà le dilemme de notre vie. Ou fils de Dieu ou esclaves de la vanité, de la sensualité, de cet égoïsme angoissant dans lequel tant d’âmes paraissent se débattre.
« L’Amour de Dieu marque le chemin de la vérité, de la justice, du bien. Lorsque nous nous décidons à répondre au Seigneur : ma liberté est à Toi, nous sommes du même coup libérés de toutes les chaînes qui nous liaient à des futilités, à des préoccupations ridicules, à des ambitions mesquines.[10] » En choisissant le Christ comme but de notre vie nous avons tout gagné. Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de vie éternelle. Réaffirmons aujourd’hui notre don au Christ, avec beaucoup d’amour et de confiance en son aide pleine de miséricorde ; et avec notre entière liberté nous Lui dirons : ma liberté est à Toi. Nous imiterons ainsi celle qui sut dire : Voici la Servante du Seigneur, qu’il soit fait en moi selon ta parole.
[01]. Jos 24, 1-2 ; 15-17 ; 18.
[02]. Jn 6, 61-70.
[03]. Saint Josémaria Escriva, Amis de Dieu, 24.
[04]. Idem, 26.
[05]. Jean-Paul II, Allocution, 6 juin 1988.
[06]. Cf. C. Burke, Conscience et liberté, pp. 91-92.
[07]. Idem, pp. 66-67.
[08]. Jean-Paul II, loc. cit.
[09]. Idem, Message pour la Journée de la Paix, 8 décembre 1980, 11.
[10]. Saint Josémaria Escriva, o. c., 38.