26e SEMAINE. VENDREDI
71. SCULPTER UNE ÂME
— Les villes qui ne voulurent pas se convertir.
— Les bienfaits de la pénitence. Les mortifications passives.
— Mortifications volontaires et parfait accomplissement du devoir.
I. Jésus était souvent passé dans les rues et les places des villes qui entourent le lac de Génésareth, et les miracles et les bénédictions qu’Il répandit sur leurs habitants furent innombrables ; et cependant ceux-ci ne se convertirent pas, ils ne surent pas accueillir le Messie qu’ils avaient entendu à la synagogue. Le Seigneur s’en plaint et en ressent beaucoup de peine : Malheureuse es-tu, Corozaïn ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil, et se seraient assis dans la cendre en signe de pénitence… Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au Ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ![01] Jésus avait semé à pleines mains et Il ne put rien recueillir dans ces villes. Ces signes s’étaient multipliés, mais leurs habitants ne firent pas pénitence ; sans cette conversion du cœur, accompagnée de mortification, la foi risque fort de s’obscurcir et on ne sait pas découvrir le Christ qui nous rend visite. Tyr et Sidon avaient moins de responsabilité parce qu’elles reçurent moins de grâces.
C’est pourquoi, comme le dit l’Esprit Saint, aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs…[02]. Dieu parle aux hommes de tous les temps. Le Christ continue de passer dans nos villes et nos villages, et de répandre ses bénédictions sur nous. Savoir L’écouter et accomplir Sa volonté aujourd’hui et maintenant est d’une importance capitale pour notre vie. Rien n’est aussi important que d’écouter avec promptitude et docilité ces appels que le Christ fait au cœur de chacun, car « la bonté de Dieu n’est pas coupable de ce que la foi ne naisse pas chez tous les hommes, mais la coupable c’est la disposition insuffisante de ceux qui reçoivent la prédication de la parole [03] ». Cette résistance à la grâce est fréquemment appelée dans la Sainte Écriture dureté du cœur[04]. L’homme allègue parfois des difficultés intellectuelles ou théoriques à se convertir ou faire un pas en avant dans sa foi, mais il peut aussi s’agir de mauvaises dispositions dans la volonté, qui refuse d’abandonner une mauvaise habitude ou de lutter contre un défaut qui l’empêche de mieux répondre à ce que le Seigneur, qui passe à ses côtés, lui demande.
C’est pourquoi la mortification prépare l’âme à écouter le Seigneur et dispose la volonté à Le suivre : « si nous voulons aller à Dieu il faut mortifier l’âme avec toutes ses facultés [05] », afin que le cœur devienne de la bonne terre qui attend la semence pour donner du fruit. Comme le fait le laboureur, nous devons enlever et brûler l’ivraie, les mauvaises herbes qui tendent continuellement à croître dans l’âme : la paresse, l’égoïsme, l’envie, la curiosité… C’est pourquoi l’Église invite toujours, mais le rappelle d’une façon particulière le vendredi, à faire un examen de conscience pour voir comment va l’esprit de pénitence et de mortification, et elle incite à être plus généreux, en imitant le Christ sur la Croix, qui s’est offert pour tous les hommes. La joie qui est si nécessaire est en étroite relation avec la mortification.
II. Qui a pris la ferme résolution de mener une vie chrétienne dans son intégrité, a besoin de cet exercice, de mourir au vieil homme avec ses œuvres[06] qui reste en chacun de nous, c’est-à-dire « l’ensemble de mauvaises inclinations que nous avons héritées d’Adam, la triple concupiscence que nous devons réprimer et réfréner par l’exercice de la mortification [07] ». La mortification n’est pas une choses négative, au contraire ! Elle rajeunit l’âme, elle la dispose à comprendre et à recevoir les biens divins, et sert à réparer pour les péchés passés. C’est pourquoi nous demandons au Seigneur emendationem vitæ, spatium veræ pænitentiæ : un temps pour faire pénitence et corriger notre vie[08]. A travers la Communion des saints, nous aidons et nous donnons vie à d’autres membres de ce Corps Mystique qu’est l’Église.
