Première lecture
Avent/Noël/Carême : 1 Ch 17, 1-15
Temps pascal : Ap 11, 19 – 12,17
Temps ordinaire : Is 7, 10-14 ; 8, 10 ou Ga 3, 22 – 4,7
Premier Livre des Chroniques 17, 1 – 15
Alors que David résidait dans sa maison, il dit au prophète Natan : "Voici que j'habite dans une maison de cèdre, et l'arche de l'alliance du SEIGNEUR est sous des toiles de tente." Natan répondit à David : "Tout ce que tu as l'intention de faire, fais-le, car Dieu est avec toi."
Or cette nuit-là, la parole de Dieu fut adressée à Natan en ces termes : "Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le SEIGNEUR : Ce n'est pas toi qui me bâtiras la Maison pour que j'y habite. Car je n'ai pas habité dans une maison depuis le jour où j'ai fait monter Israël jusqu'à ce jour-ci, mais j'ai été de tente en tente et de demeure en demeure.
En tout lieu où je me suis rendu parmi tout Israël, ai-je dit une parole à l'un des juges d'Israël, à qui j'ai ordonné de faire paître mon peuple, pour lui dire : "Pourquoi ne m'avez-vous pas bâti une maison de cèdre ?"
Maintenant donc tu parleras ainsi à mon serviteur David : Ainsi parle le SEIGNEUR, le tout-puissant : C'est moi qui t'ai pris du pâturage, derrière le troupeau, pour être le chef sur Israël mon peuple. J'ai été avec toi partout où tu es allé, j'ai retranché tous tes ennemis devant ta face et je rendrai ton nom comme le nom des grands de la terre.
Je fixerai un lieu pour Israël mon peuple, je l'implanterai et il demeurera à sa place ; il ne tremblera plus et des criminels ne recommenceront plus à le dévorer comme jadis. Et depuis les jours où j'ai établi des juges sur Israël mon peuple, j'ai soumis tous tes ennemis et je t'ai annoncé que le SEIGNEUR te bâtirait une maison.
Lorsque tes jours seront accomplis pour aller avec tes pères, j'élèverai ta descendance après toi, ce sera l'un de tes fils et j'établirai son trône pour toujours. Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils ; je ne retirerai pas de lui ma fidélité comme je l'ai retirée de celui qui était avant toi. Je le ferai subsister à jamais dans ma Maison et dans mon royaume, et son trône sera affermi à jamais."
C'est d'après toutes ces paroles et d'après toute cette vision que Natan parla à David.
R/ Le Seigneur est avec toi,
Marie, pleine de grâce !
Ton cœur en éveil
Attendait le Messie.
Et Dieu t'a regardée,
Il a comblé ton attente.
Il vient, le jour se lève,
La terre entière exulte.
Livre de l’Apocalypse de saint Jean 11, 19 – 12,17
Et le temple de Dieu dans le ciel s'ouvrit, et l'arche de l'alliance apparut dans son temple. Alors il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre et une forte grêle. Un grand signe apparut dans le ciel : une femme, vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de 12 étoiles. Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l'enfantement. Alors un autre signe apparut dans le ciel : C'était un grand dragon rouge-feu. Il avait 7 têtes et 10 cornes et, sur ses têtes, 7 diadèmes. Sa queue, qui balayait le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le dragon se posta devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance. Elle mit au monde un fils, un enfant mâle ; c'est lui qui doit mener paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son trône. Alors la femme s'enfuit au désert, où Dieu lui a fait préparer une place, pour qu'elle y soit nourrie 1.260 jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michaël et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon lui aussi combattait avec ses anges, mais il n'eut pas le dessus : il ne se trouva plus de place pour eux dans le ciel. Il fut précipité, le grand dragon, l'antique serpent, celui qu'on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges avec lui. Et j'entendis une voix forte qui, dans le ciel, disait : Voici le temps du salut, de la puissance et du Règne de notre Dieu, et de l'autorité de son Christ ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu, jour et nuit. Mais eux, ils l'ont vaincu par le sang de l'agneau, et par la parole dont ils ont rendu témoignage : Ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort. C'est pourquoi soyez dans la joie, vous les cieux, et vous qui y avez votre demeure ! Malheur à vous, la terre et la mer, car le diable est descendu vers vous, emporté de fureur, sachant que peu de temps lui reste. Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il se lança à la poursuite de la femme qui avait mis au monde l'enfant mâle. Mais les 2 ailes du grand aigle furent données à la femme, pour qu'elle s'envole au désert, au lieu qui lui est réservé pour y être nourrie, loin du serpent, un temps, des temps et la moitié d'un temps. Alors le serpent vomit comme un fleuve d'eau derrière la femme pour la faire emporter par les flots. Mais la terre vint au secours de la femme : la terre s'ouvrit et engloutit le fleuve vomi par le dragon. Dans sa fureur contre la femme, le dragon porta le combat contre le reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus.
