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3 Jeudi de l’Avent

V/ Écoutez, tous les peuples, la parole du Seigneur,

R/ annoncez-la aux îles lointaines.

Livre d'Isaïe  (Is 32, 15-20 ; 33, 1-6)

De nouveau, d'en haut, l'esprit sera répandu sur nous. Alors le désert deviendra un verger, tandis que le verger aura la valeur d'une forêt. Le droit habitera dans le désert et dans le verger s'établira la justice. Le fruit de la justice sera la paix : la justice produira le calme et la sécurité pour toujours.

Mon peuple s'établira dans un domaine paisible, dans des demeures sûres, tranquilles lieux de repos mais la forêt s'écroulera sous la grêle et la ville tombera très bas. Heureux serez-vous : vous sèmerez partout où il y a de l'eau, vous lâcherez sans entrave le bœuf et l'âne.

Malheur ! toi qui dévastes et n'as pas été dévasté, toi qui surprends et qu'on n'a pas surpris. Quand tu auras cessé de dévaster, tu seras dévasté, quand tu auras fini d'agir par surprise, on te surprendra.

SEIGNEUR, aie pitié de nous ! Nous espérons en toi. Sois notre force chaque matin et notre délivrance au temps de la détresse.

Au bruit du tonnerre, les peuples s'enfuient, quand tu te lèves, les nations se dispersent. Le butin s'amasse comme s'amassent les sauterelles, on s'y précipite comme se précipitent les criquets.

Le SEIGNEUR est exalté, car il réside sur les hauteurs, il remplit Sion de droit et de justice. La sécurité de tes jours, ce seront les richesses du salut. La sagesse, la connaissance et la crainte du SEIGNEUR : tel sera son trésor.

 

R/ L'Esprit venu d'en haut

Sera répandu sur nous !

 

Mon peuple habitera un séjour de paix ;

Heureux seront-ils :

Ils sèmeront partout où il y a de l'eau.

 

Je vous laisse la paix, dit le Seigneur.

Je vous donne ma joie.

Que votre cœur cesse de se troubler.

 

 

ACTES DU IIe CONCILE DU VATICAN

La Révélation divine

Le Christ, plénitude personnelle de la Révélation.

Dieu, qui crée toutes choses par le Verbe et les conserve par lui, offre aux hommes, dans les créatures, un témoignage incessant sur lui-même. En outre, comme il veut ouvrir le chemin du salut surnaturel, il s'est manifesté dès le commencement à nos premiers parents. Après leur chute, il les releva en leur faisant espérer le salut par la promesse de la rédemption. Sans relâche il s'est soucié du genre humain pour donner la vie éternelle à tous ceux qui recherchaient le salut en persévérant dans le bien. Le moment venu, il appela Abraham pour faire de lui le père d'un grand peuple. Après les Patriarches, il forma ce peuple, par la voix de Moïse et des Prophètes, afin qu'il le reconnaisse comme le seul Dieu vivant et véritable, Père attentionné et Juge plein de justice ; afin aussi qu'il attende le Sauveur promis. Et c'est ainsi qu'au long des siècles il prépara la route pour l'Évangile.

Après avoir parlé à nos pères par les prophètes, sous des formes fragmentaires et variées, Dieu, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, nous a parlé par son Fils. En effet, il a envoyé son Fils, le Verbe éternel qui éclaire tout homme, pour qu'il fasse sa demeure parmi eux et leur fasse connaître les secrets de Dieu. Jésus Christ, le Verbe fait chair, homme envoyé aux hommes, prononce donc les paroles de Dieu, et achève l'œuvre de salut que le Père l'a chargé d'accomplir.

Puisque celui qui voit le Christ voit le Père, c'est lui par conséquent qui, par toute sa présence et en se manifestant lui-même, par ses paroles et ses œuvres, par ses signes et ses miracles, mais surtout par sa mort glorieuse et sa résurrection d'entre les morts, enfin par l'envoi de l'Esprit de vérité, achève la révélation en la rendant accomplie. Il confirme par une attestation divine que Dieu est avec nous afin de nous arracher aux ténèbres du péché et de la mort, et afin de nous ressusciter pour la vie éternelle.

L'économie chrétienne, puisqu'elle est l'Alliance nouvelle et définitive, ne passera donc jamais ; désormais on ne doit attendre aucune nouvelle révélation publique avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus Christ.

 

R/ En ces jours-là, les sourds entendront,

les yeux des aveugles s'ouvriront.

 

Que les humbles se réjouissent,

que les pauvres exultent dans le Seigneur.

 

Désormais, dit le Seigneur,

Jacob n'aura plus de honte,

il verra l'œuvre de mes mains.

Oraison

Seigneur, nous sommes des serviteurs indignes de toi, et nous sentons avec tristesse tout le mal qui fausse notre vie ; donne-nous cependant de trouver notre joie dans la naissance de ton Fils, car il vient pour nous sauver. Lui qui règne.


3 Vendredi de l’Avent

 

Livre d'Isaïe  (Is 33, 7-24)

Après la détresse, viendra la fête

Défaite suprême de l’ennemi de la cité de Dieu. Un jour viendra où notre oppression aura enfin disparu.

Voici : ceux d'Ariel poussent des cris dans les rues, les messagers de paix pleurent amèrement.

Les chaussées sont désertes, plus de passants sur les chemins. L'alliance est rompue, les villes rejetées, personne ne compte plus. Le pays est en deuil, il dépérit. Le Liban perd la face, il se flétrit. Le Sharôn devient comme la Araba. Le Bashân et le Carmel se dégarnissent.

