V/ Convertissez-vous et faites pénitence,
R/ Faites-vous un cœur et un esprit nouveau.
Livre de l'Exode (Ex 33, 7-11.18-23 ; 34, 5-9.29-35)
Celui que nul ne peut dévisager
Les relations de Moïse avec Dieu sont toute une synthèse de vie spirituelle : adoration humble et profonde, familiarité tout amicale, respect de l'initiative divine, hardiesse extrême dans l'intercession et la demande. Le rayonnement du visage de Moïse traduit clairement la transparence de l'homme au message qu'il a mission de porter.
Moïse prenait la tente, la déployait à bonne distance en dehors du camp et l'appelait : "Tente de la rencontre". Et alors quiconque voulait rechercher le Seigneur sortait vers la tente de la rencontre qui était en dehors du camp. Et quand Moïse sortait vers la tente, tout le peuple se levait, chacun se tenait à l'entrée de sa tente et suivait Moïse des yeux jusqu'à son entrée dans la tente. Et, quand Moïse était entré dans la tente, la colonne de nuée descendait, se tenait à l'entrée de la tente et parlait avec Moïse. Tout le peuple voyait la colonne de nuée dressée à l'entrée de la tente ; tout le peuple se levait, et chacun se prosternait à l'entrée de sa tente. Le Seigneur parlait à Moïse, face à face, comme on se parle d'homme à homme. Puis Moïse revenait vers le camp tandis que son auxiliaire, le jeune Josué, fils de Noun, ne quittait pas l'intérieur de la tente.
Il dit : "Fais-moi donc voir ta gloire !" Il dit : "Je ferai passer sur toi tous mes bienfaits et je proclamerai devant toi le nom de Seigneur ; j'accorde ma bienveillance à qui je l'accorde, je fais miséricorde à qui je fais miséricorde." Il dit : "Tu ne peux pas voir ma face, car l'homme ne saurait me voir et vivre." Le Seigneur dit : "Voici un lieu près de moi. Tu te tiendras sur le rocher. Alors, quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et, de ma main, je t'abriterai tant que je passerai. Puis j'écarterai ma main, et tu me verras de dos ; mais ma face, on ne peut la voir."
Le Seigneur descendit dans la nuée, se tint là avec lui, et Moïse proclama le nom de "Seigneur". Le Seigneur passa devant lui et proclama : "Le Seigneur, le Seigneur, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté, qui reste fidèle à des milliers de générations, qui supporte la faute, la révolte et le péché, mais sans rien laisser passer, qui poursuit la faute des pères chez les fils et les petits-fils sur trois et quatre générations." Aussitôt, Moïse s'agenouilla à terre et se prosterna. Et il dit : "Si vraiment j'ai trouvé grâce à tes yeux, ô Seigneur, que le Seigneur marche au milieu de nous ; c'est un peuple à la nuque raide que celui-ci, mais tu pardonneras notre faute et notre péché, et tu feras de nous ton patrimoine."
Or, quand Moïse descendit du mont Sinaï, ayant à la main les deux tables de la charte, quand il descendit de la montagne, il ne savait pas, lui, Moïse, que la peau de son visage était devenue rayonnante en parlant avec le Seigneur. Aaron et tous les fils d'Israël virent Moïse : la peau de son visage rayonnait ! Ils craignirent de s'approcher de lui. Moïse les appela : alors, Aaron et tous les responsables de la communauté revinrent vers lui, et Moïse leur adressa la parole. Ensuite, tous les fils d'Israël s'approchèrent, et il leur communiqua tous les ordres que le Seigneur lui avait donnés sur le mont Sinaï. Moïse acheva de parler avec eux et il plaça un voile sur son visage. Et quand il entrait devant le Seigneur pour parler avec lui, il retirait le voile jusqu'à sa sortie. Étant sorti, il disait aux fils d'Israël les ordres reçus. Les fils d'Israël voyaient que la peau du visage de Moïse rayonnait. Alors Moïse replaçait le voile sur son visage, jusqu'à ce qu'il retournât parler avec le Seigneur.
R/ Sur le visage du Christ
Rayonne la gloire de Dieu.
