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Commun des Apôtres

 

Premières Lectures

Avent, Noël, Carême : 1 Co 1, 18 – 2,5

Temps Pascal : Ac 5, 12-32

Temps Ordinaire : 1 Co 4, 1-16

 

 

Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 18 – 2,5

Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d'être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le docteur de la Loi ? Où est le raisonneur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas rendue folle la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par le moyen de la sagesse, n'a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Les Juifs demandent des signes et les Grecs recherchent la sagesse ; mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

Considérez, frères, qui vous êtes, vous qui avez reçu l'appel de Dieu : il n'y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l'a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l'a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n'est pas, Dieu l'a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune créature ne puisse s'enorgueillir devant Dieu. C'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus, qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et délivrance afin, comme dit l'Écriture, que celui qui s'enorgueillit, s'enorgueillisse dans le Seigneur.

Moi-même, quand je suis venu chez vous, frères, ce n'est pas avec le prestige de la parole ou de la sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu. Car j'ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. Aussi ai-je été devant vous faible, craintif et tout tremblant ; ma parole et ma prédication n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, mais elles étaient une démonstration faite par la puissance de l'Esprit, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

 

Ton appel les a lancés

Sur les chemins et les grand-routes.

Nourris de ta Parole

Et riches de ton seul amour,

Ils vont donner la joie

À ceux qui les écoutent et te reçoivent.

 

R/ Merveille de ta grâce !

Tu confies à des hommes les secrets du Père.

 

Messagers de la Bonne Nouvelle,

Ils annoncent la paix aux limites du monde.

 

Heureux le peuple où il en est ainsi,

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu !

 

Deuxième lecture au propre de l’Apôtre

 

Actes des Apôtres 5, 12-32

Beaucoup de signes et de prodiges s'accomplissaient dans le peuple par la main des apôtres. Ils se tenaient tous, unanimes, sous le portique de Salomon, mais personne d'autre n'osait s'agréger à eux ; le peuple faisait pourtant leur éloge, et des multitudes de plus en plus nombreuses d'hommes et de femmes se ralliaient, par la foi, au Seigneur. On en venait à sortir les malades dans les rues, on les plaçait sur des lits ou des civières, afin que Pierre, au passage, touche au moins l'un ou l'autre de son ombre. La multitude accourait aussi des localités voisines de Jérusalem, portant des malades et des gens que tourmentaient des esprits impurs, et tous étaient guéris. Sur ces entrefaites le Grand Prêtre et tout son entourage - il s'agissait du parti des Sadducéens - furent remplis de fureur ; ils firent appréhender les apôtres et les jetèrent publiquement en prison. Mais, pendant la nuit, l'ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, les fit sortir et leur dit : «  Allez, tenez-vous dans le temple, et là, annoncez au peuple toutes ces paroles de vie » ! Ils l'écoutèrent ; dès le point du jour, ils se rendirent au temple ; et là ils enseignaient. Le Grand Prêtre arriva ; lui et son entourage convoquèrent le Sanhédrin, assemblée plénière des Israélites, et ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison. Mais les serviteurs, une fois sur place, ne les trouvèrent pas dans le cachot. De retour, ils rendirent compte en ces termes : «  Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, et les gardes en faction devant les portes ; mais quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur ». À l'annonce de ces nouvelles le commandant du temple et les grands prêtres étaient perplexes au sujet des apôtres, se demandant ce qui avait bien pu se passer. Mais quelqu'un vint leur annoncer : «  Voici que les hommes que vous aviez jetés en prison se tiennent dans le temple et ils instruisent le peuple ». Alors le commandant partit avec les serviteurs pour ramener les apôtres, sans violence toutefois, car ils redoutaient que le peuple ne leur jette des pierres. Ils les amenèrent donc, les présentèrent au Sanhédrin et le Grand Prêtre les interrogea : «  Nous vous avions formellement interdit, leur dit-il, d'enseigner ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ; vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme » ! Mais Pierre et les apôtres répondirent : «  Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous aviez exécuté en le pendant au bois. C'est lui que Dieu a exalté par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la conversion et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces événements, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent ».

Deuxième lecture au propre de l’Apôtre

 

 

Première Lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4, 1-16

Qu’on nous considère donc comme des serviteurs du Christ, et des intendants des mystères de Dieu. Or ce qu'on demande en fin de compte à des intendants, c’est de se montrer fidèles. Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous ou par un tribunal humain. Je ne me juge pas non plus moi-même. Ma conscience, certes, ne me reproche rien, mais ce n’est pas cela qui me justifie ; Celui Qui me juge c’est le Seigneur. Par conséquent, ne jugez pas avant le temps, avant que vienne le Seigneur. C’est Lui Qui éclairera ce qui est caché dans les ténèbres et mettra en évidence les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient.

 

C’est à cause de vous, frères, que j’ai présenté cela sous une autre forme, en l’appliquant à Apollos et à moi-même, afin qu’à notre exemple vous appreniez à ne pas vous enfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre. Qui te distingue en effet ?  Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi t’enorgueillir comme si tu ne l’avais pas reçu ? Déjà vous êtes rassasiés !  Déjà vous êtes riches ! Sans nous vous êtes rois !  Ah ! Que ne l’êtes-vous pour que, nous aussi, nous puissions régner avec vous !  Car je pense que Dieu nous a exposés, nous les apôtres, à la dernière place, comme des condamnés à mort : nous avons été donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause du Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, vous êtes forts ; vous êtes à l’honneur, nous sommes méprisés. À cette heure encore, nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités, vagabonds, et nous peinons en travaillant de nos mains. On nous insulte, nous bénissons ; on nous persécute, nous endurons ; on nous calomnie, nous consolons. Nous sommes jusqu’à présent, pour ainsi dire, les ordures du monde, le déchet de l’univers.

Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous avertir, comme mes enfants bien-aimés. En effet, quand vous auriez dix mille pédagogues en Christ, vous n'avez pas plusieurs pères. C'est moi qui, par l'Évangile, vous ai engendrés en Jésus Christ. Je vous exhorte donc : soyez mes imitateurs.

 

Ton appel les a lancés

Sur les chemins et les grand-routes.

Nourris de ta Parole

Et riches de ton seul amour,

Ils vont donner la joie

À ceux qui les écoutent et te reçoivent.

 

R/ Merveille de ta grâce !

Tu confies à des hommes les secrets du Père.

 

Messagers de la Bonne Nouvelle,

Ils annoncent la paix aux limites du monde.

