Première lecture du jour de l’Octave précédent Noël :
17 déc – 18 déc – 19 déc – 20 déc
21 déc – 22 déc – 23 déc – 24 déc
Deuxième lecture du jour de l’Octave précédent Noël :
17 déc – 18 déc – 19 déc – 20 déc
21 déc – 22 déc – 23 déc – 24 déc
Oraison
Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs : par le message de l’ange, tu nous as faits connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Lui qui règne.
V/ Montre-nous, Seigneur, ta bonté,
R/ Donne-nous enfin le Sauveur.
Livre d’Isaïe (Is 45, 1-13)
Cyrus, l'envoyé de Dieu
Aux Juifs écrasés par la captivité, Dieu, dans le secret impénétrable de ses desseins, a déjà préparé un libérateur. Il ne s'agit encore ici que de Cyrus, le roi de Perse, qui va détruire Babylone et permettre au peuple élu de regagner sa terre.
Ainsi parle le Seigneur à son messie : À Cyrus que je tiens par sa main droite, pour abaisser devant lui les nations, pour déboucler la ceinture des rois, pour déboucler devant lui les battants, pour que les portails ne restent pas fermés :
Moi-même, devant toi je marcherai, les terrains bosselés, je les aplanirai, les battants de bronze, je les briserai, les verrous de fer, je les fracasserai. Je te donnerai les trésors déposés dans les ténèbres, les richesses dissimulées dans des cachettes : ainsi tu sauras que c'est moi le Seigneur, celui qui t'appelle par ton nom, le Dieu d'Israël.
C'est à cause de mon serviteur Jacob, oui, d'Israël, mon élu, que je t'ai appelé par ton nom ; je t'ai qualifié, sans que tu me connaisses. C'est moi qui suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre, moi excepté, nul n'est dieu ! Je t'ai mis le ceinturon, sans que tu me connaisses, afin qu'on reconnaisse, au levant du soleil comme à son couchant, qu'en dehors de moi : néant !
C'est moi qui suis le Seigneur, il n'y en a pas d'autre ; je forme la lumière et je crée les ténèbres, je fais le bonheur et je crée le malheur : c'est moi, le Seigneur, qui fais tout cela.
Cieux, de là-haut répandez comme une rosée et que les nuées fassent ruisseler la justice, que la terre s'ouvre, que s'épanouisse le salut, que la justice germe en même temps ! C'est moi, le Seigneur, qui ai créé cet homme.
Malheur à qui, cruchon parmi les cruchons de glaise, chicanerait celui qui l'a formé ! L'argile dira-t-elle à celui qui lui donne forme : "Que fais-tu ?", et l'œuvre réalisée par toi dira-t-elle : "Il n'a pas de mains !" ? Malheur à qui dit à un père : "Qu'as-tu engendré ?", et à une femme : "Qu'as-tu mis au monde ?"
Ainsi parle le Seigneur, celui qui a formé Israël et qui en est le Saint : Exigez donc de moi les choses à faire au sujet de mes fils ! Au sujet de l'œuvre réalisée par mes mains, vous me donneriez des ordres ? C'est moi qui ai fait la terre et qui ai, sur elle, créé l'humanité ; c'est moi, ce sont mes mains qui ont tendu les cieux et à toute leur armée je donne des ordres. C'est moi qui, selon la justice, ai fait surgir cet homme et j'aplanirai tous ses chemins. C'est lui qui rebâtira ma ville, et il renverra mes déportés, sans qu'il leur en coûte ni paiement, ni commission, dit le Seigneur, le tout-puissant.
R/ Cieux, répandez comme une rosée la victoire !
Que la terre s'entrouvre
Pour que mûrisse le salut !
Que germe la délivrance,
Celle qui vient du Seigneur !
LETTRE DE SAINT LÉON LE GRAND À L'IMPÉRATRICE PULCHÉRIE SUR L'INCARNATION
Le mystère de notre réconciliation.