On peut distinguer principalement trois domaines pour la mortification quotidienne au milieu de ses occupations. En premier lieu, ce sera l’acceptation sereine des contretemps qui arrivent chaque jour, ces incidents, souvent minimes, qui contrarient, qui ne sont pas comme nous le désirerions, qui arrivent d’une façon inattendue ou contraire à ce que nous avions prévu et qui nous obligent à changer de plans : une indisposition passagère qui diminue notre capacité de travail ou notre disponibilité à la vie de famille, les oublis, le mauvais temps qui rend difficile un voyage, un embouteillage…, le caractère difficile d’une personne avec laquelle nous devons réaliser un travail en commun… Ces grains de sable ne dépendent pas de nous, mais nous pouvons les recevoir comme une opportunité pour aimer Dieu, les accueillir en paix, sans perdre la joie. Ce sont des riens, « mais qui s’ils ne s’assimilent pas par Amour vont engendrer en l’homme une espèce de nervosité, un état d’âme désagréable et triste.
« La plus grande partie de nos colères ne proviennent pas de grands contretemps, mais de petites difficultés mal assimilées. L’homme qui, le soir, est préoccupé, triste, de mauvaise humeur, qui laisse affleurer son mauvais caractère, ce n’est pas, d’ordinaire, parce qu’il lui est arrivé de graves revers, mais parce qu’il a accumulé une série de tout petits contretemps qu’il n’a pas su intégrer à une vie d’amour, à une vie d’approche de Dieu.[09] » Il a l’occasion de croître en vertu. Lorsque l’on reçoit ces petites contrariétés comme une opportunité de s’approcher du Seigneur, comme une occasion de bien, l’âme se prédispose à accepter des situations plus difficiles qu’elle rencontrera, comme voulues, ou au moins permises, par le Seigneur pour l’unir plus intimement à Lui.
Lorsque Dieu vient au monde « pour guérir et pour remédier à toutes nos rébellions et nos misères spirituelles à la racine, Il détruit beaucoup de choses qui ne servent à rien, mais Il garde la douleur. Il ne la supprime pas. Il lui donne un sens nouveau. Il aurait pu choisir mille sentiers différents pour atteindre la Rédemption du genre humain, et c’est pour cela qu’Il est venu au monde. Mais de fait, Il a choisi un chemin inattendu : celui de la Croix. Et c’est par ce sentier qu’il conduit sa propre Mère, Marie, et Joseph, et les Apôtres, et tous les enfants de Dieu.
« Le Seigneur, qui permet le mal, sait en tirer un bien au bénéfice des âmes.[10] » Savons-nous transformer la douleur en un motif d’amour, de croissance intérieure ?
III. Un autre domaine de la mortification quotidienne réside dans l’accomplissement du devoir, grâce auquel nous pouvons nous sanctifier. C’est là que nous trouvons chaque jour la volonté de Dieu pour nous ; mais le faire avec perfection, avec amour, demande du sacrifice. C’est pourquoi la mortification la plus agréable au Seigneur « se trouve dans l’ordre, dans la ponctualité, dans le soin des détails, du travail que nous réalisons ; dans l’accomplissement fidèle du plus petit devoir d’état, même lorsque cela coûte du sacrifice ; dans le fait de faire ce que nous avons l’obligation de faire, en gagnant sur la tendance à la commodité. Nous ne persévérons pas dans le travail parce que nous en avons envie, mais parce qu’il faut le faire ; et c’est alors que nous le faisons avec envie et joie.[11] » La mère de famille trouvera mille raisons quotidiennes de mortification dans son effort pour donner à la maison un ton aimable et accueillant, le travailleur, l’étudiant pourront offrir l’effort d’être à jour et d’être compétents. La fatigue, conséquence d’avoir bien travaillé, absorbé par ses occupations, se transforme alors elle-même en une agréable offrande au Seigneur et elle sanctifiera aussi. Demandons-nous : nous arrive-t-il de nous plaindre de ce travail, qui précisément nous approche de Dieu ?
