Commun des docteurs de l’Église
Première lecture :
Avent, Noël, Carême : Sg 7, 7-16.22-30
Temps Pascal : 1 Co 2, 1-16
Temps Ordinaire : Si 39, 1-10
Livre de la Sagesse 7, 7-16.22-30
J’ai prié et le discernement m'a été donné, j'ai imploré et l'esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l'ai préférée aux sceptres et aux trônes, auprès d'elle, j'ai estimé néant la richesse ; je ne l'ai pas comparée à la pierre inestimable car tout l'or du monde, face à elle, ne serait qu'un peu de sable et l'argent, devant elle, paraîtrait de la boue. Plus que la santé et la beauté je l'ai aimée, et je décidai de l'avoir pour lumière, car sa clarté ne connaît pas de déclin.
Mais avec elle, elle m'a apporté tous les biens à la fois, elle tenait dans ses mains une richesse incalculable. J'ai profité de tous ces biens, les sachant dirigés par la Sagesse ; j'ignorais pourtant qu'elle-même en était l'auteur. Ce que j'ai appris avec simplicité, j'en fais part sans réserve, je ne tairai pas sa richesse. Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable. Ceux qui l'ont exploité se sont concilié l'amitié de Dieu, recommandés à lui par les dons provenant de l'éducation.
Que Dieu m'accorde de parler avec intelligence et de concevoir des pensées dignes des dons reçus, car c'est lui qui guide la Sagesse et dirige les sages. Il tient en son pouvoir et nous-mêmes et nos paroles, tout savoir et toute science des techniques. L’artisane de l’univers, la Sagesse, m’a instruit.
Car il y a en elle un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, distinct, sans tache, clair, inaltérable, aimant le bien, diligent, indépendant, bienfaisant, ami de l'homme, ferme, assuré, tranquille, qui peut tout, surveille tout, et pénètre tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils. Aussi la Sagesse est-elle plus mobile qu'aucun mouvement, à cause de sa pureté, elle passe et pénètre à travers tout. Elle est un effluve de la puissance de Dieu, une pure irradiation de la gloire du Tout-Puissant ; c'est pourquoi nulle souillure ne se glisse en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle un miroir sans tache de l'activité de Dieu et une image de sa bonté.
Comme elle est unique, elle peut tout ; demeurant en elle-même, elle renouvelle l'univers et, au long des âges, elle passe dans les âmes saintes pour former des amis de Dieu et des prophètes. Car seuls sont aimés de Dieu ceux qui partagent l'intimité de la Sagesse. Elle est plus radieuse que le soleil et surpasse toute constellation. Comparée à la lumière, sa supériorité éclate : la nuit succède à la lumière, mais le mal ne prévaut pas sur la Sagesse.
Comme à l'aube du premier jour
La parole de Dieu créait l'univers comme à l'heure de midi
La Lumière épousait notre chair de souffrance
Pour la transfigurer,
Aujourd'hui encore, et par-delà le temps,
Le Verbe de vie consacre le monde
En son Eucharistie.
R/ Qu'il nous soit fait, Seigneur,
Selon ta Parole.
L'heure vient, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu,
Ceux qui l'entendent vivent !
Celui qui garde ma Parole,
Mon Père l'aimera,
Et nous viendrons en lui !
Demeurez dans ma Parole :
Vous connaîtrez la Vérité,
Et la Vérité vous fera libres !
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2, 1-16
La Sagesse de Dieu
Moi-même, quand je suis venu chez vous, frères, ce n'est pas avec le prestige de la parole ou de la sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu. Car j'ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. Aussi ai-je été devant vous faible, craintif et tout tremblant ; ma parole et ma prédication n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, mais elles étaient une démonstration faite par la puissance de l'Esprit, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.
Pourtant, c'est bien une sagesse que nous enseignons aux chrétiens adultes, sagesse qui n'est pas de ce monde ni des princes de ce monde, voués à la destruction. Nous enseignons la sagesse de Dieu, mystérieuse et demeurée cachée, que Dieu, avant les siècles, avait d'avance destinée à notre gloire. Aucun des princes de ce monde ne l'a connue, car s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, c'est ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, et ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. En effet, c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Qui donc parmi les hommes connaît ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même, ce qui est en Dieu, personne ne le connaît, sinon l'Esprit de Dieu. Pour nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu. Et nous n'en parlons pas dans le langage qu'enseigne la sagesse humaine, mais dans celui qu'enseigne l'Esprit, exprimant ce qui est spirituel en termes spirituels. L'homme laissé à sa seule nature n'accepte pas ce qui vient de l'Esprit de Dieu. C'est une folie pour lui, il ne peut le connaître, car c'est spirituellement qu'on en juge. L'homme spirituel, au contraire, juge de tout et n'est lui-même jugé par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour l'instruire ? Or nous, nous avons la pensée du Christ.
R/ Le secret de Dieu est confié
À ceux qui le craignent,
Son alliance leur est manifestée.
Je n’ai rien voulu savoir parmi vous
Sinon Jésus Christ, Jésus crucifié.
C’est bien de sagesse
Que nous parlons parmi les parfaits,
Sagesse mystérieuse, destinée à notre gloire.
Tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment,
Il nous l’a révélé par l’Esprit.
Livre de l’Ecclésiastique 39, 1-10
Le sage s’applique à réfléchir sur la loi du Très-Haut, il étudie la sagesse de tous les anciens et consacre ses loisirs aux prophéties. Il conserve les récits des hommes renommés et pénètre dans les détours des paraboles. Il étudie le sens caché des proverbes, il passe sa vie parmi les énigmes des paraboles.
Chez les grands il assure un service et il se fait voir parmi les chefs. Il voyage dans le pays des nations étrangères, car il sait d'expérience ce qui est bien et mal chez les hommes.
Il applique son cœur à aller de bon matin auprès du Seigneur qui l'a créé et, en présence du Très-Haut, il prie. Il ouvre sa bouche pour prier et, pour ses péchés, il supplie.
Si le Seigneur Grand le veut, il sera rempli de l'esprit d'intelligence. Il fera pleuvoir les paroles de sa sagesse et dans sa prière il louera le Seigneur. Il possédera la rectitude du jugement et de la science et il réfléchira sur les secrets de Dieu. Il fera briller l'instruction qu'on lui a donnée et dans la loi de l'alliance du Seigneur il mettra son orgueil.