Il ne sert à rien de dire que notre Seigneur, fils de la Vierge Marie, est un homme véritable et parfait, si l'on ne croit pas qu'il est un homme de cette descendance que proclame l'Évangile.
Matthieu dit en effet : Livre des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham. Il suit donc l'ordre des naissances humaines, de façon à conduire la suite des générations jusqu'à Joseph, à qui la mère du Seigneur était promise en mariage.
Luc, au contraire, en remontant les degrés de succession revient au chef de file du genre humain, pour montrer que le premier Adam et le nouvel Adam ont la même nature.
Évidemment, la toute-puissance du Fils de Dieu aurait pu se manifester, pour l'instruction et la justification des hommes, de la même manière dont elle était apparue aux patriarches et aux prophètes : sous un aspect corporel ; ainsi lorsque cette toute-puissance engagea le combat avec Jacob, s'entretint avec Abraham et accepta son hospitalité ou même prit la nourriture qu'il lui offrait.
Mais de telles apparitions n'étaient que des signes de cet homme dont ces préfigurations symboliques annonçaient la réalité, réalité qu'il devait endosser en devenant le descendant de tels ancêtres.
Et c'est pourquoi aucune de ces figures ne pouvait accomplir le mystère de notre réconciliation, pourtant préparé de toute éternité. L'Esprit Saint n'était pas encore venu sur la Vierge, la puissance du Très-Haut ne l'avait pas encore prise sous son ombre. Il fallait cela pour que, dans ce sein immaculé où la Sagesse lui construisait une demeure, le Verbe se fit chair. Il le fallait pour que, la nature divine et la nature humaine se rencontrant dans une seule personne, le Créateur du temps naquit dans le temps ; pour que celui par qui tout a été fait fût engendré parmi toutes les créatures.
Car si l'homme nouveau, semblable à la chair du péché, n'avait pas assumé notre condition ancienne et dégradée, si celui qui est consubstantiel au Père n'avait pas daigné devenir consubstantiel à sa mère, si lui, seul indemne de tout péché, ne s'était pas uni à notre nature, l'humanité tout entière serait restée prisonnière sous l'esclavage du démon et nous n'aurions pu profiter de la victoire remportée par le Christ, parce que cette victoire aurait été obtenue en dehors de notre nature.
Le sacrement de notre régénération a brillé pour nous en vertu de cette participation étonnante à notre nature : si la conception et la naissance du Christ ont été opérées par l'Esprit, c'est en vertu du même Esprit que nous-mêmes pouvons renaître.
C'est pourquoi l'Évangéliste désigne les croyants comme ceux qui ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme, mais qui sont nés de Dieu.
Les temps sont accomplis,
Le royaume de Dieu
Est tout proche.
Redressez-vous :
C'est l'heure de l'espérance.
R/ Voici le temps favorable !
Voici le jour du salut !
Les temps sont accomplis,
Le Seigneur aujourd'hui
Vous appelle.
Venez à lui :
C'est l'heure de l'évangile.
Les temps sont accomplis,
Le Seigneur vous attend
Pour la Pâque.
Pressez le pas :
C'est l'heure où Dieu vous fait revivre !
Oraison
Dieu, créateur et rédempteur des hommes, tu as voulu que ton Verbe éternel prenne chair dans le sein de la Vierge ; sois favorable à notre prière : que ton Fils unique qui s'est fait l'un de nous, nous donne part à sa vie divine. Lui qui règne.
V/ Préparez les chemins du Seigneur,
R/ aplanissez la route.
Livre d'Isaïe (Is 46, 1-13)
Je suis Dieu : il n'y en a pas d'autre
Tandis que les faux dieux de Babylone s'écroulent et partent en captivité, la splendeur de Dieu éclate : fidèle à lui-même, à l'heure même où son peuple se croyait abandonné, il n'oublie pas son alliance et réalise son dessein.