Le troisième domaine de la mortification concerne celles que nous cherchons volontairement avec le désir de plaire au Seigneur et de mieux nous disposer pour la prière, pour vaincre les tentations, pour aider nos amis à s’approcher du Seigneur. Et parmi elles, surtout celles qui aident les autres sur leur chemin quotidien ! « Exerce ton esprit à la mortification dans de petits riens qui touchent à la charité. Aie pour tous le souci de rendre aimable le chemin de la sainteté au milieu du monde : un sourire, parfois, sera la meilleure expression de ton esprit de pénitence.[12] » Vaincre, avec l’aide de notre ange gardien, les états d’âme, la fatigue… sera agréable au Seigneur et une aide précieuse à ceux qui sont avec nous. « L’esprit de pénitence consiste principalement à mettre à profit ces nombreuses petites choses, actions, renoncements, sacrifices, services, que nous rencontrons chaque jour sur notre chemin. Et comment ? En faisant des actes d’amour et de contrition, ou des mortifications ; de quoi faire en fin de journée un bouquet, une très belle gerbe pour l’offrir à Dieu ![13] »
[01]. Lc 10, 13-15.
[02]. Heb 3, 7-8.
[03]. Saint Grégoire de Naziance, Oratio catechetica magna, 31.
[04]. Ex 4, 21; Rom 9, 18.
[05]. Saint Curé d’Ars, Sermon pour le mercredi des cendres.
[06]. Col 3, 9.
[07]. A. Tanquerey, Abrégé de Théologie ascétique et mystique, n. 323.
[08]. Cf. Missel Romain, Formula intentionis Misæ.
[09]. A. G. Dorronsoro, Temps pour croire.
[10]. J. Urteaga, Les défauts des saints, p. 222-223.
[11]. Saint Josémaria Escriva, Lettre, 15 octobre 1948.
[12]. Idem, Forge, n. 149.
[13]. Idem, n. 408.
26e SEMAINE. SAMEDI
72. LES SOURCES DE LA JOIE
— Ouverts à la joie.
— L’essence de la joie. Où la trouver.
— Sainte Marie, Cause de notre joie.
I. L’Évangile de la Messe[01] souligne aujourd’hui la joie des soixante-douze disciples lorsqu’ils reviennent de prêcher de toutes parts l’arrivée du Royaume de Dieu. En toute simplicité ils disent à Jésus : même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom ! Le Maître participe aussi de cette joie : Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Ensuite, Il les avertit : Vous, Je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, les prévient-Il, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux.
Jésus a dû prononcer sans doute ces mots rempli d’une joie rayonnante, communicative. Et juste après Il élève un chant de jubilation et d’action de grâces : A ce moment, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et Il dit : Père, Seigneur du ciel et de la terre, Je proclame ta louange : ce que Tu as caché aux sages et aux savants, Tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, Tu l’as voulu ainsi dans ta bonté.
Les disciples se souviendront toujours de ce moment et des circonstances qui l’ont entouré : leurs confidences au Maître, et leurs premières expériences apostoliques, leur bonheur lorsqu’ils se sentaient instruments du Sauveur, le visage resplendissant de Jésus, son chant de joie et d’action de grâces à son Père céleste… et ces mots inoubliables : réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux ! L’espérance de la béatitude, le fait de rester toujours près de Dieu, est la source inépuisable de la joie. En entrant dans la gloire éternelle, si nous sommes fidèles, nous écouterons des lèvres de Jésus ces paroles ineffables : entre dans la joie de ton Seigneur[02].