Beaucoup loueront son intelligence et jamais elle ne sera effacée de leur mémoire. Son souvenir ne disparaîtra pas et son nom vivra de génération en génération. Des nations parleront de sa sagesse, et l'assemblée proclamera sa louange.
R/ À toi, Seigneur notre Dieu, les choses cachées,
À nous celles que tu nous as révélées
Pour que nous vivions de ta Parole.
Le Seigneur vous a donné un cœur pour connaître,
Des yeux pour voir, des oreilles pour entendre.
Voici l’alliance jurée par le Seigneur :
Il fera de toi un grand peuple, et lui sera ton Dieu.
Que nul d’entre vous ne détourne son cœur du Seigneur
En allant servir les dieux des nations.
Traité de Guillaume de Saint-Thierry (ou Vatican II)
C’est dans le Saint-Esprit qu’il faut chercher l’intelligence de la foi
Pour toi, âme fidèle, lorsque ta nature hésite devant les mystères trop profonds de la foi, dis sans crainte, non pour t’opposer, mais avec le désir d’obéir : Comment cela arrivera-t-il ? Que ta question soit une prière, qu’elle soit amour, piété, humble désir. Qu’elle ne scrute pas avec hauteur la majesté divine, mais cherche le salut dans les moyens de salut du Dieu de notre délivrance. Alors l’Ange du grand Conseil te répondra : Lorsque viendra le consolateur que je vous enverrai du Père, il rendra témoignage de moi et vous enseignera toutes choses : toute vérité vous viendra de l’Esprit de vérité. Qui donc connaît les secrets de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, nul ne connaît les secrets de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Hâte-toi donc de communier à l’Esprit Saint. Il est là dès qu’on l’invoque ; si on l’invoque, c’est qu’il est déjà présent. Appelé, il vient ; il arrive dans l’abondance des bénédictions divines. C’est lui le fleuve impétueux qui réjouit la cité de Dieu. Lors de sa venue, s’il te trouve humble et sans inquiétude, mais tremblant à la parole de Dieu, il reposera sur toi et te révélera ce que Dieu cache aux sages et aux prudents de ce monde. Commenceront à briller pour toi toutes ces vérités que la Sagesse pouvait dire aux disciples alors qu’elle était sur terre, mais qu’ils ne pouvaient porter avant la venue de l’Esprit de vérité qui leur enseignerait toute vérité.
Pour recevoir et apprendre cette vérité, il est vain d’attendre de la bouche d’un homme ce qu’il n’a pu recevoir ni apprendre des lèvres de la Vérité elle-même. Car, selon l’affirmation de cette vérité, Dieu est Esprit ; et, de même que ceux qui l’adorent doivent nécessairement l’adorer en esprit et en vérité, de même ceux qui désirent le connaître ne doivent chercher que dans l’Esprit Saint l’intelligence de la foi et le sens de cette vérité pure et sans mélange. Parmi les ténèbres et l’ignorance de cette vie, il est lui-même pour les pauvres en esprit la lumière qui éclaire, la charité qui attire, la douceur qui saisit, il est l’accès de l’homme auprès de Dieu, l’amour de celui qui aime, la piété de celui qui se livre sans réserve. C’est lui qui, de conviction en conviction, révèle aux croyants la justice de Dieu ; il donne grâce pour grâce, et à la foi qui s’attache à l’écoute de la Parole, il donne en retour la foi illuminée.
R/ Vivante est la Parole de Dieu,
Plus pénétrante qu'un glaive.
Fils d'homme, je t'ai fait sentinelle :
De ma part, tu avertiras mon peuple.
Fils d'homme, porte-leur mes paroles,
Qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas.
Actes du IIème Concile du Vatican
La révélation divine
Le Christ Seigneur, en qui s’achève toute la Révélation du Dieu très haut (cf. 1 Co 1, 30 ; 3, 16-4, 6), ayant accompli lui-même et proclamé de sa propre bouche l’Évangile d’abord promis par les prophètes, ordonna à ses Apôtres de le prêcher à tous comme la source de toute vérité salutaire et de toute règle morale, en leur communiquant les dons divins. Ce qui fut fidèlement exécuté, soit par les Apôtres, qui, par la prédication orale, par leurs exemples et des institutions, transmirent, ce qu’ils avaient appris de la bouche du Christ en vivant avec lui et en le voyant agir, ou ce qu’ils tenaient des suggestions du Saint-Esprit, soit par ces Apôtres et par des hommes de leur entourage, qui, sous l’inspiration du même Esprit Saint, consignèrent par écrit le message du salut.
Mais pour que l’Évangile fût toujours gardé intact et vivant dans l’Église, les Apôtres laissèrent pour successeurs des évêques, auxquels ils « remirent leur propre fonction d’enseignement ».
La Tradition reçue des Apôtres comprend tout ce qui contribue à conduire saintement la vie du peuple de Dieu et à en augmenter la foi ; ainsi l’Église perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit.
Cette Tradition qui vient des Apôtres progresse dans l’Église, sous l’assistance du Saint-Esprit ; en effet, la perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s’accroît, soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur cœur (cf. Lc 2, 19.51), soit par l’intelligence intérieure qu’ils éprouvent des réalités spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, ont reçu un charisme certain de vérité. Ainsi l’Église, tandis que les siècles s’écoulent, tend constamment vers la plénitude de la divine vérité, jusqu’à ce que soient accomplies en elle les paroles de Dieu.
L’enseignement des saints Pères atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et dans la vie de l’Église qui croit et qui prie. C’est cette même tradition, qui fait connaître à l’Église le canon intégral des Livres Saints ; c’est elle aussi qui, dans l’Église, fait comprendre cette Écriture Sainte et la rend continuellement opérante. Ainsi Dieu, qui a parlé jadis, ne cesse de converser avec l’Épouse de son Fils bien-aimé, et l’Esprit Saint, par qui la voix vivante de l’Évangile retentit dans l’Église et, par l’Église, dans le monde, introduit les croyants dans la vérité tout entière et fait que la parole du Christ réside en eux avec toute sa richesse (cf. Col 3, 16).
