Première lecture
Avent, Noël, Temps Pascal : Ep 4, 1-24
Temps Ordinaire : Ph 3, 7-4, 1.4-9
Lettre aux Philippiens 3,7 – 4, 1 4.9
Toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu'est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur. À cause de lui j'ai tout perdu et je considère tout cela comme ordures afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non plus avec une justice à moi, qui vient de la loi, mais avec celle qui vient par la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi. Il s'agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s'il est possible, à la résurrection d'entre les morts. Non que j'aie déjà obtenu tout cela ou que je sois déjà devenu parfait ; mais je m'élance pour tâcher de le saisir, parce que j'ai été saisi moi-même par Jésus Christ. Frères, je n'estime pas l'avoir déjà saisi. Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m'élance vers le but, en vue du prix attaché à l'appel d'en haut que Dieu nous adresse en Jésus Christ. Nous tous, les "parfaits", comportons-nous donc ainsi, et si en quelque point vous vous comportez autrement, là-dessus aussi Dieu vous éclairera. En attendant, au point où nous sommes arrivés, marchons dans la même direction.
Tous ensemble imitez-moi, frères, et fixez votre regard sur ceux qui se conduisent suivant l'exemple que vous avez en nous. Beaucoup, en effet, je vous le disais souvent et le redis maintenant en pleurant, se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Leur fin sera la perdition ; leur dieu, c'est leur ventre, et leur gloire, ils la mettent dans leur honte, eux qui n'ont à cœur que les choses de la terre. Car notre cité, à nous, est dans les cieux, d'où nous attendons, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, qui transfigurera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire, avec la force qui le rend capable aussi de tout soumettre à son pouvoir.
Ainsi donc, frères bien-aimés que je désire tant revoir, vous, ma joie et ma couronne, tenez ferme de cette façon dans le Seigneur, mes bien-aimés.
Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre bonté soit reconnue par tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute occasion, par la prière et la supplication accompagnées d'action de grâce, faites connaître vos demandes à Dieu. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ.
Au reste, frères, tout ce qu'il y a de vrai, tout ce qui est noble, juste, pur, digne d'être aimé, d'être honoré, ce qui s'appelle vertu, ce qui mérite l'éloge, tout cela, portez-le à votre actif. Ce que vous avez appris, reçu, entendu de moi, observé en moi, tout cela, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.
Pour un religieux (pour un moine) :
R/ Connaître le Christ,
la puissance de sa résurrection,
et la communion à ses souffrances.
Pour lui, j'ai tout perdu,
et je cours vers le seul but :
De tout mon élan, je veux le saisir,
car lui, le premier, m'a saisi.
Pour un moine (ou autre) :
Va, pèlerin,
poursuis ta quête ;
va ton chemin,
que rien ne t'arrête.
Prends ta part de soleil
et ta part de poussière ;
le cœur en éveil
oublie l'éphémère :
R/ Tout est néant ;
rien n'est vrai que l'amour.
N'attache pas ton cœur
à ce qui passe.
Ne dis pas : j'ai réussi,
je suis payé de ma peine.
Ne te repose pas dans tes œuvres :
elles vont te juger.
Garde en ton cœur la Parole :
voilà ton trésor.
ou :
Porte du ciel, Jésus Christ,
heureux qui s'avance vers toi
et persévère dans l'amour.
Il entrevoit déjà un reflet de ta gloire ;
chaque jour augmente son désir
jusqu'à l'heure voulue par le Père.
R/ Tu combles l'attente des justes,
Seigneur, tu les reçois dans ta lumière.
Tu leur enlèves toute richesse
pour leur donner une vie sans mesure.
Tu leurs apprends la folie de la croix
pour leur découvrir les abîmes de la sagesse.
Tu les engages vers l'invisible
pour leur montrer un jour la face du Père.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 4, 1-24
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit. Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous. Chacun d'entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l'a partagée. C'est pourquoi l'Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, emmenant des prisonniers, il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? — Cela veut dire qu'il était d'abord descendu jusqu'en bas sur la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l'univers. Et les dons qu'il a faits aux hommes, ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ. Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l'unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ. Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d'idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l'erreur. Au contraire, en vivant dans la vérité de l'amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu'à lui, car il est la Tête. Et par lui, dans l'harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes qui le maintiennent, selon l'activité qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l'amour.