Moïse a voilé son visage pour en cacher l'éclat :
C'est en Christ que le voile disparaît.
Nous tous, le visage dévoilé,
Reflétons la gloire du Seigneur.
Nous serons transformés en cette image
Toujours plus resplendissante
Par le Seigneur qui est Esprit.
DE SAINT THEOPHILE D'ANTIOCHE À AUTOLYCUS
"Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu"
Si tu me dis : Montre-moi ton Dieu, je pourrais te répondre : Montre-moi l'homme que tu es, et moi je te montrerai mon Dieu. Montre donc comment les yeux de ton âme regardent, et comment les oreilles de ton cœur écoutent.
Ceux qui voient avec les yeux du corps observent ce qui se passe dans la vie et sur la terre ; ils discernent la différence entre la lumière et l'obscurité, le blanc et le noir, le laid et le beau ; entre ce qui est harmonieux, bien proportionné, et ce qui manque de rythme et de proportion ; entre ce qui est démesuré et ce qui est tronqué ; il en est de même pour ce qui tombe sous le sens de l'ouïe : sons aigus, ou graves, ou agréables. On pourrait, de la même façon, dire des oreilles du cœur et des yeux de l'âme qu'il leur est possible de saisir Dieu.
Dieu, en effet, est perçu par ceux qui peuvent le voir, après que les yeux de leur âme se sont ouverts. Tous ont des yeux, mais certains ne les ont que voilés et ne voient pas la lumière du soleil. Si les aveugles ne voient pas, ce n'est pas parce que la lumière du soleil ne brille pas. C'est à eux-mêmes, et à leurs yeux, que les aveugles doivent s'en prendre. De même toi : les yeux de ton âme sont voilés par tes fautes et tes actions mauvaises.
L'homme doit avoir une âme pure, comme un miroir brillant. S'il y a de la rouille sur le miroir, l'homme ne peut plus y voir son visage. Ainsi, lorsqu'il y a une faute dans l'homme, cet homme ne peut plus voir Dieu.
Mais, si tu le veux, tu peux guérir. Confie-toi au médecin et il opérera les yeux de ton âme et de ton cœur. Qui est ce médecin ? C'est Dieu, qui guérit et vivifie par le Verbe et la Sagesse. C'est par son Verbe et sa Sagesse que Dieu a fait toutes choses. Comme dit le Psaume : Le Seigneur a établi les cieux par sa Parole, et leur puissance par le Souffle de sa bouche. Cette Sagesse est souveraine. En effet : Dieu a fondé la terre par sa Sagesse ; il a disposé les cieux par son intelligence ; c'est par sa science que furent creusés les abîmes, que les nuées ont distillé la rosée.
Si tu comprends cela et si ta vie est pure, pieuse et juste, tu peux voir Dieu. Avant tout, que la foi et la crainte de Dieu entrent les premières dans ton cœur, et alors tu comprendras cela. Quand tu auras dépouillé la condition mortelle et revêtu l'immortalité, alors tu verras Dieu selon ton mérite. C'est ce Dieu qui ressuscitera ta chair immortelle, en même temps que ton âme. Et alors, devenu immortel, tu verras le Dieu immortel, à condition d'avoir cru en lui maintenant.
Qui peut saisir le langage des étoiles,
Qui peut surprendre la musique des âmes,
Qui saura d'un cœur assez libre
Connaître la Parole de la vie ?
R/ Celui que ton Esprit habite, Seigneur,
Accueille les secrets du Père.
Heureux l'homme dont le regard
Traverse l'invisible
Pour chercher ton visage.
Heureux l'homme dont l'esprit
Découvre la sagesse
Dans la folie de la croix.
Oraison
Seigneur, tu nous accordes ce temps de carême pour nous former à la vie avec le Christ et nous alimenter de ta parole ; que notre effort de pénitence nous obtienne la fidélité à te servir et le goût de te prier d'un même cœur.
V/ Celui qui médite la loi du Seigneur
R/ Donne du fruit en son temps.