 

Heureux le peuple où il en est ainsi,

Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu !

 

Deuxième lecture au propre de l’Apôtre

 

 

 

 

Commun de plusieurs martyrs

Première Lecture

Avent, Noël, Carême : Sg 3, 1-15

Temps Pascal : Ap 7, 9-17

Temps Ordinaire : Rm 8, 18-39

 

Livre de la Sagesse 3, 1-15

Les âmes des justes, elles, sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra plus. Aux yeux des insensés, ils passèrent pour morts, et leur départ sembla un désastre, leur éloignement, une catastrophe. Pourtant ils sont dans la paix. Même si, selon les hommes, ils ont été châtiés, leur espérance était pleine d'immortalité. Après de légères corrections, ils recevront de grands bienfaits. Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de lui ; comme l'or au creuset, il les a épurés, comme l'offrande d'un holocauste, il les a accueillis. Au temps de l'intervention de Dieu, ils resplendiront, ils courront comme des étincelles à travers le chaume. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, et le Seigneur sera leur roi pour toujours. Ceux qui se confient en lui comprendront la vérité, ceux qui restent fermes dans l'amour demeureront auprès de lui. Car il y a grâce et miséricorde pour ses élus.

Les impies, au contraire, recevront le châtiment que méritent leurs pensées, pour avoir méprisé le juste et abandonné le Seigneur. Car ceux qui dédaignent la Sagesse et sa discipline de vie sont des misérables : vide est leur espérance, inutiles leurs efforts, et leurs travaux ne servent à rien ; leurs femmes sont insensées, leurs enfants méchants, leur descendance maudite.

Heureuse plutôt la femme stérile, celle qui est sans tache et n'a pas connu une union interdite ; elle aura du fruit lors de l'inspection des âmes. Heureux aussi l'eunuque, dont la main n'a pas fait de mal et qui n'a pas nourri des pensées mauvaises contre le Seigneur : il recevra pour sa fidélité une grâce de choix et une part plus délicieuse dans le Temple du Seigneur. Car le fruit des efforts vertueux est plein de gloire, indéfectible, la racine de la sagesse.

 

R/ Qui perd sa vie la trouvera, alléluia.

 

Il n’est pas de plus grand amour

Que de mourir pour celui qu’on aime.

 

Entourés que nous sommes de témoins,

Marchons, les yeux fixés sur le Christ.

 

Deuxième lecture

 

 

 

Livre de l’Apocalypse de saint Jean 7, 9-17

Moi, Jean, je vis : C'était une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l'agneau, vêtus de robes blanches et des palmes à la main. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l'agneau.

Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des 4 animaux tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu. Ils disaient : Amen ! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles ! Amen !

L'un des anciens prit alors la parole et me dit : Ces gens, vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d'où sont-ils venus ? Je lui répondis : Mon Seigneur, tu le sais ! Il me dit : Ils viennent de la grande épreuve. Ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'agneau. C'est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu, et lui rendent un culte jour et nuit dans son temple. Et celui qui siège sur le trône les abritera sous sa tente. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil et ses feux ne les frapperont plus, car l'agneau qui se tient au milieu du trône sera leur berger, il les conduira vers des sources d'eaux vives. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.

 

De la détresse des prisons

Monte le cri des fils de Dieu persécutés ;

Mais le Royaume est proche :

Bientôt se lèvera

Le Fils de l'homme qu'ils acclament.

 

R/ Dieu vivant, Seigneur ressuscité,

Nous croyons en toi.

 

Un moment vous souffrirez,

Mais j'ai vaincu le monde, gardez courage.

En vérité, je vous le dis,

Si quelqu'un garde ma parole,

Il ne verra jamais la mort.

 

Je suis la résurrection ;

Celui qui me donne sa foi,

Vivra même dans la mort.

 

Deuxième lecture

 

 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 18-39

J'estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : livrée au pouvoir du néant non de son propre gré, mais par l'autorité de celui qui l'y a livrée, elle garde l'espérance, car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l'enfantement. Elle n'est pas la seule : nous aussi, qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l'adoption, la délivrance pour notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance. Or, voir ce qu'on espère n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment l'espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec persévérance.

De même, l'Esprit aussi vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut ; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous en gémissements inexprimables, et celui qui scrute les cœurs sait quelle est l'intention de l'Esprit : c'est selon Dieu en effet que l'Esprit intercède pour les saints.

Nous savons d'autre part que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, qui sont appelés selon son dessein. Ceux que d'avance il a connus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d'une multitude de frères ; ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés.

Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait-il pas tout ? Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu justifie ! Qui condamnera ? Jésus Christ est mort, bien plus il est ressuscité, lui qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous ! Qui nous séparera de l'amour du Christ ? La détresse, l'angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ? Selon qu'il est écrit : À cause de toi nous sommes mis à mort tout le long du jour, nous avons été considérés comme des bêtes de boucherie. Mais en tout cela, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur.

Il est grand, celui qui donne la vie,

plus grand, celui qui pardonne ;

il est bon, celui qui aime ses amis,

meilleur, celui qui donne sa vie

pour l'homme qui le blesse.

Dieu blessé,

Jésus, tu nous pardonnes.

R/ Il n'est pas de plus grand amour

que de donner sa vie

pour ceux qu'on aime.

Vous serez mes amis

si vous faites ma volonté.

Moi, le Maître et Seigneur,

je vous ai donné l'exemple.

Heureux serez-vous, sachant cela,

si vous donnez votre vie.

 

Deuxième lecture

 

 

 

Lettre de saint Cyprien, évêque de Carthage (†258) aux prêtres et aux diacres.

Si nous souffrons avec lui, avec lui nous régnerons.

Je vous envoie mon salut, frères très chers, et je souhaiterais aussi de jouir personnellement de votre présence, si ma situation me permettait d'aller vous rejoindre. Que pourrait-il, en effet, m'arriver de plus souhaitable et de plus agréable que d'être parmi vous et entre vos bras, serré par ces mains pures et innocentes qui ont gardé leur foi au Seigneur en rejetant un culte sacrilège ?

Qu'y aurait-il de plus joyeux et de plus noble, que de baiser ces lèvres qui ont glorieusement confessé le Seigneur, que d'être regardé présentement par vos yeux qui, en se détournant du monde, ont été dignes de voir Dieu ?