Je vous le dis, je vous l'affirme au nom du Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée. Ils ont l'intelligence remplie de ténèbres, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur ; ayant perdu le sens moral, ils se sont livrés à la débauche au point de s'adonner sans retenue à toutes sortes d'impuretés. Lorsque vous êtes devenus disciples du Christ, ce n'est pas cela que vous avez appris, si du moins c'est bien lui qu'on vous a annoncé et enseigné, selon la vérité de Jésus lui-même. Il s'agit de vous défaire de votre conduite d'autrefois, de l'homme ancien qui est en vous, corrompu par ses désirs trompeurs. Laissez-vous guider intérieurement par un esprit renouvelé. Adoptez le comportement de l'homme nouveau, créé saint et juste dans la vérité, à l'image de Dieu.
Il est plus grand que notre cœur,
Le cœur de notre Dieu !
Elle est plus forte que notre force,
La faiblesse du Christ !
Folie pour les hommes, Sagesse du Royaume !
R/ Heureux les humbles :
Ils posséderont la terre !
Humiliez-vous sous la main du Seigneur,
Afin qu'il vous élève au temps de sa visite.
Devenez semblables aux petits enfants,
C'est à eux qu'appartient le Royaume.
Jésus s'est humilié, obéissant jusqu'à la mort,
Et Dieu l'a exalté.
Homélie de saint Grégoire le Grand sur l'Évangile
Recherchez les réalités d'en-haut
Je veux vous inviter à tout abandonner, sans vous y obliger. Si vous ne pouvez pas abandonner entièrement le monde, retenez les biens de ce monde, mais de telle façon qu'ils ne vous retiennent pas dans le monde. Possédez, mais ne vous laissez pas posséder. Il faut que votre esprit domine ce que vous avez ; autrement, si votre esprit est vaincu par l'amour des biens terrestres, c'est plutôt lui qui sera possédé par les biens qui lui appartiennent.
Sachez donc user des biens terrestres, et désirer les biens éternels ; servez-vous des biens de la terre dans le cours de votre vie, et désirez trouver les biens du ciel à l'arrivée. Tout ce qui se passe dans ce monde, regardez-le comme à la dérobée. Que votre regard intérieur se dirige en avant et considère avant tout les réalités qui sont votre but.
Il faut extirper radicalement les vices, non seulement en éliminant leur pratique, mais encore en les arrachant de votre esprit. Ni les jouissances de la chair, ni la démangeaison de la curiosité, ni la fièvre de l'ambition ne doivent vous écarter de la Cène du Seigneur ; mais les activités honnêtes elles-mêmes que nous menons dans le monde ne doivent toucher notre esprit qu'à la dérobée, afin que les activités terrestres qui nous plaisent rendent service à notre corps sans créer aucun obstacle à notre cœur.
Donc, mes frères, je n'ose pas vous dire de tout abandonner ; mais si vous le voulez, vous abandonnerez toutes choses même en les gardant, si vous vous conduisez dans le temps en aspirant de tout votre esprit à l'éternité. On use du monde, mais comme n'en usant pas, si l'on réduit tous les biens extérieurs à servir notre vie sans leur permettre de dominer l'esprit ; dans cette subordination, ils sont utiles au-dehors sans jamais briser l'élan de l'âme qui se porte vers les hauteurs. Ceux qui agissent ainsi ont tous les biens du monde à leur disposition pour en user, non pour les désirer. De la sorte, qu'il n'y ait rien pour freiner le désir de votre esprit, aucune jouissance pour vous lier aux embarras du monde.
Si c'est le bien qu'on aime, l'esprit trouve son plaisir dans les biens les meilleurs, qui sont les biens célestes. Si c'est le mal qu'on redoute, le malheur éternel se présente à l'âme ; elle voit alors que ce qu'elle aime le plus et ce qu'elle redoute le plus est au-delà, et elle ne doit s'attacher à rien ici-bas.
Pour nous comporter ainsi, nous avons un médiateur entre Dieu et l'homme, un protecteur, par qui nous obtiendrons bientôt toute chose, si nous l'aimons d'un amour sincère, lui qui vit et règne avec le Père et le Saint Esprit, car il est Dieu, pour les siècles des siècles. Amen.
R/ Partager son pain avec l'affamé,
voilà le jeûne qui plaît à Dieu.
Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et si tu cries, le Seigneur répondra ;
à tes appels, il dira : Me voici !
Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira :
J'avais faim et tu m'as donné à manger.
