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21e SEMAINE. MARDI

23. EN PREMIER LIEU, ÊTRE JUSTE

— La vertu de la justice et la dignité humaine.

— La justice sociale transcende ce qui est strictement stipulé.

— L’économie, qui a ses propres lois, est-elle ordonnée au bien des personnes ?

I. Dans la Loi de Moïse il était prévu que chacun paie la dîme[01] : on devait donner le dixième du produit des champs, tels les céréales, le vin et l’huile, pour l’entretien du Temple. Les pharisiens payaient, en plus, la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, plantes aromatiques cultivées dans les jardins des maisons et qui servaient à assaisonner les repas. Cette générosité envers Dieu était équivoque, car du coup, les pharisiens s’abstenaient d’accomplir les commandements concernant le prochain. C’est pourquoi, devant leur hypocrisie, le Seigneur leur dira : Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qu’il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste[02].

Le Seigneur n’est pas contre le paiement de la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, qui pourrait être une vraie manifestation d’amour : comme d’offrir des fleurs à une personne aimée, ou au Seigneur dans le Tabernacle ; ce que Jésus-Christ rejette, c’est l’hypocrisie que ce faux zèle cache, car avec cela ils se justifiaient pour ne pas accomplir d’autres devoirs essentiels : la justice, la miséricorde et la fidélité. Essayons de ne pas tomber dans une hypocrisie semblable : nos offrandes sont agréables à Dieu pourvu que nous accomplissions aussi celles dictées par la justice, vertu qui donne à chacun ce qui est à lui et qui se perfectionne par la miséricorde et la charité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste.

La vertu de la justice est fondée sur l'immuable dignité de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu, destinée au bonheur éternel. Si nous considérons le respect que mérite tout homme « à la lumière des vérités révélées par Dieu, nous devons estimer nécessairement beaucoup plus cette dignité, puisque les hommes ont été rachetés par le sang de Jésus-Christ, rendus enfants et amis de Dieu par la grâce surnaturelle et constitués héritiers de la gloire éternelle[03] ».

Le respect des droits des personnes commence par une ordonnance juste des lois civiles, à laquelle nous devons contribuer en tant que citoyens exemplaires, de toutes nos forces, en commençant par les lois qui défendent le droit à la vie, le premier des droits, dès la conception. Mais cela ne suffit pas. Chaque jour se présentent des occasions d’être justes envers nos semblables : par exemple lorsque nous portons des jugements sur les autres (avec quelle facilité nous manquons à la justice la plus élémentaire avec des jugements téméraires) ; par nos paroles, évitons non seulement la calomnie (la fausse accusation), mais aussi la diffamation, le bavardage qui propage les défauts du prochain, pour le diminuer aux yeux des autres ; par nos actions, en donnant à chacun ce qui lui revient…

Comment nos actions pourraient-elles être agréables à Dieu si nous n’estimions pas avec grande attention, en pensée, en paroles et en actions, nos frères, pour qui Jésus donna sa vie ?

II. Être juste envers le prochain c’est beaucoup plus que le simple fait de ne pas lui nuire ; et il ne suffit pas non plus de se lamenter de situations injustes ; plaintes et lamentations seraient stériles si elles ne se traduisaient pas en plus de prière et d’actions pour remédier à ces situations. Comment vivons-nous la justice dans les circonstances normales de la vie : dans la famille, dans le travail professionnel, dans les relations sociales… ? Être juste avec ceux que nous côtoyons habituellement signifie, entre autres devoirs, respecter leur réputation et leur droit à l’intimité ou à une rétribution suffisante. Ces exigences ne se limitent pas uniquement à l’ordre économique, comme les salaires et les honoraires ; la vie et la morale chrétiennes ont des exigences plus grandes. Le respect de la vie, de la fidélité, de la vérité, la responsabilité, l’application au travail et l’honnêteté, le refus de toute fraude, le sens social et même la générosité sont toujours un devoir pour le chrétien dans l’exercice de ses activités professionnelles.