R/ C'est toi le chemin, la vérité, la vie,
Jésus, Fils de Dieu !
Qui veut trouver le Père
Doit passer par toi.
Tu nous conduis
Vers la joie sans déclin.
Commun des vierges
Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 7, 25-40
Au sujet des vierges, je n'ai pas d'ordre du Seigneur ; c'est un avis que je donne, celui d'un homme qui, par la miséricorde du Seigneur, est digne de confiance. Je pense que c'est un avantage, à cause des angoisses présentes, oui, on a avantage à rester ainsi. Es-tu lié à une femme ? Ne cherche pas à rompre. N'es-tu pas lié à une femme ? Ne cherche pas de femme. Si cependant tu te maries, tu ne pèches pas ; et si une vierge se marie, elle ne pèche pas. Mais les gens mariés auront de lourdes épreuves à supporter et moi, je voudrais vous les épargner.
Voici ce que je dis, frères : le temps est écourté. Désormais, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'en avaient pas, ceux qui pleurent comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui se réjouissent comme s'ils ne se réjouissaient pas, ceux qui achètent comme s'ils ne possédaient pas, ceux qui tirent profit de ce monde comme s'ils n'en profitaient pas vraiment. Car la figure de ce monde passe. Je voudrais que vous soyez exempts de soucis. Celui qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur : il cherche comment plaire au Seigneur. Mais celui qui est marié a souci des affaires du monde : il cherche comment plaire à sa femme, et il est partagé. De même la femme sans mari et la jeune fille ont souci des affaires du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit. Mais la femme mariée a souci des affaires du monde : elle cherche comment plaire à son mari. Je vous dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour que vous fassiez ce qui convient le mieux et que vous soyez attachés au Seigneur, sans partage.
Si quelqu'un, débordant d'ardeur, pense qu'il ne pourra pas respecter sa fiancée et que les choses doivent suivre leur cours, qu'il fasse selon son idée. Il ne pèche pas : qu'ils se marient. Mais celui qui a pris dans son cœur une ferme résolution, hors de toute contrainte et qui, en pleine possession de sa volonté, a pris en son for intérieur la décision de respecter sa fiancée, celui-là fera bien. Ainsi celui qui épouse sa fiancée fait bien, et celui qui ne l'épouse pas fera encore mieux.
La femme est liée à son mari aussi longtemps qu'il vit. Si le mari meurt, elle est libre d'épouser qui elle veut, mais un chrétien seulement. Cependant elle sera plus heureuse, à mon avis, si elle reste comme elle est ; et je crois, moi aussi, avoir l'Esprit de Dieu.
Pourquoi garder toute la nuit
Vos lampes allumées ?
Pourquoi donner à votre vie
Le sens d'une attente infinie ?
Quelle espérance vous tient éveillées,
Vierges sages,
Et quelle promesse de joie ?
R/ Heureux les invités aux noces de l'Agneau !
Vers la ténèbre lumineuse ses regards sont levés,
Et Dieu qui vous attend comblera seul votre quête.
Pour une perle sans prix, vous avez tout quitté,
Les mains ouvertes et libres en l'offrande.
À votre humble fierté, l'Église, joyeuse,
Reconnaît son visage, sa grâce de fiancée.
À travers l'amour qui brûle en vous,
Servantes du Seigneur,
Le cœur de Dieu nous presse de l'aimer sans partage.
TRAITE DE SAINT CYPRIEN, DE CARTHAGE (ou Vatican II)
« Fiancées à un époux unique », le Christ.
Maintenant, c'est aux vierges que je m'adresse. Plus leur dignité est élevée, plus il faut en prendre soin. Elles sont la fleur de cette plantation qu'est l'Église, la gloire et la beauté de la grâce donnée par l'Esprit, notre joie vivante, un chef-d'œuvre intact et incorruptible de réussite et de dignité, une image de Dieu reflétant la sainteté du Seigneur, elles sont la partie la plus illustre du troupeau du Christ. L'Église trouve en elles sa joie et c'est en elles que s'épanouit sa glorieuse fécondité maternelle. Aussi, plus le nombre des vierges augmente, plus la joie de la mère s'accroît. C'est à elles que je parle, c'est elles que j'exhorte en vertu de mon affection plus que de mon autorité. Conscient d'être le dernier et le plus petit, je ne prétends pas censurer le désordre, mais par sollicitude vous inciter à la plus grande prudence pour échapper aux assauts du démon.
Ce n'est pas là une prudence inutile, une crainte sans fondement : elle montre le chemin du salut, elle aide à garder les préceptes de vie donnés par le Seigneur. Elle permet à celles qui se sont consacrées au Christ et qui renoncent aux désirs de la chair pour se vouer à Dieu corps et âme, d'accomplir parfaitement leur œuvre, destinée à une grande récompense. Elles ne doivent plus chercher à se parer pour plaire, sinon à leur Seigneur, dont elles attendent le salaire de leur virginité.
Gardez votre état de virginité, gardez-vous telles que vous devez être. Une grande récompense vous attend, la précieuse couronne de la vertu qui est le don parfait de la chasteté. Ce que nous serons un jour, vous avez déjà commencé à l'être. Dès ici-bas, vous possédez la gloire de la résurrection, vous traversez ce monde sans que la contagion du monde vous atteigne : en persévérant dans la chasteté et la virginité, vous égalez les anges de Dieu. Mais, pour que cette virginité demeure intacte et solide, il faut qu'elle persévère sur le chemin où elle est courageusement entrée ; il faut donc qu'elle ne recherche pas la beauté des bijoux et des vêtements, mais celle de la vie.
Écoutez la voix de l'Apôtre, que le Seigneur appelait son instrument de choix et qu'il a envoyé pour faire connaître des commandements célestes. Le premier homme, dit-il, était pétri de terre le deuxième homme vient du ciel. Puisque le premier était pétri de terre, comme lui les hommes appartiennent à la terre. Puisque le deuxième appartient ait ciel, comme lui les hommes appartiennent ait ciel. De même que nous portons l'image de celui qui est pétri de terre, de même portons l'image de celui qui vient du ciel. Telle est l'image que porte la virginité, que porte l'intégrité, la sainteté, la vérité,
R/ Ma part, le roc de mon cœur,
c'est Dieu pour toujours.