Mais, puisque ce bonheur n'est pas réalisable, je vous envoie cette lettre qui me remplacera à vos oreilles, et à vos yeux. Elle me permet de vous féliciter et en même temps de vous exhorter : demeurez courageux et constants pour confesser la gloire céleste ; puisque vous êtes entrés dans la voie des faveurs divines, avancez avec un courage inspiré pour recevoir la couronne ; le Seigneur est votre guide et votre protecteur, lui qui a dit : Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps.

Heureuse prison, que votre présence a illuminée ! Heureuse prison qui envoie vers le ciel les hommes de Dieu ! Ténèbres plus brillantes que le soleil lui-même, plus éclatantes que ce flambeau du monde, prison où sont établis les temples de Dieu, où vos membres ont été consacrés par la confession de son nom !

Que plus rien ne se trouve maintenant dans vos cœurs et vos âmes, que les divins enseignements et les commandements du Seigneur dont le Saint-Esprit s'est servi pour vous encourager à supporter la souffrance. Que personne ne pense à la mort, mais à l'immortalité ; ni à la souffrance temporaire, mais à la gloire éternelle, puisqu'il est écrit : La mort des justes est précieuse devant Dieu. Et encore : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; Dieu ne méprise pas le cœur brisé et abattu.

Et encore (à l'endroit où la Sainte Écriture parle des supplices qui consacrent les martyrs de Dieu et les sanctifient par l'épreuve même de leur souffrance) : Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité. - Ils seront les juges des nations et les maîtres des peuples et le Seigneur régnera sur eux pour toujours.

Quand donc vous songez que vous jugerez et régnerez avec le Christ, il vous est impossible de ne pas tressaillir d'allégresse, de ne pas fouler aux pieds les supplices présents dans la joie du bonheur futur. Car vous savez que c'est ainsi réglé depuis le commencement du monde : la justice doit souffrir ici-bas, dans son conflit avec le siècle puisque, dès l'origine, le juste Abel est mis à mort et ensuite tous les justes, les prophètes et les apôtres envoyés par Dieu.

À tous ceux-là, en outre, le Seigneur s'est donné en exemple, car il enseigne qu'on ne peut parvenir à son royaume qu'en le suivant par le même chemin qu'il a pris : S'aimer soi-même en ce monde, c'est se perdre ; se haïr en ce monde, c'est se garder pour la vie éternelle. Et encore : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme : craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps.

Saint Paul nous exhorte de même ; puisque nous désirons parvenir à ce que le Seigneur nous a promis, nous devons imiter le Seigneur en tout : Nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers, héritiers avec le Christ, à condition de souffrir avec lui pour être avec lui dans la gloire.

 

R/ Souviens-toi de Jésus Christ

ressuscité d'entre les morts :

il est notre salut, notre gloire éternelle.

 

Si nous mourons avec lui,

avec lui, nous vivrons ;

si nous souffrons avec lui,

avec lui, nous régnerons.

 

En lui sont nos peines,

en lui sont nos joies,

en lui l'espérance,

en lui, notre amour.

 

Oraison

Commun d’un martyr

Première lecture

Avent, Noël, Carême : Si 51, 1-12

Temps Pascal : Ap 7, 9-17

Temps Ordinaire : 2 Co 4, 7 – 5,8

 

 

Livre de l’Ecclésiastique 51, 1-12

Je veux te rendre grâce, Seigneur roi, et te louer, Dieu mon sauveur.

Je rends grâce à ton nom, car tu as été pour moi un protecteur et un secours et tu as délivré mon corps de la perdition, du piège de la langue calomnieuse, des lèvres qui fabriquent le mensonge. En face de mes adversaires, tu as été un secours et tu m'as délivré, selon la grandeur de ta miséricorde et de ton nom, des morsures de ceux qui étaient prêts à me dévorer, de la main de ceux qui en voulaient à ma vie, des multiples épreuves que j'ai endurées, d'un brasier suffocant qui m'encerclait et du milieu d'un feu que je n'avais pas allumé, des entrailles profondes du séjour des morts, de la langue impure et de la parole mensongère, et des flèches d'une langue inique.

Mon âme approchait du trépas et ma vie touchait en bas au séjour des morts. Ils m'entouraient de toutes parts et personne pour me secourir ! J'escomptais le soutien des hommes mais il n'y en avait pas.

Alors je me suis souvenu de ta miséricorde, Seigneur, et de ta bienfaisance depuis toujours, que tu délivres ceux qui patiemment t'attendent et que tu les sauves de la main des méchants. Et je fis monter de la terre ma supplication, et j'implorai pour être préservé de la mort. J'invoquai le Seigneur, père de mon seigneur, pour qu'il ne m'abandonne pas dans les jours de détresse, au temps des orgueilleux, où je suis sans secours.

Je louerai sans cesse ton nom, je chanterai des hymnes d'action de grâce. Et ma prière fut exaucée, car tu m'as sauvé de la perdition et arraché à ce temps de malheur. C'est pourquoi je veux te rendre grâce et te louer, et je bénirai le nom du Seigneur.

 

R/ Qui perd sa vie la trouvera, alléluia.

 

Il n’est pas de plus grand amour

Que de mourir pour celui qu’on aime.

 

Entourés que nous sommes de témoins,

Marchons, les yeux fixés sur le Christ.

 

Deuxième lecture

 

 

 

Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens 4, 7 – 5,8

Ce trésor, nous le portons dans des vases d'argile, pour que cette incomparable puissance soit de Dieu et non de nous. Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ; pourchassés, mais non rejoints ; terrassés, mais non achevés ; sans cesse nous portons dans notre corps l'agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps. Toujours, en effet, nous les vivants, nous sommes livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre existence mortelle. Ainsi la mort est à l'œuvre en nous, mais la vie en vous. Pourtant, forts de ce même esprit de foi dont il est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé, nous croyons, nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons. Car nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera nous aussi avec Jésus et il nous placera avec vous près de lui. Et tout ce que nous vivons, c'est pour vous, afin qu'en s'accroissant la grâce fasse surabonder, par une communauté accrue, l'action de grâce à la gloire de Dieu.

C'est pourquoi nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l'homme extérieur va vers sa ruine, l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos détresses d'un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu'elles nous préparent. Notre objectif n'est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.

Car nous le savons, si notre demeure terrestre, qui n'est qu'une tente, se détruit, nous avons un édifice, œuvre de Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, qui n'est pas faite de main d'homme. Et nous gémissons, dans le désir ardent de revêtir, par-dessus l'autre, notre habitation céleste, pourvu que nous soyons trouvés vêtus et non pas nus. Car nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés ; c'est un fait : nous ne voulons pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement sur l'autre afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Celui qui nous a formés pour cet avenir, c'est Dieu qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. Ainsi donc, nous sommes toujours pleins de confiance, tout en sachant que, tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes hors de notre demeure, loin du Seigneur, car nous cheminons par la foi, non par la vue oui, nous sommes pleins de confiance et nous préférons quitter la demeure de ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur.