Bel a fléchi, voici Nébo qui penche : leurs portraits sont confiés à des animaux, à des bestiaux ! Ce que vous portiez haut, le voici pris en charge, fardeau pour montures épuisées, qui penchent et fléchissent en même temps ; à leur fardeau elles ne peuvent assurer la liberté, elles-mêmes s'en vont en captivité.
Écoutez-moi, maison de Jacob, tout le Reste de la maison d'Israël, vous qui, depuis le sein maternel, êtes pris en charge et portés haut depuis les entrailles maternelles. Jusqu'à votre vieillesse, moi je resterai tel, jusqu'à vos cheveux blancs, c'est moi qui supporterai, c'est moi qui suis intervenu, c'est moi qui porterai, c'est moi qui supporterai et qui libérerai.
À qui m'assimilerez-vous, et me ferez-vous identique ? À qui me comparerez-vous, que nous soyons semblables ? Certains gaspillent l'or de leur bourse, pèsent l'argent au fléau, engagent un mouleur pour qu'il en fasse un dieu, et ils s'inclinent et ils se prosternent ! Ce sont eux qui le portent sur l'épaule, qui le supportent, qui le mettent au repos, au lieu que ce soit lui ! Il reste immobile : de sa place il ne s'écarte pas. Qu'un homme crie vers lui, il ne répond pas, de sa détresse il ne le sauve pas.
Rappelez-vous cela, pour ranimer votre ardeur, ô révoltés, revenez là-dessus au fond de votre cœur, rappelez-vous les premiers événements, ceux d'autrefois : Oui, c'est moi qui suis Dieu, il n'y en a pas d'autre, Dieu, et il n'y a que du néant en comparaison de moi.
Dès le début j'annonce la suite, dès le passé, ce qui n'est pas encore exécuté. Je dis : "Mon dessein subsistera, et tout ce qui me plaît, je l'exécuterai." J'appelle du levant un oiseau de proie, d'une terre éloignée, l'homme du dessein que je revendique, que j'ai formulé et que je mènerai à bien, que j'ai formé et que j'exécuterai.
Écoutez-moi, cœurs indomptables, vous qui restez éloignés de la justice : ma justice, je la rends proche, elle n'est plus éloignée et mon salut ne sera plus retardé ; je donnerai en Sion le salut, à Israël je donnerai ma splendeur.
R/ Toi seul es Dieu et nul autre,
Toi seul peux sauver !
Je fais approcher ma victoire ;
Elle n'est plus loin.
Mon salut ne tardera pas.
Je mettrai en Sion le salut,
Ma splendeur sera pour Israël.
DE LA LETTRE À DIOGNÈTE
"Elle s'est manifestée, la bonté de Dieu notre Sauveur..."
Aucun homme n'a vu Dieu ni ne l'a connu : c'est lui-même qui s'est manifesté. Et il s'est manifesté pour la foi, qui seule a reçu le privilège de voir Dieu. Car Dieu, Maître et Créateur de l'univers, qui a fait toutes choses et les a disposées avec ordre, s'est montré pour les hommes non seulement plein d'amour, mais plein de patience. Toujours il était ainsi, il l'est et le sera : secourable, bon, sans colère, véridique ; lui seul est bon. Ayant conçu un dessein d'une grandeur inexprimable, il ne l'a communiqué qu'à son Enfant.
Tandis qu'il maintenait son sage projet dans le mystère et le tenait en réserve, il semblait nous oublier et ne pas se soucier de nous. Mais quand il eut dévoilé par son Enfant bien-aimé, quand il eut manifesté ce qu'il avait préparé dès le commencement, il nous a tout offert à la fois : de jouir de ses bienfaits, de voir, de comprendre ; qui de nous aurait jamais pu s'y attendre ?