La calomnie et la médisance sont aussi de véritables injustices, car « parmi les biens temporels la bonne réputation semble le plus précieux, et par sa perte l’homme se voit privé de faire beaucoup de bien[04] ». L’Apôtre saint Jacques dit de la langue qu’elle est un monde entier de méchanceté[05] : elle peut servir à louer Dieu, à parler avec Lui, à communiquer…, ou bien elle peut faire beaucoup de mal…

Il arrive de manquer en paroles à la justice. C’est pourquoi le Seigneur demande particulièrement au chrétien, de savoir la défendre, de ne pas se laisser guider par des rumeurs, par des jugements précipités d’autres personnes, de certains moyens de communication sociale…, de ne pas émettre de jugements négatifs sur les personnes ou les institutions, de ne pas être des inquisiteurs dans la vie d’autrui. Prenons les moyens d’être bien informés, et, si nous sommes appelés à juger d’une situation, écoutons les deux parties, en nuançant les propos et sans oublier que seul Dieu connaît l’intention profonde des personnes. Ceux qui travaillent dans les moyens de communication sociale ou qui y ont accès ont une responsabilité toute particulière, à cause du grand bien ou du grand mal qu’ils peuvent faire.

Soyons justes d’abord envers ceux que le Seigneur nous a confiés, en leur consacrant du temps, en collaborant à la formation de tous, en traitant avec plus de soin celui qui est malade ou âgé ou qui a davantage besoin de nous. Seraient-ils justes le père ou la mère qui prendraient du temps pour eux et leurs distractions, et ne consacreraient pas le temps nécessaire à l’éducation de leurs enfants ou des personnes que Dieu leur a confiées ? Ou celui qui ferait passer ses goûts et ses préférences personnelles dont il pourrait se passer avec un peu de bonne volonté, avant les besoins des autres ?

Être justes c’est donner à chacun ce qui lui revient. Le chef d’entreprise, par la juste rétribution des employés, en accord avec les lois civiles et avec une conscience droite. Il arrivera qu’il faille rémunérer au-dessus du minimum exigé par la loi, car il peut y avoir des circonstances dans lesquelles, en accomplissant strictement ce qui est légal on manque à la justice : il peut y avoir des licenciements légaux mais injustes, des salaires en accord avec les lois mais qui offensent la dignité des personnes... ; « la justice ne se traduit pas uniquement par la stricte observance des droits et des devoirs, comme dans les problèmes d’arithmétique, qui se résolvent à force d’additions et de soustractions.[06] » Au chrétien, il importe surtout d’être juste envers Dieu. Cela le conduit à aller au-delà de ce qui est simplement établi par les lois, en tenant compte des circonstances personnelles et familiales de ceux qui lui sont à charge.

III. L’économie a ses propres lois et ses mécanismes, mais ces lois ne sont pas suffisantes, ni suprêmes, et ces mécanismes ne sont pas inamovibles. L’ordre économique ne doit pas se concevoir, dit le Magistère de l’Église, comme un ordre indépendant et souverain ; il doit être soumis aux principes supérieurs de la justice sociale, qui corrigent les défauts et les déficiences de l’ordre économique et tiennent compte de la dignité de la personne[07].

La justice sociale implique aussi qu’on ne laisse pas le travailleur à la merci des lois de la concurrence, comme si son travail n’était qu’une marchandise[08] ; et l’une des principales préoccupations de l’État et des chefs d’entreprise « doit être celle-ci : donner du travail à tous »[09], car le chômage est l’un des plus grands maux d’un pays et il cause d’innombrables autres maux aux personnes, aux familles et à la société elle-même.

Celui qui travaille dans l’usine, à l’Université, dans une entreprise, vivra la justice en accomplissant avec soin sa tâche, avec compétence, en profitant bien de son temps, en prenant soin des instruments de travail qui sont propriété de l’usine, de la bibliothèque, de l’hôpital, de l’atelier, de l’employeur familial … Les étudiants seraient-ils justes envers la société et la famille s’ils ne profitaient pas bien du temps consacré à l’étude ? Les résultats universitaires obtenus peuvent être, eux aussi, matière d’un bon examen de conscience ! Si les études ont été faites à la va-vite, cela se ressent plus tard dans la vie professionnelle : manque d’efficacité mais aussi de justice vis-à-vis de l’entreprise dans laquelle on travaille. Voilà des points à examiner fréquemment, pour vivre justement, devant Dieu et devant les hommes, les devoirs envers le prochain : la justice, la miséricorde et la fidélité.