Il est grand celui qui donne la vie,

Plus grand que celui qui pardonne ;

Il est bon celui qui aime ses amis,

Meilleur celui qui donne sa vie

Pour l’homme qui le blesse.

Dieu blessé,

Jésus, tu nous pardonnes.

R/ Il n’est pas de plus grand amour

Que de donner sa vie

Pour ceux qu’on aime.

 

Deuxième lecture

 

 

 

Sermon de saint Augustin, évêque de Hippone

Le Christ, premier des martyrs

Les exploits glorieux des martyrs, qui font en tout lieu l'ornement de l'Église, nous permettent de comprendre par nous-mêmes la vérité de ce que nous avons chanté : Aux yeux du Seigneur, la mort de ses saints a un grand prix. En effet, elle a un grand prix à nos yeux, et aux yeux de celui pour le nom duquel ils sont morts.

Mais le prix de toutes ces morts, c'est la mort d'un seul. Combien de morts a-t-il achetés, en mourant lui seul, puisque, s'il n'était pas mort, le grain de blé ne se serait pas multiplié ? Vous avez entendu ce qu'il disait lorsqu'il approchait de sa passion, c'est-à-dire alors qu'il approchait de notre rédemption : Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruits.

Car sur la croix s'est réalisée une affaire grandiose. C'est là que s'est ouverte la bourse contenant le prix de notre rançon : quand son côté a été ouvert par la lance qui le frappait, ce qui en a jailli, c'est le prix de l'univers.

Les fidèles et les martyrs ont été achetés ; mais la foi des martyrs a fait ses preuves, leur sang en est témoin. Ce qui a été dépensé pour eux, ils l'ont rendu, et ils ont accompli la parole de saint Jean : Le Christ a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.

Il est dit ailleurs : Lorsque tu t'assieds à une table magnifique, regarde bien ce que l'on te sert, car il faut que tu en prépares autant. C'est une table magnifique, celle où l'on mange avec le maître du banquet lui-même. Personne ne nourrit ses invités avec lui-même ; c'est ce que fait le Christ Seigneur. Il est l'hôte qui invite, il est lui-même la nourriture et la boisson. Les martyrs ont donc fait attention à ce qu'ils mangeaient et buvaient, pour pouvoir en rendre autant.

Mais comment auraient-ils pu en rendre autant, si celui qui a fait la première dépense ne leur avait donné de quoi lui rendre ? Aussi qu'est-ce que nous recommande le psaume où nous avons chanté cette parole : Aux yeux du Seigneur, la mort de ses saints a un grand prix ?

L'homme a considéré combien il a reçu de Dieu ; il a passé en revue combien la grâce du Tout-Puissant l'a comblé : il l'a créé ; après sa chute, il l'a cherché ; l'ayant trouvé, il lui a pardonné ; il a aidé ses pauvres forces dans le combat ; il ne l'a pas quitté lorsqu'il défaillait ; lorsqu'il a été vainqueur, il l'a couronné et il s'est donné lui-même en récompense. Lorsqu'il a considéré tout cela, l'homme s'est écrié : Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut.

Quelle est cette coupe ? La coupe amère et salubre de la passion ; la coupe que le malade craindrait de toucher, si le médecin n'y avait bu le premier. Voici quelle est cette coupe, nous la reconnaissons quand elle s'approche des lèvres du Christ, et qu'il dit : Père, si c'est possible, que cette coupe passe loin de moi !

C'est de cette coupe que les martyrs ont dit : J'élèverai la coupe du salut, et j'invoquerai le nom du Seigneur. Tu ne crains donc pas de défaillir ? Non, répond-il. Pourquoi ? Parce que j'invoquerai le nom du Seigneur. Comment les martyrs seraient-ils victorieux, si lui-même n'était pas victorieux dans les martyrs, lui qui a dit : Réjouissez-vous, car j'ai vaincu le monde. Le Souverain des cieux dirigeait leur âme et leur langue ; par eux il triomphait du diable sur terre, et au ciel il couronnait les martyrs. Heureux ceux qui ont bu ainsi à cette coupe ! Ils sont délivrés de leurs douleurs, ils sont comblés d'honneurs.

Soyez donc attentifs, mes très chers : ce qui échappe à vos yeux, pensez-y dans votre âme et votre cœur, et constatez qu'aux yeux du Seigneur, la mort de ses amis a un grand prix.

 

R/ Qui perd sa vie, la trouvera !

 

Il n'est pas de plus grand amour

Que de mourir pour celui qu'on aime.

 

Entourés que nous sommes de témoins,

Marchons les yeux fixés sur le Christ.

Oraison

 

Commun des Pasteurs

Première lecture :

Pour un Pape :

Avent, Noël, Carême : 1 Th 2, 1-13.19-20

Temps Pascal : Ac 20, 17-36

Temps Ordinaire : Tt 1, 7-11 ; 2, 1-8

Pour un Prêtre :

Avent, Noël, Carême, Temps Pascal : 1 Tm 5, 17-22 ; 6, 10-14

Temps Ordinaire : 1 P 5, 1-11

 

 

 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 2, 1-13.19-20

Vous-mêmes le savez bien, frères, ce n'est pas en vain que vous nous avez accueillis. Mais, alors que nous venions de souffrir et d'être insultés à Philippes, comme vous le savez, nous avons trouvé en notre Dieu l'assurance qu'il fallait pour vous prêcher son Évangile à travers bien des luttes. C'est que notre prédication ne repose pas sur l'erreur, elle ne s'inspire pas de motifs impurs, elle n'a pas recours à la ruse. Mais Dieu nous ayant éprouvés pour nous confier l'Évangile, nous prêchons en conséquence ; nous ne cherchons pas à plaire aux hommes, mais à Dieu qui éprouve nos cœurs. C'est ainsi que jamais nous n'avons eu de paroles flatteuses, vous le savez, jamais d'arrière-pensée de profit, Dieu en est témoin, et jamais nous n'avons recherché d'honneurs auprès des hommes, ni chez vous, ni chez d'autres, alors que nous aurions pu nous imposer, en qualité d'apôtres du Christ. Au contraire, nous avons été au milieu de vous pleins de douceur, comme une mère réchauffe sur son sein les enfants qu'elle nourrit. Nous avions pour vous une telle affection que nous étions prêts à vous donner non seulement l'Évangile de Dieu, mais même notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers. Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c'est en travaillant nuit et jour, pour n'être à la charge d'aucun de vous, que nous vous avons annoncé l'Évangile de Dieu. Vous êtes témoins, et Dieu aussi, que nous nous sommes conduits envers vous, les croyants, de manière sainte, juste, irréprochable. Et vous le savez : traitant chacun de vous comme un père ses enfants, nous vous avons exhortés, encouragés et adjurés de vous conduire d'une manière digne de Dieu qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire.