Dieu avait donc déjà tout disposé en lui-même avec son Enfant ; mais, jusqu'à ces derniers temps, il a toléré que nous nous laissions emporter à notre gré par des mouvements désordonnés, entraînés par les voluptés et les passions. Nullement parce qu'il se réjouissait de nos péchés ; il tolérait alors, sans l'approuver, ce règne de l'iniquité. Bien au contraire, il organisait pour maintenant le règne de la justice. Après avoir bien prouvé, dans cette première période, que nos propres œuvres nous rendaient indignes de la vie, il voulait que nous en devenions maintenant dignes par l'effet de sa bonté. Il voulait qu'après nous être montrés incapables d'accéder par nous-mêmes au royaume de Dieu, nous en devenions capables par sa puissance.
Lorsque notre perversité fut à son comble, et qu'il fut devenu pleinement manifeste que son salaire – le supplice et la mort – était imminent, c'est alors qu'arriva le temps que Dieu avait marqué pour faire connaître désormais sa bonté et sa puissance : quelle surabondance de l'amour de Dieu et de sa bonté pour les hommes ! Il ne nous a pas détestés, il ne nous a pas repoussés, il ne nous a pas tenu rancune ; au contraire, il a longtemps patienté, il nous a supportés. Dans sa pitié pour nous, il a pris en charge nos propres péchés, il a livré son propre Fils pour nous racheter : le saint pour les criminels, l'innocent pour les méchants, le juste pour les injustes, l'incorruptible pour les corrompus, l'immortel pour les mortels. Qu'est-ce qui aurait pu couvrir nos péchés, sinon sa justice ? Par qui pouvions-nous être rendus justes, criminels et impies que nous étions, sinon par le seul Fils de Dieu ?
Quel échange plein de douceur ! Quelle réalisation insondable ! Quels bienfaits inespérés ! Le crime du grand nombre est enseveli dans la justice d'un seul, et la justice d'un seul rend juste un grand nombre de criminels !
R/ Ne crains pas, Jérusalem,
Dans son amour éternel,
Ton rédempteur a pitié de toi.
À l'improviste tu seras visitée
Et Dieu dispersera tes ennemis.
Comme l'éclair qui part du levant
Et brille jusqu'au couchant,
Ainsi en sera-t-il du Fils de l'homme
À son avènement.
Oraison
Tu le vois, Dieu tout-puissant, nous ployons sous le péché qui a soumis l'homme à sa loi : apporte-nous la délivrance grâce au renouveau que nous attendons de la naissance incomparable de ton Fils bien-aimé. Lui qui règne.
V/ Viens, Seigneur, montre-nous ton visage,
R/ Et nous serons sauvés.
Livre d'Isaïe (Is 47, 1.3b-15)
Chute de Babylone
À travers Babylone, Dieu dit son fait à un monde qui ne compte que sur lui-même, et que sa prétendue sagesse mène à sa ruine. Le salut véritable, c'est auprès des pauvres du Seigneur, vivant leur foi dans l'humiliation et parfois l'oppression, qu'il faut le chercher, maintenant comme alors...
Tombe très bas, affale-toi dans la poussière, vierge, fille de Babylone, affale-toi à même le sol, privée de trône, fille des Chaldéens, car plus jamais tu n'obtiendras que l'on t'appelle "Délicate et Jouisseuse". La vengeance, je la prendrai, et je n'aurai pas recours à un homme : Celui qui nous rachète, son nom est le Seigneur, le tout-puissant, le Saint d'Israël.
Affale-toi sans dire un mot, entre dans les ténèbres, fille des Chaldéens, car plus jamais tu n'obtiendras que l'on t'appelle "Dominatrice des royaumes". J'étais irrité contre mon peuple : j'avais déshonoré mon patrimoine, je les avais livrés en ta main ; mais tu ne leur as montré aucune pitié, sur le vieillard tu as fait peser ton joug avec excès. Tu disais : "je serai pour toujours, perpétuellement dominatrice". Tu n'as pas réfléchi dans ton cœur au sens des événements, ni songé à leur suite.