Commun des saints ayant exercé une activité caritative
Première lecture
Avent, Noël, Temps Pascal : 1 Jn 4, 7-21
Temps Ordinaire : 1 Co 12, 31 – 13,13
Première lettre de saint Jean 4, 7-21
Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés.
Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres.
Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit. Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui. Voici comment l'amour, parmi nous, atteint sa perfection : il nous donne de l'assurance pour le jour du jugement. Car ce que nous sommes dans ce monde est à l'image de ce que Jésus est lui-même. Il n'y a pas de crainte dans l'amour, l'amour parfait chasse la crainte ;car la crainte est liée au châtiment, et celui qui reste dans la crainte n'a pas atteint la perfection de l'amour.
Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu », alors qu'il a de la haine contre son frère, c'est un menteur. En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, est incapable d'aimer Dieu, qu'il ne voit pas. Et voici le commandement que nous avons reçu de lui : celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère.
R/ Qui demeure dans l’amour
Demeure en Dieu, et Dieu en lui.
Rien de plus doux que de s’attacher
Aux commandements du Seigneur.
Nous avons reconnu l’amour de Dieu pour nous,
Et nous avons cru en lui.
Voici le commandement de Dieu :
Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1 Co 12, 31 – 13, 13
Amour fraternel
Aspirez aux dons les meilleurs. Et de plus, je vais vous indiquer une voie infiniment supérieure. Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celles des anges, s'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s'il me manque l'amour, je n'y gagne rien.
L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne disparaît jamais. Les prophéties ? Elles seront abolies. Les langues ? Elles prendront fin. La connaissance ? Elle sera abolie. Car notre connaissance est limitée et limitée notre prophétie. Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera aboli. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Devenu homme, j'ai mis fin à ce qui était propre à l'enfant. À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors, ce sera face à face. À présent, ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu.
Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l'espérance et l'amour, mais l'amour est le plus grand.
R/ Vivons dans la charité,
au service les uns des autres !
Toute la loi s'accomplit
en cette parole unique :
tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Je vous donne un commandement nouveau,
aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés.
Homélie de saint Jean Chrysostome sur la lettre aux Romains
« Celui qui aime Dieu, qu’il aime son frère »
Dieu a livré son Fils, et toi, tu ne donnes pas même un morceau de pain à celui qui a été livré et mis à mort pour toi !
Le Père, à cause de toi, n'a pas refusé celui qui était son vrai Fils, et toi, alors qu'il meurt de faim, tu passes sans le voir, lorsque tu vas dépenser les richesses qui sont à lui, et les dépenser pour toi.
Est-il quelque chose de pire que cette injustice ? Il a été livré pour toi, il a été mis à mort pour toi, pour toi il a mené une vie d'affamé. Donnes lui de ces biens qui lui appartiennent, afin que cela te profite ; et pourtant, tu ne lui donnes rien.
Ne sont-ils pas plus insensibles que les pierres, ceux qui persévèrent dans cette dureté diabolique parce que tant d'affaires les appellent ? Car le Christ ne s'est pas contenté de subir la Croix et la mort, mais il a voulu devenir pauvre, étranger, errant et nu, être jeté en prison, souffrir l'épuisement, afin de te provoquer par là.
Si tu ne m’accordes rien parce que j’ai souffert pour toi, dit-il, aie pitié de ma pauvreté. Et si tu ne veux pas avoir de pitié pour la pauvreté, laisse-toi fléchir par la maladie ou la captivité ; si rien de tout cela ne suscite ta bonté, réponds favorablement a la modestie de ma demande. Car je ne demande rien de bien couteux : du pain, un abri, des paroles réconfortantes.
Si tu demeures encore inhumain, deviens meilleur au moins à cause du Royaume des cieux et à cause des récompenses que j'ai offertes. Est-ce que tu n'en tiendras aucun compte ?
Laisse-toi au moins émouvoir selon la nature en voyant que je suis nu, et souviens-toi de ma nudité sur la croix, subie pour toi. Si la première ne te touche pas, laisse-toi toucher par la seconde, que j’ai soufferte à cause de la nudité des pauvres.
Alors, j’ai été chargé de liens à cause de toi, mais maintenant c’est encore à cause de toi, afin que tu te laisse émouvoir par les liens d’autrefois ou par ceux d’aujourd’hui, et consentes à t’apitoyer. J’ai jeûné à cause de toi ; encore maintenant j’ai faim à cause de toi. J’ai eu soif quand j’étais cloué à la Croix ; j’ai encore soif par l’intermédiaire des pauvres afin de t’attirer a moi, par ceux-ci ou par ceux-là, et de te rendre miséricordieux en vue de ton salut.