Livre d’Isaïe 7, 10-14 ; 8, 10 ; 11, 1-9
Le SEIGNEUR parla encore à Akhaz en ces termes : « Demande un signe pour toi au SEIGNEUR ton Dieu, demande-le au plus profond ou sur les sommets, là-haut ». Akhaz répondit : « Je n'en demanderai pas et je ne mettrai pas le SEIGNEUR à l'épreuve ».
Il dit alors : Écoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes, que vous fatiguiez aussi mon Dieu ? Aussi bien le Seigneur vous donnera-t-il lui-même un signe : Voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, car Dieu est avec nous.
Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur - et lui inspirera la crainte du Seigneur.
Il ne jugera pas d’après ce que voient ses yeux, il ne se prononcera pas d’après ce qu’entendent ses oreilles. Il jugera les faibles avec justice, il se prononcera dans l’équité envers les pauvres du pays. De sa parole, comme d’un bâton, il frappera le pays, du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses hanches et la fidélité le baudrier de ses reins.
Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits, même gîte. Le lion, comme le bœuf mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra. Sur le trou de la vipère, le jeune enfant étendra la main. Il ne se fera ni mal, ni destruction sur toute ma montagne sainte, car le pays sera rempli de la connaissance du SEIGNEUR, comme la mer que comblent les eaux..
R/ La vierge enfantera un fils,
Qu'elle appellera Emmanuel.
Ne crains pas, Marie,
Tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici, tu concevras et enfanteras un fils.
Cet enfant sera grand,
On l'appellera : Fils du Très-Haut,
Le Seigneur lui donnera le trône de David son Père.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3, 22 – 4,7
L'Écriture a tout soumis au péché dans une commune captivité, afin que, par la foi en Jésus Christ, la promesse fût accomplie pour les croyants.
Avant la venue de la foi, nous étions gardés en captivité sous la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi donc, la loi a été notre surveillant, en attendant le Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi. Mais, après la venue de la foi, nous ne sommes plus soumis à ce surveillant. Car tous, vous êtes, par la foi, fils de Dieu, en Jésus Christ. Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus ni Juif, ni Grec ; il n'y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n'y a plus l'homme et la femme ; car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus Christ. Et si vous appartenez au Christ, c'est donc que vous êtes de la descendance d'Abraham ; selon la promesse, vous êtes héritiers.
Telle est donc ma pensée : aussi longtemps que l'héritier est un enfant, il ne diffère en rien d'un esclave, lui qui est maître de tout ; mais il est soumis à des tuteurs et à des régisseurs jusqu'à la date fixée par son père. Et nous, de même, quand nous étions des enfants soumis aux éléments du monde, nous étions esclaves. Mais, quand est venu l'accomplissement du temps, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme et assujetti à la loi, pour payer la libération de ceux qui sont assujettis à la loi, pour qu'il nous soit donné d'être fils adoptifs. Fils, vous l'êtes bien : Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, qui crie : Abba – Père ! Tu n'es donc plus esclave, mais fils ; et, comme fils, tu es aussi héritier : c'est l'œuvre de Dieu.