Demandons à la Très Sainte Vierge cette droiture de conscience qui contribue tellement à faire de la société dans laquelle nous vivons un lieu de vie digne d’enfants de Dieu.

[01]. Lev 27, 30-33; Dt 14, 22 et s.
[02]. Mt 23, 23.
[03]. Jean XXIII, Enc.
Pacem in terris, 11 avril 1963, 10.
[04]. Saint Thomas,
Summa Theologiæ, II-II, q. 73, a. 2.
[05]. Jac 3, 6.
[06]. Saint Josémaria Escriva,
Amis de Dieu, 168.
[07]. Cf. Pie XI, Enc.
Quadragesimo anno, 15 juin 1931, 37.
[08]. Jean-Paul II, Enc.
Sollicitudo rei socialis, 30 décembre 1987, 34.
[09].
Alloc. au stade de Morumbi, 3 juillet 1980.



21e SEMAINE. MERCREDI

24. AIMER LE TRAVAIL

— L’exemple de saint Paul.

— La qualité humaine du travail.

— Aimer ses responsabilités professionnelles.

I. Le travail est un don de Dieu, un bien pour l’homme, même s’il comporte « le signe d’un bien arduum, selon la terminologie de saint Thomas (...). Il est non seulement un bien utile ou fait pour en jouir, mais aussi un bien digne, c’est-à-dire qui correspond à la dignité de l’homme, un bien qui exprime cette dignité et l’augmente [01] ». Une vie sans travail se corrompt ; dans le travail l’homme « devient plus homme [02] », plus digne et plus noble, s’il le mène à bien comme Dieu le désire.

Le travail est une conséquence de l’ordre de dominer la terre[03] donné par Dieu à l’humanité. Il devint pénible à cause du péché originel[04], mais il constitue le « gond sur lequel repose notre sainteté et le moyen surnaturel et humain apte pour que nous portions avec nous le Christ et que nous fassions le bien [05] ». Il est comme la colonne vertébrale de l’homme, sur laquelle tient sa vie entière, et le moyen à travers lequel nous devons atteindre notre propre sainteté et celle des autres. Si le travail ordinaire, l’occupation professionnelle, est décentré, cela peut se répercuter dans toute la vie de l’homme ; et dans ses relations avec Dieu. Nous le savons bien : la paresse, le travail mal fait, bâclé, les tâches à moitié terminées sont de véritables maux. « Le fer qui gît oisif, consumé par la rouille, devient inutile ; si on l’emploie dans le travail, il est beaucoup plus utile et beau et c’est à peine s’il y a une différence entre son éclat et celui de l’argent lui-même. La terre qu’on laisse en friche ne produit rien de bon, mais bien des mauvaises herbes, des chardons et des épines et des arbres sans fruits ; celle que l’on cultive est couronnée par de doux fruits. Pour le dire d’un mot, tout être est corrompu par l’oisiveté et il s’améliore par l’opération qui lui est propre[06] » ; l’homme, donc, par son travail.

Saint Paul, comme nous le lisons dans la première lecture de la Messe[07], rappelle aux premiers chrétiens de Thessalonique sa façon de se comporter avec eux, lorsqu’il leur prêchait la Bonne Nouvelle : Vous vous rappelez nos peines et nos fatigues : c’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous...[08]. Et plus tard, dans la deuxième Lettre : Vous savez bien, vous, ce qu’il faut faire pour nous imiter. Nous n’avons pas vécu parmi vous dans l’oisiveté, et le pain que nous avons mangé, nous n’avons demandé à personne de nous en faire cadeau ; au contraire, dans la fatigue et la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous[09]. Le Saint-Esprit nous enseigne, par cet exemple, un principe pratique et clair : celui qui ne travaille pas, qu’il ne mange pas.