C’est pourquoi je te demande, puisque tu es mon débiteur pour une multitude de bienfaits, de me payer de retour. Je ne réclame pas comme a un débiteur ; je veux te couronner comme un bienfaiteur et te donner le Royaume en échange de si peu de chose.
Je ne dis pas “Supprime ma pauvreté” ni “Donne-moi la richesse”, bien que je mendie a cause de toi. Je demande seulement du pain, un vêtement, un modeste apaisement pour ma faim.
Si j'ai été en prison, je ne t'oblige pas à me délier et à me faire sortir ; je ne demande qu'une chose : visite celui qui est prisonnier à cause de toi ; ce bienfait sera suffisant pour que je te donne le ciel. Pourtant, je t'ai délivré d'une captivité bien plus sévère, mais il me suffira que tu veilles me visiter, moi qui suis prisonnier.
Je puis bien de couronner sans cela, mais je veux être ton débiteur pour que tu reçoives la couronne avec une certaine assurance.
R/ Partager son pain avec l'affamé,
voilà le jeûne qui plaît à Dieu.
Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et si tu cries, le Seigneur répondra
à tes appels, il dira : Me voici !
Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira :
J'avais faim et tu m'as donné à manger.
Commun des saints éducateurs
Première lecture :
Avent, Noël, Carême : Sg 5, 1-15 ou Ph 1, 29 – 2, 16
Temps Pascal : Ap 14, 1-5 ; 19, 5-10
Temps Ordinaire : Col 3, 1-17 ou Rm 12, 1-21
Homélie de saint Jean Chrysostome sur saint Matthieu
« Que pas un de ses petits ne se perde »
Le Seigneur disait : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. Je suis venu pour les sauver. Votre Père, qui est aux cieux, veut qu’aucun de ces petits ne se perde ». Il disait cela pour accroître le zèle de ceux qui sont chargés de ces enfants.
Voix-tu de quelle muraille protectrice Jésus a entouré les enfants, quelle est son ardeur contre ceux qui les méprisent et les perdent ? Il menace de supplices effroyables ceux qui leur sont une occasion de chute ; il promet de grands biens à ceux qui les soignent et s’en occupent, et il appuie cela par son propre exemple et celui de son Père. Nous-mêmes, imitons-le en ne refusant aucun des labeurs apparemment modestes et pénibles au service de nos frères. Au contraire, lorsqu’il s’agit de servir, si petit, si commun que soit l’intéressé, si pénible que soit le travail, faudrait-il passer des montagnes et des précipices, on doit tout supporter pour le salut d’un frère. Dieu a un si grand souci de l’âme qu’il n’a pas refusé son Fils unique. Aussi, je vous en conjure, dès que nous sortons de chez nous le matin, ayons pour unique but, pour principal souci de sauver un frère en danger.
Certes, rien n’est aussi précieux que l’âme : Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il y perd son âme ? Mais l’amour de l’argent a tout perverti et abaissé, il a ébranlé la crainte de Dieu, en occupant les âmes comme un tyran occupe sa citadelle. C’est pour cela que nous négligeons le salut de nos enfants. Nous n’avons plus qu’un souci : comment, après avoir augmenté nos richesses, les laisser à d’autres, et ceux-ci à d’autres encore après eux, si bien que nous ne devenons pas possesseurs, mais transmetteurs, pour ainsi dire, de notre argent et de nos propriétés. C’est là grande folie, et qui met les enfants d’hommes libres au-dessous des esclaves. Car nous corrigeons les esclaves non dans leur intérêt, mais dans le nôtre ; tandis que nos enfants ne jouissent même pas de cette prévoyance : nous avons pour eux plus de négligence que pour nos esclaves.
Mais pourquoi parler des esclaves ? Nos enfants sont plus négligés que notre bétail, nous nous occupons davantage des ânes et des chevaux que de nos fils. Si on a un mulet, on se fait grand souci de lui trouver un très bon muletier, qui ne soit ni brutal, ni voleur, ni buveur, ni ignorant son métier. Mais s’il nous faut confier notre enfant à un pédagogue, nous prenons au hasard le premier venu, alors qu’il n’y a pas de métier au-dessus de celui-là.