Laissez l'amour poursuivre en vous son œuvre
jusqu'au jour de Jésus Christ.
Ouvrez les yeux à la lumière de l'amour,
vous serez purs et sans reproche
au jour de Jésus Christ.
Actes du IIe Concile Vatican II
La rénovation de la vie religieuse
Dès les origines de l’Église, il y eut des hommes et des femmes qui voulurent, par la pratique des conseils évangéliques, suivre plus librement le Christ et l’imiter plus fidèlement et qui, chacun à sa manière, menèrent une vie consacrée à Dieu. Beaucoup parmi eux, sous l’impulsion de l’Esprit Saint, vécurent dans la solitude, ou bien fondèrent des familles religieuses que l’Église accueillit volontiers et approuva de son autorité. À partir de là se développa providentiellement une admirable variété de communautés religieuses qui contribuèrent beaucoup à ce que l’Église non seulement fût apte à toute bonne œuvre (cf. 2 Tm 3, 17) et prête pour l’exercice de son ministère en vue de l’édification du Corps du Christ (cf. Ep 4, 12), mais encore apparût embellie des dons variés de ses enfants comme une épouse parée pour son époux (cf. Ap 21, 2), et que par elle fussent manifestées les ressources multiples de la sagesse de Dieu (cf. Ep 3, 10).
Dans une telle variété de dons, tous ceux que Dieu appelle à la pratique des conseils évangéliques et qui en font profession, se vouent au Seigneur de façon spéciale en suivant le Christ chaste et pauvre (cf. Mt 8, 20 ; Lc 9, 58), qui par son obéissance jusqu’à la mort de la croix (cf. Ph 2, 8) a racheté les hommes et les a sanctifiés. Poussés dans cette voie par la charité que l’Esprit Saint a répandue dans leurs cœurs (cf. Rm 5, 5), ils vivent toujours davantage pour le Christ et pour son Corps qui est l’Église (cf. Col 1, 24). C’est pourquoi, plus fervente est leur union au Christ par cette donation d’eux-mêmes qui embrasse toute leur existence, plus riche devient la vie de l’Église et plus fécond son apostolat.
Les membres de tout institut religieux se rappelleront principalement que par la profession des conseils évangéliques ils ont répondu à une vocation divine de sorte que, non seulement morts au péché (cf. Rm 6, 11) mais encore renonçant au monde, ils ne vivent que pour Dieu seul. Ils ont en effet dédié entièrement leur vie à son service ; et ceci constitue précisément une consécration particulière qui s’enracine intimement dans la consécration du baptême et l’exprime avec plus de plénitude.
Que ceux qui professent les conseils évangéliques cherchent Dieu et l’aiment avant tout, lui qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10) et qu’en toutes circonstances ils s’appliquent à entretenir dans la vie cachée en Dieu avec le Christ (cf. Col 3, 3), d’où s’épanche et se fait pressant l’amour du prochain pour le salut du monde et l’édification de l’Église. Par cette charité aussi est vivifiée et régie la pratique elle-même des conseils évangéliques.
La chasteté « pour le Royaume des cieux » (Mt 19, 12), dont les religieux font profession, doit être regardée comme un don éminent de la grâce. Elle libère singulièrement le cœur de l’homme (cf. 1 Co 7, 32-35) pour qu’il brûle de l’amour de Dieu et de tous les hommes ; c’est pourquoi elle est un signe particulier des biens célestes, ainsi qu’un moyen très efficace pour les religieux de se consacrer sans réserve au service divin et aux œuvres de l’apostolat.
Ils évoquent ainsi aux yeux de tous les fidèles cette admirable union établie par Dieu et qui doit être pleinement manifestée dans le siècle futur, par laquelle l’Église a le Christ comme unique époux.
R/ Voix de mon Bien-aimé qui frappe à la porte :
"Ouvre-moi !"
Si quelqu'un entend ma voix,
Ensemble, nous prendrons notre repas,
Moi près de lui, lui près de moi.
Si quelqu'un garde ma parole,
Mon Père l'aimera,
Et nous viendrons à lui.
Commun des saints
Première lecture :
Avent, Noël, Carême : Sg 5, 1-15 ou Ph 1, 29 – 2, 16
Temps Pascal : Ap 14, 1-5 ; 19, 5-10
Temps Ordinaire : Col 3, 1-17 ou Rm 12, 1-21
ou pour un saint qui a été marié : 1 P 3, 7-17 (Avent et temps de Noël) ou Ep 5, 21 – 32 (temps ordinaire)
Pour un saint religieux :
Avent, Noël, Temps Pascal : Ep 4, 1-24
Temps Ordinaire : Ph 3, 7-4, 1.4-9
Pour un saint ayant exercé une activité caritative :
Avent, Noël, Temps Pascal : 1 Jn 4, 7-21
Temps Ordinaire : 1 Co 12, 31 – 13,13
Livre de la Sagesse 5, 1-15
Le juste se tiendra debout, avec une belle assurance, face à ceux qui l'opprimèrent et qui méprisaient ses efforts. À sa vue, ils seront secoués d'une peur terrible, stupéfaits de le voir sauvé contre toute attente. Ils se diront entre eux, pleins de remords et gémissant, le souffle court :
« C'est lui que jadis nous tournions en ridicule et dont nous faisions un objet de sarcasme. Insensés, nous avons jugé sa vie une pure folie et sa mort déshonorante. Comment donc a-t-il été admis au nombre des fils de Dieu et partage-t-il le sort des saints ?
Ainsi nous nous sommes égarés loin du chemin de la vérité, la lumière de la justice ne nous a pas éclairés et le soleil ne s'est pas levé pour nous. Nous avons marché jusqu'au dégoût dans les sentiers de l'injustice et de la perdition, traversé des déserts sans pistes, mais nous n'avons pas connu la voie du Seigneur. À quoi nous a servi notre arrogance ?