Voici pourquoi, de notre côté, nous rendons sans cesse grâce à Dieu : quand vous avez reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'homme, mais comme ce qu'elle est réellement, la parole de Dieu, qui est aussi à l'œuvre en vous, les croyants.

En effet, quelle est notre espérance, notre joie, l'orgueil qui sera notre couronne en présence de notre Seigneur Jésus, lors de sa venue, sinon vous ? Oui, c'est vous qui êtes notre gloire et notre joie.

 

R/ Bon et fidèle serviteur,

Entre dans la joie de ton Seigneur.

 

Je n'ai pas cherché à plaire aux hommes,

Mais à Dieu qui éprouve nos cœurs.

 

Je sais en qui j'ai cru :

Il gardera mon dépôt jusqu'à son Jour.

 

Deuxième lecture

 

 

 

 

Actes des Apôtres 20, 17-36

De Milet, Paul fit convoquer les anciens de l'Église d'Éphèse. Quand ils l'eurent rejoint, il leur déclara : «  Vous savez quelle a toujours été ma conduite à votre égard depuis le jour de mon arrivée en Asie. J'ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et au milieu des épreuves que m'ont values les complots des Juifs. Je n'ai rien négligé de ce qui pouvait vous être utile ; au contraire, j'ai prêché, je vous ai instruits, en public comme en privé ; mon témoignage appelait et les Juifs et les Grecs à se convertir à Dieu et à croire en notre Seigneur Jésus.

«  Maintenant, prisonnier de l'Esprit, me voici en route pour Jérusalem ; je ne sais pas quel y sera mon sort, mais en tout cas, l'Esprit Saint me l'atteste de ville en ville, chaînes et détresses m'y attendent. Je n'attache d'ailleurs vraiment aucun prix à ma propre vie ; mon but, c'est de mener à bien ma course et le service que le Seigneur Jésus m'a confié : rendre témoignage à l'Évangile de la grâce de Dieu.

«  Désormais, je le sais bien, voici que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous parmi lesquels j'ai passé en proclamant le Règne. Je peux donc l'attester aujourd'hui devant vous : je suis pur du sang de tous. Je n'ai vraiment rien négligé : au contraire, c'est le plan de Dieu tout entier que je vous ai annoncé. Prenez soin de vous-mêmes et de tout le troupeau dont l'Esprit Saint vous a établis les gardiens, soyez les bergers de l'Église de Dieu qu'il s'est acquise par son propre sang.

«  Je sais bien qu'après mon départ s'introduiront parmi vous des loups féroces qui n'épargneront pas le troupeau ; de vos propres rangs surgiront des hommes aux paroles perverses qui entraîneront les disciples à leur suite. Soyez donc vigilants, vous rappelant que, nuit et jour pendant trois ans, je n'ai pas cessé, dans les larmes, de reprendre chacun d'entre vous. Et maintenant, je vous remets à Dieu et à sa parole de grâce, qui a la puissance de bâtir l'édifice et d'assurer l'héritage à tous les sanctifiés.

«  Je n'ai convoité l'argent, l'or ou le vêtement de personne. Les mains que voici, vous le savez vous-mêmes, ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. Je vous l'ai toujours montré, c'est en peinant de la sorte qu'il faut venir en aide aux faibles et se souvenir de ces mots que le Seigneur Jésus lui-même a prononcés : Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir ».

Après ces paroles, il se mit à genoux avec eux tous et pria.

R/ Heureux le serviteur

Que son Maître trouve occupé à veiller.

Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau :

Sur lui l’Esprit Saint vous a établi comme veilleurs.

Conduisez et nourrissez l’Église de Dieu,

Acquise par le sang de son Fils.

Faites confiance à la parole de la grâce :

Puissance capable de construire l’édifice

Et de vous donner l’héritage avec tous les saints.

 

Deuxième lecture

 

 

 

 

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 1, 7-11 ; 2, 1-8

Il faut que l'épiscope soit irréprochable en sa qualité d'intendant de Dieu : ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni batailleur, ni avide de gains honteux. Il doit être hospitalier, ami du bien, pondéré, juste, saint, maître de soi, fermement attaché à la parole digne de foi, qui est conforme à l'enseignement. Ainsi sera-t-il capable d'exhorter dans la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs.

Nombreux sont en effet les insoumis, vains discoureurs et trompeurs, surtout parmi les circoncis. Il faut leur fermer la bouche. Ils bouleversent des familles entières, en enseignant pour un gain honteux ce qu'il ne faut pas.

Pour toi, enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine. Que les vieillards soient sobres, dignes, pondérés, pleins d'une foi saine, d'amour, de persévérance.

Les femmes âgées, pareillement, doivent se comporter comme il sied à des personnes saintes : ni médisantes, ni adonnées aux excès de vin. Qu'elles enseignent le bien, qu'elles apprennent ainsi aux jeunes femmes à aimer leur mari et leurs enfants, à être modestes, chastes, dévouées à leur maison, bonnes, soumises à leur mari, pour que la Parole de Dieu ne soit pas blasphémée.

Exhorte aussi les jeunes gens à la pondération en toutes choses.

Montre en ta personne un modèle de belles œuvres : pureté de doctrine, dignité, parole saine et inattaquable, afin que l'adversaire, ne trouvant aucun mal à dire à notre sujet, soit couvert de confusion.

 

R/ C'est au prix de son sang

Que le Christ Jésus s'est acquis l'Église.

 

Soyez donc attentifs au troupeau

Dont l'Esprit vous a confié la charge.

 

Vous serez les intendants fidèles

Des mystères de sa grâce.

 

Livrés en spectacle au monde,

Vous serez les modèles du troupeau.