Livre de l'Exode (Ex 34, 10-28)
Renouvellement de l'Alliance
Voici les lois probablement les plus anciennes d'Israël. Dans un cadre très primitif, elles l'ont dès le début orienté vers l'essentiel : Dieu est unique, il n'admet aucun partage ; l'homme lui doit tout, et toutes ses obligations soulignent cette totale dépendance.
Le Seigneur dit : "Je vais conclure une alliance. Devant tout ton peuple, je vais réaliser des merveilles, telles qu'il n'en fut créé nulle part sur la terre, ni dans aucune nation ; et tout le peuple qui t'entoure verra qu'elle est terrible, l'œuvre du Seigneur, celle que je vais réaliser avec toi. Observe bien ce que je t'ordonne aujourd'hui. Je vais chasser devant toi l'Amorite, le Cananéen, le Hittite, le Perizzite, le Hivvite et le Jébusite ; garde-toi de conclure une alliance avec les habitants du pays où tu vas monter, cela deviendrait un piège au milieu de toi – mais leurs autels, vous les démolirez ; leurs stèles, vous les briserez ; les poteaux sacrés, vous les couperez. Ainsi donc :
Tu ne te prosterneras pas devant un autre dieu, car le nom du Seigneur est Jaloux, il est un Dieu jaloux. Ne va pas conclure une alliance avec les habitants du pays : quand ils se prostituent avec leurs dieux et sacrifient à leurs dieux, ils t'appelleraient, et tu mangerais de leurs sacrifices. Si tu prenais de leurs filles pour tes fils, leurs filles se prostitueraient avec leurs dieux et amèneraient tes fils à se prostituer avec leurs dieux.
Tu ne te feras pas de dieux en forme de statue.
Tu observeras la fête des pains sans levain. Pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain – ce que je t'ai ordonné – au temps fixé du mois des Épis, car c'est au mois des Épis que tu es sorti d'Égypte.
Tout ce qui ouvre le sein maternel est à moi. Ainsi, de tout ton troupeau, tu feras l'occasion d'un mémorial, que ce premier-né soit du gros ou du petit bétail. Mais, un premier-né d'âne, tu le rachèteras par un mouton ; si tu ne le rachètes pas, tu lui rompras la nuque. Tout premier-né de tes fils, tu le rachèteras. Et on ne viendra pas me voir en ayant les mains vides.
Tu travailleras six jours, mais le septième jour, tu chômeras ; même en période de labours ou de moissons, tu chômeras.
Tu célébreras une fête des Semaines pour les prémices de la moisson du froment, et la fête de la Récolte, à la fin de l'année.
Trois fois par an, tous tes hommes viendront voir la face du Maître, le Seigneur, Dieu d'Israël. En effet, quand j'aurai dépossédé les nations devant toi et que j'aurai élargi ton territoire, personne n'aura de visées sur ta terre au moment où tu monteras pour voir la face du Seigneur, ton Dieu, trois fois par an.
Tu n'égorgeras pas pour moi de sacrifice sanglant en l'accompagnant de pain fermenté ; la victime sacrifiée pour la fête de Pâque ne passera pas la nuit jusqu'au matin.
Tu apporteras les tout premiers fruits de ton sol à la Maison du Seigneur, ton Dieu.
Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère."
Le Seigneur dit à Moïse : "Inscris ces paroles car c'est sur la base de ces paroles que je conclus avec toi une alliance, ainsi qu'avec Israël."
Il fut donc là avec le Seigneur, quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea pas de pain, il ne but pas d'eau. Et il écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix paroles.
R/ Sur le visage du Christ
Rayonne la gloire de Dieu.
La loi fut donnée par Moïse,
La grâce et la vérité
Sont venues par Jésus Christ.
Personne n'a jamais vu Dieu.
Le Fils unique qui est dans le sein du Père
Nous l'a fait connaître.
TRAITÉ DE TERTULLIEN SUR LA PRIÈRE
L'offrande spirituelle.
La prière est le sacrifice spirituel qui a supprimé les anciens sacrifices. À quoi bon, dit le Seigneur, m'offrir tant de sacrifices ? Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j'en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n'en veux plus. Qui donc vous a demandé de m'apporter tout cela ?
