Ressources Catholiques Missel Romain

précédent

3 Dimanche

V/ Viens manger le pain de l'intelligence,

R/ Et boire l'eau de la sagesse.

 

Livre de l'Exode (Ex 22, 20-30 ; 23, 1-9)

Code de justice

Dès les plus lointaines origines, les lois formant le Code de l'Alliance nous montent le vrai souci de Dieu de faire de son peuple un peuple fraternel, vivant une charité véritable. Leur portée déjà évangélique n'a certes pas toujours été pleinement vécue par Israël, l'histoire en témoigne.

Tu n'exploiteras ni n'opprimeras l'émigré, car vous avez été des émigrés au pays d'Égypte.

Vous ne maltraiterez aucune veuve ni aucun orphelin. Si tu le maltraites, et s'il crie vers moi, j'entendrai son cri, ma colère s'enflammera, je vous tuerai par l'épée, vos femmes seront veuves, et vos fils orphelins. Si tu prêtes de l'argent à mon peuple, au malheureux qui est avec toi, tu n'agiras pas avec lui comme un usurier ; vous ne lui imposerez pas d'intérêt. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras pour le coucher du soleil, car c'est là sa seule couverture, le manteau qui protège sa peau. Dans quoi se coucherait-il ? Et s'il arrivait qu'il crie vers moi, je l'entendrais, car je suis compatissant, moi.

Dieu, tu ne l'insulteras pas ; et tu ne maudiras pas celui qui a une responsabilité dans ton peuple.

Tu ne livreras pas à d'autres tes fruits mûrs et la coulée de ton pressoir. Tu me donneras le premier-né de tes fils. Tu feras de même pour ton bœuf et pour tes moutons : il restera sept jours avec sa mère ; le huitième jour, tu me le donneras.

Vous serez pour moi des hommes saints. Vous ne mangerez pas la viande déchiquetée dans la campagne. Vous la jetterez au chien.

Tu ne rapporteras pas de rumeur sans fondement. Ne prends pas le parti d'un coupable par un faux témoignage. Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal et tu n'interviendras pas dans un procès en t'inclinant devant une majorité partiale. Tu ne favoriseras pas un faible dans son procès. Quand tu tomberas sur le bœuf de ton ennemi, ou sur son âne, égarés, tu les lui ramèneras. Quand tu verras l'âne de celui qui t'en veut gisant sous son fardeau, loin de l'abandonner, tu l'aideras à ordonner la charge. Tu ne fausseras pas le droit de ton pauvre dans son procès. Tu te tiendras éloigné d'une cause mensongère. Ne tue pas un innocent ni un juste, car je ne justifie pas un coupable. Tu n'accepteras pas de cadeau, car le cadeau aveugle les clairvoyants et compromet la cause des justes.

Tu n'opprimeras pas l'émigré ; vous connaissez vous-mêmes la vie de l'émigré, car vous avez été émigrés au pays d'Égypte.

 

R/ Heureux qui pense au faible et au pauvre !

 

Le Seigneur écoute le désire des pauvres,

Il les accueille, il les rassure.

 

Dieu les a choisis pour héritiers du Royaume

Promis à ceux qui l'aiment.

 

Deuxième lecture : Année A, année B, année C

 

 

COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN

L'eau vive

Arrive une femme. Elle représente l'Église ; l'Église qui n'était pas encore justifiée, mais déjà appelée à la justification. Car c'est de cela qu'il est question. Elle arrive sans savoir, elle trouve Jésus, et la conversation s'engage.

Voyons comment, voyons pourquoi arrive une femme de Samarie qui venait puiser de l'eau. Les Samaritains n'appartenaient pas au peuple des Juifs, car à l'origine ils étaient des étrangers. ~ C'est un symbole de la réalité qu'arrive de chez les étrangers cette femme qui était l'image de l'Église, car l'Église devait venir aussi des nations païennes, être étrangère à la descendance des Juifs.