R/ Debout, resplendis, Mère des vivants,
Exulte et chante, alléluia !
Ton heure est passée,
Oublie ta tristesse et regarde, radieuse :
Un homme est venu au monde.
Des nations viendront vers toi,
Et tu diras en ton cœur :
Qui m’a enfanté tous ceux-là ?
Encore un peu, si peu de temps,
Et tu monteras du désert,
Éclatante comme le soleil.
Homélie de saint Sophrone de Jérusalem pour l’annonciation (ou Aelred de Rievaulx, ou Vatican II)
« Bénie entre toutes les femmes »
Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. Et que peut-il y avoir de supérieur à cette joie, ô Vierge Mère ? Que peut-il y avoir au-dessus de cette grâce, que tu es la seule à avoir reçue en partage de la part de Dieu ? Que peut-on concevoir de plus joyeux et de plus lumineux ? Tout demeure loin derrière tes merveilles, tout se trouve au-dessous de ta grâce. Les privilèges les plus certains n’ont que le second rang et ne possèdent qu’un éclat bien moindre.
Le Seigneur est avec toi. Qui oserait rivaliser avec toi sur ce point ? Dieu naît de toi. Qui donc ne te céderait la place aussitôt pour te laisser avec joie la primauté et l’excellence ? Aussi, lorsque je contemple ta supériorité sur toutes les créatures, je proclame hautement tes louanges : Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. La joie qui émane de toi n’est pas seulement accordée aux hommes mais aussi à toutes les puissances d’en haut.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que tu as transformé la malédiction d’Ève en bénédiction ; parce que Adam, qui auparavant était maudit, a obtenu d’être béni à cause de toi.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que, grâce à toi, la bénédiction du Père s’est levée sur les hommes et les a délivrés de l’antique malédiction.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que, grâce à toi, tes ancêtres sont sauvés, car c’est toi qui vas engendrer le Sauveur qui leur procurera le salut.
"Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que, sans avoir reçu de semence, tu as porté ce fruit qui fait don à la terre entière de la bénédiction, et la rachète de la malédiction d’où naissent les épines.
Vraiment tu es bénie entre toutes les femmes, parce que, étant femme par nature, tu deviens effectivement Mère de Dieu. Car si celui que tu dois enfanter est en vérité Dieu incarné, tu es appelée Mère de Dieu à très juste titre, puisque c’est Dieu que tu enfantes en toute vérité.
Dieu lui-même habite charnellement dans ton sein, il en sort comme l’Époux pour apporter aux hommes la joie et la lumière divines. C’est en toi, ô Vierge, que Dieu, comme dans un ciel très pur et lumineux, a établi sa demeure ; de toi, il s’élance comme un époux quittant la chambre nuptiale ; imitant la course d’un géant, il va parcourir la carrière de sa vie, qui apportera le salut à tous les vivants et qui, s’étendant d’une extrémité du ciel à l’autre, remplira toutes choses de son ardeur divine et de sa lumière vivifiante.
La Parole et l'Esprit
Ont fécondé la Terre
Où germe la semence du Royaume ;
Dans le silence et dans la paix
Mûrit le fruit de la promesse.
R/ Bénie sois-tu, Vierge Marie !
En toi vit le Seigneur, alléluia !
L'Esprit te couvre de son ombre,
Tu accueilles en toi la rosée du ciel.
Le Verbe se fait chair ;
L'homme devient fils de Dieu.
Déjà les temps sont accomplis :
Au loin, blanchissent les moissons.
Sermon d’Aelred de Rievaulx pour la Nativité de la Vierge Marie
Marie est notre Mère
Recourons à l'Épouse du Seigneur, approchons-nous de la Mère de Jésus, confions-nous à sa
servante très fidèle. C'est tout cela qu'est la bienheureuse Vierge Marie.