Ce que Dieu réclame, l'Évangile nous l'enseigne. L'heure vient, dit Jésus, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. En effet, Dieu est Esprit, et c'est pourquoi il cherche de tels adorateurs.
Nous sommes les vrais adorateurs et les vrais sacrificateurs. En priant dans l'Esprit, c'est par l'Esprit que nous offrons en sacrifice la prière, victime qui revient à Dieu, qui lui plaît, qu'il a recherchée, qu'il s'est destinée.
C'est elle, offerte de tout cœur, nourrie de la foi, guérie par la vérité, gardée parfaite par l'innocence, purifiée par la chasteté, couronnée par l'amour, c'est elle, la prière, que nous devons conduire jusqu'à l'autel de Dieu, avec la procession des bonnes œuvres, parmi les psaumes et les hymnes ; c'est elle qui obtiendra tout de Dieu en notre faveur.
En effet, qu'est-ce que Dieu peut refuser à la prière qui procède de l'esprit et de la vérité, lui qui l'exige ? Les grandes preuves de son efficacité, nous les lisons, nous les entendons, nous les croyons !
La prière de jadis délivrait du feu, des bêtes, de la famine, et pourtant elle n'avait pas reçu du Christ sa perfection.
D'ailleurs combien la prière chrétienne est plus amplement efficace ! Elle ne place pas au milieu de la fournaise un ange porteur de rosée ; elle ne ferme pas les gueules des lions ; elle n'apporte pas aux affamés le repas des moissonneurs. Elle n'écarte aucune souffrance par un bienfait particulier : elle forme par la patience ceux qui pâtissent, qui souffrent et qui s'affligent, elle développe la grâce par son efficacité pour que la foi sache ce qu'elle peut obtenir du Seigneur, en comprenant qu'elle souffre pour le nom de Dieu.
Autrefois la prière infligeait des calamités, mettait en déroute les armées ennemies, arrêtait les bienfaits de la pluie, mais maintenant la prière de justice détourne toute colère divine, monte la garde en faveur des ennemis, supplie pour les persécuteurs. Est-il étonnant qu'elle ait su obtenir de force les eaux du ciel, puisqu'elle a pu en faire tomber le feu ? C'est la prière seule qui triomphe de Dieu ; mais le Christ n'a pas voulu qu'elle produise aucun mal, toute la vertu qu'il lui a conférée est pour le bien.
Aussi tout ce qu'elle sait faire, c'est rappeler les âmes des défunts du chemin qui conduit droit à la mort, fortifier les faibles, guérir les malades, délivrer les possédés, ouvrir les prisons, défaire les chaînes des innocents. C'est elle encore qui lave les fautes, repousse les tentations, arrête les persécutions, réconforte les timides, adoucit les magnanimes, guide les voyageurs, apaise les flots, paralyse les bandits, nourrit les pauvres, modère les riches, relève ceux qui sont tombés, retient ceux qui trébuchent, raffermit ceux qui restent debout.
Tous les anges prient, toutes les créatures prient ; les bêtes domestiques et les bêtes sauvages fléchissent les genoux, et, lorsqu'elles sortent de leurs étables ou de leurs repaires, elles regardent vers le ciel, non sans motif, en faisant frémir leur souffle, chacune à sa manière. Quant aux oiseaux, lorsqu'ils se lèvent, ils se dirigent vers le ciel et ils étendent leurs ailes, comme nous étendons les mains, en forme de croix, et ils font entendre ce qui apparaît comme une prière.
Que dire encore sur la fonction de la prière ? Le Seigneur lui-même a prié, à qui soient honneur et puissance pour les siècles des siècles.
L'attente est longue, Fils de l'homme,
Et le vent aigre de l'ennui
En nos cœurs menace la flamme ;
Brillera-t-elle encore
Pour éclairer dans la nuit ton visage,
Quand tu viendras frapper à notre porte ?
R/ Demeure avec nous, Seigneur,
Pour qu'au dernier jour
Tu trouves la foi sur la terre.
Veillez dans la prière :
Je viendrai vous surprendre
De nuit, comme un voleur.
Veillez dans la prière
Pour ne pas entrer en tentation ;
Qui tiendra jusqu'à la fin sera sauvé.