 

Écoutons-la donc : en elle, c'est nous qui parlons ! Reconnaissons-nous en elle et, en elle, rendons grâce à Dieu pour nous. Elle était la figure, non la vérité ; car elle-même a présenté d'abord la figure, et la vérité est venue. Car elle a cru en celui qui, en elle, nous présentait cette préfiguration. Donc, elle venait puiser de l'eau, tout simplement, comme font ordinairement des hommes ou des femmes.

 

Jésus lui dit : Donne-moi à boire. (En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi manger). La Samaritaine lui dit : Comment, toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? En effet, les Juifs ne veulent rien avoir en commun avec les Samaritains.

 

Vous voyez que c'étaient bien des étrangers : les Juifs n'employaient jamais leurs récipients. Et, parce que cette femme avait emporté une cruche pour puiser l'eau, elle s'étonne de ce qu'un Juif lui demande à boire, ce qui n'était pas la coutume des Juifs. Mais celui qui cherchait à boire avait soif de la foi de cette femme.

Écoute enfin quel est celui qui demande à boire. Jésus lui répondit : Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. Il demande à boire, et il promet à boire. Il est dans le besoin, comme celui qui va recevoir, et il est dans l'abondance, comme celui qui va combler. Si tu savais le don de Dieu, dit-il. Le don de Dieu, c'est l'Esprit Saint. Mais Jésus parle encore à cette femme de façon cachée et peu à peu Il entre dans son cœur. Peut-être l'instruit-il déjà. Qu'y a-t-il de plus doux et de plus bienveillant que cette invitation : Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi a boire, c'est peut-être toi qui demanderais, et il te donnerait de l'eau vive.

 

Quelle eau va-t-il lui donner, sinon cette eau dont il est dit : En toi est la source de vie ? Comment auraient-ils soif, ceux qui seront enivrés par les richesses de ta maison ?

Il promettait donc la nourriture substantielle et le rassasiement de l'Esprit Saint, mais la femme ne comprenait pas encore. Et, parce qu'elle ne comprenait pas, que répondait-elle ? La femme lui dit : Seigneur, donne-la moi, cette eau : que je n'aie plus soif, et que je n'aie plus à venir ici pour puiser. Sa pauvreté l'obligeait à peiner, et sa faiblesse refusait cette peine. Elle aurait dû entendre cette parole : Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ! Jésus lui disait cela pour qu'elle cesse de peiner. Mais elle ne comprenait pas encore.

Si tu savais le don de Dieu, Stance

tu boirais à la Source éternelle !

Proche est la Pâque de ta vie.

Dieu va renaître de ta nuit.

Peuple de Dieu, attends la joie,

veille dans l'espérance,

peuple de Dieu, chante ta foi !

R/ Source nouvelle,

intarissable don du Père, Jésus Christ !

Oraison

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l'aveu de notre faiblesse : nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec amour.

 

 

 

COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN

Le vrai Temple de Dieu.

Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours, je le relèverai. Jésus, parlait, dit l'Évangéliste, du sanctuaire de son corps. Il est manifeste, que trois jours après avoir été mis à mort, le Seigneur est ressuscité. Si les Juifs demeurent exclus de cette connaissance, parce qu'ils sont dehors, pour nous elle est patente, parce que nous savons en qui nous croyons. Nous allons bientôt célébrer la solennité annuelle qui commémore la destruction et la réédification de ce temple.

En venant dans le monde, le Christ a reçu un corps, qui lui vient d'Adam. Les Juifs ont détruit le temple qui vient d'Adam, le corps du Christ, mais le Seigneur l'a relevé le troisième jour. Il a ressuscité sa chair ; en cela vous voyez qu'il est Dieu égal à son Père. L'Apôtre dit : Le Christ s'est fait obéissant jusqu'à mourir, et mourir sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a relevé d'entre les morts et lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms. Le Seigneur est ressuscité, il a été exalté. Qui l'a ressuscité ? Le Père, à qui il dit dans un psaume : Relève-moi, je leur rendrai ce qu'ils méritent. Le Père l'a ressuscité. Il ne s'est donc pas ressuscité lui-même ? Mais le Père fait-il rien sans le Verbe ? Le Père fait-il rien sans son Fils unique ? Écoutez bien ce que dit le Christ : Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. Est-ce qu'il a dit : Détruisez ce sanctuaire, et dans trois jours le Père le relèvera ? Ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement : quand le Père relève, le Fils relève ; quand le Fils relève, le Père relève, car, dit le Fils : le Père et moi, nous sommes un.