Mais maintenant, écoute ceci, voluptueuse, trônant avec assurance, toi qui dans ton cœur disais : "C'est moi qui compte, et le reste n'est que néant. Non, je ne resterai jamais veuve, j'ignorerai la perte de mes enfants." Ces deux choses vont t'arriver, dans l'instant, en un jour : perte de tes enfants, veuvage aussi – le comble ! – arriveront sur toi, bien que s'entassent tes recettes magiques et que foisonnent tes enchantements, avec excès.
Tu tirais assurance de ta malice, tu disais : "Personne ne me voit." C'est ta "sagesse" et c'est ta science, ce sont elles qui t'ont circonvenue. Et toi, dans ton cœur, tu disais : "C'est moi qui compte, et le reste n'est que néant !" Voici qu'arrivera sur toi un malheur : tu ne sauras le conjurer, voici que tombera sur toi un désastre : tu ne pourras t'en protéger ; oui, sur toi arrivera soudain un saccage dont tu n'as pas idée.
Monte donc la garde au milieu de tes enchantements, sur le tas de recettes magiques pour lesquelles tu t'es fatiguée depuis ta jeunesse : tu pourras peut-être en tirer profit, et peut-être effaroucher ! Tu es importunée par des tas de conseils : qu'ils se présentent donc, et qu'ils te sauvent, ceux qui compartimentent les cieux, lisent dans les étoiles et font connaître à chaque nouvelle lune ce qui doit t'arriver !
Voici qu'ils seront comme de la paille, un feu les brûlera, ils ne pourront pas se soustraire à la main de la flamme : ce ne sera plus la braise pour se chauffer, rougeoiement pour s'asseoir devant ! Ainsi sont-ils pour toi, ceux pour qui tu t'es fatiguée, qui t'exploitent depuis ta jeunesse : chacun de son côté ils sont errants, nul pour toi n'est sauveur !
R/ Seigneur, tu choisis les pauvres
Comme héritiers du Royaume !
Tu écoutes le désir des pauvres,
Tu les accueilles, tu les rassures.
Pour le pauvre qu'on opprime,
Le malheureux qui gémit,
Maintenant je me lève, dit le Seigneur.
TRAITÉ DE SAINT IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES
"Dieu parmi nous"
La gloire de l'homme c'est Dieu ; mais le propre de l'homme, c'est de recevoir l'œuvre de Dieu, toute sa sagesse et sa force. Comme un médecin fait ses preuves auprès des malades, ainsi Dieu se manifeste aux hommes. Et voilà pourquoi Paul déclare : Dieu a tout enfermé dans l'incrédulité, pour accorder à tous sa miséricorde ; et il disait cela de l'homme : l'homme avait désobéi à Dieu, et avait été rejeté de l'immortalité ; il a ensuite obtenu par le Fils de Dieu la miséricorde qui lui permet de recevoir par le Fils l'adoption filiale.
Car celui qui, sans orgueil ni prétention, garde la vérité quant aux choses créées, et quant au Créateur, Dieu, le maître de toutes les choses auxquelles il donne d'être, celui-là qui demeure dans son amour, dans la soumission et l'action de grâce, il recevra de Dieu une gloire plus grande et de devenir progressivement semblable à celui qui est mort pour nous.
Car voici que le Verbe s'est fait semblable à la chair de péché : cela d'abord pour condamner le péché et, en tant que condamné, le rejeter hors de la chair, cela aussi pour inciter l'homme à lui devenir semblable en lui donnant mission d'être l'imitateur de Dieu, en le rangeant sous l'obédience du Père, pour qu'il voie Dieu, et en lui donnant de saisir le Père.
Oui, c'est le Verbe de Dieu, qui a habité en l'homme, et qui s'est fait fils de l'homme, pour habituer l'homme à recevoir Dieu, et habituer Dieu à habiter en l'homme comme cela paraissait bon au Père.