Mais comment nous présenter à elle ? Quels présents lui offrir ? Si au moins nous étions capables de lui rendre l'hommage qui lui est dû en stricte justice ! Nous devons l'honorer, nous mettre à son service ; nous devons l'aimer et lui offrir nos louanges. Nous sommes tenus de lui rendre honneur, puisqu'elle est la Mère de notre Dieu et Seigneur. Ne pas entourer d'égards la Mère du Christ, c'est à coup sûr manquer aussi de respect à son fils. Et l'Écriture le dit : Honore ton père et ta mère.
Que dire encore, mes frères ? Marie n'est-elle pas notre Mère, à nous aussi ? Oui certainement, mes frères, elle est vraiment notre Mère. C'est par elle que nous sommes nés, non pas à ce monde, mais à Dieu.
Vous le savez bien, et la foi nous l'enseigne : nous avons tous passé par un état de mort, de vieillissement, de ténèbres, de malheur. Nous étions morts, puisque nous avions perdu le Seigneur ; nous étions vieillis, puisque tombés dans la corruption ; nous étions dans les ténèbres, puisque fermés à la lumière de la sagesse. Et en somme, notre perte était consommée. Mais la bienheureuse Vierge Marie nous a donné la vie, et une vie bien meilleure que celle que nous avait transmise Ève, car c'est de Marie qu'est né le Christ. Notre décrépitude est devenue jeunesse nouvelle, notre corruption a fait place à l'incorruptibilité, et au lieu des ténèbres a brillé la clarté.
Marie est notre Mère. Elle nous a donné l'immortalité, la lumière. L'Apôtre, parlant de notre Seigneur, écrit : Dieu l'a fait, en notre faveur, sagesse, justice, sanctification et rédemption. Et la Vierge, puisqu'elle est Mère du Christ, se trouve donc être la Mère de notre sagesse, de notre justice, de notre sanctification, de notre rédemption. À ce point qu'elle est plus notre Mère que celle qui nous a mis au monde selon la chair. C'est d'elle que nous tenons notre naissance meilleure, puisque de Marie sont issues notre sainteté, notre sagesse, notre justice, notre sanctification, notre rédemption.
L'Écriture nous dit : Louez le Seigneur en ses saints. Si le Seigneur mérite notre louange pour les saints auxquels il a donné de faire du bien et d'opérer des miracles, combien plus faut-il le louer pour celle par qui il a voulu se faire homme ; car c'est là un prodige admirable plus que toutes les autres merveilles.
R/ Mon âme exalte le Seigneur :
Éternel est son amour !
Chante et réjouis-toi, fille de Sion,
Voici que ton Dieu vient demeurer au milieu de toi.
Dieu pour toi exulte de joie,
Il te renouvelle par son amour.
Le Seigneur, comme au jour de fête,
Dansera pour toi avec des cris de joie.
ACTES DU CONCILE VATICAN II
L'Église. L'amour maternel de Marie.
Par le dessein de la Providence, la bienheureuse Vierge Marie était prédestinée de toute éternité à être la Mère de Dieu en liaison avec l'incarnation du Verbe divin. Elle a été sur cette terre la sainte Mère du Rédempteur, sa généreuse coopératrice à un titre unique, et l'humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le temple à son Père, en partageant les souffrances de son Fils qui mourait sur la croix, elle a coopéré à l'œuvre du Sauveur d'une façon absolument incomparable, par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour la restauration de la vie surnaturelle dans les âmes. Voilà pourquoi elle est notre mère dans l'ordre de la grâce.