Veillez dans la prière :
Celui qui sera prêt,
Je le servirai moi-même dans mon Royaume.
Oraison
Nous t'en supplions humblement, Seigneur : à mesure qu'approche le jour où nous fêterons notre salut, accorde-nous une plus grande générosité pour nous préparer à célébrer le mystère pascal.
V/ Revenons au Seigneur notre Dieu,
R/ Car il est tendre et miséricordieux.
Livre de l'Exode (Ex 35, 30-35 ; 36, 1 ; 37, 1-9)
Œuvres d'art pour l'Eternel
Le Code du sanctuaire complète les lois antérieures d'Israël dans un sens spécifiquement cultuel. Aimer Dieu, c'est aussi pour son peuple vivre de sa présence et célébrer sa gloire. Dans ce culte, l'Arche d'alliance a joué un rôle important comme symbole de la présence divine jusqu'au jour où, ayant disparu lors de la destruction du Temple par Nabuchodonosor, l'homme a pu apprendre à s'en passer, apprenant à retrouver partout son Dieu et montant d'un degré dans la découverte de sa transcendance.
Moïse dit aux fils d'Israël : "Voyez ! Le Seigneur a appelé par son nom Beçalel, fils d'Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda. Il l'a rempli de l'esprit de Dieu pour qu'il ait sagesse, intelligence, connaissance et savoir-faire universel : création artistique, travail de l'or, de l'argent, du bronze, ciselure des pierres de garniture, sculpture sur bois et toutes sortes de travaux artistiques. Il a mis en son cœur le don d'enseigner, en lui comme en Oholiav, fils d'Ahisamak, de la tribu de Dan. Il les a remplis de sagesse, pour exécuter tout le travail du ciseleur, de l'artiste, du brocheur sur pourpre violette et pourpre rouge, cramoisi éclatant et lin, du tisserand – ouvriers de tout métier et artistes. Beçalel, Oholiav et chaque sage en qui le Seigneur a mis sagesse et intelligence pour savoir exécuter tous les travaux du service du sanctuaire, ceux-là exécuteront tout ce que le Seigneur a ordonné."
Puis Beçalel fit l'arche en bois d'acacia, longue de deux coudées et demie, large d'une coudée et demie, haute d'une coudée et demie. Il la plaqua d'or pur au-dedans et au-dehors et l'entoura d'une moulure en or. Il coula pour elle quatre anneaux d'or à ses quatre pieds : deux anneaux d'un côté, deux anneaux de l'autre. Il fit des barres en bois d'acacia, il les plaqua d'or ; et il introduisit les barres dans les anneaux des côtés de l'arche, pour lever l'arche.
Puis il fit un propitiatoire en or pur, long de deux coudées et demie, large d'une coudée et demie. Et il fit deux chérubins en or ; il les forgea aux deux extrémités du propitiatoire, un chérubin à une extrémité, l'autre chérubin à l'autre extrémité ; il fit les chérubins en saillie sur le propitiatoire, à partir de ses deux extrémités. Les chérubins déployaient leurs ailes vers le haut pour protéger le propitiatoire de leurs ailes ; ils étaient face à face et ils regardaient vers le propitiatoire.
R/ Mon cœur et ma chair sont un cri
Vers le Dieu vivant !
Voici la demeure de Dieu avec les hommes :
Il demeurera avec eux.
De quel amour j'aime ta demeure.
Dieu de l'univers !
COMMENTAIRE DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND SUR LE LIVRE DE JOB
"Vous avez été rachetés par un sang précieux".
Le bienheureux Job, préfigurant l'Église, parle tantôt au nom du corps, tantôt au nom de la tête. Et, alors que les membres sont l'objet de ses discours, il s'élève tout à coup aux paroles dites par la tête. C'est pourquoi, il dit : J'ai souffert tout cela sans qu'il y ait aucun crime dans mes mains, et alors que je présentais à Dieu des prières pures.
En effet, il a souffert sans qu’il y ait eu aucun crime dans ses mains, celui qui n'a jamais commis de péché ni proféré de mensonge ; pourtant, il a subi le supplice de la croix pour nous racheter. Contrairement à tous, lui seul a présenté des prières pures, puisque, jusque dans le supplice de la passion, il faisait cette prière pour ses persécuteurs : Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu'ils font.