Aujourd’hui, en priant dans la paix, nous considérons ce que le Seigneur attend de nous : ce même esprit de travail intense qui fut l'idéal des premiers chrétiens. Un des écrits les plus anciens de l’histoire de l’Église nous a laissé ce témoignage admirable : « Que soit reçu quiconque vient à vous au nom du Seigneur ; ensuite, en l’examinant, vous le connaîtrez (...). Si celui qui arrive vient en passant, il ne restera pas plus de deux jours parmi vous ou, s’il le faut, trois. Mais s’il veut s’établir parmi vous, avec un métier, qu’il travaille et s’alimente ainsi. S’il n’a pas de métier, agissez selon votre prudence, de façon qu’il ne vive parmi vous aucun chrétien oisif. S’il ne veut pas le faire ainsi, c’est un trafiquant du Christ ; soyez sur vos gardes contre de telles personnes.[10] »

II. Le Seigneur a donné, pendant ses années passées à Nazareth, un exemple admirable de l’importance du travail et de la perfection humaine et surnaturelle avec laquelle nous avons à réaliser notre tâche professionnelle. « En grandissant et en vivant comme l’un d’entre nous, Jésus nous révèle que l’existence humaine, nos occupations courantes et ordinaires, ont un sens divin. Même si nous avons largement médité ces vérités, nous devons toujours admirer ces trente années de vie obscure qui constituent la plus grande partie de la vie de Jésus parmi ses frères les hommes. Années obscures, mais, pour nous, claires comme la lumière du soleil.[11] » Sa façon même de parler, les paraboles et les images qu’Il utilisera ensuite dans sa prédication révèlent un homme qui a connu de près le travail ; Il parle toujours à celui qui « se donne de la peine, qui mène une vie ordinaire et normale, et qui a les problèmes quotidiens de tout le monde. Voilà quelle est l’atmosphère de la prédication du Christ ; ses enseignements sont restés tout à fait proches de cette vie. Il n’était pas le philosophe, ni le visionnaire, mais l’artisan. Quelqu’un qui travaille, comme tout le monde »[12].

Saint Joseph, notre Père et Seigneur, mène lui aussi une existence pleine de travail, une vie courante comme la nôtre, quelqu’un à qui nous pouvons de nos jours confier nos tâches professionnelles. Il initia Jésus à son métier et le lui enseigna jusqu’à ce qu’il acquière la maîtrise d’un vrai professionnel dans le maniement de la scie, du vilebrequin, de la varlope et du rabot.

Pendant sa vie publique, le Maître appela à sa suite des personnes très habituées au travail. Saint Pierre, pécheur de profession, redeviendra pêcheur à la première occasion[13] ; saint Matthieu reçut l’appel du Seigneur en plein exercice de sa profession de percepteur d’impôts, de même que tous les autres Apôtres.

Lorsque saint Paul se retira d’Athènes et vint à Corinthe, il trouva dans cette ville un juif appelé Aquila, originaire du Pont, et son épouse Priscille. Il les rejoignit. Et comme ils avaient le même métier, il logea chez eux et travaillait en compagnie d’Aquila, car ils étaient tous deux fabricants de tentes[14]. Pendant ce séjour d’un an et demi à Corinthe, saint Paul écrit ces exhortations exigeantes aux chrétiens de Thessalonique dont nous avons déjà parlé, convaincu que beaucoup de maux qui commençaient à apparaître dans cette communauté chrétienne étaient dûs au fait que certains se consacraient davantage à parler et à courir de maison en maison qu’à s’occuper de leur propre travail.

Examinons donc régulièrement la qualité de notre travail : est-ce que nous le commençons et le terminons à l’heure prévue, même si certains de nos camarades font autrement ? Travaillons-nous avec ordre, sans laisser pour la fin, sans raison, ce qui coûte le plus, ou ce qui est le moins agréable ? Travaillons-nous avec intensité, en profitant à fond des heures disponibles, en évitant des conversations ou des coups de téléphone inutiles ou pas très nécessaires ? Avons-nous le désir de nous améliorer dans ce travail par l’étude, nous mettant à jour dans les nouvelles questions qui surgissent dans toute profession ? Nous surpassons-nous pour ce que nous aimons, mais avec énergie et droiture d’intention, sans que ce soit au détriment du temps réservé à la famille, aux frères, à l’apostolat, à la formation ? Prenons-nous soin des instruments que nous utilisons, qu’ils soient à nous ou à l’entreprise ? Contemplons Jésus dans son atelier de Nazareth, demandons au Seigneur d’y entrer avec les yeux de la foi, et nous verrons alors si notre travail a la qualité et la profondeur qu’il demande à celui qui le suit.