Cette maternité de Marie dans la dispensation de la grâce dure toujours. Et cela, depuis le consentement qu'à l'Annonciation elle a donné dans la foi, consentement qu'elle a maintenu avec constance au pied de la croix, jusqu'à ce que le nombre des élus ait atteint son éternel achèvement. En effet, au ciel, après son Assomption, elle n'a pas abandonné cette fonction pour l'accomplissement de notre salut ; par de multiples intercessions, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel.
Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils qui n'ont pas achevé leur pèlerinage, et qui vivent au milieu des dangers et des angoisses. jusqu'à ce qu'ils aient le bonheur de parvenir à la patrie.
C'est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l'Église sous les titres d'Avocate, d'Auxiliatrice, de Secourable, de Médiatrice. Mais il faut entendre cela de telle sorte que rien ne soit enlevé ni ajouté à la dignité et à l'efficacité du Christ, unique Médiateur.
En effet, aucune créature ne peut jamais être égalée au Verbe incarné, au Rédempteur. Mais, de même que le sacerdoce du Christ est participé de manières diverses soit par les ministres, soit par le peuple fidèle ; de même que l'unique bonté de Dieu se répand réellement sur les créatures de diverses façons : ainsi l'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais suscite une coopération variée, participée différemment par les créatures, à partir d'une source unique.
Cette fonction subordonnée de Marie, l'Église la professe sans hésitation. Elle ne cesse d'en faire l'expérience et elle la présente avec faveur à l'amour des fidèles, afin que s'appuient sur ce secours maternel pour s'unir plus profondément à notre Médiateur et Sauveur.
R/ Tu es la gloire de notre peuple,
Vierge Marie !
Ton nom sera, de par Dieu, pour toujours :
"celle qui a trouvé grâce devant lui".
Lève-toi, tiens-toi sur la hauteur,
debout près de la croix !
Vois tes enfants, du levant au couchant rassemblés,
car ton Fils attire tout à lui !
Mémoire de la Vierge Marie, le samedi
Deuxième lecture :
Saint Proclus de Constantinople
HOMÉLIE DE SAINT PROCLUS DE CONSTANTINOPLE
POUR LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR
« Il a pris chair de la Vierge Marie ».
Que les cieux là-haut se réjouissent et que les nuages répandent la justice parce que le Seigneur a pris son peuple en pitié. Que les cieux là-haut se réjouissent, parce que, lorsqu'ils furent créés, au commencement, Adam lui aussi fut formé de la terre vierge, par le Créateur, et se montra l'ami et le familier de Dieu.
Que les cieux là-haut se réjouissent, car maintenant, par l'avènement du Seigneur dans la chair, la terre a été sanctifiée, et l'humanité a été délivrée des sacrifices idolâtriques.
Que les nuages répandent la justice, parce qu'aujourd'hui l'erreur commise par Eve a été enlevée par la pureté de la Vierge Marie, a été sauvée par l'Homme-Dieu qui est né de la Vierge. Aujourd'hui Adam, qui avait été condamné, est délivré de l'effroyable sentence de mort.
Aujourd'hui le Christ est né de la Vierge selon le plan de Dieu, car le Verbe s'est fait chair, il a établi sa demeure parmi nous. Et c'est pourquoi la Vierge est devenue Mère de Dieu. Elle est mère tout en restant vierge, parce qu'elle a engendré le Verbe sans intervention de l'homme ; c'est ainsi qu'elle a gardé sa virginité à cause de la miraculeuse nativité de celui qui en avait décidé ainsi. Elle est sa mère selon la substance de la nature humaine prise par le Verbe de Dieu ; car c'est en elle qu'il s'est incarné, qu'il s'est manifesté, et qu'il s'est uni à nous, selon la sagesse et la volonté de celui qui fait des prodiges. C'est de notre race que le Christ est né dans la chair, comme dit saint Paul.