Que peut-on dire, que peut-on penser de plus pur, dans la prière, que d'intercéder avec miséricorde pour ceux qui vous font souffrir ? C'est pourquoi le sang de notre Rédempteur, que ses persécuteurs furieux avaient répandu, les croyants l'ont bu par la suite et ont proclamé que Jésus est le Fils de Dieu. Au sujet de ce sang, il est dit ensuite avec à-propos : Terre, ne couvre point mon sang, et n'arrête pas mon cri. L'homme, après son péché, avait entendu cette sentence : Tu es terre, et tu retourneras à la terre.
Or, cette terre n'a pas caché le sang de notre Rédempteur, parce que tout homme pécheur, buvant le sang qui a payé sa rédemption, la proclame, en rend grâce et la fait connaître à tous ceux qu'il approche. Et la terre n'a pas recouvert son sang, parce que la sainte Église a proclamé déjà maintenant le mystère de sa rédemption dans toutes les parties du monde.
Remarquez ce qui suit : N'arrête pas mon cri. En effet, ce sang de notre rédemption, qui nous est donné à boire, est le cri de notre Rédempteur. Ce qui fait dire à saint Paul : Son sang répandu parle plus fort que celui d'Abel. Du sang d'Abel il avait été dit : Le sang de ton frère, de la terre crie vers moi. Mais le sang de Jésus parle plus fort que celui d'Abel, parce que le sang d'Abel a demandé la mort du meurtrier de son frère, tandis que le sang du Seigneur a obtenu la vie pour ses persécuteurs.
Afin que le sacrement de la passion du Seigneur ne soit pas inefficace en nous, nous devons imiter ce qui nous est donné à boire et proclamer aux autres ce que nous vénérons. En effet, son cri est arrêté en nous, si la langue tient caché ce que l'âme a cru, Mais, pour que son cri ne soit pas arrêté en nous, il reste que chacun, selon sa capacité, fasse connaître à ceux qu'il approche le mystère qui le fait vivre.
R/ Mon cœur et ma chair sont un cri
Vers le Dieu vivant !
Au prix du sang qu'il a versé,
Jésus nous conduit vers le Père.
Son sang nous purifie des œuvres de mort :
Nous servirons le Dieu vivant.
Oraison
Répands ta grâce en nos cœurs, Dieu de bonté : que nous sachions refréner nos désirs terrestres pour mieux entendre ta parole.
V/ Celui qui fait la vérité
R/ Vient à la lumière.
Livre de l'Exode (Ex 40, 16-38)
Consécration du Sanctuaire
Tous les objets mentionnés dans le sanctuaire contribuaient à apprendre à Israël quelque chose de son Dieu. Nous éclairerons avec profit ce texte par l'enseignement de la lettre aux Hébreux (8 et 9) : la signification des objets du culte y reçoit une lumière nouvelle.
Moïse fit exactement ce que le Seigneur lui avait ordonné. Or donc, le premier mois de la deuxième année, le premier jour du mois, la demeure fut dressée. Moïse dressa la demeure : il plaça ses socles, posa ses cadres, plaça ses traverses et dressa ses colonnes. Il déploya la tente sur la demeure, mit par-dessus la couverture de la tente, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il prit la charte et la plaça dans l'arche, mit les barres sur l'arche et plaça le propitiatoire par-dessus. Il apporta l'arche dans la demeure, mit le voile de séparation pour masquer l'arche de la charte, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il plaça la table dans la tente de la rencontre, sur le côté nord de la demeure, à l'extérieur du voile ; il y disposa une rangée de pains devant le Seigneur, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il mit le chandelier dans la tente de la rencontre, en face de la table, sur le côté opposé de la demeure ; il alluma les lampes devant le Seigneur, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il mit l'autel d'or dans la tente de la rencontre, en face du voile ; et il y fit fumer le parfum à brûler, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il mit le rideau à l'entrée de la demeure. Ayant mis l'autel de l'holocauste à l'entrée de la demeure de la tente de la rencontre, il y offrit l'holocauste et l'offrande, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il posa la cuve entre la tente de la rencontre et l'autel et y mit de l'eau pour les ablutions. Moïse, Aaron et ses fils s'y lavaient les mains et les pieds ; quand ils entraient dans la tente de la rencontre et quand ils se présentaient à l'autel, ils se lavaient, comme le Seigneur l'avait ordonné à Moïse. Il dressa le parvis autour de la demeure et de l'autel et il plaça le rideau de la porte du parvis. Moïse acheva ainsi tous les travaux.