 

Deuxième lecture

 

 

 

 

 

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 5, 17-22 ; 6, 10-14

Les anciens qui exercent bien la présidence méritent double honneur, surtout ceux qui peinent au ministère de la parole et à l'enseignement. L'Écriture dit en effet : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain, et encore : L'ouvrier mérite son salaire.

N'accepte d'accusation contre un ancien que sur déposition de deux ou trois témoins.

Ceux qui pèchent, reprends-les en présence de tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte. Je t'adjure en présence de Dieu et du Christ Jésus, ainsi que des anges élus, observe ces règles avec impartialité, sans rien faire par favoritisme.

N'impose hâtivement les mains à personne, ne participe pas aux péchés d'autrui. Toi-même, garde-toi pur.

La racine de tous les maux, en effet, c'est l'amour de l'argent. Pour s'y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l'âme de tourments multiples.

Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses. Recherche la justice, la piété, la foi, l'amour, la persévérance, la douceur. Combats le beau combat de la foi, conquiers la vie éternelle à laquelle tu as été appelé, comme tu l'as reconnu dans une belle profession de foi en présence de nombreux témoins. Je t'ordonne en présence de Dieu qui donne vie à toutes choses, et en présence du Christ Jésus qui a rendu témoignage devant Ponce Pilate dans une belle profession de foi : garde le commandement en demeurant sans tache et sans reproche, jusqu'à la manifestation de notre Seigneur Jésus Christ.

R/ Elle est préparée, la couronne de justice,

Pour ceux qui attendent avec amour

La venue du Seigneur.

Qu’on nous regarde comme serviteurs du Christ,

Dispensateurs des mystères de Dieu.

Nous nous affirmons en tout serviteurs de Dieu,

Par la parole de vérité, par une charité sans feinte.

Deuxième lecture

 

 

 

 

Première lettre de saint Pierre Apôtre 5, 1-11

J'exhorte les anciens qui sont parmi vous, moi qui suis ancien avec eux et témoin des souffrances du Christ, moi qui ai part à la gloire qui va être révélée : paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, en veillant sur lui non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non par cupidité, mais par dévouement. N'exercez pas un pouvoir autoritaire sur ceux qui vous sont échus en partage, mais devenez les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le souverain berger, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.

De même, jeunes gens, soyez soumis aux anciens.

Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité, car Dieu s'oppose aux orgueilleux, mais aux humbles il accorde sa grâce.

Humiliez-vous donc sous la main puissante de Dieu, afin qu'il vous élève au moment fixé ; déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car il prend soin de vous.

Soyez sobres, veillez ! Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances sont réservées à vos frères, dans le monde.

Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle en Christ, vous rétablira lui-même après que vous aurez souffert un peu de temps ; il vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. À lui la domination pour les siècles ! Amen.

 

R/ Tout homme qui croit en Jésus Christ

Aura la vie éternelle.

 

Je n'ai rien voulu savoir parmi vous,

Sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.

 

Nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus,

Afin d'être justifiés par la foi au Christ.

Pour un pape (fondateur d’Église, évêque, prêtre, missionnaire)

Sermon de saint Léon le Grand pour son anniversaire épiscopal

L’Église bâtie sur le roc

Mes bien-aimés, lorsqu'il s'agit d’accomplir le service ma charge, je découvre que je suis à la fois faible et lâche, car lorsque je désire agir avec générosité et courage, je suis entravé par la fragilité de ma condition. Cependant j’ai pour moi l’intercession inlassable du Prêtre éternel et tout-puissant qui, semblable à nous mais égal au Père, a abaissé sa divinité jusqu'au niveau de l'homme et haussé son humanité jusqu'à Dieu, et je trouve ma joie, en toute dignité et sainteté, dans les dispositions qu'il a prises. Car, s'il a délégué à de nombreux pasteurs le soin de ses brebis, il n'a pas abandonné lui-même la garde de son troupeau bien aimé.

C’est aussi en vertu de cette assistance fondamentale et éternelle que j'ai reçu la garantie et l’assistance de l'Apôtre Pierre, qui n’abandonne certainement pas son œuvre. Et le fondement solide, sur lequel s'élève toute la hauteur de l'Église, ne se lasse jamais de porter la masse du temple qui repose sur lui.

Elle est perpétuelle, en effet, la solidité de cette foi pour laquelle le premier des Apôtres a été loué par le Christ. De même que dure toujours ce que Pierre a cru dans le Christ, de même dure toujours ce que le Christ a institué en la personne de Pierre. (…) La disposition voulue par la Vérité subsiste donc, et saint Pierre, gardant toujours cette solidité de la pierre, qui lui a été donnée, n'a pas abandonné le gouvernail de l'Église qui lui a été confié.

Il a été ordonné de préférence aux autres. Et ainsi, puisqu'il est appelé la pierre, proclamé le fondement, institué portier du Royaume des cieux, institué juge de ce qu’il faut lier et délier par des sentences qui doivent demeurer jusque dans les cieux, nous pouvons connaître, par les mystères mêmes contenus dans ces appellations, qu’elle était son intimité avec le Christ.

À présent, il s’acquitte plus pleinement et plus puissamment des tâches qui lui ont été confiées et il accomplit toutes ses fonctions et ses responsabilités en Celui et avec Celui par qui il a été glorifié.

C’est pourquoi, s’il m’arrive de bien agir, de bien décider, de fléchir la miséricorde divine par mes prières quotidiennes, cela vient des travaux et des mérites de celui dont, sur son siège, le pouvoir est encore vivant et dont l’autorité continue à triompher.

Voilà ce qu’a obtenu, mes bien-aimés, cette profession de foi, inspirée par Dieu le Père au cœur de l’Apôtre, qui s’éleva au-dessus de toutes les incertitudes des opinions humaines, et reçut la solidité d’une pierre qui ne serait ébranlée par aucun assaut.

Car c’est dans l'Église entière que Pierre dit chaque jour : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ; et toute langue qui confesse ainsi le Seigneur est animée par le magistère de cette parole.

R/ Sur la foi de Pierre,

Jésus a fondé son Église.

Les portes de l’enfer

Ne l’emporteront pas contre elle.

La ville de Dieu, notre Dieu,

Sera affermie pour toujours.

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l'Église

Commentaire sur le psaume 126, PL 9, 696 (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 2, p. 877 rev.)