En effet, il a été tel qu'il est maintenant, tel qu'il sera et demeurera. Mais c'est pour nous qu'il s'est fait homme ; parce qu'il aimait l'homme, il s'est fait homme, ce qu'il n était pas auparavant ; mais il s'est fait homme tout en demeurant Dieu sans aucun changement. Il est donc devenu semblable à moi à cause de moi, il est devenu ce qu'il n était pas, tout en gardant ce qu'il était auparavant. Enfin, il s'est fait homme : ainsi, en s'appropriant nos faiblesses, il nous rend capables d'être des fils d'adoption, et nous accorde son Royaume. Puissions-nous en être rendus dignes par la grâce et la miséricorde du Seigneur Jésus Christ ! À lui, avec le Père et le Saint-Esprit, gloire, honneur et puissance, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles. Amen.
Voici la nouvelle Genèse :
En toi, Vierge immaculée,
La grâce originelle refleurit.
Notre terre n'est plus maudite,
Nous la verrons bientôt
Donner le fruit de vie.
R/ Avec toi, Marie, Mère du Sauveur,
Nous glorifions la puissance de Dieu.
J'exulte de joie dans le Seigneur,
Et mon esprit tressaille en mon Dieu.
Il m'a revêtue des vêtements du salut
Et m'a couverte du manteau de justice.
Le Seigneur fera germer l'action de grâce
Devant toutes les nations.
SERMON DE GUERRIC D'IGNY POUR L'ASSOMPTION
Marie, mère des vivants.
Marie a engendré un fils ; et comme celui-ci est le Fils unique du Père dans les cieux, il est le fils unique de sa mère sur la terre. Cependant cette vierge mère unique, qui eut la gloire de mettre au monde le Fils unique de Dieu embrasse ce même Fils dans tous ses membres et ne rougit pas d'être appelée la mère de tous ceux en qui elle reconnaît le Christ déjà formé ou en train de l'être. Eve fut moins une mère qu'une marâtre, elle qui jadis a légué à ses enfants la condamnation à mort avant même qu'ils aient vu le jour. Elle a bien été appelée la mère des vivants, pourtant elle s'est révélée en fait bien plutôt la meurtrière des vivants, ou la mère des mourants, puisqu'en mettant au monde, elle mettait à mort. Ainsi, puisqu'elle n'a pas répondu au sens de son nom, c'est Marie qui en a réalisé le mystère. Comme l'Église dont elle est la figure, elle est la mère de tous ceux qui renaissent à la vie. Elle est vraiment la mère de la Vie qui fait vivre tous les hommes ; et en l'engendrant, elle a en quelque sorte régénéré tous ceux qui allaient en vivre.
Cette bienheureuse mère du Christ, qui se sait mère des chrétiens en raison de ce mystère, se montre aussi leur mère par le soin qu'elle prend d'eux et l'affection qu'elle leur témoigne. Elle n'est pas dure envers eux comme s'ils n'étaient pas à elle. Ses entrailles fécondées une seule fois, mais non pas épuisées, ne cessent d'enfanter le fruit de la bonté. Si l'apôtre, serviteur du Christ, continue de mettre au monde ses enfants par sa sollicitude et son ardent désir, jusqu'à ce que le Christ soit formé en eux, combien plus cela est-il vrai de la propre mère du Christ ! Paul les a engendrés en prêchant la Parole de vérité qui les régénérait ; Marie l'a fait de façon bien plus sainte et plus divine en engendrant la Parole elle-même. Je loue en Paul le ministère de la prédication, mais j'admire et je vénère davantage en Marie le mystère de la génération. Voyez si de leur côté les fils ne reconnaissent pas leur mère. Poussés par une sorte d'instinct naturel inspiré par la foi, ils recourent spontanément et irrésistiblement à l'invocation de son nom en toutes nécessités et dans tous les dangers, comme des enfants se jettent dans les bras de leur mère. Aussi je ne crois pas absurde de penser que c'est bien de ces enfants-là que parle le prophète quand il fait cette promesse : Tes fils habiteront en toi ; sans perdre de vue que cette prophétie s'applique principalement à l'Église. Car dès maintenant nous habitons à l'abri de la mère du Très-Haut, nous reposons sous sa protection et comme à l'ombre de ses ailes. Plus tard nous partagerons sa gloire, et nous serons comme réchauffés en son sein. Alors retentira ce cri unanime et joyeux des enfants acclamant leur mère : Nous tous qui sommes dans la joie, notre demeure est en toi, sainte Mère de Dieu.