La nuée couvrit la tente de la rencontre et la gloire du Seigneur remplit la demeure. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente de la rencontre, car la nuée y demeurait, et la gloire du Seigneur remplissait la demeure. Quand la nuée s'élevait au-dessus de la demeure, les fils d'Israël prenaient le départ pour chacune de leurs étapes. Mais si la nuée ne s'élevait pas, ils ne partaient pas avant le jour où elle s'élevait de nouveau. Car la nuée du Seigneur était sur la demeure pendant le jour mais, pendant la nuit, il y avait en elle du feu, aux yeux de toute la maison d'Israël, à toutes leurs étapes.
R/ Mon cœur et ma chair sont un cri
Vers le Dieu vivant !
Voici la demeure de Dieu avec les hommes :
Il demeurera avec eux.
La nuée couvrit la tente de la rencontre
Et la gloire du Seigneur remplit la demeure.
HOMÉLIE DE SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANZE SUR LES BÉATITUDES
Servir le Christ dans les pauvres.
Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur : ils obtiendront miséricorde ! La miséricorde n'est pas la moindre des béatitudes. Et encore : Heureux qui comprend le pauvre et le faible. Et aussi : L'homme bon compatit et partage. Ailleurs encore : Tout le jour le juste a pitié, il prête. Emparons-nous donc de cette béatitude, sachons comprendre, soyons bons.
La nuit elle-même ne doit pas arrêter ta miséricorde. Ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai. Qu'il n'y ait pas d'intervalle entre le premier mouvement et le bienfait. La bienfaisance seule n'admet pas de délai. Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, et fais-le de bon cœur. Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu'il le fasse avec joie. Ton mérite est doublé par ta promptitude. Le don fait avec chagrin et par contrainte n'a ni grâce ni éclat. C'est avec un cœur en fête, non en se lamentant, qu'il faut faire le bien.
Si tu fais disparaître le joug, le geste de menace, dit le Prophète, c'est-à-dire : si tu abandonnes l'avarice, la méfiance, si tu cesses d'hésiter et de grogner, qu'arrivera-t-il ? Quelque chose de grand et d'étonnant, une magnifique récompense : Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Et y a-t-il quelqu'un qui ne désire la lumière et la guérison ?
C'est pourquoi, si vous voulez bien m'en croire, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant que nous en avons l'occasion, visitons le Christ, nourrissons le Christ, habillons le Christ, recueillons le Christ, honorons le Christ. Non seulement en l'invitant à table, comme quelques-uns l'ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème, qui n'était qu'à moitié l'ami du Christ. Ni enfin avec l'or, l'encens et la myrrhe, comme les mages l'ont fait avant tous ceux que nous venons de citer.
Le Seigneur de l'univers veut la miséricorde et non le sacrifice, et notre compassion plutôt que des milliers d'agneaux engraissés. Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux aujourd'hui gisant sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d'ici, ils nous introduisent aux demeures éternelles, dans le Christ lui-même, notre Seigneur, à qui appartient la gloire pour les siècles. Amen.
R/ Partager son pain avec l'affamé,
Voilà le jeûne qui plaît à Dieu.
Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et Si tu cries, le Seigneur répondra ;
À tes appels, il dira : Me voici !
Ouvre ton cœur au pauvre : c'est ton frère.
Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira :
J'avais faim et tu m'as donné à manger.
Oraison
En célébrant avec joie la liturgie de ce Carême, nous te supplions, Seigneur ; nous vivons déjà du mystère de Pâques, accorde-nous le bonheur d'en goûter pleinement les fruits.