Sur terre, chaque pas que l’on fait vers le Christ approche du vrai bonheur. Peut-il y avoir un bonheur stable hors de Dieu ? La joie du chrétien reconnaît cependant toutes les joies naturelles, simples, que le Seigneur met sur son chemin : « la joie de l’existence et de la vie ; la joie de l’amour honnête et sanctifié ; la joie tranquillisante de la nature et du silence ; la joie parfois austère du travail fait avec soin ; la joie et la satisfaction du devoir accompli ; la joie transparente de la pureté, du service, de savoir partager ; la joie exigeante du sacrifice. Le chrétien pourra les purifier, les compléter, les sublimer : il ne peut pas les mépriser. La joie chrétienne suppose un homme capable de joies naturelles.[03] » Souvent d’ailleurs le Seigneur s’est servi de ces joies de la vie courante pour annoncer les merveilles du Royaume : la joie du semeur et du moissonneur, celle de l’homme qui découvre le trésor caché, celle du berger qui retrouve une brebis perdue, celle des invités à un banquet, celle, si profonde, du père qui retrouve son fils perdu ; celle d’une femme qui vient de mettre au monde un enfant…
Un disciple du Christ n’est pas un homme « désincarné », éloigné de ce qui est humain, de même que le Maître ne le fut pas. Nos amis et ceux qui vivent avec nous, devraient remarquer que nous sommes de plus en plus ouverts, et capables de prendre en compte ces petites joies nobles et limpides que Dieu met sur notre chemin pour le rendre plus doux. Cette disposition d’esprit stable supposera parfois un peu de sacrifice et de mortification pour vaincre d’autres états d’âme ou tout simplement la fatigue.
II. La joie est l’amour dont on jouit ; c’est son premier fruit[04]. Plus l’amour est grand, plus grande est la joie. Dieu est amour[05], écrit saint Jean ; un Amour sans mesure, un Amour éternel qui se donne à nous. Et la sainteté consiste à aimer, à répondre à ce don de soi de Dieu à l’âme. C’est pourquoi le disciple du Christ est un homme ou une femme, dans la joie, même au milieu des contrariétés. En lui s’accomplissent ces paroles du Maître : Et cette joie que vous aurez, nul ne pourra vous la ravir[06]. L’on a écrit à juste titre qu’« un saint triste est un triste saint ». C’est peut-être la joie qui distingue les vraies vertus des fausses, celles qui n’ont que l’aspect ou l’apparence de la vertu.
Lorsque, dans le premier Commandement, le Seigneur nous demande de L’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre être…, ne nous appelle-t-Il pas à la joie et au bonheur ? Puisque c’est Lui-même qui se donne à nous : Celui qui m’aime mettra en pratique ce que Je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure[07]. En même temps, sans la joie de ce Commandement, tous les autres commandements seraient difficiles ou impossibles à accomplir[08].
Dans le domaine des réalités courantes, le Seigneur nous demandera un petit effort pour éviter un geste sévère, une parole désagréable lorsque nous sommes fatigués ou que nous avons moins de force pour sourire. De toutes façons, « la joie humaine ne peut s’imposer. La joie est le fruit de l’amour, et ce n’est pas à tout le monde que l’on octroie un amour humain capable de maintenir une joie permanente. Et non seulement cela : par nature, l’amour humain est plus fréquemment source de tristesse que de joie (…). Mais pour un chrétien, il n’en est pas ainsi. Un chrétien qui n’aimerait pas Dieu serait difficilement excusable ; et un chrétien à qui l’amour de Dieu ne donnerait pas la joie, n’a pas bien compris ce que l’amour lui donne. Pour lui, la joie est une chose naturelle parce qu’elle est la propriété essentielle de la plus importante vertu du christianisme, l’amour. Entre la vie chrétienne et la joie il y a une relation d’essence nécessaire.[09] » Comme il existe aussi une relation identique entre la tristesse et la tiédeur, entre la tristesse et l’égoïsme, entre la tristesse et la solitude.