Voici la nouvelle Genèse :
en toi, Vierge immaculée,
la grâce originelle refleurit.
Notre terre n'est plus maudite,
nous la verrons bientôt
donner le fruit de vie.
R/ Avec toi, Marie, Mère du Sauveur,
nous glorifions la puissance de Dieu.
J'exulte de joie dans le Seigneur,
et mon esprit tressaille en mon Dieu.
Il m'a revêtue des vêtements du salut
et m'a couverte du manteau de la justice.
Le Seigneur fera germer l'action de grâce
devant toutes les nations.
SERMON DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME SUR LA CROIX
Marie au pied de la croix.
Vois-tu cette victoire admirable ? Vois-tu les réussites de la Croix ? Vais-je maintenant te dire quelque chose de plus admirable ? Apprends la manière dont cette victoire s'est réalisée et tu seras plus stupéfait encore. Ce qui a permis au démon de vaincre, c'est par cela même que le Christ l'a dominé. Il l'a combattu par les armes que le démon avait employées. Écoute comment.
Une vierge, le bois et la mort, voilà les symboles de la défaite. La vierge, c'était Eve, car elle ne s'était pas unie à l'homme ; le bois, c'était l'arbre ; et la mort, la peine encourue par Adam. Mais voici, en revanche, que la vierge, le bois et la mort, ces symboles de la défaite, sont devenus les symboles de la victoire. Au lieu d'Ève, Marie ; au lieu du bois de la connaissance du bien et du mal, le bois de la Croix ; au lieu de la mort d'Adam, la mort du Christ.
Tu vois que le démon a été vaincu par ce qui lui avait donné la victoire ? Avec l'arbre, il avait vaincu Adam ; avec la croix, le Christ a triomphé du démon. L'arbre envoyait en enfer, la croix en a fait revenir ceux qui y étaient descendus. En outre, l'arbre servit à cacher l'homme honteux de sa nudité, tandis que la croix a élevé aux yeux de tous un homme nu, mais vainqueur.
Cette mort-là condamna ceux qui sont nés ensuite ; celle-là ressuscita même ceux qui étaient nés auparavant. Qui dira les grandes œuvres du Seigneur ? Par sa mort nous sommes devenus immortels : voilà la puissance merveilleuse de la Croix.
As-tu compris cette victoire ? As-tu compris comment elle s'est réalisée ? Apprends maintenant comment elle a été obtenue sans qu'il nous en coûte. Nous n'avons pas ensanglanté nos armes, nous n'avons pas pris place dans l'armée, nous n'avons pas reçu de blessure, nous n'avons pas vu la guerre, et nous avons remporté la victoire. Au Seigneur, le combat ; à nous, la couronne. Puisque cette victoire est la nôtre, comme des soldats chantons tous aujourd'hui l'hymne de la victoire, disons à la louange du Seigneur : La mort a été engloutie dans la victoire. O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton dard venimeux ?
Voilà le prodige que la Croix a réalisé en notre faveur ; la Croix, c'est le trophée dressé contre les démons, l'épée tirée contre le péché, l'épée dont le Christ a transpercé le serpent. La Croix, c'est la volonté du Père, la gloire du Fils unique, la joie du Saint-Esprit, la splendeur des anges, l'orgueil de saint Paul, le rempart des élus, la lumière du monde entier.
R/ Heureux qui craint le Seigneur
et marche en ses voies.
La Vierge a enfanté un fils,
Jésus, le Premier-né.