Qu’y a-t-il de comparable à l’art de former une âme, de modeler un jeune esprit ? Celui qui exerce un tel savoir doit être plus habile que n’importe quel peintre ou n’importe quel statuaire. Mais nous n’en tenons aucun compte, et tout ce que nous recherchons, c’est qu’il enseigne à bien parler. Et si nous nous en préoccupons, c’est encore en vue du profit. On n’apprend pas la langue afin de pouvoir bien parler mais afin de gagner de l’argent. Si l’on pouvait s’enrichir sans cela, nous n’aurions aucun souci de le faire apprendre à nos enfants.
Tu vois quelle est la tyrannie des richesses ? Comme elle s’empare de tout, comme elle entraîne les hommes où elle veut, ainsi que l’on conduit des bêtes entravées ? Mais quel avantage retirons-nous d’une conduite aussi blâmable ? En paroles nous rejetons cette tyrannie, mais en fait elle nous domine. Cependant, nous ne cesserons pas de vous détourner d’elle par nos discours. Si nous y réussissons, ce sera pour notre avantage et pour le vôtre. Et si vous demeurez dans ces dispositions, nous aurons accompli notre devoir.
Que Dieu nous délivre de cette maladie ; quant à nous, qu’il nous accorde d’être fier de vous. Parce que c’est à lui qu’appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.
R/ Toute chair saura que le Seigneur Dieu
est notre Sauveur !
Je t'ai gravée sur les paumes de mes mains.
Tu es toujours devant moi.
Une mère oublierait-elle l'enfant qu'elle nourrit ?
Moi, le Seigneur, je ne t'oublierai jamais.
Première lecture :
1Co 15, 12-34 ou 1 Co 15, 35-57 ou 2 Co 4, 16 – 5, 10
Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 15, 12-34
Si l'on proclame que Christ est ressuscité des morts, comment certains d'entre vous disent-ils qu'il n'y a pas de résurrection des morts ? S'il n'y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins de Dieu, car nous avons porté un contre-témoignage en affirmant que Dieu a ressuscité le Christ alors qu'il ne l'a pas ressuscité, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés. Dès lors, même ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ; Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts. En effet, puisque la mort est venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts : comme tous meurent en Adam, en Christ tous recevront la vie ; mais chacun à son rang : d'abord les prémices, Christ, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de sa venue ; ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance. Car il faut qu'il règne, jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort, car il a tout mis sous ses pieds.
Mais quand il dira : « Tout est soumis », c'est évidemment à l'exclusion de Celui qui lui a tout soumis. Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à Celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous.
S'il en était autrement, que chercheraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si, en tout cas, les morts ne ressuscitent pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? Et nous-mêmes, pourquoi à tout moment sommes-nous en danger ? Tous les jours, je meurs, aussi vrai, frères, que vous êtes mon orgueil en Jésus Christ notre Seigneur. À quoi m'aurait servi de combattre contre les bêtes à Éphèse si je m'en tenais à des vues humaines ? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. Revenez sérieusement à la raison et ne péchez pas ! Car quelques uns n'ont pas la connaissance de Dieu, je le dis à votre honte.
R/ Christ a vaincu la mort,
Chantons sa gloire !
Le Dieu que nous avons est le Dieu des victoires,
Et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.
Le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort,
Car il a tout mis sous ses pieds.
Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 15, 35-57
Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Toi, ce que tu sèmes ne prend vie qu'à condition de mourir.
Et ce que tu sèmes n'est pas la plante qui doit naître, mais un grain nu, de blé ou d'autre chose. Puis Dieu lui donne corps, comme il le veut et à chaque semence de façon particulière. Aucune chair n'est identique à une autre ; il y a une différence entre celle des hommes, des bêtes, des oiseaux, des poissons. Il y a des corps célestes et des corps terrestres et ils n'ont pas le même éclat ; autre est l'éclat du soleil, autre celui de la lune, autre celui des étoiles ; une étoile même diffère en éclat d'une autre étoile.
Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible ; semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. C'est ainsi qu'il est écrit : le 1er homme Adam fut un être animal doué de vie, le dernier Adam est un être spirituel donnant la vie. Mais ce qui est 1er, c'est l'être animal, ce n'est pas l'être spirituel ; il vient ensuite. Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel. Tel a été l'homme terrestre, tels sont aussi les terrestres et tel est l'homme céleste, tels seront les célestes.