R/ Le Seigneur Dieu, Maître de tout,

sera notre temple, ainsi que l'Agneau.

Parole du Seigneur : Voici le lieu de mon trône,

j'habiterai au milieu de mon peuple à jamais.

Jésus entra dans le temple

et chassa les marchands qui s'y trouvaient.

Les enfants dans le temple s'écriaient :

«  Hosanna au fils de David ».

 

Oraison

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l'aveu de notre faiblesse : nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec amour.

 

 

 

SERMON DE SAINT LÉON LE GRAND SUR LA PASSION

Préparons-nous au pardon mutuel.

Le Seigneur a dit : Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs. Il n'est donc permis à aucun chrétien de haïr qui que ce soit : personne ne peut être sauvé si ce n'est dans le pardon des péchés et, ceux que la sagesse du monde méprise, nous ne savons à quel point la grâce de l'Esprit peut leur donner du prix. Que le peuple de Dieu soit saint et qu'il soit bon saint pour se détourner de ce qui est défendu, bon pour agir selon les commandements. Bien qu'il soit grand d'avoir une foi droite et une saine doctrine, et que soient dignes de louange la sobriété, la douceur et la pureté, toutes ces vertus demeurent pourtant vaines sans la charité. Et on ne peut pas dire qu'une conduite excellente soit féconde si elle n'est pas engendrée par l'amour.

Que les croyants fassent donc la critique de leur propre état d'esprit et qu'ils examinent attentivement les sentiments intimes de leur cœur. S'ils trouvent au fond de leur conscience quelque fruit de la charité, qu'ils ne doutent pas que Dieu est en eux. Et pour devenir de plus en plus capables d'accueillir un hôte si grand, qu'ils persévèrent et grandissent dans la miséricorde par des actes. Si en effet l'amour est Dieu, la charité ne doit connaître nulle borne, car aucune limite ne peut enfermer la divinité.

Pour traduire en actes ce bien de la charité, mes frères, il est vrai que tous les temps sont bons ; et pourtant, les jours que nous vivons nous y exhortent particulièrement. Ceux qui désirent accueillir la Pâque du Seigneur avec la sainteté de l'esprit et du corps doivent s'efforcer avant tout d'acquérir cette grâce qui contient la somme des vertus et couvre une multitude de péchés.

Sur le point donc de célébrer le plus grand de tous les mystères, celui où le sang de Jésus Christ a effacé nos iniquités, préparons tout d'abord le sacrifice de la miséricorde. Ce que la bonté de Dieu nous a donné, nous le rendrons ainsi à ceux qui nous ont offensés. Que les injures soient jetées dans l'oubli, que les fautes ignorent désormais la torture et que toutes les offenses soient libérées de la peur de la vengeance ! Que chacun sache bien que lui-même est pécheur et, pour recevoir le pardon, qu'il se réjouisse d'avoir trouvé à qui pardonner. Ainsi lorsque nous dirons, selon l'enseignement du Seigneur : Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, nous ne douterons pas, en formulant notre prière, d'obtenir le pardon de Dieu.

 

R/ Marchons dans la fidélité à Dieu notre Père,

Recevons de lui la vie !

 

Le Seigneur est tendresse et pitié,

Lent à la colère et plein d'amour.

 

Il sait bien de quoi nous sommes pétris,

Il n'oublie pas que nous sommes poussière.

Oraison

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l'aveu de notre faiblesse : nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec amour.


3 Lundi

V/ Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle,

R/ Le Règne de Dieu est là.

 

Livre de l'Exode (Ex 24, 1-18)

Engagement solennel

Dans le monde sémitique, tous les pactes étaient scellés par le sang des sacrifices. Le Christ lui aussi fondera la nouvelle Alliance dans son propre sang. Par lui nous est ainsi promise la faveur dont Moïse et les anciens d'Israël n'ont joui que par exception : connaître la vision de Dieu sans subir la mort des sacrifices.