Que nous a rapporté la richesse dont nous nous vantions ? Tout cela s'est évanoui comme l'ombre, comme un message porté en courant. Tel le navire qui fend l'onde agitée sans qu'on puisse retrouver la trace de son passage ou le sillage de sa carène dans les flots ; tel encore l'oiseau qui vole à travers les airs et ne laisse de son trajet aucune marque perceptible, car l'air léger, frappé à coups de rémiges, fendu par le puissant élan des ailes qui battent, est traversé sans qu'on y trouve ensuite l'indice de son passage ; telle la flèche lancée vers le but, quand l'air déchiré revient aussitôt sur lui-même, si bien qu'on ignore la trajectoire suivie ; ainsi nous-mêmes, à peine nés, nous avons disparu et n'avons pu montrer aucune trace de vertu ; nous nous sommes consumés dans le vice ». Oui, l'espoir de l'impie est pareil à la bale emportée par le vent, ou à l'écume légère que chasse l'ouragan ; il se dissipe comme fumée au vent, il s'évanouit comme le souvenir de l'hôte d'un jour.
Mais les justes vivent pour toujours ; leur salaire dépend du Seigneur et le Très-Haut prend soin d'eux.
R/ Voyez quel grand amour nous est donné !
Enfants de Dieu, nous le sommes,
Discernés par avance dans le Fils unique.
Nos yeux sont fixés sur la cité de fête
Où nous verrons le visage de Dieu.
Au-delà de toute souffrance,
Une joie éternelle nous attend.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1, 29 – 2, 16
Dieu vous a fait la grâce, à l'égard de Christ, non seulement de croire en lui mais encore de souffrir pour lui, en livrant le même combat que vous m'avez vu mener et que, vous le savez, je mène encore.
S'il y a donc un appel en Christ, un encouragement dans l'amour, une communion dans l'Esprit, un élan d'affection et de compassion, alors comblez ma joie en vivant en plein accord. Ayez un même amour, un même cœur ; recherchez l'unité ; ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres. Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus Christ : lui qui est de condition divine n'a pas considéré comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu. Mais il s'est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme, il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, à la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que le Seigneur, c'est Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père.
Ainsi, mes bien-aimés, vous qui avez toujours été obéissants, soyez-le non seulement en ma présence, mais bien plus maintenant, en mon absence ; avec crainte et tremblement mettez en œuvre votre salut, car c'est Dieu qui fait en vous et le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant. Agissez en tout sans murmures ni réticences, afin d'être sans reproche et sans compromission, enfants de Dieu sans tache au milieu d'une génération dévoyée et pervertie, où vous apparaissez comme des sources de lumière dans le monde, vous qui portez la parole de vie : c'est ma gloire pour le jour de Christ, puisque je n'aurai pas couru pour rien ni peiné pour rien.
R/ Je peux tout en celui qui me fortifie.
Dans les faiblesses, les insultes,
Les contraintes, les persécutions et les angoisses,
Lorsque je suis faible,
C'est alors que je suis fort.
Livre de l’Apocalypse de saint Jean 14, 1-5 ; 19, 5-10
Je vis l'Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui les cent quarante-quatre mille qui portent son nom et le nom de son père écrits sur leurs fronts. Et j'entendis une voix venant du ciel, comme la voix des océans, comme le grondement d'un fort coup de tonnerre, et la voix que j'entendis était comme le chant de joueurs de harpe touchant leurs instruments. Ils chantaient un cantique nouveau, devant le trône, devant les 4 animaux et les anciens. Et nul ne pouvait apprendre ce cantique, sinon les 144.000, les rachetés de la terre. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ils suivent l'agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes comme prémices pour Dieu et pour l'agneau, et dans leur bouche ne s'est point trouvé de mensonge : ils sont irréprochables.
Alors sortit du trône une voix qui disait : « Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! Et j'entendis comme la rumeur d'une foule immense, comme la rumeur des océans, et comme le grondement de puissants tonnerres. Ils disaient : Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu Tout-Puissant, a manifesté son Règne. Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse et rendons-lui gloire, car voici les noces de l'agneau. Son épouse s'est préparée, il lui a été donné de se vêtir d'un lin resplendissant et pur, car le lin, ce sont les œuvres justes des saints. »
Un ange me dit : Écris ! Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l'agneau ! Puis il me dit : Ce sont les paroles mêmes de Dieu. Alors je me prosternai à ses pieds pour l'adorer, mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis un compagnon de service, pour toi et pour tes frères qui gardent le témoignage de Jésus. C'est Dieu que tu dois adorer, car le témoignage de Jésus, c'est l'esprit de la prophétie.
R/ Prémices pour Dieu et pour l’Agneau,
Les saints suivent le Christ partout où il va.
Voici qu’un Agneau apparut à mes yeux,
Cent quarante-quatre milliers l’entourent,
Portant sur le front son nom et le nom de son Père.
Une voix partit du trône :
Louez notre Dieu, tous ses serviteurs,
Vous qui le craignez, petits et grands.
Rendons gloire à Dieu,
Car voici les noces de l’Agneau,
Son Epouse s’est vêtue de lin resplendissant.
Première lettre de saint Pierre Apôtre 3, 7-17
Vous les maris, de même, menez la vie commune en tenant compte de la nature plus délicate de vos femmes ; montrez-leur du respect, puisqu'elles doivent hériter avec vous la grâce de la vie, afin que rien n'entrave vos prières.
Enfin, soyez tous dans de mêmes dispositions, compatissants, animés d'un amour fraternel, miséricordieux, humbles. Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l'insulte pour l'insulte ; au contraire, bénissez, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction.
En effet, qui veut aimer la vie et voir des jours heureux doit garder sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, se détourner du mal et faire le bien, rechercher la paix et la poursuivre. Car les yeux du Seigneur sont sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leur prière ; mais la face du Seigneur se tourne contre ceux qui font le mal.
Et qui vous fera du mal, si vous vous montrez zélés pour le bien ? Bien plus, au cas où vous auriez à souffrir pour la justice, heureux êtes-vous.
N'ayez d'eux aucune crainte et ne soyez pas troublés ; mais sanctifiez dans vos cœurs le Christ qui est Seigneur. Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte. Mais que ce soit avec douceur et respect, en ayant une bonne conscience, afin que, sur le point même où l'on vous calomnie, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient confondus. Car mieux vaut souffrir en faisant le bien, si telle est la volonté de Dieu, qu'en faisant le mal.
Qui peut saisir le langage des étoiles,
Qui peut surprendre la musique des âmes,
Qui saura d'un cœur assez libre
Connaître la Parole de la vie ?