Et de même que nous avons été à l'image de l'homme terrestre, nous serons aussi à l'image de l'homme céleste. Voici ce que j'affirme, frères : la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité.
Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, en un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles et nous, nous serons transformés. Il faut en effet que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, et que cet être mortel revête l'immortalité.
Quand donc cet être corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que cet être mortel aura revêtu l'immortalité, alors se réalisera la parole de l'Écriture : la mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché et la puissance du péché, c'est la loi.
Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ.
Je crois que mon Sauveur est vivant
Et qu’au dernier jour je surgirai de terre.
R/ Le jour viendra où, dans ma propre chair,
Je verrai Dieu, mon Rédempteur.
C’est lui que je reconnaîtrai,
De mes yeux je le contemplerai.
Je garde en moi cette ferme espérance :
À nouveau je vivrai dans mon corps.
Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens 4, 16 – 5, 10
Nous ne perdons pas courage et même si, en nous, l'homme extérieur va vers sa ruine, l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos détresses d'un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu'elles nous préparent. Notre objectif n'est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.
Car nous le savons, si notre demeure terrestre, qui n'est qu'une tente, se détruit, nous avons un édifice, œuvre de Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, qui n'est pas faite de main d'homme. Et nous gémissons, dans le désir ardent de revêtir, par-dessus l'autre, notre habitation céleste, pourvu que nous soyons trouvés vêtus et non pas nus. Car nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés ; c'est un fait : nous ne voulons pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement sur l'autre afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Celui qui nous a formés pour cet avenir, c'est Dieu qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. Ainsi donc, nous sommes toujours pleins de confiance, tout en sachant que, tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes hors de notre demeure, loin du Seigneur, car nous cheminons par la foi, non par la vue oui, nous sommes pleins de confiance et nous préférons quitter la demeure de ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. Aussi notre ambition _ que nous conservions notre demeure ou que nous la quittions _ est-elle de lui plaire. Car il nous faudra tous comparaître à découvert devant le tribunal du Christ afin que chacun recueille le prix de ce qu'il aura fait durant sa vie corporelle, soit en bien, soit en mal.
R/ Si tu retiens les fautes, Maître,
Qui donc subsistera ?
Pourquoi cacher loin de moi ta face,
Me traiter comme ton ennemi ?
Dis-moi, en quoi ai-je péché,
Quelle a été ma transgression, mon offense ?
Lave-moi tout entier de ma faute,
Purifie-moi de mon offense.
Saint Anastase d'Antioche, moine puis patriarche d'Antioche de 549-570 et de 593-599
Homélie 5, sur la Résurrection ; PG 89, 1358 (trad. bréviaire rev.) (ou saint Braulion de Saragosse)
« Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants »
« Le Christ a connu la mort, puis la vie, pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants » (Rm 14,9) ; « Dieu n'est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants ». Puisque le Seigneur des morts est vivant, les morts ne sont plus des morts mais des vivants ; la vie règne en eux, pour qu'ils vivent et ne craignent plus la mort, de même que « le Christ, ressuscité des morts, ne meurt plus » (Rm 6,9).
Ressuscités et libérés de la corruption, ils ne verront plus la mort ; ils participeront à la résurrection du Christ, comme lui-même a eu part à leur mort.
En effet, s'il est venu sur terre, jusqu'alors prison éternelle, c'est pour « briser les portes de bronze et fracasser les verrous de fer » (Is 45,2), pour tirer notre vie de la corruption en l'attirant à lui, et nous donner la liberté à la place de l'esclavage.
Si ce plan de salut n'est pas encore pleinement réalisé, car les hommes meurent toujours et leurs corps sont désagrégés par la mort, cela ne doit pas être un motif d'incroyance. Déjà nous avons reçu les premiers fruits de ce qui nous est promis, en la personne de celui qui est notre premier-né ; par lui nous nous sommes élevés vers le ciel, et nous partageons le trône de celui qui nous a emportés dans les hauteurs, ainsi que le dit saint Paul : « Avec lui, il nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus » (Ep 2,6).
Nous atteindrons à la pleine réalisation de cette promesse lorsque viendra le temps fixé par le Père, lorsque nous dépouillerons l'enfance et serons parvenus « à l'état d'homme parfait » (Ep 4,13). Car le Père éternel a voulu que le don qu'il nous a fait demeure ferme, et qu’il ne soit pas rejeté par un retour à l’enfance.