Le Fils de Dieu a été présenté au Seigneur.
Il est venu accomplir la loi
et achever sur la croix l'œuvre du Père.
ACTES DU CONCILE VATICAN II
Marie et l'Église.
La bienheureuse Vierge Marie, par le don et la fonction de la maternité divine qui l'unit au Rédempteur son Fils, par ses grâces et ses fonctions sans pareilles, est unie aussi de façon intime à l'Église. La Mère de Dieu est la figure de l'Église, comme l'enseignait déjà saint Ambroise, et cela au plan de la foi. de la charité et de la parfaite union avec le Christ. En effet, dans le mystère de l'Église, elle qui est appelée aussi à bon droit mère et vierge, la bienheureuse Vierge Marie est venue la première. elle qui présente. à un titre éminent et unique, le modèle aussi bien de la vierge que de la mère. En pratiquant la foi et l'obéissance, elle a engendré sur terre le Fils même du Père. Elle n'avait pas été unie à un homme mais enveloppée par la nuée de l'Esprit Saint, comme l'Eve nouvelle, accordant non pas à l'antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi qui n'est altérée par aucun doute. Elle engendra son Fils, que Dieu a établi premier-né d'une multitude de frères, c'est-à-dire de croyants ; elle coopère donc par son amour maternel à leur génération et à leur éducation. Mais l'Église en contemplant sa sainteté mystérieuse et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père, devient elle-même une mère du fait qu'elle accueille avec foi la parole de Dieu. Par la prédication et le baptême, en effet, elle engendre à la vie nouvelle et immortelle les enfants conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu. Elle-même, l'Église est vierge car elle garde intègre et pure ta foi qu'elle a donnée à son Époux ; imitant la mère de son Seigneur, elle conserve de façon virginale, par la vertu du Saint-Esprit, une foi entière, une espérance ferme, une charité sincère. Mais tandis que l'Église, en la personne de la Vierge bienheureuse, atteint déjà la perfection, puisqu'elle est sans tache ni ride, les fidèles du Christ s'efforcent de vaincre le mal et de grandir en sainteté. C'est pourquoi ils lèvent les yeux vers Marie qui rayonne sur toute la communauté des élus comme un modèle de vertus. L'Église, en méditant sur elle avec piété, et en la contemplant dans la lumière du Verbe fait homme, pénètre plus profondément, avec un grand respect, dans le mystère capital de l'Incarnation et devient de plus en plus conforme à son Epoux. Du fait que Marie se trouve située au cœur de l'histoire du salut, elle rassemble en quelque sorte en elle-même et elle rend plus évidentes les données essentielles du salut ; lorsqu'on prêche sur elle et qu'on lui rend un culte, elle attire les croyants vers son Fils et le sacrifice de celui-ci, ainsi que vers l'amour du Père. Quant à l'Église, en recherchant la gloire du Christ, elle ressemble davantage à son modèle sublime, puisqu'elle progresse continuellement dans la foi, l'espérance et la charité, puisqu'en toutes choses elle recherche la volonté divine et lui obéit. Aussi, dans son labeur apostolique également, l'Église a bien raison de regarder vers celle qui a engendré le Christ. Car, Si celui-ci a été conçu du Saint-Esprit et est né de la Vierge, c'est afin de naître et de grandir aussi dans les cœurs des fidèles, par le ministère de l'Église. La Vierge a donné par sa vie l'exemple de cet amour maternel dont doivent être animés tous ceux qui coopèrent à la mission apostolique de l'Église pour procurer aux hommes la nouvelle naissance.
Mère immaculée de l'Agneau sans tache
et première des sauvés,
le sang rédempteur t'illumine.
Devant ta beauté radieuse,
tes enfants s'émerveillent.
R/ Le Seigneur est avec toi,
Marie, pleine de grâce.
Il est avec toi,
car le Père t'a créée dans l'amour :
tu es un miroir très pur de sa gloire.