R/ Celui que ton Esprit habite, Seigneur,
Accueille les secrets du Père.
Heureux l'homme dont le regard
Traverse l'invisible
Pour chercher ton visage.
Heureux l'homme dont l'esprit
Découvre la sagesse
Dans la folie de la croix.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5, 21 - 32
Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable. C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même. Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture :
À cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église.
R/ Dieu créa l'homme à son image :
Homme et femme il les créa.
Une femme parfaite est la joie de son mari ;
Il passera dans la paix les années de sa vie.
La grâce d'une femme est à l'intérieur du cœur,
Parure incorruptible d'un esprit doux et paisible.
Le Christ est l'époux de l'Église ;
Il l'a aimée et s'est livré pour elle.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3, 1-17
Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ; c'est en haut qu'est votre but, non sur la terre. Vous êtes morts, en effet, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.
Faites donc mourir ce qui en vous appartient à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais et cette cupidité, qui est une idolâtrie. Voilà ce qui attire la colère de Dieu, voilà quelle était votre conduite autrefois, ce qui faisait votre vie. Maintenant donc, vous aussi, débarrassez-vous de tout cela : colère, irritation, méchanceté, injures, grossièreté sortie de vos lèvres. Plus de mensonge entre vous, car vous vous êtes dépouillés du vieil homme, avec ses pratiques, et vous avez revêtu l'homme nouveau, celui qui, pour accéder à la connaissance, ne cesse d'être renouvelé à l'image de son créateur ; là, il n'y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis, barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et en tous.
Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et si l'un a un grief contre l'autre, pardonnez-vous mutuellement ; comme le Seigneur vous a pardonnés, faites de même, vous aussi. Et par-dessus tout, revêtez l'amour : c'est le lien parfait. Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance.
Que la parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse : instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres avec pleine sagesse ; chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance, par des psaumes, des hymnes et des chants inspirés par l'Esprit. Tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père.
R/ Ressuscités avec le Christ,
Cherchons les choses d'en haut.
Vous qui êtes baptisés dans le Christ,
Vous avez revêtu le Christ.
Revêtez l'homme nouveau, créé selon Dieu,
Dans la justice et la sainteté de la vérité.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 12, 1-21
Je vous exhorte, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera là votre culte spirituel. Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait.
Au nom de la grâce qui m'a été donnée, je dis à chacun d'entre vous : n'ayez pas de prétentions au-delà de ce qui est raisonnable, soyez assez raisonnables pour n'être pas prétentieux, chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée en partage. En effet, comme nous avons plusieurs membres en un seul corps et que ces membres n'ont pas tous la même fonction, ainsi, à plusieurs, nous sommes un seul corps en Christ, étant tous membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et nous avons des dons qui diffèrent selon la grâce qui nous a été accordée. Est-ce le don de prophétie ? Qu'on l'exerce en accord avec la foi. L'un a-t-il le don du service ? Qu'il serve. L'autre celui d'enseigner ? Qu'il enseigne. Tel autre celui d'exhorter ? Qu'il exhorte. Que celui qui donne le fasse sans calcul, celui qui préside, avec zèle, celui qui exerce la miséricorde, avec joie. Que l'amour soit sincère. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien. Que l'amour fraternel vous lie d'une mutuelle affection ; rivalisez d'estime réciproque. D'un zèle sans nonchalance, d'un esprit fervent, servez le Seigneur. Soyez joyeux dans l'espérance, patients dans la détresse, persévérants dans la prière. Soyez solidaires des saints dans le besoin, exercez l'hospitalité avec empressement. Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez et ne maudissez pas. Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent. Soyez bien d'accord entre vous ; n'ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous prenez pas pour des sages. Ne rendez à personne le mal pour le mal ; ayez à cœur de faire le bien devant tous les hommes. S'il est possible, pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : À moi la vengeance, c'est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s'il a soif, donne-lui à boire, car, ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.
R/ Sanctifions le Christ, alléluia,
Il est Seigneur, alléluia.
Heureux les doux, heureux les artisans de paix :
Ils seront appelés fils de Dieu.
Ne rendez pas l'injure pour l'injure :
Bénissez votre ennemi.
Si vous devez souffrir pour la justice,
Réjouissez-vous et bondissez de joie.
Homélie de saint Jean Chrysostome sur les Actes des Apôtres (ou saint Augustin)
« Que votre lumière brille aux yeux des hommes »
Rien n'est plus froid qu'un chrétien indifférent au salut d'autrui.
Tu ne peux ici alléguer ta pauvreté, car la veuve qui a donné deux piécettes viendra t'accuser (Lc 21, 1-4). Pierre disait : Je n'ai pas d'or ni d'argent (Ac 3, 6). Paul de même était si pauvre qu'il a souvent souffert de la faim, car il manquait de la nourriture indispensable.
Tu ne peux alléguer ta naissance roturière, car les apôtres étaient des gens obscurs, d'origine obscure. Tu ne peux pas mettre en avant ton ignorance, car eux aussi étaient des gens sans culture. Tu ne peux alléguer que tu es mal portant, car Timothée était dans le même cas : il avait de fréquents malaises.
Chacun peut aider son prochain, s'il veut accomplir ce qui est à sa portée.
Ne voyez-vous pas les arbres qui ne donnent pas de fruit, comme ils sont vigoureux, beaux, bien développés, feuillus et hauts ? Pourtant, si nous avions un jardin, nous préférerions beaucoup avoir des grenadiers et des oliviers donnant du fruit. Les autres arbres sont destinés à l’agrément, non à l’utilité. S’ils en ont une, elle est mince.
Tels sont ceux qui ne s’intéressent qu’à leurs propres affaires ; ou plutôt ils ne sont pas comparables, car ils ne pourraient servir que de bois à brûler, tandis que les arbres dont nous parlions peuvent servir dans la construction pour la charpente ou les boiseries. Telles étaient aussi les vierges de la parabole, pures, bien vêtues, chastes mais ne rendant service à personne. C'est pourquoi elles brûlent. Tel est le sort de ceux qui ne nourrissent pas le Christ.