Il n’est pas besoin de dire que le Corps du Seigneur est ressuscité à l’état spirituel, puisque saint Paul affirme au sujet du corps, qu’il est semé corps animal, et ressuscite corps spirituel, c’est-à-dire qu’il est transfiguré dans la gloire du Christ, qui nous précède comme guide.
L'apôtre Paul l'a déclaré, car il le savait bien, cela arrivera à tout le genre humain, par le Christ, qui « transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux » (Ph 3,21)
Si la transfiguration est le changement en un corps spirituel, et si ce dernier est conforme au corps glorieux du Christ, cela revient à dire qu’il n'est pas différent du corps « semé dans la faiblesse, sans valeur » (1Co 15,43) ; mais c'est le même corps changé en gloire.
Et ce que le Christ a réalisé en amenant au Père sa propre humanité, premier exemplaire de notre nature, il le fera pour toute l'humanité selon sa promesse : « Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32).
R/ Dieu n'est pas le Dieu des morts,
mais des vivants.
Ceux qui ont été jugés dignes de la résurrection
ne peuvent plus mourir.
Ils sont enfants de Dieu,
fils de la résurrection.
Va, prends ton repos, et tu te lèveras, toi aussi,
à la fin des jours.
Lettre de saint Braulion de Saragosse
« Ne pleurez pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance »
Le Christ, espérance de tous les croyants, appelle ceux qui quittent ce monde non pas des morts mais des dormants lorsqu’il dit : « Lazare, notre ami, s’est endormi » (Jn 11,11).
L’apôtre Paul à son tour ne veut pas que nous soyons « attristés au sujet de ceux qui se sont endormis » (1Th 4,13). Par là, si notre foi tient que « tous ceux qui croient » au Christ, selon sa parole dans l’Évangile, « ne mourront jamais » (Jn 11,26), nous savons que lui n’est pas mort et que nous-mêmes ne mourrons pas.
C’est parce que « au signal donné par la voix de l’archange et à l’appel de la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts ressusciteront » (1Th 4,16).
Que l’espérance de la résurrection nous encourage donc, puisque nous reverrons alors ceux que nous avons perdus. Il importe que nous croyions fermement en lui, c’est-à-dire que nous obéissions à ses préceptes, car il met sa puissance suprême à relever les morts plus facilement que nous n’éveillons ceux qui sont endormis. Voilà ce que nous disons et pourtant, je ne sais par quel sentiment, nous nous réfugions dans les larmes, et le sentiment du regret entame notre foi. Hélas ! que la condition de l’homme est pitoyable, et sans le Christ combien notre vie est vaine !
Ô mort, toi qui as la cruauté de briser l’union des époux et de séparer ceux que l’amitié unit, dès maintenant ta force est écrasée. Dès maintenant ton joug impitoyable est broyé par celui qui te menaçait par les paroles du prophète Osée : « Ô mort, je serai ta mort » (Os 13,14 Vulg). C’est pourquoi, avec l’apôtre Paul, nous jetons ce défi : « Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton dard venimeux ? » (1Co 15,55)
Celui qui t’a vaincu nous a rachetés, il a livré son âme bien-aimée aux mains des impies, afin de faire d’eux ses bien-aimés. Il serait trop long de rappeler tout ce qui dans les saintes Écritures devrait nous apporter à tous la consolation. Qu’il nous suffise d’espérer en la résurrection et d’élever nos regards vers la gloire de notre Rédempteur, car c’est en lui que nous sommes déjà ressuscités, comme notre foi nous le fait penser, selon le mot de l’apôtre Paul : « Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui »
Car nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes, mais à lui qui nous a rachetés, lui dont la volonté doit toujours régler notre volonté ; c’est pourquoi nous disons dans la prière : Que ta volonté soit faite. Il est donc nécessaire que nous disions avec Job, lorsque le deuil nous frappe : Le Seigneur a donné, le Seigneur a enlevé, que le nom du Seigneur soit béni. Disons-le ici-bas avec Job pour que là-haut, sur ce problème qui nous occupe, on ne nous trouve pas différents de lui.
R/ À toi, Jésus Sauveur,
Le jugement du monde,
Alléluia !
Ils sont fixés, l'heure et le jour,
Et le mois et l'année
Du juste jugement.
La terre a peur et se tait
quand Dieu se lève pour juger,
pour sauver tous les humbles de la terre.
Celui qui croit
N'est pas soumis au jugement :
Par la foi, il a connu l'amour de Dieu.