Dieu avait dit à Moïse : "Monte vers le Seigneur, toi, Aaron, Nadav et Avihou, ainsi que soixante-dix des anciens d'Israël, et vous vous prosternerez de loin. Mais Moïse seul approchera du Seigneur ; eux n'approcheront pas, et le peuple ne montera pas avec lui."

Moïse vint raconter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes les règles. Tout le peuple répondit d'une seule voix : "Toutes les paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique." Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur ; il se leva de bon matin et bâtit un autel au bas de la montagne, avec douze stèles pour les douze tribus d'Israël. Puis il envoya les jeunes gens d'Israël ; ceux-ci offrirent des holocaustes et sacrifièrent des taureaux au Seigneur comme sacrifices de paix. Moïse prit la moitié du sang et la mit dans les coupes ; avec le reste du sang, il aspergea l'autel. Il prit le livre de l'alliance et en fit lecture au peuple. Celui-ci dit : "Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous l'entendrons." Moïse prit le sang, en aspergea le peuple et dit : "Voici le sang de l'alliance que le Seigneur a conclue avec vous, sur la base de toutes ces paroles."

Et Moïse monta, ainsi qu'Aaron, Nadav et Avihou, et soixante-dix des anciens d'Israël. Ils virent le Dieu d'Israël et sous ses pieds, c'était comme une sorte de pavement de lazulite, d'une limpidité semblable au fond du ciel. Sur ces privilégiés des fils d'Israël, il ne porta pas la main ; ils contemplèrent Dieu, ils mangèrent et ils burent.

Le Seigneur dit à Moïse : "Monte vers moi sur la montagne et reste là, pour que je te donne les tables de pierre : la Loi et le commandement que j'ai écrits pour les enseigner." Moïse se leva, avec Josué son auxiliaire, et Moïse monta vers la montagne de Dieu, après avoir dit aux anciens : "Attendez-nous ici, jusqu'à ce que nous revenions à vous. Mais voici Aaron et Hour qui sont avec vous ; celui qui a une affaire, qu'il s'adresse à eux." Moïse monta sur la montagne ; alors, la nuée couvrit la montagne, la gloire du Seigneur demeura sur le mont Sinaï, et la nuée le couvrit pendant six jours. Il appela Moïse le septième jour, du milieu de la nuée. La gloire du Seigneur apparaissait aux fils d'Israël sous l'aspect d'un feu dévorant, au sommet de la montagne. Moïse pénétra dans la nuée et il monta sur la montagne. Moïse resta sur la montagne quarante jours et quarante nuits.

 

R/ Poussés par l'Esprit,

Des hommes ont parlé de la part de Dieu.

 

Dieu fit entendre sa voix à Moïse,

Il l'introduisit dans la nuée.

 

Moïse a reçu les paroles de Dieu

Pour nous les donner.

 

HOMÉLIE DE SAINT BASILE SUR L'HUMILITE

"Notre fierté, c'est la croix du Christ"

Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le vaillant se glorifie pas de sa vaillance, que le riche ne se glorifie de sa richesse ! Alors, où est la vraie gloire et en quoi l'homme est-il vraiment grand ? Le prophète répond : Celui qui veut se glorifier trouvera sa gloire s'il reconnaît et comprend que je suis le Seigneur.

Voilà quelle est la noblesse de l'homme, voilà quelle est sa gloire et sa grandeur : connaître vraiment ce qui est grand et s'y unir, et rechercher sa gloire dans la gloire de Dieu. L'Apôtre dit en effet : Celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur, après avoir dit : Le Christ a été envoyé pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption.

Voilà quelle est en Dieu notre fierté parfaite et exacte : ne pas se flatter de sa propre justice, mais savoir qu'on est dépourvu de vraie justice et ne trouver sa justice que dans la foi au Christ. Et c'est en cela que Paul se glorifie, car il méprise sa propre justice : il recherche cette justice qui est donnée par le Christ, qui vient de Dieu et qui consiste en la foi, pour connaître le Christ, éprouver la puissance de sa résurrection, et communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant sa mort dans l'espoir de parvenir à ressusciter d'entre les morts.