Considère que parmi ceux-là aucun n'est accusé pour des péchés qu'il aurait commis : ni débauche, ni parjure, ni rien de pareil ; mais ils sont accusés de n'avoir autrement aidé leur prochain. C'est le cas de celui qui enfoui son talent : il peut présenter une vie sans désordre, mais il est inutile au prochain.
Comment un tel homme peut-il être chrétien ? Réponds-moi. Si le levain mêlé à la farine ne la
transforme pas tout entière en lui communiquant son action, est-ce que c'est vraiment du levain ? Ou encore : si un parfum ne répand pas sa bonne odeur sur ceux qui approchent, est-ce que nous appellerons cela du parfum ?
Ne dis : « Il m'est impossible d'influencer les autres », car si tu es chrétien, il est impossible que
cela ne se produise pas. De même que ce qui est dans la nature est incontestable, de même ici : c'est un fait qui appartient à la nature du chrétien.
N'insulte pas Dieu. Si tu dis que le soleil ne peut pas briller, tu insultes Dieu. Si tu dis que le chrétien ne peut pas être utile, tu insultes Dieu, tu en fais un menteur. Il est plus facile pour le soleil de ne pas dégager de chaleur ou de lumière, il serait plus facile à la lumière d'être identique aux ténèbres que pour le chrétien de ne pas briller.
Ne dis pas que c'est impossible : c'est le contraire qui est impossible. N'insulte pas Dieu. Si nous orientons bien notre vie, tout cela se fera par une sorte de conséquence naturelle. La lumière du chrétien ne peut échapper à personne, un flambeau aussi brillant ne peut être caché par personne.
Toi qui cherches le Royaume, écoute :
L'amour, voilà le Royaume ;
Il est promesse de vie,
Appel de liberté,
Il est présence de l'éternité
Au cœur du temps.
R/ Sur nous, Seigneur, envoie ton Esprit,
Ta force d'amour !
Comment reconnaître un frère
Dans l'homme blessé, à l'écart de la route,
Si tu ne viens éclairer notre regard ?
Comment prendre en charge notre frère,
Si d'abord tu ne viens
Panser nos blessures ?
HOMÉLIE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'EVANGILE DE MARC
« Si quelqu'un veut marcher à ma suite... ».
Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Ce que le Seigneur a commandé semble dur et pénible : Si quelqu'un veut marcher à sa suite, qu'il renonce à lui-même ! Mais ce n'est ni dur ni pénible en réalité, parce que celui qui commande est celui qui aide à réaliser ce qu'il commande.
Car elle est vraie aussi, la parole du psaume : À cause des paroles de tes lèvres, j'ai suivi des chemins pénibles. Et elle est vraie aussi, la parole que lui-même a prononcée : Mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. Car tout ce qui est dur dans le commandement, l'amour le rend facile.
Que signifie : Qu'il prenne sa croix ? Qu'il porte tout ce qui est pénible : qu'il me suive ainsi. Car lorsqu'il commencera à me suivre en conformant sa conduite à mes commandements, il aura beaucoup de gens pour le contredire, beaucoup pour s'opposer à lui, beaucoup pour le décourager. Et ceux-là agiront ainsi au titre de compagnons du Christ. Ils marchaient avec le Christ, ceux qui empêchaient les aveugles de crier. Qu'il s'agisse de menaces, de flatteries ou d'interdictions, si tu veux suivre le Christ, change tout cela en croix ; patiente, supporte, ne te laisse pas accabler.
Nous sommes dans un monde qui est saint, qui est bon, réconcilié, sauvé, ou plutôt à sauver mais sauvé dès maintenant en espérance car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance -. Dans ce monde donc, c'est-à-dire dans l'Église, qui tout entière suit le Christ, il dit à tous : Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même.
Car cette parole n'est pas destinée aux vierges, à l'exclusion des femmes mariées ; aux veuves, à l'exclusion des épouses ; aux moines, à l'exclusion des époux ; aux clercs, à l'exclusion des laïcs. C'est toute l'Église, tout le corps, tous les membres, différenciés et répartis selon leurs tâches propres, qui doivent suivre le Christ.
Qu'elle le suive tout entière, elle qui. est l'unique, elle qui est la colombe, elle qui est l'épouse ; qu'elle le suive, elle qui est rachetée et dotée par le sang de l'Époux. Elle a ici sa place, la pureté des vierges ; elle a ici sa place, la continence des veuves ; elle a ici sa place, la chasteté conjugale.
Ces membres qui ont ici leur place, qu'ils suivent le Christ, chacun selon sa catégorie, chacun selon son rang, chacun à sa manière. Qu'ils renoncent à eux-mêmes, c'est-à-dire qu'ils ne s'appuient pas sur eux-mêmes ; qu'ils portent leur croix, c'est-à-dire qu'ils supportent dans le monde, pour le Christ, tout ce que le monde leur infligera. Qu'ils l'aiment, lui, le seul qui ne trompe pas, le seul qui ne se trompe. pas, le seul qui ne ment pas : qu'ils l'aiment parce que ce qu'il promet est vrai Mais parce qu'il ne le donne pas maintenant, la foi chancelle. Continue, persévère, supporte, accepte ce retard, et tu as porté la croix.
R/ Connaître le Christ,
la puissance de sa résurrection,
et la communion à ses souffrances.
Pour lui, j'ai tout perdu,
et je cours vers le but :
Lui, le premier, m'a saisi,
de tout mon élan, je veux le saisir.
Commun des saintes
Première lecture :
Avent, Noël, Carême : Sg 5, 1-15 ou Ph 1, 29 – 2, 16
Temps Pascal : Ap 14, 1-5 ; 19, 5-10
Temps Ordinaire : Col 3, 1-17 ou Rm 12, 1-21
ou pour une sainte qui a été mariée : Pr 31, 10-31 ou 1 P 3, 1-6.8-17
Pour une sainte religieuse :
Avent, Noël, Temps Pascal : Ep 4, 1-24
Temps Ordinaire : Ph 3, 7-4, 1.4-9
Pour une sainte ayant exercé une activité caritative :
Avent, Noël, Temps Pascal : 1 Jn 4, 7-21
Temps Ordinaire : 1 Co 12, 31 – 13,13
Livre des Proverbes 31, 10-31
Une femme de caractère, qui la trouvera ? Elle a bien plus de prix que le corail. Son mari a pleine confiance en elle, les profits ne lui manqueront pas. Elle travaille pour son bien et non pour son malheur tous les jours de sa vie.