Voilà pourquoi le Seigneur lui-même nous a donné le signe de notre salut ; c'est Dieu parmi nous né de la Vierge. En effet le Seigneur lui-même a sauvé les hommes, car les hommes ne pouvaient d'eux-mêmes se sauver. Cette infirmité de l'homme, Paul la proclame en ces termes : Je sais que le bien n'habite pas en ma chair. Il veut dire par là que le bien de notre salut ne vient pas de nous mais de Dieu. Il dit encore : Pauvre de moi, qui me libérera de ce corps de mort ? et il nous présente alors le libérateur : la grâce de Jésus Christ notre Seigneur. Isaïe a dit de même : Soyez fermes, mains molles et genoux tremblants. Courage ! Cœurs faibles. Soyez fermes et ne craignez pas ! Voici notre Dieu : il prononcera son jugement et rendra justice : il viendra lui-même nous sauver. Car nous ne pouvons être sauvés par nous-mêmes, mais par le secours de Dieu.
Il est au milieu de vous,
Celui que vous ne connaissez pas ;
Préparez le chemin du Seigneur,
Écoutez sa voix, amis de l'Époux,
Pour que votre joie soit parfaite.
R/ Réjouissez-vous dans le Seigneur !
Réjouissez-vous, car il est proche !
Ta complaisance, Seigneur, est pour la terre,
Tu fais revenir les captifs de Jacob.
N'est-ce pas toi qui reviens nous vivifier ?
Et ton peuple en toi se réjouit.
Justice marchera devant lui,
Et paix sur la trace de ses pas.
Oraison
Par le signe merveilleux de la Vierge qui enfante tu as fait connaître au monde, Seigneur, la splendeur de ta gloire ; aide-nous à célébrer le mystère de l'incarnation avec une foi sans défaut et dans l'obéissance du cœur.
V/ Écoutez, tous les peuples, la parole du Seigneur,
R/ Annoncez-la aux îles lointaines.
Livre d'Isaïe (Is 48, 1-11)
Écoute Israël, rebelle et rétive
Merveilleuse diversité d'aspect du salut divin, dont la délivrance du peuple captif n'est que l'annonce : il est à la fois le fruit d'une fidélité de Dieu à lui-même qui ne s'est jamais démentie depuis les siècles, et un événement toujours neuf. Aujourd'hui encore.
Écoutez ceci, maison de Jacob, vous qui vous appelez du nom d'Israël, vous qui êtes issus des sources de Juda, vous qui prêtez serment par le nom du Seigneur et redoublez vos rappels du Dieu d'Israël, mais sans sincérité ni droiture : – ils s'appellent pourtant "Ceux de la Ville Sainte", ils revendiquent le soutien du Dieu d'Israël dont le nom est "le Seigneur, le tout-puissant". –
Les premiers événements, depuis longtemps je les ai annoncés, ils sont sortis de ma bouche, je les ai laissé entendre : soudain j'ai œuvré, et ils sont survenus. Comme je sais que tu es endurci, que ta nuque est un tendon de fer et que ton front est de bronze, je t'ai annoncé les faits depuis longtemps ; avant qu'ils surviennent, je te les ai laissé entendre, pour éviter que tu dises : "C'est ma figurine qui est ici à l'œuvre, c'est mon idole, ma statue, qui a donné ces ordres." Vous avez entendu la prédiction : regardez-la accomplie. À votre tour ne l'annoncerez-vous pas ?
Maintenant je te fais entendre des nouveautés mises en réserve, que tu ne connaissais pas. C'est maintenant qu'elles sont créées, et non pas depuis longtemps, au début de ce jour, et tu ne les avais jamais entendues, pour éviter que tu dises : "Vu ! je les connaissais !" Sûr ! tu n'as pas entendu ; sûr ! tu n'as pas eu connaissance ; sûr ! ton oreille n'a pas été ouverte longtemps avant, car je sais que tu as trahi, encore trahi, et que l'on t'appelle "Révolté dès le sein maternel" !