«  Le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler »

«  Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain travaillent les bâtisseurs. » (Ps 126,1) «  Vous êtes le temple de Dieu, et l'Esprit de Dieu habite en vous. » (1Co 3,16) Cette maison et ce temple de Dieu, rempli des enseignements et des grâces de Dieu, cette demeure qui contient la sainteté du cœur de Dieu, le même prophète lui a rendu ce témoignage : «  Ton temple est saint, merveilleux de justice » (Ps 64,6 Vulg). La sainteté, la justice, la chasteté de l'homme sont un temple pour Dieu.

Cette maison doit donc être bâtie par Dieu. Une construction élevée par le travail des hommes ne dure pas ; ce qui est institué selon les doctrines de ce monde ne tient pas ; nos vains travaux et nos soins attentifs sont des gardiens inutiles.

Il faudra donc bâtir autrement, garder autrement cette maison. Il ne faut pas la fonder sur le sol, sur un sable fluide et fuyant ; il faut poser son fondement sur les prophètes et les apôtres.

Il faut l'élever avec des pierres vivantes, la faire tenir par la pierre d'angle, la faire monter par des assemblages progressifs jusqu'à l'homme parfait et à la stature du corps du Christ (1P 2,5 ; Ep 2,20 ; 4,12-13). Il faut la décorer par l'éclat et la beauté des grâces spirituelles.

Si elle doit être ainsi bâtie par Dieu, c'est-à-dire selon ses enseignements, elle ne tombera pas. Et cette maison s'étendra en plusieurs autres, parce que tout ce qu'édifie chaque fidèle profite à chacun de nous, pour l'embellissement et l'accroissement de la cité bienheureuse.

De cette cité, Dieu est depuis longtemps le gardien vigilant : il protège Abraham dans sa vie nomade, il préserve Isaac de l’immolation, il enrichit Jacob dans sa servitude, il fait de Joseph vendu le chef de l’Égypte, il soutient Moïse devant Pharaon, il choisit Josué comme chef de guerre, il délivre David de tous les dangers, il console Salomon du don de la sagesse, il assiste les prophètes, il ravit Elie au ciel, il choisit Elisée, il nourrit Daniel, il rafraîchit les trois enfants dans la fournaise et s’adjoint à eux. Lorsqu’il est conçu de la Vierge, il instruit Joseph par un ange et il rassure Marie ; il envoie Jean devant lui ; il choisit les Apôtres et il prie le Père en disant Père Saint, garde-les ; quand j’étais avec eux, je les gardais en ton nom. Enfin après la passion, il promet de veiller sur nous et de nous garder éternellement, lorsqu’il dit : Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.

Ce qui garde éternellement cette cité bienheureuse et sainte, c’est qu’elle est une cité pour Dieu, constituée par la réunion d’une multitude dans l’unité, et existant en chacun de nous. C’est donc au Seigneur de bâtir lui-même cette cité, pour qu’elle grandisse jusqu’à atteindre sa consommation. Car si elle n’est pas parfaite dès le début de la construction, au terme la maison est parfaite.

 

R/ Approchons-nous de la pierre vivante,

Rejetée par les hommes, mais choisie par Dieu.

 

Montez à la montagne et rebâtissez ma maison,

dit le Seigneur,

j'y trouverai ma joie et ma gloire.

 

La gloire future de ce temple dépassera l'ancienne,

et dans ce lieu je donnerai la paix.

 

Vous-mêmes, comme pierres vivantes,

entrez dans la construction de l'édifice spirituel.

 

Pour un évêque

Saint Fulgence de Ruspe (467-532), évêque en Afrique du Nord, Sermon 1 ; CCL 91A, 889 (trad. Orval)

«  Les intendants des mystères de Dieu » (1Co 4,1)

Le Seigneur a dit, voulant montrer le devoir spécial des serviteurs qu'il a mis à la tête de son peuple cette parole que rapporte l'Évangile : «  Quel est l'intendant fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge de sa famille pour lui donner en temps voulu la mesure de froment ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera occupé à ce travail !

Qui est ce maître de maison, mes frères ? Le Christ, sans aucun doute, puisqu’il dit à ses disciples : «  Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car je vraiment je le suis » (Jn 13,13)

Et quelle est cette famille du maître ? C'est évidemment celle que le Seigneur lui-même a rachetée du pouvoir de l'ennemi et a transférée dans son royaume. Cette famille sainte est l'Église catholique qui se répand par sa grande fécondité, et qui se glorifie d'avoir été rachetée par la rançon du sang de son Seigneur. Comme lui-même l’a dit : «  Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.

Il est aussi le bon Pasteur, qui a donné sa vie pour ses brebis. Le troupeau du bon pasteur, c’est donc la famille du Rédempteur.

Mais quel est cet intendant, qui doit être en même temps fidèle et sensé ? L'apôtre Paul nous le montre, lorsqu'il dit à propos de lui-même et de ses compagnons : «  Que l'on nous regarde comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l’on demande aux intendants, c'est de se montrer fidèles » (1Co 4,1-2).

Mais personne d’entre nous ne doit penser que les Apôtres sont les seuls à avoir reçu la charge d’intendant ; et le serviteur paresseux, négligeant le devoir du combat spirituel, ne doit pas somnoler, ce qui serait infidèle et insensé. C’est pourquoi le saint Apôtre montre que les évêques sont eux aussi des intendants, lorsqu’il dit : «  il faut que l'évêque soit irréprochable, en sa qualité d’intendant de Dieu » (Tt 1,7).

Nous sommes donc les serviteurs du Père de famille, les intendants du Seigneur, et nous avons reçu la mesure de blé à vous distribuer.

Si nous cherchons ce que signifie cette mesure de froment, c’est encore le saint Apôtre qui nous l’explique, lorsqu’il dit : «  Chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée en partage ».

Ce que le Christ appelle mesure de froment, Paul l’appelle mesure de foi, pour nous faire comprendre que le froment spirituel n’est autre que le mystère adorable de la foi chrétienne. Nous vous distribuons la mesure de ce froment au nom du Seigneur, chaque fois que, éclairés par le don de la grâce qui vient de l’Esprit, nous exposons la doctrine selon la règle de la vraie foi. Et vous recevez cette mesure de froment, par l’intermédiaire des intendants du Seigneur, lorsque vous entendez chaque jour, grâce aux serviteurs de Dieu, la parole de vérité.

R/ Heureux le serviteur fidèle,

Il entre dans la joie de son maître.

Je rends grâce au Seigneur Jésus :

il m’a jugé assez fidèle

pour m’appeler à son service.

En moi la grâce du Seigneur a surabondé

avec la foi et la charité

qui est dans le Christ Jésus.