III. Aimons notre tâche comme Dieu notre Père le veut. Le travail ordinaire développe la personnalité, gagne le nécessaire pour les besoins de sa famille et des siens, pour aider des œuvres d’apostolat et de formation… Si nous l’aimons il sera aussi l’objet de la prière, car c’est aussi l’une des plus hautes valeurs humaines, un moyen de contribuer au progrès de la société et, surtout, un chemin de sainteté. Apportons chaque jour au Seigneur les fruits de notre travail : l’étudiant, ses heures d’étude intenses ; la mère de famille, sa sollicitude sans repos pour ses enfants, son mari, les mille détails qui font de sa maison un vrai foyer ; le médecin, sa compétence professionnelle et des rapports aimables avec ses patients ; l’infirmière, les heures de service continuel, parfois difficiles, s’occupant de chaque malade comme s’il était le Christ lui-même... Rendons grâce à Dieu par notre travail et demandons-Lui de l’aide pour qu’Il lui rende gloire.

Les chrétiens courants, les laïcs, ne se sanctifient pas malgré le travail, mais à travers le travail ; ils rencontrent le Seigneur dans les divers incidents qui arrivent, les uns agréables et les autres moins, et ils y trouvent le champ dans lequel ils exercent les vertus humaines et les surnaturelles.

L’amour de la profession mènera à rester, peut-être de longues années ou toute la vie, dans la même tâche. Cela n’empêche pas la saine ambition d’essayer de monter dans l’échelle sociale et d’obtenir une situation ou un poste de travail plus avantageux. Mais ce désir légitime, propre à la vraie mentalité professionnelle, ne doit pas être une obsession, comme si le succès professionnel et gagner de l’argent étaient les seuls mobiles ou les mobiles prédominants. La mesure du travail n’est pas seulement l’argent qu’il rapporte. La profession est le lieu où se développe et se perfectionne la personnalité, elle est une façon de servir, le moyen de collaborer au progrès social et le lieu où nous rencontrons Dieu[15]. Jugeons-nous notre travail professionnel à l’aune de tous ces éléments ?

Saint Paul, comme beaucoup d’autres, consacrait énormément de temps à travailler pour gagner son pain. Or, dans son travail professionnel il continuait d’être l’Apôtre des gentils, l’élu de Dieu, et il utilisait sa profession pour rapprocher d’autres personnes du Christ. Faisons de même, quel que soit notre métier et notre place dans la société. Et s’il nous arrive d’être handicapés, infirmes ou malades, que ces circonstances soient elles-mêmes une lumière, peut-être même plus éclatante, pour que beaucoup d’autres voient le chemin qui conduit à Dieu et se sentent encouragés à le suivre.

[01]. Jean-Paul II, Enc. Laborem exercens, 14 septembre 1981, I, 9.
[02].
Idem.
[03]. Cf. Gn 1, 28.
[04]. Cf. Gn 3, 17.
[05]. Saint Josémaria Escriva,
Lettre, 14 février 1950.
[06]. Saint Jean Chrysostome,
Homélie sur Priscille et Aquila.
[07].
Première lecture. Années impaires 1 Th 2, 9-13; Années paires 2 Th 3, 6-10, 16-18.
[08]. 1 Th 2, 9.
[09]. 2 Th 3, 7-8.
[10].
Didaché ou Doctrine des Douze Apôtres, dans Pères Apostoliques grecs, 12, 2-4.
[11]. Saint Josémaria Escriva,
Quand le Christ passe, 14.
[12]. R. Gomez ,
La foi et les jours.
[13]. Cf. Jn 21, 3.
[14]. Cf. Ac 18, 1-3.
[15]. Cf. Concile Vatican II, Const.
Gaudium et spes, 34.


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