Alors, toute la prétention de l'orgueil s'écroule. Il ne te reste plus rien, pauvre homme, dont tu puisses te vanter, où tu puisses mettre ta fierté et ton espérance. Il ne te reste qu'à mortifier tout ce que tu possèdes, qu'à chercher dans le Christ ta vie future. Nous l'avons par avance, nous y sommes déjà, puisque nous vivons entièrement par la grâce que Dieu nous donne.

Et certes, c'est l'action de Dieu qui produit en nous la volonté et l'action, parce qu'il veut notre bien. En outre Dieu nous révèle par son Esprit sa sagesse qui a préparé notre gloire. Et c'est Dieu qui nous donne la force dont nous avons besoin dans nos labeurs. J'ai travaillé plus qu'eux tous, dit saint Paul ; non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

Dieu nous a délivrés de tout danger au-delà de toute espérance humaine. Nous avions reçu en nous-mêmes notre arrêt de mort, dit saint Paul. Ainsi notre confiance ne pouvait plus se fonder sur nous-mêmes, mais sur Dieu qui ressuscite les morts. C'est lui qui nous a arrachés à une telle mort et nous en arrachera ; en lui nous avons mis notre espérance : il nous en arrachera encore.

 

Il est plus grand que notre cœur,

Le cœur de notre Dieu !

Elle est plus forte que notre force,

La faiblesse du Christ !

Folie pour les hommes, Sagesse du Royaume !

 

R/ Heureux les humbles :

Ils posséderont la terre !

 

Humiliez-vous sous la main du Seigneur,

Afin qu'il vous élève au temps de sa visite.

 

Devenez semblables aux petits enfants,

C'est à eux qu'appartient le Royaume.

 

Jésus s'est humilié, obéissant jusqu'à la mort,

Et Dieu l'a exalté.

Oraison

Ne relâche pas ton amour, Seigneur, purifie ton Église et protège-là ; sans toi elle ne peut être en sûreté : que ta grâce la gouverne toujours.


3 Mardi

V/ C'est maintenant le jour favorable,

R/ C'est maintenant le jour du salut.

 

Livre de l'Exode (Ex 32, 1-20)

Idolâtrie d'Israël

L'épisode du veau d'or témoigne de l'extrême difficulté des anciens Sémites à se passer de représentation concrète de la divinité. L'adoration de Dieu sous forme d'un taureau se poursuivra longtemps encore, en dépit des efforts des prophètes. Ainsi l'homme recrée-t-il sans cesse un Dieu à son image, et doit-il se garder, croyant l'adorer en vérité, d'en faire inconsciemment une idole.

Le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne ; le peuple s'assembla près d'Aaron et lui dit : "Debout ! Fais-nous des dieux qui marchent à notre tête, car ce Moïse, l'homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé." Aaron leur dit : "Arrachez les boucles d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les-moi." Tout le peuple arracha les boucles d'or qu'ils avaient aux oreilles, et on les apporta à Aaron. Ayant pris l'or de leurs mains, il le façonna au burin pour en faire une statue de veau. Ils dirent alors : "Voici tes dieux, Israël, ceux qui t'ont fait monter du pays d'Égypte !" Aaron le vit et il bâtit un autel en face de la statue ; puis Aaron proclama ceci : "Demain, fête pour le Seigneur !" Le lendemain, dès leur lever, ils offrirent des holocaustes et amenèrent des sacrifices de paix ; le peuple s'assit pour manger et boire, il se leva pour se divertir.

Le Seigneur adressa la parole à Moïse : "Descends donc, car ton peuple s'est corrompu, ce peuple que tu as fait monter du pays d'Égypte. Ils n'ont pas tardé à s'écarter du chemin que je leur avais prescrit ; ils se sont fait une statue de veau, ils se sont prosternés devant elle, ils lui ont sacrifié et ils ont dit : Voici tes dieux, Israël, ceux qui t'ont fait monter du pays d'Égypte." Et le Seigneur dit à Moïse : "Je vois ce peuple : eh bien ! c'est un peuple à la nuque raide ! Et maintenant, laisse-moi faire : que ma colère s'enflamme contre eux, je vais les supprimer et je ferai de toi une grande nation."