 

Pour un prêtre

Actes du IIe Concile du Vatican

Le ministère et la vie des prêtres

Le sacrement de l’Ordre configure les prêtres au Christ, Prêtre suprême, pour en faire les ministres de celui qui est la Tête, chargés d’élever et de construire son Corps tout entier, qui est l’Église ; et ils deviennent ainsi les coopérateurs de l’ordre épiscopal. Déjà, ils ont reçu dans la consécration baptismale, comme tous les chrétiens, le signe et le don d’une vocation et d’une grâce telles qu’en dépit de la faiblesse humaine, ils ont le pouvoir et le devoir de tendre à la perfection, selon la parole du Seigneur : «  Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48).

Mais les prêtres sont tenus d’acquérir cette perfection pour un motif particulier : par le sacrement de l’Ordre, ils ont été consacrés à Dieu d’une manière nouvelle pour devenir les instruments vivants du Christ, Prêtre éternel ; ils sont habilités à poursuivre au long du temps l’action admirable par laquelle, dans sa puissance souveraine, il a rassemblé la communauté humaine tout entière.

Puisque tout prêtre, à sa manière, tient la place du Christ en personne, il est doté aussi d’une grâce particulière ; cette grâce le rend plus capable de tendre, par le service des hommes qui lui sont confiés et du Peuple de Dieu tout entier, vers la perfection de Celui qu’il représente ; c’est encore au moyen de cette grâce que sa faiblesse d’homme charnel se trouve guérie par la sainteté de Celui qui s’est fait pour nous le Grand Prêtre «  saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs » (He 7, 26).

Le Christ que le Père a sanctifié (c’est-à-dire consacré) et envoyé dans le monde «  s’est donné pour nous, afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. C’est ainsi que, par la souffrance, il est entré dans sa gloire. Semblablement, les prêtres, consacrés par l’onction du Saint-Esprit et envoyés par le Christ, font mourir leur comportement charnel et se doivent tout entiers au service des hommes : telle est la sainteté dont ils sont dotés dans le Christ et qui leur permet de s’approcher de l’Homme parfait.

Ainsi donc, en exerçant le ministère de l’Esprit et de la justice, pourvu qu’ils soient dociles à l’Esprit du Christ, qui leur donne la vie et les conduit, ils s’enracinent dans la vie spirituelle. Ce qui ordonne leur vie à la perfection, ce sont leurs actes liturgiques de chaque jour. C’est aussi leur ministère tout entier qu’ils exercent en communion avec l’évêque et les autres prêtres.

La sainteté des prêtres est d’un apport essentiel pour rendre fructueux le ministère qu’ils accomplissent ; sans doute, la grâce de Dieu  peut réaliser l’œuvre du salut même par des ministres indignes ; cependant, en règle ordinaire, Dieu préfère manifester ses merveilles par des hommes vraiment dociles à l’impulsion et à la conduite du Saint-Esprit, par des hommes à qui leur union intime avec le Christ et la sainteté de leur vie permet de dire avec l’Apôtre : «  Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

Ne viens pas seul au festin du Royaume ;

sur tes chemins, crie la nouvelle :

«  La promesse est un pain

donné pour le partage :

Dieu vous presse d'entrer

dans l'unique demeure

et vous rassemble dans l'amour. »

R/ Jésus, espérance des hommes,

fais de nous les témoins de ton salut.

Je suis venu apporter le feu sur la terre,

je veux qu'il se répande et qu'il brûle.

Je suis venu pour que tous aient la vie

et la reçoivent en plénitude.

Je suis venu chercher ce qui était perdu,

non pas en Juge mais en Sauveur.

 

Pour un missionnaire

Concile Vatican II – Décret sur l'activité missionnaire de l'Église «  Ad Gentes », § 4-5

L’activité missionnaire de l’Église

Le Seigneur Jésus, avant de donner librement sa vie pour le monde, a organisé le ministère apostolique et promis d’envoyer le Saint-Esprit afin que ce ministère et cette mission soient associés toujours et partout pour réaliser l’œuvre du salut. À toutes les époques, c’est le Saint-Esprit qui unifie l’Église tout entière dans la communion et le ministère, et qui la pourvoit de divers dons hiérarchiques et charismatiques. Comme leur âme, il donne vie aux institutions ecclésiastiques, et il met dans le cœur des fidèles cet élan missionnaire qui avait poussé le Christ lui-même. Parfois aussi, il devance visiblement l’action apostolique, de même qu’il ne cesse de l’accompagner et de la diriger en bien des manières.

Dès le début de son ministère, le Seigneur Jésus appela à lui ceux qu’il voulut, et en institua douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher. Les Apôtres furent ainsi les germes de l’Israël nouveau et en même temps l’origine de la hiérarchie. Puis, lorsqu’il eut en une seule fois, par sa mort et sa résurrection, accompli en sa personne les mystères de notre salut et de la restauration universelle, le Seigneur, qui avait reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre, fonda son Église comme le sacrement du salut, avant d’être enlevé au ciel. De même qu’il avait été envoyé lui-même par le Père, il envoya ses Apôtres dans le monde entier en leur donnant cet ordre : “Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés”.

C’est ainsi que l’Église a le devoir de propager la foi et le salut apportés par le Christ, en vertu du mandat exprès que les Apôtres ont laissé en héritage à l’Ordre des évêques, assisté par les prêtres et uni au successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église, et aussi en vertu de l’influx vital que le Christ communique à ses membres.

Voici par quelle activité l’Église accomplit sa mission. Elle obéit à l’ordre du Christ en étant mue par la grâce de l’Esprit Saint et par la charité. Effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, elle les conduit à la foi, à la liberté et à la paix du Christ par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce. C’est ainsi qu’elle se manifeste à eux comme une route libre et sûre pour les faire participer en plénitude au mystère du Christ.

Tu révèles ta puissance :

devant son pur éclat

notre vide nous saisit ;

nous confessons notre péché.

mais toi, Dieu fort,

tu apaises la crainte

et nous envoies porter aux hommes

la confiance des sauvés.

R/ Sur ton ordre, Seigneur,

nous dirons ta parole.

Avance au large et ne crains pas ;

je suis avec vous tous les jours

jusqu'à la fin du monde.

Je vous donne ma paix :

comme mon Père m'a envoyé,

moi aussi je vous envoie.

Je vous baptiserai dans l'Esprit et le feu ;

vous serez mes témoins

jusqu'aux limites du monde.

Dans le monde vous aurez à souffrir,

mais gardez courage,

j'ai vaincu le monde.


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