Elle cherche avec soin de la laine et du lin et ses mains travaillent allègrement. Elle est comme les navires marchands, elle fait venir de loin sa subsistance. Elle se lève quand il fait encore nuit pour préparer la nourriture de sa maisonnée et donner des ordres à ses servantes.
Elle jette son dévolu sur un champ et l'achète, avec le fruit de son travail elle plante une vigne. Elle ceint de force ses reins et affermit ses bras. Elle considère que ses affaires vont bien et sa lampe ne s'éteint pas de la nuit.
Elle met la main à la quenouille et ses doigts s'activent au fuseau. Elle ouvre sa main au misérable et la tend au pauvre. Elle ne craint pas la neige pour sa maisonnée, car tous ont double vêtement.
Elle se fait des couvertures, ses vêtements sont de lin raffiné et de pourpre. Aux réunions de notables son mari est considéré, quand il siège parmi les anciens du lieu. Elle fabrique de l'étoffe pour la vendre et des ceintures qu'elle cède au marchand.
Force et honneur la revêtent, elle pense à l'avenir en riant. Elle ouvre la bouche avec sagesse et sa langue fait gentiment la leçon. Elle surveille la marche de sa maison et ne mange pas paresseusement son pain.
Ses fils, hautement, la proclament bienheureuse et son mari fait son éloge : « Bien des filles ont fait preuve de valeur ; mais toi, tu les surpasses toutes » !
La grâce trompe, la beauté ne dure pas. La femme qui craint le SEIGNEUR, voilà celle qu'on doit louer. À elle le fruit de son travail et que ses œuvres publient sa louange.
R/ Ses fils se lèvent
Pour la proclamer bienheureuse,
Et son mari pour faire son éloge.
Elle fait le bonheur des siens
Tous les jours de sa vie.
Elle étend ses mains sur le pauvre,
Et tend les bras à l'indigent.
Force et dignité la revêtent,
Elle rit au jour qui vient.
Première lettre de saint Pierre Apôtre 3, 1-6.8-17
Vous, de même, femmes, soyez soumises à vos maris, afin que, même si quelques-uns refusent de croire à la Parole, ils soient gagnés, sans parole, par la conduite de leurs femmes, en considérant votre conduite pure, respectueuse. Que votre parure ne soit pas extérieure : cheveux tressés, bijoux d'or, toilettes élégantes ; mais qu'elle soit la disposition cachée du cœur, parure incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. C'est ainsi qu'autrefois se paraient les saintes femmes qui espéraient en Dieu, étant soumises à leurs maris : telle Sara, qui obéissait à Abraham, l'appelant son seigneur, elle dont vous êtes devenues les filles en faisant le bien, et en ne vous laissant troubler par aucune crainte.
Enfin, soyez tous dans de mêmes dispositions, compatissants, animés d'un amour fraternel, miséricordieux, humbles. Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l'insulte pour l'insulte ; au contraire, bénissez, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction.
En effet, qui veut aimer la vie et voir des jours heureux doit garder sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, se détourner du mal et faire le bien, rechercher la paix et la poursuivre. Car les yeux du Seigneur sont sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leur prière ; mais la face du Seigneur se tourne contre ceux qui font le mal.
Et qui vous fera du mal, si vous vous montrez zélés pour le bien ? Bien plus, au cas où vous auriez à souffrir pour la justice, heureux êtes-vous.
N'ayez d'eux aucune crainte et ne soyez pas troublés ; mais sanctifiez dans vos cœurs le Christ qui est Seigneur. Soyez toujours prêts à justifier votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte. Mais que ce soit avec douceur et respect, en ayant une bonne conscience, afin que, sur le point même où l'on vous calomnie, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient confondus. Car mieux vaut souffrir en faisant le bien, si telle est la volonté de Dieu, qu'en faisant le mal.
R/ Vivons dans la charité,
au service les uns des autres !
Toute la loi s'accomplit
en cette parole unique :
tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Je vous donne un commandement nouveau,
aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés.
Encyclique Humanae Vitae, de Paul VI (ou saint Grégoire le Grand, saint Jean Chrysostome 1, saint Jean Chrysostome 2)
« Dieu créa l’homme à son image, homme et femme il les créa »
L’amour conjugal révèle sa vraie nature et sa vraie noblesse quand on le considère dans sa source suprême, Dieu qui est amour, « le Père de qui toute paternité tire son nom, au ciel et sur la terre ».
Le mariage n’est donc pas l’effet du hasard ou un produit de l’évolution de forces naturelles inconscientes : c’est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l’humanité son dessein d’amour. Par le moyen de la donation personnelle réciproque, qui leur est propre et exclusive, les époux tendent à la communion de leurs êtres en vue d’un mutuel perfectionnement personnel pour collaborer avec Dieu à la génération et à l’éducation de nouvelles vies.
De plus, pour les baptisés, le mariage revêt la dignité de signe sacramentel de la grâce, en tant qu’il représente l’union du Christ et de l’Église.
Dans cette lumière apparaissent clairement les notes et les exigences caractéristiques de l’amour conjugal, dont il est souverainement important d’avoir une idée exacte.
C’est avant tout un amour pleinement humain, c’est-à -dire à la fois sensible et spirituel. Ce n’est donc pas un simple transport d’instinct et de sentiment, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.
C’est ensuite un amour total, c’est-à -dire une forme toute spéciale d’amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l’aime pas seulement pour ce qu’il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l’enrichir du don de soi.
C’est encore un amour fidèle et exclusif jusqu’à la mort. C’est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l’époux et l’épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l’engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L’exemple de tant d’époux à travers les siècles prouve non seulement qu’elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu’elle est source de bonheur profond et durable.
C’est enfin un amour fécond, qui ne s’épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies.
R/ Fais grandir entre nous, Seigneur,
L'accord et l'harmonie d'un même amour.
Menez une vie digne de l'Évangile,
Fermes dans un même esprit,
Luttant d'un cœur unanime.
Sans vous soucier de vos propres affaires,
Ayez à cœur celles de vos frères,
À l'exemple du Christ Jésus.