Mais Moïse apaisa la face du Seigneur, son Dieu, en disant : "Pourquoi, Seigneur, ta colère veut-elle s'enflammer contre ton peuple que tu as fait sortir du pays d'Égypte, à grande puissance et à main forte ? Pourquoi les Égyptiens diraient-ils : C'est par méchanceté qu'il les a fait sortir ! Pour les tuer dans les montagnes ! Pour les supprimer de la surface de la terre ! Reviens de l'ardeur de ta colère et renonce à faire du mal à ton peuple. Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même, auxquels tu as adressé cette parole : Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel, et tout ce pays que j'ai dit, je le donnerai à votre descendance, et ils le recevront comme patrimoine pour toujours." Et le Seigneur renonça au mal qu'il avait dit vouloir faire à son peuple.

Moïse s'en retourna et descendit de la montagne, les deux tables de la charte en main, tables écrites des deux côtés, écrites de part et d'autre ; les tables, c'était l'œuvre de Dieu, l'écriture, c'était l'écriture de Dieu, gravée sur les tables. Josué entendit le bruit des acclamations du peuple et il dit à Moïse : "Bruit de guerre dans le camp !" Mais celui-ci dit : "Ni le bruit des chants de victoire, ni le bruit des chants de défaite, ce que j'entends, c'est un bruit de cantiques !"

Or, comme il s'approchait du camp, il vit le veau et des danses ; Moïse s'enflamma de colère : de ses mains, il jeta les tables et les brisa au bas de la montagne. Il prit le veau qu'ils avaient fait, le brûla, l'écrasa tout fin, le répandit à la surface de l'eau et il fit boire les fils d'Israël.

 

R/ Un seul Dieu !

Un seul médiateur entre Dieu et les hommes :

Le Christ Jésus !

 

Nous avions échangé la vérité de Dieu

Contre le mensonge,

Mais Jésus toujours vivant intercède pour nous.

 

Nous avions oublié Dieu qui nous sauve,

Mais son élu a surgi devant lui

Pour empêcher sa colère !

 

HOMÉLIE DE SAINT PIERRE CHRYSOLOGUE

Prière, jeûne, partage.

Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient : la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à là porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu'un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l'âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n'a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu'il écoute l'homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d'entendre lorsqu'on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l'homme qui a faim, s'il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde ; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut qu'on lui donne doit donner. C'est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu'on refuse à autrui.

Sois la norme de la miséricorde à ton égard : si tu veux qu'on te fasse miséricorde de telle façon, selon telle mesure, avec telle promptitude, fais toi-même miséricorde aux autres, avec la même promptitude, la même mesure, la même façon.

Donc la prière, la miséricorde, le jeûne doivent former un patronage pour nous recommander à Dieu, doivent former un seul plaidoyer en notre faveur, une seule prière en notre faveur sous cette triple forme.

Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne parce qu'il n'est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le Prophète lorsqu'il dit : Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas.

Offre à Dieu ta vie, offre l'oblation du jeûne pour qu'il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur et qui soit donnée à Dieu. Celui qui ne lui donnera pas cela n'aura pas d'excuse, parce qu'on a toujours soi-même à offrir.

Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s'il n'est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne se dessèche par la sécheresse de la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l'est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s'il n'y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi, s'il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, donne à toi-même ; car ce que tu n'abandonnes pas à autrui, tu ne l'auras pas.

 

Toi qui cherches le Royaume, écoute :

L'amour, voilà le Royaume ;

Il est promesse de vie,

Appel de liberté,

Il est présence de l'éternité

Au cœur du temps.

 

R/ Sur nous, Seigneur, envoie ton Esprit,

Ta force d'amour !

 

Comment reconnaître un frère

Dans l'homme blessé, à l'écart de la route,

Si tu ne viens éclairer notre regard ?

 

Comment prendre en charge notre frère,

Si d'abord tu ne viens

Panser nos blessures.

Oraison

Ne nous prive pas de ta grâce, Dieu fidèle : qu'elle nous consacre à ton service et nous assiste toujours.


suivant