Maintenant, dit le SEIGNEUR, je vais me lever, maintenant, je vais me dresser, maintenant, je vais être exalté. Vous concevez du foin, vous enfantez de la paille, votre souffle est le feu qui vous dévorera. Les peuples seront brûlés à la chaux, ils seront comme des épines coupées qui s'enflamment. Écoutez, vous qui êtes loin, ce que j'ai fait ; vous qui êtes proches, sachez quelle est ma puissance.

Dans Sion, les pécheurs sont atterrés, un tremblement saisit les impies. Qui d'entre nous pourra tenir ? C'est un feu dévorant. Qui d'entre nous pourra tenir ? C'est une fournaise sans fin.

Celui qui se conduit selon la justice, qui parle sans détour, qui refuse un profit obtenu par la violence, qui secoue les mains pour ne pas accepter un présent, qui se bouche les oreilles pour ne pas écouter les paroles homicides, qui ferme les yeux pour ne pas regarder ce qui est mal. Celui-là résidera sur les hauteurs, les rochers fortifiés seront son refuge, le pain lui sera fourni, l'eau lui sera assurée.

Tes yeux contempleront le roi dans sa beauté, ils verront le pays dans toute son étendue. Tu songeras à ce qui te terrorisait : Où est-il, celui qui inspectait ? Où est-il celui qui contrôlait ? Où est l'inspecteur des fortifications ? Tu ne verras plus le peuple arrogant, le peuple à la langue impénétrable, au langage ridicule et incompréhensible.

Contemple Sion, la cité de nos solennités, tes yeux verront Jérusalem, domaine tranquille, tente qu'on ne démontera plus, dont les piquets ne seront plus jamais arrachés, dont les cordes ne seront plus enlevées.

C'est là que le SEIGNEUR sera pour nous magnifique, ce sera une région de larges fleuves et de vastes canaux ; mais aucun vaisseau à rames n'y passera, le navire magnifique ne la traversera pas.

Oui, le SEIGNEUR est notre juge, il est notre législateur. Le SEIGNEUR est notre roi, c'est lui qui nous délivre.

Tes cordes sont relâchées, elles ne maintiennent plus le mât, on ne déploie pas l'étendard. Alors, on partagera le produit du pillage, en quantité, les boiteux eux-mêmes s'empareront du butin. Aucun habitant ne dira plus : « Je suis malade ». Le peuple qui habite Jérusalem sera absous de son péché.

R/ Le Fils de l'homme viendra sur les nuées

Avec puissance et grande gloire !

Tes yeux contempleront le Roi dans sa beauté.

Ils verront un immense pays.

Tes yeux verront Jérusalem

Comme une ville où l’on réside en sûreté.

 

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LE PSAUME 37

Ton désir, c’est ta prière

Le gémissement de mon cœur me faisait rugir. Il y a un gémissement caché que l'on n'entend pas ; cependant, si le cœur est obsédé par un désir si fort que la blessure de l'homme intérieur s'exprime par un cri qui la découvre, on en cherche la cause, et l'on se dit en soi-même : Peut-être est-ce là ce qui le fait gémir, et peut-être qu'on lui a fait telle chose ? Qui peut comprendre, sinon celui dont les yeux et les oreilles sont atteints par ce gémissement ? Le psalmiste dit : Le gémissement de mon cœur me faisait rugir, parce que, lorsque les hommes entendent gémir, c'est généralement le gémissement de la chair qu'ils entendent ; ils n'entendent pas celui qui gémit dans son cœur.

Et qui connaissait la cause de son rugissement ? Il ajoute : Tout mon désir est devant toi. Non pas devant les hommes, qui ne peuvent pas voir le cœur, tandis que si tout ton désir est devant le Père, lui qui voit l'invisible te le revaudra.

Car ton désir, c'est ta prière ; si le désir est continuel, la prière est continuelle. Ce n'est pas pour rien que l'Apôtre dit : Priez sans relâche. Peut-il le dire parce que, sans relâche, nous fléchissons le genou, nous prosternons notre corps, ou nous élevons les mains ? Si nous disons que c'est là notre prière, je ne crois pas que nous puissions le faire sans relâche.

Il y a une autre prière, intérieure, qui est sans relâche : c’est le désir. Que tu te livres à n'importe quelle autre occupation, si tu désires ce loisir du sabbat, tu ne cesses pas de prier. Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer.

Ton désir est continuel ? Alors ton cri est continuel. Tu ne te tairas que si tu cesses d'aimer. Quels sont ceux qui se sont tus ? Ceux dont il est dit : À cause de l'ampleur du mal, la charité de beaucoup se refroidira.

La charité qui se refroidit, c'est le cœur qui se tait ; la charité qui brûle, c'est le cœur qui crie. Si la charité dure toujours, tu cries toujours ; si tu cries toujours, tu désires toujours ; si tu désires, c'est au repos que tu penses.

Tout mon désir est devant toi. Que se passe-t-il si ton désir est devant lui, mais non pas le gémissement ? D'où cela peut-il venir, quand le désir lui-même s'exprime par le gémissement ?

C'est pourquoi le psaume continue : Et mon gémissement ne t'échappe pas. Il ne t'échappe pas, alors qu'il échappe à la plupart des hommes. Il semble parfois que l'humble serviteur de Dieu dise : Et mon gémissement ne t'échappe pas. Il semble aussi parfois que le serviteur de Dieu se mette à rire : est-ce que ce désir est mort dans son cœur ? Non, s'il y a désir, il y a gémissement ; il ne parvient pas toujours aux oreilles des hommes, mais il ne cesse jamais de frapper les oreilles de Dieu.

 

R/ En ces jours-là, les sourds entendront,

Les yeux des aveugles s'ouvriront.

 

Que les humbles se réjouissent,

Que les pauvres exultent dans le Seigneur.

 

Désormais, dit le Seigneur,

Jacob n'aura plus de honte,

Il verra l'œuvre de mes mains.


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