C'est par égard pour mon nom que je modère ma colère, par égard pour la louange qui m'est due qu'envers toi je me refrène, afin de ne pas te retrancher. Voici que je t'ai épuré – non pas dans l'argent en fusion – je t'ai affiné dans le creuset de l'humiliation. C'est par égard pour moi, par égard pour moi que j'ai agi, comment, en effet, mon nom serait-il déshonoré ? Ma gloire, je ne la donnerai pas à un autre.
R/ Maintenant, Seigneur,
Tu nous révèles des choses nouvelles,
Qui viennent d'être créées !
Depuis longtemps j'avais révélé
Les événements passés :
Soudain j'ai agi et ils sont arrivés !
C'est à cause de moi
Et de moi seul que j'ai agi.
Je ne céderai pas ma gloire à un autre.
SERMON DE SAINT BERNARD SUR LES LOUANGES DE LA VIERGE MARIE
Le monde entier attend la réponse de Marie.
Tu l'as entendu, ô Vierge : tu concevras un fils, non d'un homme tu l'as entendu – mais de l'Esprit Saint. L'ange, lui, attend ta réponse : il est temps pour lui de retourner vers celui qui l'a envoyé. Nous aussi, nous attendons, ô Notre Dame. Accablés misérablement par une sentence de condamnation, nous attendons une parole de pitié. Or voici, elle t'est offerte, la rançon de notre salut. Consens, et aussitôt nous serons libres. Dans le Verbe éternel de Dieu, nous avons tous été créés ; hélas, la mort fait son œuvre en nous. Une brève réponse de toi suffit pour nous recréer, de sorte que nous soyons rappelés à la vie.
Ta réponse, ô douce Vierge, Adam l'implore tout en larmes, exilé qu'il est du paradis avec sa malheureuse descendance ; il l'implore, Abraham, il l'implore, David, ils la réclament tous instamment, les autres patriarches, tes ancêtres, qui habitent eux aussi au pays de l'ombre de la mort. Cette réponse, le monde entier l'attend, prosterné à tes genoux. Et ce n'est pas sans raison, puisque de ta parole dépendent le soulagement des malheureux, le rachat des captifs, la délivrance des condamnés, le salut enfin de tous les fils d'Adam, de ta race entière.
Ne tarde plus, Vierge Marie. Vite, réponds à l'ange, ou plutôt, par l'ange réponds au Seigneur. Réponds une parole et accueille la Parole ; prononce la tienne et conçois celle de Dieu ; profère une parole passagère et étreins la Parole éternelle.
Pourquoi tarder ? Pourquoi trembler ? Crois, parle selon ta foi et fais-toi tout accueil. Que ton humilité devienne audacieuse, ta timidité, confiante. Certes il ne convient pas en cet instant que la simplicité de ton cœur virginal oublie la prudence ; mais en cette rencontre unique ne crains point la présomption, Vierge prudente. Car si ta réserve fut agréable à Dieu dans le silence, plus nécessaire maintenant est l'accord empressé de ta parole. Heureuse Vierge, ouvre ton cœur à la foi, tes lèvres à l'assentiment, ton sein au Créateur. Voici qu'au dehors le Désiré de toutes les nations frappe à ta porte. Ah ! Si pendant que tu tardes il allait passer son chemin, t'obligeant à chercher de nouveau dans les larmes celui que ton cœur aime. Lève-toi, cours, ouvre-lui : lève-toi par la foi, cours par l'empressement à sa volonté, ouvre-lui par ton consentement.
Voici, dit-elle, la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole.
R/ La vierge enfantera un fils,
Qu'elle appellera Emmanuel.
Ne crains pas, Marie,
Tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici, tu concevras et enfanteras un fils.
Cet enfant sera grand,
On l'appellera : Fils du Très-Haut,
Le Seigneur lui donnera le trône de David son Père.
Oraison
Tu as voulu, Seigneur, qu'à l'annonce de l'ange la Vierge accueille ton Verbe éternel, qu'elle soit remplie de la lumière de l'Esprit Saint et devienne le temple du Très-Haut ; aide-nous à devenir assez humbles pour faire comme elle ta volonté.