La joie augmente, ou on la récupère si elle avait été perdue, avec une prière vraie, face à face avec Jésus, « sans anonymat » ; avec la sincérité, le don de soi aux autres, sans attendre de récompense ; et grâce à la Confession fréquente, qui « continue d’être une source privilégiée de sainteté et de paix[10] ». En résumé, « la condition de la joie authentique est toujours la même : que nous voulions vivre pour Dieu et, par Dieu, pour les autres. Disons au Seigneur que oui, que nous voulons, que nous ne désirons rien d’autre que de servir avec joie. Si vous essayez de vous comporter ainsi, votre paix intérieure et votre sourire, votre attitude et votre bonne humeur, seront une lumière puissante dont Dieu se servira pour attirer beaucoup d’âmes vers Lui. Rendez témoignage de la joie chrétienne, faites découvrir à tous ceux qui vous entourent votre secret : vous êtes joyeux parce que vous êtes enfants de Dieu, parce que vous Le fréquentez, parce que vous luttez pour être meilleurs et pour aider les autres et parce que lorsque se brise la joie de votre âme vous avez recours avec promptitude au Sacrement de la joie, dans lequel vous récupérez le sens de votre fraternité avec tous les hommes.[11] »
III. Depuis vingt siècles la source de la joie n’a pas cessé de jaillir dans l’Église. Elle arriva avec Jésus et Il la laissa à son Corps Mystique. Pendant tout ce temps, les créatures les plus joyeuses ont été celles qui ont été le plus près de Jésus : il n’y aura sans doute jamais quelqu’un de plus joyeux que Marie, la Mère de Jésus, et notre Mère. Si Elle est la pleine de grâce[12], pleine de Dieu, Elle est aussi celle qui possède la plénitude de la joie. Se trouver près de la Vierge, c’est vivre heureux, puisque sa grâce déborde, et qu’Elle la porte de toutes parts. « Que peuvent donc avoir la voix et les paroles de Marie pour produire un bonheur toujours nouveau ? Elles sont comme une musique divine qui pénètre jusqu’au plus profond de l’âme en la remplissant de paix et d’amour. Chaque fois que nous prions le Saint Rosaire nous l’appelons Cause de notre joie. Et Elle l’est parce qu’elle porte Dieu. Fille de Dieu le Père, Elle porte la tendresse infinie de Dieu le Père. Mère de Dieu le Fils, Elle porte l’Amour jusqu’à la mort de Dieu le Fils. Épouse de Dieu le Saint-Esprit, Elle porte le feu et la joie du Saint-Esprit. A son passage l’ambiance se transforme : la tristesse se dissipe, les ténèbres cèdent le pas à la lumière, l’espérance et l’amour s’enflamment… Ce n’est pas la même chose d’être avec la Vierge que sans Elle ! Ce n’est pas la même chose, non, de prier le Chapelet que de ne pas le prier… [13] » Essayons de traiter avec soin cette prière en ce mois d’octobre pendant lequel l’Église nous invite à fréquenter spécialement Notre Mère du Ciel en utilisant cette dévotion mariale. Choisissons de saintes intentions en la priant aujourd’hui samedi, jour où, comme tant de chrétiens, nous essayons de ne pas oublier la Vierge et d’offrir peut-être en son honneur une petite mortification. Demandons-Lui qu’avec notre joie nous sachions mener à Dieu nos amis, nos parents. Elle, la Cause de notre joie, nous rappellera toujours que donner la joie et la paix, le gaudium cum pace, que nous ne devons jamais perdre est une des plus grandes preuves de charité, le trésor le plus précieux que nous avons, notre première responsabilité même dans un monde si souvent triste parce qu’il cherche le bonheur là où il n’est pas.
[01]. Lc 10, 17-24.
[02]. Mt 25, 21.
[03]. Paul VI, Exhort. Apost. Gaudete in Domino, 9 mai 1975.
[04]. Saint Thomas, Summa Theologiæ, I-II, q. 24, a. 5.
[05]. 1 Jn 4, 8.
[06]. Jn 16, 22.
[07]. Jn 14, 23.
[08]. Cf. P. A. Reggio, Esprit surnaturel et bonne humeur.
[09]. Idem, p. 35-36.
[10]. Paul VI, loc. cit.
[11]. A. Del Portillo, Homélie aux participants du jubilée de la jeunesse, 12 avril 1984.
[12]. Lc 1, 28.
[13]. A. Orozco, Regarder Marie.